HAL Id: tel-02605190
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Submitted on 16 May 2020
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expérimentation et modélisation
B. Camenen
To cite this version:
B. Camenen. Dynamique sédimentaire des cours d’eau : expérimentation et modélisation. Sciences de
l’environnement. HDR Spécialité : Mécanique, Université Claude Bernard Lyon I, 2015. �tel-02605190�
N d'ordre:??
Université Claude Bernard Lyon 1
Mémoire présenté pour obtenir
l'Habilitation à Diriger des Re her hes
Spé ialité : Mé anique
Soutenu publiquementle 8avril2015 par
Benoît Camenen
Dynamique sédimentaire des ours
d'eau :
expérimentation et modélisation
Préparé à l'Unité de Re her he Hydrologie-Hydraulique, Irstea-Lyon
Jury omposé de :
Monsieur Barthelemy, Eri Professeur des universités Rapporteur
Madame Biron, Pas ale Professeur des universités Rapporteuse
Monsieur Mosselman, Erik Cher heur senior Rapporteur
Monsieur Belleudy, Philippe Professeur des universités Examinateur
Monsieur Crave,Alain Chargé de re her he Examinateur
Monsieur Lajeunesse, Eri Maître de onféren e Examinateur
Monsieur Piégay,Hervé Professeur des universités Examinateur
Résumé
Cedo umentprésentemesprin ipalesre her hesee tuéesdepuismonarrivée àIrstea
(an iennement Cemagref). Il se dé ompose en deux parties. Dans la première partie, je
présente mes travaux sur le transport sédimentaire dans les ours d'eau allant de l'étude
delarugositédefondàlaformulation du harriageetdelasuspensiongraduéeenpassant
par l'étude de la vitesse de la hute et des é hanges ave le fond pour la suspension de
lessivage.La se onde partie dudo ument estplus fo alisée surles évolutions du fond des
oursd'eauave mesapportssurlesestimationsdebilanssédimentairesetlamodélisation
unidimensionnelle, ainsi qu'une étude expérimentale sur la dynamique d'un système de
ban sde galets.
Ces travauxonten grandepartieétéréaliséspar l'intermédiaired'en adrements
d'étu-diantsen do torat en parti ulier surlamodélisation 1Dde l'évolution morphodynamique
des ours d'eau : thèse d'Audrey Latapie (2011) sur la Loire Moyenne, thèse de Claire
Béraud(2012) surleVieux-Rhin,etlamodélisation1Dde ladynamiquede lasuspension
delessivage:thèsedeGermainAntoine(2013)etdeLu ieGuertault(2012-2015).Ma
par-ti ipation à la mesure insitu s'est faîte prin ipalement sur le site de l'Ar en Maurienne
ave les thèsesde Germain Antoine (2013) pour l'étude des hasses de barrages de l'Ar
et de Mohamed Jaballah (2013) pour l'étude d'un système de ban s de galets alternés.
Enn,je ommen e àm'investirdansl'étudedelaboratoireave lathèsed'Émeline Perret
(2014-2016).
Unedesgrandesri hessesdel'unitéHydrologie-Hydrauliquedontjefaispartieest ette
dynamiquede re her hesurtroisniveaux:terrain, laboratoireetmodélisationnumérique.
Mes travaux se situent à la roisée de es appro hes en partant du terrain pour
appré-henderles phénomènes àgrande é helle,mettre en exergueles pro essus lés,en utilisant
l'expérimentation de laboratoire pour étudier plusen détails es pro essuspour enn
ali-menter les odesde al ulnumérique en proposant desmodèles permettant de reproduire
lespro essus étudiésàdiérentesé helles.
Mots- lés : transport sédimentaire; harriage; suspension;morphodynamique;
mo-delisation.
Abstra t
Ipresentinthismanus riptthemainresear hIa omplishedsin emyarrivalatIrstea
(formerlyCemagref).Thepresentation istwo-fold.Intherst part,Ipresent myworkon
sediment transport inrivers, from the study of hydrauli roughness to theformulation of
bedload andgraded suspension but alsothe study ofsettling velo ityand ex hanges with
thebedin aseofwashload.These ondpartofthe do umentismorefo usedonriverbed
evolutionwithmy ontributions on sediment budgetestimation and 1Dmodellingaswell
asanexperimental studyon thedynami s ofalternate gravel bar systems.
the Middle Loire River, PhD thesis of Claire Béraud (2012) on the Old Rhine, and for
the1Dmodellingofthene sedimentsdynami s :PhD ThesisofGermain Antoine(2013)
and Lu ie Guertault (2012-2015). My parti ipation in in situ measurements was mainly
a hieved on the Ar River with PhD thesis of Germain Antoine (2013) for the study of
damushesandMohamedJaballah(2013)forthe studyofanalternategravelbarsystem.
Finally,Ibeganto getinvolvedinlaboratorystudywiththePhD thesisofÉmelinePerret
(2014-2016).
Ibelongtothe Hydrology-Hydrauli unitthathasthespe i ityto proposearesear h
atthreelevels:eldmeasurements,laboratorystudyandnumeri almodelling.Myworkis
at theinterse tionof theseapproa hes startingfromeld measuremnts tounderstand the
large-s ale phenomena,highlighting mainkeypro esses,andusinglaboratoryexperiments
to study these pro esses in details to nally provide new models for numeri al sofwares,
whi h eventually anbe usedto reprodu e these pro essesat dierent s ales.
Key words : sediment transport; bedload; suspended load; morphodynami s;
Table des Matières iii
Notations vii
1 Introdu tion 1
1.1 Qu'est- equele transport sédimentaire en rivière . . . 1
1.2 Intérêtsde l'étudedu transportsédimentaire . . . 3
1.3 Mapla e danslathématiquedu transport sédimentaire . . . 5
1.4 Organisationdu mémoire . . . 7
2 Transport sédimentaire 9 2.1 Contraintede isaillement au fond . . . 9
2.1.1 Dénition . . . 9
2.1.2 Contrainte de isaillement au fondetprol verti al desvitesses . . . 9
2.1.3 Contrainte de isaillement au fondet oe ient de frottement . . . . 11
2.1.4 Intera tion é oulement ettransportsédimentaire . . . 12
2.1.5 Intera tion é oulement etformesdu lit . . . 12
2.1.6 Calagehydrauliqued'unmodèle 1D . . . 14
2.2 Contraintede isaillement ritique . . . 15
2.2.1 Diagrammede Shieldseteet dela pente . . . 15
2.2.2 Mélangede sédiments de diérentegranulométrie . . . 16
2.3 Formulation du harriage . . . 17
2.3.1 Impa tdu paramètre deShields ritique . . . 17
2.3.2 Granulométrie étendue . . . 18
2.3.3 Représentation d'unedynamiquealéatoire . . . 18
2.4 Paramètres gouvernant lasuspension . . . 19
2.4.1 Vitessede hute desparti ules . . . 20
2.4.2 Diusionverti ale . . . 22
2.4.3 Condition limiteaufond . . . 23
2.5 Suspensiongraduée de sables . . . 24
2.5.1 Quelle on entrationau fond? . . . 24
2.5.2 Formulation àl'équilibre . . . 25
2.6 Suspension de lessivageou suspension homogène . . . 27
2.6.1 Existe-t-il une dénitionde lasuspension de lessivage?. . . 27
2.6.2 Modélisation1Dde ladynamiquede lasuspension de lessivage . . . 27
2.6.3 Non-uniformité latérale de la on entration . . . 28
2.6.4 Non-uniformité verti ale de la on entration . . . 30
2.6.5 Intérêt d'unréseaude mesure . . . 30
2.6.6 Chasses de l'Ar . . . 31
2.6.7 Dynamique desdéptsde nessurunban de galets . . . 33
2.7 Perspe tives dere her he entransportsédimentaire . . . 34
3 Évolution des fonds et morphodynamique 37 3.1 Du bilan sédimentaire au modèlenumérique 1D . . . 37
3.1.1 Estimation desuxlo auxmoyens . . . 37
3.1.2 Dé oupage en tronçons homogènes . . . 38
3.1.3 Quel bilan sédimentaire? . . . 40
3.2 Une représentation physique del'évolution desfonds? . . . 41
3.2.1 Distan e de hargement eteet de pente . . . 42
3.2.2 Répartition desdéptsetérosions dansun modèleuni-dimensionnel 44 3.2.3 Simpli ation de lagéométrie . . . 45
3.3 Évolutiondes ara téristiquessédimentaires . . . 47
3.3.1 Cou he a tive . . . 47
3.3.2 Une représentation simpliée ou multi-modale? . . . 48
3.3.3 Anement longitudinal . . . 51
3.3.4 Formation d'une ou he armurée . . . 52
3.3.5 Couplage despro essusliésauxnesetaux grossiers . . . 54
3.4 Morphodynamiqued'unsystème deban salternés . . . 54
3.4.1 Genèse etdevenir d'unsystèmedeban s alternéssur l'Ar . . . 54
3.4.2 Un suivisur unedé ennie du ban degalet MJ . . . 57
3.5 Perspe tives dere her he enmorphodynamique . . . 60
4 Con lusionet perspe tives de re her he 63 4.1 Expérimentation deterrain . . . 63 4.2 Expérimentation delaboratoire . . . 64 4.3 Modélisation . . . 65 Bibliographie 67 Annexes 84 A Curi ulum Vitae 85 A.1 Information administrative . . . 85
A.4 Résumédes a tivitésaprès lathèse . . . 88
A.5 En adrement de travaux dere her he. . . 91
A.6 Prin ipalesa tivités d'enseignement . . . 94
A.7 A tivités éditoriales,administratives . . . 96
Le tableau suivant liste l'ensemble des variables utilisées dans e manus rit et leur
dimension asso iée.Le système international donne une longueur L en m, un temps Ten
s etunemasse Men kg.
