DOSSIER
la performance
Les logiciels guident la production pharmaceutique à toutes les etapes Ces dernières années, les fameux MES ont d'ailleurs pris une place grandissante dans la profession Si leur implémentation se poursuit, les industriels semblent davantage préoccupés par les logiciels de sénalisation La question est d'actualité avec de multiples réglementations qui pointent à l'horizon à travers le monde
GESTION DE PRODUCTION
Les MES entrent dans les mœurs de la pharmacie
CONDITIONNEMENT
À l'aube de sa mise en place, la sériaiisation pose question
5ERIALISATION
Nextpharma fait évoluer son installation
REFERENTIEL
Déjà sept ans pour la 5e version du guide CAMP
GESTION DE PRODUCTION
Les MES entrent dans
les mœurs de la pharmacie
Depuis plusieurs années, les industriels de la pharma- cie intègrent de plus en plus les logiciels de gestion de production dans leuractivité Utilisés initialement dans un souci de conformité réglementaire, les MES sont employés notamment pour optimiser certaines étapes de la production de médicaments.
••••••i Apparus dans les années I 1990, les logiciels de gestion k I A de production (ou MES pour
^^.[.^r Manufacturing Execution
^W Systems) connaissent une grande expansion dans le secteur industriel, parallèlement à l'automatisation des proce des de fabrication Le secteur pharmaceu- tique ne fait pas exception, bien qu'il n'ait commence a employer ce type de solutions informatiques que tres tardivement Pour- tant, leur utilisation est en constante pro- gression ces dernieres annees, comme l'explique Fabnce Chausserais, directeur de Bodet-Osys « Hy a deux principales raisons qui expliquent cette tendance D'une part, les industriels doivent repon dre a l'exigence reglementaire de tra çabihté des produits pharmaceutiques D'autre part le marche pharmaceu- tique est un environnement tres contur rentiel ce qui oblige les acteurs a gagner en performance opérationnelle » Les logiciels de gestion de production offrent la possibilité de collecter des informations en vue d'améliorer la ges- tion des ressources et du personnel, le contrôle de la qualite du produit, ou encore la coordination de la mainte- nance preventive et curative
«Aujourd'hui, les MES sont avant tout employes pour optimiser la production pharmaceutique par exemple en acce
feront la cadence de fabrication ou en limitant les pertes de produits», observe Mickael Saymard, Delivery manager pour la zone Europe/Moyen- Orient/Afrique chez Rockwell Auto- mation Avant de continuer « Ces logiciels adressent les problématiques spécifiques aux diverses etapes de pro-
cédé de production de la réception des matières premieres ]usqu a ^fabrication des produits finis ll est possible d utiliser les MES pour le contrôle d'accès a certaines machines, la planification et l'affectation des operations de production, maîs surtout pour l'exécution du dossier de lot electronique (ou EBRpour Electronic Batch Record) et particulièrement sa revue par exception » Les solutions MES de Rockwell ont ainsi pu permettre a des industriels de la pharmacie de gagner en pro-
LES LOGICIELS DE MES PERMETTENT DE GAGNER EN COMPÉTITIVITÉ
ductivite Par exemple, lediteur americain de logiciels a installe sa solution sur le site du laboratoire pharmaceutique Innothera a Chouzy-sur-Cisse (Loir et-Cher) pour l'enre- gistrement des lots produits « La solution que nous avons proposée a permis de reduire par 4 les erreurs de saisie manuelle des lots ainsi que de diminuer de 50 % le temps néces- saire aux contrôles » détaille Mickael Say mard Des resultats satisfaisants qui ont incité Innothera à étendre le périmètre gere par la solution de Rockwell Automation en particulier a la pesée la supervision la ges tion de l'entrepôt et le conditionnement Autre exemple chez le groupe espagnol Esteve, spécialise dans la fabncation de pro duits chimiques et pharmaceutiques L'in dustnel cherchait a remplacer son procéde de revue de lots base sur des documents papier par un systeme entierement electro nique « Avecla solution EBK de RockwellAuto- mation, l'industriel a pu non seulement reduire le temps de revue des lots de quèlques semaines à quèlques heures, maîs également de réduire le nombre de dossiers incomplets ou erronés » raconte Mickael Saymard En outre, l'enre gistrement electronique des for- mules des quelque 600 references de produits du groupe espagnol a permis de gagner en conformité vis a-vis des exigences réglementaires de pays dans lesquels ses clients sont bases
