A LAIN G UÉNOCHE
Hiérarchies conceptuelles de données binaires
Mathématiques et sciences humaines, tome 121 (1993), p. 23-34
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HIÉRARCHIES CONCEPTUELLES DE
DONNÉES
BINAIRESAlain
GUÉNOCHE1
RÉSUMÉ -
Enclassification conceptuelle
d’un ensembled’objets
décrits dans un espace de représentation,on cherche à construire une partition des
objets
en classesdisjointes
et simultanément une caractérisation dechaque classe dans les termes de
l’espace
de représentation. Dans le cas, très courant, où cet espace estengendré
par des données binaires nous
présentons
deuxalgorithmes,
dérivés des méthodes ascendantes et descendantes enclassification
qui maximisent localement un indice de cohésion des classes. Les caractérisations construites sont des conjonctions de caractères communs qui sontégalement
caractéristiques des classes. De ce fait elles sont monothétiques et et constituent des éléments du treillis Galois.SUMMARY 2014 Conceptual clustering of binary atributes.
The
conceptual clustering problem
is to build notonly
a partition of a set ofobjects
intoseparated
classes, butalso to associate to each class a characterization in the representation space terms. In this text we present two algorithms, derived from classical
clustering
methods, to realisesimultaneously
these two functions, in a representation spacegenerated by binary
attributes. Characterizations will beexpressed
like characteristicfunctions of monothetic classes that
correspond
to conceptsselectedfrom
Galois lattice.La classification
conceptuelle [Michalski, Diday
&Stepp 1981]
d’un ensemble Xd’objets,
décrits dans un espace de
représentation engendré
par desdescripteurs,
est unproblème
né durapprochement méthodologique
entrel’Apprentissage
àpartir d’exemples
etl’Analyse
desDonnées
[Gascuel
& Guénoche1990].
ns’agit
de construire non seulement unepartition
de Xen classes
disjointes,
ou une hiérarchie departitions,
mais aussi d’associer àchaque
classe unecaractérisation dans cet espace de
représentation.
EnApprentissage,
onappelle généralisation [Mitchell 1982] l’opération qui
consiste à décrire unconcept (une
classed’objets)
c’est àdire, lorsqu’il
est défini en extension par des instances(par
la liste de seséléments)
àexprimer
uneou
plusieurs
conditionsd’appartenance
à ceconcept (de
le définir enintension).
Une solutionhéritée de
l’Analyse
des Données consiste à utiliser une méthode declassification, puis
lesclasses étant
définies,
à construire leurs caractérisations par des méthodes degénéralisation [Nicolas 1988],
parexemple
à l’aide d’arbres de décision[Breiman
& al.1984]
ou deméthodes de discrimination
conceptuelle [Guénoche 1988].
Nous
présentons
dans ce texte des méthodesqui
réalisent simultanément ces deuxopérations,
departition
et decaractérisation,
et ce dans un espace dereprésentation
trèsgénéral engendré
par des attributs binaires. Les variables considérées peuvent être soit des variables deprésencelabsence
decaractères,
soit des variablesdichotomiques
dont les deux modalités sontarbitrairement codées 0 et 1. Cette distinction est
nécessaire,
carsi,
dans lepremier
cas onpeut
ne s’intéresser
qu’aux
combinaisons d’attributs simultanémentprésents,
dans le second il convient de donner aux deux valeurs 0 et 1 des rôlesidentiques.
Cet espace dereprésentation
renvoie à deux formalismes différents pour le calcul : un formalisme latticiel dans
lequel
seulesles valeurs codées 1 sont
significatives
et un formalisme booléen danslequel
les deux valeurssont traitées de
façon équivalente.
C’est dans un formalismequi emprunte
aux deux que nous’ G.R.T.C. - C.N.R.S., 31, chemin Joseph Aiguier 13402 Marseille Cedex 9.
nous
plaçons,
en déclarantpréalablement
que pour certains attributs(pas
nécessairementtous)
les valeurs 0 sont
significatives.
