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11 cas de viols, 48 arrestations et un gang démantelé

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HAÏTI/JUSTICE

Ouverture du colloque international sur l’impunité et les crimes du passé

Plusieurs acteurs de la lutte contre l’impunité et les crimes du passé ont procédé, mercredi, à l’ouverture du colloque international sur la lutte contre l’impunité et les crimes du passé. Le thème retenu est : « lutte contre l’impunité et justice transitionnelle ».

HAÏTI-PNH/BILAN

11 cas de viols, 48

arrestations et un gang démantelé

Le porte-adjoint de la PNH, l’inspecteur Gary Desorsiers.

JEUDI 28 SEPTEMBRE 2017 NUMÉRO 564

CULTURE SOCIÉTÉ

De la nécessité de

moderniser le Conatel Kasoumee, par la grande

porte Haïti au centre de la fête de la Fédération Wallonie- Bruxelles

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HAÏTI/POLITIQUE/BUDGET 2017-2018

La mobilisation s’intensifie

La trêve observée la semaine dernière dans les mouvements de protestation contre le budget 2017-2018 semble prendre fin. Les organisations de la société civile se montrent très déterminées dans l’intensification de la bataille.

L’opposition n’accorde guère d’importance à l’appel au dialogue du président de la République autour d’un éventuel dénouement de la situation sociopolitique.

Jovenel Moïse devait préalablement tenir compte des revendications des différents secteurs vitaux de la nation ayant dénoncé la manière dont le document a été élaboré.

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ACTUALITÉ

Dix-huit arbitres certifiés !

SPORT

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L a Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) a enregistré un bilan lourd de cas de viols sur des mineures au cours de ces deux derniers mois, 11 cas de viols recensés, 48 arrestations et un gang démantelé.

Selon l’inspecteur principal Garry Desrosiers, au cours des opérations menées par la Direction centrale de la Police judiciaire (DCPJ), du mois d’août jusqu’à la fin du mois de septembre 2017, la PNH a recensé 11 cas de viols sur mineures au cours de cette période.

« Crécy Pierre, âgé de 41 ans, a violé une mineure de 17 ans. Un jeune de 15 ans a violé une fillette de 5 ans. Ruden Junior âgé de 32 ans a violé une mineure de 11 ans.

Judenel Rébouville, âgé de 23 ans a violé une fille de 16 ans. Wenzor Joseph, 22 ans, a violé une mineure de 14 ans. Fabrice Ivenervil, 27 ans, a violé une fille de 16 ans. En dernier lieu, un mineur de 13 ans a violé une fillette de 3 ans », selon Garry Desrosiers, porte-parole adjoint de la PNH.

Au cours des opérations, 48 arrestations ont été effectuées.

Certains d’entre eux ont été accusés, d’homicide, assassinat, viol sur mineure, crime sexuel, trafic de marijuana, vol à main armée, trafic de cocaïne.

Il signale également que la DCPJ a saisi 16 kilos de cocaïne, dont deux sont testés négatifs. 504 kilogrammes de marijuana, 5 armes à feu, deux bateaux, deux véhicules

et deux motocyclettes.

Désir Dieu-Étienne, un policier arrêté par la PNH, comme le présumé agresseur de l’ancien ministre de la Justice et de la sécurité publique, Me Michel Brunache, à Delmas 75.

Par ailleurs, le vendredi 11 août 2017, la DCPJ a procédé à l’arrestation d’Alexandre Dunoy, qui a un surnom « Grenen » pour son implication présumée dans un incendie suivi de meurtre qui avait eu lieu dans la nuit du 1er au 2 août 2017, dans la maison de Witfer Pierre, à Thiotte, dans la localité de Dupuy. Lors de cet incident, 5 personnes ont été calcinées.

Jean Ronald Pierre a été arrêté par le juge de paix de la Commune de Thiotte dans le cadre de cette enquête. Actuellement un individu serait recherché par la PNH.

L’inspecteur Dérosier annonce également le démantèlement d’un gang opérant sur la route de l’aéroport. Sept des membres auraient été arrêtés par la DCPJ.

Il s’agit de Marckendy Laurent, Fernand Joseph, Fritz Anderson Ferdinand, Carsen Jean, Carly Joseph, Michelet Jean Baptiste et Frantz Samedy surnommé

« Djol ». Ces individus ont été arrêtés pour vol à main armée, tentative d’assassinat, trafic illicite de stupéfiant et association de malfaiteurs.

Jean Élie Paul

| ACTUALITÉ

La grande gêne

Dans tout ce qui se passe et se dit actuellement, on sent une grande gêne et une grande colère chez les tenants du statu quo qui meurtrit notre pays. Cette levée de boucliers contre le budget ne fait pas plaisir à plus d’un. C’est curieux d’entendre certains défenseurs du gouvernement lancer : « Ce budget, ils ne l’ont même pas lu. » Ou encore « «Il faut être un expert pour comprendre un budget ». Certes une partie de l’opposition s’est lancée dans une grande campagne de désinformation sur le budget en maniant parfois le mensonge alors que ce document vital pour la gestion d’une nation a des problèmes réels relevant bien d’un réflexe ségrégationniste qui ne date pas d’aujourd’hui. C’est affolant d’entendre un parlementaire lancer sur les ondes : si vous voulez plus d’argent pour la santé, faites-vous élire.

Ce parlementaire admet donc sans aucune gêne que la santé de la population n’est pas pour lui une priorité. Si lui, il tombe malade, il s’empressera d’aller chez son « bòkò » puis en République dominicaine par exemple. Pour se faire élire, on comprend que ce parlementaire se sente bien aise. Le circuit électoral est piégé par des gangsters, par les forces de la nuit. On peut comprendre dans quel cul-de-sac se trouve le peuple haïtien.

La seule vérité, c’est qu’un budget ne doit pas refléter les intérêts uniques d’une clique au pouvoir, mais doit montrer les grandes lignes d’une politique gouvernementale avec des objectifs clairs et précis visant l’avancement de la communauté nationale. Un médecin bien connu confessait sur les réseaux sociaux que pour opérer dans le plus important hôpital public du pays le patient devait tout acheter ou presque même l’oxygène. Nos écoles publiques surtout dans les zones reculées sont dans un état effroyable. Notre environnement fout le camp. On parle de tourisme alors que rien n’est fait pour assainir nos zones intéressantes alors qu’elles sont souvent dans un état d’insalubrité intolérable. Les mairies n’ont aucun moyen d’intervention. Elles ne sont pas, dans les faits une priorité, pour l’État.