Un déploiement croissant dans la pharmacie
Au vu du contexte réglementaire et economique, les logiciels MES se sont rendus incontournables au sein de la production pharmaceutique, en raison des bénefices de produc- tivite ou de praticite génères « A ce jour, le MES suscite lacunosite déplus en plus d'acteurs de la pharmacie En ce qui concerne les progiciels de gestion de production les industriels de la pharmacie possèdent un temps d'avance en raison de la reglemen tation, notamment pour limiter les risques de contrefacon et sanitaires »,
estime Mickael Saymard (Rockwell Automa bon) L'un des seuls points qui pourrait frei ner l'adoption d'une telle solution par un acteur pharmaceutique est le coût, comme le soutient Fabnce Chausserais (Bodet Osys)
« Les entreprises, en particulier les PME, doi- vent prendre en compte la balance coût/bene ficesselon leur capacite de production Us
réfléchissent a deuxfois avant de s'équiper en logiciels MES, en f onction du temps de retour sur investissement A ce pur, 10 a 15 % de nos ventes s'effectuent pour le marche de la phar- macie »
Pour continuer a toujours coller aux besoins de leurs clients, les editeurs continuent d'en- richir leurs solutions MES avec de nouvelles fonctionnalités Du côte de chez Rockwell Automation la volonté est de proposer une solution technique toujours plus complète et flexible « Dans les annees a venir, l'objec- tif est de poursuivre nos efforts dans la reduc tion du temps nécessaire au déploiement de notre solution PharmaSmte afin d accélérer le retour sur investissement de nos clients », indique Mickael Saymard Quant a la societe Bodet Osys elle va prochainement implemen tersa solution MES avec un module dénomme.
« Green factory » « Cette fonctionnalité va permettre a l'industriel de visualiser en temps reel l'ensemble des consommations d'énergie etde matières premieres pour les différentes lignes de production de l'usine L'industriel pourra ainsi se servir des donnees pour opti
L'UTILISATION DES "MES" PAR LES LABORATOIRES CHEMINEAU
Depuis plusieurs années, le spécialiste du façonnage pharmaceutique s'appuie sur les MES pour optimiser son activité industrielle. À l'origine, il s'est intéressé à l'utilisation des logiciels MES pour son procédé de fabrication, en l'occurrence le mélange de produits semi-finis. « Hy a une quin- zaine d'années, nous vou- lions améliorer la sécurité, la tracabilité et la fiabilité du pilotage des mélangeurs », indique Pierre-Etienne Alain, responsable des sys- tèmes informatiques chez Chemineau. En 2006, le labo- ratoire a implémenté une solution MES sur l'étape de pesage. « Ce/a nous a per- mis une meilleure producti-
vité à la pesée avec moins de perte de matières pre- mières, ainsi qu'une meil- leure traçabilité », témoigne Pierre-Etienne Alain. En outre, les labora- toires Chemineau ont déve- loppé en interne leur propre solution MES pour le suivi des flux matières. « Le déploiement des MES chez nous se fait en fonction des besoins métier ll nous sem- blait plus simple de conce- voir notre propre logiciel en fonction de nos données disponibles pour gagner en traçabilité et en sécurité », indique Pierre-Etienne Alain. Et le façonnier ne compte pas s'arrêter là. Il compte encore déployer d'autres progiciels pour son
activité : « Nous sommes en train de mettre en place un MES pour notre activité de conditionnement. Il s'agit d'une solution pour optimi- ser et réguler le remplis- sage, selon les exigences réglementaires. Selon nos prévisions, le déploiement de ce logiciel MES nous per- mettrait d'économiser près de iso ooo € », comme le soutient Xavier Monjanel, p-dg des laboratoires Chemineau. Avant de com- pléter : « Nous prévoyons également d'implémenter des MES pour d'autres appli- cations que sont le suivi des TRS et la sérialisation afin de répondre aux exigences réglementaires sur la période 2015-2017 ».
