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(1)

DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE

DES GENEVOIS ET DES VAUDOIS

(2)

LAUSAN~E - IMPRIM~RIE GEORGES BRIDEL

(3)

DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE

DES

GENEV·OIS

ET DES

VAUDOIS

QUI SE SONT DISTINGUÉS DANS LEUR PAYS OU A L'ÉTRANGER PAR LEURS TALENTS, LEURS ACTIONS,

LEURS OEUVRES LITTÉRAIRES OU ARTISTIQUES, ETC.

PAR

ALBERT

DE

MONTET

Tome second

I-Z

LAUSANNE

GEORGES BRIDEL ÉDITEUR

t878

Tous droits réservés

(4)

DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE

DES GENEVOIS ET DES VAUDOIS

1

IERONIMUS, évêque de Lausanne, avait été él u par le chapi- tre, en 878 ou 879, mais ne fut ordonné qu'en 881. Il prit part au concile de Mantail1e, le 15 octobre 879. Cefut sous son épiscopat que le comte Réginold céda au clergé de Lausanne l'église de Saint-Prex et la villa de Dracy, 6 août 885. Vodelgise, vassal du roi Rodolphe, donna, le 21 décembre 888, à Ieronimus des terres qu'il avait reçues de l'empereur dans le comté de Vaud. Cet évê- que mourut en 892.

SOURCE:Mémoires et documents de la Suisse romande, VI et XIX.

IVERNOIS (Charles-Philippe d'), général prussien, né à Ge- nève en 1754, entra de bonne heure dans les troupes de Frédé- ric II et manifesta sa valeur dans la campagne de 1778, où il fut décoré de l'ordre du Mérite. Devenu colonel, il fut envoyé, en 1807, à la cour d'Angleterre pour négocier le débarquement, à Stralsund et sur le Wéser, de deux divisions anglaises qui de- vaient attaquer les derrières de l'armée française, alors sur les bords de la Vistule. Ces troupes avaient déjà mis pied sur le con- tinent quand la paix de Tilsit termina les hostilités. L'année sui- vante, d'Ivernois fut nommé général-major. En 1813, il fut choisi pour gouverner les provinces situées entre l'Elbe et le W éser,

meTION. BIOGR. II. 1.

(5)

2 IVE

mais une mort subite le ::' urpritàFrancfort-sur-l'Oder le fer juin.

de cette année, l'empêchant d'exercer sa charge. Ce général avait épousé une demoiselle de Bidersec, dont il eut un fils, qui fut.

officier dans la cavalerie prussienne et aide de camp du roi Fré- déric-Guillaume III.

SOURCES:Nouvelle Biographie générale; - Gazette de Lausanne, 6 juillet 181.3 •.

IVERNOIS (sir

Francis d'),

néà Genève en 1757, était avocat et l'un des chefs du parti des Représentants. Ceux-ci ayant été vaincus par les Négatifs, il fut condamné àl'exil, le 21 novembre 1782, et perdit aussi le siége qu'il avait obtenu la même année au conseil des Deux-Cents. Lorsque les bannis purent re- venirà Genève, il reprit sa place au conseil, 1eroctobre 1792, et fut un des députés chargés par la république de faire avec le gé- néral Montesquiou la convention du 2 novembre. Les évènements politiques l'ayant forcé de quitter de nouveau sa patrie, il s'établit en Angleterre, où il entra en relation avec Bentham, Romilly, lord Shelburn, etc. D'Ivernois s'est fait avantageusement connaître comme publiciste et comme écrivain financier. Constant ad versaire de la France, il publia de violents écrits contre le gouvernement de ce pays, qui le priva du droit de devenir citoyen français lors- que Genève fut tombée sous sa domination, 26 avril1798. D'im- portants services rendusà l'Angleterre lui valurent, quelques an- nées plus tard, la naturalisation anglaise et le titre de chevalier.

Ala restauration de la républiqueà Genève, il revint dans cette ville, où il entra, en avril 1814, dans la commission qui devait préparer le proj et de constitution, puis au Conseil représentatif et au Conseil d'état. Envoyé en mission à Londres, juillet 1814, il représenta ensuite Genève au congrès de Vienne avec Charles Pic- tet de Rochemont, septembre1814à juin1815. L'année suivante,.

on le choisit pour un des commissaires chargés de prendre pos- session du district que le roi de Sardaigne cédait au gouvernement genevois. En 1824, il donna sa démission de conseiller d'état en conservant son siégéau Conseil représentatif. Francis d'Ivernois mourut le16mars1842.

On a de lui les ouvrages suivants: 1.

Offrande

à

la liberté et

à

la paix,

Genève, in-8, 1781; - 2.

Des Bëcolutums de France et de-

(6)

IVE 3 Genève, Lond., in-8, 1783; réimprimé sous ce titre :La Révolu- tion française àGenéoe, Lond., in-S, 1795; - 3. Innocence d'un magistrat, accusé de vol, démontrée, Londres, in-S, 1787; - 4. Tableau historique et politique des dernières révolutions de Ge- nèoe, Lond., in-8, 1789, traduit dès lors en allemand, en italien et en anglais; - 5. Histoire importicle des révolutions de Genève dans le XVIIIe siècle jusqu'à celle de1789inclusioement, Genève, 3vol. in-8, 1791; - 6.Réflexions sur la guerre, en réponse aux Réflexions sur la paix, Lond., broch. in-8, 1795; --7.Coup d'œil sur les assignats et sur l'état des finances de la république fran- çaise, Londres, in-4, 1796; - 8. Histoire de France pendant l'an- née1796, Lond., in-8, 1796; - 9. Histoire de l'ad1ninistration des finances de la république française,Lond., in-8,1797; - 10. Essai historique, politique et moral sur les révolutions anciennes et mo- dernes, considérées dans leurs rapports avec la révolutionr1~ançaisl~,

Lond.,3vol. in-S, 1797; - 11. Tableau historique et politique de l'administration de la république française pendant l'année1797, des causes qui ont aniene la révolution du 4. septembre et de ses

résultats,Lond., 2 vol. in-8, 1798; - 12. Tableau des pertes que la révolution et les guerres ont causées au peuple français, Lond., 2vol. in-8,1799;-13. Des Causes qui ont amené l'usurpation de Bonaparte et qui préparent sa chute,Lond., in-S, 1800; - 14. les Cinq Promesses, tableau de la conduite du gouvernem.ent consulaire envers la France, l'Angleterre, l'Italie, l'Ailemaqne et surtout la Suisse,Lond., in-S, 1802; 2e édition augmentée d'un Supplément àfintroduction et d'un Appendice sur la Suisse,Lond., in-8, 1803;

- 15. les Recettes extérieures, 2e édition, Lond., in-8, 1805; _ 16. Appendice aux Recettes extérieures,2eédit.,Lond.,in-8, 1805;

-17. OffrandesàBonaparte, Lond., in-8, 1810; - 18.Des Effets du blocus continental sur la richesse, les finances, etc., de l'Angle- terre,Lond., in-8, 1811; - 19. Exposé de l'exposé de la situation de l'empire français et des comptes de finances publiés en [éorie« et mars1813,Lond., broch. in-8, 1813; 2eédit., 1814; - 20. Ta- bleau politique de l'Europe depuis la bataille de Leipzig,Londres, in-S, 1814; - 21. Napoléon ad1ninistl'ateur et financier, pour faire suite au Ta,bleau de~ pertes que la révolution et les guerres ont causées au peuple français, Paris,in-S, 1814; - 22.Afalériaux

(7)

JAL

pour aider

à

la recherche des effets du tnorcellement de la propriété foncière,

Genève, in-8, 1826; - 23.

Sur la mortalité proportion- nelle de quelques .peuples, considérée comme mesure de leur aisance et de leur civilisatiort,

Genève, broch. in-8, 1832; - 24.

Sur

la

mortalité proportionnelle des populations normandes,

etc., Genève, broch. in-8, 1833; - 25.

Sur

la

mortalité proportionnelle des peuples,

etc., Genève, 2 broch. in-8, 1833, 1834; - 26.

Sur la

fécondité et la mortalité proportionnelles des peuples,

etc., Genève, broch. in-8, 1836; - 27.

Enquête sur la faible proportion des naissances

à

Montreux

(Bibliothèque universelle, août 1835 et mai 1837); - 28.

Histoire du blocus hermétique de la Suisse,

Ge- nève, broch. in-8, 1836.

SOURCES: Rapport de la Société suisse d'utilité publique, 1.84~; - [vernois, Tableau historique et politique; - Pictet de Sergy, Genève ressuscitée; - Rilliet,De la Restauration de la république à Genève; - Gazelle de Lausanne, 1.814-181.6; - Luis, Moderne Biographien ; - Nouvelle Biographie générale;

- Biographie universelle.

