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Texte intégral

(1)

Les soins dentaires en

Belgique sur la période

ÉTUDE

(2)

Siège social :

route de Lennik 788A, 1070 Bruxelles - Belgique (RPM Bruxelles) [email protected] - www.mloz.be - N° d’entreprise : 411.766.483

Rédaction : Rudy Van Tielen - Güngör Karakaya Coordination : Karima Amrous

Layout : Marinella Cecaloni Editeur Responsable : Xavier Brenez

(3)

Table des matières

06 Objectif, données et classification

08 Population de l’étude 09 Recours aux soins dentaires

13 Nature des soins lors d’un contact avec le dentiste

20 Analyse des dépenses de l’assurance obligatoire (AO) pour les soins dentaires 29 Analyse des tickets modérateurs à charge du patient pour les soins dentaires

Les soins dentaires en

Belgique sur la période

2011-2015

(4)

Les soins dentaires en

Belgique sur la période

2011-2015

Quels recours aux soins ? Quels remboursements ?

Quels coûts pour la famille ?

Une bouche saine est un indicateur de bonne santé, car des dents ou des gencives abîmées peuvent provoquer de graves maladies. L’OMS le répète depuis des années : «La santé bucco-dentaire est essentielle pour l’état général et la qualité de la vie». Parmi les facteurs de risque des affections bucco-dentaires figurent, outre une hygiène insuffisante de la bouche, la mauvaise alimentation, le tabagisme et une consommation problématique d’alcool. Certaines maladies bucco-dentaires peuvent avoir des conséquences sur la santé globale (pathologies inflammatoires, accouchements précoces...). Les bactéries de la bouche peuvent migrer par la voie sanguine dans tout l’organisme : le cœur, les sinus, les reins, les yeux, les articulations. Afin de suivre et de traiter les affections bucco-dentaires et d’aider le patient à mettre en place des mesures de prévention adaptées à sa situation, une visite de contrôle est recommandée chaque année.

Cette recommandation est-elle bien suivie en Belgique ?

Selon nos sources, une personne sur deux ne consulte pas son dentiste annuellement. Ces chiffres sont confirmés par les résultats de l’enquête de santé 2013 réalisée par l’Institut

Scientifique de Santé Publique (ISSP) : environ 40% des personnes interrogées1 déclarent ne

pas se rendre chez le dentiste chaque année.

Cette sous-consommation constitue un problème de santé publique. L’une des priorités des autorités publiques est d’améliorer la santé bucco-dentaire de la population et de garantir l’accès aux soins, notamment pour les groupes les plus démunis (BIM ou bénéficiaires de l’in-tervention majorée). Les soins dentaires financés par l’Etat représentaient 878 millions d’euros en 2015, soit 3% des dépenses des soins de santé mais ce montant est nettement sous-estimé car il se rapporte à la prise en charge par l’assurance obligatoire (AO) via les organismes assu-reurs. La part supportée par le patient (ticket modérateur) constitue, pour certains, un frein à la fréquentation du dentiste. L’argument souvent avancé de l’obstacle financier ne s’applique pas dans tous les cas. En effet, on remarque que même pour les soins dits «gratuits» - car le ticket modérateur est de 0 euro -, le patient ne se rend pas chez son dentiste. Les raisons invoquées sont le manque d’information sur l’importance des soins dentaires, la peur du den-tiste, la négligence de la santé bucco-dentaire par certaines couches de la population qui ne la considèrent pas comme une priorité,…

Face à ce constat, des initiatives ont été prises et des moyens financiers ont été dégagés afin de favoriser la promotion de la santé bucco-dentaire.

En 2009, des mesures d’accessibilité financière ont été prises pour les enfants et les soins dentaires sont devenus gratuits jusqu’au 18ème anniversaire. Les soins dentaires, à l’exception des soins orthodontiques, sont donc remboursés à 100% des tarifs prévus par la convention dento-mutualiste pour les enfants jusqu’au 18ème anniversaire.

L’étude analyse le

recours aux soins

dentaires ainsi

que les dépenses

moyennes pour

l’assurance maladie

et le patient.

(5)

1

Van der Heyden J, Charafeddine R (éd.). Enquête de santé 2013. Rapport 1: Santé et Bien-être. WIV-ISP, Bruxelles, 2014 https:// his.wiv-isp.be/fr/SitePages/ Rapports_complets_2013.aspx 2

Leclercq A., Les coûts des soins dentaires pour l’assurance obligatoire et pour le patient. Etudes MLOZ 2012. 40 pages. http://www.mloz.be/fr/ publication/les-coûts-des-soins- dentaires-pour-lassurance-obligatoire-et-pour-le-patient 3

En ce qui concerne les dépenses privées, outre le ticket

Les bénéficiaires de l’intervention majorée (BIM) profitent de la même mesure pour quasi tous les soins dentaires à l’exception des prestations liées aux prothèses dentaires, aux implants oraux et à la radiographie.

En 2015, un trajet des soins buccaux a été instauré. Cette mesure incite les patients à se rendre chez le dentiste chaque année et prévoit des sanctions financières pour la personne qui n’a pas consulté son dentiste au cours de l’année civile précédente. En effet, le montant de son ticket modérateur se verra majoré.

Sensibilisées par la problématique, les Mutualités Libres ont déjà réalisé en 2012 une étude sur les coûts de soins dentaires qui analysait les dépenses en assurance obligatoire tout comme

la partie supportée par le patient2. La présente brochure est une actualisation des résultats, en

utilisant une base de données de la consommation en assurance obligatoire des affiliés sur la période 2011-2015 et en la complétant avec de l’information financière émanant des rembour-sements de l’assurance facultative Dentalia plus. Cette assurance, qui s’adresse aux affiliés des Mutualités Libres, couvre les frais dentaires restant à charge du patient, que ces soins soient remboursés ou non par l’assurance obligatoire.

Nous avons voulu répondre aux questions suivantes :

• Quel est le recours aux soins (préventifs, curatifs, orthodontiques et par implants) ? • Observe-t-on des différences en fonction de l’âge, du sexe, ou du fait de bénéficier de

l’intervention majorée ?

• Quelles sont les dépenses publiques et privées3 que ces soins génèrent ?

• Est-il possible de mesurer le coût total de certains traitements comme l’orthodontie, les implants ou prothèses amovibles ?

• Quelles sont les recommandations à adresser aux pouvoirs publics, aux prestataires de soins dont les dentistes, aux patients, aux mutualités ?

Cette étude comporte des limites. Tout d’abord, la période de référence (2011-2015) ne prend pas en considération les effets du trajet de soins buccaux qui a débuté en 2016. Ensuite, la nature même des données administratives ne permet pas d’émettre des hypothèses sur la qualité des soins offerts et sur les raisons de la non fréquentation des dentistes par certaines

(6)

1. OBJECTIF DE L’ÉTUDE

L’étude analyse d’abord le recours aux différents types de soins dentaires ainsi que les dépenses moyennes pour l’assurance obligatoire et à charge du patient sur une période allant de 2011 à 2015. Les résultats sont présentés en fonction de l’âge du patient, de son genre et de son statut social (bénéficiaire d’une intervention majorée ou non). Ensuite, pour avoir une vue d’ensemble de la charge financière des soins dentaires pour les patients, nous avons analysé les coûts supplémentaires demandés par les dentistes pour les prestations dentaires non remboursables mais aussi pour des prestations remboursées.