Intuitivement,
une caractérisation d’une classe Y de X est un ensemble depropriétés
que vérifient laplupart
des éléments de Y et que nepossèdent
pas, saufexception,
les éléments de XBY. Une fonctioncaractéristique
deY,
au sensensembliste,
c’est à direqui
pour tout élément de Xprend
la valeur 1 s’ilappartient
à Y et la valeur 0sinon,
est bien sûr une caractérisation au sens leplus
strict. Nous neproduisons
que cetype
decaractérisations, appelées
enApprentissage fonctions complètes
etconsistantes ;
ce sont des fonctions booléennes dont nousutiliserons une
expression
sous forme normaledisjonctive.
Pour caractériser X en
entier,
on retient les attributsqui prennent
sur X une seule des valeurs 0 ou 1. Leplus
souvent iln’y
a pas ou peu d’attributs de cetype.
On cherche donc àpartitionner
X en classesqui présentent
surplusieurs
attributs une seule des deux formes. Plusil y en a, mieux la
conjonction
de ces attributs caractérise lesobjets
de la classe. C’estl’importance
de cesparties
communesqui
fait laqualité
despartitions choisies ;
c’est donc un nouveau critère de classificationqui
est introduit dans ces méthodes ditesconceptuelles.
Pour fixer les
idées,
nous utiliserons unexemple
où huitespèces
animales sont décrites parsept
attributs(les réponses
"oui" et "non" sontrespectivement
codées 1 et0) :
Pour les animaux considérés on obtient le tableau ci-dessous :
Les
espèces
mentionnées n’ontqu’un
seul caractère commun :pondre
des oeufs. Maintenant si l’onregarde
cesdescriptions
avec un peuplus d’attention,
on remarqueraqu’il
y a d’unepart
les animauxqui
ont desplumes
et n’ont pas de dent etqui
vivent dans l’air et d’autrepart
ceuxqui
ne volent pas,qui nagent
etqui,
s’ils ont desécailles,
vivent dans l’eau. Ce faisant nous avonspartitionné
nos animaux en classesdisjointes,
chacuneayant
commecaractéristique
l’ensemble de ses traits communs. Dire que ces animaux
appartiennent
à l’une des deuxclasses,
chacuneayant
une cohésionplus
forte quel’ensemble,
est une caractérisationplus spécifique
que le seul attributqu’ils
ont en commun. On pourra recommencer cetteopération
sur l’une ou l’autre
classe,
c’est à dire les subdiviser defaçon qu’elles
aient uneplus large part
dedescription
commune.Nous allons donner un cadre formel à cette
démarche,
un sensprécis
au termegénéralisation,
etprésenter
desalgorithmes
pour construire cespartitions
et lesconjonctions
depropriétés
de leurs classes.1. NOTATIONS ET TERMINOLOGIE
Soit X l’ensemble des n
objets
décrits par un ensemble A ={ A, B, C, .. }
de mattributs, chacun,
parexemple A, pouvant prendre
les valeurs a(dite forme directe,
codée1)
et a’(dite forme conjuguée,
codée0).
Onpeut
considérer X comme un tableau de valeurs 0 ou 1 avec nlignes correspondant
aux éléments de X et m colonnescorrespondant
aux éléments de A. On pose A* ={ a, a’, b,
b’ ..j, j’.. }
l’ensemble des 2.m formes des m variables. Onappelle
monôme de
longueur
k uneconjonction
de kformes,
c’est à dire unepartie
à k éléments de A~.Un monôme est noté par la concaténation de ses formes. Par
exemple g
= ab’d est un monômede
longueur
3. Un monôme est ditcomplet
sichaque
variableapparaît
sous une seuleforme,
donc s’il est de
longueur
m = 1 A 1. L’ensemble H =10, 1 In
tient lieu ded’espace de représentation
desobjets.
On note
X(g)
l’ensemble des éléments de X dont les valeurs des variables sont les formesprésentes
dans g, ou encore l’extension de g. Parexemple X(ab)
est fensemble desespèces
deX
ayant
1 enpremière
et en seconde colonnes de la table(soit { autruche, canari,
canard etcygne } ).
Un monôme est dit vide sur X siX(p) =
0. Enparticulier,
si une variableapparaît
dans un monôme sous ses deux
formes,
ce monôme est vide. ParallèlementH(g)
estl’ensemble des
m-uples
de{O,1}m qui
contiennent Il. Comme il y a 8attributs,
en fixant les deuxpremiers
on a26
= 64 éléments dansH(ab).