J

JACCARD

(Pierre - Frédéric),

orthopédiste vaudois, fils de Pierre-Louis Jaccard et de Marie Jaccard, né à Sainte-Croix, y fut baptisé le 13 octobre 1768. Après avoir étudié la médecine à Montpellier, il seconda pendant environ six ans son oncle, Jean- André Venel, dans ses travaux orthopédiques, et prit à sa mort, 1791-, la direction de son établissement d'Orbe, dont il transporta le siègeà Aubonne. Renonçantàtraiter les déviations de l'épine dorsale, il appliqua principalement ses efforts à la guérison des pieds bots, et apporta dans cette branche de l'orthopédie de nom- breuses améliorations. Jaccard mourut à Aubonne, après une longue maladie, le 30 janvier 1820.

SOURCES: La Harpe, Biographie de Venel (Revue suisse, III); - Etat civil de Sainte-Croix et d'Aubonne; - Gazette de Lausanne, i8iO.

JALLABERT

(Jean),

physicien, fils d'Etienne Jal1abert et de Michée Tronchin, né àGenève en 1713, fut orphelin dès l'âge de

(8)

JA.L 5 onze ans. D'après le conseil du pasteur Turrettini, il se voua àla théologie et fut consacré au saint ministère, en1737. Appelé, la même année, à une chaire de physique expérimentale qui venait d'être crééeàl'académie,il n'ouvrit pas immédiatement ses cours, mais voyagea pendant environ deux ans en Suisse, en Hollande, en France et en Angleterre. De retour dans sa patrie,il inaugura son enseignement par un discours remarquable qu'il dédia à Mai- ran et qu'il fitimprimer sous ce titre:

De physicae experimeïuali:

'Utilitate illiusque et mtuheseos concordia,

Genève, in-4,1740. Jal- labert manifestait une activité prodigieuse; outre sa place de pro- fesseur, il remplit, dès 1739, celle de bibliothécaire de la ville et rendit en cette qualité des services importants. Il prêchait aussi tous les dimanches dans les églises de Genève, et trouvait encore le temps de se livrer à l'étude de la chimie, de la physique, de la numismatique et de l'histoire. L'affaiblissement subit d~sa santé le força cependant de renoncer, en 1744, à la prédication, ainsi qu'à son cours de physique. Il fut élu au conseil desDeux-Cents, en 1746. Son état s'étant amélioré, l'académie lui accorda, en 1750, lachaire de mathématiques, qu'il échangea, en 1752,contre celle de philosophie. En1757, il résigna ses fonctions de profes- seur et de bibliothécaire pour entrer au Petit Conseil, et parvint, en1765, àla dignité de syndic. Jean-Jallahert mourut à Genève, au mois d'avril 1768. Il était correspondant de l'Académie des sciences de Paris, dès 1739, et membre des Académies de Lon- dres, de Berlin, de Lyon, de Montpellier, de Bologne, de Dijonet de Modène.

Outre les deux traités:

De tiberuue humona,

Genève,in-é,1734, et

Expériences sur l'électricité,

Genève, in-S, 1748; Paris, in-S, 1749, on a de lui plusieurs travaux, insérés dans les Mémoires de l'Académie des sciences, entre autres :

Trombe observée sur le lac de Genève

(1741)~ -

Observations sur les seiches

(1742); -

la Guérison d'un paralytique au moyen de l'électricité

(1748); -

Ré- flexions S'ur les baromètres el l'huile de tartre

(1749); -

Descrip- tion du tremblement de terre arrivé

à

Genève en

1756. Le Musée helvétique contient deux de ses écrits :

Academicae questiones de Vesuvio

(tom. VI) et

Oratio exponens oitom, tata et oirtutes Gab.

Cramer.

(Tom. VII.) Jallahert a aussi laissé plusieurs mémoires

(9)

6

JAQ

manuscrits:

S1tr la Théorie de la terre, S11,r la Force expansit'e des vapeurs, Sur la Congélation du mercure

et

Sur l'Elévation de l'eau en vapeurs.

SOURCES:Senebier, Histoire littéraire de Genève; - Biographie universelle;

- Revue suisse, 1852; - Haag,la France protestante; - Lut»,Nekrolog.

JAQUE MOT

(Jean),

ou JACOMOT, ministre protestant, était fils de Claude Jaquemot, originaire de Bar-le-Duc, tuais bourgeois de Genève dès 1569. Nommé pasteur à Peney, en 1565, puis dans la ville de Genève, en 1576, Jean fut recteur de l'académie, de 1586 à1588. Le Conseil lui accorda, en 1591, l'autorisation de desservir pendant quelques années l'église de Neuchâtel, et, en 1603, celles du Valais. Il mourutàGenève, en 1609, ou en 1615, d'après Se- nebier.

Jaquemot a laissé plusieurs recueils d'excellentes poésies lati- nes, dont voici la liste: 1.

Lamenuuumes prophetae Jeremiae varii$

lyricorum oersuum qeneribus expressae, cum oüquot sacrae Scrip- turne canticis, et ejusdem lyrica,

Gen., in-12, 1591; - 2.

Agrippa Ecctesiomasüx, tragoedia,

Gen., in-8, 1591; - 3.

Musae Neoco- menses,

Gen., in-8, 1597. Contient une réimpression des deux ouvrages précédents; - 4.

Ehud, sive Tyrannoktonos, tragoedia.

Cum aliquot poëmatis lalinogallicis,

Gen., in-8, 1601; - 5.

Car- men ob liberatam a perfidiosissima sceleratissimorum latronum conjuratione Genevam,

Gen., in-4, 1602; in-8, 1603; Lugd, Batav., in-8, 1703. Jaquemot a encore traduit en latin le «Sacrifice d'A- braham, )) de Théodore de Bèze, et les «Quatrains tirés de Sénè- que, ») de S. Goulart; il a pris part à la traduction de la Bible qui parutàGenève, et a publié plusieurs pièces de vers dans le Libel- lus gebennis, dans les Deliciae poetarum gallorum et dans l'Am- phitheatrum de G. Dornavius.

SOURCES:Senebier, Histoire littéraire de Genève; - Haag, la France pro- testante; - Catalogues des bibliothèques de Lausanne et de Genève; - Jean- nerel et Bonhôte, biographies neuchâteloises.

JAQUE MOT

(Théodore),

petit-fils du précédent, naquit en 1597 à Genève, où il est mort en 1676. Entré au conseil des Deux- Cents, en 1625,il devint commissaire de la seigneurie, en 1632,

(10)

JAQ 7 .etchâtelain de Saint-Victor, en 1650. Il s'est fait connaitre par l'ouvrage intitulé:

Tableau, âe« princes et personnages illustres,

Genève, in-4, 1628, et par les traductions françaises des livres de Joseph Hall, évêque d'Exeter, dont voici la liste:«Paraphrase sur le Cantique des cantiques de Salomon, »)1626, 1632; - «les Arts divins de Salomon ou éthiques, politiques et œconomiques, tirées méthodiquement de ses Proverbes et de l'Ecclésiaste, » in-12, 1626, 1632; - «Sermon sur la passion de notre Seigneur Jésus- Christ, »in-12, 1626; - «les Epistresmeslées de J. Hall, mises en françois, »in-12, 1627; - «Contemplations sur l'histoire du Nouveau Testament, » in-12, 1628; - «Quo vadis? ou Censure des voyages, ainsy qu'ordinairement ils sont entrepris par les sei- gneurs et gentîlshornmes, »in-12, 1628; - «Comparaison du pharisaïsme et du christianisme, » in-12, 1628; - « le Juste Mammon, sermon d'hospitalité, ) in-12, 1629; - «Nulle Paix avec Rome, » Genève, in-8, 1629; - «Méditations occasionnelles de J. Hall, évêque d'Exeter, publiées et mises en lumière par Robert Hall, son fils, »in-12, 1632; nouv. édit. revue et corrigée, Genève, in-12, 1661; - «l'Art de la divine méditation, avec deux amples modèles de méditations contenant plusieurs exemples:

l'un concernant la vie éternelle comme fin, l'autre concernant la mort comme chemin, »1662; - «Apologie commune de l'église d'Angleterre contre les Brownistes, » Genève, in-12, 1662; -

«les Pensées choisies de l'âme dévote, » in-12, 1662; - «le Christ mystique ou la Bienheureuse Union de Christ avec ses membres, »in-12, 1663; - «Rernède contre la profanité,»in-12, 1663; - «l'Ame dévote ou Règle de la dévotion céleste, »in-12, 1663; - «le Pacificateur représentant la droite voie d'entretenir la paix en matière de religion, » in-12, 1663; - «le Beaume de Galaad ou le Consolateur, » in-12, 1663; - «Dix Sermons de J. Hall, »in-12, 1663; - «la Voie moyenne ou la Voie de paix aux cinq articles controversés sous le norn d'Arminius

,

»in-12

,

1664; - «le Saint Ordre des Menant-deuil en Sion

,

»1664· _

,

«Résolution de divers cas de conscience,»in-12, 1664; - « l'Ex- tinction des dards enflammés de Satan, »in-12, 1664; - «Apo-

~ogie pour l'honneur des mariages des personnes ecclésiastiques,» In-12, 1665; - «Divers Traités et Lettres deJ.Hall,

»

1n-12, 1668.