Symbole Signi ation Dimension
a
p
,b
p
,c
p
Longueurdes3 axes de laellipsoïdedé rivant uneparti ule [L℄B
Largeurde larivière [L℄B
a
Largeura tive [L℄c
Con entration volumique en sédiment [-℄c
max
Con entration volumique en sédiment maximale (c
max
≈ 0.65
) [-℄csf
Coe ient de Corey(1949)csf = c
p
/
p
a
p
b
p
[-℄C
Con entration massiqueen sédimentC = ρ
s
c
[M/L
3
℄C
eq
Con entration à l'équilibre [M/L
3
℄C
0
Con entration de référen e [M/L
3
℄C
d
Coe ient de traînée [-℄C
f
Coe ient de frottement [-℄Ch
Coe ient de frottement de Chézy [L
1/2
/T
℄d
Diamètredusédiment [L℄d
i
Diamètrepour i% de passant en masse [L℄d
m
Diamètremoyen d'unepopulationde sédiments [L℄d
50
Diamètremédian d'unepopulationde sédiments [L℄d
∗
Diamètresédimentologiqued
∗
= [g(s − 1)/ν
2
]
1/3
d
[-℄
D
Taux(ou ux) dedépt [M/(L T)
℄F r
Nombre de Froude(F r = ¯
u/
√
gh
) [-℄e
AL
Coe ient pour l'épaisseurde la ou he a tive [-℄F
s
Tauxde parti ule nes [-℄g
A élérationdela gravité [L/T
2
℄h
Profondeurd'eau lo ale [L℄H
Profondeurd'eau moyenne surune se tion [L℄H
b
Hauteur d'unban [L℄H
d
Hauteur d'unedune [L℄H
r
Hauteur d'uneride [L℄Symbole Signi ation Dimension
J
Pente d'énergied'une rivière [L/L℄K
s
Coe ient deManning-Stri kler [L
1/3
/T
℄l
Distan e normaleà laparoi [L℄L
b
Longueur d'unban [L℄L
a
Longueur de hargement [L℄L
ad
Longueur de hargement pour lediamètre [L℄L
aσ
Longueur de hargement pour l'étenduegranulométrique [L℄L
d
Longueur d'unedune [L℄L
eq
Longueur d'équilibre d'untronçon [L℄L
r
Longueur d'uneride [L℄M
Constante delaloi de Partheniades (1965) [L/T℄M
d
Constante delaloi de dépt [-℄M
τ
Coe ient pour lerépartition desdépts [-℄P
Taux (ou ux)d'érosion [M/(L T)
℄P
Rouse
Nombre deRouse (P
Rouse
= W
s
/(κu
∗
)
) [-℄q
lat
Apportliquide latéral [L
3
/T
℄q
s,lat
Apportsolidelatéral [M/(L T)
℄q
s
Débit solide parunité de largeur [M/(L T)
℄q
sb
Débit solide par harriage parunité de largeur [M/(L T)
℄q
ss
Débit solide ensuspensionpar unité de largeur [M/(L T)
℄q
∗
s
Capa ité de transportpar unitéde largeur [M/(L T)
℄Q
Débit liquide [L
3
/T
℄Q
cr
Débitliquide ritiquepourlamiseenmouvementdessédiments [L
3
/T
℄Q
ef f
Débit liquide e a e pour letransport solide [L
3
/T
℄Q
s
Débit solide massique [M/T
℄Q
s∗
Capa ité de transportsédimentaire [M/T
℄Q
sa
Débit solide massiquemoyen annuel [M/T
℄Q
sb
Débit solide massiquepar harriage [M/T
℄Q
ss
Débit solide massiqueen suspension [M/T
℄R
h
Rayon hydraulique [L℄R
H
Rayon hydraulique global surunese tion [L℄ℜ
Nombre deReynolds (ℜ = ¯
uh/ν
) [-℄ℜ
∗
Nombre deReynolds parti ulaire (ℜ
∗
= W
s
d/ν
) [-℄s
Densité dusédiment (s = ρ
s
/ρ
) [M/L
3
℄S
b
Aire de lase tionsolide [L
2
℄S
w
Aire de lase tionliquide (surfa emouillée) [L
2
℄t
Temps [T℄T
a
Temps d'adaptation pourla formationd'uneforme de fond [T℄u, v, w
Vitesseslo alesselon les axesx, y, z
[L/T
℄Symbole Signi ation Dimension
¯
u, ¯
v
Vitessesmoyennées surlahauteur d'eauselon les axesx, y
[L/T
℄U
Vitesse moyenne surlase tionde l'é oulement [L/T
℄W
Largeurau miroir d'unerivière [L℄W
s
Vitesse de hute desparti ules [L/T℄x, y, z
Coordonnées spatiales [L℄X
τ
Coe ient pour lerépartitiondesdépts [-℄z
c
Profondeurde dé olmatage d'unlit de gravier(z
c
< 0
) [L℄z
w
Niveaude lasurfa e libre [L℄α
Han
,α
Wu
Constantes homogènesà unedistan e pour les formulations deladistan ede hargement (Han,1980;Wu,2008)
[L℄
α
d
Coe ient de dé roissan e sédimentaire selon la loi deStern-berg(1875)
[-℄
α
σ
Coe ientdeségrégationsédimentaireselonlaloideSternberg(1875)
[-℄
β
Coe ient pour l'eetde pente [-℄β
V
Coe ient ara térisant laformedeshydrogrammes [-℄δ
l
Épaisseurde la ou he laminaire [L℄δ
AL
Épaisseurde la ou he a tive [L℄∆
t
pasdetemps [T℄ǫ
v
Diusionturbulente verti ale dessédiments [L
2
/T
℄κ
Constante de von Karman(κ = 0.41
) [-℄λ
b
Longueurd'onde desban salternés [L℄Λ
Ratiolargeurde rivièresur profondeurmoyenne (Λ = B/H
) [-℄ν
Vis osité inématique de l'eau [L
2
/T
℄ω
Puissan espé ique [M/T
3
℄ω
cr
Puissan e spé ique ritique de mise en mouvement dessédi-ments
[
M/T
3
℄ϕ
Anglede stabilitédes sédiments [-℄φ
Con entration volumique deso s [-℄φ
max
Con entration volumique deso smaximale (φ
max
≈ 0.8
) [-℄ρ
Massevolumique del'eau [M/L
3
℄ρ
s
Massevolumique dusédiment [M/L
3
℄σ
Étenduegranulométriqueσ =
p
d
84
/d
16
[L℄σ
t
Nombre de S hmidt [-℄σ
E
,σ
P
,σ
B
Constantesliées aunombre de S hmidt (prolesexponentieletselon desloispuissan e)
[-℄
τ
Contraintede isaillement [M/(L T
2
)
℄τ
b
Contraintede isaillement au fond [M/(L T
2
)
℄τ
cr
Contrainte de isaillement ritique de mise en mouvement des [M/(L T
2
)
℄Symbole Signi ation Dimension
θ
ParamètredeShieldsou ontrainte de isaillement aufondadi-mensionnée
θ = τ
b
/[(ρ
s
− ρ)gd]
[-℄
θ
cr
Paramètre de Shields ritique de miseen mouvement dessédi-ments
[-℄
θ
cr,sf
Paramètre deShields ritiqueoù lesformesdu lit sont ea ées(régime de sheetow)
Introdu tion
1.1 Qu'est- e que le transport sédimentaire en rivière
Lelitdes oursd'eaunaturelsest onstituédesédimentsdetaillepouvantvarierdublo
(diamètre supérieurà 10 m) auxargiles (diamètre inférieurà5
µ
m).Lesfor es tra tri esexer éespar l'é oulement peuvent transporter ertaines de esparti ulessurdesdistan es
très variables etainsifaçonner lelit de la rivière. Il existe ainsiun ertainéquilibre entre
la taille moyenne des sédiments onstituant le lit de la rivière, la pente du lit, le débit
liquide et le débit solide (Lane, 1955). De e fait, les rivières alpines sont prin ipalement
onstituéesdegalets,lesrivièresdepiedmontdegraviers,etlesrivièresdeplaine,desables.