Une
disjonction
de monômes 0 =~,1 v ~v
... vgp
est uneformule
normaledisjonctive.
Pour tout élément x de
H, 0(x) =
"vrai" ssi il existe i tel que x EH(~,;),
"faux" sinon. On définit :Parallèlement
H(O)
est l’ensemble des éléments de{ o,1 } ~’
pourlesquels 0 prend
la valeur"vrai". Si l’on
note J.1¡
le monômecomplet correspondant
au i-ième élément deX, la
fonctionest
équivalente
au tableauX,
c’est à dire que l’on a à l’évidenceH(!!)
= X etci>
neprend
lavaleur "vrai" que sur les éléments de X.
2. CLASSIFICATION CONCEPTUELLE
Souvent en
Apprentissage,
d’autantplus
s’ils’agit
departicularités présentes,
seules les formes directes sont àprendre
encompte ;
mettre en évidencequ’un
ensembled’objets
a commecaractéristique
de ne pasposséder
une certainepropriété, peut
n’avoir aucun sens. Nousrestreignons A *,
l’ensemble des formes directes etconjuguées
desattributs,
aux seules formespertinentes
àprendre
encompte.
Cela revient à éliminer les formesconjuguées qui n’apportent
aucune
information,
c’est à dire à ne pas tenircompte
des 0 de certaines variables. Ceci est faiten déclarant au
préalable quels
sont les attributs dont les deux formes sontpertinentes.
Empruntons
maintenant unpetit
peu au formalismegaloisien.
La table de données binaires décrit unecorrespondance
entreobjets
et formes directes ouconjuguées,
pourvuqu’elles
soientpertinentes.
Pour toutobjet
x EX,
on définitf ( } x } )
comme l’ensemble des éléments de A * encorrespondance
avec x et pour toutepartie Y ç X, f (Y)
= f 1 xE Yf(l x 1),
c’est à direl’ensemble des valeurs de A*
qui
sont constantes sur Y ou encore laconjonction
des caractèrescommuns aux éléments de Y. La
conjonction
des éléments def (Y),
notéen(Y),
estappelée
monôme propre de Y. Le monôme propre de Y est
équivalent
à l’intension de la classe Y.Il se
peut
queir(Y)
soit une fonctioncaractéristique
deY,
c’est à dire dans nos notationsX(1t(Y»
= Y. Dans ce cas Y est une classemonothétique
et1t(Y)
estappelé
monômecaractéristique
de Y.Rappelons qu’une
classe est ditemonothétique
si ellepeut
être caractérisée par uneconjonction d’attributs,
autrement dit dans ceformalisme,
si aucun élément de X1Y nedonne à
x(Y)
la valeur "vrai". Si la classe Y estmonothétique,
c’est que Y est un fermé de lacorrespondance
de Galois entre X et A*.Considérons une
partition
de X en q classesl XI,
..X 9 } .
Par définition on a : et pour toutOn dit
qu’il s’agit
d’unepartition conceptuelle
si et seulement sichaque
classeXi
de lapartition
estmonothétique,
donc que son monôme propre est une fonctioncaractéristique.
Enfait c’est une
partition
de X par sesfermés,
souventappelés concepts,
d’où laterminologie employée.
Pour une classe
Y,
onpeut
considérer lalongueur,
notée1(x(Y)),
du monôme1t(Y)
commeune mesure de cohésion de Y et donc de la
qualité
de sacaractérisation ;
Y est d’autant mieux caractérisée quex(Y)
contientplus
de variables. Mentionnons sansplus
que l’onpeut
affinercette notion en donnant aux variables des
poids proportionnels
àl’importance qu’on
leuraccorde dans la
description.
Nous
appelons généralisation
de X la formuledisjonctive
induite par unepartition conceptuelle
disjonction
des monômescaractéristiques
des classes de X. Achaque partition conceptuelle
deX
correspond
unegénéralisation unique.
