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Gestion intégrée des risques en forêt : l’expérience du projet FORRISK

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Academic year: 2022

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HAL Id: hal-02637032

https://hal.inrae.fr/hal-02637032

Submitted on 27 May 2020

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Gestion intégrée des risques en forêt : l’expérience du projet FORRISK

Christophe Orazio, Margot Régolini, Céline Meredieu, Barry Gardiner, Alejandro Cantero, Sarah Fermet-Quinet, Andrea Hevia, Manuela Branco,

Olivier Picard

To cite this version:

Christophe Orazio, Margot Régolini, Céline Meredieu, Barry Gardiner, Alejandro Cantero, et al..

Gestion intégrée des risques en forêt : l’expérience du projet FORRISK. Innovations Agronomiques, INRAE, 2014, 41, pp.69-77. �hal-02637032�

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Gestion Intégrée des risques en forêt : l´expérience du projet FORRISK Orazio C.1, Régolini M.2, Meredieu C.2, Gardiner B.2, Cantero A., Fermet-Quinet S.1, Hevia A.,

Branco M., Picard O.

1 EFIATLANTIC, 69 route d´Arcachon, F-33612 Cestas

2 INRA, 69 route d´Arcachon, F-33612 Cestas

Résumé

Dans cet article, la gestion intégrée des risques en forêt est définie par la prise en compte simultanée et à différentes échelles des paramètres suivants : la prévention et la lutte, les pratiques sylvicoles liées aux risques, les contraintes écologiques et économiques, la gestion d’aléas multiples et enfin le rôle des acteurs, des institutions et des contraintes juridiques qui influent sur la gestion des risques. Dans le cadre de FORRISK (projet Interreg SUDOE 2012-2014), ces différents paramètres ont été étudiés pour le sud-ouest de l’Europe et des éléments techniques ou des recommandations sont apportées par les partenaires du projet. Quelques exemples de cartographies de risques, d’élaboration de pratiques sylvicoles adaptées, de modèles de risques, d’analyses d’aléas multiples et de comparaisons d’outils existants de gestion des risques permettent d’illustrer les sorties de ce projet tant pour les aléas biotiques (Gonipterus platensis sur eucalyptus au Portugal, le chancre résineux sur pin radiata en Euskadi ou la chenille processionnaire sur pin maritime en Aquitaine) qu’abiotiques (les incendies en Espagne et les tempêtes en Aquitaine et en Euskadi) sont présentés.

Mots-clés : risque, gestion intégrée, FORRISK, Sud-Ouest de l’Europe

Abstract: Integrated risk management in forests : FORRISK project outputs

In this article, integrated risk management in forests is defined as the combination of the following different parameters at various scales: prevention and control, silvicultural practices related to risk, ecological and economic constraints, the management of multiple hazards and the role of institutions and legal rules that influence risk management. The partners of the FORRISK project (interreg SUDOE project 2012-2014) studied these parameters in South West Europe and proposed some technical solutions and recommendations. Examples of outputs from the project include risk cartographies, the development of silvicultural practices, risk models, the analysis of multiples hazards and comparisons of existing tools for risk management. These results are provided for biotic hazards (such as Gonipterus platensis damaging eucalypts in Portugal, Fusarium circinatum on Pinus radiata in Euskadi or the pine processionary moth on maritime pine in Aquitaine), as well as abiotic hazards (such as fire in Spain or storms in Aquitaine and Euskadi).

Keywords: risk, integrated management, FORRISK, South West Europe

1. La théorie de la gestion intégrée des risques 1.1. Concept

La gestion intégrée des risques est un concept qui n´est pas nouveau ni clairement défini même si il commence à être utilisé dans de nombreuses disciplines. Dans la finance par exemple, un spécialiste du risque définit la gestion intégrée comme étant l´aptitude d´une organisation à prendre en compte les différents niveaux de risque aussi bien dans les décisions stratégiques que dans les décisions tactiques

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(Sison 2000 ; Schlottmann et al., 2005 ; Hillson, 2006), tout en intégrant une analyse simultanée des opportunités et des menaces. Dans la pratique, ces analyses de risques intégrées peuvent être mises en œuvre par l´évaluation des scénarios des possibles ainsi que l´étude approfondie de différentes options (Miller et Waller, 2003) et peuvent être étendues à tout type de société (Meulbroek, 2002).