Ladénitiondutransportsédimentaire(oudébitsolide)n'estpassisimple arilexiste
plusieurs modesde transport ave desphénomènes physiques en jeu diérents etdont les
limitesne peuvent être lairement dénies.
Le harriage orrespondautransportsédimentaireoùlesparti ulessonten onta t
dire t ave le fond du lit; on y in lut généralement le roulement et le glissement
de parti ules ainsi que la saltation qui orrespond à de petits sauts. Le transport
se fait don sur le fond du lit ave des vitesses de transport très faibles mais ave
des on entrations pouvant êtretrès élevées. On asso ie généralement à e modede
transportles parti ulesles plusgrossières (galets, graviers etsables).
La suspension graduée (ou de fond) désigne l'ensemble des sédiments se
dépla-çant sur la olonne d'eau en équilibre dire t ave l'hydrodynamique lo ale tout en
onservant un onta t ave le fond;on yin lutles parti ulesfaisant des sauts
pou-vantêtretrèslongs armaintenuespar laturbulen edel'é oulement(Malavoietal.,
2011; Rodrigues et al., 2013). Ce mode de transport implique des on entrations
généralement beau oup plus faibles que pour le harriage et diminuant rapidement
en s'éloignant du fond mais desvitesses de parti uless'appro hant de la vitesse du
ourant. On asso ie généralement les sables à e mode de transport. Tout omme
pour le harriage, ilestpossible d'établirdesrelations d'équilibreentreleuxsolide
etdes onditions hydro-sédimentaires données ( ara téristiques du lit d'unerivière,
ontraintes hydrodynamiques).
façon homogène surla olonne d'eau. Les for es de gravité s'exerçant sur es
parti- ulessontbieninférieuresauxfor esdediusionturbulente;lesparti ulesn'ontainsi
quasimentau un onta tave lefonddelarivière.Il estimpossibled'établir une
re-lationd'équilibre entre leuxsolideetles onditions hydro-sédimentaires lo ales de
larivière; e modedetransportestdire tement liéauxapportsamont provenant du
urageduréseau-hydrographique,dulessivageplusoumoinse a edesversantslors
d'unévénementpluvieux oud'unapportbrutalliéàdesphénomènesnaturels(laves
torrentielles, glissement de terrain, et .) ou arti iels (man÷uvre d'ouvrage, hasse
de barrage,et .). Ce modede transportest lassiquement asso iéaux parti ulesles
plus nes(argiles etlimons).
Cha un de es trois modes de transport induit des outils mais surtout des stratégies de
mesurebien distin tessurle terrain(Camenen,2014).Sil'onveut estimer leuxsolideà
traversune se tiond'une rivière,lastratégie évolueave lemode de transport étudié:
Pour le harriage, les ux solides étant très sensibles aux ontraintes
hydrodyna-miques lo ales, il est né essaire de réaliser une des ription sur lase tion en travers
(Camenen et al., 2011). Et pour bien omprendre la dynamiqued'unerivière à une
se tion donnée, il faut pouvoir asso ier le transport harrié au fond de la rivière à
undébitetdon réer une ourbe detaragesédimentaire.Ce iinduitde réaliserdes
mesures àdiérents débits,en parti ulier àdesdébits de rue.
Pour une suspension graduée, une des ription spatiale surlaverti ale doitêtre
réa-lisée en plus ar les on entrations peuvent y varier très fortement (Edwards et
Glysson,1999;Camenenet al.,2014).La onnaissan e delataille desparti ulesest
aussifondamentale arlasuspension graduéeest toutparti ulièrement sensible à e
paramètre, ontrairement au harriage (Camenen etLarroudé,2003).
Pourunesuspensiondelessivage,unemesurepon tuelleest enséeêtrereprésentative
delase tionde mesure.A ontrario, ilestné essaired'avoirune des ription
tempo-rellesusamment ne arunerelationentrela on entration enMESetledébitest
généralement très di ile,sinon impossible à établir(Camenenet al.,2013a).
Le termeMatièreen Suspension(MES)devrait pardénition orrespondreauxdeux
der-niers modes de transport. Cependant, e terme est aujourd'hui ouramment asso ié à la
suspensiondelessivage.Danslasuitede edo ument,j'éviteraidon l'utilisationduterme
MES and'éliminer toute onfusion ave la suspension delessivage.
Même si ela peut varier d'une rivière à l'autre, en parti ulier pour les rivières de
montagneettorrentsoùle harriagepeutêtreimportant,lesuxsolidesliésàlasuspension
delessivagesontgénéralementbiensupérieursauxuxdesuspensiongraduéequisont
eux-mêmes biensupérieurs auxux harriés. Cettediéren e s'est parti ulièrement a rue au
1.2 Intérêts de l'étude du transport sédimentaire et de la
morphodynamique des ours d'eau
L'étude du transport sédimentaire et de la dynamique des fonds des ours d'eau est
essentiellepour deuxprin ipaux enjeux.
Le premier enjeu est essentiellement é onomique à travers une rédu tion des risques
induits par la dynamique sédimentaire (érosions ou dépts). Les volets on ernés sont
multiples :
Lerisqued'inondation reste lerisquenaturel leplus important en Fran e. Plusde 2
millionsdepersonnessontexposées aurisqued'inondation etenviron80%des oûts
liésaux aléas naturels proviennent des inondations (donnée de http://www.prim.net
du MEEDDAT). L'évolution d'un tronçon de ours d'eau peut fortement aggraver
erisque sielle induit un exhaussement desniveaux en rue. Ce iest vraipour une
rivière ave une dynamique sédimentaire élevée (risque d'engravement lo al
rédui-sant dire tement lase tion e a e) oufaible (risque de végétalisation diminuant la
apa itéd'é oulement).
La stabilitédes berges etdes ouvragesest aussiun point important.La rupture du
pont Wilson à Tours en 1978 est un exemple qui a marquéles esprits et ainitié les
réexionspour laloi surl'interdi tion desextra tions danslelit mineur.
La problématique de navigation sepose depuis longtemps sur ertaines grandes
ri-vières.Denombreux ouvragesont ainsiété onstruits,en parti ulierau19
`eme
siè le( henalisation, réationd'épis,et .) ayant généralement eupour onséquen eà long
terme uneforte érosiondulit limitant lanavigation...
En lien ave les points pré édents, tout ouvrage réalisé dans une rivière ou toute
modi ation de son lit risque d'impa ter l'équilibre ou pseudo-équilibre
morphody-namique de la rivière. C'est don un enjeu important pour les bureaux d'étude de
pouvoir mieuxappréhender es impa ts.
