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Transfert de spin et dynamique de l’aimantation
Benoit Montigny
To cite this version:
Benoit Montigny. Transfert de spin et dynamique de l’aimantation. Matière Condensée [cond-mat].
Université Paris Sud - Paris XI, 2007. Français. �tel-00192958v2�
Transfert de spin et dynamique de l'aimantation BenoitMontigny 1 er dé embre 2007
Transfert de spin
et dynamique de l'aimantation
BenoitMontigny
sousladire tiondeJa quesMiltat
Remer iements 1
Introdu tion 3
1 Théories de lamagnéto-résistan e 5
1.1 Théorie delamagnéto-résistan egéante . . . 7
1.1.1 Introdu tion . . . 7
1.1.2 Condu tiondépendantdu spin . . . 8
1.1.3 Modèleàdeux ourants . . . 12
1.1.4 Modèlesdediusion. . . 14
1.1.5 Con lusion . . . 16
1.2 Théorie delamagnéto-résistan etunnel . . . 16
1.2.1 Théorie lassiquedutransporttunnel. . . 17
1.2.2 Modèled'éle tronslibres ( d-itinérants). . . 19
1.2.3 Modèledesliaisonsfortes . . . 21
1.2.4 Cal ulsabinitio . . . 23
1.3 Con lusion . . . 26
2 Transportnon olinéaire ettransfertdespin 27 2.1 Des riptiondu phénomène . . . 28
2.1.1 Lesystèmeétudié . . . 28
2.1.2 Idéephysique . . . 29
2.2 Transfertde spindans lesjon tionsmétalliques . . . 31
2.2.1 Unmodèlede ir uit . . . 31
2.2.2 Modèlede Slon zewski . . . 33
2.2.3 Mé anismed'absorptiondu ourantdespin . . . 42
2.2.4 Résolutionnumérique . . . 44
2.2.5 Con lusion . . . 45
2.3 Transfertde spindans lesjon tionstunnel . . . 46
2.3.1 Modèlethéorique . . . 46 2.3.2 Expérien esré entes . . . 48 2.4 Con lusion . . . 48 3 Méthodes numériques 49 3.1 Basesthéoriques . . . 50 3.1.1 Des riptionquantique . . . 50 3.1.2 Intera tions . . . 52 3.1.3 Equationdu mouvement . . . 53 3.2 Modèlemi ro-magnétique. . . 54 3.2.1 Champee tif. . . 55
3.2.2 Ensembled'équationsadimensionnées . . . 60
4 Modèle duma rospin 69
4.1 Introdu tion . . . 70
4.1.1 Expérien es . . . 70
4.1.2 Questions . . . 74
4.2 Systèmesous hampaxial . . . 75
4.2.1 Expressionsanalytiques . . . 75
4.2.2 Analysespe traledesétats pré essionnels . . . 84
4.3 Systèmesous hamptransverse . . . 96
4.3.1 Géométriedudispositif . . . 96
4.3.2 Systèmemodèlesous hamptransverse:états pré essionnels . . . 97
4.4 Valve despinperpendi ulaire/perpendi ulaire . . . 106
5 Mi romagnétisme: systèmesous hampaxial 111 5.1 Ma rospinvs mi romagnétisme . . . 112
5.1.1 Motivations . . . 112
5.1.2 Casd'étude . . . 113
5.1.3 Coupledu transfertdespin . . . 114
5.1.4 Champd'Oersted . . . 115 5.1.5 Champdipolaire . . . 116 5.2 Modespropres . . . 119 5.2.1 Introdu tion . . . 119 5.2.2 Sus eptibilitémagnétique . . . 121 5.2.3 Cartesdesus eptilité . . . 122
5.3 Modesex itéssous ourant . . . 124
5.3.1 Comportementde lamoyennedel'aimantation . . . 125
5.3.2 Distributiond'ex itationdansla ou helibre . . . 129
5.3.3 Largeurderaie . . . 134
5.4 Comparaisondesmodèles . . . 139
6 Mi romagnétisme: systèmesous ex itationtransverse 141 6.1 Introdu tion . . . 142
6.2 Modèlemi romagnétique . . . 144
6.2.1 Spe tresde puissan e . . . 144
6.2.2 Inuen edesparamètresnumériques . . . 146
6.3 Modespropres . . . 148
6.4 Modesex itéssous ourant . . . 150
6.5 Con lusion . . . 154
A Constantesfondamentales 159 B Traitementdu signal 161 B.1 Analysespe trale . . . 162
B.2 Digitalisationdusignal . . . 162
B.3 TransforméesdeFourier ontinueetdis rète . . . 166
B.4 Fenêtrageetltrage . . . 169
B.5 Estimationdeladensitéspe traledepuissan e . . . 174
B.6 Appli ationauxsimulationsnumériques . . . 177
C
e travailde thèse aété rendu possiblegrà e à la ollaboration entre laso iété AltisSemi ondu tor,l'UniversitéParis-Sud et leLaboratoiredePhysique duSolidesdans le adre de son programme de re her he et développement sur les mémoires
MRAM. Je remer ie don les personnels s ientiques et administratifs pour leur
ontributionà eprojet.
J
eremer ieenpremierlieumondire teurdethèse,Ja quesMiltat,pourm'avoir a ueillidanssonlaboratoire.Savisions ientique,sarigueuretsonexpérien e,quis'étendbienau-delàdudomainedumagnétisme,sontdesqualités quejenesuispas
lepremierà onstateretj'espèrequ'ellesaurontquelquepeuimprégné emanus rit.
Mais estroisannées(etquelquesgrossespoussières)m'aurontaussifaitappré iéson
enthousiasmeetsa uriositétoujourstrèsstimulants.D'autantplusquej'aibéné ié
desa onan eet desonsensdupartagejamaispris endéfaut.
E
nse ondlieu,jetiensàremer ierMM.B.DienyetY.Suzuki,lesrapporteursde e manus rit, pourleursremarqueset suggestions.ParailleursMM. C.ChappertetL. Lopez-Diazm'ontégalementfaithonneurdeleurprésen elorsdemasoutenan e,
en tant que président du jury et examinateur respe tivement. Je tiens également
à asso ier M. S. Bournat, mon responsable au sein d'AltisSemi ondu tor, à es
remer iements. Non seulement il supervisé mon travail lors de mon stage de DEA
puis au ours de ma thèse, mais il a parti ipé a tivement à la ollaboration entre
l'UniversitéParisSudetAltisautourduprojetMRAM.Gra eà ette volontéetaux
moyensa ordés,j'aipuee tuerdenombreuxtravauxexpérimentaux,nonévoqués
dans e manus rit, et un important travail de modélisation dans de très bonnes
onditions.
M
ais laliste des personnes m'ayant aidé au ours de ma thèse ne s'arrêtepas là. Même si e manus ritn'expose pas les résultatsexpérimentaux auxquelsils ontparti ipé,jetiensà ombler ette injusti een itant:
les ingénieurs du entre de développement MRAM d'AltiSemi ondu tor
Qi-monda : MM. Ken Hernan, Rainer Leus hner, Rok Dittri h, Ullri h
Kloster-mann,AlexanderDut h, et ...
VéroniqueMathetetlesingénieursdessallesblan hesdeMinerveàl'IEF
Bertrand Vilquinet PhilippeLe oeur,de l'IEF,pourleur ontribution dire te
auprojetMRAM.Jesuisheureuxd'avoirprotéquelquesmoisdeleurénergie
et leursavoir-faire
Ja ques Gierak et Eri Bourhis, duLPN, pourles nombreusesheures passées
autour duFIB
Vin entKleinetSambathSaranga,pourleursoutiente hniqueauxexpérien es,
et pourbien d'autresservi esrendus
André Thiaville, Stanislas Rohart, Carole Vouille et Hervé Hurdequint, du
groupeMi romagnétismeduLPS.Sansparlerdela han einestimabled'avoir
lesréponsesàtoutessesquestionsàlaported'à- té, etenvironnementdetrès
hautniveau apla é ette thèsesousunebonneétoile.