À côté de nous, nos voisins avec des moyens plus que supérieurs priorisent la santé, l’éducation, les interventions sur les bassins versants pour prévoir l’érosion alors que l’état de leur environnement n’a rien à voir avec le nôtre en péril. Comme il sied à un État responsable, la priorité est donnée aussi à tous les programmes devant ranimer leur économie.

Avant, chez nous, qui se préoccupait du budget à part certains spécialistes et les ayant droit au sein de cet État qui savaient ce qu’ils avaient à tirer quand la confection de ce document était taillé sur mesure pour eux ? Maintenant, le budget ne pourra plus être préparé et voté à la cloche de bois. Le gouvernement actuel surpris par la fronde a fait un passage en force. Mais rien ne sera plus comme avant et c’est une bonne chose. Le système a tout basé sur l’ignorance de la population, sur sa fatigue, sur son désir de fuir par désespoir pour qu’on puisse faire main basse sur les ressources du pays. Les conseillers de l’ombre n’ont pas compris que les marrons, même s’ils reculent, n’abandonnent jamais la lutte. Quand ils surgissent dans la cité pour réclamer leur droit, avant de crier à la violence, il faut penser à cette violence quotidienne et presque bicentenaire qu’on leur inflige.

Rien ne peut plus se faire maintenant dans l’obscurité, dans le noir. La presse est aussi dans ses petits souliers quand de grandes institutions comme d’importantes banques privées prennent des mesures assez curieuses qui donnent l’impression que leurs clients sont avant tout des pigeons à plumer. C’est notre pays. Le citoyen n’a aucun droit. Mais les choses changent. Et cela gêne. Cela fera mal si on ne comprend pas que la roue tourne et que les temps changent.

Gary VICTOR

ÉDITO

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HAÏTI-PNH/BILAN

11 cas de viols, 48 arrestations

et un gang démantelé

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JEUDI 28 SEPTEMBRE 2017 N0 564

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S

elon les représentants venus de différentes régions du monde, de l’Amérique latine, des Caraïbes et d’Haïti, l’objectif de ce colloque international est d’engager un dialogue en vue de développer de nouvelles synergies entre les acteurs impliqués dans la bataille contre l’impunité et les crimes du passé.

L’ouverture des assises s’est déroulée en présence de l’ambassadeur de l’Union européenne, Vincent Dégert, et d’autres personnalités venues d’horizons divers.

Du 27 au 29 septembre 2017, à l’hôtel Royal Oasis, le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), et ses partenaires, notamment la Fédération internationale des ligues de droits de l’homme (FIDH) et le Haut- Commissariat aux droits de l’homme (HCDM), des experts internationaux et haïtiens vont échanger sur différentes thématiques relatives à l’importance de l’établissement de la vérité et des responsabilités concernant les crimes du passé Dans son allocution, le directeur exécutif du RNDDH, M. Pierre Espérance se dit insatisfait de la gestion haïtienne du dossier concernant les crimes du passé et des autres questions relatives aux droits humains. « Je ne suis pas satisfait des résultats obtenus jusque là. Car la lutte contre l’impunité et le nécessaire renforcement de la justice sont des conditions indispensables à la consolidation de l’état de droit », a déclaré le secrétaire général de la FIDH.

L’ambassadeur de l’Union européenne, Vincent Dégert, de

son côté, se dit très satisfait de cette initiative qui vise à donner une opportunité aux familles des victimes des crimes du passé de faire entendre leurs voix. « Les crimes commis contre les personnes ne doivent rester, en aucun cas, impunis », a fait savoir Vincent Dégert, ajoutant que l’État doit assumer, dans cette affaire, son rôle avec équité et beaucoup de

professionnalisme.

L’histoire d’Haïti comme de beaucoup d’autres pays de l’Amérique et de la Caraïbe est jalonnée de périodes de violence politique, caractérisées par des régimes autoritaires, dont ceux des Duvalier, et qui ont donné lieu à de graves violations des droits humains. Cependant, à ce jour, aucun mécanisme satisfaisant d’établissement pour consolider l’État de droit ni de procédure judiciaire indépendante et impartiale n’a été mis en place pour permettre aux familles des victimes d’obtenir justice et réparation. Donc, à travers ce colloque international, qui bénéficie du soutien de l’Union européenne, le RNDDH, le CEDH, la FIDH et HCDH entendent contribuer au renforcement de la mobilisation citoyenne autour des actions à mettre en œuvre en vue de porter les autorités concernées à assumer leurs responsabilités dans la lutte contre l’impunité.

Jodel Alcidor

ACTUALITÉ |

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Pierre Esperance, directeur exécutif du RNDDH.

Vincent Dégert, représentant de l’Union européenne en Haïti.

HAÏTI/JUSTICE

Ouverture du colloque international sur

l’impunité et les crimes du passé

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N0 564 JEUDI 28 SEPTEMBRE 2017

D écidément, la mobilisation semble être loin de faiblir. Le budget 2017- 2018 s’apparente à un mauvais sort sur lequel tout le monde s’apprête à crier haro sur le baudet. Les récentes déclarations du président de la République imputant la responsabilité des mouvements de protestation à une frange du secteur privé des affaires, évoluant notamment dans le domaine de l’électricité, préoccupent plus d’un. Les secteurs se suivent les uns après les autres dans un élan de mobilisation à nul autre pareil.

En témoignent les ouvriers de la Compagnie de développement industriel S.A (Codevi). Ils étaient estimés à environ plusieurs milliers de travailleurs à Ouanaminthe (département du Nord-Est) pour dénoncer la décision du président de la République de prélever 13 % de leur salaire à partir du prochain exercice fiscal.

D’après les protestataires, les agisse- ments de Jovenel Moïse sont ab- surdes. Au moment de leurs reven- dications relatives à l’augmentation de leur salaire minimum à 800 gourdes au mois de mai dernier, le Conseil supérieur des Salaires (CSS) s’est joué des travailleurs.

Il leur a accordé une modique somme de 35 gourdes. Pour tenter d’atténuer les frustrations, le chef de l’État s’est contenté d’en ajouter 15.

Ce qui fait 350 gourdes au total, une pitance par rapport aux mauvaises conditions de vie des travailleurs, alors qu’il s’apprête à les dépouiller en déduisant ce fort pourcent- age équivalant à 45.5 gourdes.

Ce qui laisse croire que l’ex-PDG d’Agritrans leur a accordé une aug- mentation de 4.5 gourdes lors de leur récente mobilisation.

Très acerbes, les ouvriers se veu- lent intransigeants. Il n’est pas ques- tion que les autorités se compor- tent comme des vampires pour les éliminer en siphonnant leur sang.

Ce prélèvement est une arnaque.