Exemples
La fonction
4$ = 1t(x1)
vlt(X2)
v... v1t(xn)
=V i=l, .. n 1t(xi)
est unegénéralisation
de Xparticulière puisqu’elle
n’est vraie que sur les éléments de X.Pour toute variable A
pertinente
sous ses deuxformes,
la formule(DA
=x(X(a)) v 1t(X(a’»
est une
généralisation puisque
tout élément de Xpossède
A sous forme directe ouconjuguée
donc
{X(a), X(a’) }
est unepartition conceptuelle puisque
les deux formes sont mutuellement exclusive. Par contre si a’ n’est paspertinente, x(X(a’)) peut
ne pasexister,
ou n’être pascaractéristique.
Ainsi
définies,
on voitqu’il
existe ungrand
nombre degénéralisations.
Enparticulier, chaque
fois que l’on subdivise une classe suivant unattribut,
on crée une nouvelle formule 0plus spécifique,
en ce sensqu’elle
couvre moins d’éléments deX,
etqu’elle
tientcompte
deplus
de variables pour caractériser les deux classes introduites. Nous allonsquantifier
cephénomène
à l’aide d’un indice trèssimple déjà présenté
dans Guénoche[1989].
En caractérisant Y par
x(Y)
on utilise unepartie
de ladescription
des éléments de Y. Onpet
dire que l’on a résumé Y à laconjonction
de ses caractères communs, en utilisant unepartie
de l’information. Onquantifie
cettepart
à l’aide d’un indice decohésion, égal
auproduit
du nombre d’éléments de Y par la
longueur
du monômex(Y).
La classe Y est d’autant mieux caractérisée que
E[1t(Y)]
estgrand.
Comme il
apparait
clairement dans lafigure 1,
cette indice est la surface durectangle
Y xf (Y)
dans la table binaire decorrespondance
entre X et A*. C’est leproduit
des cardinaux deses intension et extension. On
peut
étendre sansproblème
l’indice de cohésion auxpartitions conceptuelles
par une formule additive. NotonsEl
la contribution de la classeXi.
Comme cesclasses sont
disjointes
onpeut
poser : .3. ALGORITHMES
Ainsi
présenté
leproblème
de lagénéralisation
d’un ensemble X se ramène à unproblème
departition conceptuelle optimale
de X avec,éventuellement,
un nombre de classes fixé : ConstruireIX,, X2,
..Xq)
unepartition
de X en q classesmonothétiques,
donc unegénéralisation 0
telle que :- pour tout
i, x(Xi)
soit une fonctioncaractéristique
deXi
et-
E[~]
soit maximum.Si l’on raisonne dans la
terminologie galoisienne,
ils’agit
de construire q fermés de Xqui
en réalisent une
partition.
n n’est bien sûr pasquestion
de construire tout le treillis de Galois pour en extraire unepartition optimale.
Les méthodes décrites ci-dessous sont donc aussi des méthodes pour construire unepartie
des fermés.On observe que
E[~]
est d’autantplus grand
que les monômes1t(Xi)
sont delongueur
maximum et donc les
descriptions
en intension de3Q
semblables. On retrouve donc leparadigme
de la classification : construire des classesd’objets
similaires. On noteraqu’ici
laressemblance entre deux
objets
est mesurée par lapart
dedescription qu’ils
ont en commun.Les deux
approches
méthodes de subdivision etméthodes
de classificationascendantes,
classiques
enanalyse
dedonnées, peuvent
êtreadaptées
pour réaliser àchaque
itération unoptimum
de E. Sansgarantir
uneoptimisation globale,
elles réalisent desoptimum
locaux.Nous
rappelons
tout d’abordquelques propriétés
élémentaires surtout si l’on raisonne en terme de fermetures.- Pour toutes classes Y c
Y’,
on ax(Y’) c x(Y).
Eneffet,
tout attribut constant sur Y’ l’est afortiori sur
Y,
doncx(Y’)
est inclus dansx(Y).
Si les deux monômes sontidentiques,
Y n’estcertainement pas
monothétique.
C’est la formulation duprincipe
de dualité entre extension etintension ; plus
l’une estgénérale, plus
l’autre estspécifique.
- L’union de deux classes
monothétiques
n’est pas nécessairementmonothétique ;
leurintersection l’est
toujours.