Pour les programmeurs en informatique, une analyse intégrée du risque s´inscrit dans une démarche qui va bien au-delà de la simple ressource nécessaire à la réalisation du programme et à la satisfaction du client, mais prend aussi en compte toutes les conséquences d´un défaut de programmation, par exemple si le logiciel est utilisé à bord d´un avion, d´une fusée ou d´une centrale nucléaire (Boehm, 1989).

D´un point de vue sociétal, les origines des risques ne se limitent pas à des aspects techniques ou industriels, mais de nombreux paramètres propres au territoire doivent être pris en compte pour connaître les risques réels qui pèsent sur une région donnée. C’est ainsi qu’on peut concilier, avec l’approche intégrée sur un territoire, les approches des entreprises générant du risque et des biens exposés qui peuvent subir un risque (Fedra, 1998).

En plus de l´approche spatiale, les spécialistes de la gestion intégrée des catastrophes prennent en compte aussi l´organisation des institutions en place (Gopalakrishnan et Okada, 2007).

1.2 Définition pour la forêt

Comme nous l’avons vu précédemment, le concept de gestion intégrée du risque est très fluctuant, mais se caractérise par une approche très large de toutes les composantes du risque. Nous nous proposons donc de le définir de la manière suivante dans le cas de la forêt : la gestion intégrée des risques en forêt est une approche qui englobe toutes les composantes et les parties prenantes des risques qui pèsent sur un territoire forestier.

De par cette définition, il sera alors nécessaire, pour pouvoir parler de gestion intégrée des risques forestiers sur un territoire, d´avoir pris en compte les paramètres suivants de manière simultanée et à différentes échelles (parcelle, régionale, interrégionale) :

• La prévention et la lutte,

• Les pratiques sylvicoles et les pratiques de gestion des risques,

• Les contraintes écologiques et économiques,

• La gestion d´aléas multiples,

• Le rôle des acteurs et institutions ainsi que les contraintes juridiques associées à la gestion des risques.

Ce faisant, nous faisons l´hypothèse que toutes ces dimensions sont liées par des interactions complexes et qu’il est possible de trouver des leviers pour faire évoluer tous les paramètres du système forêt afin de réduire le risque global subi par un système forestier, et pas seulement le risque lié à un aléa spécifique.

2. La pratique de la gestion intégrée des risques

Cette approche étant complexe et ambitieuse, dans le cadre du projet FORRISK subventionné par le programme Interreg 4B SUDOE et les régions Euskadi et Aquitaine, il n´a été possible que de s´intéresser à certaines de ces composantes qui sont listées ci-après. Un aperçu complet de l´ensemble des actions mises en œuvre par les partenaires du projet est disponible dans le guide technique du projet (Orazio et al., 2014) et sur le site web dédié à FORRISK : www.forrisk.efiatlantic.efi.int

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2.1 Intégrer prévention et lutte

Une des manières les plus simples de fournir des informations utiles à la fois à la prévention et à la lutte est d’effectuer une caractérisation aussi précise que possible de l´aléa afin de pouvoir identifier les zones les plus à risques et pouvoir concentrer les actions de préventions avant qu´un phénomène ne se produise ou adapter les actions de lutte une fois que le problème est apparu. Pour répondre à cette problématique plusieurs types de cartographies ont été développés par les différents partenaires du projet.

2.1.1 Cartographie de la sensibilité à Gonipterus platensis au Portugal

Le Gonipterus est un insecte défoliateur qui affecte les eucalyptus en Europe. Présent depuis plusieurs années, cet insecte a un développement qui induit des pertes significatives pour les producteurs de bois d’eucalyptus. L´équipe de l´ISA au Portugal a donc utilisé les données de défoliation sur 15000 placettes forestières d’inventaire et les a croisées avec les données climatiques de WorldClim et de

« Hadley centre for climate prediction and research ». Il est alors possible de lier les niveaux d´infestation des peuplements aux conditions climatiques et construire une carte du risque de défoliation à l´échelle du Portugal (Figure 1).

Cette carte peut donc être utilisée soit pour la lutte en identifiant les zones les plus sensibles à traiter en priorité, soit pour la prévention en prenant des précautions selon l’endroit où de nouveaux peuplements peuvent être installés.