Le président de la République doit

rapporter le budget criminel qui ne prend pas en compte les aspira- tions et les besoins de la population.

D’autant que Jovenel Moïse leur avait promis monts et merveilles en vue de casser le rythme de la mo- bilisation des laissés-pour-compte.

Aujourd’hui, l’actuelle administra- tion, font-ils remarquer, n’a d’autre choix que d’obtempérer à la déci- sion de la population dénonçant à cor et à cri l’aspect illégal de cette loi de finances.

Tout ne s’est pas bien passé pour les contestataires. Chemin faisant, la manifestation a été violemment dispersée par les agents de la Police nationale d’Haïti (PNH) à coups de gaz lacrymogène. Ce, en vue de rétablir le calme dans la commune.

Le bilan. Huit (8) ouvriers ont été blessés. Les témoignages divergent.

Certains d’entre eux auraient été blessés à balles réelles et d’autres par des bombes de gaz lacrymogène.

Sans omettre deux autres ouvriers interpellés.

L’opposition revient requinquée

Et l’opposition revient requinquée.

Après une trêve d’une durée de soixante-douze (72) heures, elle ré- itère sa détermination à poursuivre la bataille contre le budget et contre la politique anti populaire du prési- dent et du gouvernement. Le secré- taire général de la Plateforme Pitit Dessalines, Jean Charles Moïse,

a été formel là-dessus « Il n’y aura de marche arrière », annonçant un nouveau calendrier de mobilisation s’étendant sur une période de trois jours consécutifs, soit du 28 au 30 septembre finissant. Le flambeau de la mobilisation s’arrêtera à la sat- isfaction des revendications de la population. C’est pourquoi les mou- vements de protestation repren- dront cours des ce jeudi 28 septem- bre dans les rues de Port-au-Prince.

Ce, en vue de forcer le président de retourner sur cette loi de

finances

controversée. Le lendemain, sou- ligne-t-il, le train prendra la direc- tion du Cap-Haitien, alors que le surlendemain il reviendra dans le département de l’Ouest.

Dans cette optique, l’ancien can- didat à la présidentielle du 20 no- vembre 2016 s’est félicité de la com- préhension de divers secteurs de la population se mobilisant contre l’inacceptable. À titre d’exemple, il a, entre autres, cité les syndi- cats d’ouvriers, les agents de sécu- rité, les organisations syndicales d’enseignants. À son avis, il convient de faire front commun contre ce budget scélérat qui vise à appauvrir davantage les masses défavorisées.

« Jovenel Moïse prend aux pau- vres pour enrichir son cartel et les parlementaires acquis à sa cause », s’insurge le leader de la Plateforme Pitit Dessalines qui en a profité pour saluer les habitants de Trou- du-Nord, ville natale du président

de la République, qui manifestent, eux aussi, contre le budget criminel.

Dans la même veine, le président de la commission Affaires sociales et Travail du Sénat de la République, Antonio Cheramy, a été clair. Il ex- horte le chef de l’État à revenir à la raison. « De nombreux sénateurs ayant voté le budget se sont ravi- sés l’un après l’autre comme s’ils n’étaient pas imbus du travail que leur avait confié la population. Un nombre important d’entre eux a déjà fait une volte-face comme s’ils ne savaient pas ce qu’ils avaient voté

», a déclaré le sénateur de l’Ouest, conseillant au président de pub- lier un décret rapportant le budget 2017-2018.

Et le porte-parole du syndicat des employés de l’Office d’assurance des véhicules contre tiers (OAVCT), Jean Roody Saint-Juste, a enchainé, protestant lui aussi contre le bud- get. La prétendue commission tech- nique de restructuration à l’Office n’a pas sa place. Elle ne s’engage nul- lement à travailler dans l’intérêt de ladite institution. Au contraire, sa mission sous-jacente est de licen- cier les fonctionnaires de ladite in- stitution. Il en a voulu pour preuve, la mise en disponibilité d’une ving- taine de travailleurs pour des rai- sons non élucidées. S’ajoute à cette liste un total de 350 au mois d’août dernier. Ce qui porte le nombre à 378 employés au total.

Enfin, selon le député de Cerca Carvajal (département du Cen- tre), Antoine Rodon Bien-aimé, le budget 2017-2018 n’aurait pas été publié dans son intégralité dans le Moniteur, journal officiel de la Ré- publique. « Seule la partie consacrée au fonctionnement a été publiée », a fait savoir l’élu de Cerca Carvajal qui s’est toutefois montré prudent en en promettant de s’enquérir da- vantage des procédures tracées par la loi, en la matière.

Reynold Aris

| ACTUALITÉ

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Les ouvriers de la Codevi ont manifesté le mercredi 27 septembre contre le budget pour dénoncer la décision de prélever 13 % de leur salaire à partir du prochain exercice./Photo:

Facebook de Chedlord Limage.

HAÏTI/POLITIQUE/BUDGET 2017-2018

La mobilisation s’intensifie

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JEUDI 28 SEPTEMBRE 2017 N0 564

| 5 ACTUALITÉ |

E n marge de la célébration du 48

e

anniversaire de l’institution, le directeur général du Conseil national des télécommunications (CONATEL) a rencontré les médias de la capitale dans le but de présenter un bilan de sa gestion et d’annoncer de nouvelles perspectives pour l’institution. C’était aussi l’occasion pour le DG de plaider en faveur d’un véritable plan d’aménagement du système des télécommunications en Haïti.

Hormis le bilan de ses actions pour les 5 mois passés à la tête de l’institution, le directeur général, Jean David Rodney, a aussi parlé des cinq axes du plan d’action placé sous le label « aujourd’hui, le CONATEL de demain ». Le directeur général en a profité pour mettre en perspective ses actions pour l’exercice

fiscal

2017-2018 et également clarifier son approche stratégique relative à la résolution des problèmes de piraterie hertzienne et de protection des consommateurs.

Dans son intervention, le DG a rappelé le lien historique du Conatel avec la défunte Teleco, pour faire état de la situation défaillante de son institution. Dès notre arrivée, dit-il, nous avons procédé à une évaluation. Et comme résultat, poursuit-il, nous avons trouvé une

institution défaillante, régie par un cadre légal désuet. La loi de 1977 et le décret de 1987 qui régissent le fonctionnement du CONATEL constituent un obstacle à son bon fonctionnement. Le DG souhaite donc renforcer en termes de moyens les capacités de l’institution afin qu’elle puisse répondre véritablement à sa mission.

Le DG a fait mention aussi des

problèmes d’infrastructures de télécommunication. Les ressources distribuées aux opérateurs et aux autres compagnies ne sont pas comparables aux ressources des autres pays en termes de qualité, de disponibilité et d’accessibilité.

