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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

Relations binaires

1 Produits cart´ esiens et graphes

1.1 Produit cart´ esien E × F

SoientE et F deux ensembles non vides.

E×F ={(x;y)/ x∈E ety∈F} Si E=F, E×F=E2 (carr´e cart´esien) Soit (a;b)∈E×F.

aest la premi`ere coordonn´ee du couple (a;b) b est la deuxi`eme coordonn´ee du couple (a;b) ((x;y); (x0;y0))∈(E×F)2

(x;y) = (x0;y0)⇐⇒x=x0 ety=y0 (x;y)6= (x0;y0)⇐⇒x6=x0 ouy6=y0

1.2 Graphe dans E × F

On appelle graphe dansE×F tout sousensemble deE×F exemple:

E={1; 2; 3}

F ={a;b}

G={(1;a); (2;a)} est un graphe dansE×F

2 Relations binaires

2.1 D´ efinition

SoientE et F deux ensembles non vides.

On ´etablit une relation binaire not´eeRdeE dansF en ´enon¸cant une propri´et´e que v´erifie ou non un couple quelconque (x;y)∈E×F

La relation binaire Rest donc une fonction `a valeurs bool´eennes sur E×F. On peut aussi la d´efinir comme un triplet (E;F;G) o`u Gest un graphe dans E×F.

exemple:

E=F =R

R: xest le double dey

∀(x;y)∈R2, xRy⇐⇒x= 2y

(2)

R: ≤

∀(x;y)∈R2, xRy⇐⇒x≤y

2.2 Graphe d’une relation binaire

SoitRune relation binaire surE×F.

Le graphe de la relation binaireRestGR={(x;y)∈E×F / xRy}

GR⊂E×F donc tout graphe de relation binaire est un graphe.

SoitGun graphe. G⊂E×F D´efinissonsRpar:

∀(x;y)∈E×F, xRy⇐⇒(x;y)∈G

Par d´efinition G est le graphe de la relation binaireR, donc tout graphe est un graphe de relation binaire.

Conclusion: un graphe caract´erise une relation binaire.

3 Relations binaires remarquables

3.1 Qualit´ es possibles d’une relation binaire de E dans E

3.1.1 R´eflexive

Rest r´eflexive⇐⇒ ∀x∈E, xRx {(x;x)/ x∈E} ⊂GR

3.1.2 Sym´etrique

Rest sym´etrique ⇐⇒ ∀(x;y)∈E2, xRy=⇒yRx 3.1.3 Transitive

Rest transitive si et seulement si pour tout (x;y;z)∈E3, xRy

yRz

=⇒xRz

3.1.4 Antisym´etrique

Rest antisym´etrique si et seulement si pour tout (x;y)∈E2, xRy

yRx

=⇒x=y

remarque: siR est sym´etrique, antisym´etrique et de graphe non vide, Rest une relation d’´egalit´e.

(3)

3.2 Relation d’´ equivalence

3.2.1 D´efinition

Une relation d’´equivalence surEest une relation binaire deEdansEr´eflexive, sym´etrique et transitive.

3.2.2 Classe d’´equivalence Soita∈E.

La classe d’´equivalence deaest ˙a={x∈E / aRx}

∀x∈a˙ on dit quexest ´equivalent `aa, ou quexest un repr´esentant de ˙a.

3.2.3 Propri´et´es des classes d’´equivalence propri´et´e 1: ∀a∈E, a˙ 6=∅cara∈a˙ (par r´eflexivit´e) propri´et´e 2: sib∈a, alors ˙˙ a= ˙b

D´emonstration : b∈a˙ doncaRb

∀x∈a, aRx˙ doncxRapar sym´etrie

xRaet aRb doncxRbpar transitivit´e, et doncx∈b˙ On a donc: ∀x∈a, x˙ ∈b, on en d´˙ eduit: ˙a⊂b˙ On d´emontre de mˆeme que ˙b⊂a, et donc que ˙˙ a= ˙b 3.2.4 Th´eor`eme

Soit R une relation d’´equivalence sur E non vide. L’ensemble des classes d’´equivalence deRforme une partition de E.

