N 27 - SEPTEM BRE-O CTO BRE 2008

Texte intégral

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La gauch e parl e à l a gauch e

N°27 - SEPTEMBRE-O CTO BRE 2008 w w w .l e -piaf.org

[Inte rnational ] P2 - Afgh anis tan: La pe tite gue rre pour la civilisation P3 - Géorgie : L'Abk h az e de l'oncle Tom

P4 - Allem agne : Re ntrée au pays de s réform e s

[Pol itiq ue & Société]

P5 - RSA va bie n ?

P6 - Com m e nt faire taire ce ux q ui rés is te nt aux e xplus ions ...

[Se rvice Publ ic]

P8 - Délit d'initiés à la Sécu P9 - Ma pos tière ch e z Je an- Pie rre Gaillard

[Ecol ogie ]

P10 - Le s e aux glacée s du calcul égoïs te

P10 - Lance urs d’alerte : la m obilisation paie

[Critiq ue de s Médias ] P11 - Le s radios e t télés as s ociative s s ouffre nt du pas s age au num ériq ue

Le cte urs du PIAF, e nvoye z-vos articles ,

annonce z vos re nde z-vous ! contact@ l e -piaf.org

C

om m e be aucoup d'autre s journaux, nous avons re çu par m ail un appe l1 ve nu d'un autre âge . Le CNR, l'h is toriq ue Cons e il National de la Rés is tance de Je an Moulin q ui a te nu s a pre m ière réunion e n m ai 19 43, appe lle à une grève générale e t re conductible le 10 nove m bre 2008 ! Qui s e cach e de rrière tout ce la ? Ce m e s s age fait pe ns e r à l'appe l « Crée r c'e s t rés is te r, rés is te r c'e s t crée r » lancé

com pétition à outrance de tous contre tous . »2

Là s 'arrête la com parais on. Dans ce t appe l à la grève , pas de figure h is toriq ue , jus te un appe l à la m obilis ation contre le s dérive s de notre s ociété ve rs m oins de s olidarité. Ce t appe l e s s aye de contourne r le s lourds appare ils s yndicaux le nts à s e m e ttre e n branle pour contre r un gouve rne m e nt q ui a toujours un coup m édiatiq ue d'avance . A la s uite de ce t appe l, une pétition3 « le ttre ouve rte aux états - m ajors s yndicaux » de m ande plus de

par 13 ancie ns m e m bre s du CNR pour le 60èm e annive rs aire du Program m e du CNR. Ce s 13 rés is tants h is toriq ue s , gaullis te s ou com m unis te s , appe laie nt « à une véritable ins urre ction pacifiq ue contre le s m oye ns de com m unication de m as s e q ui ne propos e nt com m e h oriz on pour notre je une s s e q ue la cons om m ation m arch ande , le m épris

fe rm e té dans le s négociations ave c le gouve rne m e nt.

L'apath ie générale e t la s pirale vrom bis s ante de s déclarations calculée s de s m inis tre s e t de le ur prés ide nt nous étouffe nt e t nous font acce pte r de s re culs s ociaux s ans précéde nt. O ubliés tous le s principe s de notre cons titution (is s us du program m e du CNR) e t de s lutte s âpre m e nt gagnée s au fil du XXèm e s iècle ...

Et vous , q ue fe re z -vous le 10 nove m bre ?

Le Piaf

1- h ttp://w w w .cons e ilnationalde lare s is tance .fr/

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E

n 2001, lors q ue la coalition com pos ée de s force s de l’O TAN e t de s troupe s de l’Alliance du Nord2 a attaq ué l’Afgh anis tan, le s buts étaie nt clairs : re nve rs e r le s Talibans , arrête r Be n Lade n e t m e ttre e n place un Etat dém ocratiq ue e n Afgh anis tan. Le s m oye ns e m ployés , le s bom barde m e nts aérie ns m as s ifs e t l’offe ns ive te rre s tre de s m oudjah idine s du nord (q ui préféraie nt s ouve nt tue r le urs adve rs aire s plutôt q ue de le s faire pris onnie rs ), ne s e m blaie nt pas pos e r de problèm e s m oraux au re gard de l’e nje u : dém ante le r un régim e rée lle m e nt totalitaire e t te rroris te .

Le program m e a été à m oitié re m pli. Au prix d’au m oins plus ie urs m illie rs de civils m orts , le s Talibans ont été ch as s és du pouvoir, m ais pas du pays . Be n Lade n, lui, s ’e s t éch appé e t un nouve au régim e , form e lle m e nt dém ocratiq ue , a vu le jour. Se pt ans plus tard, on jus tifie e ncore la prés e nce occide ntale ave c le s m êm e s argum e nts : lutte r contre le s Talibans q ui m ène nt une guérilla au s ud e t à l’oue s t du pays , as s ure r la s écurité pour s tabilis e r le pays e t re nforce r le prés ide nt Karz aï. Ce s de rnière s année s , le s progrès s e m ble nt as s e z m ince s . Si ce rtaine s régions e t la capitale bénéficie nt d’une re lative s écurité e t d’une plus grande libe rté grâce à l’inte rve ntion occide ntale , ce n’e s t pas le cas du s ud-oue s t q ui connaît au contraire un re gain de

La pe tite gue rre pour l a civil is ation

viole nce . L’augm e ntation du nom bre de s oldats de l’O TAN m orts au com bat ou au cours d’atte ntats cons titue un bon indice de ce tte e xte ns ion de la gue rre . L’e m bus cade au cours de laq ue lle dix s oldats français ont été tués , e n août de rnie r, a dém ontré q ue le s Talibans s e s ont re nforcés e t s ont toujours aus s i déte rm inés . Face à ce q ui re s s e m ble de plus e n plus à un éch e c, la réaction de s gouve rne m e nts occide ntaux e s t, as s e z logiq ue m e nt, d’e nvoye r plus de troupe s s ans vraim e nt s ’inte rroge r ni s ur le s m éth ode s ni s ur le s buts .