Ennle niveau de lanappe peut êtretrès fortement ae tépar unenfon ement du
lit d'un ours d'eau, s'ensuit la problématique du soutien d'étiage. Ce phénomène
d'enfon ement du lit est pourtant très ourant en Fran e au 20
`eme
siè le,prin ipa-lement du faitde la onstru tion d'ouvrages hydro-éle triques, desextra tions etde
la henalisation des ours d'eau.
Le se ond enjeu qui a pris de l'importan e es dernières années est environnemental.
LaDire tiveCadre surl'Eau(DCE)axéedesobje tifsetdesméthodespouratteindrele
bonétaté ologiqueave ependantunevisionsouventtropstatiquedel'hydromorphologie
(habitaté ologiqueàun moment donné). Ainsi,si l'onveut pouvoirrépondreaujourd'hui
à la ir ulaire du 18 janvier 2013 relative au lassement de ours d'eau en vue de leur
préservation ou de la restauration de la ontinuité é ologique (Arti le L.214-17 du ode
del'environnement), ilsemblefondamental depouvoirquantier letransportsédimentaire
dans les ours d'eau de Fran e, ne serait- e que pour établir une dénition du transfert
(à dire d'expert) en appliquant des lois de transport sédimentaire à partir d'hypothèses
très fortes eten absen e de données pour validerles résultats(données de transport
sédi-mentaire mais aussi de taille des sédiments en pla e et des sédiments transportés). Ce i
impliquedesin ertitudesdeplusieursordresdegrandeurs surlesestimations dutransport
sédimentaire.A ela serajoutent les in ertitudes liéesaux apports solides,à lavariabilité
delagranulométriesurun oursd'eauetaupotentielarmurage, voirepavage dela ou he
de fondmodiant la ontrainte ritiquedemiseenmouvementdessédiments. L'armurage
est la onséquen e d'untransportsédimentaire partiel du fait d'unepuissan e trop faible
de l'é oulement pour transporter les parti ules les plus grossières du lit. Il aboutit à une
diéren e de omposition granulométrique entre la ou he de surfa e du lit et la ou he
sous-ja entequi peut être annulée à la moindre rue. Si l'armurage est à peu près onnu
(Chin et al.,1994), le pavage reste un phénomène omplexe de stabilisation et
a roisse-ment de la granulométrie à long termede la ou he de surfa e du lit suite à une in ision
de e dernier du faitd'une quasi-absen e d'apport sédimentaire maisaussi d'une relative
rédu tion de la puissan e de l'é oulement (Bray et Chur h, 1980; Malavoi et al., 2011).
Dans le asd'un phénomène de pavage, la ontrainte ritique de mise en mouvement des
sédimentspeutêtretellequeseuleune rued'o urren erarepeutinduireunedynamique
sédimentaire.Sil'on ometles asex eptionnels d'une ou hepavée olmatée(voire
imen-tée),seulesdesmesuresin-situdutransportsédimentairepeuventpermettrede onrmerla
présen ed'unpavagepluttqu'unsimplearmurage,etdon demieuxestimerla ontrainte
ritiquedemiseen mouvementdessédimentssurletronçon étudié.Quellequesoitla
mé-thode,lamesure dela hargede fond insitu demeure di ile, souvent oûteuse entemps
etenargent.Ilfaut ependantrelativiser es oûtsparrapportaux oûtsdesrestaurations
de digues,reprolages de rivières,essartements de ban svégétalisés,dragages et .
L'utilisation d'un modèle numérique peut réduire les oûts pour une étude. Mais la
validité des résultatsissus d'une modélisation est fortement dépendantede laqualité des
données d'entrée, desdonnées de alage hydro-sédimentaire, y ompris don de transport
sédimentaire ( harriage, suspension graduée etsuspension de lessivage)etd'évolutiondes
fonds. Le re ours à desmodèles semble indispensable pour la ompréhension de systèmes
omplexes. Maisilfautbienavoirentêtequelamodélisationdesfonds umuleles
in erti-tudes liéesà l'estimation desuxave elles liéesà lamorphodynamique (des riptiondes
fonds limitée, é hanges ave le lit, tri granulométrique, hangement d'é helle, et .). Les
modèles numériques sont de plus généralement sensibles à de nombreux paramètres qui
dé rivent des phénomènes physiques que nous ne maîtrisons pas totalement, et qui sont
parfois xés arbitrairement, le alage du modèle pouvant se faire à partir d'autres
para-mètres. Cela implique des in ertitudes d'autant plus fortes que es modèles sont souvent
utilisés pour de laprédi tion en dehorsde leurdomaine devalidation.
Une meilleure ompréhension des pro essus sédimentaires et de la dynamique
sédi-mentaire des ours d'eau est don fondamentale pour améliorer les outils utilisés par les
d'optimi-1.3 Ma pla e dans la thématique du transport sédimentaire
La thématique du transport sédimentaire en rivière est depuis longtemps étudiée,
es-sentiellement pardeux ommunautés:
la ommunauté des géomorphologues qui se base prin ipalement sur des études de
terrainet desmodèles réduits en laboratoire et se fo alise souvent sur une
ompré-hension large é helle (temporelle et spatiale) in luant tous les phénomènes en jeu
(notamment géographiques, géologiques, limatiques ethumain), et e i par
l'inter-médiaire demodèles on eptuels voire statistiques;
la ommunauté des hydrauli iens qui se base prin ipalement sur des études
analy-tiques, numériques ou d'expérimentation de laboratoire ave généralement une
vo-lonté de ompréhension des pro essus à petite é helle à partir de modèles à base
physique (mé anistes,déterministes).
Il est bienévident quelalimite entre es deux ommunautés n'est pasaussigée et
ari- aturale et que de nombreux é hanges existent. Cependant, il faut avouer qu'il n'est pas
toujours très simple de ommuniquer du fait des expérien es et des formations pouvant
être très diérentes (numéri ien versus géologue). Mêmesi je suis issu de la ommunauté
des hydrauli iens, j'espère réer une synergie entre es deux ommunautés. Ainsi, mes
obje tifs de re her he dé oulent d'une volonté de ompréhension despro essus physiques
régissant letransport sédimentaire etl'évolution des fonds. Ilsrésultent de la maxime de
Lavoisier : rien ne se perd, tout se transforme qui énon e la loi de onservation de la
matière.Entransportsédimentaire, ettedernièrepeuts'é riregénéralement souslaforme
del'équation dite d'Exner (1925).Enunidimensionnel, ette dernières'é rit :
(1 − p)
∂S
∂t
b
=
∂Q
s
∂x
+ q
s,lat
(1.1)=
∂Q
sb
∂x
+ P − D + q
s,lat
(1.2)où
p
estlaporosité dulit,S
b
l'aire de lase tion dulit,Q
s
leux solidetotal,Q
sb
leuxsolide par harriage (et éventuellement suspension graduée),
Q
sb
le transport solide parharriage (et éventuellement suspension graduée),
P − D
les taux d'érosion et de dépt( orrespondant respe tivement à un ux solide en suspension as endant ou des endant),
et
q
s,lat
l'apport solide latéral. Dans l'Eq. 1.2, le terme∂Q
sb
/∂x
orrespond don à laomposante du harriage de l'évolution des fondsalors quele terme
P − D
orrespond àla omposante de la suspension. Il est don important de noter que l'évolution des fonds
dépenddu gradient detransportsédimentaire etnonde sonintensité.
Letransportsédimentairepar harriage(etsuspensiondefond)estgénéralementestimé
à partir de formules semi-empiriques de la apa ité de transport sédimentaire
Q
s∗
parharriage(et/oudesuspension defond) obtenuespour des onditionshydro-sédimentaires
à l'équilibre. Ces dernières sont fon tion de l'é oulement (hauteur d'eau
H
, vitesse duourant
U
, ontrainte de isaillement au fondτ
) et dessédiments disponibles au fond delarivière(diamètre dessédiments
d
). Lesparamètres hydrauliques sont ouramment tirésCependant, les onditions d'équilibre pour le transport sédimentaire ne peuvent être
atteintes immédiatement en asdevariationd'unou plusieursde esparamètres.Il existe
un dé alage spatio-temporel. Daubert et Lebreton (1967) ont proposé le modèle suivant
pour introduire ephénomène de déséquilibrespatial :
∂Q
s
∂x
=
Q
s∗
− Q
s
L
a
(1.3)
où
L
a
estlalongueurde hargement.L
a
varieaprioridequelquesmètrespourle harriageà plusieurs entainesdemètrespourune suspensionsableuse(ArmaninietdiSilvio,1988;
Phillips etSutherland,1989).