L’intersection de deux fermés est unfermé ;
par contre pour l’union il n’en va pas demême,
comme onpeut
le constater dans la table binaire ci-dessous. Les monômes propresn(11,21)
=abde’, 7c({3,4})
= bde sontcaractéristiques,
mais1t( { 1,2,3,4 } )
= bd ne l’est paspuisque { 5,6 }
cX(bd).
3.1 Méthode ascendante
De même que dans les méthodes ascendantes de
classification,
on considère initialement quechaque
élément de X constitue à lui seul une classe. Achaque étape
on va réunir deux des classes lesplus voisines,
si leur union estmonothétique.
On voit que la seconde remarqueimpose quelques
vérificationspréliminaires
avant la fusion des classes.D’abord il se
peut
que l’union de deux classesXi
etXj
ait un monôme proprequi
prenne la valeur "vrai" c’est une autre classeXk
c’est-à-direXk C X(n(Xi
UX~)).
Il faut doncréunir simultanément ces trois classes si l’on veut que cette réunion soit
monothétique.
SoitXl~
la classe résultant de l’union de
Xi
etXj.
Ensuite
il sepeut
que certains éléments d’une autre classeXk,
donnentégalement
la valeur"vrai" au monôme propre de
Xi.,
c’est à dire :La classe
Xk,
nepeut
fairepartie
deXg
et1t(Xij)
ne serajamais caractéristique.
De ce faitcette réunion
3g
UXj, qui
entraine éventuellement d’autres classes dans unregroupement Xij,
ne sera
jamais
faite.L’algorithme
s’arrêtelorsqu’il n’y
aplus
d’unionqui
crée une classemonothétique.
Dans cecas on réunit tout le monde en une seule classe. Bien
qu’il n’y
aitplus
de classecomplémentaire,
on admettraqu’elle
estmonothétique.
On
part
donc de lapartition
en n classes pourlaquelle
la valeurEn
de l’indice de cohésionest
maximum, puisque
toutes les formespertinentes
sont utilisées dans lagénéralisation
de X.On aboutit à la
partition
en uneclasse,
pourlaquelle
sa valeurE1
estminimum ;
elle est mêmenulle si X n’a aucune forme commune. A
chaque itération,
le nombre de classesdiminue,
ainsique la valeur de E. Pour achever la définition d’une méthode
ascendante,
il reste à définir la distanced(Xi, Xj)
entre les classesXi
etXj.
Nous avons noté
Xlj
la classe résultant de l’union deXi
etXj
et définissons d par lapart
de cohésionperdue :
La valeur de d
correspond
à la surface hachurée dans lafigure
1 oùXj
estsimplement
l’union des deux classes.
Soient
Pq
unepartition
en q classes etPq,
lapartition
enq’
q classes obtenue enregroupant
les classesXi, Xj
dePq
etpeut-être
d’autres pour assurer la contrainte"monothétique".
Onpose
E9
=E[~~]
etEq.
=E[ ~ q’]’ ~q
et~q~
étant lesgénéralisations correspondant à Pq
etPq,.
Ona :
Pour calculer l’indice de cohésion de
Pq.,
onsupprime
lesparts
d’indicequi correspondent
aux classes réunies et on
ajoute
cellecorrespondant
àX~.
*En
conséquence,
unepartition
à q classesmonothétiques
étantdonnée,
celle àq’
classesqui
maximise E est bien obtenue en réunissant les deux classes les
plus
voisines pour cette distance.Soulignons
que cette réunion n’est effectuée que si la classe résultante estmonothétique.
Figure
1. Monôme propre de l’union de 2 classesLes
rectangles
faces àXi
etXj figurent
les sous-tableaux binaires de leurs formescommunes. Les
parties
hachurées sont lesparts perdues
dansXii
*Cette méthode ascendante
s’apparente à
la méthode du lienunique [Sokal
& Sneath63],
pour une matrice de dissimilarité
égale
à la distance de la différencesymétrique (dans
le cas oùtoutes les formes sont
pertinentes),
à ceciprès :
- A
chaque étape
il faut calculer les distances de la nouvelle classe aux autres classesinchangées,
alors que dans les méthodeshiérarchiques
elle est évaluée à l’aide des valeursinitiales,
par lemaximum,
la moyenne ou d’autres formules.- Nous avons
ajouté
une contrainte sur la nature desclasses,
cequi
n’a de sens que si lesobjets,
et les classes restentdescriptibles
dans un espace dereprésentation.