Un officie r français com parait ce tte gue rre à l a gue rre

d’Al gérie

Un officie r français com parait ce tte gue rre à la gue rre d’Algérie e n as s urant q ue ce rtaine s m éth ode s , ce lle s jus te m e nt e m ployée s par le s Français e n Algérie , pe rm e ttraie nt de ve nir à bout de l’e nne m i s ur le te rrain. Si c’e s t le cas , c’e s t très inq uiétant pour le s Afgh ans . Le s Am éricains , e ux, font confiance à la te ch nologie , au re ns e igne m e nt e t aux m oye ns aérie ns (h élicoptère s e t avions de ch as s e ) pour évite r le s confrontations dire cte s e t le s m orts … am éricains . Ils n’évite nt pas , par contre , le s bavure s . Elle s s ont te lle m e nt courante s q ue H am id Karz aï lui- m êm e , le protégé de s Am éricains ,

“ Quand nous e ntrons dans un vil l age e t q ue nous voyons un Afgh an barbu, nous voyons s im pl e m e nt un Afgh an barbu. Mais q uand l e s Am éricains e ntre nt dans un vil l age e t voie nt un Afgh an barbu, il s voie nt O us s am a be n Lade n.»1 Ce tte confide nce d'un ancie n m e m bre de s force s s pécial e s d’un pays al l ié de s Etats -Unis , au journal is te angl ais Robe rt Fis k , il l us tre bie n l e m al ais e q ui e ntoure l ’inte rve ntion occide ntal e e n Afgh anis tan.

[Inte rnational ]

a de m andé l’arrêt de s frappe s aérie nne s s ur de s cible s h ypoth étiq ue s . Enfin tous le s pays occide ntaux im pliq ués dans le conflit e s père nt « l’afgh anis ation » du conflit, c'e s t-à-dire le re m place m e nt progre s s if de s troupe s de l’O TAN par une arm ée afgh ane capable de com battre e fficace m e nt le s Talibans . Karz aï, lui, s e rait appare m m e nt plus favorable à une négociation politiq ue ave c le s Talibans au nom de la s olidarité e ntre Pach toune s . Mais il e s t lié par le s aide s occide ntale s dont s a s urvie politiq ue dépe nd. Ce q ui nous ram ène à notre préam bule : le s Am éricains , partis e n Afgh anis tan com battre le te rroris m e e t q ui voie nt dans ch aq ue Afgh an un e nne m i pote ntie l, s ont-ils prêts à acce pte r une s olution négociée e ntre is lam is te s m odérés (Karz aï e t s e s alliés ) e t e xtrém is te s pour ram e ne r e nfin la paix dans ce pays ?

Ale xD

1- Robe rt Fis k , La grande gue rre pour la civilis ation, La découve rte , page 820 2- Alliance q ui re groupait le s ch e fs de gue rre du nord de l’Afgh anis tan non pach toune s , oppos és aux Talibans . Le s Pach toune s cons titue nt le principal groupe e th niq ue e n Afgh anis tan (42% de la population). Le s Talibans s ont de s Pach toune s .

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PAGE 3 [Inte rnational ]

L'Abk h aze de l 'oncl e Tom

D

e puis la ch ute de l’URSS, l’O s s étie du Sud, rattach ée à la Géorgie , s ouh aite re joindre la Fédération de Rus s ie aux côtés de s O s s ète s du Nord. Le 7 août de rnie r, la Géorgie lance s e s troupe s à l’as s aut de ce te rritoire s éce s s ionnis te s oute nu par la Rus s ie , décle nch ant une gue rre foudroyante dans la région.

Lors q ue le je une Prés ide nt pro- occide ntal Sak aach vili arrive au pouvoir e n 2003, il

affich e rapide m e nt s e s obje ctifs : intégre r l’O TAN e t ram e ne r le s régions

s éce s s ionnis te s (O s s étie du Sud e t Abk h az ie ) dans le giron géorgie n.

Pour y parve nir, il com pte forte m e nt s ur le s outie n de s e s « am is » occide ntaux. C’e s t dans ce conte xte q u’il lance s on offe ns ive le 7 août

de rnie r. Mais la réaction rus s e e s t im m édiate e t le s outie n am éricain très lim ité, pour ne pas trop frois s e r le parte naire rus s e …

La s tratégie de Saak ach vili e s t tom bée dans le piège de s double s je ux diplom atiq ue s , dont le Caucas e e s t un te rrain d’e xpérim e ntation privilégié. De s double s je ux q ui ont de s re le nts de gue rre froide . La Rus s ie dis tribue de s pas s e ports aux s éparatis te s de Géorgie , pe ndant q ue le s Am éricains e t le urs alliés e uropée ns cons truis e nt de s oléoducs e t de s gaz oducs pour ach e m ine r le s re s s ource s éne rgétiq ue s de la Cas pie nne s ans pas s e r par la Rus s ie … h is toire d’organis e r l’affaiblis s e m e nt de ce t

e ncom brant e t puis s ant parte naire . Le Caucas e e s t égale m e nt un te rritoire d’im plantation s tratégiq ue pour le s Etats -Unis dans le cadre d’un éve ntue l conflit ave c l’Iran vois in. Pour la Rus s ie , ce conflit était l’opportunité de « punir » la Géorgie de s on rapproch e m e nt ave c le s O ccide ntaux, de rappe le r s a puis s ance dans la région e t de s e faire , e n pas s ant, l’avocat de s pe tits pe uple s du Caucas e … pour te nte r de faire oublie r le m as s acre

réce nt de 15% de la population tch étch ène .

De s doubl e s je ux q ui ont de s re l e nts

de gue rre froide

Et le s O s s ète s dans tout ça ? Doit- on re connaître le ur s éce s s ion ? Car la vraie q ue s tion de ce conflit e s t ce lle , récurre nte , de la conciliation de de ux principe s cle fs du droit inte rnational : ce lui du

« droit de s pe uple s à dis pos e r d’e ux-m êm e s » e t ce lui du « droit de s Etats à le ur intégrité te rritoriale ». La répons e aux q ue s tions s éparatis te s e s t ém ine m m e nt com ple xe : voyant le Kos ovo accéde r à l’indépe ndance ,

le s O s s ète s re ve ndiq ue nt nature lle m e nt le m êm e droit. De m êm e s q ue de s ce ntaine s de régions du m onde … La répons e pe ut donc difficile m e nt être unive rs e lle . Elle dépe nd de l’h is toire de la province s éparatis te , de l’oppre s s ion s ubie par la m inorité e n q ue s tion, de l’e xis te nce d’un conflit e th niq ue , e tc.