(11)

8 JAQ

SOURCES: Haag, la France protestante; - Senebier,Histoire littéraire de Genève, II; - Sordet, Dictionnaire des familles genevoises.

JAQUET

(Auguste),'

conseiller d'état vaudois, né à Paris en 1802, appartenaità une famille originaire de Morges. Après avoir achevé d'excellentes études en France et en Allemagne, il vint se fixer dans le canton de Vaud, où ilaccepta, en 1831, un siège au Grand Conseil. Son aptitude aux affaires, son éloquence et son patriotisme le désignèrent, l'année suivante, aux suffrages de ses concitoyens, qui le portèrent au Conseil d'état, quoiqu'il n'eût pas encore trente-deux ans. Il en fut président en 1837, 1839 et 1843 et occupa successivement la présidence du Conseil académique et du Conseil d'instruction publique. La révolution du 14 février 1845 l'éloigna des affaires publiques. Il mourut d'une attaque d'apo- plexie, le 11 octobre de la même année. Jaquet présida, en 1842, àLausanne, la réunion de la Société helvétique de musique et, un mois plus tard, celle de la Société suisse d'utilité publique. Il est l'auteur de divers rapports, discours, mémoires et articles de jour- naux. Nous mentionnerons: 1.

Observations sur la loterie canto- nale

(avec A. Forel), Lausanne, in-8, 1828; - 2.

Observations sur l'organisation des boucheries dans le canton de Vaud,

Laus., broch.

in-8, 1830; - 3.

Discours prononcé

à

l'installation du professeur de théologie pratique, le

1er

novembre

1837. Imprimé avec les dis- cours de MM. Porchat et Vinet; - 4.

Opinion émise sur l'article

2 d'u

projet de loi ecclésiastique

(Laus., hroch. in-8, 1838); - 5.

Dis- cours prononcé

à

l'installation de l'académie el du collége canto- nal, le

7

janvier

1839. Imprimé avec ceux de MM. Monnard et So- lomiac ; - 6.

Discours prononcé

à

l'installation de

M. J.

Olivier, professeur d'histoire, le

23

juillet

1839. Imprimé avec les discours de MM. Monnard et Olivier;-7.

Sur la Léçislaiùm des céréales,

Laus., broch. in-S, 1841.

SOURCES: Bulletins du Grand Conseil; - Revue suisse, 18.\6. (Pag.~4et sui van tes.)

JAQUET-DROZ

(Henri-Louis),

fils de Pierre Jaquet-Droz, illustre mécanicien du comté de Neuchâtel, naquit à la Chaux-de- Fonds le

t3

octobre 1752. Il se destina à la profession de son

(12)

JOF 9 père, dont il fut l'élève. Après s'être perfectionné à Nancy dans l'étude des mathématiques, de la physique, de la musique et du dessin, il revint dans sa patrie, oùil fabriqua avec son père plu- sieurs automates, portés à un haut degré de perfection. Il n'avait pas encore vingt-deux ans lorsqu'il se rendit à Paris et de là en Angleterre avec trois figures, qui sont placéespar les connaisseurs au nombre des pièces mécaniques les plus célèbres construites en ce genre. Le premier de ces automates écrivait lisiblement en faisant tous les mouvements des doigts, le second dessinait, le troi- sième représentait une jeune fille qui touchait du clavecin, suivait des yeux la musique en marquant la mesure par des mouvements de tête, se levait quand elle avait fini son jeu et saluait la compa- gnie. L'Encyclopédie d'Yverdon (article Automates) cite plusieurs autres chefs-d'œuvre de cet artiste, qui dirigea aussi la fabrication de deux mains artificielles, dont les mouvements imitaient si par- faitement ceux des mains naturelles que le célèbre Vaucanson 1ui dit en les voyant: «Jeune homme, vous commencez par où je voudrais finir. ) Vers l'année1780,il fonda àLondres une fabri- que de pièces d'horlogerie. Le climat de cette ville ne convenant pas à sa santé, il s'établit, en 1784, à Genève, dont il reçut la bourgeoisie et où il devint membre de la Société de~ arts. Une maladie de poitrine l'obligea bientôt de se rendreàHyères, puis à Naples, où il mourut le16 novembre1791.

SOURCES:JeanneretetBtmhôte, Biographies neuchâteloises; - Biographie universelle.

JOFFREYDE' LA COUR-AU-CHANTRE

(Abraham-Hubert de),

offi..

cier général issu d'une famille noble du Pays de Vaud, était fils de Jacques-François de Joffrey, seigneur des Bellestruches, àVevey.

Né en France le 29 novembre 1675, ily entra le10 décembre 1685J en qualité de cadet dans la compagnie que son père pos- sédait au régiment suisse de Jeune-Stouppa, et devint sous-lieute- nant} le 10 septembre 1692, après avoir bravement combattu à Fleurus et à Steinkerque, où il fut blessé. Il fut nommé lieute- nant, le10mars1693, remplit quelque temps les fonctions d'aide d.e camp du général de Surheck et reçut le brevet de capitaine- Iieutenant , le 20 septembre de la même année. Le 27 janvier

(13)

10 JOM

1704, il obtint une compagnie dans le régiment de Pfyffer, Il signala sa bravoure à plusieurs reprises pendant la guerre de suc- cession d'Espagne, entre autres à l'attaque du fort d'Arleux, le 27 juin 1711. Rentré dans le régiment de Surbeck, le 13 juin 1713,Joffrey devint lieutenant-colonel, le14mars 1723,et passa, le 22décembre1729,avec ce grade dans le régiment de Besenval.

Colonel par commission, dès le22avril 1734,il fut créé brigadier, le1ermars1738, puis colonel-propriétaire du régiment oùilser- vait, le26octobre suivant. Quelques années avant sa mort, ilab- jura la religion protestante et fut décoré à cette occasion de l'ordre de Saint-Louis. Le général de Joffrey mourut à Arras, le19 mars 1748,laissant des Mémoires estimés sur

les Priviléges de la nation suisse en France

et une

Histoire du réqiment de Joffrey, depuis sa création jusqu'en

1742.

SOURCES:JJfay,Histoire militaire de la Suisse; - Zurlauben, Histoire mili- taire des Suisses; - Girard, Histoire abrégée des officiers suisses; - Archives de famille.

JOINVILLE

(Louis de),

seigneur de DIVONNE, d'une ancienne famille du Pays de Gex, occupa la place éminente de bailli de Vaud dans les années 1396, 1397, 1398, 1400, 1401, 1406 et 1407. Ce fut devant lui que Gérard d'Estavayer provoqua en duel Othon de Grandson. AmédéeVIII le nomma, vers l'année 1405, vice-gouverneur du comte Antoine de Gruyère et administrateur de ses domaines. Mécontent du traité de combourgeoisie que les habitants du Gessenay avaient renouvelé avec Berne, il résolut de les en punir, et forma le projet d'enlever, pendant un marché au bétail, à Chàteau-d'Œx, les habitants les plus notables de la contrée. Son coup de main ne réussit pas; Berne prit fait et cause pour ses combourgeois et s'empara de la Haute-Gruyère, qu'elle occupa jusqu'à la paix de Morat, 1407. Louis de Joinville mou- rut, croit-on, en cette année.

~OURCES: Mémoires et documents de la Société d'histoire de la Suisse ro- mande,

x; -

Verdeil,Histoire du canton de Vaud; - Martignieretde Crou- sa»Dictionnaire historique. (Baillis.]