I
l y a bien toutes les personnes ren ontrés au ours d'expérien es et de onfé-ren es, mais, pour ause de mémoire des noms défaillante, je me ontenterai d'unremer iement olle tif bien que très sin ère. Enn je n'oublie pas les an iens et
moinsan iensthésardsduLPSetd'ailleurs:François,Saa,David,Meydi,Gon alo,
Claire, Jeanne,Jean-Yves,Aristide,Alina, ..., esren ontres qui aurontfaitlevrai
U
nderniermer iestdûàmesparentsetàmafamille,pourleursoutien onstant.P
our ellequi méritebien plusquedesmer is,J....Les années 80 ont vu l'apparition des te hniques modernes de la
mi ro-éle tronique.Cesavan ées,destinées initialementàl'industriedessemi- ondu teurs,
ont égalementproté au domaine del'éle tronique de spin. Ainsi,le phénomène de
magnéto-résistan egéante a été mis en éviden e grâ e à la maîtrise des dépts de
ou hes min es métalliques 1
. Plus ré emment de très fortes valeursde la
magnéto-résistan etunnel ont étémesurées grâ e àl'eet deltrage enspindans labarrière
d'oxyde 2
. Ce qui a sus ité en retour un grand intérêt des industriels du fait de
l'utilisation de telles propriétés de transport dans les têtes de le ture pour disques
durs 'hautedensité'. Deplus,durantles années90, l'amélioratio ndeste hniques de
façonnagedes nano-stru tures apermis d'observerl'eet du transfert de spin,dont
unedesappli ationspotentielles on ernelesmémoireséle troniquesMRAM.
Le phénomène, initialement prédit théoriquement par Slon zewski 3
et Berger 4
,
a pu ainsi être étudié expérimentalement, notamment sur des piliers de taille
sub-mi rométrique (typiquement 100 nm) où le ouple dû au transfert de spin est
observablepourdesdensitésde ourant'raisonables'.L'eetdu ouplesurle
mouve-ment del'aimantationse traduitparles variationsdusignalde magnéto-résistan e.
Mais les mesures de transport éle trique ne permettent pas de onnaitre ave
pré ision ladynamique de l'aimantation sous ourant. C'est pourquoi d'importants
eorts ontétéentreprisenmatièredesimulationsnumériques,désormaisessentielles
àlabonne ompréhensiondesexpérien es.Ainsilesmodélisationsmi romagnétiques
ont ontribué à mieux omprendre lemé anisme de renversement sous hamp dans
unestru ture onnée,quipassepardesétatsd'aimantationfortementinhomogènes.
L'ajout du terme de transfert de spin est un fa teur de omplexité supplémentaire
arils'agitd'uneex itationparamétrique,non-linéaireetnon- onservative.
L'objetde ettethèseestdedéterminerlanaturedesrégimesdynamiquesex ités
par le ourantdans un nano-pilier. Commeles dispositifs magnétiquessontde plus
en plus petits, on se rappro he de la limite où l'aimantation peut être onsidérée
omme uniforme. Parallèlement les eets de bords (et notament les harges de
bords) deviennent prépondérants par rapport aux eets de volume, e qui tend à
favoriserdesétatsnonhomogènes.Deuxniveauxdedes riptionsontdon envisagés:
un modèle grossier où l'aimantation de la ou he libre de l'empilement est traitée
ommeunma ro-spin,etlemodèlemi romagnétique,plusrané,tenant omptede
manière réaliste des intera tions magnéto-statiques. L'intérêt d'une telle étude est
non seulementde validerdesthéoriesdutransfert despinmais aussidedonner une
idée, par omparaison de es deux appro hes, de l'inhomogénéité de l'aimantation
dansunenanostru ture.
1
M.N.Baibi h,J.M.Broto,A.Fert,F.N.Vandau,F.Petro,P.Etienne,G.Creuzet,A.Friederi h
etJ.Chazelas,Giantmagnetoresistan eof(001)Fe/(001) Crmagneti superlatti es ,Phys.Rev.Lett.
61 ,2472(1988);G.Binash,P.Grünberg,F.Saurenba het W.Zinn,Enhan ed magnetoresistan e
inlayered magneti stru tures withantiferromagneti interlayerex hange, Phys.Rev.B39 ,4828
(1989) 2
S.Yuasa, T.Nagahama, A.Fukushima,Y. SuzukietK. Ando, Giantroom-temperature
ma-gnetoresistan einsingle- rystalFe/MgO/Femagneti tunneljun tions,Nat.Mater.3 ,868(2004);
S.S.P.Parkin,C.Kaiser,A.Pan hula,P.M.Ri e,B.Hugues,M.SamantetS.H.Yang,Giant
tun-nellingmagnetoresistan eatroomtemperaturewithMg0(100)tunnelbarriers,Nat.Mater.3 ,862
(2004) 3
J.C.Slon zewski,Current-drivenex itationof magneti multilayers ,J.Magn. Magn.Mater.
159 ,L1(1996) 4
L.Berger,Emissionofspinwavesbyamagneti multilayertraversedbya urrent,Phys.Rev.
Le hapitre 1 revient de manière su inte sur deux phénomènes remarquables
du transport dépendant du spin : la magnéto-résistan e géante dans les jon tions
métalliquesetlamagnéto-résistan etunnel.
Le hapitre 2 est une revue des prin ipaux modèles dé rivant le phénomène
de transfert de spin dans les systèmes où les aimantations des ou hes sont
non- olinéaires.Le modèle de Slon zewski 5
est analysé endétail, aril sert de base aux
simulationsnumériques.
Le hapitre 3 est onsa ré aux méthodes numériques né essaires pour mettre
en ÷uvre e modèle de mi romagnétisme. Les équations de base du mouvement de
l'aimantationsontposées.Jedétaillele al ulde ha undestermesdu hampee tif
parlaméthodedesdiéren esnies,ave uneattentionparti ulièreportéeau hamp
démagnétisant.
Dans le hapitre 4 j'étudie l'eet du ourant sur ladynamique de l'aimantation
analytiquement et numériquementdans le adre du modèle ma rospin. Dans le as
d'un hamp axial, le diagramme de phase en hamp et en ourant est établi. Des
al ulsontégalementétéee tuésàdiérentestempératures,and'enétudierl'eet
sur lafréquen edes os illationsdel'aimantation.En annexe j'ai développéle al ul
deladensité spe trale depuissan e,grandeur représentantle ontenu fréquentielde
latraje toiredel'aimantation.Parailleurs es al ulssontétendusau asd'un hamp
dansleplanlégèrementdésalignéparrapportàl'axedunano-pilieretau asd'un
sys-tèmeoùl'aimantationetle hampappliquésontperpendi ulairesauplandes ou hes.
Le hapitre 5 reprend l'étudeen hampaxialsousl'angle dessimulations
mi ro-magnétiques. Ces al ulspermettentd'a éderàladistribution d'ex itation dansla
ou helibre selonladensitéde ourantinje téedans lenano-pilier.La omparaison
des résultatsave lemodèlema rospinvise àdonnerune idée du omportement de
l'aimantation lorsqu'elle est plongée dans un hampee tif fortement inhomogène.
Lalargeur despi sde résonan epourlesétatspré essionelsest une signaturede e
désordredansladistributiond'aimantation.
Une étudesimilaireestmenéepourle asoùle hampappliquéetlapolarisation
des éle tronsnesontplus alignés( hapitre 6). La omparaison ave les expérien es
de Krivorotov et al. 6
sert de support à une dis ussion sur l'eet des paramètres
numériquesetmagnétiquesdansle adremi romagnétique.
5
J.C.Slon zewski,Currentsandtorquesinmetalli magneti multilayers ,J.Magn.Magn.Mater.
247 ,324-338(2002) 6
I.N.Krivorotov,N.C.Emley,J.C.Sankey,S.I.Kiselev,D.C.Ralphet R.A.Buhrman,
Time-domain measurementsof nanomagnetdynami s drivenby spin-transfer torques ,S ien e307 ,228
Théories de la
est le modèlede Drude [1,2℄. Une des ription plusne adaptée aux stru tures
mé-sos opiquesest obtenue dans le adre duformalisme deLandauer et Buttiker[36℄.
Uneautre appro he onsisteàrésoudrel'équation deBoltzmanndanslesdiérentes
régions de la nano-stru ture 1
. Les éle trons sont traités omme des parti ules,
a-ra tériséesparleurfon tiond'onde
|ϕ(r, k, t)i
. Danslasuitenousallonsétendre es théoriesen tenant ompte dumoment inétique (en anglaisangular momentum)despin
σ
deséle trons.LesmodèlesdeBoltzmannetdeLandauerpeuventêtreadaptés pourdessystèmesoùleséle trodessontdesmatériauxferromagnétiques2 .
Lespropriétésdetransportdesmatériauxmassifsdépendentduspindeséle trons
lespar ourant;maisd'autreseetsnon-triviauxapparaissentlorsqu'on onsidèredes
multi ou hes magnétiques. On ne peut plus simplement al uler leur ondu tivité
omme la somme des ondu tivités de ha une des ou hes isolées. En eet la
longueur de ohéren e de spin ex ède souvent leur épaisseur et elles interagissent
l'une ave l'autre.