Malh e ure us e m e nt, ce tte réfle xion e s t polluée par le s m ultiple s intérêts économ iq ue s e t

s tratégiq ue s de s grande s puis s ance s . Com m e le re m arq uait Vladim ir Poutine dans un dis cours à Munich e n 2007 (au s uje t de s Etats -Unis ) : le s grande s puis s ance s agis s e nt e n de h ors

« de le urs frontière s nationale s dans tous le s dom aine s e t ce la e s t très dange re ux ; pe rs onne ne s e s e nt plus e n s écurité parce q ue pe rs onne ne pe ut plus trouve r re fuge de rrière le droit inte rnational ».

Magali

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L

'autonom ie de s unive rs ités e s t-e lle le re m ède s ouve rain aux problèm e s de l'e ns e igne m e nt s upérie ur ? C'e s t ce q ue défe nd le gouve rne m e nt actue l e n m ontrant e n e xe m ple d'autre s pays e uropée ns « q ui ont s u réform e r », s e lon la form ule ritue lle de s libéraux de droite e t de gauch e . En Alle m agne , grand pays réform ate ur, où cons e rvate urs e t s ociaux-dém ocrate s s e donne nt la m ain dans ce difficile travail de "m ode rnis ation", l'autonom ie de s unive rs ités a abouti à un rés ultat k afk aïe n.

Le s unive rs ités ont, à prés e nt, le droit de s éle ctionne r le s étudiants dès la pre m ière année e t de dis pos e r com m e e lle s l'e nte nde nt de le ur budge t e t, donc, de favoris e r le s dis cipline s le s plus « porte us e s ».

Com m e , par aille urs , e lle s ont l'obligation de m ie ux e ncadre r le s étudiants (déve loppe m e nt du tutorat e t du contrôle continu) s ans q ue le ur budge t ait augm e nté e n cons éq ue nce , e lle s dim inue nt le nom bre de place s dis ponible s . Le s bach e lie rs s ont donc contraints de m ultiplie r le s candidature s e t de s 'arm e r de patie nce . Ils e nvoie nt une diz aine de dos s ie rs dans l'e s poir d'obte nir au m oins une répons e

pos itive . Pour

Re ntrée au pays de s réform e s

[Inte rnational ]

ISSN : 19 57-0031

© opyle ft

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Dire cte ur de la publication du num éro 27: Pie rre Fouilh oux Com ité de rédaction : Ale x D., Be nj, Aldo Be rnard, Bo.F., Cluc,

Gaë l Mah é, JMJ, K ate rina Bauh aus , M. Solal, Magali, O live r Carm ine , Patrick , PB, Pie rre Fouilh oux, Robe rt Mois ne au.

ce rtaine s dis cipline s , com m e la ps ych ologie , où le s de m ande s s ont nom bre us e s e t le s place s réduite s , le s unive rs ités établis s e nt de s lis te s d'atte nte . Le s futurs étudiants s ont e ncouragés à faire de s s tage s pe ndant un an ou de ux e n atte ndant d'être e ffe ctive m e nt ins crits . Mais l'abs urdité ne s 'arrête pas là. Le s unive rs ités , cons cie nte s q ue ce rtains candidats acce ptés préfére ront, e n fin de com pte , faire le urs étude s aille urs , pratiq ue nt le « s urbook ing » com m e n'im porte q ue lle com pagnie aérie nne !

Bre f, le nouve au s ys tèm e fait re gre tte r l'ancie n organis m e q ui ce ntralis ait le s de m ande s e t répartis s ait

« bure aucratiq ue m e nt » le s place s . Mais au pays d'Ange la Me rk e l e t de Ge rh ard Sch röde r, re ve nir e n arrière e s t de ve nu im pos s ible .

Ale xD

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RSA va bie n ?

L

e Re ve nu de Solidarité Active s e de s tine à bris e r l'abs urdité fais ant q u'un ch ôm e ur ou q u'un RMIs te re trouvant du travail voit s on re ve nu bais s e r. En pratiq ue , un s alarié va pouvoir, e n plus de s on s alaire , pe rce voir une partie de s allocations auxq ue lle s il avait droit lorq u'il était s ans travail. Concrète m e nt, un RMIs te (500€

pour une pe rs onne s e ule ) trouvant un e m ploi SMIC à m i-te m ps (500€) aura un re ve nu de 760€. Et ce la pe ut conce rne r 3 m illions de m énage s e n France parm i le s plus défavoris és . Si c'e s t pour faire gagne r plus aux plus pauvre s ,...

rie n à re dire .

Mais au fait, ça ne vous rappe lle pas le s bataille s de s étudiants ? Vous s ave z , le s anti-CPE (ou le CIP balladurie n) q ui re fus aie nt la création de contrats de travail m al payés pour étudiants dés arge ntés . Ici, donc, Martin H irs ch s e réjouit q ue 100 000 s alariés acce pte nt de m ain de s boulots très m al payés . Ce rtains nom m e nt m êm e le RSA « régim e de précarité as s is tée ». Vous bos s e z e t e n plus vous ête s pauvre s ? Ne vous plaigne z pas , on vous aide . C'e s t q uoi déjà le SMIC ? C'e s t pas le truc q ui dit q ue pe rs onne ne doit travaille r e n de s s ous d'un ce rtain nive au de re ve nu ? Alors q ue le s m i-te m ps e t le s s tagiaire s étaie nt

Pour e n s avoir plus :

h ttp://alte rnative s -e conom iq ue s .fr/blogs /rave aud/2008/08/28/le -rs a-ce -ne s t- pas -la-jus tice -s ociale /

h ttp://w w w .m e diapart.fr/club/blog/s e rge -paugam /29 0808/rs a-la-nais s ance - d-un-re gim e -de -pre carite -as s is te e

Inte rvie w de De nis Cle rc, Le Monde du 29 /08/08

Ave c l e RSA, l e gouve rne m e nt s e vante de donne r un coup de vol ant ve rs l e s ocial . Au pil otage , Martin H irs ch , s ucce s s e ur de l 'Abbé Pie rre à l a tête d'Em m aüs , m ul tipl ie l e s décl arations e nth ous ias te s e n e s pérant l a création de 100 000 e m pl ois d'ici de ux ans . Surpris e , l e finance m e nt provie nt d'un nouve l im pôt q ui ne ris q ue pas de pe s e r s ur l e s pl us pauvre s e n portant s ur l e s re ve nus du capital . Bravo, al ors appl audis s ons . Mais au fait, c'e s t q uoi ce RSA ? C'e s t-y-bie n de gauch e , ça ?

[Pol itiq ue & Société]

déjà très loin du SMIC, ce la ne va pas arrange r le s ch os e s .