JOMINI (le baron

Antoine-Henri),

aide de camp général de l'empereur de Russie et général d'infanterie, né à Payerne le

(14)

JüM 11 6 mars 1779, était fils du syndic Benjamin Jomini et de Jeanne Marcuard. Placé par ses parents dans une maison de cornmerceà Bâle et ensuite à Paris, iltémoigna peu de goût pour celte voca- tion,à laquelleil renonça bientôt pour entrer dans l'armée helvé- tique. Nommé, en 1798, adjudant du ministre de la guerre et, l'année suivante, chef de bataillon, il travailla à la réorganisation militaire de la Suisse et présenta un projet de réforme qui fut adopté. En 1801, il rentra dans le commerce, qu'il quitta de nou- veau, au bout de quatre ans, pour accepter une place d'aide de camp volontaire auprès du général français Ney. C'est à cette époque qu'il publia son

Traité de grande lactique,

ouvrage d'une haute importance, dans lequel il expose, en une suite d'études comparatives sur les guerres de Frédéric II et de la révolution, les principes de l'art de la guerre. Jomini, nommé colonel, rem- plit au début de la campagne de 1806 les fonctions de premier aide de camp du rnaréchal Ney. Attaché plus tard à la maison militaire de Napoléon, il assista aux batailles de Iéna, d'Auer-, stœdt, d'Eylau, enfin à celle de Friedland, après laquelle il reçut la croix de chevalier de la Légion d'honneur. En 1808, il servit en Espagne comme chef d'état-major du maréchal Ney.Ayant eu beaucou pàsouffrir de la haine du maréchal Berthier, qui ne négli- geait aucune occasion de lui porter préjudice, il résolut de quitter le service de France pour accepter les brevets de général-major dans l'armée russe et d'aide de camp général de J'empereur Alexandre, 1810. Napoléon refusa de lui accorder sa démission et l'éleva au grade de général de brigade en le chargeant de rédiger, d'après les documents officiels du dépôt de la guerre, l'histoire des campagnes d'Italie de 1796 et 18Ql). La malveillance de Ber- thier le priva cependant de tous les renseignements qui pouvaient être utilesà ce travail. Rentré à l'armée, en 1812, Jomini obtint, pendant la. campagne de Russie, les gouvernements de Vilna, puis de Smolensk, et reçut, en 1813, la croix d'officier de la Légion d'honneur. Le maréchal Ney le choisit de nouveau pour son chef d'état- major. Jomini contribua par ses conseils stratégiques au gain de la bataille de Bautzen; il eût certainement été nommé alors général de division, si Berthier n'avait employé toute son influence pour empêcher sa promotion, Ce fut le principal motif

(15)

12 JOM

qui l'engagea à profiter de J'armistice de Parschvitz pour passer dans l'armée russe avec le grade de lieutenant général et d'aide de camp général de l'empereur Alexandre 1er •Il assista, le 16 août 1813, à la bataille de Dresde et combattit plus tard à Culm, où il mérita les insignes de commandeur de Sainte-Anne, tandis qu'il reçut àLeipzig le grand cordon du même ordre. Devenu aide de camp général en service, il accompagna le czarà Paris. Louis XVIII lui conféra à cette occasion la croix de Saint-Louis. En 1815, Jo- mini se servit du prestige dont il jouissait auprès d'Alexandre pour obtenir son intervention en faveur du canton de Vaud. Dé- coré, en juillet 1817, de l'ordre de Saint-Wladimir (2eclasse), il reçut plus tard celui de Saint-Alexandre-Newsky, en récompense des services signalés qu'il rendità Varna. (Octobre 1828.)Cefut à l'initiative du général Jomini qu'on doit la fondation de l'acadé- mie militaire de Saint-Pétersbourg. Chargé, en 1837, de l'instruc- tion militaire du grand-duc héritier, il se retira ensuite du service actif, mais donna encore d'utiles conseils lors de la guerre d'Orient de 1854. Après cette guerre, il s'établità Paris, oùil mourut en 1869.

De ses deux fils, l'un fut aide de camp du maréchal Paskie- witsch, le second est actuellement conseiller intime de l'empereur Alexandre II.

Le général Jomini fut un dés écrivains militaires les plus dis- tingués des temps modernes, Ses écrits ont opéré une véritable révolution dans l'art de la guerre en déterminant, d'une manière claire et précise, les règles fondamentales de la stratégie et de la tactique. Nous en donnons ci-après la liste: 1.

Traité de grande tactique ou Relation de la g'lJ:erre de sept ans, extraite de Tempelhof, commentée et comparée aux principales opéraiion» de la dernière guerre.

Les volumes l, II et V de cet ouvrage parurent en 1805 et 1806 (Paris, 3 vol. in-S, avec atlas in-4) et furent réimprimés en 1807 avec les volumes III et IV, comme première édition com- plète, sous le titre de :

Traité des grandes opérations militaires,

Paris, 5 vol. in-8, avec atlas in-4. Une seconde édition augmentée et refondue parut à Paris en 8 vol. in-8, avec atlas in-4, de 1811 à1816. La troisième édition (publiée en 1818) et la quatrième (en 1857) furent réduites à 3 vol. in-8, avec atlas, l'auteurayantsup-

(16)

JOM 1.3 primé les six premières campagnes de la révolution, afin de les joindre à son

Histoire critique des guerres de la révolution; -

2.

Observations sur les probabilités d'une guerre avec la Prusse

el

sur les opérations militaires qui auront vraisemblablernent lieu,

Paris, in-8, 1806; - 3.

Ménloire sur la campagne de

1818~ Leip- zig, in-8, 1813; - 4.

Correspondance avec le général Sarrasin sur la campagne de 1818,

Paris, in-8, 1815; - 5.

Histoire critique et miliuiire des guerres de la révolution

(1792à1803), Paris, 15 vol.

in-S, avec 4 atlas in-fol.,1816 à1824;

-6.1ntfoduclion

à l'ou- vrage précédent, publiée àpart, Paris, in-8, 1816; - 7.

Réplique

à

lord L011donderry sur la campagne de 1818; -

8.

Principes de la stratégie, développés par la relation de la campaqne de 1796 en Allernagne,

ouvrage de l'archiduc Charles d'Autriche, traduit de l'allemand, Paris, 3 vol. in-8, avec atlas in-fol., 1818; - 9.

Cor- respondance ooec le baron Monnier,

Paris,in-S,1819; - 10

Deux Epîtres d'un Suisse

à

ses compatriotes,

Lausanne, in-S, 1822; - 11.

Réplique

àun

article du

«

Spectateur militaire» au sujet des Principes de stratégie-,. -

12.

Vie politique el militaire de Napo- léon

Isv;

racontée par lui-même au tribunal de César, d'Alexandre et de Frédéric,

Paris, 4 vol. in-8, avec atlas in-4, 1827. Continuée sous le titre

Précis lJolitique et militaire de la campagne de

1815, Lausanne, in-8, 1839 ; - 13.

Observations sur la dernière campa- gue de Turquie,

Saint-Pétersbourg, in-8, 1828; - 14.

Réponse

du

général Jomini

à

la Gazelle

~

France,

1828; - 15.

Observations :;ur les lignes d'opérations el

SUT"

quelques ouvrages qui out com- battu son Traité des grandes opérations militaires,

Saint-Péters- bourg, 1829; - 16.

Tableau analytique des principales combinai- sons de la guerre,

etc., Paris, in-8, 1830. La première édition de cet ouvrage est mentionnée comme une troisième, car elle devait servir d'Introductionà"la troisième édition du

Traité des grandes opérations militaires.

La seconde édition, considérablement aug- mentée, parut sous ce titre:

Précis de l'art de la guerre ou

Nou..

veau, Tableau analytique des principales cornbinaisons de la straté- gie, de la grande tactique el de

la

politique militaire,

Paris, 2 vol.

in-8, 1838. Une troisième édition fut publiée à Paris, en 1855.

(2 vo.l. in-8.! Le général Jomini ajouta à ce

Précis

les trois ap- pendices SUIvants: 10

le Coup d'œil stratégique et la manière de le

(17)

14 JOU

former par l'étude (1849); 2

0

la Formation des troupes pour le combat (1856);

30

Lettre au

«

Spectateur militaire» sur un article de

M.

du .111artray

(août1856); - 17.

Polémique stratégique entre les généraux Iomin! et Ruhle de Lilienstern,

Paris, broch. in-8, 1832;-18.

Atlas portatif pour l'intelligence des dernières guerres publiées sans pian»; notamment pour la vie de Napoléon

(avec lé- gendes), Paris, grand in-4,1833; - 19.

Observations sur l'his- toire milùaireet sur les écrivains militaires, depuis Louis XIV jus- qu'à nos jours

(Journal de l'armée belge, 1838); - 20.

Lettre

à. M.

Capefigue sur son Histoire d'Europe pendant le consulat et t'empire,

Paris, broch. in-8, 1841; - 21.

Correspondance avec le duc d'Elchingen au sujet de la campagne de 1815

(Spectateur militaire, 1841); - ~2.

Examen critique de l'Histoire de fart de laguerre, de Carion-Nisas

(Revue européenne, 1842); - 23.

Lettre stratégique sur Charles le Téméroire; -

24.

Lettre sur Tekeli et la révolution de Hongrie

(se trouve, ainsi que l'écrit précédent, dans les «Œuvres »de M. de Pixérécourt); - 25.

