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Résistance aux maladies: situation actuelle de certains légumes
CORBAZ, Roger, GRANGES, André, PELET, Francis
Abstract
On énumère les principales sources, la stabilité et le type de résistance aux maladies introduits dans la laitue, la tomate, le concombre et le haricot. Les mesures parfois prises pour éviter une adaptation rapide des agents pathogènes sont signalées.
CORBAZ, Roger, GRANGES, André, PELET, Francis. Résistance aux maladies: situation actuelle de certains légumes. Revue suisse de viticulture, arboriculture, horticulture , 1992, vol. 24, no. 1, p. 5-9
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Station fédérale de recherches agronomiques de Changins
Directeur: Alexandre Vez
Résistance aux maladies: situation actuelle de certains légumes·
R. CORBAZ, A. GRANGES1 et F. PELET, Station fédérale de recherches agronomiques de Changins, CH-1260 Nyon
Résumé
On énumère les principales sources, la stabilité et le type de résistance aux maladies intro- duits dans la laitue, la tomate, le concombre et le haricot. Les me- sures parfois prises pour éviter une adaptation rapide des agents pathogènes sont signa- lées.
Introduction
La sélection de plantes maraîchères ré- sistantes est une des rares méthodes de lutte dans le domaine des viroses. Vu le nombre d'espèces potagères et de leurs variétés, nous nous bornons à traiter la question pour un nombre très limité de cultures: laitue, tomate, concombre et haricot. D'autre pait, le nombre élevé de virus qui peuvent les infecter nous oblige à nous linùter aux viroses qui jouent un rôle important dans notre pays.
Pour obtenir des variétés résistantes, on peut suivre deux voies principales, à savoir:
• rechercher dans l'espèce hétérogène des individus ou des lignées très peu sensibles;
• transférer, par croisement interspéci- fique ou par les méthodes du génie génétique, un facteur de résistance existant dans une autre espèce.
Pendant longtemps et d'une manière plus ou moins consciente, l'homme a suivi la prenùère voie et sélectionné les sujets qui, par mutation ou croisement
1 Centre d'arboriculture et d'horticulture des Fougères, CH-1964 Conthey.
Revue suisse Vitic. Arboric, Hortic, Vol, 24 (1): 5-9, 1992
naturel, présentaient une faible sensibi- lité. Il s'agit, en général, d'une résis- tance qui n'est pas totale, due à plu- sieurs gènes, d'où le nom de résistance polygénique (VAN DER PLANK, 1968), mais qui a l'avantage d'être stable. Elle est souvent nommée tolérance géné- rale.
Dès le début de ce siècle, les progrès de la génétique ont permis de surmon- ter les obstacles rencontrés dans les croisements interspécifiques (stérilité du F1, nécessité de nombreux recroise- ments avec le parent cultivé). Cette méthode a pernùs d'introduire une ré- sistance totale, souvent due à un seul ou un petit nombre de gènes, d'où le terme de résistance oligogénique.
Dans nombre de cas, la résistance mo- nogénique a été rapidement surmontée par une nouvelle race du pathogène qui s'adapte. La rapidité d'adaptation est fonction de la mise en culture sur de vastes surfaces des variétés à résistance
oligogénique. Chez les légumes, on trouve les deux types de résistance, mais le type oligogénique, donc soumis à l'apparition de nouvelles races et souches, vient largement en tête. Tou- tefois, cette règle connaît quelques ex- ceptions bienvenues, répertoriées par MESSIAEN (1981) (tabl. 1).
Notons que la résistance monogénique dominante peut être utilisée pour la création d'hybrides de première géné- ration, ou F 1, tandis que la résistance polygénique est plutôt gardée dans des variétés stabilisées ou homozygotes.
Laitue
Mycoses
Le mildiou de la laitue ( Bremia lactu- cae) est sans doute la maladie la plus difficile à combattre chimiquement, l'emploi des fongicides étant fortement Tableau 1. Résistances monogéniques dominantes n'ayant jamais été mises en défaut.