Con ernant la suspension, si l'on se pose sur un point de la olonne d'eau, il peut
exister un équilibre entre la vitesse de hute et le forçage hydro-dynamique. En régime
permanentetennégligeant lephénomèned'adve tionverti ale,ladistributionverti alede
la on entrationensédimentsdépenduniquement delavitessede hutedessédiments
W
s
etde ladiusion turbulenteverti ale desparti ules
ǫ
v
(vanRijn,1984a) :c(z) = c
a
exp
−
Z
z
z
a
W
s
ǫ
v
dz
(1.4)où
c
a
estla on entrationderéféren eàz = z
a
.Ensupposantladiusionverti alepropor-tionnelleàlavitessedefrottementaufond
u
∗
=
p
τ /ρ
(aveτ
la ontraintede isaillementau fond et
ρ
lamasse volumique de l'eau), l'importan e de la suspension peut alors êtreappréhendée dire tement à l'aidedu nombrede Rouse(1937) :
P
Rouse
=
W
s
κu
∗
(1.5)
ave
κ = 0.41
la onstan e de von Karman. Ainsi, on parle d'une suspension négligeablepour
P
Rouse
> 2.5
,d'unesuspensiongraduéepour0.8 < P
Rouse
≤ 2.5
,etd'unesuspensionhomogène pour
P
Rouse
≤ 0.8
(van Rijn,1993).Il est ainsi théoriquement possible d'estimer la apa ité de transport sédimentaire en
suspension surunese tion d'é oulement :
Q
ss∗
= ρ
s
Z
B
0
Z
h
z
a
c(z)u(z)dzdy
(1.6)ave
ρ
s
la masse volumique des sédiments,B
la largeur de la rivière, etu
la vitessese-lon l'axe prin ipal de l'é oulement de la rivière. Dans le as d'une suspension homogène
(suspension delessivage), l'équation 1.6sesimplietelleque :
Q
ss
= QC
(1.7)où
C
est la on entrationmassique supposéei i supposéei i homogène surlase tion.Le transport sédimentaire en suspension peut aussi être modélisé par l'équation de
onve tion-dispersion. En unidimensionnel, elle s'é rit :
∂(S
w
C)
∂t
+
∂(S
w
U C)
∂x
−
∂
∂x
S
w
K
D
∂C
∂x
= P − D + q
ss,lat
(1.8)dans laquelle
S
w
est l'aire de la se tion mouillée (ou liquide),U
la vitesse moyenne del'é oulement,
K
D
le oe ient de dispersion dessédiments dansladire tionx
(longitudi-nale),et
q
ss,lat
l'apportsolidelatéral (suspension).Depuis mon do torat, mes eorts de re her he ne sesont pas portés surla résolution
numérique de toutes es équations mais sur l'estimation physique des paramètres
fonda-mentaux régissant es équations etl'impa t que ela peutavoir surl'évolution desfonds.
Pour le harriage, ils orrespondent ainsi à la mise en pla e de modèles pour la apa ité
de transport
Q
sb∗
mais aussi pour la longueur de hargementL
a
. Pour la suspension, ilsorrespondentde lamêmemanièreaudéveloppement de modèlespourestimer la apa ité
de transport
Q
ss∗
(soit des modèles pour la vitesse de hute des sédimentsW
s
, ladiu-sion turbulente verti ale des parti ules
ǫ
v
et la on entration de référen ec
a
) mais aussile oe ientdedispersionlongitudinal
K
D
.Celainduitun travailexpérimentalde terrainmaisaussidelaboratoire ande mieuxappréhender esdiérents phénomènes.Il s'ensuit
defaçon évidente uneimportanteétudebibliographique pour ompléter largement labase
de données utile à toute étude de paramètre. Depuismon arrivée à Irstea (an iennement
Cemagref), je me suis de plus investi dans la mesure in situ du transport solide et des
évolutions des fonds mepermettant ainsi d'avoir un regard plus ritique des apa ités et
limitesdesmodèlesnumériques.
1.4 Organisation du mémoire
Le mémoire seprésente en deux hapitres:
Lepremier synthétisemes travauxsur la ompréhensiondu transportsédimentaire,
in luant les problématiquesde frottement au fond, estimationdu harriage etde la
suspension;
Lese ond hapitreportesurlamorphodynamiquedesrivières,delamesuredeterrain
Transport sédimentaire
2.1 Contrainte de isaillement au fond
2.1.1 Dénition
La ontrainte de isaillement au fond
τ
b
est est un terme fondamental quant àl'es-timation du transport sédimentaire. Elle est en eet asso iée au harriage par la for e
exer ée surles parti ules au fond, età la suspension par lelien dire tentre la ontrainte
de isaillement etlesu tuations turbulentes. Elle s'é rit :
τ
b
= ρu
∗
2
= ρgR
h
J
(2.1)où
u
∗
estlavitessedefrottement,ρ
lamassevolumiquedel'eau,R
h
lerayonhydrauliqueetJ
lapente d'énergie.Cette ontrainte au fondin lut en faitplusieurs termesde résistan eàl'é oulement selon l'é helle spatialeoù l'on sesitue :
une ontraintede peau s'exerçant dire tement surles parti ules quel'on peutrelier
au harriage;
une ontrainte de forme liée à un hamp derides ou dunesque l'on peutrelier à la
suspension;
une ontrainte de formeliée à lasinuositédelarivière, auxformes desberges;
une ontrainte globale moyennant sur un tronçon des pertes de harges singulières
(élargissement,épis,seuil,pontet .)quel'onpeutrelierauniveau delasurfa elibre
pour un débitdonné.
Pour letransportsédimentaire, onutilise plussouvent lavaleuradimensionnelle de la
ontrainte de isaillement ouparamètre de Shields:
θ =
τ
b
(ρ
s
− ρ)gd
(2.2)
où
ρ
s
est la masse volumique du sédiment etd
son diamètre représentatif (généralementpris ommelediamètre médian
d
50
).2.1.2 Contrainte de isaillement au fond et prol verti al des vitesses
Le prolverti aldesvitessesestdire tement fon tionduprol verti aldes ontraintes
et en supposant que
z
0
≪ h
etz
0
> δ
l
(δ
l
:épaisseur de la ou he laminaire), on a alorsτ ≈ τ
b
etu
∗
= κ z du/dz
, equi permetderetrouverle lassique prollogarithmique :u
u
∗
=
1
κ
ln
z
z
0
(2.3)où
z
0
= k
s
/30
(Nikuradse,1950) est lalongueur de rugositételle queu = 0
pourz = z
0
.De nombreuses études de laboratoire pour des anaux lisses ont montré que l'équation
2.3 n'était valable que sur 20% de la olonne d'eau (Coleman, 1981;Nezu etRodi,1986;
Kirkgöz,1989;Nezu,2005;GuoetJulien,2008).L'équation de sillage deColes (1956) est
alorsgénéralementutiliséepour orrigerleprollogarithmique.Cependant,ilapparaîtque
eteet de sillageest trèsfaible dansles ours d'eaunaturels, voire négligeable auvudes
in ertitudes. Il peut devenir non-négligeable pour des é oulements a élérés ou dé élérés
(Nezu,2005), des on entrations ensédiments élevées(Coleman,1981),et surtoutdansle
as de rivières étroites ( anaux) où la vitesse maximale peut être située en dessous de la
surfa elibre(Bonakdarietal.,2008;GuoetJulien,2008)etoùletermedeColes(1956)ne
s'appliqued'ailleursplus.Denombreuxauteursontobservéqueleprollogarithmiquedes
vitesses était valable sur quasiment l'ensemble de lahauteur d'eau, en parti ulier en as
defortes rugosités(WhitingetDietri h,1990;FerroetBaiamonte,1994;Songetal.,1994;
Smart,1999).Ons'éloignealors del'hypothèseinitiale
k
s
≪ R
h
,maisl'extrapolationresteenvisageableetadenombreux intérêtssurleterrain.Lagure2.1présentedeuxexemples
de rivières où un alage surau moinsles deux tiersde laprofondeur d'eau peutêtre fait.