Pour soutenir sa déclaration, il a fait d’un petit nombre très limité de laboratoires dans les écoles et de l’inexistence des télé centres

communautaires dans le pays.

Par ailleurs, les difficultés liées au développement des capacités et engendrées par un manque de ressources humaines qualifiées sont aussi classées dans la liste de constats de défaillance de l’institution.

Le pays a intégré la société de l’information. Et, selon le directeur, la façon dont on s’approprie cette société d’information est un autre signe de défaillance de notre système de télécommunication.

Pour remédier à ces problèmes, des discussions ont été initiées, un plan d’action a été mis sur pied et proposé aux autorités concernées en vue d’aboutir à un cadre légal devant régir le secteur des télécommunications, de l’internet et du numérique en général.

L’ingénieur Rodney a surtout précisé l’urgence de revoir le cadre légal en vigueur, et l’extrême nécessité de doter à ce secteur porteur un nouveau cadre réglementaire adapté aux exigences nationales et internationales. Jean David Rodney a par ailleurs fait part de sa volonté de travailler en vue de la création d’un environnement propice au développement du secteur des télécommunications dans une perspective de transformation économique et sociale du pays.

Evens RÉGIS

U n Jonel Jeanty, a reçu un migrant haïtien, projectile, le 16 septembre provenant d’une arme d’un militaire dominicain selon un message spécial du Groupe d’appui aux Réfugiés et aux Rapatriés (GARR). Celui-ci a été toutefois rapatrié le 25 septembre dernier avec des blessures par balle au point frontalier Ouanaminthe/

Dajabon à 10 heures du soir.

À Hatillo Palma, dans la province de Monte Christi, Jonel Jeanty a été atteint d’une balle au pied gauche d’un militaire dominicain, le 16 septembre. Ce ressortissant haïtien âgé de 28 ans, originaire de la Gonâve a été, immédiatement, emmené à un centre hospitalier

dominicain pour recevoir des soins. S’il est vrai que les différentes blessures ont été pansées, le projectile, quant à lui, n’a pas été enlevé. Malgré son état critique, il a cependant été gardé dans un centre carcéral sur le territoire dominicain pendant plusieurs jours.

Environ 9 jours après cette agression, soit le 25 septembre, Jonel Jeanty, assez mal en point, a été escorté par des militaires dominicains ayant pour objectif de le reconduire en Haïti. Ladite escorte ayant eu lieu en soirée, Jonel Jeanty a dû passer la nuit en plein air sur le point frontalier Ouanaminthe en proie à de fortes douleurs selon ses déclarations.

La victime, fort heureusement retrouvée à temps, a été prise en charge par le Groupe d’Appui aux Rapatriés et aux Réfugiés (GARR) et l’Organisation internationale pour les Migrations (OIM), où elle reçoit présentement des soins dans un centre hospitalier d’Ouanaminthe

Ce type d’agression commise sur un ressortissant haïtien est monnaie courante en République dominicaine. Le cas du migrant haïtien Zacharie âgé de 23 ans qui avait également reçu une balle provenant d’une arme d’un militaire dominicain, survenu le 24 juillet, est aussi un cas d’abus et d’injustice. Selon les propos de ce dernier, il avait été saisi

brutalement chez lui, à Santo Domingo, gardé au centre carcéral de Haina durant cinq nuits consécutives puis rapatrié à la frontière.

Il est à souligner que de nombreux abus de pouvoir sont souvent enregistrés lors des rapatriements des migrants haïtiens. Plusieurs organismes de droits humains, notamment le Groupe d’appui aux Rapatriés et Réfugiés, condamnent ces mauvais traitements à l’encontre des ressortissants haïtiens et invite les autorités à s’intéresser de plus près à leur situation afin de veiller au respect de leurs droits.

Marie Jaëlle Kerstine Jennifer Duclair HAÏTI/TÉLÉCOMMUNICATIONS

De la nécessité de moderniser le Conatel

HAÏTI/RÉPUBLIQUE DOMINICAINE

Rapatriement de Jonel Jeanty avec des blessures par balles

Le directeur général du Conatel, Jean David Rodney.

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| ACTUALITÉ

D

ans les pays à revenu faible et intermédiaire, des millions de jeunes élèves courent le risque de rater des opportunités et de percevoir de bas salaires plus tard dans la vie parce que leurs écoles primaires et secondaires ne parviennent pas à leur donner l’éducation dont ils ont besoin pour réussir. Mettant en garde contre une « crise de l’apprentissage » dans l’éducation mondiale, un nouveau rapport de la Banque mondiale soutient que sans apprentissage, la scolarisation n’est pas seulement une occasion manquée, elle est également une grosse injustice pour les enfants et les jeunes du monde entier.

Le Rapport sur le développement dans le monde 2018 : « Apprendre pour réaliser la promesse de l’éducation » (ou WDR 2018) fait valoir que sans apprentissage, l’éducation ne pourra pas réaliser sa promesse d’élimination de la pauvreté et de promotion des mêmes chances et d’une prospérité partagée pour tous ni effectuer des opérations de mathématiques élémentaires. Cette crise de l’apprentissage élargit les disparités sociales au lieu de les rétrécir.

Les jeunes élèves, déjà défavorisés par la pauvreté, les conflits, leur genre ou un handicap, entrent dans la vie adulte sans avoir acquis ne seraient-ce que les compétences de base.

Pour le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, « cette crise de l’apprentissage est d’ordre moral et économique. Lorsqu’elle est fournie de manière satisfaisante, l’éducation fait entrevoir la perspective d’un emploi, de meilleurs revenus et d’une existence en bonne santé et à l’abri de la pauvreté pour les jeunes. Pour la communauté, elle stimule l’innovation, renforce les institutions et consolide la cohésion sociale. Mais ces bienfaits dépendent des connaissances acquises

; et sans apprentissage, la scolarisation est une occasion manquée. Pire encore, elle est une grosse injustice : les enfants les plus défavorisés de la société sont ceux qui ont le plus besoin d’une bonne éducation pour réussir dans la vie ».

Le rapport recommande des mesures concrètes pour aider les pays en développement à résoudre cette terrible crise de l’apprentissage en renforçant les évaluations des acquis scolaires ; en s’appuyant sur les données concernant ce qui marche et ce qui ne marche pas pour orienter les décisions dans le domaine de l’éducation ; et en impulsant une forte dynamique sociale dans le but de susciter une réforme visant à mettre

l’objectif « d’apprentissage pour tous » au centre de l’éducation.