Hôte Concombre Cucumis sativus Chou
Brassica oleracea Tomate
(Lycopersicum esculentum) Haricot
(Phaseolus vulg.) Tomate
(Lycopersicum esculentum)
Parasite Espèce où le gène a été trouvé (année) C/adosporium cucumerinum Cucumis sativus (1939) (huile grise)
Fusarium oxysporum f. sp. Brassica oleracea (1930) cong/utinans
(Fusariose vasculaire)
Stemphylium so/ani Lycopersicum pimpinellifolium
(gène Sm) (1949)
Mosaïque commune Phaseo/us vulgaris (1950) (gène 1)
Mosaïque du tabac Lycopersicum peruvianum
(gène Tm 2.a) (1963)
DÉPARTEMENT DE BOTANIQUE ET DE BIOLOGIE VÉGÉTALE
BIBLIOTHÈQUE 3, place de l'Université
CH-1211 GENÈVE 4
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Fig. 1. Aspect d'une culture de laitue pom- mée très affectée par le mildiou (Bremia lactucae).
restreint à cause des résidus (fig. 1).
L'obtention de variétés résistantes au mildiou présente donc un grand intérêt.
Malgré la présence d'un certain niveau de résistance chez d'anciennes variétés comme Trocadero (MESSIAEN et al., 1991 ), ce sont les résistances mono gé- niques qui sont exploitées. On a tiré 18 gènes de résistance, surtout de Lactuca serriola, qui sont transférés successive- ment ou en groupe chez Lactuca sati- va. Seule la résistance R18 n'a pas été surmontée. Parmi les variétés du com- merce, certaines sont résistantes à plu- sieurs races: Ravel à 5; Jessy, Orba à 6.
En Suisse, on rencontre les races 14 et 15; il semble que les races 16 et sui- vantes ne se soient pas manifestées.
L'adaptation du Bremia est rapide, même pour les variétés cumulant plu- sieurs résistances, un fait qui normale- ment retarde le début d'épidémie. Pour sortir du cycle infernal «nouvelle résis- tance-adaptation», il faudrait recher- cher une résistance polygénique de haut niveau et réaliser un travail de base qui n'intéresse pas les maisons privées, parce qu'économiquement et à court terme, il n'est pas rentable.
Dans un essai de variétés au Centre des Fougères à Conthey, en automne 1990, il a été mis en évidence que les variétés (pour la serre) Animo, Parade et Luxor munies d'une résistance aux races (NL) 14 et 15 se sont montrées effectivement
les plus résistantes au Bremia lactucae présent (tabl. 2). D'autres variétés re- commandées en Suisse (Directives ma- raîchères 199111992) sont également munies des résistances aux deux races mentionnées ci-dessus; il s'agit de Vicky (serre et tunnel), Pia (tunnel) et Mariska (pleine ten-e).
Viroses
La mosaïque de la laitue apparaît sous une forme très épidémique, en été et en automne, dans les grands bassins de production où la présence continue de cultures de laitues permet l'accroisse- ment de l'inoculum au cours de l'été.
Les variétés les plus fines, comme Tro- cadéro, Patience ou Cazard, sont aussi les plus affectées, alors que les variétés plus rustiques, comme Kraganer ou certaines Batavia, supportent rrüeux les infections tardives (fig. 2).
Fig. 2. Feuille de laitue atteinte de mo- saïque.
Tableau 2. Essai sur la résistance au Bremia lactucae (mildiou) de variétés de laitue pommée. Notation de la maladie en fin de culture.
Résistances génétiques Notation' des symptômes Variété Obtenteur aux différentes races de Bremia /.
(races NL) de mildiou au 28.11
Ravel RijkZwaan 1-3; 5-6; 11-13 3,9
RZ42-07 RijkZwaan 1-7; 10-11; 13; 15 4,0
RZ 42-42 Rijk Zwaan 1-7; 10-12 5,0
Geisha Vilmorin 1-6; 11-14 4,8
Parade Enza Z. 1-7; 10-11; 13-15 2,3
Animo Leen de Mos 1-7; 10; 13-15 2,0
Luxor Leen de Mos 1-7; 10-15 2,5
Gal ore Leen de Mos 1-6; 11-14 4,8
Barry Leen de Mos 1-7; 10-13 4,8
1Note; 1 =sans, 3 =moyen, 5 =très forts symptômes.
(Centre des Fougères, Conthey - Culture en serre; 28.9-28.11.90.)
La variété argentine Gallega del Inver- no a été utilisée comme source de ré- sistance dans plusieurs pays pour des croisements avec des types indigènes auxquels il était souhaitable d'incorpo- rer le gène récessif Mo de tolérance, présent dans cette variété. Nous avons nous-mêmes travaillé à un programme de ce type (F. PELET et al., 1978). En présence de ce gène, le virus s'inocule difficilement et sa multiplication ulté- rieure est considérablement freinée; la transmission de virus dans la graine de plantes infectées est très faible. La sé- lection dans la descendance des lignées issues de tels croisements se révèle dé-
licate~ car il faut sélectionner les types tolérants et non ceux qui auraient sim- plement échappé aux infections natu- relles ou artificielles. De plus, la varié- té Gallega apporte de nombreux carac- tères indésirables du point de vue de la végétation, qu'il faut ensuite éliminer.