Nousallonsnous on entrersuruntyped'hétérostru tureparti ulier,àsavoirdes
empilementsferromagnétique/barrière/ferromagnétique,danslesquelsle ourant
ir- uleperpendi ulairementauplandes ou hes.Lesmatériauxmagnétiques onsidérés
sontlesmétauxdetransition:Fe,Co,Ni,leursalliages,et ...quisontàlafoisbons
ondu teurset ferromagnétiquesàtempératureambiante.
La magnéto-résistan e ( MR) désigne la
dié-ren ederésistan ed'untelempilementsuivantla
dire tion relativedesaimantationsdanslesdeux
ou hesmagnétiques. MR
=
∆
R R=
R AP−
R P R PP(resp.AP)désignel'étatoùlesaimantationssontparallèles(resp.antiparallèles).
On distingue deux types de stru tures qui ont des propriétés de transport très
diérentes :
silabarrièreestun ondu teurmétalliquenon-magnétique, 'estle adredela
magnéto-résistan egéante(GMR)
si la barrière est un oxyde isolant, il s'agit alors de la magnéto-résistan e
tunnel(TMR)
Dans le premier as, le transport des éle trons est gouverné d'une part par la
diéren e d'o upation au niveau de Fermi des bandes des éle trodes magnétiques
selonl'orientation de spinet d'autrepart parla diusion dépendante duspin dans
le volume des ou hes et aux interfa es. La magnéto-résistan e tunnel est quant
à elle plus parti ulièrement liée aux propriétés des interfa es éle trode-isolant. La
résistan e, bien plus élevée que pour les empilements métalliques, est dominée par
elledelabarrièretunnel.Ladiusiondansleséle trodesmagnétiquesnejouequ'un
rlemarginal.Larésistan eestdefait ontrléeparletauxdetransmissiondes
éle -tronsselonleurspin,leurve teurd'ondeetletyped'orbitaleparti ipantautransport.
1
Voirpour elal'ouvragedeAsh roftetMermin[7℄ 2
Pour desrevues détailléesde esméthodes et deleurs appli ations à l'éle tronique de spin,
Fig.1.1 :Première mise en éviden e de la
magnéto-résistan e géantesurdes
mul-ti ou hesdeFer/Chrome(40bi ou hes
deFe(3nm)/Cr(0 .9nm)) parFertetal.
en 1988 [13℄. Le ourant ir ule dans
le plan des ou hes. La résistan e
dé-pend du hamp magnétique appliqué :
(a)dansleplanetselonladire tiondu
ourant, (b) dans le plan et
perpendi- ulairementau ourant,( )
perpendi u-lairement auplandes ou hes.
Bienquelesmé anismessoientapparemmenttrèsdiérents,danslesdeux asla
résistan ede l'empilement est le plus souvent plusforte dans l'état antiparallèleet
plus faible quand lesaimantations sont alignées.On montreradans e hapitreque
plusieursphénomènessurviennentlorsqu'un ourant ir uleperpendi ulairementaux
ou hesmagnétiques:
le ourantestpolariséenspinlorsqu'iltraverseunmatériauferromagnétique
la présen ed'une interfa eave un matériaunon-magnétique pla e le système
lo alementhorséquilibre
la stru ture éle tronique de la barrière ouple de manière séle tive les états
d'interfa esde ha unedeséle trodes
Nousallonsdétaillerl'importan erelativede eseetsetdistinguer,danslesdiverses
théoriesprésentées,lesargumentsenfaveurd'untraitementdiusif,paroppositionà
untraitementballistique,dutransport.
1.1 Théorie de la magnéto-résistan e géante
Dans e paragraphe sont exposées les théories du transport dépendant du spin
dans les dispositifs de type "vanne de spin". Les deux ou hes ferromagnétiques,
séparéesparunespa eurmétalliquenon-magnétique,sontfaiblement ouplées.Dans
la géométrie CPP (" urrent perpendi ular to the plane"), un hamp éle trique est
appliqué perpendi ulairement au plan des ou hes et le ourant est ontraint de
ir uler selon la normale à es interfa es. Au ontraire, dans la géométrie CIP, le
ourant s'é oule dans le plan des ou hes. L'eet de l'angle relatif entre es deux
dire tions d'aimantation sur la ondu tan e est appelé magnéto-résistan e géante.
Ceteetaétépourlapremièrefoismisenéviden e parFertetal.[13℄ ( gure 1.1)
et parGrünbergetal.[14℄en1988.
Quand le matériau est aimanté selon la dire tion z, l'axe de quanti ation du
momentmagnétiquedespinestprisparallèleàz.Ondistinguealorsdeuxpopulations
d'éle trons : euxdont lespinest parallèle àl'aimantationlo ale (onlesqualie de
majoritaires, notés
↑
)et euxdontle spinàunsensopposé(éle trons minoritaires, notés↓
).1.1.1 Introdu tion
La ondu tiondeséle tronsdesmatériauxferromagnétiquesestfortementae tée
parleurspin(dans lesmatériauxferromagnétiques,leséle tronsde ondu tion sont
detypes hybridéssp-d).L'intera tion d'é hange ouplelemomentdeséle tronsde
plussouventdes métauxde transition.Ainsi lelibre par oursmoyen (ouàl'inverse
letauxdediusion)peutêtrejusqu'à5foisplusgrandpourleséle trons
↑
quepour leséle trons↓
danslePermalloy(Ni81
Fe19
)[15℄.Diversesphénomènespeuventêtreavan éespourdé rirelesintera tionsentreun
ourantet l'aimantation:
lafor edeLorentz;maisellen'estpasassezintensepourdéviersigni ativement
leséle tronsentredeux ollisions
lamagnéto-résistan eanisotrope(AMR), 'est-à-direlavariationde résistan e
enfon tiondel'angleentrel'aimantationetladire tiondu ourantdemesure.
Cette propriété aété largement exploitéedans lestêtes dele ture des disques
durs durant les années 90. Pour les matériaux magnétiques onsidérés par la
suite, sa ontribution est unordre degrandeur plusfaibleparrapportàl'eet
GMR (quelquespour entsdel'eet observé).
notons que les matériaux étudiés ont été hoisis de manière à e que la
ma-gnétostri tionsoitquasi-nulle(les oe ientsmagnétostri tifsduNietduFese
ompensentdanslePermalloy), equiéliminetoutartefa tdûauxdéformations
des ou hesmagnétiques.
Lesmodèlesthéoriquesprésentésparlasuitedé riventtroisphénomènesquisont
àl'originedelaGMR :
1. la diusion dépendante du spindans lesmatériaux ferromagnétiques: le libre
par oursmoyendeséle tronsmajoritairesestplusgrandque eluideséle trons
minoritaires.Les entresdediusionpeuventêtredesimpuretés,desdéfautsde
stru ture dans le métal,les intera tions éle tron/phonon.Leséle trons s sont
plusmobilesquelesd.
2. lera ordementdesniveauxéle troniquesauxinterfa esferro/métal: ela rée
des mar hes de potentiel que doivent fran hir les éle trons dans la géométrie
CPP. Le paysagede potentiel dépend du type de bande et don du spin des
éle trons.Ceteetsetraduitpardesrésistan esd'interfa es.