D´emonstration:

De la propri´et´e 1, on d´eduitE= [

a∈E

˙ a

De la propri´et´e 2, on d´eduit ˙a6= ˙b=⇒a˙ ∩b˙=∅ exemple:

E=Z Soitn∈N

∀(x;y)∈Z2, xRy⇐⇒x≡y[n]

Rest la relation de congruence modulon.

˙0 ={x∈Z/ x≡0 [n]}

˙0 = ensemble des multiples dendansZ

˙1 ={x∈Z/ x≡1 [n]}

˙1 = ensemble des entiers relatifs qui ont pour reste 1 dans la division euclidienne parn.

Ensembles des classes ={˙0;. . .; ˙ n[−1}

(4)

3.2.5 R´eciproque

Etant donn´ee une partition (Ei)i∈I de E 6= ∅, il existe une unique relation d’´equivalenceRsurE dont les classes d’´equivalences sont exactement les Ei. D´emonstration:

Si une telle relation d’´equivalence existe, alors on a n´ecessairement:

∀(x;y)∈E2, xRy⇐⇒ ∃i∈I tel que (x;y)∈Ei2

L’unicit´e est donc assur´ee, il faut maintenant montrer que l’on a bien d´efini une relation d’´equivalence.

∀x ∈ E, ∃ i ∈ I tel que x ∈ Ei car les (Ei)i∈I forment un recouvrement deE.

On a doncxRxpour toutxdeE. Rest bien r´eflexive.

La sym´etrie deRd´ecoule directement de la sym´etrie de sa d´efinition.

SupposonsxRy etyRz.

∃i∈I tel que (x;y)∈Ei2

∃j∈I tel que (y;z)∈Ej2

On a doncy∈Ei et y∈Ej. Or lesEi sont disjoints, donci=j On en d´eduit xRz, et donc la transitivit´e deR.

Rest r´eflexive, sym´etrique et transitive: c’est bien une relation d’´equivalence.

3.2.6 Ensemble quotient

SoitE6=∅et Rune relation d’´equivalence surE.

L’ensemble quotient deE parRestE/R={a / a˙ ∈E}= ensemble des classes d’´equivalence.

exemple:

E=R

∀(x;y)∈R2, xRy⇐⇒x2+x=y2+y

La relation R est r´eflexive, sym´etrique et transitive, c’est bien une relation d’´equivalence.

∀x∈R, x˙ ={y∈R/ x2+x=y2+y}

˙

x={y∈R/(x−y)(x+y+ 1) = 0}

˙

x={y∈R/ y=xouy=−1−x}

˙

x={x;−1−x}

E/R ={{x;−1−x}/ x∈R}

3.3 Relation d’ordre

3.3.1 D´efinition

Une relation d’ordre surE 6=∅ est une relation binaire deE dans E r´eflexive, transitive et antisym´etrique. On dit alors queEest ordonn´e.

(5)

exemples:

≤est une relation d’ordre surR.

<n’est pas une relation d’ordre surR(non r´eflexive).

3.3.2 Ordre total et ordre partiel SoitRune relation d’ordre surE.

Rest une relation d’ordre total surE si et seulement si deux ´el´ements quelcon- ques deE sont comparables parR.

⇐⇒ ∀(x;y)∈E2, xRyouyRx

Si Rn’est pas une relation d’ordre total, on dit que c’est une relation d’ordre partiel.

≤est une relation d’ordre total surR.

⊂est une relation d’ordre partiel surP(R).

Si R est une relation d’ordre total sur E, E est dit totalement ordonn´e par R.

SiRest une relation d’ordre partiel surE,E est dit partiellement ordonn´e par R.