Aujourd'hui, l'utilisation de graines contrôlées pour la présence de mo- saïque s'est généralisée et les produc- teurs des régions exposées disposent de nombreuses variétés tolérantes.
Pour ce qui concerne la maladie des grosses nervures, la sensibilité des va- riétés diffère, sans que l'on ait des types véritablement résistants à dispo- sition.
Tomate
Mycoses
Contre la fusariose vasculaire (Fusa- rium oxysporum
f
sp. lycopersici=
Fol), un gène i fut introduit à partir de Lycopersicum pimpinellifolium. Com- me il arrive souvent, une nouvelle race de pathogène est apparue. On connaît actuellement 2 races de Fol. Un troisiè- me gène de résistance i3, tiré de Lyco- persicum pennelli, est utilisé en Aus- tralie (MESSIAEN et al., 1991).
La cladosporiose (fig. 3)~ agent Fulvia fulva, a fait l'objet de recherches de-
puis longtemps, dans le but de lui op- poser des variétés résistantes. Pour l'instant, 5 races ont surmonté succes- sivement des gènes tirés de L. pimpi- nellifolium et L. hirsutum.
Les hybrideurs tentent de préparer des plantes F1, contenant deux ou plusieurs gènes nouveaux, en renonçant à lancer des hybrides F1 avec un seul gène en- core non exploité, afin d'éviter une adaptation «pas à pas» de Fulvia fulva.
Contre la maladie des racines Iié- geuses, ou «Corky-root», causée par Pyrenochaeta lycopersici, un gène de résistance récessif pyl a été obtenu à
Fig. 3. Différence de sensibilité à la cladosporiose ( Fulvia fulva) de 2 variétés de tomates élevées dans la même serre; à gauche: Maindor, très sensible, à droite: Fusca, peu sensible.
partir de L. glandulosum. Quelques hy- brides de tomates actuels en sont pour- vus. Nous mentionnons, dans le tableau 3, quelques-uns des résultats obtenus en essais sous serre, au cours de ces deux dernières années, avec trois varié- tés munies d'une résistance au Pyreno- chaeta lycopersici. Il s'agit des variétés Billy, Corella et Tabor.
Viroses
hypersensibilité de la tomate en cas d'infection.
Les sélectionneurs cumulent ces diffé- rents gènes en utilisant, comme pa- rents, des variétés homozygotes por- teuses d'un ou plusieurs gènes de résis-
tance, de telle sorte que les hybrides F1 portent un allèle au moins de chaque gène de résistance, ou qu'ils soient ho- mozygotes pour au moins deux des trois gènes. De telles combinaisons donnent la protection la plus complète dans les cultures: le caractère de tolé- rance diminue le risque que la plante soit infectée, car l'inoculation du virus s'opère beaucoup moins facilement et l'hypersensibilité réduit le taux de mul- tiplication du virus si l'infection a lieu.
Toutefois, le virus lui-même s'adapte en présence des types résistants, de telle sorte que des souches capables de surmonter toutes les résistances connues existent. Heureusement, la ré- sistance multigénique limite pour le moment leur extension. La protection conférée par le gène TM-2a diminue si la température ambiante est élevée,
La sélection de types de tomates résis- tants à la mosaïque du tabac constitue un des succès de la génétique des plantes maraîchères (fig. 4). La résis- tance provient de Lycopersicum hirsu- tum et de L. pimpinellifolium, ainsi que de L. peruvianum. Un gène de résistan- ce dominant TM-1 induit une tolérance à l'infection. Le gène TM-2, aussi do- minant, provoque une réaction d'hy- persensibilité en présence de virus, mais ce gène est associé au caractère nv de virescence, de telle sorte que les plantes homozygotes pour TM-2 ne peuvent pas donner des variétés com- merciales. Le gène TM-2a, trouvé dans
L. peruvianum, induit également une Fig. 4. Nécroses sur pédoncules et fruits dues au virus de la mosaïque du tabac (TMV).
Tableau 3. Essais de variétés de tomates en serre. Quelques résultats obtenus avec des variétés résistantes aux «racines
liég~uses» (Pyrenochaeta /ycopersici).