miser ses consommations, et parla même occasion limiter son empreinte environne mentale » explique Fabrice Chausserais A la vue des innombrables possibilités qu'of- frent les MES en termes de fonctionnalités
et de la tendance a l'automatisation des pro- cedes, nul doute que ces logiciels vont devc mr incontournables pour l'industrie pharmaceutique du futur
DINHILLON
CONDITIONNEMENT
À Pau b e de sa mise en place, la sériaiisation pose question
Alors que la sensation sera bientôt obligatoire en Europe, editeurs et intégrateurs de logiciels équipent les industriels de la pharmacie La mise en place dè la sénalisation soulève de nombreuses problématiques, avec lesquelles ils doivent composer
••••••• L'horizon n est plus si lointain I d ici 2018 en Europe les W I À industriels de la pharmacie
^^l^r devront avoir equipe leurs
^^ lignes de production pour la sénalisation Les objectifs de la sénalisation sont de pouvoir lutter contre les marches parallèles et la contrefacon en identifiant chaque boite de medicament par un numero de séné unique et aléatoire Lensemble des acteurs de la profession est convaincu de sa légitimité et des benefices que cette solution va pouvoir engendrer « Cela ne peut etre que bénéfique pour le circuit et le patient » com mente Frederic Bass! pharmacien respon LES MODIFICATIONS SONT sable chez Bristol Myers Squibb (BMS) En INDUSTRIELLES ET AU NIVEAU attendant les evolutions de la réglementa
DES SYSTÈMES D INFORMATIONS
S / H U3««78»0123<5«7917
LOT
exp
tion entraînent en premier lieu de lourds couts « A chaque fois que la reglementation change il faut refaire I installation la quali fication des lignes II faut également camp ter le cout lie a I arret de la production » constate Arnaud Kurowski en charge du marche pharmaceutique chez lediteur de logiciels Adents Certains industriels ont pns le parti d anticiper I arrivée de la sérialisa tion il y a quèlques annees en équipant dores et déjà leurs lignes En effet apres avoir vécu un veritable bouleversement avec la mise en place du datamatrrx en decembre 2010 les industriels du medicament vou laient eviter au maximum d avoir a proce der de nouveau a des changements sur leurs lignes de production pour qu elles soient en conformité avec la reglementation a venir
< La grosse problématique avait ete de trou ver des fournisseurs qui d une part maitn saient la technologie de la sénalisation et qui en plus pouvaient fournir des modules suffi sammentpetits pour etre mis en place sur les lignes de conditionnement » explique Arnaud Kurowski (Adents) Hélas certains parame tres de sénalisation n étaient pas encore fbces et ces initiatives sont aujourd hui nom breuses a etre obsolètes
Une anticipation généralement vaine
Pis le travail peut s avérer dorénavant encore plus vaste pour ces industriels < Hy a beau coup de remises a niveau de changements de materiel d elements a rajouter lis se retrou vent dans des budgets qu ils n avaient pas pre vus > témoigne Jean Michel Blanc responsable commercial Solutions Logicielles chez I intégrateur et editeur de logiciels Cour bon < Dunefaçon presque malheureuse avec le CIP13 les industriels ont acheté beaucoup de materiel et se sont rendu compte par la suite que cela ne collait pas avec la sérialisa ton qu il fallait apporter des améliorations»
rapporte Thierry Protas vice president de la filiale Europe Moyen Onent et Afrique chez I intégrateur Optel Vision qui a implante sa premiere ligne de senaksation en France en 2002 < Une précipitation s est créée en 2010 analyse Arnaud Kurowski. AI epoque anne voyait pas encore quel type de sénalisation
nous allions utiliser En 2010, les industriels du medicament pensaient qu'il s'agissait d une problématique purement machine Aujourd'hui us prennent conscience qu ils agit d une problématique de systèmes d'infor- mation » Jean Michel Blanc (Courbon) confirme « A la difference du datamatnx simple, le datamatnx sérialise esta la fois un projet industriel et de systemes d'm formation »
La senahsanon se révèle donc plus complexe que prévu En consé- quence nombreux sont les industriels qui ne se sont pas encore atte- lés a ce chantier sur leurs lignes et globalement, l'Europe a pns du retard Car il n est pas évident de faire progresser les installations alors que des questions restent en suspens Les industriels attendent que I Europe ait statue sur les der- niers points nébuleux Les medicaments a prescnpton medicale f acultative, par exem- ple, ne seraient pas concernes par la seriah- sation « Nous sommes en attente de précisions de la part de la Commission Euro- peenne, qui devraient arriver fm 2014 », indique Fredenc Bassi (BMS) Le laboratoire biophannaceutique n'a pas encore debute I installation de la senahsation sur ses lignes de production maîs reste serein « D'ici a l'échéance, nous avons le temps Nous béné- ficions de l'expenence que nous avons notam- ment acquise avec la mise en place du datamatnx », explique Fredenc Bassi
Plusieurs problématiques à considérer
En premier heu, plusieurs facons d'opérer la mise en oeuvre se présentent aux industriels