Et puis , im agine r q ue ce la puis s e crée r de l'e m ploi, c'e s t aus s i s e de m ande r q ue ls e m plois . Et de s e pos e r de s q ue s tions s ur notre s ys tèm e économ iq ue : pourq uoi aujourd'h ui une part de la s ociété e s t-e lle dés oe uvrée ? Ne vaudrait- il pas m ie ux partage r le te m ps de travail q ue pous s e r le s ge ns ve rs de s boulots q u'aujourd'h ui pe rs onne ne ve ut faire ? Et ne m e parle z pas de fainéantis e de s as s is tés , il y a aujourd'h ui plus d'un m illion de pe rs onne s q ui travaille nt pour gagne r m oins q ue le s aide s auxq ue lle s e lle s auraie nt droit s ans e m ploi !

De rnie r coup de force m édiatiq ue : la taxe s ur le s re ve nus du capital. O n im agine le s m illiards donnés par le s rich e s indus trie ls français ...

Mais vous ave z oublié le bouclie r fis cal créé l'an de rnie r. Com m e le s vrais rich e s ont déjà atte int le ur q uota d'im pôts (m axim um 50 % de s re ve nus ), ils ne s ont pas conce rnés ... Ce tte taxe va être payée par la m oitié de s m énage s e n touch ant aux re ve nus foncie rs e t aux

as s urance s -vie . L'im pos ition de s re ve nus du capital pas s e de 11% à 12,1% c'e s t-à-dire re s te be aucoup plus faible q ue le taux auq ue l le travail e s t taxé.

Com m e le gouve rne m e nt nous y a h abitués , un point pos itif s e rt rare m e nt à autre ch os e q u'à faire pas s e r une pilule bie n plus difficile . Rappe le z -vous la propos ition de s upprim e r le s aide s à ce ux q ui re fus e nt d'alle r faire de s s ale s boulots à 50k m de ch e z e ux...

Com m e de m ain le RMI de vie nt un RSA... q ui nous jure aujourd'h ui q ue le RSA n'e s t pas la pire de s m e s ure s q ue Sark oz y nous ait donnée s ?

G.K .W VanDe nParaboum

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Com m e nt faire taire ce ux q ui rés is te nt aux e xpl us ions ...

Te ch niq ue 1 : Pl ainte m us cl ée contre un tract h um oris tiq ue

Le 2 avril de rnie r, de s m e m bre s du colle ctif de s outie n aux s ans -papie rs de Re nne s s ont allés lire un tract à l'inte rph one de la Police de s Frontière s (PAF)3. Ce tract avait été écrit s uite à l'arre s tation (m algré de s papie rs de m ine ur e n règle ) de Julio, lycée n d'origine congolais e 4, e n ple ine s ortie s colaire . Ce tract portait une faus s e pe tite annonce de re crute m e nt à la PAF indiq uant, ave c un h um our grinçant, le s q ualités néce s s aire s pour arrête r de s e nfants innoce nts . Le s de ux le cte urs du tract, ains i q u'une trois ièm e pe rs onne q ui a répondu à une éq uipe de télévis ion, s ont pours uivis de puis fin juille t pour « diffam ations e t injure s ». L'e nq uête e n cours a m êm e été jus q u'à re ch e rch e r le s re s pons able s du s ite inte rne t diffus ant de s vidéos de l'action.

[Pol itiq ue & Société]

Il faut q u'un h om m e m e ure pe ndant s on e xpuls ion pour q ue le s journaux télévis és parle nt de s arre s tations e t de s e xpuls ions m as s ive s de s ans -papie rs . Et pourtant il s uffit d'h abite r e n banlie ue paris ie nne pour avoir de s vois ins s ans -papie rs , de pre ndre un train re ve nant d'Italie pour voir une rafle ou d'être e ns e ignant pour q ue le s pare nts d'un de vos élève s s oie nt s ous le s ve rrous . H e ure us e m e nt plus ie urs rés e aux e t as s ociations (RESF1, SôS2, le s colle ctifs locaux de s outie n aux s ans -papie rs ,...) rés is te nt e n ve nant e n aide à ce ux q ui étaie nt il n'y a pas s i longte m ps - e t s e ront dans pas s i longte m ps - le s bie nve nus pour ve nir travaille r e t de ve nir citoye ns français . Et ce s as s ociations s e rve nt de re lais à l'inform ation... Voici donc q ue lq ue s page s du m anue l du parfait m inis tre de l'Intérie ur voulant faire taire un m ouve m e nt dém ocratiq ue ...

Te ch niq ue 2 : Le m inis tre « inte rrom pt briève m e nt s e s vacance s »

Le 5 août, Brice H orte fe ux re ntre à Paris pour une confére nce de pre s s e fracas s ante . Il faut dire q u'après l'ince ndie ayant détruit le ce ntre de réte ntion (CRA) de Vince nne s , d'autre s re te nus te nte nt d'ince ndie r le urs paillas s e s , notam m e nt au Me s nil-Am e lot. Se lon le m inis tre , la faute n'e s t pas aux conditions de réte ntion, m ais aux « agis s e m e nts de s groupus cule s »5 d'e xtrêm e -gauch e . Le m inis tre s 'e m porte contre le s propos de Rodolph e Ne ttie r de l'as s ociation SÔS, rapportés la ve ille par le Paris ie n. Rodolph e Ne ttie r aurait affirm é : « Notre m ot d'ordre , c'e s t de brûle r le s

ce ntre s ». Ce pe ndant, le m ilitant dém e nt dans la pre s s e avoir prononcé une te lle ph ras e e t affirm e avoir t appe lé à le ur fe rm e ture . Une plainte a été dépos ée contre l'as s ociation SÔs q ui dépos e fréq ue m m e nt de s déclarations de m anife s tations de vant le s ce ntre s . Le bruit m édiatiq ue de ce tte affaire a ains i pe rm is d'e nte ndre de s parle m e ntaire s du PS e t m êm e de l'UMP s 'ém ouvoir de s conditions de réte ntion e t de s s urch arge s énorm e s de re m plis s age (s ouve nt le double ou le triple de s e ffe ctifs prévus , s ans parle r de s réte ntions d'e nfants ,...).

1- RESF: Rés e au Education Sans Frontière . 2- SÔS: Soutie n Ô Sans -Papie r.