Rendement
Poids moyen Notation du
Essai Variété Résistances1 d'un fruit (kg) (%) «corky-roofn
(g) 1" choix/m2 1er choix sur racines2
(Essai Conthey RAC: Tenor TmVFN 135 11,3 83 2,6
Culture: 11.4-16.8.90 en serre) F224 TmVF2NC5S 125 9,7 83 3,6
Corella TmC5PVF2N 111 9,0 72 1,2
Tresor TmVFN 105 8,5 66 2,3
(Essai Rives de Prangins RAC: Tresor TmVFN 107 13,3 98 -
Culture: 2.4-7.8.90 en serre) Corella TmC5PVF2N 107 12,7 96 -
Tabor TmVFP 113 11,7 94
-
F224 TmVF2NC5S 105 11,2 87
-
(Essai Conthey RAC: Billy TmVF2NC5P 131 13,3 78
-
Culture: 18.4-22.8.91 en serre) Tenor TmVFN 134 12,8 79 -
Tresor TmVFN 108 12,4 76 -
1 Tm = Virus de la mosaïque du tabac; N = Nématodes; P = «Gorky-roof,,; C = Cladosporiose (2 ou 5 races); F = Fusariose; F2 = résistant à r1, ex r21 ; S = Stemphyfium;
V = Verticif/ium.
' Notes: «Gorky-roof»: 1 =sans; 3 = moyen; 5 =très forts symptômes.
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ainsi, dans les cultures de serre, les types résistants présentent occasionnel- lement des stries nécrotiques, qui peu- vent entraîner la mort si les tempéra- tures sont supérieures à 25 °C. Il est donc important de ne pas cultiver côte à côte des variétés sensibles et des va- riétés résistantes, pour que l'inoculum viral reste faible.
La plupart des variétés de serre et de plein champ actuelles possèdent un ou plusieurs gènes de résistance au TMV, cependant les types de tomates cerise et d'anciennes variétés, comme San Marzano ou les types Montfavet, sont sensibles et risquent de perpétuer des suud1es ùe virus capables eusuile ùe muter et d'attaquer les types résistants.
La présence d'autres virus de la tomate est aujourd'hui plus fréquente que celle du TMV; c'est le cas des virus du grou- pe de la mosaïque du concombre et, en particulier, du virus de l'aspermie de la tomate. Ce dernier peut infecter également un très grand nombre de mauvaises herbes et se transmettre dans leur graine.
Le virus de la mosaïque du concombre peut provoquer des stries nécrotiques et de graves nécroses de la tige entraînant la mort. En fait ces symptômes sont dus à un acide nu- cléique satellite qui joue un rôle très important pour l'expression des symp- tômes, soit en limitant, soit au contraire en favorisant la multiplication du virus.
On a utilisé ces propriétés du satellite dans la création de plantes de tomates transgéniques en incorporant, dans le génome de la tomate, l'acide nucléique satellite qui freine la multiplication du CMV. Les plantes transgéniques sont ainsi protégées d'une infection ulté- rieure par la mosaïque, comme si elles avaient été en quelque sorte vaccinées.
En ce qui concerne le virus des taches brûnzées de la tûmate (TSV/V), ün ne connaît pas de variétés résistantes de tomate, à l'exception de Pearl Harbor, mais il existe toute une gamme de sen- sibilité dans les variétés cultivées: dans notre pays, les variétés Maindor et Tabor se sont révélées les plus sen- sibles.
(Pour les bactérioses de la tomate, voir l'article de O. Cazelles dans ce nu- méro.)
Concombre
MycosesLe mildiou des Cucurbitacées, Pseu- doperonospora cubensis, est une ma- ladie importante du feuillage du concombre, du cornichon et du melon.
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Les sélectionneurs américains ont in- troduit une résistance dans le type
«concombre épineux», à partir de va- riétés orientales. La variété Poinsett possède un haut niveau de résistance, resté stable dans le monde entier. Un des gènes récessifs conférant la résis- tance au mildiou serait aussi impliqué dans la résistance à l'oïdium, ce qui fait que plusieurs variétés combinent la résistance aux deux maladies (MES-
SIAEN et al., 1991).
Les oïdiums Erysiphe cichoracearum et Sphaerotheca fuliginea, tout en étant fréquents, sont moins dangereux que le mildiou. On connaît 3 gènes impliqués dans la iésistance à l'oïdium: un réces- sif S, un dominant R, qui permet une immunité totale, s'il est accompagné des gènes i et s. Les combinaisons de ces 3 gènes provoquent soit une résis- tance totale ou partielle, soit une gran- de sensibilité.