2.1.2 Cartographie du risque vent sur l’arc cantabrique

Le vent peut générer d’importants dégâts en forêt comme l´ont démontré les tempêtes Klaus, Martin et Lothar en France, mais aussi Xynthia en Espagne. Le vent agit sur le houppier de l’arbre qui se comporte comme une voile en exerçant une pression transmise aux racines qui peut l’amener à se coucher ou à se rompre. Selon la hauteur de l’arbre, les caractéristiques mécaniques du tronc et des

Figure 1 : Carte de risque de défoliation par Gonipterus platensis (ISA , Manuela Branco)

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racines, et la forme du houppier, un arbre donné au sein de son peuplement va résister plus ou moins bien à la pression exercée par le vent. Les partenaires du projet ont donc fait des mesures de résistance à la traction de plusieurs espèces d´arbres pour évaluer leur résistance au vent. Il est alors possible de définir une vitesse critique à partir de laquelle un peuplement est susceptible de subir des dégâts (Figure 2) puis ont ensuite évalué le régime des vents sur la zone d´étude pour déduire le risque de dégâts lors d’une tempête.

Ces cartes peuvent donc être utilisées en prévention pour réduire la vulnérabilité des peuplements les plus sensibles (éviter les éclaircies, couper avant d´atteindre une taille à risque, …) et en lutte afin de focaliser les efforts de récupération des arbres abimés sur les zones les plus à risque, sans attendre une évaluation complète des dégâts subis.

Figure 2 : Vitesses du vent pendant la tempête Xynthia sur une partie de Pays-Basque, vitesses de vent critiques calculées avec ForestGALES pour les points de l’inventaire forestier national (points de couleurs) et dégâts observés (en gris). (INRA, Barry Gardiner)

2.2 Intégrer la gestion du risque dans les pratiques de gestions forestière Pour augmenter les chances de succès d’une mesure permettant de réduire le risque en forêt, il faut l´introduire dans le cycle de gestion standard des peuplements. Si une mesure doit faire l´objet d’interventions spécifiques en dehors des actes de gestions traditionnels (traitement aérien, …) elle sera plus difficilement mise en œuvre.

2.2.1 L´analyse de la distribution de la biomasse pour le risque incendie

Dans les Asturies, la qualité des peuplements de pin maritime dépend fortement de la gestion forestière qui est faite. Les peuplements forestiers de manière traditionnelle y sont assez peu gérés, et les arbres nécessitent de l´élagage, car le gain de qualité du bois y est largement rémunéré, ce qui n’est pas le cas dans toutes les régions.

La réalisation d´un modèle de combustible (répartition de la biomasse fine) permet de définir la hauteur d´élagage qui a le plus de pertinence pour limiter la propagation des incendies. Il est ainsi possible de déterminer l´effort minimal à fournir pour combiner protection contre les feux de forêt et amélioration de la qualité des bois.

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2.2.2 L´analyse de la perception des risques par les propriétaires

Dans la plupart des cas, la décision sur les options de gestion d’une forêt revient à son propriétaire. Il est donc important de comprendre son aversion au risque ainsi que sa perception des risques encourus par son bien, soit pour faire des propositions de gestion du risque qui prennent en compte ses attentes, soit pour l’informer de la réalité du risque auquel est exposé son bien.

Dans le cadre de FORRISK, une enquête quantitative a pu être menée auprès d’un échantillon de 800 propriétaires pour évaluer la différence entre leur perception du risque et le risque réellement subi (Figure 3).

Figure 3 : Résultats d'une étude quantitative indiquant le pourcentage de personnes ayant choisi tel ou tel risque proposés dans une liste sur un échantillon représentatif de 800 personnes interrogées dans la zone d’étude (Limousin)- (IDF/CNPF - François Didolot, Olivier Picard)

2.3 Combiner contraintes écologiques et contraintes économiques

Une approche intégrée suppose que les mesures envisagées soient applicables par les acteurs de la gestion ; elle repose donc sur des éléments quantitatifs qui permettent d’évaluer les conséquences économiques des choix effectués.

2.3.1 L´évaluation économique de la méthode d´attraction répulsion sur les peuplements d´eucalyptus

Dans cette étude menée au Portugal, une mesure de protection raisonnée qui consiste à mettre en place une lisière avec des clones d’eucalyptus plus sensibles au Gonipterus, afin de limiter le traitement aux lisières a été comparée avec une approche traditionnelle où le peuplement est traité en plein ; le témoin étant une parcelle sans traitement. Sur la base des coûts de traitement et de la valeur du bois en 2014, cette étude conclut que le traitement chimique traditionnel est plus intéressant d’un point de vue économique car bien que les coûts de traitement soient plus élevés, la production totale de bois sur la parcelle est supérieure.