3- h ttp://contre journal.blogs .libe ration.fr/m on_ w e blog/2008/09 /le s -tracts -q uh o.h tm l

4- h ttp://s ans papie rs .blogs .libe ration.fr/s ans _ papie rs /2008/03/julio-lve -re nne .h tm l. Julio a e ns uite été déclaré m aje ur après e xam e n os s e ux m édical e t m e nacé d'e xpuls ion. Un m ouve m e nt m as s if de s outie n a pe rm is de le libére r e t le régularis e r.

5- h ttp://w w w .le paris ie n.fr/politiq ue /ce ntre s -de -re te ntion-h orte fe ux-durcit-le -ton-05-08-2008-123142.ph p 6- h ttp://w w w .la-croix.com /article /inde x.js p?docId=23489 15& rubId=4076

7- Cim ade : Com ité Inte r-Mouve m e nts Auprès De s Evacués .

(7)

PAGE 7

Quand l e Fouq ue t’s paye s on canon, c’e s t l e préfe t q ui e s t m arron

(prove rbe tibétain)

[Pol itiq ue & Société]

«

Pe tit récit de s ave nture s ubue s q ue s e nge ndrée s par la politiq ue im bécile du m inis tre de la rafle du drape au »

C’e s t par ce s m ots q ue com m e nce la re lation tris te m e nt drolatiq ue de s évène m e nts s urve nus de vant l’un de s h auts lie ux de la Sark oz ie , e n l’occurre nce le Fouq ue t’s .

Vous y appre ndre z com m e nt le s im ple déploie m e nt d’une bande role RESF déch aîne l’arrivée d’une nuée ble ue s ur le s Ch am ps e t com m e nt de re bonds e n re bondis s e m e nts , une partie de s m ilitants fure nt invités

à s e rince r le gos ie r dans ce très s éle ct e t pas très gauch is te établis s e m e nt, pe ndant q ue le s uniform e s continuaie nt de battre le pavé tout e n ch éris s ant le ur h iérarch ie .

JMJ

Le PIAF re gre tte de n’avoir pas la place de re produire ce te xte s avoure ux m ais vous invite ch ale ure us e m e nt à le lire s ur le ne t :

h ttp://s ans papie rs .blogs .libe ration.fr/s ans _ papie rs /2008 /08/q uand-le -fouq ue .h tm l#m ore

Te ch niq ue 3 : Décre t m odifiant l a l ibe rté d'e xpre s s ion dans l e s ce ntre s de re te ntion

Com m e annoncé, un décre t vie nt de paraître conce rnant l'accès aux ce ntre s de réte ntion pour le s as s ociations d'aide aux re te nus 6. De puis 19 85, la Cim ade 7 avait le m onopole d'accès e t s a conve ntion pre nd fin e n janvie r. Stupe ur, le s ce ntre s s e ront répartis e n 8 lots géograph iq ue s pour autant d'as s ociations (ou m êm e , d'après l'e ntourage du m inis tre , de s im ple s cabine ts d'avocats )... Pire e ncore , le décre t s tipule q ue le s « pe rs onne s m orale s » h abilitée s s e ront te nue s à un de voir de « ne utralité e t de confide ntialité ». Ce s ph ras e s accus e nt indire cte m e nt la Cim ade de re produire le s propos de s

re te nus e t d'avoir de s m e m bre s un pe u trop s olidaire s de le ur caus e . La Cim ade s e m ble pourtant être la s e ule à pouvoir faire face à de te lle s re s pons abilités q u'e lle a as s um ée s de puis la de rnière gue rre (officie lle m e nt ou dans la rés is tance ). La Cim ade de m ande au gouve rne m e nt de s clarifications s ur le droit de re gard e t d'e xpre s s ion de la s ociété civile dans le s ce ntre s ...

G.W .K . VanDe nParaboum

(8)

PAGE 8 [Se rvice Publ ic]

L

e point com m un de toute s le s « réform e s » de l'As s urance Maladie de puis le s année s 80 e s t de réduire la part du régim e obligatoire (l'As s urance Maladie , financée par le s cotis ations s ociale s ) e t d'augm e nte r ce lle de s patie nts ou de s com plém e ntaire s de s anté (m utue lle s ou as s urance s privée s ).

Le rapport Ch ade lat, e n 2003, propos e de définir un « panie r de s oins » indis pe ns able s e t d'ins titue r un s ys tèm e à trois étage s : l'As s urance Maladie pour une partie de s s oins de bas e ; une com plém e ntaire de bas e pour l'autre partie , ave c aide de l'Etat (s e lon le s re ve nus ) pour y

accéde r ; une autre

com plém e ntaire , facultative , pour le s autre s s oins . Pas de grand boule ve rs e m e nt dans le s ys tèm e actue l, m ais il s uffit de ch ange r un pe u le s frontière s de s trois étage s , le périm ètre du panie r de bas e e t l'aide de l'Etat... pour e n finir ave c la Sécu : un panie r de bas e m inim al, géré à 9 0% par le s com plém e ntaire s e t à 10% par la Sécu. Pourtant, ce trans fe rt de s

Dél it d'initiés à l a Sécu

dépe ns e s de s anté ve rs le privé a pe u de ch ance de jugule r la h aus s e . Se lon un rapport du Sénat de juin 20081, le s coûts de fonctionne m e nt de l’As s urance Maladie obligatoire s ’élève nt à 5,4 % de s pre s tations , contre 24,4 % pour le s com plém e ntaire s . Pourtant, le déficit de la Sécu q ui jus tifie le s « réform e s » a été large m e nt cons truit par le s ch oix politiq ue s de s de rnière s année s (voir e ncadré).

Alors pourq uoi ce tte obs tination à

« réform e r » toujours dans le s e ns d'un affaiblis s e m e nt de la Sécu ? La répons e tie nt dans le s s om m e s e n je u : le budge t de la Sécu, c'e s t 1,3 fois ce lui de l'Etat. Le budge t de

l'As s urance Maladie re prés e nte e nviron 140 m illiards d'e uros , q ui éch appe nt e ncore au m arch é. De q uoi s us cite r le s convoitis e s de s as s ure urs privés e t d'un m ouve m e nt m utualis te q ui s 'éloigne de l'e s prit s olidaire de s origine s (voir e ncadré).