Selon le rapport, lorsqu’on a demandé récemment à des élèves de troisième année du primaire au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda de lire en anglais ou en swahili une phrase du genre « le nom du chien est Fido », trois quarts n’ont pas compris ce que cela voulait dire. Dans les campagnes indiennes, près de trois quarts des élèves de troisième année du primaire n’ont pas pu faire une opération de soustraction à deux chiffres comme dans « 46 - 17 ». En cinquième année du primaire, la moitié en était toujours incapable. Bien que les compétences des Brésiliens âgés de 15 ans se soient améliorées, vu leur rythme actuel d’évolution, ils n’atteindront pas la note moyenne en mathématiques des pays riches avant 75 ans, et il leur faudra 263 ans pour la lecture.

Encore que ces chiffres ne tiennent pas compte des 260 millions d’enfants qui, du fait de conflits, de discriminations, de handicaps et d’autres obstacles, ne sont inscrits ni dans le primaire ni dans le secondaire.

Bien que tous les pays en développement n’affichent pas des résultats aussi déprimants, beaucoup sont largement à la traine de ce qu’ils ambitionnent, souligne le rapport. Des évaluations internationales de référence en matière de lecture, de calcul et d’écriture révèlent que les notes de l’élève moyen d’un pays pauvre sont inférieures à celles de 95 % des élèves de pays à revenu élevé — ce qui signifie qu’un tel élève serait admis à un programme de remise à niveau dans un pays à revenu élevé. De nombreux élèves affichant d’excellentes performances dans certains pays à revenu intermédiaire

— garçons et filles se classant dans le quartile supérieur de leur cohorte — se retrouveraient dans le quartile inférieur des élèves d’un pays plus riche.

Rédigé par une équipe dirigée par Deon Filmer et Halsey Rogers, deux principaux économistes à la Banque mondiale, ce rapport pointe les éléments déterminants du déficit d’apprentissage en faisant ressortir non seulement les manifestations de la rupture entre l’enseignement et l’apprentissage dans un trop grand nombre d’établissements scolaires, mais aussi les facteurs politiques plus profonds qui font perdurer cette situation.

Il est possible de réaliser des progrès importants

Le rapport révèle que lorsque « l’apprentissage pour tous » devient une priorité pour les pays et leurs dirigeants, on peut améliorer considérablement les normes en matière d’éducation. À titre d’illustration, la Corée du Sud est parvenue en 1995 à une scolarisation universelle dans un système d’enseignement de qualité jusqu’au secondaire – ses jeunes étant classés au plus haut niveau par les évaluations internationales des performances scolaires – alors qu’elle était déchirée par la guerre et avait un très faible taux d’alphabétisation au début des années 50. Les résultats du Viet Nam à un test de suivi des acquis des élèves du second cycle du secondaire en mathématiques, science et lecture de l’OCDE (dénommé PISA) réalisé en 2012 ont montré que ses jeunes de 15 ans avaient le même niveau que ceux d’Allemagne, alors même que le Viet Nam est un pays nettement plus pauvre.

Grâce à une action concertée des pouvoirs publics, dans plusieurs pays comme le Libéria, la Papouasie- Nouvelle-Guinée et Tonga, la lecture dans les premières classes du primaire s’est considérablement améliorée en un temps record moyennant des actions ciblées reposant sur des données factuelles et des preuves solides.

« Le seul moyen de faire des progrès est de “rechercher la vérité à partir des faits”. Si nous nous y employons, nous trouverons que les faits concernant l’éducation révèlent une triste réalité.

Pour un trop grand nombre d’enfants, scolarisation n’est pas synonyme d’apprentissage », déclare l’économiste en chef de la Banque mondiale, Paul Romer.

S’appuyant sur des données factuelles et des conseils recueillis durant des consultations approfondies menées dans 20 pays et associant des représentants de l’administration, d’organismes d’aide au développement, d’instituts de recherche, d’OSC et du secteur privé, le rapport énonce trois approches stratégiques :

Premièrement : apprécier les acquis pour faire de l’apprentissage un objectif sérieux.

Seule la moitié des pays dispose de critères d’appréciation permettant d’évaluer les acquis à la fin du primaire et du premier cycle du secondaire.

Des évaluations bien conçues peuvent aider les enseignants à orienter les élèves, améliorer la gestion du système

et amener la société à s’intéresser à l’apprentissage. Ces évaluations sont de nature à éclairer les choix stratégiques, mesurer les progrès et identifier les enfants à la traine.

Deuxièmement : mettre l’école au service de l’ensemble des apprenants.

Uniformiser les règles du jeu en réduisant le retard de croissance et en favorisant le développement des fonctions cérébrales par la nutrition et la stimulation précoces afin que les enfants soient disposés à apprendre au moment où ils commencent l’école.

Attirer des talents dans l’enseignement et entretenir leur motivation en offrant aux enseignants une formation adaptée qui est renforcée par le concours de mentors. Déployer des technologies qui permettent aux enseignants d’enseigner en tenant compte du niveau de l’élève et renforcer les capacités de gestion des établissements scolaires, notamment celles des directeurs d’école.

Troisièmement, mobiliser tous ceux qui ont un intérêt dans l’apprentissage.

Recourir à l’information et aux indicateurs pour mobiliser les citoyens, accroître l’éthique de responsabilité et créer une volonté politique en faveur de la réforme de l’éducation. Associer les parties concernées, y compris les milieux d’affaires, à toutes les étapes de la réforme, de sa conception à sa mise en œuvre.

« Les pays en développement sont loin du niveau auquel ils devraient se trouver en matière d’apprentissage. Beaucoup n’y consacrent pas suffisamment de moyens financiers, et la majeure partie doit investir plus efficacement. Mais il ne s’agit pas simplement d’argent : les pays doivent aussi investir dans les capacités des institutions et des individus chargés d’éduquer nos enfants », affirme Jaime Saavedra, un ancien ministre de l’Éducation au Pérou désormais directeur principal pour l’éducation à la Banque mondiale.

« Une réforme de l’éducation est nécessaire d’urgence et demande de la persévérance et un alignement politique de la part des pouvoirs publics, des médias, des entrepreneurs, des enseignants, des parents et des élèves. Tous doivent valoriser et exiger un apprentissage de meilleure qualité. »

Banque mondiale

La Banque mondiale met en garde contre une « crise de l’apprentissage » dans l’éducation mondiale

Le Rapport sur le développement dans le monde 2018 appelle à mettre davantage l’accent sur les évaluations et à fonder

l’action sur des données factuelles.