3. lesvariationsdeladensitéd'étatsauniveaudeFermiselonlespindans ha une
des éle trodes: ela modie lenombred'éle trons parti ipantautransportau
traversdel'espa eur (l'eet présenté plus hautae te laprobabilité de
trans-mission)
Ces modèlespeuventserangerentrois atégories:
le modèle de résistan es àdeux ourants,simpli ation extrême où spins
↑
et spins↓
ir ulentindépendammentlesuns desautresles modèlesà deux ourants semi- lassiques qui né essitent l'emploi de
oe- ients empiriques (résistan es d'interfa es ...) en appoint d'expressions
analy-tiquespourletransportàl'intérieurde haque ou he(Boltzmann)
lesmodèlesdeliaisonsforteset les al uls ab initio, aprioriplusrigoureux ar
lesstru turesdebandessontre al uléespour haquedire tiondespin
1.1.2 Condu tion dépendant du spin
Formalismequantique
Lespinestunequantitéissueduformalismedelaphysiquequantiqueetapparaît
ommeune onséquen edel'équationdeS hrödingerrelativiste.Voi ilesexpressions
desgrandeurs ara téristiquesdutransportéle troniquequantique 3
:
3
ladensité de harge :
ρ(r) =
−eψ
†
ψ =
−e|ψ|
2
=
−en(r)
(1.1)où
n(r)
estladensitéd'éle tronsenr
(où,demanièreéquivalente,laprobabilité deprésen ed'unéle tronenr
)et−e
estla hargedel'éle tron.Rappelonsque l'opérateurdensités'é ritρ =
ˆ
P
i
n
i
ϕ
i
ϕ
†
i
oùϕ
i
n'estpassimplementlafon tion d'onde del'éle tronmaisestl'opérateurde hampasso iéà ette parti ule.Ladensité volumique de harge
ρ
est la moyenne d'ensemble 4de et opérateur
prise en
r
(au fa teur−e
près) :ρ =
hˆ
ρ
i = tr(ˆ
ρ) =
P
i
hψ|ϕ
i
ip
i
hϕ
i
|ψi = p
ψ
, 'est-à-direlaprobabilitéquelesystèmedeNparti ulessoitdansl'étatψ
. ladensité de ourant:J
=
−e
i~
2m
[ψ
†
~
∇ψ − ψ ~
∇ψ
†
] =
−eℜe(ψ
†
ˆ
vψ) =
h−eˆvi
(1.2)C'est lamoyennedel'opérateurvélo ité, quis'é rit:
v =
ˆ
−i~/m~
∇
. l'opérateurdensité de spin:ˆ
S
=
~
2
σ
ˆ
(1.3)ˆ
σ
est le ve teur des matri es de Pauli.±~/2
sontles deux valeurs propresdeˆ
S
z
.LamoyennedeS
ˆ
est l'aimantation:~S(r) = ψ
†
(r)ˆ
Sψ(r) =
hˆSi
.l'opérateur ourantde spin:
ˆ
J
S
= ˆ
Sˆ
v
(1.4)Lavaleurmoyenneest don :
J
S
(r) =
ℜe(ψ
†
(r)ˆ
vˆ
Sψ(r)) =
hˆSˆvi(r)
.Onl'utilise engénérallaformule:J
S
(r) =
~
2
2m
ℑm{ψ
†
σ ~
∇ψ}
(1.5) L'opérateurˆ
S
agitsurla omposante"spin"delafon tiond'ondetandisquev
ˆ
est unopérateurquiagitluisurlapositiondel'éle tron.ˆ
J
S
est don dénisur leproduit extérieurde es deuxsous-espa esdesphases.l'opérateur ouple , dontla omposantesurl'axe
i
est déniepar:hˆ
T
i
i =
d
hˆS
i
i
dt
=
1
i~
h[ˆS
i
,
H]i
(1.6)où
H
estl'hamiltonien dusystème 5.
4
Parlasuitelasommationsurtouslesétats
ψ
dusystèmeàNéle tronsestsousentendu edans lamoyenned'ensemble5
Dans notre as,l'hami ltoniens'é rit :
H =
ˆ
p
2
2m
+ V (r) + ˆ
σ.B
.Ilpeut aussiin lure d'autres termestelsquele ouplagespin-orbite( ouplagedeRashba),l'eetdu hampéle trique,et ...Lesobservablessontreliéesparl'équationde ontinuitépourlespin[71℄:
dS
dt
+ ~
∇J
S
=
−T
ext
−
S
τ
sf
(1.7)dansl'approximationdutempsderelaxation.Iln'y adon pas onservationduspin
des éle trons ommeil y a onservation dunombrede parti ules. Le premierterme
de droite, le ouple
T
ext
, est un terme sour e représentant les eets de ouplage spin-orbite, de l'intera tion Zeeman ave un hamp externe, et ... Le se ond termereprésente l'a umulationdespindue aux ollisionsave renversementduspin.
Ma-thématiquementleterme
T
ext
peutsemettresouslaformed'ungradient−~
∇ ˆ
P
,qui vas'ajouterau ourantdespin, equimèneàdénirunedensitéde ourantee tiveˆ
J
S
+ ˆ
P
:dS
dt
+ ~
∇J
S ef f
=
−
S
τ
sf
(1.8)Le terme
−h~
∇(ˆJ
S
)
ef f
i
onstitue don le véritable ouple sur l'aimantation. Il apparaîtquelamoyennedeP
ˆ
esttelleque:(J
S
)
ef f
=
ℜe(ψ
†
{ˆv,ˆs}ψ) = hˆsˆv + ˆvˆsi
(1.9)où
{ , }
désignel'anti ommutateur.Eets devolume
Dans un matériau magnétique massif, loin desinterfa es, la ondu tivité
σ
↑
des éle trons majoritaires est supérieure à elle des éle tronsminoritaires (plus granded'un fa teur 3 dans le as du obalt). En ir ulant dans un matériau magnétique,
du fait de l'intera tion s-d, le spin des éle trons de ondu tion s'aligne
progressi-vement ave les moments magnétiques lo alisés sur les atomes. Cette intera tion
est ara térisée par une énergie de l'ordre de 0.1
eV
(soit un temps de vie moyenτ
p
= 10
−13
− 10
−14
s
).Si la ou heest plusépaissequelalongueurdediusiondespin,ellese omporte
omme un ltre ou un polariseur en spin. La omposante orthogonale du moment
angulairedeséle tronsest édéeàl'aimantation.Le ourantsortantestdon polarisé
enspin.Lapolarisationest lassiquementdénieselon:
P =
σ
σ
↑
− σ
↓
↑
+ σ
↓
(1.10)
Les ollisions peuvent être élastiques (l'énergie est onservée) mais à
tempé-rature ambiante les intera tions éle tron-phonon et éle tron-magnon, inélastiques,
deviennent prépondérantes. Elles augmentent la résistan e globale de l'empilement
et don tendent à réduire la magnéto-résistan e. Les éle trons perdent la mémoire
de leur moment au ours de e pro essus et, dans la géométrie CIP (" urrent in
the plane"), la diusion est la première sour e de résistan e dans les métaux à
basse température. Si les interfa es sont parfaites, les réexions sont spé ulaires et
il n'y a pas perte d'informationsur le moment
mv
des éle trons. Les interfa es ne ontribuentdon pasàlarésistan ede lastru ture.En revan he,dans lagéométrieCPP (" urrentperpendi ular tothe plane"), lesinterfa es ontribuenttoujoursàla
Diusion àl'interfa e
Il faut distinguer les équations déterminant la distribution d'éle trons et elles
régissant la distribution de spin
↑
et↓
. La densité de spin est en général hors équilibre.δn
↑
(resp.δn
↓
)représente l'é art par rapport àl'équilibre deporteurs de spin↑ (resp. ↓)
.Ladensitétotaledeparti ulesest alorsn = n
↑
+ n
↓
.Lorsqu'un ouranttraverseuneinterfa eentreunmétalnormaletun
ferromagné-tique,leséle tronsdespinmajoritairedansl'éle trodemagnétiqueontunemeilleure
ondu tivitéquelesminoritaires;uneplusgrandeproportiond'entreeuxestextraite
depuisl'éle trodemétallique.Au ontraire,leséle tronsminoritairess'a umulentau
voisinagede l'interfa e. Le système tente de restaurerl'équilibre par unmé anisme
dediusiondesporteursdespin.
A l'interfa eondénit troisquantités:
l' a umulation de spin: 'estladiéren eentreladensitéd'éle trons
mino-ritaires
n
↓
etmajoritairesn
↑
.Onnoteδn
S
= δn
↑
− δn
↓
le ourant de spin:le ouranttraversantl'interfa eest polarisé ar
j
↑
> j
↓
;J
S
= j
↑
− j
↓
le potentiel éle tro himique dépendant duspin :
µ
σ
(r)
, qui n'estpas égal aupotentieléle trique"vrai"V (r)
auvoisinagedel'interfa e:µ
σ
=
2π
2
v
F
~
k
2
F
δn
σ
(r)
− eV (r)
(1.11)où
v
F
etk
F
sont la vélo ité et le ve teur d'onde d'un éle tron au niveau au niveau deFermi.L'équationdeladiusionappliquéeà haquepopulationd'éle trons onduità:
∂n
σ
∂t
= D
σ
∇
2
n
σ
(1.12)D
dépend duspin ar leséle tronsmajoritairesontuntemps devieτ
sf
plusgrand que eluidesminoritaires(dufaitdel'intera tionsp-d).Onadon :J
↑
=
σ
↑
e
E
− D
↑
∇δn
↑
(1.13)Ilfaut retenir quele ourantde spin varie ave le gradient lo al de l'a umulation.
L'équationd'évolutiondel'a umulationdespinest :
dδn
S
dt
=
−∇ · J
S
−
δn
S
τ
sf
(1.14)
Lepremierterme dedroite résulteduux d'éle tronspolarisésenspintraversantla
ou hemagnétique.Lese ond estuntermephénoménologiquederelaxation.La
lon-gueur ara téristiquesurlaquelleseressentl'a umulationdespinest
ℓ
sf
=
p
D
S
τ
sf
, oùDS
estle oe ientdediusiondépendantduspin.Elleest déniepar[16℄:ℓ
−2
sf
= (ℓ
↑
)
−2
+ (ℓ
↓
)
−2
avec
ℓ
α
= v
F
v
u
u
t τ
sf
3
Ã
1
τ
sf
+
1
τ
α
!