Et pour as s ouvir s on appétit, pourq uoi ne pas s e s e rvir s oi- m êm e ? Le s CV de s re s pons able s de s politiq ue s de s anté e t de s organis m e s s ociaux m ontre nt de s lie ns étroits ave c le patronat de l'as s urance privée 2. Xavie r Be rtrand, m inis tre de la s anté e t de s s olidarités de 2005 à 2007 e t

s e crétaire d'Etat à

l'As s urance Maladie de 2004 à

Com m e nt fabriq ue r un « trou de l a Sécu » ?

Le s e xonérations de cotis ations s ociale s non com pe ns ée s par l'Etat cre us e nt le trou de 2 à 3 m illiards par an. La non-taxation de s s tock s - options re prés e nte s e lon la Cour de s com pte s un m anq ue à gagne r de 3 m illiards par an. Le m anq ue de cotis ations provie nt s urtout d'une régre s s ion de s s alaire s dans le partage de la rich e s s e créée , au profit de s profits : ils re prés e ntaie nt 69 % du PIB e n 2002, contre 73 % e n 19 72. Le s cotis ations étant as s is e s s ur le s s alaire s , ce la re prés e nte 17 m illiards e n m oins par an pour la Sécu. De s ch iffre s à com pare r ave c le déficit, prévu à 9 m illiards pour 2008.

En juil l e t, l e gouve rne m e nt a annoncé l e n-ièm e pl an d'économ ie pour l a Sécu, pour

« s auve r » ce l l e -ci du fam e ux « trou »... pre s q ue une non-inform ation ! O fficie l l e m e nt,

ce pl an épargne l e s patie nts , m ais taxe l e s bénéfice s de s com pl ém e ntaire s s anté... q ui

ont im m édiate m e nt prévu de répe rcute r ce prél ève m e nt s ur l e urs tarifs . Brandis s ant à

ch aq ue nouve l l e « réform e » l 'al ibi du « s auve tage » de l a Sécu, l e s « réform ate urs » ont

de s m otivations m oins nobl e s .

(9)

PAGE 9 [Se rvice Publ ic]

S

ans s urpris e , La Pos te de vie ndra une s ociété anonym e . Evolution indis pe ns able , nous dit-on, pour pre ndre s a place dans le grand m arch é pos tal m ondial, par e xe m ple e n nouant de s alliance s capitalis tiq ue s . Pour lire l'ave nir de La Pos te , il pe ut être utile de s e s ouve nir de l'ave nture de France Télécom .

En 19 9 6, le gouve rne m e nt Juppé trans form e France Télécom e n s ociété anonym e , ave c la m êm e prom e s s e de m ainte nir le s e rvice public e t la part m ajoritaire de l'Etat dans le capital. Entre 19 9 9 e t

2000, France Télécom m ultiplie le s acq uis itions d'opérate urs dans le m onde e ntie r. Le s e rvice public de vie nt très s e condaire . Elle inve s tit par e xe m ple 33 m illiards de francs e n 19 9 9 dans le cablo- opérate ur déficitaire NTL, contre 2 m illiards répartis s ur 3 ans pour déve loppe r l'ADSL, q u'e lle n'e nvis age alors pas d'éte ndre au- de là de s agglom érations de plus de 100 000 h abitants . Ce s acq uis itions au prix fort gonfle nt la de tte , q ui pas s e de 14 m illiards d'e uros e n 19 9 9 à 60 m illiards e n 2000, s oit l'éq uivale nt de 2 ans de ch iffre d'affaire . La cris e bours ière de 2001 fait fondre la vale ur de s

s ociétés rach e tée s , ce q ui ne facilite pas le dés e nde tte m e nt. Le s frais financie rs re prés e nte nt alors 4 m illiards d'e uros par an, s oit 80 % de la m as s e s alariale m ondiale du groupe . Le s pots cas s és ont été payés par le pe rs onne l (lice ncie m e nts , ge s tion par le s tre s s ...) m ais aus s i par le s pe tits clie nts (h aus s e de l'abonne m e nt, dégradation du s e rvice ...).

Alors , parés pour la nouve lle ave nture pos tale ?

Folube rt Sans onne t

Ma pos tière ch e z Je an-Pie rre Gail l ard

2005, a été age nt général d'as s urance d'Axa de 19 9 2 à 2004.

Frédéric Van Roe k e gh e m , dire cte ur de la CNAM, dire cte ur du Fonds de s olidarité vie ille s s e de 19 9 7 à 2001 e t dire cte ur de cabine t du m inis tre de la s anté e n 2004, a été dire cte ur de l'audit d'Axa de 2001 à 2003. Cyril Roux, s e crétaire général adjoint de l'Autorité de contrôle de s as s urance s e t de s m utue lle s (ACAM), a occupé de s pos te s de

dire ction ch e z Axa de 19 9 7 à 2007, après un pas s age par la Dire ction du trés or e t l'ACAM. Enfin, Je an- François Ch ade lat, aute ur du rapport e m blém atiq ue de la privatis ation ram pante de la Sécu,

dire cte ur du Fonds de finance m e nt de la CMU, a été dire cte ur ch argé de s q ue s tions de s anté ch e z Axa de 19 9 0 à 19 9 4.

Folube rt Sans onne t

1- h ttp://w w w .s e nat.fr/rap/r07-385/r07- 3850.h tm l#fn1

2-

h ttp://s ocio13.w ordpre s s .com /2008/08/26/q ui- ve ut-tue r-la-s e curite -s ociale -s olidaire par- nicolas -pom ie s /

Le troubl e je u de s m utue l l e s .

Le s m utue lle s auraie nt pu ch ois ir d'être intégrée s dans le régim e obligatoire , ce q ui aurait pe rm is une bonne couve rture pour tous e t écarté le s as s urance s privée s de le ur te rrain. Elle s ont au contraire ch ois i de re s te r dans le régim e com plém e ntaire , pour conq uérir de nouve aux m arch és . Conform ém e nt aux règle s e uropée nne s , le code de la m utualité a donc été aligné s ur ce lui de s as s urance s , pour re s pe cte r la libre concurre nce . Soum is e s aux m êm e s règle s q ue le s as s urance s (m arge s de s olvabilité, par e xe m ple ), e lle s e s ont re trouvée s dire cte m e nt e n concurre nce ave c ce lle s -ci... e t te nde nt à adopte r le s m êm e s pratiq ue s (s éle ction de s ris q ue s ), loin de l'e s prit s olidaire du m utualis m e .

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PAGE 10

Le s e aux gl acée s du cal cul égoïs te

I

l y a e ncore q ue lq ue s année s , le s ch e rch e urs e t le s indus trie s polluante s s e dis putaie nt pour s avoir s i le réch auffe m e nt de la planète avait rée lle m e nt lie u.