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JEUDI 28 SEPTEMBRE 2017 N0 564

| 7 TRIBUNE |

La polémique autour de la “Bibliothèque nationale Dany Laferrière” analysée au prisme du droit public

L e bâtiment qui logeait la Bibliothèque municipale de Petit-Goâve n’avait pas résisté pas aux secousses du séisme du 12 janvier 2010 en Haïti.

L’ONG Agro Action Allemande, de concert avec l’Union européenne, a pu trouver le montant nécessaire pour construire un nouveau bâtiment à la bibliothèque. La construction une fois terminée, l’ONG a eu le soin de demander à la Bibliothèque nationale d’Haïti le nom baptême de la bibliothèque reconstruite. La nécessité d’écrire un nom sur la façade du bâtiment fraîchement construit, justifiait sans doute cette demande faite par l’ONG à la BNH. Cette dernière a alors proposé l’appellation

“Bibliothèque nationale Dany Laferrière”. Appellation qui a été portée à la façade du nouveau bâtiment.

Alors que la date d’inauguration du bâtiment était prévue pour le 7 septembre 2017, des militants du Front Mixte de Libération ont contesté la décision d’appeler la bibliothèque “Bibliothèque nationale Dany Laferrière”. Par voie de conséquence, On a dû donc reporter sine die la cérémonie inaugurale. Le dimanche 10 décembre 2017, Ces derniers ont rayé le nom du célèbre écrivain et membre de l’Académie française de la façade du bâtiment nouvellement construit. Par ailleurs, le maire de la Ville de Petit-Goâve a refusé l’appellation proposée en citant l’article 7 de la Constitution haïtienne qui dispose : « Le culte de la personnalité est formellement interdit. Les effigies, les noms de personnages vivants ne peuvent

figurer sur la monnaie, les timbres,

les vignettes. Il en est de même pour les bâtiments publics, les rues et les ouvrages d’art. » Depuis lors, des personnalités ont pris la parole pour condamner la décision du maire et le comportement des militants alors que d’autres applaudissent en rappelant que la Constitution interdit le culte de la personnalité. Dans un tel tohu- bohu, nous croyons nécessaire de placer notre opinion enracinée dans une approche de droit public.

Trois concepts-clés sont à retenir dans l’article 7 précité pour analyser

cette affaire qui fait polémique : culte de la personnalité, personnages vivants, bâtiments publics. En effet, Dans le souci d’éviter le culte de la personnalité, ledit article interdit de faire figurer le nom de personnages vivants sur les bâtiments publics.

Pour comprendre l’esprit d’une telle norme, il faut se rappeler que la Constitution de 1987 voulait rompre avec les pratiques dictatoriales qui précédaient son adoption. Il s’agit d’éviter que les dirigeants politiques, notamment le président de la République, obligent les citoyens à les vénérer.

S’il est vrai que Dany Laferrière n’est pas un dirigeant politique, il pourrait éventuellement le devenir à n’importe quel moment dès lors qu’il est en vie. Conséquemment, il tombe sous le coup de l’interdiction de l’article 7.

Notre approche ne saurait faire l’économie d’une mise au point sur la notion de bâtiment public. Le bâtiment logeant la bibliothèque en question est-il un bâtiment public

? Nous entendons par bâtiment public une bâtisse faisant partie du patrimoine d’une personne publique et/ou aménagée pour la délivrance d’un service public. En ce qui concerne la bibliothèque en discussion, il faut souligner à l’encre forte qu’elle existait déjà sous l’appellation de “Bibliothèque municipale de Petit-Goâve”. Cette appellation prête à confusion dans la mesure où elle porte à croire que cette bibliothèque dépend de la mairie de Petit-Goâve. Cependant, le statut de la bibliothèque est beaucoup plus complexe car elle dépend aussi de la Bibliothèque nationale d’Haïti (BNH), un organisme autonome placé sous la tutelle du ministère de la Culture.

D’ailleurs, d’aucuns le considèrent comme étant un annexe de la BNH à Petit-Goâve. En effet, la BNH contient un réseau de bibliothèques dans divers communes lui permettant d’assurer sa mission de lecture publique, i-e de créer des espaces de lecture pour les citoyens à travers le pays. Néanmoins, le fait de les qualifier de bibliothèques municipales permet d’insinuer que les mairies des diverses villes où elles sont implantées ont un droit de regard sur leur fonctionnement.

Avant que le séisme du 12 janvier 2010 ne la détruise, la Bibliothèque municipale de Petit- Goâve fonctionnait sous l’autorité conjointe de la BNH et de la mairie de Petit-Goâve qui constituent deux personnes morales de droit public et, faut-il le rappeler, elle est appelée à fournir un service d’intérêt général . Ainsi, le statut de bâtiment public tel que prévu par l’article 7 de la Constitution peut- il s’appliquer à la Bibliothèque en question et l’interdiction d’y faire

figurer le nom d’un personnage

vivant s’applique en l’espèce.

Il est important de souligner qu’il s’agit d’un partenariat entre l’ONG en question et des autorités publiques pour donner un nouveau bâtiment à une bibliothèque municipale en ruine. D’ailleurs, la construction du nouveau bâtiment a été faite sur le même terrain qui logeait l’ancien bâtiment détruit par le séisme du 12 janvier 2010. Changer le nom de la bibliothèque s’apparenterait à un subterfuge pour privatiser un bien public. Il est donc tout normal

que la bibliothèque garde son nom originel qui est Bibliothèque Municipale de Petit-Goâve.

Nous déplorons le fait que l’immortel Dany Laferrière ait eu à connaitre une telle mésaventure.

Cette dernière est symptomatique du laxisme qui caractérise les institutions publiques en Haïti.

Avant de Porter le nom de l’écrivain devant la façade du nouveau bâtiment, il aurait fallu s’assurer que c’est conforme aux normes du droit public haïtien. Ainsi, Il n’aurait pas eu à subir l’affront de voir son nom rayer de la façade du bâtiment alors qu’il n’avait rien demandé comme faveur ou redevance. Il est vrai que les autorités concernées étaient de bonne foi en voulant honorer l’écrivain. Malheureusement, comme à l’accoutumée, ils sont allés vite en besogne et se sont cassé les dents. À quand un mode de fonctionnement normalisé et rationalisé des institutions publiques haïtiennes ?

Me Caleb Deshommes

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| MONDE

L ’establishment républicain américain a accumulé les revers, mardi 26 septembre.

En début d’après-midi, le chef de la majorité conservatrice au Sénat, Mitch McConnell (Kentucky), a tout d’abord dû renoncer à organiser un vote sur une nouvelle proposition de loi visant à supprimer la couverture sociale héritée de l’administration démocrate précédente, l’Obamacare, faute de disposer des voix nécessaires.