Dans le as de prols à 5 points (Fig. 2.1b sur le Danube), l'estimation de la rugosité
devient ependant très in ertaine.
(a) (b)
0.6
0.7
0.8
0.9
1
1.1
1.2
0
0.1
0.2
0.3
0.4
0.5
0.6
0.7
0.8
0.9
1
u / U
z /h
V1 mod.
V1 exp.
V2 mod.
V2 exp.
V3 mod.
V3 exp.
0
0.5
1
1.5
0
0.1
0.2
0.3
0.4
0.5
0.6
0.7
0.8
0.9
1
u / U
z / h
h<4m
4<h<6m
h>6m
Figure 2.1 Prols de vitesseadimensionnés surl'Amazone (mesure ADCP)à
Mana a-puru, Brésil(a)etsurleDanube (mesures ausaumon) à Medvedov, Slovaquie (b).
L'appli ation de l'équation 2.3 peut être très utile en hydrométrie. En eet, lors de
rues, seules desméthodes non intrusives peuvent être utilisées.Elles sont basées surdes
né essairede relierlavitesse desurfa e à lavitessemoyenne de l'é oulement :
¯
u = α
s
u
s
(2.4)ave
α
s
le oe ient de surfa e etu
s
la vitesse de surfa e. Une appli ation des prolsthéoriques (loislogarithmiques orrigées)montre que e oe ient de surfa e peutvarier
de 0.6 à 0.9 pour un ours d'eau large (Fig. 2.2). Dans le as d'un anal étroit, la valeur
de
α
s
peutmême être supérieureà 1 dufait de l'eet desparois latérales. An de limiterles in ertitudes de mesure de débit à partir de mesure de vitesses de surfa e,nous avons
proposéune dis ussionsurle hoix leplus judi ieuxde
α
s
(LeCoz et al.,2010).10
1
10
2
10
3
10
4
10
5
0.6
0.65
0.7
0.75
0.8
0.85
0.9
0.95
1
h / z
0
α
s
log profile
log profile cut at 0.7h
log profile + Cole wake law
log profile + Guo & Julien wake law
Figure 2.2 Valeurs théoriques du oe ients de surfa e
α
s
en fon tion de la rugositérelative
z
0
/h
pour diérentsprols (loi logarithmique,loi logarithmiquetronquéeàz/h =
0.7
,loi logarithmiqueave loidesillage de Cole,1956,loi logarithmiqueave loi desillagedeGuo etJulien, 2008).
2.1.3 Contrainte de isaillement au fond et oe ient de frottement
Enintégrant l'équation2.3surlaverti ale,larésistan eàl'é oulementpeuts'exprimer
en fon tion de larugosité équivalente de Nikuradse
k
s
,qui pour uné oulement turbulentrugueux (
u
∗
k
s
/ν > 70
etk
s
≪ R
h
)s'é rit don (Yalin 1977,S hli hting 1979) :¯
u
u
∗
=
1
κ
ln
A
b
R
h
k
s
(2.5)ave
A
b
≈ 11
pour un é oulement pleinement turbulent.Lamajoritédesdonnéesayantpermisl'étudedelarugositédefondpouruné oulement
turbulent rugueux se base sur ette appro he moyennée (Eq. 2.5 et dérivées dans le as
de fortesrugosités, Smart (1999); Camenenet al. (2006)). Lesdonnées issuesdire tement
d'un alage surdesdonnéesexpérimentalesdeprolverti aldesvitessessont aprioriplus
orre tes ar e alage peut tenir ompte de la non-validité de la loi logarithmique sur
2.1.4 Intera tion é oulement et transport sédimentaire
De nombreux auteurs ont pu observer un lien dire t entre la rugosité etle transport
sédimentaire(Wilson,1966;Sumeretal.,1996;Camenenetal.,2006;Re kingetal.,2008).
Le plussouvent,une relationentrelarugosité équivalente
k
s
/d
etleparamètre deShieldsθ
aété proposée:k
s
d
= a + bθ
c
(2.6)
où
a
,b
, etc
sont des paramètre de alage empiriques. Dans le as d'une distributiongranulométrique étendue, le diamètre ara téristique utilisé est le
d
84
oud
90
(diamètreorrespondant respe tivement à 84% et 90 % de passant en masse). Pour un lit xe, on
a ainsi
k
s
≈ 2d
90
(Yalin, 1977; Camenen et al., 2006). Dans Camenen et al. (2006), nousavons introduit une valeur ritique du paramètre de Shields
θ
cr,ur
au delà de laquellela rugosité équivalente est dire tement fon tion du paramètre de Shields. A partir des
données expérimentales, nousavonstrouvé que
θ
cr,ur
estfon tion dunombredeFroudeetde la vitesse de hute des sédiments. L'équation proposée a permis de mieux dé rire les
observations( f.Fig.2.3a).Cependant, omme
θ
dépenddire tementdek
s
/d
,l'appli ationdes équations du type Eq. 2.6, y ompris elle que nous avons proposée, implique une
résolutionitérativequidétériorefortementlesrésultats( f.Fig.2.3b)(CamenenetLarson,
2013). Pour une appli ation en ingénierie, il existe don un besoin d'une relation plus
robuste pour prédire la ontrainte quis'exer esur unfond mobile.
(a) (b)
10
−1
10
0
10
1
10
2
10
3
10
−1
10
0
10
1
10
2
10
3
(k
s
/d
50
)
expe
(k
s
/d
50
)
pred
θ
< 0.5
0.5 <
θ
< 1
1 <
θ
< 2
2 <
θ
< 5
θ
> 5
10
−1
10
0
10
1
10
2
10
3
10
−1
10
0
10
1
10
2
10
3
(k
s
/d
50
)
expe
(k
s
/d
50
)
pred
θ
< 0.5
0.5 <
θ
< 1
1 <
θ
< 2
2 <
θ
< 5
θ
> 5
Figure 2.3Comparaisonde laformuledeCamenenetal.(2006)ave lesdonnées
expé-rimentales(a) eteetde laméthode itérative surles résultats(b).
2.1.5 Intera tion é oulement et formes du lit
Un autre point di ile à estimer est la rugosité de forme lié à la présen e de rides
ou dunes. Comme indiqué Fig. 2.1a, la rugosité de fond peut fortement varier sur un
même tronçon derivièredufaitde laprésen edeformesde fond.Si elan'ae te apriori
et leur impa t sur le prol des vitesses moyen. La rugosité liée à des formes de fond est
généralement estimée selonla hauteuretlongueur d'ondedes formesdefond :
k
sf
= a
r
H
2
r/d
L
r/d
(2.7)où
a
r
est une onstante (5 < a
r
< 40
),H
r/d
etL
r/d
la hauteur et longueur d'onde desrides ou dunes. Nielsen (1992) et van Rijn (1993) ont proposé respe tivement
a
r
= 8
eta
r
= 20
.Ce oe ient estapriorifon tion delaforme desridesde fond(Kim,2004),soitplusfaible pour lesformesarrondies typiquement observéesen rivière.
Ladi ultérestel'estimationdes ara téristiquesdesridesoudunes.vanRijn(1984b);
Raudkivi (1997); Soulsby etWhitehouse(2005) ont proposé desformuleempiriques pour
lesrides(reliéeprin ipalementàlatailledessédiments)etlesdunes(reliéeprin ipalement
à la hauteur d'eau
h
). En reprenant mes travaux surles rides de houle, il serait possiblede ara tériser les dunesde fond enrivièretelle que:
H
d
h
=
H
d
h
eq
f
1
θ
cr
θ
g
!
f
1
θ
g
θ
cr,sf
!
(2.8)H
d
L
d
=
H
d
L
d
eq
f
1
θ
cr
θ
g
!
f
1
θ
g
θ
cr,sf
!