2.3.2 L´évaluation quantitative des pertes engendrées par la procesionnaire du pin sur Pinus pinaster

Dans les Landes de Gascogne, les dernières études menées sur la processionnaire du Pin, ainsi que le suivi annuel du DSF (département santé des forêts) ont été ré-analysés (Régolini et al., 2014) et intégrés au modèle de croissance « pinus pinaster » pour construire un modèle de prédiction des dégâts liés à la chenille processionnaire du pin. Les premières simulations montrent que les dommages causés par ce défoliateur sur un peuplement de pin maritime conduit de façon standard en 40 ans sont assez faibles pour une séquence de défoliation annuelle moyenne sur le massif landais. Ainsi, si on compare les résultats de la production avec un peuplement indemne, on trouve une différence de

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production de 8m3/ha, c’est-à-dire environ le volume de six arbres du peuplement final. Ce modèle pourra être utilisé pour comparer différents niveaux d’aléas (en simulant par exemple des parcelles attaquées chaque année ou en prenant en compte l’augmentation de l’intensité des pullulations ces dernières années) et de vulnérabilité (en testant plusieurs scénarios sylvicoles) ainsi que l’intérêt économique de mesures de prévention (comme l’implantation de lisières feuillues).

Figure 4 : Représentations des deux peuplements simulés avec le modèle Pinuspinaster sous Capsis. A droite, le peuplement témoin est représenté (simulation sans processionnaire), à gauche le peuplement subit les défoliations de PP. A cette étape de croissance (28 ans, âge auquel la plus forte infestation de PP subie par le peuplement a lieu pour le scénario d’aléa choisi), les arbres présentant une forte défoliation sont en rouge, en orange les arbres avec une défoliation moyenne, en jaune une défoliation faible, en vert pâle une défoliation très faible. Les arbres vert foncé sont indemnes. La lisière du peuplement est représentée sur la face inférieure du peuplement. Une surface de 5 ha est simulée.

2.4 Prendre en compte simultanément des risques multiples 2.4.1 Le chancre du pin et le risque vent

Dans le cadre de l’étude menée par HAZI sur le Chancre résineux dans les peuplements de Pinus radiata, il a été démontré que la contamination des pins engendre une augmentation de la sensibilité des arbres à la casse en cas de coup de vent. Cette information associée à la cartographie du risque vent devrait permettre aux gestionnaires d’identifier les peuplements les plus sensibles au vent et d’envisager leur remplacement dans les zones où les deux risques sont présents de manière conjointe.

2.4.2 Une analyse multirisque sur la gestion des forêts dans plusieurs régions

Une autre approche de l’analyse multirisque peut se faire indépendamment d’un cas précis sur une parcelle réelle comme on l’a vu ci-dessus avec l’exemple d’HAZI, ou comme l’étude menée par le CRPF Aquitaine à l’échelle d’une propriété, mais aussi dans un cadre théorique pour comparer plusieurs

Figure 5 : Vitesse de transmission du son (qualité des bois) en fonction du coefficient d'élancement et de la présence de Fusarium (HAZI , Alejandro Cantero)

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itinéraires de gestion par rapport à l’aléa moyen d’une région. C’est à cette fin que le consortium de FORRISK a comparé les itinéraires de gestion des espèces suivantes pour identifier les pratiques les plus à risque : Pin Radiata, Eucalyptus, Pin Maritime, Douglas, Pin Laricio, Peuplier.

Pour chacune de ces espèces, les principaux aléas de chaque région ont été identifiés, puis quantifiés en prenant en compte la fréquence et l’intensité des dégâts causés. L’enjeu associé à chacune de ces sylvicultures a été estimé de manière théorique en évaluant la valeur d’un peuplement à l’équilibre des classes d’âge sur un hectare. La vulnérabilité varie en fonction des actions sylvicoles de chaque scénario ; il est alors possible, en utilisant des outils d’analyse multicritères de classer les différentes options de gestion en fonction du risque qu’elles font courir au propriétaire.