« La senahsation peut être randomisée, c'est- à-dire que l'on génère un code unique et aléa- toire , ou encore, les codes peuvent ëtre génères par l'Etat, enfin -etc est la methode déplus en plus utilisée—le code peut être produit grâce a l'utilisation d un algorrthme qui le contex- tuahse en fonction du site de production, de la ligne, etc », détaille Arnaud Kurowski La mise en place technique, quant a elle, bien qu'elle nécessite quèlques ajustements, sem- ble assez bien définie Naturellement, « !/ est nécessaire d arrêter les lignes de production
LES LOGICIELS INSTALLÉS POUR LE DATAMATRIX DOIVENT ÊTRE MODIFIÉS
On prevoit une ou deux journées d'analyse de la ligne, maîs cela peut également être plus long, précise Jean-Michel Blanc (Courbon) Le risque est que sur les cadences rapides il faille changer des equipements déjà installes sur les lignes afin d'assurer l'impression et sui- vre le numero de senahsation Bien entendu anne veut pas perdre au niveau de la dispo mbilite des lignes II faut requahfier la ligne, ce qui peut prendre du temps » Maîs globa lement, « en ce qui concerne les lignes de pro auction, nous ne nous posons plus trop de questions », ajoute Thierry Protas (Optel Vision) « Techniquement, on y arrive confirme Jean-Michel Blanc (Courbon) Oui ily a des difficultés, maîs elles sont bien iden tifiees Au final il s'agit davantage dune pro blematique de mise en oeuvre et de l'appréhension de la part des industriels » La serialisation ne suscite pas uniquement des interrogations concernant sa mise en place Elle implique également « de nom- breuses contraintes comme celle de conser ver les informations a propos d un medicament dans la duree », note Arnaud Kurowski (Adents) Les flux: de communica tion qui vont être génères par la creation de numeros de serialisation vont être conside râbles L'infrastructure des lignes de produc tion va être complètement changée les systemes se multiplient sur les lignes et finis- sent par surcharger le systeme d'mforma tion Cela peut poser problème au niveau de
Les flux de communication générés par la création de numéros de serialisation vont etre considérables.
la production, notamment parce qu a mesure que la base de don- nées grossit, « l'inconvénient peut être que l'on n'arme plus a tenir la cadence et que les médicaments soient éjectes », redoute Arnaud Kurowski II serait ainsi nécessaire de faire régulièrement des purges au niveau des lignes de production « Les reflexions mdustnelles en sont encore au. balbutiement », admet Frederic Bassi (BMS)
L'agrégation en ligne de mire Cependant a l'heure ou il est temps pour eux de se mesurer a la senahsanon, les profession- nels du secteur partagent le même avis ce processus n'est qu une etape vers le suivant, l'agrégation Ce processus permet de connaî- tre et de contrôler véritablement tout le CIT cuit de distribution Chaque caisse, puis chaque palette, pourront étre identifiées II sera possible de déterminer a quel endroit a voyage telle boîte « A mon avis, cest l'agrega tion davantage que la senahsation qui est la veritable problématique », estime Arnaud Kurowski En termes d'horizon, on parle de 2020, date a laquelle l'agrégation devrait s'im plémenter aux Etats-Unis « Je ne vois pas com- mentI EuropepourraÉ se passer de l'agrégation dans le futur, admet Thierry Protas (Optel Vision) Nous anticipons l'agrégation aujourd'hui pour plusieurs raisons des lignes de production peuvent d'ores et dep en avoir besoin, si elles travaillent pour une reglemen- tation qui l'impose, dans un reglement un peu plus mondialise, on est oblige de le mettre en place donc mieux vaut anticiper l'agrégation car cela peut changer la solution de sérialisa tion » Autant dire que la preparation des industriels européens a déjà commencé
« Nous les préparons, etape par etape, nous déployons des pilotes », indique Arnaud Kurowski «La difficulté majeure sera de met- tre en place correctement les cameras afin de minimiser le temps passe pour reconstituer les palettes a la mam en cas de dysfonctionne- ment La crainte relative a l'agrégation, c'est la perte de taux de rendement synthétique », éva- lue lean-Michel Blanc (Courbon) Les indus- triels doivent redouter ce que I agrégation peut représenter en termes d investissements
« Maîs ce qui est certain, c'est qu ils ont une approche globale aujourd hui», note lean Michel Blanc Les editeurs de logiciels et les intégrateurs sont pour leur part dans les star- tmg blocks « Gerer les projets d'agrégation demande beaucoup d'expérience Je pense que nous continuerons les projets de senahsation démarres des maintenant par l'ajout de l'agre gation d'ici a 2020 » dit Thierry Protas La régle- mentation laisse rarement le temps de souffler
RAPHAËLLE MARUCHITCH
SËRIALISATION
Nextpharma fait évoluer son installation
L'usine française du façonnier mène un programme d'investissement en logiciel et équipements afin de répondre aux premières entrées en vigueur des régle- mentations mondiales de sénalisation Premiere étape répondre aux textes argentin et coréen
••••••B « Dans un premier temps I nous n allons pas équiper W I À toutes nos lignes Nous allons
^^l^r travailler en f onction des regle
^^ mentations et cles besoins dè nos clients > témoigne Delphine Gueroult responsable Projet site de NextPharma France Lusine de Limay seule usine fran caise du façonnier britannique compte aujourd hui huit hgnes de conditionnement