−1
(1.15)Longueurs ara téristiques
Leslongueurs ara téristiquesdutransportdiusifdépendantduspinsont:
les libres par ours moyens(élastiques) dépendant duspin
ℓ
: 'est la distan e moyenneentredeux ollisionslalongueurdediusion despin
ℓ
sf
lalongueurdeFermiℓ
F
et biensûrl'épaisseurdes ou hes
Dans les matériauxferromagnétiquesusuels, la longueurde diusionde spinest
souventplusgrandequelelibrepar oursmoyen, artoutesles ollisionsn'entraînent
paslerenversementduspin 6
.Ainsi hoisit-ondedéposerdes ou hesmagnétiquesune
épaisseurdel'ordrede
ℓ
(quelquesnanomètres),nesparrapportàℓ
sf
(dequelques nanomètresàquelquesdizainesdenanomètres).1.1.3 Modèle à deux ourants
Abassetempérature(TT
c
),lespro essusdediusion onduisantaurenversement duspind'unéle tron("spin-ip"),lesintera tionsmagnon-éle tronparexemple,sontgelés.Mottasuggéréunmodèleoùleséle tronsdespin
↑
et euxdespin↓
sepropagent enparallèledansdeux anauxdistin ts[17℄.La ondu tivitédelastru tureestdonlasommedes ondu tivitésde esdeux anaux[15℄:
σ = σ
↑
+ σ
↓
(1.16)d'oùlarésistivitédansles ongurationsparallèleetanti-parallèle:
ρ
P
=
ρ
↑
ρ
↓
ρ
↑
+ ρ
↓
et ρ
AP
=
ρ
↑
+ ρ
↓
4
(1.17)σ
α
etρ
α
sontla ondu tivitéet larésistivitépour haquedire tion despin.Lapolarisation deséle tronsdansleséle trodesmagnétiquesest ara tériséepar
le oe ientd'asymétriedespin
α
:α =
σ
↑
σ
↓
=
ρ
↓
ρ
↑
(1.18)
Les ondu tivités
σ
↑,↓
peuvent être estimées à l'aide du modèle de Drude [1,2℄. Le temps de relaxation deséle tronspla és dans unpotentieldiuseurV
↑,↓
vaut, dans l'approximationdeBorn:τ
↑,↓
−1
=
2π
~ |
V
↑,↓
|
2
D
↑,↓
(ǫ
F
)
(1.19)La magnéto-résistan e dépend i i de manière expli ite à la fois du paysage de
potentiel dépendant du spin
V
, traduisant les eets des impuretés, et aussi de la stru turede bandevialadensitéd'étatauniveau deFermiD
α
. Cal uler es termes n'est possible qu'àpartirde théories bien plusélaborées(méthodes ab initio), danslalimiteoùladensitéd'impuretés estfaible.
Quandlatempératureest plusélevée,l'équation 1.17devient:
ρ
AP
=
ρ
↑
ρ
↓
+ ρ
↑↓
(ρ
↑
+ ρ
↓
)
ρ
↑
+ ρ
↓
+ 4ρ
↑↓
(1.20)
6
Notonsque en'estpastoujoursle asetqu'enparti ulier,danslePermalloy,
ℓ
↑
≈
7nm,ℓ
↓
≈
1nm,tandisqueℓ
sf
≈
vautenviron5nm.Fig.1.2:Illustrationdeladiusiondeséle trons majoritaires(
↑
)etminoritaires(↓
)dans les ou hesmagnétiques, lorsquelajon tionest dansl'état parallèle(P) ouanti-parallèle(AP).Endessous,le ir uit éle triqueéquivalent pourlemodèleà deux
ourants:ladiusionestfaiblepourleséle tronsdontlespinestmajoritairedans
une ou hemagnétique (résistan efaibler )etélevée lorsqu'ilssontdansl'étatde
spinminoritaire(résistan eR)
où
ρ
↑↓
représente lemélange despin entre les deux anaux de ondu tion.Dans la limite des hautes températures, les ollisions ave renversement de spin sont plusfréquentesque elles onservantlespinet larésistivitéest réduiteà:
ρ
AP
=
ρ
↑
ρ
↓
ρ
↑
+ ρ
↓
(1.21)
Dans une vanne de spindans l'état parallèle,les éle tronsmajoritairessontpeu
diusésdanslesdeux ou hesmagnétiques,au ontrairedesminoritaires:ilya
ourt- ir uitparle anal
ρ
↑
.Dansl'étatantiparallèle, haquetyped'éle tronsestfortement diusédansl'une desdeux ou hes.Onaalors:R
P
≈ R
↑
et R
AP
=
R
↑
+ R
↓
4
(1.22)Lamagnéto-résistan es'é ritdon :
M R =
R
AP
− R
P
R
P
=
(α
− 1)
2
4α
(1.23)Ainsi plus l'asymétrie de spin est grande, plus la vanne de spin présente une
magnéto-résistan eélevée.
Ces al uls ne sont validesque pourdes ou hes magnétiques asseznes ar on
néglige tout phénomène de "spin-ip". L'épaisseur globale doit être faible devant
le libre par ours moyen. Par ailleurs, la résistivité de l'espa eur (par exemple le
Cuivre : 6 n
Ω
m) étant d'un ordre de grandeur plus faible que elle des matériaux ferromagnétiques (ainsi le Cobalt : 86 nΩ
m), il peut sembler logique de négliger etterésistan edansle ir uit.L'espa eurneserti iqu'àdé ouplermagnétiquementles deux aimantations. Mais 'est sans ompter ave les résistan es d'interfa es et
l'eet dudésordre surladiusion deséle trons.Letransport pourdesaimantations
1.1.4 Modèles de diusion
Le modèlede Valet et Fert [16℄ tient ompte des eetsd'a umulationet de
re-laxation despin auxinterfa es. Les paramètresphénoménologiques de ette théorie
sont les résistivités des matériaux massifs, les résistan es d'interfa e, ainsi que les
oe ientsd'asymétrieasso iés,etleslongueursdediusiondespin:
β
est le oe ientd'asymétriedevolume,telqueJ
↑,↓
= 1/2J
0
(1
± β)
(J
0
estla moyennede esdeux ourants)
γ
estle oe ientd'asymétried'interfa e:R
↑,↓
F/N
= 2R
∗
F/N
(1
± γ)
,oùR
σ
F/N
est larésistan ed'interfa epour haquedire tiondespinetR
∗
F/N
lamoyennedes résistan es.Ave emodèle,ValetetFertontmontréquelepotentieléle tro himiqueet
l'a u-mulationdespindé roissentexponentiellementenfon tiondeladistan eàl'interfa e.
Lalongueur ara téristiquededé roissan eest
ℓ
sf
.Ce modèleétendlathéoriedela ondu tion àdeux anaux développée parJohnsonet Silsbee [18℄et parvanSon etal.[19℄.DanslemodèledeBoltzmanndépendantduspin,lafon tiondedistribution
deséle tronsest régieparl'équationsuivante:
v
z
∂f
∂z
− eEv
z
∂f
0
∂ǫ
=
³ ∂f
∂t
´
coll
(1.24)oùletermededroitereprésentela ontributiondes ollisionsauxvariationsde
f
. Dans lalimite desfaibles perturbations,ledéveloppementaupremierordredelafon tiondedistributionpourleséle tronsdespin
σ
donne:f
σ
= f
0
+
∂f
0
∂ǫ
[
−(µ
σ
− µ
0
) + g
σ
]
(1.25)où
g = g
σ
(z, k)
représente la omposante anisotrope de la fon tion de Boltzmann (µ(z)
est isotrope dans l'espa e desk
) [20℄. Du fait de l'a umulation de spin, le potentiel himique dépend du spin; on note :µ
σ
= ¯
µ
σ
+ eV
etµ
¯
↑(↓)
= ¯
µ
± ∆µ
. Endéveloppantg
entermesd'anisotropie roissante,l'équationdeBoltzmanntraitée dansl'approximationdutempsderelaxationdevient:J
α
=
σ
α
e
∂ ¯
µ
α
∂z
(1.26)e
σ
α
∂J
α
∂z
=
¯
µ
α
− ¯µ
−α
ℓ
2
α
(1.27)où
ℓ
α
est la longueurde diusion despin etσ
α
est la ondu tivité pourun spinα
. Cette équation est valide dans la limite où le libre par ours moyen est grand parrapportàlalongueurdediusiondespin,quelquesoitl'épaisseurdela ou he.