(2.9)ave
θ
g
leparamètre de Shields de grain ( al ulé avek
s
= 2d
90
),(H
d
/h)
eq
et(H
d
/L
d
)
eq
les rapports à l'équilibre de la hauteur de dune
H
d
sur hauteur d'eauh
, et de la penteH
d
/L
d
,L
d
la longueur d'onde des dunes,θ
cr
etθ
cr,sf
les ontraintes ritiques de miseen mouvement etd'ea ement des formes de fond, respe tivement, et
f
1
une fon tion delissage par rapport à la présen e ou non de es formes de fond. Des équations similaires
peuvent être aussiproposées pour les rides de ourant en travaillant sur lesratio
H
r
/d
etH
r
/L
r
, respe tivement, aveH
r
etL
r
les hauteur et longueur d'onde des rides, etd
undiamètre sédimentaire ara téristique.
Une autre possibilité est d'estimer dire tement la ontrainte de forme à partir de la
ontrainte de peau aufond (Engelund etFredsøe, 1982). J'ai travaillé en e sens pour les
eetsdesridesdehoule(Camenen,2009)maisuneformulesimilairepourraitêtreproposée
pour les formesde fonden rivière(équivalenteauxéquations 2.8et2.9) :
θ
θ
g
= 1 +
θ
θ
g
!
eq
− 1
f
2
θ
cr
θ
g
!
f
2
θ
g
θ
cr,sf
!
(2.10)ave
(θ/θ
g
)
eq
et(θ
g
/θ
cr,sf
)
eq
les rapports des ontraintes de forme et de grain pour desformesde fondà l'équilibre(rideset dunes), et
f
2
une fon tion delissage.Enn, pour omplexier es propositions, il ne faut pas oublier qu'il existe un temps
d'adaptation
T
a
delaformedulitàl'é oulement(Bass,1999;SoulsbyetWhitehouse,2005),qui peut être exprimé sous la forme d'une équation diérentielle (Daubert et Lebreton,
1967) :
∂H
d
∂t
=
H
d,eq
− H
d
T
a
(2.11)Lalittérature estabondante sur esujet maisbeau oupde hoses peuvent êtreen ore
améliorées, sur la ara térisation des rides et dunes, leur dynamique, leur impa t sur la
rugositéetlahauteurd'eau(possibleeetd'hystérésissurdes ourbesdetarage).
Aujour-d'hui, ilest possible d'a quérir denombreuses donnéesinsitu via lesmesures a oustiques
(sonar, ADCP) ombinant hara téristiquesgéométriquesethydrauliques utilesà la
om-préhension de leur dynamique, en parti ulier pour les grandes rivières (Dramais et al.,
2013).
D'unpoint devueexpérimental,la élérité desdunespeutêtreutiliséepour estimerle
transportsédimentaire par harriage (Simonset al.,1965) (dunetra king):
q
s,dt
= (1 − ǫ)ββ
′
C
d
H
d
(2.12)où
ǫ
est la porosité du sédiment,β
un fa teur de forme (β = 0.5
pour une formetrian-gulaire),
β
′
≥ 1
un oe ient prenant en ompte le fait qu'une partie du transport neparti ipe pasà la onstru tion duan aval de ladune (saltation oususpension), et
C
d
laélérité deladune.La ombinaisondeméthodespourlamesuredutransportsédimentaire
esttrèsimportantepourl'inter- omparaisonmaisaussipour onrmerdesphénomènesde
type hystérésis(Claudeet al.,2012).
2.1.6 Calage hydraulique d'un modèle 1D
Le alage d'un modèle hydraulique 1D est une étape essentielle de la modélisation en
ingénierie.Ilpassesouventpar un alageempiriquedu oe ientdeStri klerande oller
auplusprèsdeslignesd'eaumesurée, equiluiavalulesurnomde oe ientpoubelle.Il
in luteneetdenombreusespertesde hargesliéesaufrottement depeauetautransport
sédimentaire, auxformes sédimentaires (rides, dunes et .), à lasinuosité, à lavégétation,
etauxpertesde hargessingulières(rupturesdepentetypeseuil-mouille,ouvrageset .).Il
est ependant possible de proposer une méthodologie limitant l'empirisme dans le alage.
En eet, on ernant le lit mobile, il est possible de faire un lien entre l'é oulement et le
rugosité ( f. paragraphespré édents). Con ernant la végétation, une distribution spatiale
des diérents types de rugosité peutêtre établie à l'aide d'unSIG. Ces rugosités peuvent
ensuites'ajouter en appliquant desformulesde rugosité omposée:
K
s
=
n
X
i=1
P
m,i
K
s,i
l
/P
m
!
1/l
(2.13)ave
l
un paramètreempiriquevariantentre-2et1selon lesauteurs.Béraud etal. (2015)ont ainsi proposé une méthodologie simple dans le as d'une végétation étagée omme
observéesurleVieux-Rhin.Ilestànoterqu'unedensitéélevéedese tionsmesuréespermet
2.2 Contrainte de isaillement ritique
2.2.1 Diagramme de Shields et eet de la pente
La ontrainte de isaillement ritique pour la mise en mouvement des sédiments est
lassiquement représentée par le diagramme de Shields. Pour les rivièresà faible penteet
pourdessédimentstriés,lestravauxdeShields(1936)ontmontréunenettedépendan edu
paramètrede Shields ritique (Eq.2.2) audiamètre dessédiments.La formule deSoulsby
etWhitehouse(1997) enest unebonne représentation :
θ
cr,0
=
0.24
d
∗
+ 0.055 [1 − exp(−0.02d
∗
))
(2.14)ave
θ
cr,0
le paramètre de Shields ritique pour une pente du lit supposée nulle, etd
∗
=
[g(s − 1)/ν
2
]
1
/3
d
lediamètre sédimentologique.
De nombreuses études ont ependant montré que la pente du fond semblait ae ter
la ontrainte de isaillement ritique de miseen mouvement (Lamb et al.,2008; Re king,
2009). En tenant ompte des eets de stabilité de pente (Ikeda, 1982), il est possible
d'approximer le paramètre de Shields en fon tion de la pente du lit
I
et la submersionrelative
R
h
/d
(Camenen, 2012) :θ
cr
=
R
h
d
cr
I
(s − 1)
θ
cr,I
θ
cr,0
= θ
cr,0
sin(φ
s
− arctan I)
sin(φ
s
)
f (I)
(2.15)En théorie, on devrait avoir
f (I) = 1
. Une omparaison ave les données expérimentalesompiléespar Re king (2009)indique enfait que(Fig. 2.4a) :
R
h
d
cr
=
(s − 1)θ
cr,0
I
f (I) =
(s − 1)θ
cr,0
I
0.5 + 6I
0.75
(2.16)L'équation 2.15donne desrésultatsen a ordave lesdonnéesexpérimentalesdeRe king
(2009)( f.Fig.2.4b).Cependant,pourlesfaiblespentes,ilfautnoterque
θ
cr,I→0
= 0.5θ
cr,0
,equiinduitquelaformuledeSoulsbyetWhitehouse(1997)(Eq.2.14),surestimeraitd'un
fa teur 2la ontrainte de miseen mouvement pour une pentenulle.
Ce travail a ainsi permis de dis uter l'estimation de la puissan e spé ique ritique
de mise en mouvement des sédiments (Camenen, 2012). La puissan e spé ique a été
introduite pour l'estimation dutransportsédimentaire par Bagnold (1980) :
ω = τ ¯
u = ρgR
h
I ¯
u ≈
ρgQI
B
(2.17)ave
u
¯
lavitessemoyenne du ourant,assimilée i iàlavitessedébitanteU
etB
lalargeurde la rivière.
ω
est très souvent utilisé dans sa forme simpliée par les géomorphologues.Contrairement au paramètrede Shields,peude formulationssemi-empiriques ont été
pro-poséespourlapuissan espé ique ritiquededébutdemiseenmouvement dessédiments.