< Le site est le centre d excellence du groupe pour les f ormes liquides et semi solides cest a dire les sirops solutés en flacons compte gouttes ampoules buvables en deux pointes cremes pâteux et suppositoires Nous avons trois lignes pour le condiùonnement des fia cons de 60 ml a I DOO ml une pour les petits volumes liquides de lû a 60 ml une pour les sprays avec gaz une pour les produits avec pompes ou compte gouttes une pour le rem plissage et conditionnement d ampoules deux pointes et une pour les suppositoires » indique Delphine Gueroult Parmi ces hgnes de condi tionnement deux sont concernées parla
premiere phase d investissement K Dans un premier temps nous équipons deux lignes afin de repondre aux reglementations coréenne et argentine pour lesquelles la sena hsation est requise en janvier 2015 Les pro duits a destination de ces pays passaient déjà sur ces lignes Nous n avons doncpas eu a reor ganser les flux Une autre chance est que nous
ne partons pas de zero Nos hgnes sont déjà équipées de systeme de marquage datama tnx pour repondre a la reglementation fran caise de 2011 > détaille Delphine Gueroult Les huit hgnes de conditionnement de I usine de Limay ont fait lobjet de I installation de systeme de marquage et de logiciel pour le datamatrrx La societe francaise Adents a mené le projet datamatrrx et est aujourd nui a nouveau sollicitée par NextPharma «Nous avons installe la plateforme en 2010pour repondre a la reglementation concernant le CIP13 NextPharma avait profite de ce projet
LE PROJET DE NEXTPHARMA CONCERNE DEUX LIGNES DE L'USINE
pour s équiper de machines etfaire de la cen trahsation des masques de marquage et des systemes de vision A I epoque I installation était déjà compatible avec la sénalisation maîs depuis il y a eu beaucoup d evolutions » indique Arnaud Kurowski responsable du marche pharmaceutique de I editeur de logi ciels Adents II ajoute < La reglementation coréenne impose dégénérer un code unique et aléatoire par code article En plus de cette obligation le client de NextPharma demande un numero SSCC (Sériai shipping container code) sur les cartons Pour I Argentine cestle même principe auquel s ajoute I agrégation logistique cest a direqu il faut apposer sur le carton un numero SSCC tandis que pour I agrégation normale un numero unique et aléatoire suffit »
Le projet debute au printemps 2014 devrait s achever avec la production des premiers lots enfevner 2015 <Ilyad abord une phase d analyse fonctionnelle afin de connaître les besoins du client et realiser un etat des lieux du process des systemes d informations de I usine (MES ERP ) et de I organisation de la production » détaille Arnaud Kurowski De nombreuses evolutions et modifications ont dû etre apportées sur les installations exis tartes D abord pour le systeme de mar quage Le choix a ete f ait de marquer toutes les informations du même cote de I etui
« Une seule cartouche de marquage]et d en cre HP ne suffit plus II faut modifier I instal lotion pour en ajouter une deuxieme » indique Arnaud Kurowski Du cote du sys terne de vision Adents a « préconise de pas ser sur des modeles plus puissants qui fournissent une meilleure resolution et sont plus rapides En effet le code datamatrix contient plus d informations et les labora toires demandent également des controles OCVou OCR des mentions en clair » analyse le responsable du marche pharmaceutique Outre la montee en gamme des systemes de vision Nextpharma a pris le parti d ajouter des cameras < Nous avons place un systeme de vision en entree d encaisseuse pour reah ser I agrégation par exemple Et en sorte de ligne nous avons installe un systeme de dépose automatique d etiquettes » cite Arnaud Kurowski Delphine Gueroult ajoute
« La lecture doit permettre de carreler les mfor mations les unes avec les autres »
D'un point de vue logiciel, la societe réalise une mise a jour du systeme installe en 2010
« Nous avons une modelisation de la ligne avec un point marquage/relecture, un point encaissage, un point palette, etc Nous avons une liste de anvers conséquente qui nous per- met de gerer 80 % des marques sur le marche En fonction de l'ordre de fabrication, le sys- teme reçoit l'information puis active ou dés- active des périphériques », note Arnaud Kurowski Delphine Gueroult précise « nous devons implanter de nouveaux serveurs, deve- lopper des interfaces de communication entre les systemes avec le MES et l'ERP La senali- sation ne consiste pas seulement a apposer un numero sur une boîte ll faut être capable de tracer, d'agréger, etc, quelque soit le moment du process II faut s'assurer que l'on ne puisse pas désorganiser l'ordre de senali-
L'ÉDITEUR DE LOGICIELS ADENTS DÉVELOPPE SON ACTIVITÉ
La société française poursuit son déve- loppement, et notamment autour de la sérialisation. Créé en 2007, Adents est spécialisé dans l'identification unitaire, autour d'un code zD sécurisé. Et l'indus- trie pharmaceutique représente un important relai de croissance pour l'en- treprise, selon Arnaud Kurowski, res- ponsable du marché pharmaceutique de l'éditeur de logiciels. « Le chiffre d'affaires a triplé entre 2013 et 2014.