Les paramètresd'interfa e servent àdénirles onditionsde bords.Le potentiel
∆µ
n'estpas ontinuauxinterfa es,et la hutede potentielest proportionnelleàla densitéde ourant:¯
µ
σ
(0
+
)
− ¯µ
σ
(0
−
) = R
F/N
AeJ
σ
(1.28) e qui dénit les résistan es d'interfa es. Les solutionsde l'équation de Boltzmanndé roissentexponentiellement ave ladistan e àl'interfa e. Pour une interfa e
mé-tal/ferro,Valetet Fert obtiennent[16℄:
∆µ =
β
1
− β
2
eE
0
ℓ
sf
e
−|z|
ℓsf
où E
0
est le hamp éle trique appliqué à l'empilement et|z|
est la distan e à l'interfa e. Ce i montre que l'a umulation de spin est lo alisée dans une ou hed'épaisseur
ℓ
sf
dans le ferromagnétique. Cette a umulation perturbe le hamp éle triquelo al, equi réeunerésistan eadditionnellepurementinterfa iale.Fig.1.3:A umulationde spindans une valvede spinen ourant perpendi ulaireau plan
desinterfa es:variationsdupotentiel himiquedansles ongurationsparallèleet
antiparallèlepour unempilementpériodique ferromagnétique/métalnormal.[16℄
Si onin lutenpluslesrésistan esdues àladiusionàl'interfa eet e,pourune
stru turede typeF/N/F,onobtientdesexpressionsplus omplexesde larésistan e
totale[16℄.PourunempilementdeMbi ou hesferromagnétique/métalnormal,Valet
et Fert dénissent la résistan e omme lasomme d'une résistan emoyenne et d'un
terme umulanttousleseetsdépendantduspin:
R
P/AP
= M ((1
− β
2
)ρ
∗
F
t
F
+ ρ
∗
N
t
N
+ 2(1
− γ
2
)r
b
∗
+ 2r
P/AP
SI
)
(1.30) où2ρ
∗
F
et2ρ
∗
N
sontlesrésistan esmoyennesdansla ou heferromagnétiqueet dans le métalnormal respe tivement,t
F
ett
N
sont lesépaisseurs des ou hes et2r
∗
b
est larésistan emoyenne dueàla diusionà l'interfa e(r
↑(↓)
= 2r
∗
b
(1
± γ)
). Ennr
SI
est larésistan ed'interfa edueàl'a umulationdespin; elledépendde lalongueurdediusion despin
ℓ
sf
et du oe ientd'asymétrie devolumeβ
. Danslalimite oùt
≪ l
sf
,onaboutitàlarelationsuivante:p
(R
AP
− R
P
)R
AP
= β
t
F
t
F
+ t
N
ρ
∗
F
L + 2M γr
∗
b
(1.31)où
L
est l'épaisseur totale de l'empilement etM
est le nombre de bi ou hes F/N. Cette équation peut être utilisée pour déterminer les fa teurs d'asymétrie et lesrésistan esd'interfa esàpartirdesmesuresdeGMRee tivessurdesmulti ou hes.
On onstate que les ontributions de volume et d'interfa e sontdistin tes. Lorsque
les ou hessonttrèsnes, ladiusion àl'interfa eestprédominante.
Lesparamètrespourlesinterfa esPy/CuetCo/Cu,quenousavonsétudiéeslors
de ette thèse,sontrésumésdansletableau i-dessous :
Cette méthodeapermis dedonnerun adre physiquesatisfaisantauphénomène
de diusion de spin dans les hétérostru tures magnétiques. Les prédi tions
quanti-tativesde la GMR sont relativement orre tesmais dépendent des valeursretenues
Matériau Co Ni
19
Fe81
Co50
Fe50
Cuρ
∗
(nΩ
m) 86±
5 159 250 6±
1β
0.5±
0.05 0.7 0.65±
0.05 r∗
(fΩ
.m2
) 0.5±
0.02 0.5γ
0.76±
0.05 0.85ℓ
sf
(nm) 60 5.5±
1 12±
1 >450ℓ
(nm) 10 10Tab.1.1:Prin ipauxparamètres desmodèlesde diusionpourdes matériaux
ferromagné-tiques usuelsetleCuivre,quiestl'espa eurleplusemployé(T=4.2 K)[21℄.
Stiles a repris le problème de l'a umulation de spin à l'aide du formalisme de
Boltzmann an de traiter la magnéto-résistan eet le transfert de spin dans le as
d'aimantations non olinéaires [24℄. Slon zewski a déterminé une expression de la
magnéto-résistan edansunmodèlebaséàlafoissurdesargumentsbalistiquesetde
diusion[25℄.Lesrésultatssontexposésdanslapartie onsa réeautransfertdespin.
1.1.5 Con lusion
Le modèle de diusion développé par Valet et Fert permet de rendre ompte
d'un des mé anismes essentiels de la magnéto-résistan e dans les jon tions
métal-liques, l'a umulation de spin. Le transport de harge et le transport de spin sont
dèslorsrégispardesloissensiblementdiérentes.Laprésen e d'uneinterfa emétal
normal/ferromagnétique pla e lo alement la distribution de spin hors équilibre, et,
ommel'a umulationpénètredansl'espa eur, elui iestpartiellementaimanté.Sur
ette base,un modèle àdeux ourantstenant ompte de la diusion dépendant du
spinest onstruit pourles ou hesferromagnétiques.Cependant,l'eet desdensités
d'étatsauxinterfa esn'apparaîtpasexpli itement(ilapparaîttoutedemêmede
ma-nièreimpli ite autraversdes ÷ ientsd'asymétrie
γ
) et,surtout, e modèlen'est valablequepourdesaimantations olinéaires.1.2 Théorie de la magnéto-résistan e tunnel
Les premières observations expérimentales de la magnéto-résistan e dans les
jon tions tunnel débutent en 1975 ave les travaux de Jullière [26℄ portant sur des
stru tures Co/Ge/Ni (TMR de l'ordre de 14 % à 4,2 K). Maekawaet Gäfvert [27℄
onttenté dereproduire etteexpérien esurdesjon tionsNi/NiO/Comaismesurent
seulement 2% à 4,2 K. L'amplitude de la magnéto-résistan e était limitée par la
qualité des interfa es et des dépts. Il a fallu attendre 1995 pour que l'intérêt soit
relan é par les mesures de TMR supérieures à 10 % relevées par Miyazaki [28℄ et
Moodera [29℄, qui ont réussi à mettre au point un pro édé de dépt de ou hes
d'Al
2
O3
nesetrégulières.La magnéto-résistan e tunnel est la onséquen e de l'eet tunnel dépendant du
spin, dé ouvert par Meserveyet Tedrow[30℄.Ces auteurs ontétudié lapolarisation
enspindu ouranttunnelenutilisantune ou hesupra ondu tri e ommeanalyseur.
Deuxphénomènes on ourentà eteetdeltrage:
éle trons majoritaires et minoritaires n'ont pas la même densité d'états dans
l'éle trodesupra ondu tri e,dufaitdelalevéededégénéres en epareet
éle trons majoritaires et minoritaires n'ont pas la même probabilitéde
trans-mission arilsn'ontpaslesmêmesdensitésd'état.
La onvolution de es deux eets peut onduire à des polarisations en spin et des
valeursdeTMRbien diérentesde ellesprévuesparlaméthodedeJullière,
notam-ment dans le as où lapolarisation est négative.Ilest vite apparu quela stru ture
éle troniqueàl'interfa eferro/isolantestdéterminantepourlepro essustunnel[31℄.
L'amélioration des te hniques de dépt et de nano-fabri ation a permis une étude
approfondiede es eets.LesplusfortesvaleursdeTMR ontd'ailleurs étéobtenues
ave MgO,unmatériauquipermetla roissan ede ou hesparti ulièrementpropres
et ordonnéesparépitaxie.
Il onvient de noter que transport par eet tunnel et ondu tion au travers
d'un métal résultent de mé anismesfondamentalementdiérents: lese ond est un
pro essus de diusion, au ours duquel les éle trons peuvent hanger de ve teur
d'onde, de vélo ité, de spin .... L'eet tunnel est en première approximation un
pro essusbalistique:lesrèglesdeséle tionimposentla onservationdela omposante
k
k
du ve teur d'onde et du spin. Cependant les théories les plusavan éestiennent omptedepro essusdediusionélastiquesouinélastiquesdanslabarrièreainsiquedudésordreàl'interfa e[32℄.
Le transport tunnel dépendant du spin peut être traité en utilisant les
forma-lismesdéveloppésplushaut(unerevuedesdiversesméthodesestdisponibledans[34℄
et [35℄). En premier lieu nous allons étudier un modèle simple dé rivant l'eet
tunnel an d'illustrer la élèbre formule deJullière. Ensuite lathéorieproposéepar
Slon zewski en 1989 est exposée en détail,avant quelques lignes sur les progrès en
matièrede al ulsab initio.