Un grand nombre de variétés de concombre possèdent une résistance ± élevée, souvent combinée avec la résis- tance à Cladosporium cucumericum et à la mosaïque du concombre (CMV), pour les types cornichon et concombre épineux (BLANCARD et al., 1991).
Six des huit variétés de concombre de serre, recommandées aujourd'hui dans l'assortiment suisse (Directives maraî- chères 199111992), sont munies d'une résistance à l'oïdium. Il s'agit des va- riétés Alcor, Aramon, Camirex, Car- men, Cordoba et Santo.
Viroses
Les variétés de cornichon Chinese Long et Tokyo Long Green ont fourni les premières sources de résistance à la mosaïque du concombre pour les cul- tures américaines de plein champ. Il y aurait un ou plusieurs gènes, considé- ïés paï ceïtains autems Cûmme domi- nants, par d'autres comme récessifs, et parfois accompagnés de gènes complé- mentaires. Les résultats peu concor- dants sont probablement dus à la multi- tude des souches de ce virus et aux conditions locales de chaque expérien- ce. Quelle que soit la forme de cette ré- sistance, la protection est apparemment due à une multiplication limitée du virns, qui permet à la plante de réagir par l'expression d'une tolérance. On trouve actuellement des variétés de concombre, comme Ardo, Jason, Adir, Pandorex ou Dukara, tolérantes au CMV. Pour les autres Cucurbitacées, la résistance du melon a été bien étudiée et les lignées obtenues présentent des caractères polygéniques de résistance au principal puceron vecteur, Aphis gossypii. Le «screening» dans les géné-
rations issues de tels croisements est laborieux et délicat. Dans les variétés de courges et de courgettes, on trouve également des types tolérants.
On peut signaler que, pour le concombre et le melon, les techniques du génie génétique sont utilisées aux Etats-Unis dans le but d'obtenir des va- riétés résistantes. D'une manière géné- rale, la résistance au CMV est liée à des facteurs complexes qui concernent la transmission par les pucerons, la ré- sistance à l'inoculation et la circulation du virus dans la plante. Il est donc évi- dent que l'on ne peut pas faire de sé- lection, sans maîtriser des connais- sances de base sur les relations entre la plante et le pathogène. L'utilisation de types tolérants diminue le risque de graves épidémies, à condition qu'on prenne des mesures de protection, comme l'élimination des plantes hôtes et des réservoirs de virus et de vec- teurs.
Le virus de la mosaïque de la pas- tèque a causé en Suisse, en 1988, de graves dégâts dans les cultures de cour- gettes, et, au sud des Alpes, il est sou- vent plus dangereux que le CMV.
Toutes les variétés de courgettes y sont sensibles, alors que des concombres et des pastèques résistants existent.
Haricot
Bactérioses et mycosesLa graisse du haricot, Pseudomonas syringae pv. phaseolicola, et l' anthrac- nose, Colletotrichum lindemuthianum, ont retenu l'attention des hybrideurs.
Contre la graisse du haricot, un gène dominant de résistance fut introduit à partir de «Red Mexican», mais l'appa- rition rapide d'une nouvelle race chez la bactérie réduisit à néant ces effürts.
Actuellement, on connaît 6 gènes qui, tous réunis, confèrent une haute résis- tance qui est en train d'apparaître dans les nouvelles variétés comme Vaillant (haricot mange-tout vert).
Les travaux sur l'anthracnose (Colle- totrichum lindemuthianum) remontent à 1930; on connaît 6 races du champi- gnon. Heureusement, le gène Arc fut découvert dans une variété vénéwé- lienne; il s'est révélé efficace contre toutes les races connues. Toutefois, de nouvelles races surmontant le gène Arc sont apparues en Amérique centrale;
elles n'ont pas atteint l'Europe, grâce aux mesures phytosanitaires et aux ef- forts des producteurs de semences.
L'INRA dispose encore de 2 gènes de réserve, si bien qu'en Europe, la situa- tion est très satisfaisante.
Viroses
La recherche de variétés résistantes au virus a porté surtout sur les virus 1 et 2 du haricot. Une grande partie des varié- tés actuelles de haricots nains de type commercial sont résistantes au virus de la mosaïque commune. Par contre, les anciennes variétés naines et les haricots à rames y sont généralement sensibles.
L'un de nous a d'ailleurs collaboré en son temps à un programme d' améliora-
ti~n d'une des plus vieilles variétés de haricot nain (ROSSIER et PELET, 1970).