(a) (b)
10
−3
10
−2
10
−1
10
0
10
1
I [m/m]
R
h
/ d
données expérimentales
R
h
/d =
θ
cr,0
(s−1)/I
R
h
/d =
θ
cr,0
(s−1)/I f(I)
10
−3
10
−2
10
−1
10
0
10
−2
10
−1
I [m/m]
θ
cr
θ
cr0
< 0.046
0.046 <
θ
cr0
< 0.050
0.050 <
θ
cr0
< 0.054
0.054 <
θ
cr0
> 0.058
θ
cr0
> 0.058
Figure 2.4 Submersion relative ritique au début de mouvement des parti ules (a) et
paramètre de Shields ritique(b)en fon tion de lapente dufond
I
.2.2.2 Mélange de sédiments de diérente granulométrie
L'impa td'unmélangedesédiment surleseuildemiseenmouvement desparti ulesa
prin ipalement étéétudié pour desmélanges bimodauxsablo-graveleux(WibergetSmith,
1987; Wil o k, 1988; Kuhnle, 1993; Panagiotopoulos et al., 1997). Le taux de parti ules
nes
F
s
devientalorsunparamètrefondamental. SiF
s
tendvers0,lesparti ulesnessontmasquéesetontalorslamême ontrainte ritiquequelesparti ulesgrossières.Inversement
si
F
s
tend vers 1, la matri e de nes régit le lit et les sédiments les plus grossiers sontentraînésave lesplusnes.Lesmodèlesa tuelsrestent ependanttrèsempiriques(Wil o k
et Kenworthy, 2002; de Linares et Belleudy, 2007) et peu de données existent pour leur
validation. En parti ulier, les mélanges plus omplexesin luant dessédiments ohésifs et
graviers omme observéssurdenombreusesrivières alpinessontpeuétudiés. C'estl'objet
du projetde thèse d'Emeline Perret (2014-2017) quej'en adreave Céline Berni.
Ferguson et al. (1989); Parker(1990);Wil o ket Crowe (2003) ont proposé la
formu-lation suivante pour un mélange de
n
lasses de tailled
j
. La ontrainte de isaillementritiquepour ha unedes lassesestestiméeàpartirdelavaleur al uléepourlediamètre
médian :
τ
cr,j
= τ
cr
d
j
d
50
b
(2.18)ave
0 < b ≤ 1
. Cependant, l'utilisation d'une telle formule n'ae te que très peu lesrésultats si l'on her he une estimation globale du transport sédimentaire lorsqu'il s'agit
d'un mélange sablo-graveleux (Camenen et al., 2011). L'impa t de sédiments très ns
(argiles et silts)pourraitêtre plus élevédu fait d'unerédu tionimportantede laporosité
et de la ohésionde es parti ules. Deplus, laproblématique dière ar es derniers sont
transportés dire tement en suspension. L'équation 2.18 ne semble pas appli able pour
les sédiments ns ar la ontrainte ritique de mise en mouvement de es parti ules est
moins dépendante de la taille des grains (Ternat et al., 2008). Nos premiers résultats
stru ture initialedulit (Perret et al.,2015).
2.3 Formulation du harriage
2.3.1 Impa t du paramètre de Shields ritique
Mon apport sur l'estimation du transport sédimentaire par harriage sous un
é oule-ment permanent s'est fait prin ipalement sur l'impa t du paramètre de Shields ritique
surletransportd'unepopulationdeparti ules.Eneet,unegrandemajoritédesformules
semi-empiriquessupposeunerelationentreledébitsolideetles ontraintesde isaillement
au fond selon une formulation à seuil. La plus onnue est la formule de Meyer-Peter et
Müller (1948):
Φ =
q
q
sb
(s − 1)g d
50
3
= 8 (θ − θ
cr
)
3
/2
(2.19)Si e on ept de seuil apparaît évident pour une parti ule, il l'est moins pour une
popu-lation de parti ules où les eets aléatoires peuvent se faire ressentir (Einstein, 1942). De
plus, ommevuauparagraphe2.2,ilexisteunein ertitudenonnégligeablesurl'estimation
de
θ
cr
.Plusieurs auteurs ont ainsimontrédu doigtladi ulté de prédi tion du harriagepro he du seuil de mise en mouvement des parti ules (Bungton et Montgomery, 1997;
Cheng, 2002; Camenen et Larson, 2005; Re king, 2010, 2013). En partant de la formule
de Meyer-Peter et Müller (1948) maisen admettant une in ertitudesur lavaleur ritique
du paramètre de Shields (selonune distribution normale ave
σ = 0.2
), le al ul surunepopulation de parti ules montre ainsi que la valeur moyenne du transport sédimentaire
peutlargementdiéreràproximitéduseuil( f.Fig.2.5a).Enprenantunemoyenne
arith-métique, desvaleursplus élevées que elles préditespar laformuleinitiale sont obtenues,
etinversement en prenant une moyenne géométrique ( ette dernière étant biaisée du fait
desvaleursnulles).
(a) (b)
10
0
10
1
10
−6
10
−5
10
−4
10
−3
10
−2
10
−1
10
0
θ
/
θ
cr
Φ
θ
cr
= 0.04
data
Meyer−Peter & Muller
Nielsen
Ribberink
Camenen & Larson
10
0
10
1
10
−6
10
−5
10
−4
10
−3
10
−2
10
−1
10
0
θ
/
θ
cr
Φ
Meyer−Peter & Muller
MPM average 1
MPM average 2
Camenen & Larson
Figure 2.5 Comparaison de la formule de Camenen et Larson (2005) ave les données
Une relation exponentielle fon tion de la ontrainte ritique de mise en mouvement a
permisd'améliorersensiblementlaprédi tiondutransportpar harriagepro hede eseuil
(CamenenetLarson,2005)( f. Fig.2.5b) :
Φ = 12 θ
c
1
.5
exp
−4.5
θ
θ
cr
c
(2.20)Si l'on onsidère une population de parti ulesou non une parti ule unique (Fig. 2.5b), la
formuledeCamenenetLarson(2005)estdon ohérentedanssonappro hepour
représen-ter ladynamique moyenne d'une populationde parti ules. L'appli ation de ette formule
amontrétoutsonintérêt surdes asréelsoùles ontraintesaufondssontsouvent pro hes
de la ontrainte ritique(Camenen et al.,2011,2012).
2.3.2 Granulométrie étendue
Dans le as d'unegranulométrie étendue, le on ept de mobilité équivalente introduit
par Parker et al. (1982); Parker et Toro-Es obar (2002) a été onrmé par de nombreux
auteurs.Dufaitquelesparti ulesgrossièressontintrinsèquementplusdi ilesàmobiliser
quelesparti ulesnes,unajustementdelagranulométriedesurfa esefaitanqueletaux
de transportdes grossierssoit équivalent à elui des nes. Lesmodèles multi- lasses issus
de mesures de laboratoires (Ferguson et al.,1989;Parker, 1990;Wil o k et Crowe, 2003)
appliqués àdesformules lassiquesseréduisentainsiàuneformulationdu harriagebasée
sur le diamètre médian ave une simple modi ation de la ontrainte ritique de mise en
mouvement pour ha une des lasses (Camenen et al.,2011). Si les ontraintes lors d'un
événement dépassent largement ette valeur ritique, leuxsolide par harriage est alors
le même quelle que soit la taille de la parti ule (transportée par e mode de transport).
Ce i a pu être vérié in-situ par les ré entes mesures de type RFID (de l'anglais radio
frequen y identi ation) (Camenenet al.,2010; Liébaultet al.,2012;Bradley et Tu ker,
2012;Milan,2013).Unediéren en'aétéobservéequepourlesplusgrossesparti ulesdont
la ontrainte ritique de mise en mouvement était plus di ilement dépassée (Ferguson
etal.,2002;Liébaultetal.,2012).Lagure2.6présenteunrésultatsurle henalse ondaire
d'unban de l'Ar . L'impa t delataille de laparti ule surladistan e depar ours est i i
négligeable;ilsemble ependantquelesparti uleslesplusnes(
d = 45
mm) aient atteintplus rapidement lelit prin ipal(au uneparti ule de ediamètre n'aétéretrouvé le9 juin
2009 après la hasse de l'Ar ).
2.3.3 Représentation d'une dynamique aléatoire
A partir des mesures RFID, plusieurs auteurs ont pu observer une importante
dis-persion des distan es de par ours alors même que les parti ules étaient soumises à des
ontrainteséquivalentes. Liébaultetal. (2012);Bradleyet Tu ker (2012) ont ainsimontré
que les distributions des distan es de par ours des parti ules pouvaient être dé rites par
des distributions théoriques en loi puissan e ou loi gamma. Des expérien es utilisant la