1.2.1 Théorie lassique du transport tunnel
Quand lajon tiontunnel est polariséeàunetension
V
,le ourantd'éle tronsde spinσ
sepropageantautraversdelabarrièreest al uléàpartirdelarègled'orde Fermi:I
+
σ
(V ) =
2πe
~
X
k
,k
′
|T
σ
k
,k
′
|
2
f (ǫ
k
)(1
− f(ǫ
k
′
))δ(ǫ
k
− ǫ
k
′
+ eV )
(1.32) Les oe ientsT
σ
k
,k
′
représententladensitédeprobabilitédetransmissiond'un éle -tron de ve teurk
et de spinσ
vers un état (k
′
,
σ
). La ontribution des éle trons sepropageantdans lesensopposéest donnéeparunsimpleargumentde symétrie :I
−
σ
(V ) = I
σ
+
(
−V )
. Le ouranttunnels'é rit aunal:I
σ
(V ) =
2πe
~ h|
T
σ
kk
′
|
2
i
Z
D
Gσ
(ǫ
− eV )D
Dσ
(ǫ)(f (ǫ
− eV ) − f(ǫ))dǫ
(1.33)où
D
Gσ
(resp.D
Dσ
) est ladensité d'états del'éle trode de gau he (resp.de droite) disponiblepourl'eettunnel.Cesdensitésd'étatsontétémesuréesexpérimentalementsurdesstru turesdetypeS/I/M(Supra ondu teur/Isolant/Matériaumagnétique)à
trèsbassetempérature.Enprésen ed'un hampmagnétique,lesniveauxd'énergiedes
étatsdu supra ondu teur(Al dans lestravauxde Meservey[30℄)qui vont tunneller
autraverslabarrièresontséparéspareetZeeman.Ladensitéd'étatsdisponiblesest
donnéepar:
où
D
BCS
estladensitéd'étatdelathéorieBCS 7.Cetteméthodepermetderemonter
àlapolarisationenspinspé iqueà haquematériauferromagnétique:
P =
G
G
↑
− G
↓
↑
+ G
↓
(1.35)
Matériau Ni Co Fe Ni
19
Fe81
Co50
Fe50
Co81
Fe16
Polarisation 33% 42% 45% 48% 55% 55%
Tab.1.2:Valeursde lapolarisationdesélémentslesplusemployés,mesuréesdans les
em-pilementsMétal/Al
2
O3
/Al.Supposons quelapolarisation
V
appliquéeàlajon tion soit susamment faible pourquel'on puisse onsidérer lesdensitésd'états onstantes sur[ǫ
F
, ǫ
F
+ eV ]
. La ondu tan edel'empilementvaut:G(V )
≈
2πe
2
~
h|T
σ
kk
′
|
2
iD
Gσ
D
Dσ
(1.36)L'hypothèsesimpli atri efaiteparJullière[26℄ onsisteàdirequela ondu tan e
est proportionnelle au produit du nombre d'états émetteurs par elui du nombre
d'états disponibles. Ce i revient à onsidérer les éléments de matri e
T
σ
kk
′
omme indépendantsduspinetduve teurd'onde.Fig.1.4:Cal uldela ondu tan eàV
≈ 0
pourles ongurationsPouAP ommeleproduit desdensitésd'étatsD
desorbitalesddel'éle trodedegau he(états donneurs)par lesdensités d'étatde ellededroite(états disponibles)La ondu tan edesétatsparallèleetantiparallèles'é ritalors:
G
P
∝ D
G↑
D
D↑
+
D
G↓
D
D↓
(1.37)G
AP
∝ D
G↑
D
D↓
+
D
G↓
D
D↑
(1.38)où
↑
et↓
désignentleséle tronsmajoritairesetminoritairesdansles ou hes magné-tiquesgau heetdroite.P
G
etP
D
dénotentlapolarisationdel'éle trode ferromagné-tiquedegau heet dedroite respe tivement:P
i
=
D
↑i
− D
↓i
D
↑i
+
D
↓i
(1.39)
7
elle se détermine à partir de la densité d'état du supra ond u teur dans l'état normal
D
N
:D
BCS
= D
N
Re
h
|ǫ|
√
ǫ
2
−∆
2
i
Lamagnéto-résistan etunnelest alorsdonnéeparlaformuledeJullière[26℄:
T M R =
2
P
G
P
D
1
− P
G
P
D
(1.40)
Cette méthode expression donne une estimation despolarisations et de laTMR
ave unbonordre de grandeur dans ertains as. Mais ellene rend pas ompte des
asde polarisationnégative(parexemple
P
est négativesi on onsidèrelesdensités d'étatdeséle tronss dansCoouNi)8 .
Stru ture TMR(exp.) TMR(Jullière)
Co
25
Fe75
/Al2
03
/Co25
Fe75
74% 69%Co/Al
2
03
/Co 42% 37%Ni/Al
2
03
/Ni 25% 23%Tab.1.3:Valeurs de la magnéto-résistan e tunnel pour diérents empilements : données
expérimentalesetestimationsselon lathéorie deJullière.
La question est de savoir quelle densité d'état parti ipe ee tivement à l'eet
tunnel, notamment pour des métaux ferromagnétiques à la stru ture éle tronique
omplexe. Stearns [37℄ a montré que, du fait de l'intera tion s-d, les éle trons des
bandesd ontribuantautransport auniveaude Fermi possédentun ara tères.Ce
sont des éle trons d "itinérants", ave une stru ture de bande parabolique dé alée
selonladire tiondespin.Dansunmodèled'éle tronslibres,larelationdedispersion
indiqueque
D(ǫ
F
)
∼ k
,d'où lapolarisation:P =
k
k
↑
− k
↓
↑
+ k
↓
(1.41)
Ladi ultérésidedansl'évaluationdes oe ientsdetransfert
T
kk
′
.Ilspeuventêtre déterminésparlesméthodesdepremiersprin ipesouêtrevus ommedesparamètresphénoménologiques.
Le al ul développé i-dessusdonneuneestimationdelamagnéto-résistan e
tun-nel uniquement pour la onguration olinéaire des aimantations dans les ou hes
magnétiques.Le asnon- olinéaireaétéanalyséparSlon zewskidans[32,38℄.
1.2.2 Modèle d'éle trons libres ( d-itinérants)
Pourtraiter l'eettunnel entre deux éle trodes magnétiques,une deuxième
pos-sibilité onsisteàemployerlemodèled'éle tronslibres.Dans le al ul développépar
Slon zewski [38℄, les fon tions d'ondes sont al ulées exa tement dans ha une des
éle trodes. Ces états sont ara térisés par un ve teur d'onde dont la omposante
transverse (
k
k
) est onservée lors de la traversée de la barrière tunnel (du fait de l'invarian epartranslationselonl'axe0z)etparleurspinσ
.Considérons tout d'abord une barrière tunnel dont les éle trodes sont
non-magnétiques.Sa ondu tan eparunitédesurfa evaut:
G =
e
2
h
Z
T (k
k
)
dk
2
k
(2π)
2
(1.42) 8Ladéterminationpeutêtreamélioréeparlate hniquederée tiond'Andreev[36℄,oùleséléments
dematri evalent
|M|
2
∼ v
F
,alorsquepourunebarrièretunnelona|M|
2
∼ v
2
k
Fig.1.5:Prol de potentiel dans une
jon tion tunnel dont labarrière
aune hauteur
Φ(x)
etallure de la fon tion d'onde dontl'am-plitude s'atténue exponent
ielle-mentdansl'isolant
Le oe ientdetransmission
T (k
k
)
est al uléenrésolvantl'équationdeS hrödinger pourl'ensembledelastru ture.Lessolutionsasso iéesauve teurd'ondek
k
sontdes fon tionsdeBlo h qui s'é rivent ommeune ombinaison linéairede fon tionsdelaforme
ϕ
i
(x) = a
i
e
k
i
x
+ b
i
e
−k
i
x
. Leve teur d'ondepourl'éle trodedegau he,pour labarrièreet pourl'éle trodededroitesontrespe tivement:k
G
=
q
(2m/~
2
)(ǫ
− V
G
)
− k
2
k
κ =
q
k
2
k
− (2m/~
2
)(Φ
− ǫ
F
)
(1.43)k
D
=
q
(2m/~
2
)(ǫ
− V
D
)
− k
2
k
L'atténuationdanslapartie isolante reprendlerésultatdel'approximationW.K.B..