Questions de stralégie et d'organisation miliuure, relatives aux événements de la guerre de Bohème,

Paris, in-8, 1866. Les trois ouvrages suivants sont restés manuscrits: 26.

De la politique militaire de la Russie dans ses rapports avec les états coisin«; -

27.

De la défense de l'empire par un bon système de forter;sses; -

28.

Précis poli- tique et militaire des campagnes de 1812, 1813

el 1814. C'est, croit-on, Jomini qui a traduit et annoté le «Tableau politique et statistique de l'empire britannique dans l'Inde » du comte de Biornstierna, Paris, in-8, 1842. On lui attribueàtort la brochure intitulée :«De la Suisse dans l'intérêt de l'Europe, ») qui est de M. Pictet de Rochemont. On doit encore au général Jomini quel- ques

Cartes

et

Plans

détachés.

SOURCES:Lecomte,le Général Jomini, sa vie et ses écrits; - Vapereau,Dic- tionnaire des contemporains; - Sainte-Beuve,le Général Jomini; - Huber- Saladin,Notice sur le général Jomini ; - Journal helvétique, 1801..

JOUGNE

(Pierre de),

seigneur deBOUVERENS,issu d'une branche des Mayor de Romainmotier, naquit vers 1430. Il mérita la con- fiance de Louis de Châlons, prince d'Orange, qui le créa son échanson et lui accorda] en 1456, le titre de châtelain de Grand-

(18)

JOU 15 son. Après la mort de ce maître, il s'attachaàHugues de Châlons, son troisième fils, et enleva pour lui le trésor renfermé dans la Tour-de-Plomb, à Nozeroy. Avec cet argent, il leva un corps de troupes pour reconquérir les seigneuries de Grandson et d'Orbe, que Guillaume de Châlons avait enlevéesàson frère, mais l'en- treprise échoua. Hugues ne put rentrer en possession de ces terres.

que par l'intervention du duc de Bourgogne, 1469.Il récompensa alors Pierre de Jougne en lui accordant la charge de bailli d'Orbe, qu'il exerçait encore en 1475. Appelé, en cette année, au com- mandement de Grandson, attaqué par l'armée suisse, il soutint courageusement un siége de six jours. Ayant perdu tout espoir d'obtenir du secours, il capitula à des conditions honorables, le 1er filai '1475, et se retira à Nozeroy. Hugues de Chalons l'envoya plus tard à Berne pour y traiter de la paix. Pierre de Jougne mourut, paraît-il, à la fin du XVesiècle.

SOURCES : Mémoires et documents de la Société d'histoire de la Suisse ro- mande, VIIIelXIV; - Gingins, Histoire de la ville d'Orbe; - Verdeil,His- toire du canton de Vaud.

JOUX

tNiccia« de),

seigneur de CRATELVILAIN, d'une ancienne et illustre famille franc-comtoise, vassale de la maison de Chàlons, était commandant du château d'Orbe pour Hugues de Châlons, sire de Châtel-Guyon. Au commencement de la guerre entre les Suisses et le comte de Romont, il fut envoyé à Berne pour y solli- citer la neutralité des terres appartenant à son suzerain, mais ses propositions furent rejetées par les Confédérés. Lorsque ces der- niers eurent envahi le Pays de Vaud, 1475, ils mirent le siégé devant la ville d'Orbe, qui se hâta d'envoyer sa soumission. Nicolas de Joux, secondé d'une trentaine de gentilshommes et d'environ quatre cents soldats, qui formaient la garnison du château, résolut de mourir plutôt que de se rendre. Assiégé par un ennemi très supérieur en nombre, il fit une résistance héroïque et repoussa plusieurs assaut.s. L'artillerie bernoise ayant ouvert une brèche, les assaillants pénétrèrent dans le donjon, où ils massacrèrent de Joux et ses compagnons d'armes, mai 1475. Les gentilshommes tués furent ensevelis dans le cimetière de Saint-Martin d'Orbe

,

le corps de leur capitaine dans l'église de Sainte-Claire.

(19)

16 JOU

SOURCES:Mémoires et documents de la Société d'histoire de la Suisse ro- mande,VIII; - Gingins,Histoire de la ville d'Orbe; - Verdeil,Histoire du canton de Vaud; - Vtûliemin,le Chroniqueur, pag. 1.1.9.

JOUX

(Pierre de),

fils de David-Théodore de Joux, né àGenève en 1752, se prépara au ministère évangélique et fit ses étudesà Genève, en Angleterre, puis à Bâle, où il reçut l'imposition des mains, en 1775. Il se rendit ensuite àParis, à l'invitation du cé- lèbre Court de Gébelin, qui l'employa pendant cinq ans àla rédac- tion du'«Monde primitif.»)De retour dans sa patrie, ily desservit les postes de pasteurà Sacconex (1785-1787),à Dardagny (1787- 1789), puis à Genève. Chaud partisan des principes révolution- naires, de Joux prit une part active aux événements politiques du temps. Nommé pour la seconde fois pasteuràDardagny, en 1795, il reprit l'année suivante sa paroisse à Genève. En 1801,il ouvrit une école pour le commerce, la littérature, les sciences et les beaux-arts, qui eut peu de succès. Plus tard, il s'établit en France, où il devint pasteur àNantes, et, en 1805, président du Consistoire réuni de la Loire-Inférieure et de la Vendée. Quoiqu'il manifestât déjà du penchant pour les doctrines catholiques, et que ces dou- bles fonctions fussent, d'après son propre aveu, déjà «contraires àsa foi,»il continua cependant de les remplir jusqu'au 24 janvier 1816. Sa nomination fut révoquée sous cette date, par ordre du gouvernement, par la raison que, n'étant pas Français,il ne pou- vait, d'après la loi, exercer le ministère. Appelé à la charge de recteur de l'université de Brême, il se vit empêché par les événe- ments de se rendre dans cette ville. Il parcourut alors l'Italie pour se fortifier dans ses nouvelles croyances, et occupa ensuite, en Ecosse, la place de professeur des langues anciennes à l'institut de Dollar, près de Stirling. De retour en France, il abjura la reli- gion protestante entre les mains de l'archevêque de Paris, le 11 oc- tobre 1825. La mort l'enleva quelques jours plus tard. Sa fille

Joséphine

embrassa aussi la religion catholique, filais son fils

Jean- Marc

resta protestant et devint prêtre de l'église anglicane.

On a de lui les ouvrages suivants: 1.

Sermon prononcé

à

l'anni- t'erS'aire de l'Escalade,

Genève, in-S, 1794; - 2.

le Citoyen Dejou»

à

ses concitoyens,

avec cette épigraphe:

le Premier Trésor de l'âme

(20)

JUR f7

est une bonne renommée-,. celui qui medérobe ma réputation mevole

fln

bien

qui tn'

appauvrit réellement, sans l'enrichir lui-t?:ême

(Sha- kespeare), Gen., 21 page in-8, 8 septembre 1794; - 3.

Nouveau Plan ra'isOllné d'éducation publique ou Projet d'une pension qu'on se propose d'établir

à

Genève,

in-12, i774; - 4.

le COm111erCe, les Sciences, la Littérature

el

les Beaux-arts simultanément enseignés et Notice raisonnée d'un institut réunissant une éducation littéraire ou libérale

àun

apprentissage effectif du commerce,

Genève, in-4, anIX; - 5.

Oraison funèbre d'Ange-Marie d'Eymar, préfet du Léman,

Genève, broch. in-8, an XI; - 6.

Ce qu'est la franche- maçonnerie,

Gen., in-S, 1802; - 7.

Prédication du christianisme,

Gen., 4 vol. in-8, 18()3 ; - 8.

Discours pour l'anniversaire de la naissance de t'empereur Napoléon, prononcé à Nantes le 19 février

1806, brocha in-8; - 9.

le Triomphe de la justice, discours pro- noncé

à

Nantes le

16

novembre

1806, brocha in-8; - 10.

Discours sur la, guerre, considérée dans ses rapports tuee la civilisation,

Nantes, in-8, i810; - 11.

Second Discours ou le Te Deum d'En- zesrdor{ et de Wag1'am,

Nantes, in-8, 1810; - 12.

Recueil de cantiques et de psaumes

d

l'usage des églises réformées,

Nantes, in-8, 1812; - 13.

Troisième Discours sur la guerre, considérée sous ses rapports de légitimité et relativement aux triomphes récents de la grande armée, suivi d'un hymne religieux sur la délivrance de la Pologne,

Nantes, in-8, 1813; - 14.

la TTertu glorifiée ou le Triomphe après la mort, discours prononcé au service funèbre et solennel de Louis XVI,

Nantes, in-8, 1815; - 15.

Lettres sur l'Italie, considérée sous le rapport de la religion,

Paris, imprimerie royale,2 vol. in-8, 1825. Ces lettres devaient servir d'Introduction à un ouvrage intitulé:

Soirées napolitaines,

que la mort l'em- pêcha de publier.