Aujourd'hui, nous avons beaucoup de projets pilotes en train de se réaliser », souligne-t-il. Pour poursuivre ce déve-
loppement, Adents vient de lancer un plan de développement qui vise l'em- bauche d'environ 150 personnes dans les 12 prochains mois. L'effectif sera ainsi porté à environ 200 personnes.
Et la société se développe également à l'étranger, avec Couverture d'une pre- mière filiale au Canada à Montréal en septembre, qui « apportera son appui au lancement commercial des logiciels Adents sur le marché outre-Atlantique prévu en début d'année 2015 », selon Adents. L'éditeur de logiciels poursuit ainsi le développement de son activité.
NEXTPHARMA FAIT ÉVOLUER SES INSTALLATIONS, ÉQUIPÉES POUR LE DATAMATRIX FRANÇAIS.
sation ni perdre de linformation en cours d'impression Pour chacun des processus de vie d'un produit (retraitement compns), il faut pouvoir assurer que les donnees de senahsa- tion/agregatmn ne seront pas impactees ou qu'elles seront mises a jour en conséquence La regle numero I est l'anticipation Tous les processus doivent avoir ete passes en revue » La mise en place de la senahsation aura éga- lement un impact sur « l'organisation de l'usine, le process, le contrôle, les documenta tons et tres probablement sur les cadences de production », souligne la responsable Projets du site Elle avance ainsi des retours d'entre- prises ayant déjà réalise l'installation de la senahsation avec des impacts sur les cadences compris entre 5 et 60 % Et sans oublier le coût de ces installations Delphine Gueroult estime que l'équipement d'une ligne nécessite un investissement de 150 DOO a 220 DOO euros
Si NextPharma semble avoir bien engage le projet de senahsation sur deux lignes de conditionnement, la responsable Projets du site pense déjà a l'arrivée des autres regle mentations internationales « Afous a//ons suivre les différentes échéances pour équiper les lignes petit a petit Tres probablement, quand le texte europeen va s'appliquer, cela impliquera d'équiper toutes nos lignes », indique Delphine Gueroult qui se montre confiante « Nous serons prépares avec le sys terne Adents Les lignes seront déjà reliées au systeme La structure de base sera prête et nous aurons déjà revu nos processus II fau- dra décliner les mêmes méthodologies de tra- vail aux autres lignes »
Les industriels de la pharmacie font donc évoluer leurs installations pour repondre petit a petit aux différentes exigences régle- mentaires de senalisation
AURÉLIEDUREUIL
RÉFËRENTIEL
Déjà sept ans pou r
la 5 e version du guide CAMP
Las
6version du guide de PISPE sur les bonnes pratiques de gestion de la conformité des systèmes informatisés et automatisés est utilisée depuis 7 ans.
L'occasion de revenirsurson application dans l'industrie pharmaceutique.