Les oe ients
a
i
etb
i
sontdénisde telle sortequeϕ
et sa dérivéesont ontinues auxinterfa es.Onendéduit laprobabilitédetransmission:T (k
k
) =
|a
D
|
2
k
D
|a
G
|
2
k
G
≈
16k
G
κ
2
k
D
(k
2
G
+ κ
2
)(k
D
2
+ κ
2
)
e
−2κd
(1.44)où
d
estl'épaisseurdelabarrièreisolante.Plaçonsnousdansle asd'unebarrièreestfaiblementtransmissive:
e
−2κd
1,
'est-à-dire
T (k
k
)
1.On onsidèreunestru turedebandeparabolique:R
dk
2
k
(2π)
2
=
R
ρ
k
(ǫ)dǫ
oùl'énergies'é rit
ǫ = (~
2
/2m)k
2
k
etladensitéd'étatsρ
k
vautm/2π~
2
.Danslalimite
oùlabarrièredepotentielleestgrande,ona
κ
≫ |k
k
|
etonendéduit uneexpression simpliéedela ondu tan e:G
≈ 2
e
2
~
κ
0
4πd
T (k
k
= 0) = 2
e
2
~
κ
0
4πd
4k
G0
κ
2
0
k
D0
(k
2
G0
+ κ
2
0
)(k
D0
2
+ κ
2
0
)
e
−2κ
0
d
(1.45)oùlestermes indi éspar0désignentlesve teursd'ondeprisà
k
k
= 0
.Dansle asdejon tionstunnelmagnétiques,lemodèled'éle tronslibresdéveloppé
par Slon zewski [38℄ peut être utilisé en tenant ompte de la stru ture de bande
dépendante duspin.Lemodèlereposesurleshypothèsessuivantes:
leséle trodessontdemême matériau
lastru tureéle troniquedeséle trodesestparabolique
les anaux de ondu tion pour haquedire tion de spinsontindépendantsles
labarrièredepotentielle est arrée(dehauteur
Φ
)Leve teurd'ondedeséle tronsdespinmajoritaire(resp.minoritaire)s'é rit:
k
↑(resp.↓))
=
q
(2m/~
2
)(ǫ
± V
sp
)
− k
k
2
(1.46)où
2V
sp
représenteledé alagedebandeentreleséle tronsmajoritairesetleséle trons minoritaires ( 'estle ouplaged'é hange). Si on onsidère lesdeux éle trodessymé-triques,ona:
k
G0
= k
D0
pour haquedire tiondespin.Ladépendan eangulairede la ondu tan eest:G = G
0
(1 +
P
ef f
2
cos θ)
(1.47) L'expressiondelamagnéto-résistan etunneldevient:T M R =
(k
↑0
− k
↓0
)
2
(κ
2
0
− k
↑0
k
↓0
)
2
2k
↑0
k
↓0
(κ
2
0
+ k
2
↑0
)(κ
2
0
+ k
2
↓0
)
=
2
P
2
ef f
1
− P
2
ef f
(1.48) où:P
ef f
=
k
↑0
− k
↓0
k
↑0
+ k
↓0
κ
2
0
− k
↑0
k
↓0
2
κ
2
0
+ k
↑0
k
↓0
2
Le premier terme dans
P
ef f
est le même que elui de Stearns et représente la polarisation intrinsèque dumatériau. Le se ond terme est un préfa teur dépendantessentiellementde la hauteurde la barrièretunnel
Φ
. Dans lalimite d'une barrière très haute, on trouve un résultat similaire à elui de Jullière : la ondu tan e estproportionnelle au produit des densités d'états. Dans e modèle, il est possible de
dé onvoluer
P
2
ef f
en unproduit de deuxpolarisations pour ha unedes deux inter-fa es.Cettesimpli ationn'estpastoujourspossible[38℄.Notonsquelapolarisationestspé iqueàun ouplemétal/isolantetnonpasaumétalseul.
Cesrésultatsnesontvalidesquepourunebarrière arréeetlesprédi tions
quanti-tativesdelaTMRsontassezsensiblesauproldepotentiel,expérimentalementmal
onnu.Simmons[39℄aee tuéle al uldu ouranttunnelpourunproldepotentiel
trapézoïdaldehauteurmoyenne
Φ
¯
:J
=
J
0
d
( ¯
Φ
−
1
2
eV )e
−Ad
√
Φ−eV /2
¯
−
J
d
0
( ¯
Φ +
1
2
eV )e
−Ad
√
ϕ+eV /2
¯
(1.49)Cetteformule est souventutilisée (ainsique lestravauxde Brinkman[40℄ ou
Strat-ton [41℄) pour déterminer la hauteurde barrière àpartir des relevés I(V). Ainsi la
ondu tan e
G(V )
est onstanteàtrèsfaibletensionpuis,auxvaleursintermédiaires, estquadratiqueenV.Lasensibilitéauproldepotentieldanslabarrière onstituelalimitationà
l'em-ploidetellesthéoriespourprédirequantitativementlaTMR.Uneexpli ationestque
la représentation en termes de fon tions d'onde d'états bien dénis (dans le ÷ur
dumétal dumoins) n'estpasadaptée arellesne tiennentpas ompte desdensités
d'étatsauxinterfa es.
1.2.3 Modèle des liaisons fortes
Comme pour Stearns, le modèle de Slon zewski repose sur une stru ture
éle -tronique en deux sous-bandes paraboliques dé alées de l'énergie d'é hange (modèle
d'éle trons d itinérants). Mais la surfa e de Fermi a en général une topologie plus
formuleW.K.B.estentouterigueurinexa t.
L'emploi de la méthode des liaisons fortes asso ié au formalisme de
Kubo-Landauer a permis une des ription plus ne du transport tunnel, notamment
dans les jon tions magnétiques [34,42,43℄. Au ontraire des jon tions métalliques,
dans une jon tion tunnel les éle trodes se perturbent faiblement l'une l'autre. Les
étatsqui ontribuentàl'eettunnelsontdon euxdeséle trodesinnimentéloignées.
Par lasuite,leshypothèsessuivantessontposées:
au unpro essusde ollisioninélastiquepouvantengendrerunrenversementdu
spinn'intervientdanslabarrièretunnel
k
k
est onservé:absen ededéfautdanslabarrièreouderugositéauxinterfa es larésistan edeséle trodesesttrès faibleet négligeableparrapport elle delabarrière; e in'estévidemmentpasle asd'unestru ture GMR,oùlesystème
omplet {éle trodes+barrière}doitêtremodélisé.
lespro essusdediusionave renversementduspinnesontpasprisen ompte
[16℄.
Contrairementà equisepassedanslesjon tionsmétalliques,la hutedepotentielse
produitessentiellementdanslabarrière;leseetsd'a umulationdespindeviennent
alorsnégligeables,et e,quelquesoitl'épaisseurdes ou hes.
Considérons deux éle trodes magnétiques, séparées par
N
plans atomiques du matériauisolant.La ondu tan eautraversd'unebarrièreisolanteestdonnéeparlaformuledeKubo/Landauer[44℄:
G =
π~
2
N
2
Z
X
N
n=1
X
α,β
|hα|J
n
|βi|
2
δ(ǫ + eV
− ǫ
β
)δ(ǫ
− ǫ
α
)dǫ
(1.50)où
|αi
et|βi
sontdes étatspropresdusystème (lesystème {barrière})d'énergieǫ
α
etǫ
β
,n
estl'indi edun
ieme
planatomiquedelabarrière,quien omporte
N
,etJ
n
estl'opérateurde ouranttraversantlen
eme
planatomique:J
n
(k
k
) =
ie
~
h
tc
†
n+1
c
n
− tc
†
n
c
n+1
i
(1.51)où
t
est l'intégralede sautentre deuxplans atomiquesadja entsetc
n
(resp.c
†
n
)est l'opérateurd'annihilation(resp.de réation)pourunétat|i, k
k
i
.Dans lalimite desbarrièreshautes outrèsépaisses,l'intégrale desautest pro he
de0et onobtient[44℄:
G
≈
2πe
2
~
e
−2κaN
D
G
D
D
(1.52)où
a
est la onstante du réseaudans l'isolant (aN = d
, l'épaisseurde ette ou he) et le oe ient d'atténuation dans la barrièreκ
peut se déduire de la relation de dispersiondansl'isolant:ǫ
F
= Φ + 2cosh(k
⊥
a) + 2(cos(k
x
a) + cos(k
y
a))
avek
⊥
= iκ
etk
k
= (k
x
, k
y
)
.Φ
est la hauteur de la barrière. Ce résultat est identique à elui donné par la théorie lassique de l'eet tunnel. Le préfa teure
−2κaN
montre la
forte dépendan e dela ondu tan eenfon tiondelahauteuret del'épaisseurdela
barrièretunnel; 'estunrésultatsimilaireàl'approximationW.K.B. sion onsidère
κ
indépendantdek
k
.Les expressions de la ondu tan e sont spé iques à un type d'orbitale donné
(