2. DONNÉES DISPONIBLES

L’analyse est basée d’une part sur les données réelles de remboursement des prestations de soins de santé des affilié(e)s des Mutualités Libres (MLOZ) qui ont eu au moins une prestation de soins dentaires remboursée entre 2011 et 2015 et d’autre part, sur les données issues des remboursements pour les affilié(e)s qui ont souscrit l’assurance dentaire Dentalia Plus. Les prestations liées à la stomatologie ont été exclues des présentes analyses car elles sont majoritairement réalisées par des médecins stomatologues pour des prestations à caractère plus médical que les prestations dentaires.

3. CLASSIFICATION DES SOINS DENTAIRES

Les soins dentaires recouvrent un ensemble de soins différents qui peuvent être regroupés en 7 groupes :

• les soins préventifs

• les soins conservateurs ou curatifs • les extractions dentaires

• les soins parodontaux • les traitements orthodontiques

• les prothèses amovibles et les implants dentaires • les radiographies

Les soins préventifs

Les traitements préventifs ont pour but de prévenir les soins conservateurs, les soins de parodontologie et les extractions dentaires.

Ils varient selon l’âge du patient et englobent principalement les prestations suivantes : • L’examen buccal en vue d’un diagnostic ou du traitement d’une affection.

• Le nettoyage prophylactique (détartrage).

Les soins conservateurs

Les soins conservateurs sont destinés à résoudre les affections de la dent (affection de l’émail, de la dentine et de la pulpe des dents,…). Ces traitements visent à ôter les tissus malades de la dent puis à restaurer les parties endommagées d’une dent à l’aide d’un matériau pour lui redonner sa forme et son usage. Les soins conservateurs recouvrent principalement le traitement des caries au moyen d’amalgame d’argent (de moins en moins fréquemment) ou de matériaux synthétiques dont la teinte se rapproche de celle de la dent (composites, verres ionomères, …).

Les extractions

Les extractions concernent les dents et les racines. Des prestations spécifiques sont prévues pour les bénéficiaires jusqu’à 18 ans, à savoir des extractions de dents lactéales (dents de lait) ou des dents définitives, notamment dans le cadre des extractions préventives orthodontiques. Pour les adultes, il ne s’agira évidemment que des extractions de dents définitives. Entre 18 et 53 ans, le remboursement des extractions est possible dans des conditions spécifiques liées à

la présence de certaines pathologies ou handicap (ostéomyélite, chimiothérapie, ….)4.

Objectif, données et

classification

(7)

4

Cette dérogation est introduite depuis le 01/06/2007. Si les conditions de l’article 6, § 3 bis ne sont pas remplies, l’extraction entre 18 et 53 ans n’est pas remboursée par l’assurance obligatoire.

5

Dutch parodontal screening index : index de santé gingival et parodontal.

6

Le dentier corrige l’affaissement de la bouche et jour un rôle dans le rétablissement de la phonation : notamment pour prononcer les consonnes

«den-A partir du 53ème anniversaire, les extractions sont remboursées sans condition. Rappelons que la présente analyse ne concerne pas les soins prodigués par un stomatologue. Cette précision est importante car de nombreuses extractions dentaires sont réalisées en milieu hospitalier par des stomatologues. Les raisons de ces extractions «chirurgicales» sont multiples et dépassent le cadre de l’étude.

Les soins parodontaux

La parodontologie a été inscrite dans la nomenclature de l’INAMI. Le remboursement par l’assurance obligatoire de l’examen parodontal est autorisé depuis janvier 2006 et les

détartrages sous-gingivaux depuis le 1er mai 2009. Le bilan parodontal avec le test DPSI5 a été

classé, dans cette étude, dans la rubrique parodontologie et non dans les soins préventifs. Le détartrage sous-gingival est remboursé, par quadrant dentaire et une fois toutes les trois années civiles, à partir du 18ème jusqu’au 55ème anniversaire.

Les traitements orthodontiques

L’orthodontie ou orthopédie dento-faciale traite des anomalies de forme des mâchoires et de position des dents. Aucun traitement orthodontique ne peut être commencé ni poursuivi dans une bouche où les dents n’ont pas d’abord été soignées. Actuellement, nous devons distinguer le traitement orthodontique de première intention (à partir du 1er juillet 2008) du traitement orthodontique régulier.

• Le traitement orthodontique de première intention (TOPI) est un traitement qui est destiné à de jeunes enfants et vise à corriger dès que possible certains défauts de croissance de la mâchoire, de la position des incisives ou le manque de place pour les dents définitives. • Le traitement orthodontique régulier, plus long et plus complexe, est remboursé via une

série de forfaits (un forfait de début de traitement (code 305631-305642), un forfait pour des séances de traitement orthodontique régulier (code 305616-305620) et un forfait pour interruption de traitement (code 305653-305664), etc.) moyennant l’introduction de la demande de remboursement (notification au médecin-conseil) avant le 15ème anniversaire. L’intervention de l’assurance maladie peut se faire jusqu’à l’âge de 22 ans. Une prolongation au-delà du 22ème anniversaire ou des dérogations à la limite d’âge peuvent être accordées exceptionnellement sur avis du conseil technique dentaire.

Les prothèses amovibles et implants oraux

La prothèse dentaire amovible (ou dentier) est indiquée en cas de perte de la denture (accidentelle, ou suite à une maladie: parodontite, caries), plus particulièrement chez le patient âgé. Elle a bien sûr un rôle esthétique mais permet surtout de réhabiliter la mastication et la

phonation6.

Les prothèses amovibles complètes ou partielles ne sont remboursées qu’à partir du 50ème anniversaire, sauf si le patient souffre d’une ou plusieurs affections particulières détaillées

dans la législation7. La condition d’âge de 50 ans concerne le placement d’une prothèse

amovible et les actes sur prothèse comme les réparations.

Les implants oraux ne sont remboursables qu’à partir du 70ème anniversaire, en cas de dysfonctionnement grave d’une prothèse amovible complète.

Les radiographies

Tout comme en médecine générale ou spécialisée, la médecine dentaire fait également appel à la radiologie pour pouvoir diagnostiquer et prévoir le traitement le plus adapté. Nous devons distinguer plusieurs types de radiographies dont le remboursement est conditionné selon la fréquence d’utilisation et l’indication :

(8)

La nomenclature INAMI permet un remboursement des consultations chez les dentistes généralistes ou spécialistes (en orthodontie ou parodontologie) pour un grand nombre de prestations. Nous avons compté plus ou moins 150 prestations remboursables différentes en ambulatoire.

Le tableau 1 reprend le nombre absolu de personnes qui ont eu recours à des soins dentaires pour chacune des années étudiées.

De 2011 à 2015, la proportion d’affiliés ayant recours aux soins dentaires passe de 49 à quasi 54%.

Le tableau 2 précise les caractéristiques de la population de l’étude en tenant compte du genre de l’affilié(e) (homme (H)/femme (F)) et de son statut social (bénéficiaire ou non d’une intervention majorée).

Nous constatons que les femmes recourent proportionnellement plus que les hommes aux soins dentaires et ce, quel que soit le statut social de l’affilié(e)e et l’année.