SOURCES:Archiv. du christianisme, 18~5et 1826; - Sordet,Dictionn. des familles genevoises; - Quérard,la France littéraire; - Haag,la France pro- testante.

JURINE

(Louis),

chirurgien et naturaliste, né en 1751 à Ge- nève, oùil fitson éducation littéraire, continua ses études à l'uni- versité de Paris et yprit le grade de docteur en chirurgie, 1775.

Etabli dans sa ville natale, dont ilacquit la bourgeoisie, 1776,il

DICTION. BIOGR•.11. i

(21)

18 JUS

yexerça non-seulement son art avec distinction, mais ouvrit aussi un cours d'anatomie, où les auditeurs affluèrent, et qui fut la pre- mière hase de sa réputation, dès lors considérablement étendue par ses savants écrits de médecine et d'histoire naturelle. Porté par ses concitoyens à l'Assemblée nationale genevoise, 1793, puis au Conseil législatif, 1796, J urine obtint, en 1802, la chaire d'ana- tomie et de chirurgie à l'académie de Genève. Sous l'empire, iL fut élu au Collègeélectoral du département du Léman. Après la restauration de la république,il occupa quelque temps un siège au Conseil représentatif, mais sortit de cette assemblée aussitôt qu'on eût rejeté l'institution du jury.Il mourut d'une angine de poitrine, le 20 octobre 1819. Correspondant de l'Institut de France (Académie des sciences), ce médecin était membre fondateur et président honoraire de la Société littéraire de Genève, ainsi que de celle des naturalistes. Il flt aussi partie de la Société pour' l'avancement des arts, de la Sociétédephysique et d'histoirena- turelle de Genève, enfin de la Société helvétique des sciences na- turelles. En 1846, sa famille a fait don de son riche cabinet zoolo- gique au musée de Genève.

Le docteur Jurine avait obtenu, en 1812, la moitié du prix de 12000 francs accordé par le gouvernement français à l'auteur du meilleur ouvrage

sur le Croup;

il reçut plus tard une médaille d'or de la Société de médecine de Paris pour son

Mémoire sur l'angine de poitrine,

Genève, in-8, 1815. En dehors de ces deux écrits,il est l'auteur d'autres travaux, renfermés dans divers re- cueils scientifiques ou imprimés àpart. Nous citerons:

Nouoelle Méthode de classer les Humenoptères et les Diptères,

Genève, in-d, 1807; -

Observations sur le Xenos Vesparurn,

Gen., in-4, 1816;

- Observal'ions sur les ailes des Hymenoptères,

Gen., broch. in-4,.

1818; -

Histoire des Monocles qui se trouvent aux environs de Genève,

Gen.,in-4, avec fig. coloriées, 1820; -

Histoire abrégée des poissons du lac Léman,

Gen., in-4, fig., 1825.

SOlTRCES : Actes de la Société helvétique des sciences naturelles, i8iO; - Bibliothèque universelle (Sciences et arts, 181.9);~- Sordet,Dictionnaire des- familles genevoises; - li Livre du recteur; - Gazette de Lausanne, 2 no- vembre 1819.

JUSSIE

(Jeanne ,de)

était religieuse de Sainte-Claire, à Genève,

(22)

ILES 19 quand onyétablit la réforme. Elle refusa d'embrasser les nou- velles doctrines et se vit obligée de quitter la ville avec plusieurs de ses compagnes, le 30 avril 1535, pour se retirerà Annecy, où elles fondèrent un nouveau couvent, dont Jeanne fut la supérieure.

Cette sœur a laissé un écrit intitulé:

le Levain du calvinisme ou Commencmnent de l'hérésie dans Genève,

Chambéry, in-B, 1535, contenant le récit des premiers temps de la réformation dans cette ville. Cet ouvrage fut impriméàChambéry, en 1611, sous ce titre:

Relation de l'apostasie de Genève.

(In-12.) Une nouvelle édition, revue par l'abbé de Saint-Réal, vit le jourà Paris, en 1682. (In- 12.) M. Gustave Revilliod en a fait exécuter une belle réimpres- sion sous le titre primitif, Genève, in-8, 1853.

SOURCES: Senebier, Histoire littéraire de Genève; - Sorâet,Dictionnaire des familles genevoises; - Levain du calvinisme. (Edition Revilliod.)

K

K.tESERMANN

(François),

né à Yverdon le 27 février 1765, était fils d'un pauvre tailleur de pierres, David-DanielKreserrnann, Après avoir fait quelques études au collège de sa ville natale, il vintà Lausanne chez son parrain, le tanneur Knebel. Cel ui-ci dé- couvrit en lui d'heureuses dispositions pour le dessin, qu'il s'ef- força de développer par quelques leçons. En 1789, Kœsermann alla à Rome pour y travailler dans l'atelier de son compatriote Ducros, mais ses débuts ne répondirent pas à l'attente de ce peintre, qui lui retira sa protection ct lui donna son congé. Loin d'abattre son courage, cet échec le remplit d'une nouvelle ardeur.

Obligé de travailler sans relâche pour subvenir à ses besoins, il eut la honne fortune d'attirer l'attention du prince Borghèse, qui non - seulement lui commanda plusieurs tableaux, mais le mit aussi en relation avec d'autres amateurs. Après un séjour de six ans à Naples, il s'établit définitivement à Rome, où il abjura le protestantisme, le jour de Pâques 1828. Kœserrnann mourut d'une attaque d'apoplexie, le 3 janvier 1833. Ce peintre s'est acquis de la réputationpar de charmants paysages à l'aquarelle. On lui re-

(23)

LAC

proche d'avoir été peu scrupuleux dans les moyens employés pour suffire aux nombreuses commandes qui lui étaient faites et d'avoir vendu sous son nom les productions de ses meilleurs élèves. (Voy.

Knebel.)

SOURCES: Journal de la Société vaudoise d'utilité publique, 1.835; - Vullie- min,der Canton Waadt; - Journal littéraire de Lausanne; - Bridel,Conser- vateur suisse, V.

KNEBEL

(François),

peintre paysagiste, né à La-Sarra en 1789, annonça dès son jeune âge un talent remarquable pour la pein- ture à l'aquarelle. AppeléàRome par Kœsermann, au mois d'oc- tobre 1803, il fit sous sa direction des progrès si rapides qu'il égala bientôt son maître. Celui-ci abusa de lui en le chargeant non-seulement d'esquisser des tableaux, qu'il achevait et faisait ensuite passer comme ses propres œuvres, mais en vendant aussi, sous son nom, ses meilleures productiqns. Ce jeune artiste mou- rut en 1822, au moment où ses succès paraissaient lui présager une brillante carrière.

SOURCE: Journal de la Société vaudoise d'utilité publique, 1.835.

L

LA BELYE, voyezBELYE

(Charles Dangeau de la).

LA CROIX

(Isaac-Jacob),

graveur vaudois, fils de Charles La Croix et de Susanne-Elisabeth Petitpierre, naquit à Payerne le 28 décembre 1751. Cédant de bonne heureàun vif penchant pour les beaux-arts, il apprit le dessin et la gravure à Bâle, où il resta pendant cinq ans et six mois. Il accompagna ensuite son ami, le peintre Ducros, en Italie et s'arrêtaàRome, où il noua des rela- tions intimes avec le paysagiste Hakert et le graveur Volpato. Le climat de cette ville ne convenant pas àsa santé,il dut la quitter après deux ans de séjour pour retourner dans sa patrie, où il grava pour des libraires. On doit à cet artiste quelques vues d'Ita- lie, remarquables par leur vérité, et les planches de plusieurs ou- vrages estimés, entre autres del' «Histoire universelle. »

(24)

LAF 2i

SOURCES: Etat civil de Payerne; - Fuessün, Geschichte der besten Künst- 1er der Schweiz.

LA FAYE(Antoine de),théologien, né à Châteaudun, se retira pour cause de religion à Genève, où il fut successivement régent de 6eclasse au collège,en 1561, de 5e , en 1564, de 4e , en 1566, et de 1re , en1567. Le Conseil de cette ville, désirant récompenser ses services, lui accorda gratuitement la bourgeoisie dansle cou- rant de l'année suivante. Au mois d'août 1574, ilrenonça à l'en- seignement pour aller prendre en Italie le diplôme de docteuren médecine, mais revint déjà, en octobre1575, occuper la place de principal du collège. Devenu professeur de philosophieà l'acadé- mie de Genève, en 1577,La Faye remplit les fonctions de recteur, de1580à1584, desservit en même temps une église de la ville et passa, en 1588, de la chaire de philosophie à celle de théologie.