C'était de s q ue re lle s de ch e rch e urs à ch iffre s contre de s e xpe rts d'e ntre pris e s q ue la m auvais e foi n'étouffe jam ais . Mainte nant q ue le s banq uis e s fonde nt à toute vite s s e , le débat e s t clos e t le s ch e rch e urs ple ure nt d'avoir e u rais on. Mais le s indus trie ls e t le s grands pays pollue urs , e ux, ne s e rés igne nt pas à avoir s im ple m e nt tort...

Le s EtaUnis e t le Canada s e dis pute nt déjà la propriété de la nouve lle voie m aritim e q ui pourrait s e crée r dans l'O céan Arctiq ue . La fonte e s t te lle m e nt rapide q u'e lle s e rait praticable de s 2015 !1

Lors de la confére nce s ur le s e nje ux de l'Arctiq ue ce t été2, le Com m is s aire e uropée n à la Pêch e

e t aux affaire s m aritim e s a déclaré q ue l'Union Europée nne a "une im portante contribution à faire dans ce tte région"... Moins langue de bois , le Se crétaire général du Cons e il de s m inis tre s nordiq ue s , q ui organis ait la confére nce , a déclaré tout s im ple m e nt « Nous s avons tous q ue l'Arctiq ue fait face à de nom bre ux défis . Le s ch ange m e nts clim atiq ue s , l'e xploitation de s re s s ource s nature lle s e t de nouve lle s voie s de

navigation m aritim e s ont pe ut-être parm i le s plus cruciaux ». L'écologie e s t donc m is e s ur le m êm e plan q ue l'e xploitation indus trie lle ... O n s ait bie n q ui e s t e n général gagnant.

G.K .W VanDe nParaboum

1-

h ttp://w w w .le blogfinance .com /2006/11/us a_

e t_ canada_ s .h tm l 2- AFP du 12/09 /08

L

e lance ur d’ale rte 1 Ch ris tian Vélot2 de l'Unive rs ité d'O rs ay a s ubi de m ultiple s pre s s ions profe s s ionne lle s pour s on travail d’inform ation s ur le s O GM (voir Piaf 19 ). Une pétition de s outie n au ch e rch e ur avait ras s e m blé 46 000 s ignature s . Suite à une m obilis ation le 25 juin, réclam ant un s tatut pour le s lance urs d’ale rte e t une re ch e rch e plus trans pare nte , une re ncontre ave c le s ins tance s unive rs itaire s a été organis ée .

Finale m e nt, C. Ve lot a pu affirm e r :

« -q ue [L'Unive rs ité d'O rs ay] n’avait aucun problèm e ave c m e s pris e s de pos ition publiq ue s s ur le s O GM, q ue j’avais tout à fait le droit de

[Ecol ogie ]

Lance urs d’al e rte : l a m obil is ation paie

donne r m on affiliation profe s s ionne lle pour jus tifie r de m e s com péte nce s à parle r du s uje t e n q ue s tion, e t q u’e n aucun cas ce s pris e s de pos ition ne doive nt inte rve nir dans m on évaluation s cie ntifiq ue ;

-q ue l’Unive rs ité apportait s on ple in s outie n pour q ue m on éq uipe de re ch e rch e continue d’e xis te r s oit s ous form e de laboratoire e xclus ive m e nt unive rs itaire , s oit s ous form e d’un laboratoire rattach é à un autre organis m e de re ch e rch e de la Faculté d’O rs ay ; -q u’e lle s ’e ngage ait à écrire une le ttre , dont il pourra être fait état publiq ue m e nt, pour “lave r” m on éq uipe e t m oi-m êm e de tout le

dénigre m e nt dont nous avons fait l’obje t de puis de ux ans , e t q ui pe rm e ttra de réaffirm e r q ue de s décis ions ne pe uve nt être pris e s au s e in de l’Unive rs ité s ans une

procédure d’évaluation

trans pare nte ou par de s m éth ode s e n de h ors de tout cadre légitim e . ».

Bo.F

1- Un lance ur d’ale rte e s t un ch e rch e ur ayant dû agir le plus s ouve nt contre l’avis de s on ins titution, un s alarié ayant révélé de s m anq ue m e nts grave s de s on e ntre pris e ou un groupe de citoye ns ayant ale rté le s ins titutions s ur de s problèm e s de s anté. Voir h ttp://s cie nce s citoye nne s .org 2- Ens e ignant-ch e rch e ur e n génétiq ue m oléculaire à l'Ins titut de génétiq ue e t m icrobiologie (IGM, unive rs ité Paris -Sud).

(11)

PAGE 11

R

adio-Aligre e s t une radio as s ociative paris ie nne q ui re çoit cons tam m e nt ce ux e t ce lle s q ui e xprim e nt de s idée s h ors de la pe ns ée dom inante . Aujourd'h ui, à la fave ur du pas s age au num ériq ue , le s radios as s ociative s (dont Radio Aligre ) s ont m e nacée s dans le ur e xis te nce , aus s i bie n du fait de s coûts de ce pas s age q ue par la réduction de s s ubve ntions q ui le ur étaie nt allouée s jus q u'alors .

Une coordination inform e lle de

Le s radios e t tél és as s ociative s

s ouffre nt du pas s age au num ériq ue

radios as s ociative s non com m e rciale s e t de m édias du tie rs s e cte ur (c’e s t-à-dire ni du s e rvice public, ni com m e rciaux)

L

e 8 juille t 2008, Rich ard Labévière , rédacte ur e n ch e f

à Radio France

Inte rnationale (RFI), e xpe rt de s q ue s tions proch e - e t m oye n- orie ntale s , aute ur de plus ie urs ouvrage s traduits dans plus ie urs langue s s ur ce s q ue s tions , réalis e à Dam as une inte rvie w e xclus ive du prés ide nt s yrie n Bach ar al- As s ad avant s on voyage à Paris , pour RFI e t TV5-Monde : dans n'im porte q ue l organe d'inform ation, ce tte réus s ite

[Critiq ue de s Médias ]

s ’e s t m is e e n place pour inform e r e t porte r le s e nje ux de ce tte trans form ation dans le débat public.

h ttp://radios e nlutte .fre e .fr

journalis tiq ue s e rait s aluée par la dire ction. A RFI, il e n va tout autre m e nt : l'affaire s e trans form e e n "faute grave ", puis e n lice ncie m e nt, e n ple in m ois d’août, s ans q ue le Cons e il de dis cipline s e s oit prononcé.