(6)

3.3.3 Vocabulaire

R,≤ E,R

segment [a;b] {x∈R/ a≤xet x≤b} {x∈E / aRxetxRb}

]a;b[ [a;b]− {a;b} [a;b]− {a;b}

M = majorant deA A⊂R, M ∈R A⊂E, M ∈E

∀x∈A, x≤M ∀x∈A, xRM

m= minorant deA m∈Ret∀x∈A, m≤x m∈E et∀x∈A, mRx

maximum deA M ax(A)∈A M ax(A)∈A

M ax(A) ∀x∈A, x≤M ax(A) ∀x∈A, xRM ax(A)

minimum deA M in(A)∈A M in(A)∈A

M in(A) ∀x∈A, M in(A)≤x ∀x∈A, M in(A)Rx

N = ´el´ement maximal N∈A N∈A

∀x∈A, (N≤x=⇒x=N) ∀x∈A, (NRx=⇒x=N)

n= ´el´ement minimal n∈A n∈A

∀x∈A, (x≤n=⇒x=n) ∀x∈A, (xRn=⇒x=n)

borne sup´erieure de A ∀x∈A, x≤Sup(A) ∀x∈A, xRSup(A) Sup(A) ∀y∈Rtel que∀x∈A, x≤y ∀y∈E tel que∀x∈A, xRy

on a Sup(A)≤y on aSup(A)Ry

borne inf´erieure de A ∀x∈A, Inf(A)≤x ∀x∈A, Inf(A)Rx Inf(A) ∀y∈Rtel que∀x∈A, y≤x ∀y∈E tel que∀x∈A, yRx

on ay≤Inf(A) on ayRInf(A)

(7)

remarques:

M ax(A), s’il existe, est un majorant deAappartenant `a A M in(A), s’il existe, est un minorant deAappartenant `aA Sup(A), s’il existe, est le plus petit des majorants deA Inf(A), s’il existe, est le plus grand des minorants deA Sup(A) et Inf(A) peuvent exister sans appartenir `aA exemples:

E=R2

(a;b)R(c;d)⇐⇒(a≤c) et (b≤d) Rest une relation d’ordre partiel surR2 A1=

0;14

×3

4; 1 A2=3

4; 1

× 0;14 A=A1∪A2

A⊂R2 etA6=∅

(2; 2) est un majorant deA (−1;−1) est un minorant de A An’a ni minimum, ni maximum.

1 4; 1

et 1;14

sont les ´el´ements maximaux deA 0;34

et 34; 0

sont les ´el´ements minimaux deA

3.3.4 Propri´et´es:

SoitE6=∅ordonn´e parR SoitA⊂E,A6=∅

propri´et´e 1: le maximum deA, s’il existe, est unique.

D´emonstration:

Supposons qu’il existeaet a0 deux maxima.

aest un maximum eta0∈A, donca0Ra a0 est un maximum eta∈A, doncaRa0 a0RaetaRa0, donca=a0

propri´et´e 2: le minimum deA, s’il existe, est unique.

D´emonstration similaire.

propri´et´e 3: si la borne sup´erieure deAexiste, elle est unique D´emonstration:

Supposons qu’il existeaet a0 deux bornes sup´erieures.

a0 est un majorant etaest une borne sup´erieure, doncaRa0 aest un majorant eta0 est une borne sup´erieure, donca0Ra a0RaetaRa0, donca=a0

propri´et´e 4: si la borne inf´erieure deAexiste, elle est unique D´emonstration similaire.

(8)

propri´et´e 5: siM ax(A) existe, alorsSup(A) existe etM ax(A) =Sup(A) D´emonstration:

M ax(A) est un majorant deA SoitM un majorant quelconque deA M ax(A)∈A, doncM ax(A)RM

M ax(A) est bien le plus petit des majorants, doncSup(A) existe et Sup(A) =M ax(A)

propri´et´e 6: siM in(A) existe, alorsInf(A) existe etM in(A) =Inf(A) D´emonstration similaire.

propri´et´e 7: siM ax(A) existe, c’est l’unique ´el´ement maximal de A D´emonstration:

M ax(A)∈A

Soitx∈Atel queM ax(A)Rx

x∈A, doncxRM ax(a). On aM ax(A)Rxet xRM ax(a) doncx=M ax(A) M ax(A) est donc bien un ´el´ement maximal.

Soity un autre ´el´ement maximal de A. yRM ax(A), doncy=M ax(A) propri´et´e 8: siM in(A) existe, c’est l’unique ´el´ement minimal deA D´emonstration similaire.

propri´et´e 8: siA est fini, etRest une relation d’ordre total, alors M ax(A), Sup(A),M in(A) etInf(A) existent etM ax(A) =Sup(A),M in(A) =Inf(A)

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