Après avoir accompagné son ami Théodore de Bèze au colloque de Montbéliard, 1586, puis à une conférence tenue à Berne, il fut chargé, en 1587, par la Compagnie des pasteurs, de composer, avec Perrot, Goulart et Rotan, la préface d'une nouvelle traduction de la Bible, à laquelle il avait contribué. La Faye mourut de la peste, en 1615,d'après Picot et Senebier, tandis que Leu et Le- long reculent sa mort jusqu'au mois d'août1616.

On ade lui:1. Histoire des Juifs de Josèphe, trad. en français, Genève, in-folio,1560; - 2. De cernacuti«Biblioruminterpreta- tionibu« et sacris vemccut« Zingua peragendis, dispuuuio, Gen., in-4, 1572; - 3. l'Histoire romaine de Tite-Live padouan, assa- voir les.YXXVlivres restons de toutl'œuvre, continuée dès la fon- dation de Rome jusques au tems fI'Auguste, Gen., in-folio et in-4, 1582; - 4. Theses theologiae in scholt: Geneoensi sub Theodoro Beza et Antonio Fayo propositae et disputatae, Gen.,in-4, 1586;

- 5. Dispuuuio de Verbo Dei,Gen., in-4, 1591~ - 6. Disputatio de Traditionibus adversus

earum

defensores pontificios,in-4, 1592;

- 7. Dispulatio de Christo medùuore,ill-4, 1597; - 8. De legi- tima et falsa sanctorum spirùuum adoratione

,

Gen

.,

in-4 1601',

,

- 9. Disputatio debonis operibus, Gen., in-4, 1601; - 10. Ge- neva liberou: eeu Narratio liberalionis illius qutie divinilus immissa est Geneoae, Gen., in-S, 1603; - 11. Réplique chreetienne à la

(25)

22 LAF

Response de M. François de Sales, se disant éoesque de Genève, sur le traiaement de la vertu et adoration de la croix,

Genève, in-S, 1604; - 12.

Enchiridion Disputaüonum theoioqicarum,

Genevae, in-4, 1605; - 13.

De vera Christi Ecclesia,

Gen., in-4, 1606;

-14. De baptismo in genere,

Gen., in-4, 1606; -15.fYrrop.v"l}p.~:t'l.ov

de vila et obitu clarissimi viri

D.

Theodori

Besne Yezelii, Gen., in-4, 1606; traduit en français parP.Solomeau, Gen., in-B, 1610;

nouvelle traduction par Antoine Teissier, Gen., in-12, 1681; -

16. Commentarius in Epistotam ad Romanos,

Gen., in-8, 1608;

réimprimé en 1609 avec les deux ouvrages suivants; -17.

Com- mentarius in Epistolam primom ad Timotheum,

Gen., in-S, 1609;

- 18.

Commentarius in librum Salornonis qui inscribitur Eccle- siastes. Accessit commentarius in Ps. XLIX,

Gen., in-S, 1609; -

19. Emblemata et Bpiqrammaui setecia ex stromati« peripateticis,

Gen., in-S, 1610. Jœcher lui attribue en outre une dissertation:

De domintuione Petri;

et Senebier le cite comme auteur de l'opus- cule suivant:

Jacobi Lectiiortuio funebris.

Pl usieurs poésies latines d'Antoine de La Faye ont paru dans un recueil intitulé:«Libellus gebennis. Poemata selecta latina mediae et infimae aetatis, »Ge- nevae, in-12, 1822.

SOURCES: Haag, la France protestante; - Nouvelle Biographie générale;

- Senebier,Histoire littéraire de Genève; - Sordet,Dictionnaire des familles genevoises; - Bulletin de l'Institut genevois, IX (Liste des régents); - le Livre du recteur.

LA FLÉCHÈRE

(Jean-Guillaume de),

fils du banneret Guil- laume de La Fléchère et de Susanne-Elisabeth Crinsoz, né àNyon le 12 septembre 1729, désirait se vouer à l'état militaire, et reçut d'un oncle, alors colonel en Hollande, un brevet d'enseigne dans ce service. La mort subite de son protecteur l'engagea toutefois à renonceràcette carrière et àse rendre en Angleterre, où il sé- journa dix-huit mois dans l'institut Burchell. Devenu précepteur des fils de Th. Hill, en 1752,il se destina dès cette époque à l'état ecclésiastique, reçut l'imposition des mains, le 14 mars 1757, et fut appelé, en 1760,à desservir la cure de Madeley (Shropshire).

En 1769,iljoignit aux fonctions pastorales celles de principal du séminaire de Trevecka, fondé par la comtesse de Huntingdon.

(26)

LAG

~ L'activité prodigieuse qu'il déploya dans son ministère altéra bientôt sa santé, de sorte qu'il. se vit forcé de chercher le repos à Stoke-Newington, 1777, aux bains de Hot-Wells, enfin à Nyon, 1778. De retour en Angleterre, en 1781, il se maria la même .année avec une demoiselle Bosanquet. Il mourut il Madeley, le

14 août 1785.

La Fléchère fut un des instruments les plus puissants du réveil religieux de l'Angleterre, au milieu du siècle passé; il se distingua également comme prédicateur et cornille écrivain. Voici la liste de ses ouvrages: Etrennes pour les apprentis et les ouvriers,traités anglais, 1758; - Discours sur la régénération (en anglais), Lon- dres, 1759; - la Grâce et la Nature, poëme français, Londres, 2e édit., in-8, 1785; - la Louange, poëme moral et sacré, tiré du Psaume CXLVIII, Nyon, in-8, 1781. Quelques-uns de ses Ser- mons,traduits en français, ont paru, en 18~5, dans le Conserva- teur chrétien. En 1836, on publia un recueil plus complet, ren- fermant les sept discours suivants: l'Homme naturel, le Réveil, la Régénération, le Refus d'allerà Christ, la Fin de l'homme, l'Aban- don des discipleset l'Endurcissement,Bruxelles, in-12; 2° édition, in-12, ·j853. LèS Œuvres de La Fléchère, réunies en 8 vol., ont été éditées par les soins deM.Benson, Londres, in-8, 1806.

André-Urbain de LA FLÉCHÈRE,parent du précédent, baptisé le 27 novembre 1758, àNyon, où il est mort le 5 septembre 1832, était fils de Louis-Frédérie de La Fléchère et de Jeanne-Susanne Roger. D'abord officier aux gardes suisses en Hollande, il était de retour dans sa patrie au début de la révolution de 1798, époque il siégea dans l'Assemblée provisoire du Léman, puis au Sénat helvétique. Sous l'Acte de médiation, il entra au Grand Conseil du canton de Vaud, 28 mars 1803; le 20 juillet, il fut appelé aux fonctions de lieutenant du Petit Conseil pour Nyon et Rolle.

Nommé conseiller d'état le 2 mai 1815, il se retira des affaires publiques le 25 mai 1825.

SOURCES: Etat civil de Nyon; - Vie de M. de La Fléchère; - Archives du christianisme, 1823, 1827, 1836; - Bulletin officiel, 1798, 1799; _ Gazette de Lausanne, 1803, 18i5, 1825.

LAGET (Guillaume), prédicateur genevois, né en septembre

(27)

24 LAH

1710,fit de fortes étudesàl'académie de Geuève et fut consacré au ministère, en 1735.Devenu pasteur d'une église de campagne, Laget se distingua par une éloquence pleine de verve, que la va- riété et la profondeur du savoir de l'orateur rendait plus attrayante encore. La ville de Genève, qui lui avait accordé sa bourgeoisie, 1736,le nomma pasteur d'une de ses églises, en 1758.Laget con- serva cette place jusqu'à sa mort, arrivée en1770.On a de lui des

Sermons sur divers sujets,

publiés en 2 vol. in- 8, 1773-1779. Il traduisit aussi et annota l'ouvrage de Hutcheson, intitulé

Of the ldeas of Beauty and Verlue,

mais le manuscrit fut perdu par ceux qui devaient le livrerà l'impression.

SOURCE:Senebier,Histoire littéraire de Genève, III.

LA HARPE

(Jean-François de),

célèbre critique, ne fut pas, comme ses biographes l'ont souvent prétendu, un enfant trouvé dans la rue de la Harpe, à Paris, dont il aurait reçu le nom. Des recherches, faites dans les registres officiels de l'Hôtel de ville, éta- hlissent d'une manière authentique qu'il était fils deJ.-F.Delharpe (Delaharpe), gentilhomme du Pays de Vaud, officier au service de France, et de Marie-Louise Devienne. Né dans la paroisse de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, le 20 novembre 1739, il fut de bonne heure orphelin et dut à la charité sa première éducation.