MICHEL RASCHAS
Directeur Consulting, Validation &
Services et expert e-compliance chez PROGMP*
Depuis sa parution en 2008, le guide GAMP5 a confirme sa place de reference de fart pour cette initiative en matiere de conformité des systemes informatises et automatises Maîs si la notoriété de la publication de IISPE s est renforcée avec le temps, son utilisation effec- tive dans les entrepnses réglementées reste encore soumise a de nombreuses mterpre tations D'autres modeles, tel ITE, (Informa- tion Technology Infrastructure Library) viennent se juxtaposer dans les directions informatiques À cela vient s'ajouter la géné- ralisation de l'externalisation de tout ou par tie des applications informatisées, selon les modeles laaS (Infractructure as a Service), PaaS (Platform as a Service) ou SaaS (Soft- ware as a Service) Ces pratiques rendent nécessaire une actualisation de l'approche du systeme qualite des systemes informa
'PROGMP. societe de conseil ingenierie et validation pour les industries de la sante II est CFPIM (Certified Fellow in Production and Inventory Management) et travaille depuis plus de 25 ans dans le domaine des outils de gestion informatises II est par ailleurs membre du conseil d administration de I ISPE France membre createur du forum francophone GAMPfr et formateur a I IPE pour tous les sujets relevant des systemes d information II peut etre contacte par e mail rn raschas@progmp com
tises, faisant coexister les contraintes regle mentaires et les nouveaux paradigmes du marche
Un quart de siècle d'acquis Depuis plus de 2 5 ans, le forum Good Auto- mated Manufactunng Practice (maintenant appelé Community of Practice CAMP) apporte des recommandations aux acteurs des industries de la sante et a leurs fournis- seurs afin de repondre de la maniere la plus efficace aux exigences de conformité regle- mentaire pour les systemes automatises et informatises La notoriété de cette approche s'est développée a partir de la publication de la version 3 du guide (1998), qui a pose la base des meilleures pratiques, notamment sur la phase projet applicables au secteur La version 4, publiée en 2001, a introduit une meilleure pnse en compte des activites opé- rationnelles et a mis l'accent sur la nécessaire introduction des analyses de risques dans l'en semble de la demarche Pour faire echo a un marche plus mur et a une meilleure compré- hension des attentes des autontes réglemen- taires (en intégrant notamment les approches ICH OS et O9) la version 5 a ete publiée en 2008 Le titre de cette version, traduit en fran- çais par « une approche de la conformité des systemes informatises BPx basée sur les risques », montre bien l'évolution de l'ap- proche notamment vis a vis des premieres interprétations de la loi nord amencame 21 CFE part ll et de sa danficanon publiée par la FDA en 2003 dans la « guidance for indus- try part ll, scope and application » les actions de conformité doivent être définies par les nsques associes a la mise en œuvre et à l'utilisation du systeme
La conformité des systemes informatises et automatises doit donc être gérée avec vin fil conducteur qui repose sur l'identification
des risques lies a la securite des patients, la qualite des produits et l'mtegnte des don- nees Ce triptyque forme la colonne verté- brale de toute approche de conformité, et il est d'ailleurs cite comme tel dans la nouvelle annexe ll des GMF européennes Le CAMPS repose sur cinq pnncipes clefs.
Une compréhension du produit et du pro cess en lien avec le systeme informatise,
Une approche basée sur un cycle de vie du systeme informatise dans le cadre d'un Sys terne de Gestion de la Qualite,
- Une possibilité de mettre a lechelle (« sca- lability ») des activites du cycle de vie, - Une gestion scientifique (rationnelle et documentée) des risques,
Une valorisation de l'implication du four- nisseur de systeme, permettant une meil- leure pertinence des tests réalises et d eviter des redondances
Sept ans de réflexion
Avec sept ans d'existence, il est possible de faire un point sur les apports de cette ver- sion Les cinq grands principes sont aujourd hui bien connus de I ensemble des acteurs Maîs nos activites de conseil démon- trent tous les jours qu il y a encore de nom- breuses incompréhensions entre les fournisseurs et leurs clients Le GAMP4 avait un aspect didactique que certains utilisa teurs trouvaient trop contraignant, et qui a ete minore dans la nouvelle version Nous sommes souvent obliges de le recréer pour des utilisateurs du GAMPB De même il reste encore beaucoup a f aire pour assurer la cohé- rence de l'approche sur lensemble du cycle de vie Les parties projet et exploitation sont encore trop souvent dissociées En particu- lier, il ne faut pas oublier que la phase d'ex- ploitation est beaucoup plus longue que la phase de mise en oeuvre et que la constitu tion d'un dossier de validation doit être pré- vue pour toute la duree d'utilisation de l'application On peut toutefois considérer que les objectifs du GAMPB sont atteints car il est plus facile aujourd'hui d assurer la conformité de son systeme en s'appuyant sur un référentiel de fait reconnu par l'en- semble de la profession, y compris les auto- ntes réglementaires (le CAMP est cite comme