Année Statut Genre % d’affilié(e)s ayant recours à des soins dentaires selon le statut et le genre

2011 BIM H 36,5% F 41,6% H + F 39,4% non-BIM H 47,1% F 53,9% H + F 50,5% 2015 BIM H 40,6% F 46,5% H + F 43,9% non-BIM H 51,9% F 58,7% H + F 55,3%

Population de l’étude

Année Affilié(e)s ayant recours à des soins dentaire Nombre total d’affilié(e)s % d’affilié(e)s ayant recours à des soins dentaires

2011 1 006 786 2 048 424 49,1%

2012 1 026 851 2 074 706 49,5%

2013 1 052 879 2 105 028 50,0%

2014 1 072 822 2 124 962 50,5%

2015 1 156 967 2 148 128 53,9%

Nombre d’affilié(e)s des Mutualités Libres qui ont eu recours à des soins dentaires, 2011-2015

Répartition des affilié(e)s des Mutualités Libres ayant recours à des soins dentaires en fonction du sexe (H/F) et du statut social (BIM/non BIM), 2011-2015

Parmi les BIM, 43,9% ont consulté un dentiste en 2015 (39,4% en 2011) alors que ce taux est de 55,3% pour les non BIM (50,5% en 2011). Cette différence pose question car diverses mesures financières ont été prises pour améliorer l’accès aux soins dentaires des personnes

TABLEAU 1 TABLEAU 2

Un Belge sur

deux (54%) a vu

son dentiste en

2015. C’est une

progression de 5%

par rapport à 2011.

02

(9)

03

Nous reprenons les 2 indicateurs utilisés dans la précédente étude des Mutualités Libres sur

les soins dentaires8, à savoir :

• la fréquence ou le nombre de contacts avec le dentiste au cours des 5 années d’observation ; • la régularité des contacts ou le nombre d’années au cours desquelles au moins un contact a

eu lieu avec un dentiste.

FRÉQUENCE DES VISITES CHEZ LE DENTISTE AU COURS DES 5 ANNÉES (2011-2015)

La figure 1 présente le recours aux soins dentaires des affilié(e)s entre 2011 et 2015 (selon leur âge en 2015). Sur les 5 années étudiées, 22% de ceux-ci, tout âge confondu, n’ont eu aucun contact avec un dentiste.

Parmi la cohorte des enfants de 5 à 12 ans, 15% n’ont pas vu un dentiste sur cette période de 5 années. Pour les adolescents de 13 à 18 ans, la proportion de non recours aux prestations d’un dentiste est de 10% alors que 50% de ces adolescents ont eu plus de 5 contacts avec un dentiste sur les 5 ans. Nous verrons plus loin que cela peut s’expliquer par l’importance rela-tive des recours à des prestations liées à l’orthodontie.

Après l’âge de 18 ans, le non recours à un dentiste augmente pour atteindre 30% à 30 ans. Ce taux de non recours diminue ensuite à 20% à 40 ans pour rester stable jusqu’à 65 ans.

Recours aux soins

dentaires

Estimation du recours aux soins dentaires des affilié(e)s des Mutualités Libres en 2015 sur la période de 2011 à 2015

pas de recours 1 ou 2 contacts 3 ou 4 contacts 5 ou 6 contacts 7 contacts ou plus

0% 20% 40% 60% 80% 100% 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75 80 85 90 95 100 FIGURE 1

Un Belge sur cinq

(22%) n’a pas vu son

dentiste pendant 5

années consécutives.

(10)

9

American Academy of pediatric dentistry : Guideline on Periodi-city of Examination, Preventive Dental Services, Anticipatory Guidance/Counseling, and Oral Treatment for Infants, Children, and Adolescents. Revised 1992, 1996, 2000, 2003, 2007, 2009, 2013. http://www.aapd.org/ media/policies_guidelines/g_pe-riodicity.pdf.

10

European Academy of paediatric dentistry:http://www.eapd.eu

En étudiant la cohorte des individus nés en 2011 et ayant atteint l’âge de 4 ans en 2015, nous constatons que 42% de ceux-ci n’ont jamais vu un dentiste. Cette constatation interpelle car il existe des recommandations internationales qui préconisent une première visite lorsque les premières dents apparaissent puisque c’est le moment pour le dentiste de donner ou rappeler aux parents les conseils pour la prévention des problèmes dentaires des enfants. Une deuxième visite est ensuite conseillée lorsque toutes les dents de lait sont «sorties», vers

2,5 – 3 ans9,10. Nous pouvons dès lors nous interroger sur cette absence de fréquentation du

dentiste des enfants de moins de 4 ans puisqu’il n’existe pas de frein financier. Nous avançons comme explication un manque d’information des parents qui pourraient croire que, puisque les dents de lait doivent tomber, des soins sur ces dents seraient inutiles.

RÉGULARITÉ DU RECOURS AUX SOINS DENTAIRES

Nous avons considéré que les contacts sont réguliers si nous observons des contacts au cours de 3 années différentes au moins sur les 5 années étudiées.

Le terme «régularité» n’a pas un caractère normatif. Chaque individu, chaque âge a ses spécifi-cités propres en termes de santé bucco-dentaire.

Sur la période 2011-2015, la figure 1 nous a montré que la majorité des affilié(e)s ne consultent

pas un dentiste chaque année. La figure 2 stratifie la population de l’étude en fonction du

nombre d’années civiles, consécutives ou non, au cours desquelles elle a eu (ou non) un contact avec un dentiste.

Nous pouvons remarquer une répartition quasi égale de la population en 5 strates (en dehors du non recours) :

• 35% des affilié(e)s voient le dentiste chaque année ou au moins 4 années sur 5. Ce taux fluctue avec l’âge et est maximum pour la cohorte de 10 à 18 ans avec quasi 50%. Autrement dit, près de la moitié des enfants âgés de 10 à 18 ans se sont rendus au moins 4 années sur 5 chez le dentiste.

• 30% des adolescents voient le dentiste chaque année.

• 60% des adolescents vont au moins 1 fois tous les 2 ans chez le dentiste.

• Entre 20 et 30 ans, moins de 10% vont chaque année chez le dentiste et 30% y vont au moins 3 années sur 5.

• 20% des affilié(e) de 40 à 75 ans vont chaque année chez le dentiste. • Au-delà de 75 ans, la «régularité» des contacts diminue significativement.

Répartition de la population étudiée en fonction du nombre d’années avec au moins une visite au cabinet du dentiste sur la période 2011-2015

FIGURE 2 0% 20% 40% 60% 80% 100% 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 0

(11)

CARACTÉRISTIQUES DES AFFILIÉ(E)S ET RÉGULARITÉ DES CONTACTS AVEC UN DENTISTE

Le recours aux soins dentaires peut être vu sous l’angle de la régularité selon la définition donnée en début de paragraphe, à savoir au moins 3 contacts avec un dentiste sur les 5 années analysées. Seules les personnes qui ont eu au moins un contact avec un dentiste ont été retenues pour les représentations graphiques qui suivent et les taux qui s’y rapportent. Dans l’ensemble, tout âge, toute région et tout statut confondus, 52% des affilié(e)s s’avèrent être réguliers. Cette «régularité» atteint, voire dépasse, les 55-60% entre 10 et 18 ans et entre 40 et 70 ans. Entre 20 et 40 ans, nous retrouvons les caractéristiques des «starters» (jeunes adultes), à savoir une régularité qui retombe à 40% comme pour les personnes de plus de 85 ans.

La figure 3 décrit, par âge et par statut social (en 2015), la régularité des affilié(e)s des Mutualités Libres entre 2011 et 2015.

Les bénéficiaires d’une intervention majorée (BIM) ont un comportement différencié entre 10 et 18 ans et entre 20 et 35 ans. En effet, il semble que les BIM recourent

proportionnellement moins que les non BIM à un dentiste pendant l’adolescence mais étonnamment plus fréquemment entre 20 et 35 ans. Bien que les écarts soient moins marqués au-delà de l’âge de 40 ans, les non BIM ont systématiquement plus fréquemment recours à un dentiste que les BIM.