En soirée, le candidat que la direction républicaine soutenait dans la primaire organisée en Alabama pour succéder à Jeff Sessions, devenu ministre de la justice, a été sèchement battu par un outsider.

Nommé en février par intérim à la place de M. Sessions par un gouverneur poussé à la démission deux mois plus tard à la suite de la découverte d’une liaison extraconjugale, Luther Strange, ancien procureur général de cet Etat du Sud, avait déjà été devancé par Roy Moore, ancien président de la Cour suprême de l’Alabama, au cours d’un premier tour organisé en août. Le soutien de M. McConnell et notamment la force de frappe

financière mise à sa disposition ne

lui ont pas permis de renverser la vapeur.

Un revers aussi pour Trump

Cet échec constitue également un revers pour le président des Etats- Unis, Donald Trump, qui s’est rendu sur place, le 22 septembre, pour le soutenir, et qui a également multiplié les appels à voter sur son compte Twitter. En plein meeting, M. Trump s’était cependant publiquement interrogé sur son choix. « J’ai peut- être commis une erreur », avait-il déclaré, avant d’assurer qu’il ferait

campagne sans réserve pour Roy Moore lors de l’élection générale prévue en décembre si ce dernier venait à l’emporter.

Fondamentaliste chrétien revendiqué, l’ancien juge de 70 ans est un personnage particulièrement controversé en Alabama. Défenseur de la théorie du complot selon laquelle Barack Obama n’est pas un citoyen américain, il a aussi jugé possible que les attentats du 11-Septembre soient un châtiment divin.

Roy Moore a dû renoncer à deux reprises à ses fonctions à la suite de conflits avec sa hiérarchie. En 2003, il a été limogé une première fois pour avoir refusé de retirer une stèle monumentale représentant les Dix Commandements qu’il avait fait installer dans le bâtiment où siégeait la Cour suprême. Ce choix avait été considéré comme incompatible avec le premier amendement de la Constitution américaine garantissant la liberté d’expression.

Douze ans plus tard, après avoir été réélu dans les mêmes fonctions, Roy Moore a de nouveau créé une polémique en refusant d’appliquer la décision de la Cour suprême des Etats-Unis légalisant le mariage homosexuel.

Ces décisions sanctionnant son indiscipline lui ont permis de faire fructifier un capital politique dans cet Etat particulièrement conservateur, qui a contribué à sa victoire de mardi. Ce comportement incontrôlable avait poussé la direction républicaine au Sénat à s’engager derrière Luther Strange. « Ce soir, l’establishment a été battu dans l’Alabama ! », s’est d’ailleurs immédiatement félicité Roy Moore dans un Tweet dès la diffusion des premiers résultats .

Menace d’une surenchère interne La victoire de cet ancien juge annonce vraisemblablement une difficile saison de primaires pour les républicains modérés, similaire à celles qui ont ponctué l’avènement du mouvement quasi insurrectionnel du Tea Party, en 2010 et en 2012.

Des

figures de l’establishment

républicain ont alors été écartées par des nouveaux venus qui ont fait se déporter à droite le Grand Old Party et exacerbé les divisions partisanes au Congrès.

En 2014, l’establishment républicain s’était efforcé de contenir une vague qui avait également permis aux démocrates de tirer leur épingle du jeu dans de nombreux scrutins, compte tenu de l’effet repoussoir

exercé par la candidature de radicaux. Trois ans plus tard, la menace d’une nouvelle surenchère interne républicaine est d’autant plus inquiétante que les débuts difficiles de l’administration Trump risquent de transformer les élections de mi- mandat prévues en novembre 2018, traditionnellement défavorables au parti au pouvoir, en référendum sur un président pour l’instant peu populaire.

De nombreux élus républicains modérés, comme le représentant Charlie Dent (Pennsylvanie) ont d’ores et déjà annoncé leur intention de ne pas se représenter. L’influent président de la commission des affaires étrangères du Sénat, Bob Corker (Tennessee), en a fait de même mardi. Ce dernier avait vivement critiqué M. Trump après des propos controversés à la suite de violences qui avaient opposé à Charlottesville (Virginie) des néonazis et des antiracistes, jugeant que le président n’avait pas fait la preuve de « l’équilibre » et de la

« compétence » nécessaires pour réussir dans ses fonctions.

Le nouveau mouvement hostile aux cadres du Grand Old Party s’est donné un héraut en la personne de l’ancien conseiller stratégique de M. Trump, Stephen Bannon, venu soutenir Roy Moore lundi soir. Le patron du site ultranationaliste Breitbart News s’est gardé de mettre en cause le président, mais les directions républicaines du Sénat et de la Chambre des représentants sont désormais dans sa ligne de mire. Il a d’ailleurs annoncé mardi le début d’une « révolution ».

Le Monde

Roy Moore le 26 septembre à Montgomery en Alabama. MARVIN GENTRY / REUTERS.

Aux États-Unis, le Parti républicain accumule les déconvenues

Un vote sur l’abrogation de l’Obamacare n’a pas eu lieu au Sénat faute de voix, et le candidat soutenu par Trump a perdu la primaire dans l’Alabama.

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N ouveau revers pour Michel Temer, qui a multiplié les recours pour tenter de freiner une procédure qui pourrait lui coûter son mandat. La Cour suprême du Brésil a rejeté, mercredi 20 septembre, un appel

de ses avocats pour bloquer la procédure d’ouverture d’un procès.

Le vote de six juges (sur onze) permet de soumettre la demande en mise examen du chef de l’Etat à la Chambre des députés. Si les deux tiers des parlementaires considèrent

cette demande recevable, le président sera alors écarté du pouvoir pour six mois, le temps d’être jugé. Cette éventualité est néanmoins jugée peu probable par la plupart des analystes en raison du fort soutien dont dispose M. Temer à la chambre

basse.

En juin, une autre demande de mise en examen avait été présentée

Le sort de Michel Temer, présent à l’Assemblée générale des Nations unies mardi 19 septembre, est entre les mains de la Chambre des députés. SPENCER PLATT / AFP.

Brésil : nouvelle étape franchie vers l’ouverture d’un procès contre le président Michel Temer

La Cour suprême du Brésil a rejeté l’appel des avocats du président brésilien. La demande de

mise en examen est entre les mains de la Chambre des députés.

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JEUDI 28 SEPTEMBRE 2017 N0 564

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U n raid américain à Kaboul a fait “plusieurs victimes”

civiles mercredi pendant la visite du chef du Pentagone et du secrétaire général de l’Otan venus réaffirmer leur “engagement”

en Afghanistan contre le terrorisme.