reference pai le PIC/S dans sa publication PI Oil a destination des inspecteurs) Le CAMPS de par sa place de guide de bonnes pratiques, prend en considération de nombreux documents ou referenhels exis tants En complement des textes reglemen taires pharmaceutiques classiques (GMF, ICH), il s appuie également sur des principes et guides plus spécifiquement informatiques, tels que les ISO/IEC 12207 et 27002 et sur l'approche ITIL ITIL connaît un succes dans les Directions des Systemes d'Information assez comparable a celui du CAMP dans les directions Assurance Qualite Nous avons eu a travailler a plusieurs reprises pour des entre pnses qui souhaitaient obtenir une approche cohérente de leur organisation Limpression de depart vue des DSI est qu ils sont « pous ses »par ITIL et « contraints » par le reglemen taire pharmaceutique Les travaux menés dans ces entreprises ont permis de mettre en avant que le CAMP ne s opposait absolu- ment pas a une demarche ITIL maîs que au contraire celle-ci se trouvait affinée par une bien meilleure identification du rôle et des responsabilités de chacun des acteurs et des nsques lies a la mise en œuvre et a lexploi tation des systemes
Le défi de l'externalisation La principale preoccupation du secteur est aujourdhui celle de l'externalisation partielle ou totale de l'infrastructure informatique Dans le cadre des ateliers du CoP CAMP fran cophone nous avons aborde ce sujet a plu sieurs reprises et les preoccupations autour de ces nouvelles organisations restent nom breuses Ce modele est cependant largement répandu dans d autres secteurs d activite et permet selon les etudes de certains cabinets de conseil, d'améliorer sigraficativement le ratio efficacité/coût des DSI
Cette externalisation est proposée par les offreurs selon trois modeles laas PaaS et SaaS, qui correspondent a trois niveaux de partage de responsabilite (voir tableau ) Lmformafique des entrepnses réglementées du secteur de la sante doit fournir des solu lions efficaces Les apports du Cloud Com- puting ne peuvent pas être ignores mise en œuvre de solutions rapide et flexible mise a I échelle immédiate selon les besoins conti nuite de service de tres haut niveau solu fions simples pour les sauvegardes et l'archivage Et tout cela avec un coût tres mfe rieur compare a la mise en œuvre de solu tions internes
Maîs I adoption de ces approches novatnces est considérablement retardée par un ecueil de taille la mise en cohérence des pratiques de controle de conformité reglementaire Les textes réglementaires de la FDA et de I EMA ne possèdent pas de paragraphe spécifique
Legende
D'après les travaux du Groupe GAMP Cloud Computing
sur ce modele maîs le chapitre 3 I de la nou yelle annexe ll pose bien le cadre des controles a effectuer II faut donc repenser la gestion de la conformité des architectures informatiques en prenant en compte la nou- velle repartition des responsabilités et la pre dommance de la partie « acheter » sur la partie « faire »
II faut également faire face a une autre rea lite les industries réglementées de la sante ne sont pas le centre du monde En effet les fournisseurs de solutions de Cloud Compu trng ont développe leurs services pour repon- dre a un grand nombre de secteurs et les exigences « pharmaceutiques » sont un peu noyées dans la masse Les utilisateurs régle- mentes ont beaucoup a apprendre des autres secteurs notamment sur la secunte Maîs les preuves de maîtrise sont des requis reglemen taires et elles doivent être obtenues Le CAMPS reste un outil de choix pour faire face a cette mutation En effet sa structure permet de communiquer de maniere efficace avec les fournisseurs pour établir en commun I épine dorsale de la conformité pharmaceu tique L'approche par les risques reliée au f ameuxtnptyque « secunte du patient qua- lite du produit, integnte des donnees » est la base même de la mise en adéquation des sys ternes qualite du fournisseur et de I utilisa teur L'identification des responsabilités avec notamment les notions de détenteur du pro cessus et détenteur du systeme qui figurent dans le guide, permet d eclairer considéra blement les enjeux pour chacun des acteurs Dans le cas d externalisation nous passons d'un acte de construction a un acte d achat La responsabilite de la conformité repose sur la valonsation de I implication du fournisseur de systeme, qui est un des messages clefs du CAMPS Et ce n est plus une option
L'externalisation laitie! Ie ou totale
des infrastructures informatiques est encore à l'étude.
References 21 CFR part ll FDA
Guidance for Industry part ll scope and application FDA
GMF annexe ll EMA (ligne directrice ll des dernieres SPF)
CAMP* 5 ISPE Guide PI Oil PIC/S
Pharmaceutical Development OS et Quality Risk Management 09 ICH
ISO/IEC 12207 IT Software life cycle processes IbO/lEC 27002 ll Security techniques FUL (IT Infrastructure Library) Brrtish Office of Government Commerce