La différence pendant l’adolescence, en défaveur des BIM, pourrait s’expliquer par un recours moindre aux soins orthodontiques qui s’avèrent assez onéreux. Nous le verrons plus loin dans l’analyse des coûts.

Estimation de la régularité des contacts des affilié(e)s MLOZ avec un prestataire de l’art dentaire selon le statut social et la région, 2011-2015 - Belgique

(12)

Au niveau régional, il y a également une différence à mettre en évidence. Dans l’ensemble, les affiliés en Flandre semblent être moins réguliers que ceux des 2 autres régions. Nous mettons en annexe 2 la même répartition de la régularité mais selon le sexe de l’affilié(e). Quelle que soit la région, les femmes sont plus régulières que les hommes. En conclusion, le statut social, le genre, l’âge et la région ont une influence sur la fréquence des contacts avec le dentiste et en particulier leur régularité (3 contacts sur 5 ans).

Le statut social,

le genre, l’âge et

la région ont une

influence sur la

fréquence des

contacts avec le

dentiste et en

particulier leur

régularité.

Estimation de la régularité des contacts des affilié(e)s MLOZ avec un prestataire de l’art dentaire selon le statut social et la région, 2011-2015 - régions

(13)

OCCURRENCE DES DIFFÉRENTS TYPES DE SOINS ENTRE 2011 ET 2015

Nous rappelons qu’un affilié(e) sur 2 consulte un dentiste dans l’année. Le tableau 3 complète

cette information et donne une idée du pourcentage des individus qui ont recours aux soins dentaires regroupés selon la nature du soin.

Entre 2011 et 2015, le pourcentage d’individus qui ont eu un contact avec un dentiste pour un acte lié à de la prévention est passé de 76,3% à 80,3%. En d’autres termes, en 2015, 19,7% des affilié(e)s ont eu un contact avec un dentiste pour un autre type de prestation que la prévention. Environ 40% des individus ont eu au moins un acte lié à la radiographie. Une personne sur 2 s’est présentée chez le dentiste pour des soins conservateurs, principalement pour le traitement de caries.

Ces 3 postes (prévention, radiographie et soins conservateurs) concernent a priori l’ensemble de la population ayant eu au moins une consultation chez le dentiste.

Par contre, les 4 autres postes concernent plus spécifiquement certains groupes ou âges de la population. Ainsi, les extractions ne concernent qu’environ 7% des individus. Mais, en fait, les extractions sont principalement réalisées entre 10 et 18 ans (travail préparatoire à certains traitements orthodontiques) et à partir de 53 ans, âge pour lequel un remboursement de l’assurance obligatoire est instauré.

Un raisonnement identique doit se faire pour l’orthodontie (prestation réalisée et remboursée jusqu’à l’âge de 22 ans maximum) et pour les prothèses dentaires amovibles et les implants (remboursement à partir de 50 ans). Les implants sont remboursés à partir de 70 ans.

Nature des soins lors d’un

contact avec le dentiste

04

Pourcentage des individus ayant eu une consultation chez le dentiste selon le type de soins dispensés, MLOZ (2011-2015)

TABLEAU 3

Année Extractions Orthodontie Parodontologie Prévention amovibles/Prothèse

implants Radiographie Soins conservateurs 2011 7,1% 6,0% 4,1% 76,3% 4,5% 41,6% 50,4% 2012 7,1% 6,1% 4,5% 76,9% 4,3% 41,3% 49,8% 2013 7,0% 6,1% 5,1% 77,7% 4,2% 40,6% 49,0% 2014 7,2% 6,4% 5,6% 78,4% 4,2% 38,9% 48,4% 2015 7,0% 6,0% 6,3% 80,3% 3,8% 36,6% 45,8%

(14)

OCCURRENCE DES DIFFÉRENTS TYPES DE SOINS SELON L’ÂGE EN 2015

La figure 5 reprend l’occurrence, calculée sur la période de 5 années (2011-2015), des différents types de soins en fonction de l’âge en fin de période (2015).

Au cours des 5 années d’observation, nous remarquons que quelques soins concernent plus certains âges :

• A 10 ans, 55% des enfants ont déjà eu un soin conservateur pour traiter un épisode de carie et 55% une radiographie dentaire. Plus de 80% de ces enfants ont eu au moins une visite de prévention et 20% ont commencé un traitement orthodontique (de première intention). • A 12 ans, 35% des enfants ont eu au moins une extraction dans les 5 années (la plupart

de ces extractions concernent bien évidemment des dents de lait ou des extractions pour raisons orthodontiques).

• Entre 13 et 18 ans, 50% de la cohorte ont au moins envisagé un traitement orthodontique régulier.

• 70% des enfants de 14-18 ans ont eu au moins une radiographie dentaire.

• A 75 ans, 30% ont eu des prestations liées à des prothèses amovibles ou des extractions.

Les extractions concernent en premier lieu les adolescents puis les personnes de plus de 50 ans. Dans le premier cas, les extractions sont liées au traitement orthodontique et dans le second cas, à la pose de prothèses dentaires amovibles. La courbe liée à l’orthodontie «suit» la courbe des extractions pour les adolescents. Leurs allures sont similaires mais tous les traitements orthodontiques ne requièrent pas nécessairement une extraction.

La courbe concernant les prestations de nature préventive «domine» toutes les autres courbes, quels que soient les types de soins et l’âge. Nous devons toutefois constater qu’après l’adolescence, la prévention passe de 70% à 60% pour la cohorte de 20 à 30 ans. A nouveau, cela s’explique par le comportement spécifique des jeunes adultes qui négligeraient leur santé bucco-dentaire en se lançant dans la vie active hors du contrôle des parents.

% des affilié(e)s ayant eu au moins une consultation chez le dentiste, selon le type de soins et l’âge de l’affilié(e) en 2015

FIGURE 5

À 10 ans, plus de la

moitié des enfants

(55%) se sont déjà

fait soigner pour une

carie (au moins).

(15)

FRÉQUENCE DES CONTACTS AVEC LE DENTISTE PAR TYPE DE SOINS SELON L’ÂGE EN 2015

La figure 6 rend compte de la fréquence des différents types de contacts, observée entre 2011 et 2015, selon l’âge en fin de période (2015).

Tout type de soins confondus, les affilié(e)s entre 30 et 80 ans présentent une moyenne de 9 contacts avec un dentiste sur la période de 5 ans étudiée. Les adolescents ont des moyennes nettement plus élevées : 12 contacts à 13 ans et 10 contacts à 18 ans (avec un maximum de 17 contacts à 15 ans). Pour eux, l’inducteur des visites chez le dentiste est l’orthodontie puisque, en moyenne, nous pouvons constater, par affilié(e) de 16-17 ans, 13 séances sur une période de 5 ans.

Les contacts pour des soins préventifs sont en moyenne plus élevés parmi les enfants et les adolescents : la fréquence est d’un peu plus de 4 contacts en moyenne en 5 ans.

A partir de 20 ans, la fréquence des contacts pour des soins conservateurs dépasse celle de la prévention. A partir de 70 ans, le nombre de contacts diminue graduellement. Nous constatons que la fréquence des soins liés aux prothèses dentaires amovibles (à partir de 53 ans), à la parodontologie (à partir de 15 ans), et à la radiographie reste plus ou moins constante quel

Nombre moyen de contacts chez le dentiste, selon l’âge et selon la nature des soins, MLOZ période 2011-2015

(16)

INFLUENCE DU GENRE ET DU STATUT SOCIAL SUR LA NATURE DU CONTACT AVEC UN DENTISTE

Comme pour n’importe quel type de soins de santé, le genre et le statut social ont une influence sur la nature des contacts avec un dentiste.