La protection de J'abbé Asselin lui fit obtenir une bourse au col- lége d'Harcourt, où il se distingua, entre tous les élèves, par son zèle et ses talents. Sur la fin de ses études, il eut l'imprudence de se joindreàquelques camarades pour composer, contre plusieurs membres de cet établissement, des couplets satiriques qui furent attribuésàlui seul. Chassé, pour ce fait, du collège,il fut d'abord enferméàBicêtre, puis au Fort l'Evêque où il demeura plusieurs mois. Ce fut pendant cette réclusion qu'il débuta dans la carrière des lettres par une

Epîlre

à

Zélis.

En 1759, il composa deux

Hé-

roide»,

genre de poésie alors très en vogue, et les fit précéder par un

Essai sur

l'

Héroùle.

Ces écrits, qui faisaient déjà présager un excellent critique, furent l'origine de l'implacable polémique dont Fréron poursuivit l'auteur. Encouragé par le bon accueil que le public avait fait à son premier ouvrage, La Harpe fit paraître, en 1763, une tragédie,

Warwick,

pièce bien conçue et bien écrite, qui

(28)

LAH 25 fonda sa réputation, lui assura la protection de Voltaire,auquelil en avait fait hommage, el lui valut l'honneur d'être présenté à Louis XV. Ses au tres tragédies ne furent pas à la hauteur d'un si brillant début. Après avoir fait représenter, le 1craoût 1764, Ti- moléon, pièce faible qui subit un échec, il donna Pharamond (4août1765)et Gustave Wasa(3mars1766), qui n'eurent guère de succès. La misère et le découragement l'engagèrentalors d'ac- cepter l'hospitalité de Voltaire, au château de Ferney. Parle crédit de ce protecteur, il fut nommé, à son retour à Paris, secrétaire intime de M. Boutin, intendant des finances. Cette place ne ', con- venant pas à son caractère indépendant, il la quitta pour diriger la partie littéraire du «Mercure, » dans lequel il fit paraître des articles de critique, qui lui valurent bien des rancunes. En même tempsil composaMélanie, drame faihle et défectueux sous le rap- port de l'invention, mais d'un style très pur et élégant. Quoiqueim- primée pour Ja première fois en 1770, cette pièce ne put paraître sur la scène qu'en1793, parce qu'ilyfigurait quelques personnages religieux; elle fit, jusqu'à cette époque, l'objet de nombreuseslec- tures (lans les principaux salons de Paris, où elle eut un succès immense. La Harpe travailla aussi pour les concours académiques dans lesquels il triompha presque toujours. Après avoir obtenu une mention honorable de l'Académie française pour sonode: le Philosophe des Alpes,1762,il fut couronné à l'Académiede Rouen pour une pièce de vers intitulée: la Délivrance de Salerne ou la Fondation du royaume des Deux-Siciles, 1765. L'Académie fran- çaise lui décerna dès lors des prix pour les sujets suivants: le Poële, épître en vers,1766; Sur les malheurs de la guerre et les avantages de la paix, 1767; Eloge de Charles V, 1767; Elogede Fénelon, 1771; Eloge de Racine, 1772; Ode sur la navigation, 1773; Eloge de Catinat, 1775; Conseils àun jeune poële,poésie, 1775; Dithyrambe aux mânes de Voltaire, 1779. Il mérita aussi le prix de l'Académie des Jeux floraux de Toulouse pourle discours en vers; le Portrait du sage. En l'espace de dix ans, il remporta onze prix, sans cornpter les accessits. Nommé àl'Académie fran- ç~ise,le 20 juin 1776, il fit,à son entrée dans cette compagnie, un discours sur la préférence que l'écrivain doit donnerà la société de ses confrères sur celle du monde.Marmontel, chargé de luirépon-

(29)

26

LAH

dre, en profita pour 1ui donner, sur sa violence dans la discussion et sur son excessif amour-propre, des leçons indirectes et polies, vivement applaudies par les auditeurs. Peu après la mort de Vol- taire, La Harpes'étantpermis de critiquer dans le Mercure(5juillet 1778) la tragédie la plus faible du défunt, «Zulime,»ses adver- saires saisirent cette occasion pour renouveler leurs attaques et réussirent à le faire tomber dans un tel discréditqu'il dut quitter la rédaction du Mercure. Il rentra dans la carrière dramatique par des tragédies assez médiocres: ..

Venzikoff,

1775;

lm; Borméciâes, 1778; Jeanne de J.'''aples,

1781;

les Brames,

1783;

Coriolan, 1784,

et

Virginie,

1786. Sa traduction du chef-d'œuvre de Sophocle,

Philoctète,

1783, mérita seule un plein succès. Deux petites comé- dies de sa composition,

les

~Juses

rivales,

repr. en1779,et

Molière

il

la nouvelle salle

(1782), offrent des traits de satire assez vifs et quelques tableaux assez piquants, mais manquent généralement de la légèreté et du goût de plaisanterie convenable au genre. Son opéra de la

Vengeance d'Achille,

son drame lyrique

d'Aboucalzem,

sa tragédie

Polyxène,

enfin son drame

Bomeoetâi,

n'ont jamais paru sur la scène. Cet auteur s'exerça aussi, quoique avec peu de bonheur, dans la poésie légère; excepté le petit poëme de

Tangu et Félime,

et la pièce satirique intitulée

YUmbre de Duclos,

où l'on rencontre de jolis détails, ses poésies sont dénuées de facilité et de grâce.

Le principal titre de La Harpe à la célébrité est son

Lycée

ou

Cours de littérature ancienne et moderne,

qui, de l'aveu même de ses ennemis, lui a valu, au commencement du XIXesiècle, le nom de Quintilien français. Appelé, en 1786, àdonner, au Lycée, des séances littéraires, que le public suivit jusqu'à sa mort avec un enthousiasme toujours soutenu,il réunit en cet ouvrage la matière de ses leçons ainsi que de nombreux articles écrits autrefois pour les journaux. Ce qu'on admire surtout dans le

Cours de littérature,

c'est l'érudition immense et· variée, la profondeur de l'analyse, la justesse des appréciations, la pureté du goût, enfin la souplesse et la correction du style.

Tout en reconnaissant les nombreux mérites de cet ouvrage, qui est considéré comme le meilleur traité de critique du dix-hui- tième siècle, on lui fait des reproches fondés. On n'y trouve aucune

(30)

LAH 27 proportion entre les parties, aucune liaison entre les chapitres.

La littérature ancienne y est superficielle et inexacte; celle du Dloyen âge et de la renaissance, nulle; celle des temps modernes, très inégale. Tel auteur de premier ordre y obtient à peine une place, tel autre, moins important, s'étend outre mesure. En un mot, le

Lycée

est plutôt une collection de dissertations fines, sa- vantes et claires sur les auteurs anciens et modernes qu'une his- toire littéraire complète.

La Harpe fut un des partisans les plus exagérés de la révolution en faveur de laquelleil écrivit dans le a: Mercure, »dont il diri- geait alors la partie littéraire. Son fanatisme ne le préserva pas de la prison. Jeté au Luxembourg par ordre de Robespierre dont il avait parlé avec mépris, il ne dut la vie qu'au supplice de ce ty- ran. Une détention de quelques mois modifia complétement ses opinions passées; il reconnut ses erreurs politiques et ~ourna avec ardeur ses regards vers la religion. Sorti de captivité après le 9thermidor, il se lança dans la réaction royaliste et attaqua vive- ment les actes du directoire, ce qui le fit comprendre dans la proscription du 18fructidor. La Harpe ne quitta pas la France; il réussità se cacher à Corbeil, d'où il revint à Paris après le 18 brumaire. C~fut en1801qu'il publia sa

Correspondance liuéraire

avec le grand-duc de Russie (Paul 1er) ,espèce de journal dans le- quel il traite avec 'tant de rigueur les écrivains de son temps, qu'il entoura les dernières années de sa vie d'implacables animo- sités. Exilé, par Bonaparte, à vingt-cinq lieues de Paris, pour quelques écrits et discours dirigés contre le parti philosophique, il obtint bientôt la permission de rentrer dans cette ville. Il y mou- rut le 22 pluviôse, an XI.(11février1803.)La Harpe avait épousé, le 22 novembre1764, la fille' d'un limonadier, Marie-Marthe Mon- mayeux, dont il eut deux enfants qui ne vécurent pas. Il s'en sé- para pour incompatibilité d'humeur, le 1i novembre 1794, et se remaria, le 9 août1797,avecMllede Hatte-Longuerue, qui demanda aussitôt son divorce.

Cet auteur a donné lui-même un choix de ses

OEuvres ,

Paris

,

6 vol. in-S,1778,et M.Petitot a édité après sa mort ses

OEuvre$

choisies et posthumes,

Paris, 4 vol. in-S, 1806, mais ces deux re- cueils sont loin de contenir tous les écrits de La Harpe. Une col-

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