Les forces américaines sont intervenues en riposte à une attaque à la roquette et au mortier des talibans sur l’aéroport international de Kaboul et sur un quartier résidentiel adjacent, quelques heures après l’arrivée du secrétaire américain à la Défense Jim Mattis, ont expliqué les porte-parole de l’opération Resolute Support (RS) de l’Otan dans un communiqué.

“Malheureusement, un missile a mal fonctionné causant plusieurs victimes civiles”, ont-ils ajouté sans préciser s’il s’agissait de morts ou de blessés.

Selon eux, les assaillants ont également “actionné leurs vestes explosives, mettant en danger un grand nombre de civils”, ce qui a motivé leur intervention “en appui de la force de réaction rapide afghane”.

Un précédent bilan du ministère de l’Intérieur faisait état d’une femme tuée et de onze civils blessés. Mais le bilan précis de ces incidents restait incertain mercredi soir et pourrait, selon les médias locaux, être plus élevé qu’officiellement annoncé.

Au même moment, Jim Mattis et Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’Otan, réaffirmaient leur engagement en Afghanistan, quelques semaines après l’annonce de renforts américains.

“We are the good guys” - “nous sommes les gentils”, a martelé M.

Mattis.

Aux termes de la “nouvelle stratégie”

annoncée par le président Donald Trump, 3.000 Américains sont attendus en renfort des 11.000 déjà présents en Afghanistan, théâtre depuis octobre 2001 de la plus longue guerre américaine.

Ces renforts, dont certains sont déjà en route, vont “nous donner un sérieux avantage sur tout ce que les talibans pourront tenter contre vos forces”, a affirmé M. Mattis, promettant devant le président Ashraf Ghani de ne “pas abandonner l’Afghanistan à un ennemi sans merci”.

Pour le chef du Pentagone, surnommé “Mad Dog” pour ses exploits militaires passés, tirer des roquettes sur l’aéroport, “comme sur n’importe quel aéroport international, est un crime contre des innocents: c’est une déclaration d’intention des talibans sur ce qu’ils sont, ça témoigne de leur approche”.

“C’est ce qu’ils ont toujours fait.

Mais ils vont trouver les forces

afghanes face à eux”, a-t-il prévenu:

pas question de laisser “les talibans, le groupe Etat islamique et le réseau Haqqani” (puissant réseau insurgé installé à la frontière avec le Pakistan) se renforcer.

- Plus de 15 pays -

“Plus l’Afghanistan reste stable, plus nous sommes en sécurité” a renchéri Jens Stoltenberg.

Plus de quinze pays membres de l’Otan ont déjà donné leur accord pour l’envoi de troupes supplémentaires: “L’Otan ne part pas quand ça se gâte. Nous tenons nos promesses” a-t-il insisté sur Twitter.

Les forces de Resolute Support s’élèvent à 5.000 hommes (hors soldats américains) actuellement et le président Ghani a espéré que

“maintenant que le général Mattis a décidé d’envoyer plus d’hommes (...) les autres membres de l’Otan en feront autant”.

Selon le général américain John Nicholson, commandant de RS, la nouvelle donne annoncée par les Etats-Unis a déjà contribué à relever

le moral des troupes afghanes et altère celui des talibans.

“Sur le champ de bataille, le moral des talibans est à la baisse, leurs pertes restent très élevées” a-t-il confié aux journalistes.

Mais malgré “les regrets profonds”

exprimés par l’Otan et l’annonce d’une enquête, les bavures comme celles de mercredi, liées le plus souvent aux raids aériens des forces américaines, alimentent la rancoeur et la colère des populations contre les forces occidentales.

Après avoir longuement hésité, Donald Trump a dévoilé fin août sa

“nouvelle stratégie” pour soutenir le régime de Kaboul face aux insurgés islamistes, estimant qu’un retrait créerait un “vide” qui profiterait aux

“terroristes”.

Les forces afghanes, qui subissent des pertes considérables - plus de 7.000 morts et 12.000 blessés en 2016 - reculent de fait face aux insurgés et leur ont abandonné plus d’un tiers du territoire.

L’opération RS est principalement chargée de former et d’encadrer ces forces, tandis que les Etats- Unis mènent, parallèlement, des opérations antiterroristes notamment en conduisant des raids aériens.

Dimanche, le porte-parole du ministère de la Défense, le général Dawlat Waziri, a annoncé que plus de 20.000 opérations militaires avaient été conduites contre les insurgés sur les six premiers mois de l’année.

AFP

AFP/Archives / WAKIL KOHSAR Des forces de sécurité afghanes et des soldats américains, le 24 septembre 2017 à Kaboul.

Bavure américaine à Kaboul pendant la visite des chefs du Pentagone et de l’Otan

»»»» suite de la page 8

MONDE |

Brésil : nouvelle étape franchie vers l’ouverture d’un procès contre le président Michel Temer

pour « corruption passive », mais le président était parvenu à sauver son mandat en obtenant une large majorité au Parlement.

La seconde demande concerne deux autres chefs d’accusation, pour « obstruction à la justice et participation à une organisation criminelle ». Le président est accusé d’être le « leader d’une organisation criminelle » qui aurait détourné 587 millions de réais (environ 158 millions d’euros au taux de change actuel).

Un autre recours déposé par les

avocats de Michel Temer

Des dessous-de-table auraient été versés notamment dans l’objectif d’obtenir des faveurs pour des entreprises privées cherchant à décrocher des contrats avec des compagnies d’Etat, comme le géant pétrolier Petrobras.

Le recours de M. Temer portait sur la validité de preuves issues des confessions de cadres du géant de la viande JBS, mais la majorité des juges de la Cour suprême a préféré soumettre le dossier au Parlement

avant que cette question ne soit tranchée.

L’accusation est fondée principalement sur les révélations de Joesley Batista, un des propriétaires de l’entreprise qui a remis aux autorités un enregistrement sonore clandestin. Dans cet enregistrement, le chef de l’Etat semble donner son accord pour l’achat du silence d’un ancien député aujourd’hui en prison. Mais l’accord noué par les cadres de JBS en échange de l’immunité a depuis été annulé et Joesley Batista placé en détention

provisoire, soupçonné d’avoir omis de fournir des éléments aux enquêteurs.

Les avocats du président ont aussi déposé un autre recours, arguant que les accusations sont liées à des faits qui auraient été commis avant le début de son mandat. Ce recours a été rejeté mardi par Edson Fachin, un des juges de la Cour suprême, mais la défense du président a demandé à ce qu’il soit analysé par l’ensemble des magistrats.

AFP

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| INSERTION DEMANDÉE

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