Les figures 7 à 9 montrent l’influence de ces deux paramètres. Nous avons mentionné plus haut la similarité des courbes entre les extractions et l’orthodontie chez les adolescents.

La figures 7 illustre cette constatation et précise l’impact du sexe et du statut social du béné-ficiaire.

Les extractions

Sur la période étudiée de 5 ans, nous observons une fréquence élevée d’extractions dentaires (au moins une dent) pour les jeunes âgés de 10 à 20 ans, et ceci peu importe le statut social (figure 7). Nous ne remarquons pas de différence significative entre les femmes et les hommes. Sur la période étudiée, l’assurance obligatoire rembourse les extractions de dents lactéales (ou dents de lait) et des dents définitives jusqu’à l’âge de 18 ans.

Pour les adultes, les extractions ne sont remboursées que dans le cadre de certaines affec-tions, ce qui limite la fréquence à moins de 4% jusqu’à l’âge de 53 ans, âge à partir duquel le remboursement n’est plus conditionnel. De 60 ans jusqu’à 85 ans, nous constatons que 30% des diverses cohortes d’âges ont eu au moins une extraction au cours de la période étudiée. Orthodontie

Le traitement orthodontique a pour objet de modifier la position des dents afin d’en améliorer l’apparence et le fonctionnement. Un «mauvais» positionnement peut rendre les dents plus susceptibles à la carie, favoriser les pathologies de la gencive.

La figure 7 montre que les BIM ont en proportion moins d’orthodontie classique régulière. Pour l’orthodontie de première intention, la différence n’est pas perceptible. Systématiquement, les jeunes filles recourent plus souvent à l’orthodontie que les garçons et ce, quel que soit le statut social de l’affilié(e).

Soins conservateurs

Ces soins conservateurs recouvrent principalement la pose d’un matériau, soit un amalgame soit une résine composite, pour obturer les caries. Lorsqu’une carie a atteint un stade avancé, le recours à des traitements spécifiques (dévitalisation ou pulpectomie) est nécessaire afin d’éviter les abcès (infections bactériennes).

Proportion d’affilié(e)s ayant eu au moins une prestation liée à une extraction dentaire ou un traitement orthodontique au cours des 5 ans, selon le genre et le statut social, 2011-2015

(17)

La figure 8 montre à nouveau que les femmes, tout âge et statut social confondus, recourent plus à un dentiste, même pour les soins conservateurs.

L’impact du statut social semble jouer jusqu’à l’âge de 40 ans pour les deux sexes, les BIM ayant davantage recours à des soins conservateurs.

A 40 ans, l’effet s’inverse. Les non BIM sont proportionnellement plus concernés par les soins conservateurs que les BIM. Cela est d’autant plus perceptible pour les hommes.

Les soins conservateurs sont réalisés jusqu’à des âges avancés puisqu’à 80 ans, 40% des indi-vidus y ont encore recours. Cela confirme le fait que les générations actuelles conservent leurs dents beaucoup plus longtemps que celles du passé.

Prothèses amovibles et les implants dentaires

Les dents naturelles sont bien sûr les meilleures qu’on puisse avoir dans la bouche. Toutefois, des extractions dentaires sont nécessaires et/ou inévitables dans certaines circonstances. La pose d’une prothèse dentaire amovible (un dentier) s’avère alors indispensable.

L’assurance obligatoire prévoit un remboursement pour les adultes à partir de 50 ans (ou plus tôt s’il y a un contexte médical dûment circonscrit).

La figure 9 montre que les BIM sont proportionnellement plus nombreux à avoir un contact avec un dentiste pour une prothèse amovible (et beaucoup plus rarement pour des implants dentaires). Après 80 ans, il n’y a plus de différence entre les BIM et les non BIM. Il est pro-bable aussi que l’état dentaire soit meilleur chez les non BIM, ce qui expliquerait le plus faible recours à des prothèses amovibles.

Proportion d’affilié(e)s ayant eu au moins une prestation liée à des soins conservateurs au cours des 5 ans, selon le genre et le statut social, 2011-2015

FIGURE 8

Les publics

fragilisés (BIM)

sont plus nombreux

à recouvrir à une

prothèse amovible

(dentier).

(18)

Radiographie dentaire

Les radiographies aident le dentiste à déceler les problèmes avant qu’ils n’apparaissent, à poser le diagnostic et constituent de ce fait une aide à la planification du traitement. Il est évident que la radiographie n’est pas nécessaire pour toutes les prestations ou lors de chaque visite. L’INAMI a introduit des limitations quant au nombre de radiographies qui sont remboursées par période de temps. Cela a permis de limiter quelques abus de facturation qui avaient été constatés dans le passé et, en termes de santé publique, diminuer l’exposition aux rayons.

Les adolescents de la cohorte 15-18 ans ont déjà eu au moins une radiographie pour presque

80% d’entre eux (figure 10). Les différences en fonction du statut social et du sexe sont

iden-tiques à celles observées pour l’orthodontie. Ces radiographies sont à mettre en rapport avec les pourcentages constatés pour les soins conservateurs et l’orthodontie (les pics des traite-ments orthodontiques classiques réguliers entre 15-18 ans sont reconnaissables).

Par contre, entre 20 et 45 ans, les BIM sont proportionnellement plus concernés par les radio-graphies que les non BIM et les femmes plus que les hommes. A partir de 60 ans, la tendance s’inverse.

Proportion d’affilié(e)s ayant eu au moins une prestation liée à des prothèses amovibles ou des implants dentaires au cours des 5 ans, selon le genre et le statut social, 2011-2015

Proportion d’affilié(e)s ayant eu au moins une prestation de radiographie au cours des 5 ans, selon le genre et le statut social, 2011-2015

FIGURE 9

(19)

Prévention

Il ne faut pas attendre d’avoir mal aux dents pour consulter un dentiste. Un examen buccal régulier est nécessaire si l’on veut dépister précocement les problèmes. Un détartrage pério-dique est également nécessaire chez de nombreuses personnes.

Diverses mesures, notamment financières, ont été prises ces dix dernières années pour inciter la population à consulter annuellement un dentiste. Pour les jeunes de moins de 18 ans et pour les adultes BIM, la gratuité des soins dentaires est assurée. Pour les adultes non BIM, un ticket modérateur est demandé. Les tickets modérateurs ont été modulés selon le comporte-ment «régulier» du patient. C’est le concept de «trajet de soins bucco-dentaires» introduit en 2016.

La figure 11 montre que le recours à au moins une visite avec une ou des prestations liées à la prévention approche les 90% pour les enfants de 10 à 18 ans. A partir de 20 ans, les courbes des hommes et des femmes et celles des BIM et non BIM se séparent nettement en faveur des femmes et des BIM. Les femmes font donc plus de prévention que les hommes et les BIM plus que les non BIM. Vers 40 ans, la proportion de BIM et non BIM s’inverse mais la différence hommes-femmes se maintient. Avec l’âge, la proportion d’individus qui ont eu recours à des prestations de prévention diminue pour atteindre 30 à 50% au-delà de 90 ans, selon le statut social.

Proportion d’affilié(e)s ayant eu au moins une prestation de prévention au cours des 5 ans, selon le genre et le statut social, 2011-2015

FIGURE 11

Les femmes font plus

de prévention que

les hommes.

(20)

DÉPENSES MOYENNES POUR L’ASSURANCE OBLIGATOIRE ENTRE 2011-2015

La figure 12 montre qu’un affilié(e) des Mutualités Libres a induit une dépense moyenne relativement stable dans le temps ainsi qu’une variation autour de cette moyenne très similaire pour chacune des années de 2011 à 2015.