Un exemple de résultat obtenu est présenté ci-dessous :

Figure 6 : Résultats du classement Prométhée II ranking pour le pin maritime en Aquitaine, au Portugal, en Galice et dans les Asturies (-1 est la valeur la plus à risque et 1 la moins à risque). En Aquitaine et en Galice, les scénarios sont bien différenciés alors qu’au Portugal et en Asturies ils sont beaucoup plus proches. Certains scénarios comme le court-terme (M4), la biomasse (M7) sont toutefois toujours classés dans les scénarios les moins à risque. De même, les scénarios standard (M2) et semi-dédié à la biomasse (M6) sont souvent en milieu de classement. Il ne faut pas oublier que les aléas étudiés ne sont pas les mêmes dans toutes les régions et que cela influe sur le classement des scénarios à la fois pour la partie « aléa » et pour la partie « vulnérabilité aux aléas ».

2.5 Intégrer le rôle des Institutions et les contraintes législatives 2.5.1 Séminaire sur les assurances

L’assurance fait partie intégrante de la gestion du risque par les propriétaires ; dans les situations où il n’est pas possible de réduire la vulnérabilité, il est intéressant de s’affranchir des aléas en se garantissant un revenu en cas de perte de sa forêt ; cependant, les systèmes assurantiels en forêt sont divers et hétérogènes, le projet FORRISK a donc essayé de fournir un premier état des lieux en organisant un séminaire présentant les assurances existant dans diverses régions d’Europe.

Aquitaine   Portugal   Galice   Asturies  

-­‐1   -­‐0,8   -­‐0,6   -­‐0,4   -­‐0,2   0   0,2   0,4   0,6   0,8  

1   M1-­‐  Haute  qualité  

M2-­‐  Standard  

M3-­‐  Faible  inves=ssement  

M4-­‐  Court  terme  (avec   subven=on)  

M5-­‐  Faible  densité  sans   éclaircies  

M6-­‐  Semi  dédié  à  la   biomasse  

M7-­‐  Biomasse  

M8-­‐  Sans  ges=on  

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2.5.2 Résultat de l´analyse AFOM sur les régions du projet

La dernière dimension d’une approche intégrée consiste à identifier les éventuels blocages institutionnels ou juridiques qui pourraient constituer un frein à une bonne gestion des risques en forêt.

L’approche retenue par le projet FORRISK a été de faire une analyse des forces/faiblesses et menaces/opportunités des systèmes en place dans chacune des régions du projet, en se basant sur un organigramme représentant l’organisation des acteurs en charge de la prévention et de la lutte en forêt pour chacune des régions.

Figure 7: Diagramme des acteurs de la gestion du risque sanitaire en Aquitaine

A partir de cette analyse, les partenaires du projet ont pu identifier des bonnes pratiques et lister une série de recommandations pour organiser la gestion du risque en s’appuyant sur les exemples les plus performants identifiés dans chacune des régions.

Conclusion

En conclusion, l’approche intégrée est une approche systémique de la gestion des risques en forêt, qui, dans la pratique, devrait résulter de l’interaction entre les différents acteurs. Cependant, l’existence de blocages entre certains opérateurs, le manque d’expertise ou la difficulté à mobiliser les connaissances pertinentes peut empêcher l’aboutissement à un système qui permette une gestion efficace du risque. Il est donc primordial de développer et de consolider une approche intégrée telle qu’initiée par FORRISK.

La mise en œuvre d’une gestion intégrée est donc possible mais très complexe, elle suppose l’implication de tous les acteurs, et la valorisation de toutes les nouvelles sources d’informations sur le territoire aux échelles régionales et nationales (imagerie satellite, LIDAR, modèles de surfaces, cartographie des sols, …).

Cependant, dans une situation où de nombreuses études nous prédisent une augmentation des risques pesant sur les forêts suite au changement climatique (Orazio et al 2013; Seidl et al 2014) et où les

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ressources financières fournies par les états se réduisent, cette approche qui permet une économie de moyens, une meilleure cohérence et un gain d´efficacité en comparaison à une approche fragmentée conduite par des spécialistes de manière non coordonnée devrait se développer.

FORRISK a montré que la tâche est ardue et qu’il reste de nombreuses pièces à assembler pour avoir une synergie complète entre tous les acteurs mais la prise de conscience est là. La coordination des actions reste cependant nécessaire à des échelles adaptées au problème rencontré. Un plan de contingence pour une espèce invasive se doit d’être transnational alors que la gestion d’un insecte endémique se fait à l’échelle de l’essence touchée (souvent localement ou régionalement).

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