La résistance au virus 1 du haricot provient d'une variété américaine à gousse verte, Corbett Refugee, et d'une variété à écosser, Robust. Dans Corbett Refugee et ses nombreux descendants, la résistance est gouvernée par deux gènes (AA et Il) dans une combinaison où le second inhibe l'expression de la maladie. La résistance de Robust est monogénique et due à la forme récessi- ve du gène A. Cette résistance se main- tient depuis plusieurs décennies, même si on a isole des souches du virus ca- pables de la surmonter. Heureusement, ces dernières ne se sont pas dissémi- nées de manière généralisée. La résis- tance disparaît à 28-30 °C, parce que l'inhibiteur n'agit qu'à des tempéra- tures plus basses. Le virus provoque alors une nécrose qui peut devenir sys- témique.
La résistance au virus 2 du haricot (mosaïque jaune) existe dans Phaseo- lus coccineus, dont certaines sélections résistent mieux au virus de la mosaïque jaune, grâce à deux ou trois gènes ma- jeurs de résistance. Dans notre pays, la mosaïque jaune joue un rôle très im- portant du fait que les cultures de hari- cots couvrent de petites surfaces et se trouvent presque toujours à proximité des énormes réservoirs de virus que re- présentent les prairies et les cultures de trèfle et de luzerne (fig. 5).
Parmi les nombreuses autres viroses du haricot, on peut mentionner les dégâts que provoquent le virus des taches bronzées de la tomate (le «spotted wilt») dans les cultures de serre et le virus de la mosaïque du concombre, dont certaines souches se sont spéciali- sées dans les légumineuses. En ce qui concerne ces maladies, les recherches de variétés résistantes sont moins pous- sées.
Fig. 5. Gaufrage et décoloration causés par la mosaïque jaune du haricot.
Conclusions
Pour les mycoses, le fait de donner une priorité à la résistance oligogénique ne procure qu'un temps de répit très court.
On est engagé dans une course-pour- suite, où le champignon finit toujours par rattraper les efforts des hybrideurs, grâce à la constitution de nouvelles races. Il serait plus sage de concentrer les efforts sur le long terme, soit sur des recherches de résistance polygé- nique, quitte à maintenir une lutte chi- mique minimale ou, mieux encore, de combiner les 2 types de résistance.
Malheureusement, l'attrait économique des hybrides F1 contribue fortement à donner la préférence au système à court terme de la résistance oligogé- nique. On constate néanmoins que des efforts de coordination au niveau mon- dial permettent d'éviter des dispersions malheureuses de nouvelles races.
Il n'en demeure pas moins qu'il reste encore beaucoup de recherches et de travaux à effectuer pour obtenir un ni- veau de résistance plus élevé aux mala- dies principales, le tout allié aux quali- tés techniques, culturales et organolep- tiques exigées par la production, le commerce et le consommateur.
Il nous paraît évident que seules ces re- cherches permettront d'arriver à des progrès sensibles dans une production intégrée.
Bibliographie
ANONYME, 1991. Directives pour la culture ma- raîchère suisse 199111992. Editées par: Union suisse du légume, 3232 Ins.
BLANCARD D., LECOQ H. et PITRAT M., 1991.
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PELET F., GAGNEBIN F. et BONNET J.-Cl., 1978.
Comportement de lignées de laitues résis- tantes à la mosaïque. Rev. horticole suisse 51 (1), 5-16.
ROSSIER A. et PELET F., 1970. Amélioration de la variété de haricot nain «ldeal» par l'introduc- tion de résistance à la mosaïque commune.
Rev. horticole suisse 43 (11), 274-281.
VAN DER PLANK J. E., 1968. Disease Resistance in Plants. Academic Press, New York, 206 p.
Zusammenfassung
Krankheitsresistenz: Aktuelle Lage bei gewissen Gemüsen
Die wichtigsten Krankheitsresistenzen, ihre Ursprungsquellen, ihre Stabilitat und ihr Typ wurden für Salat, Tomate, Gurke und Bohne beschrieben. Er- wahnt wurde, dass leider nur manchmal praktische Massnahmen genommen werden, um eine schnelle Anpassung zu verhüten.
Summary
Dlsease resistance ln some vege- table crops today
For lettuce, tomato, cucumber and bean, the main types of resistance to virus, bacterial and fungal diseases are considered from a practical standpoint.
The sources of resistance are men- tioned. The level of protection are dis- cussed regarding their expectable dura- bility. Steps taken to avoid a rapid breakdown of some resistant varieties in culture are emphasized.
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