Cette méthode dans le cadre booléen est semblable à la monomial
clustering présentée
par Pitt & Reinke[88]
commeexemple
d’une méthode de classificationconceptuelle
decomplexité polynômiale.
Dans leurprésentation,
les similitudes étaient évaluées une fois pour toutes, au lieu d’être ré-évaluées àchaque apparition
d’une nouvelle classe.Le choix des deux classes à réunir est souvent
problématique,
car on observefréquemment,
à
partir
de donnéesbinaires,
des valeursidentiques
de similitude. Afin de maximiserE,
il faut réunir àchaque étape
leplus grand
nombre de classes dont les distances deux à deux sontminimum. Cette
procédure,
un peucompliquée, s’exprime
dans le formalisme desgraphes
quenous
adoptons.
Il est bien connu
qu’une
dissimilaritépeut
être considérée comme la valuation des arêtes dugraphe complet
dont l’ensemble des sommets estX ;
la distanced(x,y)
est lalongueur
del’arête
(x,y).
Soit8
la valeur minimum de distance. Elle définit ungraphe
seuilG8
dont lessommets sont les classes et une arête lie deux classes ssi leur distance est
égale
à8.
Réunir unnombre maximum de classes revient à déterminer un nombre maximum d’arêtes
disjointes.
Enthéorie des
graphes
un tel ensemble d’arêtess’appelle
uncouplage
maximum dans08.
Leproblème
ducouplage
de cardinalitémaximum, classique
en théorie desgraphes [Berge 1970],
n’est pas détaillé
ici ;
la méthode utilisée construit un arbrealterné ;
il suffit ici de savoirqu’elle
est de
complexité polynomiàle,
cequi
n’est paspénalisant
dupoint
de vue dutemps
de calcul dans l’exécution del’algorithme.
Exemple
Nous traitons les données de
l’exemple
initial en considérant que les variablesB,
C et D nesont
pertinentes
que sous formedirecte, (puisque
ce sont trois modalités mutuellement exclusives sur la nature del’enveloppe
externe de cesespèces),
alors que toutes les autres lesont sous les deux formes. Aux 9
espèces
décritescorrespondent
les 9 monômes propresqui
sont
caractéristiques :
La valeur initiale de l’indice de cohésion est
égale
à la somme de leurslongueurs,
soitE9
= 54. Les distances calculées suivant la formule ci-dessus donnent : -Les valeurs minimum
permettent
de construire legraphe
seuilG2
ci-dessous dont les arêtesen gras forment un
couplage parfait.
On obtient :Figure
2.Graphe
seuil des distances minimumLes distances entre ces nouvelles classes sont recalculées : On obtient le
couplage ( 10,13)
et
(6,11 ).
Il ne reste
plus
que 3 classes. L’union des classes 15 et 12 a comme monôme propreafg, qui
n’est pascaractéristique, puisque
le cygnequi
est dans la classe 14possède également
cescaractères. Les autres réunions ont pour seul caractère commun a
qui
estpartagé
par tous, si bien que les trois classes sont réunies en une seule à la dernière itération.Classes 14 15 12 réunies en 16 : monôme a
Valeur de l’indice de cohésion 9
A la manière des arbres de
classification,
onpeut représenter
cette hiérarchie departitions
par le
dendrogramme
de lafigure 3 ;
lesobjets
sont ordonnés par un parcours deplus profonde
descente de l’arbre de classification.
Une
généralisation
en 3classes, séparées
par un traitcontinu,
nous donne la fonctiondisjonctive 4>3
danslaquelle chaque
monôme est biencaractéristique
de sa classe :E[tD3]
= 4x4 + 3x4 + 2x5 =38 ;
lapart
dedescription
utilisée estgrisée.
3.2. Méthode descendante
Pour les méthodes
ascendantes,
il est bien connu que lespartitions
en unpetit
nombre declasses,
cellesqui
sont utilisées dans lapratique,
sont lesconséquences
des choix réalisés endébut de
procédure.