Il e s t re proch é à l'inte rvie w e ur de n'avoir pas préve nu à te m ps s a h iérarch ie - m ais e lle l'était (par écrit) cinq jours avant l'inte rvie w .

O n lui im pute de s

dys fonctionne m e nts de production - m ais le s dire ctions de RFI e t TV5-

Monde e n s ont s e ule s re s pons able s Il s e m ble plutôt q u’une te lle inte rvie w ne re ntre pas dans la vis ion du gouve rne m e nt actue l, e t donc de la dire ction de RFI.

Bo.F

h ttp://w w w .ipe titions .com /pe titio n/Labe vie re 2008

Lice ncie m e nt d’un journal is te de RFI

A

près cinq ans de critiq ue s ociale ach arnée , le s joye ux galérie ns de CQFD ont atte int le s lim ite s de l’abnégation. Dans l’édito du num éro 59 , le ton e s t donné par le titre :

« l’abonne m e nt ou l’abandon ». L’éq uipe lance un appe l pour atte indre 2000 abonnés de plus . Alors

« oblige z vos m ém és , vois ine s , am is e t e nne m is à glis s e r une piéce tte dans la gam e lle du cle bs rouge ».

h ttp://w w w .ce q uilfautde truire .org/

Le journal CQFD tire l a l angue

(12)

- N °2 7 S E P T E M B R E -O C T O B R E 2 0 0 8

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Le Piaf e s t un journal participatif à conte nu gratuit, s ous form at éle ctroniq ue e t s urtout

papie r pour q ue le plus grand nom bre de pe rs onne s puis s e nt y avoir accès ,

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Nous ch e rch ons aus s i de s lie ux de dépôt pour indiq ue r à nos le cte urs où trouve r de s Piaf.

12

PAGE

O GM

Débat autour de s organis m e s génétiq ue m e nt m odifiés ave c Marie -Moniq ue Robin, journalis te e t aute ure , notam m e nt, du Monde s e lon Mons anto.

Je udi 2 octobre , à l’ESC de Cle rm ont-Fe rrand.

am is te m ps de s ce ris e s @ yah oo.fr

Forum Social de s Quartie rs Populaire s (FSQP) Pe rm e ttre l’ém e rge nce d’une parole com m une pour évite r l’éparpille m e nt de s initiative s e t donne r de la vis ibilité aux actions de s q uartie rs populaire s , à l’éch e lle locale e t nationale .

Du ve ndre di 3 au dim anch e 5 octobre , q uartie r Pablo Picas s o, s tade Je an Guim ie r - parc André Malraux, Nante rre . fs q p.fre e .fr

Quatrièm e édition du Fe s tival inte rnational du film m ilitant du Pays d'Aubagne

Im age s d’un m onde e n lutte

Du lundi 6 au s am e di 11 octobre , Aubagne e t La Pe nne s ur H uve aune . fe s tival.docum e ntaire s .info

Inform e r autre m e nt - m édias alte rnatifs - Fe s ti’s olie s

Débats , ate lie rs Dim anch e 19 octobre , Villa Mais D’Ici, 77 rue de s cités , Aube rvillie rs .

w w w .villam ais dici.org w w w .m e dias libre s .info

La France a pe ur. Une h is toire s ociale de l'« ins écurité ».

Mardi 21 octobre , Ce ntre d'h is toire s ociale du XXe s iècle , 9 , rue Malh e r, Paris .

cale nda.re vue s .org/nouve lle 9 9 26.h tm l

Pour le s Paris ie ns , l'age nda m e ns ue l de s rés is tance s e t de s alte rnative s s ur h ttp://le toh uboh u.fre e .fr/

Et un s ite , Dém os ph ère , nouve l age nda m ilitant de la région paris ie nne .

h ttp://de m os ph e re .e u/

[Souve nir de vacance s ]

[AGENDA]

« O uragan s ur le s m édias » Je udis d’Acrim e d

Je udi 16 octobre ,19 h , bours e du Travail de Paris , 3 rue du ch âte au d’e au, Métro Républiq ue w w w .acrim e d.org

Journée nationale de m obilis ation contre le fich ie r Edvige

Je udi 16 octobre 2008.

Dans plus ie urs ville s . w w w .nonae dvige .ras .e u.org

Journée m ondiale d'action « pour le travail déce nt » à l'appe l de la CSI

Le s organis ations s yndicale s français e s (CGT, CFDT, UNSA, FO , CFTC) ave c la CES appe lle nt à un ras s e m ble m e nt, ave c tém oignage s e t conce rt.

Mardi 17 octobre , 17 h , place du Trocadéro (parvis de s droits de l’h om m e ) à Paris . w w w .cgt.fr/s pip.ph p?article 34530

P

e ndant vacance s , j’ai travailtoute s lé au le s s on de France inte r - e h oui j’ai un faible pour le s e rvice public s ans pub e t s ans anim ate ur h ys térico-prom otionne l… J’ai e nte ndu nom bre d’ém is s ions pas s ionnante s ave c de s invités , s pécialis te s e n tous ge nre s e t de tous le s bords politiq ue s ; de s s uje ts aus s i variés q ue le pétrole , la pêch e , la Ch ine , l’agriculture , la prés e rvation de s littoraux, la francoph onie , la culture e tc.

Qu’e s t-ce donc q ue ce tte « carte pos tale de vacance s » dans le PIAF ?!

J’y vie ns .

Entre le s créature s de s abys s e s , le s abe ille s , le s m arins pêch e urs , l’Afriq ue ou l’éducation, q ue l e s t le

point com m un ?… Vous donne z votre langue au ch atpiaf ?

Voici la répons e : le libéralis m e e t s e s dégâts .

C’était fas cinant, ém is s ion après ém is s ion, s uje t après s uje t, de cons tate r q u’à ch aq ue fois , à un m om e nt donné e t q ue lle q ue s oit le ur rés e rve , le s inte rve nants finis s aie nt par évoq ue r la q ue s tion de la m ondialis ation, de s e s pratiq ue s e t de s e s m éfaits de façon aus s i accablante q u’irréfutable m ais , com m e dirait notre h élas prés ide nt, « puis q ue ça ne m arch e pas nous allons continue r » .

JMJ

Figure

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Références

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