Les bases de données administratives de remboursement des Mutualités Libres permettent de répartir chaque prestation de soins dentaires en une dépense de l’assurance obligatoire et un coût éventuel pour le patient via le ticket modérateur. Les dépenses et coûts seront regroupés par grand groupe de prestations (prévention, soins conservateurs ou curatifs, orthodontie,…), par année civile, par genre, par âge et par statut social afin d’obtenir une granularité pertinente. Certains graphiques sont présentés sous forme de box-plots qui permettent d’appréhender visuellement de manière synthétique la distribution statistique de l’ensemble des montants calculés par individu pour les prestations de soins dentaires.

Analyse des dépenses de

l’assurance obligatoire

(AO) pour les soins

dentaires

Dépenses moyennes en soins dentaires pour l’assurance obligatoire, par affilié(e) MLOZ (2011-2015)

FIGURE 12

05

(21)

11

En moyenne, une personne «consomme» des prestations dentaires remboursables pour un

montant à charge de l’assurance obligatoire (AO) compris entre 130 et 140 € selon les années11.

En 2015, mais cela est valable aussi pour les autres années, 5% des affilié(e)s ont nécessité des soins dentaires de plus de 440 € pour l’AO.

La figure 13 et le tableau 4 détaillent la «composition» de cette moyenne de dépenses de l’assurance obligatoire selon les principaux groupes de prestations réalisées par un dentiste.

Les parts relatives des diverses composantes de ces dépenses moyennes annuelles sont quasi identiques d’une année à l’autre sur la période de 5 ans. Les conditions de remboursement et la valorisation des prestations dentaires ont peu évolué entre 2011 et 2015.

Décomposition de la moyenne des dépenses annuelles AO selon la nature des soins dentaires, en valeur (€), MLOZ (2011-2015)

FIGURE 13

Décomposition de la moyenne des dépenses annuelles AO selon la nature des soins dentaires, MLOZ (2011-2015) TABLEAU 4 2011 2012 2013 2014 2015 EXTRACTIONS 2,5% 2,5% 2,5% 2,6% 2,6% ORTHODONTIE 6,8% 7,0% 7,0% 7,1% 6,8% PARODONTOLOGIE 0,6% 0,7% 0,8% 0,9% 1,1% PREVENTION 23,2% 23,7% 24,3% 24,8% 26,9% PROTHESES AMOVIBLES/IMPLANTS 9,7% 9,6% 9,4% 9,4% 9,0% RADIOGRAPHIE 8,6% 8,5% 8,4% 7,7% 7,2%

(22)

Les frais à charge de l’assurance obligatoire concernent principalement 2 postes qui vont représenter ensemble environ 70% des dépenses publiques remboursées par les mutuelles. En premier lieu, les prestations liées aux soins conservateurs tels que le traitement des caries (dents lactéales et définitives) et les dévitalisations en cas de caries importantes (pulpotomie). Ces soins conservateurs représentent entre 45 et 50% des dépenses dentaires totales en AO pour les affilié(e)s des

Mutualités Libres.

En deuxième lieu, nous trouvons les dépenses des prestations liées à la prévention telles que l’examen buccal (possibilité de rembourser deux examens buccaux par an jusqu’à 18 ans puis limitation à une fois par an de 18 ans au 67ème anniversaire) et le détartrage (un rembourse-ment par an).

L’orthodontie et les prothèses amovibles représentent un poids assez faible dans les dépenses de l’assurance obligatoire. Pourtant, nous verrons que ces deux postes impactent fortement deux groupes bien spécifiques de la population qui ont besoin de ces soins dentaires. Le poids relatif de la radiographie diminue suite à des mesures de rationalisation, voire de rationnement via des conditions de remboursement plus strictes.

INFLUENCE DU GENRE, DU STATUT SOCIAL ET DE L’ÂGE SUR LES DÉPENSES DE L’ASSURANCE OBLIGATOIRE

Comme les dépenses moyennes en AO sont très semblables d’une année à l’autre, nous allons nous concentrer sur les dépenses de l’année 2015 en analysant l’influence du genre et du statut social de l’affilié(e).

La figure 14 montre qu’il n’y a pas de différence entre les dépenses de l’AO des hommes et des femmes. Par contre, le statut social a un impact très important sur les dépenses de l’AO. En moyenne, les remboursements de l’AO pour les soins dentaires sont 60% supérieurs pour un affilié(e) BIM par rapport à un affilié(e) non BIM.

BIM

non-­‐BIM

BIM

non-­‐BIM

P5

                 

21,60  €

                 

16,38  €

                 

21,60  €

                 

16,38  €

Q1

                 

37,90  €

                 

28,35  €

                 

37,91  €

                 

26,76  €

Median

                 

58,93  €

                 

31,25  €

                 

60,00  €

                 

32,84  €

Q3

             

142,44  €

                 

81,14  €

             

139,31  €

                 

74,02  €

P95

             

435,25  €

             

246,26  €

             

433,94  €

             

243,31  €

Moyenne  AO  (INAMI/Mutuelle)

             

209,57  €

             

128,21  €

             

210,67  €

             

124,58  €

Homme

Femme

 209,57  €      128,21  €      210,67  €      124,58  €      €  -­‐      €  100      €  200      €  300      €  400      €  500      €  600      €  700      €  800    

BIM   non-­‐BIM   BIM   non-­‐BIM   Homme   Femme  

Pour l’assurance

maladie, les

dépenses en soins

dentaires relatives

à un bénéficiaire de

l’indemnité majorée

(BIM)sont 60%

supérieures à celles

d’un non BIM.

Dépenses moyennes AO selon le genre et le statut BIM, MLOZ (2015)

(23)

La différence s’explique principalement par un remboursement AO supérieur pour un BIM que pour un non BIM à prestation identique. A nombre et type de contacts équivalents, les dépenses INAMI seront d’office plus élevées pour un BIM.

La variabilité des dépenses dentaires AO est aussi beaucoup plus grande. Ce constat est

encore rendu plus évident par les figures 15 et 16 qui ajoutent pour la première fois la

dimen-sion «âge» dans l’analyse. La figure 16 précise la variabilité des dépenses AO par groupe d’âge

et selon le statut social.

€200 €400 €600 €800 €1.000 €1.200

Dépenses moyennes AO selon le genre, le statut BIM et l’âge, MLOZ (2015)

FIGURE 16

Dépenses moyennes AO selon le genre, le statut BIM et l’âge, MLOZ (2015)

FIGURE 15

Homme  BIM Femme  BIM Homme  non  BIMFemme  non  BIM age  4  or  less €                      48,64 €                      54,08 €                      23,21 €                      23,21 age5_9 €                  122,02 €                  119,30 €                      67,94 €                      67,94 age10_14 €                  115,81 €                  128,64 €                      90,38 €                  110,46 age15_19 €                  107,37 €                  110,64 €                      75,98 €                      74,25 age20_24 €                      99,95 €                      99,95 €                      58,22 €                      58,22 age25_29 €                  115,10 €                  119,30 €                      72,87 €                      59,78 age30_39 €                  127,68 €                  134,21 €                      75,98 €                      73,35 age40_49 €                  127,68 €                  129,53 €                      81,90 €                      76,18 age50_59 €                  142,59 €                  137,63 €                      88,18 €                      87,83 age60_69 €                  130,94 €                  117,73 €                      87,16 €                      80,98 age70_79 €                  115,26 €                  113,96 €                      86,62 €                      77,88 age80  or  more€                  115,30 €                  112,22 €                      89,72 €                      88,18 Moyenne  AO  (INAMI/Mutuelle)

 €-­‐      €20      €40      €60      €80      €100      €120      €140      €160     age  4  or  

less   age5_9   age10_14   age15_19   age20_24   age25_29   age30_39   age40_49   age50_59   age60_69   age70_79   age80  or  more   Moyenne  AO  (INAMI/Mutuelle)  

(24)

En 2015, les BIM représentaient environ 13% de la population des affilié(e)s des Mutualités Libres (en augmentation constante chaque année). Or, dans la population qui a eu des soins dentaires, seuls 10% étaient bénéficiaires d’une intervention majorée. En outre, parmi les BIM, nous avons vu que seuls 43,9% avaient consulté un dentiste en 2015 alors que ce taux était de 55,3% pour les non BIM. Cette double constatation confirme bien que les BIM recourent proportionnellement moins au dentiste que les non BIM.