Par contre les méthodes descendantes sont des méthodes desubdivision ;
on commence par
segmenter
X en deuxclasses, puis
chacune d’entreelles, jusqu’à
atteindre lenombre de classes
cherché,
ou quechaque
classe soit réduite à unsingleton.
Dans un espace dereprésentation booléen,
on choisit la variablequi optimise
un certaincritère,
parexemple
leChi2
[Williams
& Lambert1959].
C’estplus
ou moins ce que nous allons faire en réalisantencore des subdivisions
qui optimisent
localement l’indice de cohésion.Plus
généralement,
considérons uneconjonction
devariables,
sous formequelconque,
c’està dire d’un monôme a. A
partir
de ce monôme on réalise une subdivision de X par l’enchaînement desopérations :
- construire
X(a),
et son monôme propre7c(X(a)) ;
- construire le
complémentaire
deX(a)
dansX,
noté X’ et de mêmen (XI)
On a ainsi subdivisé X en deux
classes, X(a)
et X’. Lapremière
esttoujours
une classemonothétique puisque 1t(X(a»
est la fermeture de a ; c’est donc une fonctioncaractéristique
deX(a)
dans X. Il n’en est pastoujours
de même pour X’. D’abord il sepeut qu’il n’y
ait aucuneforme dans
1t(X’) ; 1(n(X’»
= 0 et les éléments de X n’ont aucun caractère commun. Ensuite le monôme propre de X n’est pas nécessairementcaractéristique.
Dans cette méthode desubdivision,
nous nous restreindrons auxbipartitions conceptuelles.
Si au moins un attribut estpertinent
sous ses deuxformes,
il en existetoujours.
Il n’est pas
envisageable
d’étudier les subdivisionscorrespondant
à tous les monômes. Onse restreindra :
- aux monômes de
longueur 1,
c’est à dire que pour toute variable Aqui
n’est pas dansx(X),
on étudie la
bipartition {X(a), X(a’)}.
- aux monômes de
longueur
2. Ces dernierscorrespondent
aux combinaisons des attributs deux à deux. Pour toutepaire
attributs on calcule les effectifs des cases00, 01,
10 et 11.Chaque
case "non vide"peut
donner lieu à une classe Y. Tous ces tableaux croisés sont calculés initialement et constituent ce que l’onappelle
le tableau de Burt. Pour ne pas opposer une classe d’effectiftrop
faible à sa classecomplémentaire qui
contiendrait presque tous lesobjets,
onpeut
se limiter aux cases d’effectifsuffisant
c’est à diresupérieur
à un certainseuil ;
onpeut
ainsi fixer un nombre minimum d’éléments par
classe,
cequi peut garantir
des classeséquilibrées.
On noteBx(a)
=1 X(a)
1.A l’évidence
x(X(a))
contient a, maispeut
être delongueur supérieur
à2 ;
il contient alorsplusieurs
monômes delongueur
2. Ceci nous amène à établir uneproposition qui permet
de ne pasdévelopper plusieurs
fois la mêmebipartition.
De ce faitl’algorithme qui
en découle est trèsefficace.
PROPOSITION
Pour toute classe X et
{a,b,c} Cl.,
on aX(ab)
=X(ac)
=> c Ex(X(ab))
etBX(ab)
=BX(ac) DÉMONSTRATION
~ Si
X(ab)
=X(ac),
tous les éléments de Xqui possèdent
les caractères a et bpossèdent
aussile caractère c, donc
BX(ab)
=BX(ac)
et, de la mêmefaçon, BX(ab)
=BX(bc)
parsymétrie.
Lemonôme propre de
X(ab)
contient c. De la mêmefaçon
b E1t(X(ac)).
~ Si c E
x(X(ab)),
alorsX(ab)
ÇX(ac).
Mais si deplus BX(ab)
=BX(ac)
alors on al’égalité.
On examine les monômes dans l’ordre décroissant des effectifs des cases du tableau de Burt que l’on utilise pour marquer les monômes
qui
conduisent à desbipartitions déjà
étudiées. Plusprécisément :
Si k Ex(X(ab))
etBX(ak)
=BX(ab),
on poseraBX(ak)
= 0.Le
principe
de cette méthode descendante est de subdiviser àchaque
itération une classe. Lechoix de cette classe
peut dépendre
de son indice de cohésion(classe
dont la valeur estminimum),
du nombre d’éléments(classe
de cardinalmaximum),
de lalongueur
des monômescaractéristiques. Quel qu’il soit,
décrivons la subdivision d’une classeY ;
initialement Y = X.1. Initialiser une liste L de monômes avec les formes directes des variables K
qui n’appartiennent
pas à1t(Y), [
sinonY(k)
ouY(k’)
est vide].