Nous avons vérifié si les dépenses en soins dentaires étaient différentes entre les femmes et

les hommes. La figure 17 montre qu’il n’y a pas de différence significative ni dans la moyenne

des dépenses AO ni dans la composition des soins dentaires en fonction du sexe.

Cela va nous permettre de continuer l’analyse sans plus tenir compte de la variable «genre». Toutes les années antérieures présentent la même répartition des soins dentaires.

La figure 18 reprend, pour chaque année, la composition relative du panier de soins dentaires

résumés dans les moyennes annuelles de la figure 14. Le tableau 5 reprend ces informations

de manière chiffrée mais uniquement pour les années 2011 et 2015 (puisque cela ne varie pas pour les 3 années intermédiaires).

Hommes Femmes Hommes Femmes EXTRACTIONS€                          7,60 €                          6,68 €                          3,34 €                          2,93 ORTHODONTIE€                      10,32 €                          8,68 €                          8,84 €                          9,33 PARODONTOLOGIE€                          1,67 €                          2,08 €                          1,29 €                          1,50 PREVENTION €                      39,37 €                      41,11 €                      34,64 €                      36,80 PROTHESES  AMOVIBLES/IMPLANTS€                      33,60 €                      38,69 €                          9,21 €                          9,51 RADIOGRAPHIE€                      13,16 €                      12,72 €                          9,42 €                          9,42 SOINS  CONSERVATEURS€                  103,86 €                  100,72 €                      61,47 €                      55,09 BIM non-­‐BIM  €  7,60      €  6,68      €  3,34      €  2,93      €  10,32      €  8,68      €  8,84      €  9,33      €  39,37      €  41,11      €  34,64      €  36,80      €  33,60      €  38,69      €  9,21      €  9,51      €  13,16      €  12,72      €  9,42      €  9,42      €  103,86      €  100,72      €  61,47      €  55,09      €-­‐      €50      €100      €150      €200      €250    

Hommes   Femmes   Hommes   Femmes   BIM   non-­‐BIM   SOINS  CONSERVATEURS   RADIOGRAPHIE   PROTHESES  AMOVIBLES/IMPLANTS   PREVENTION   PARODONTOLOGIE   ORTHODONTIE   EXTRACTIONS  

Décomposition de la moyenne des dépenses annuelles AO selon le genre, la nature des soins dentaires et le statut social, en valeur (€), MLOZ 2015

(25)

Pour les non BIM, les frais à charge de l’assurance obligatoire concernent principalement 2 postes qui vont représenter 70% des dépenses publiques totales en soins dentaires. Il s’agit des prestations liées aux soins conservateurs et tout ce qui concerne la prévention.

Pour les BIM, la situation est différente. Les dépenses de prothèses amovibles à charge de l’AO occupent la deuxième place ex-aequo avec les soins préventifs. Pour les BIM, ces 2 postes et les soins conservateurs représentent à eux seuls plus de 85% des dépenses moyennes en soins dentaires à charge de l’AO.

Décomposition de la moyenne des dépenses annuelles de l’Assurance obligatoire selon la nature des soins dentaires et le statut social, en valeur (€), MLOZ 2011-2015

FIGURE 18

AO

BIM non-­‐BIM BIM non-­‐BIM BIM non-­‐BIM BIM non-­‐BIM BIM EXTRACTIONS€                          6,94 €                          2,94 €                          7,04 €                          3,02 €                          7,08 €                          3,11 €                          7,21 €                          3,27 €                          7,05 ORTHODONTIE€                          8,89 €                          9,17 €                          9,55 €                          9,51 €                          9,95 €                          9,84 €                          9,81 €                      10,06 €                          9,34 PARODONTOLOGIE€                          0,84 €                          0,79 €                          1,04 €                          0,93 €                          1,17 €                          1,06 €                          1,40 €                          1,22 €                          1,91 PREVENTION €                      33,57 €                      30,65 €                      35,20 €                      32,02 €                      37,25 €                      33,62 €                      38,42 €                      34,57 €                      40,40 PROTHESES  AMOVIBLES/IMPLANTS€                      40,39 €                      10,11 €                      40,24 €                      10,14 €                      39,48 €                      10,14 €                      38,93 €                      10,29 €                      36,63 RADIOGRAPHIE€                      15,13 €                      11,09 €                      15,60 €                      11,21 €                      15,74 €                      11,25 €                      14,02 €                      10,50 €                      12,90 SOINS  CONSERVATEURS€                      98,05 €                      61,27 €                      99,30 €                      61,68 €                  102,98 €                      62,60 €                  105,05 €                      62,48 €                  101,99 2011 2012 2013 2014 2015  €-­‐      €50      €100      €150      €200      €250    

BIM   non-­‐BIM   BIM   non-­‐BIM   BIM   non-­‐BIM   BIM   non-­‐BIM   BIM   non-­‐BIM  

2011   2012   2013   2014   2015   SOINS  CONSERVATEURS   RADIOGRAPHIE   PROTHESES  AMOVIBLES/IMPLANTS   PREVENTION   PARODONTOLOGIE   ORTHODONTIE   EXTRACTIONS   AO

Décomposition de la moyenne des dépenses annuelles AO selon la nature des soins dentaires et le statut social, en %, MLOZ 2011-2015

TABLEAU 5

2011 2015

BIM non-BIM BIM non-BIM

EXTRACTIONS 6,94 € 3,4% 7,04 € 5,4% 7,05 € 3,4% 3,13 € 2,5%

(26)

Si nous ajoutons le facteur «âge», l’image d’ensemble se précise grandement car la figure 19

montre que chaque groupe de patients a sa «demande» de soins dentaires spécifiques. Les dépenses dentaires en AO augmentent avec l’âge. Jusqu’à 60 ans, l’assurance obligatoire débourse le plus pour les soins conservateurs. Au-delà de 60 ans, les dépenses pour les prothèses amovibles prennent le relai au détriment à la fois des soins conservateurs et de la prévention. Les prestations orthodontiques sont les plus importantes dans le groupe d’âge 10-14 ans.