Calculer le tableau de Burt de Y.
Ranger
dans L les monômes a delongueur 2,
tels queBY(oc) > 1,
dans l’ordre décroissant des effectifs que l’on mémoriseégalement.
2. Pour tout a E L faire
Calculer
Y(a), 1t(Y(ex)
Pour tout
i,j
e1t(Y(ex)), posons §
:=ij
Si P
E L etBy(p)
=By(ex) supprimer #
dès LSoit Y’ le
complémentaire
deY(a)
dans Y : Calculerx(Y’)
Pour tout
i,j
Ex(Y’), posons p
:=ij
Si P
E L etBy(p)
= 1 Y’1 supprimer #
de LSi
1t(Y’)
n’est pascaractéristique
de Y’ AlorsE[ÏBJ = - E[~a]
3. Choisir
parmi
les1> a
lagénéralisation
d’indice E maximum etsegmenter
YCet
algorithme
est decomplexité polynomiale, puisque
l’on examine auplus m+m. (m-1 )l2 bipartitions
et que pour chacune on calcule le monôme propre dechaque
classe par desopérations
en0(n.m)
etqu’on
vérifie avec la mêmecomplexité qu’il
estcaractéristique.
L’algorithme
est donc dans le cas lepire
en0(n.m3).
Exemple
Traitons les données initiales avec les mêmes formes
pertinentes.
Les variablesB, C,
D étantmutuellement
exclusives,
nous ne considérons pas les croisements de ces variables deux à deux. Le tableau de Burt sur X est :On examine d’abord les
partitions
de X suivantB, C, ..
G et l’on obtient :X(b) = { 1,2,3,9 }, ?r(X(b))
=abe’h,
X’ =X(b’) = { 4,5,6,7,8 }
et~t(X’)
=afg.
Commenous l’avons
déjà
vu, cette classe n’est pasmonothétique.
Les casesab, be’,
bh dont l’effectifest 4 sont
supprimées
deL ;
aucune autre case n’estsupprimée
du fait de la classecomplémentaire.
Lacorrespondance
entre une classe et son monômecaractéristique
s’écritsouvent comme le
produit
cartésien de deux ensembles. On notera defaçon synthétique
cesrésultats sous la forme :
B :
{1,2,3,9} x
abe’h1 {4,5,6,7,8}
x abe’f ~ M E = -31ab, be’,
bh Poursuivons l’examen des autres attributs :TI reste à examiner les monômes de
longueur
2 nonéliminés,
et d’abordfg
d’effectif 6 ete’h d’effectif 5.
Il reste encore à examiner les cases d’effectif 2. Nous ne les détaillerons pas. A
chaque
fois
~t(Y’)
= a, donc Y’ n’est pasmonothétique.
La meilleure des
bipartitions
étudiées est celle obtenue encoupant
suivantB,
mais elle n’est pasconceptuelle,
nonplus
que celles suivantfg
ou e’h. On se rabattra donc sur l’une despartitions
d’indice 24. Si l’onprivilégie
les classes d’effectifséquilibrés
on choisira la subdivision suivantE, qui
isole lesespèces
àdents,
ou encore la subdivision suivant Hqui sépare
lespoissons.
Ici on obtient commegénéralisation
à deux classes l’une des deux formules :Des
poids
sur lesattributs,
ou mieux encore sur lesformes,
auraientpermis
de lesdépartager.
Cecipeut
être fait à l’itération suivante. Si l’on cherche unebipartition conceptuelle
de la classe
X(ae’),
on en trouve 2 d’indice22,
par contre pour la classeX(ah),
on en trouveune
d’indice 26, qu’on
luipréférera.
On trouve fmalement unepartition
en troisclasses,
différente de celle de la méthode ascendante mais de même valeur d’indice de cohésion.
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