Même si la dépense moyenne pour la prévention diminue avec l’âge, il est intéressant de constater que la prévention se fait encore jusqu’à un âge très avancé. C’est un indice que les personnes gardent en moyenne leurs «vraies» dents de plus en plus tard et qu’elles y tiennent.  €-­‐      €50      €100      €150      €200      €250      €300    

age  4  or  less  

age5_9  

age10_14   age15_19   age20_24   age25_29   age30_39   age40_49   age50_59   age60_69   age70_79   age80  or  more   age  4  or  less  

age5_9  

age10_14   age15_19   age20_24   age25_29   age30_39   age40_49   age50_59   age60_69   age70_79  

age80  or  more  

AO  BIM   AO  non-­‐BIM  

SOINS  CONSERVATEURS   RADIOGRAPHIE   PROTHESES  AMOVIBLES/IMPLANTS   PREVENTION   PARODONTOLOGIE   ORTHODONTIE   EXTRACTIONS  

La figure 19 permet de discerner trois groupes de patients dans chaque statut. Ils ont au moins une caractéristique de consommation de soins dentaires spécifiques: les jeunes jusqu’à 20 ans (orthodontie), la population adulte de 21 à 50 ans (soins conservateurs) et la population plus âgée à partir de 50 ans (prothèses amovibles et diminution de la prévention).

Dépenses moyennes AO par type de prestation selon le statut social et l’âge, MLOZ 2015

FIGURE 19

La prévention se

pratique jusqu’à

un âge très avancé,

indice que les Belges

conservent leurs

vraies dents de plus

en plus tard.

(27)

LES DÉPENSES DES DIFFÉRENTS TYPES DE SOINS DENTAIRES PAR PERSONNE QUI A EU RECOURS AUX SOINS DENTAIRES

Tous les tableaux et figures précédents indiquent des dépenses pour l’assurance obligatoire qui paraissent finalement assez dérisoires car il s’agit de moyennes calculées sur l’ensemble des patients qui ont eu recours à des soins dentaires chez un dentiste, peu importe la nature ou la raison du contact avec ce dentiste.

Si l’on exprime les dépenses de l’assurance obligatoire par rapport aux seuls patients qui consomment effectivement le type de soins en question (exemple : pour le calcul de la dépense moyenne relative à l’orthodontie, nous ne retiendrons que les personnes ayant eu recours à l’orthodontie et leurs dépenses relatives à l’orthodontie uniquement), alors l’image est tout autre: les prothèses amovibles et l’orthodontie sont les soins les plus coûteux en moyenne, suivies par les soins conservateurs. La variabilité interpersonnelle des dépenses AO est aussi assez importante, que l’on soit BIM ou non. Cette variabilité est, rappelons-le, carac-térisée par l’amplitude des extrémités hautes et basses des box-plots.

La figure 20 reprend la moyenne des dépenses de l’AO pour les patients qui consomment les soins spécifiques étudiés.

Dépenses de l’assurance obligatoire par affilié(e) des Mutualités Libres en fonction du statut social et du type de prestation dentaire, 2015

(28)

Le tableau 6 compare les moyennes de dépenses AO effectives des personnes qui ont eu la prestation et la moyenne AO globale prenant en compte tous les individus, qu’ils aient eu recours à ces soins ou non, selon le statut social.

Si un patient BIM a eu des soins pour une prothèse dentaire (ou un implant dentaire) en 2015, l’AO est intervenue, en moyenne, pour 445 € dans ces prestations ou soins liés à cette prothèse. A cela, l’AO pourrait avoir remboursé 63 € en moyenne en plus si ce même patient BIM a dû subir une extraction dentaire. Nous sommes loin des presque 37 € de la moyenne globale pour les prothèses amovibles ou les 7 € de l’extraction dentaire que l’on retrouve dans le tableau 6.

Chez les non BIM, les dépenses AO sont moindres et la différence avec les BIM ne s’explique pas seulement par le différentiel de ticket modérateur qui favorise l’accès des BIM aux soins dentaires. Les non BIM induisent des soins dentaires moins onéreux. Si l’affilié(e) non BIM a des prestations liées à la prothèse, la dépense AO moyenne est de 286 €. S’il s’agit d’une extraction, l’AO interviendra en moyenne pour 48 €.

Comparaison des dépenses AO entre la moyenne globale et la moyenne des «consommateurs» effectifs, MLOZ (2015) TABLEAU 6 BIM non-BIM Moyenne AO effective(réelle) Moyenne AO globale(théorique) Moyenne AO effective(réelle) Moyenne AO globale(théorique) EXTRACTIONS 62,76 € 7,05 € 48,24 € 3,13 € ORTHODONTIE 190,99 € 9,34 € 149,90 € 9,10 € PARODONTOLOGIE 34,03 € 1,91 € 26,44 € 1,40 € PREVENTION 54,02 € 40,40 € 44,27 € 35,78 € PROTHESES AMOVIBLES/ IMPLANTS 445,18 € 36,63 € 286,85 € 9,37 € RADIOGRAPHIE 31,34 € 12,90 € 26,09 € 9,42 € SOINS CONSERVATEURS 192,31 € 101,99 € 129,03 € 58,10 €

(29)

Dans les tableaux et figures suivants, nous présentons, dans un premier temps, la distribu-tion statistique des tickets modérateurs observée pour les affilié(e)s des Mutualités Libres en fonction de leur âge et de leur statut social au cours de l’année 2015 uniquement. Dans un second temps, nous analysons les tickets modérateurs pour les personnes qui ont eu recours aux soins dentaires considérés.

TICKETS MODÉRATEURS (TM) MOYENS À CHARGE DU PATIENT

Nous avons vu lors de l’analyse des dépenses de l’assurance obligatoire, qu’il n’y avait aucune différence, en moyenne, entre les hommes et les femmes et ce, quel que soit l’âge de ceux-ci.

Il en est de même pour les tickets modérateurs (figure 21). Les TM ont des valeurs quasi

iden-tiques entre les hommes et les femmes tant pour les BIM que les non BIM et ils augmentent avec l’âge.

Les tickets modérateurs annuels pour les hommes et les femmes BIM ne dépassent pas les 10 € pour plus de 80% d’entre eux et augmentent de manière marginale avec l’âge. Pour les non BIM, les tickets modérateurs ne dépassent pas les 180 € par an. Pour les tranches d’âges 10-14 ans et 15-19 ans, les TM peuvent atteindre 100 € pour quelques personnes, principale-ment à cause de l’orthodontie.

La figure 22 complète l’information en montrant la grande variabilité des tickets modérateurs en fonction du statut social (et l’âge) des affilié(e)s. La variabilité des TM des non BIM est beaucoup plus grande que celle des BIM. C’était le contraire pour les dépenses AO.

Analyse des tickets

modérateurs à charge

du patient pour les soins

dentaires

06

Tickets modérateurs selon le genre, le statut BIM et l’âge, MLOZ (2015)

FIGURE 21

Homme  BIM Femme  BIM Homme  non  BIMFemme  non  BIM

age  4  or  less €                              -­‐ €                              -­‐ €                          0,10 €                          0,11 age5_9 €                          0,17 €                          0,15 €                          4,05 €                          5,17 age10_14 €                          0,59 €                          0,92 €                      18,58 €                      24,68 age15_19 €                          1,18 €                          1,25 €                      16,41 €                      15,23 age20_24 €                          2,76 €                          2,89 €                      18,68 €                      17,89 age25_29 €                          2,91 €                          3,16 €                      21,75 €                      20,31 age30_39 €                          2,86 €                          2,87 €                      23,27 €                      22,18 age40_49 €                          2,52 €                          2,60 €                      23,96 €                      23,52 age50_59 €                          6,17 €                          5,21 €                      29,19 €                      29,01 age60_69 €                          6,14 €                          5,29 €                      33,94 €                      32,68 age70_79 €                          7,83 €                          7,05 €                      40,02 €                      39,82 age80  or  more€                          7,73 €                          7,51 €                      44,79 €                      45,63

 €-­‐      €5      €10      €15      €20      €25      €30      €35      €40      €45      €50    

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