DES TEXTES ET DES HISTOIRES
(T-06/1)Contes traditionnels
Les habits neufs de l’Empereur
Il y a de longues années vivait un empereur qui aimait par-dessus tout les beaux habits neufs ; il dépensait tout son argent pour être bien habillé. Il ne s’intéressait nullement à ses soldats, ni à la comédie, ni à ses promenades en voiture dans les bois, si ce n’était pour faire parade de ses habits neufs. Il en avait un pour chaque heure du jour et, comme on dit d’un roi : « Il est au conseil », on disait de lui : « L’empereur est dans sa garde-robe. »
La vie s’écoulait joyeuse dans la grande ville où il habitait ; beaucoup d’étrangers la visitaient. Un jour arrivèrent deux escrocs, se faisant passer pour tisserands et se vantant de savoir tisser l’étoffe la plus splendide que l’on puisse imaginer.
Non seulement les couleurs et les dessins en étaient exceptionnellement beaux, mais encore, les vêtements cousus dans ces étoffes avaient l’étrange vertu d’être invisibles pour tous ceux qui étaient incapables dans leur emploi, ou plus simplement irrémédiablement des sots.
« Ce seraient de précieux habits, pensa l’empereur, en les portant je connaîtrais aussitôt les hommes incapables de mon empire, et je distinguerais les intelligents des imbéciles. Cette étoffe, il faut au plus vite la faire tisser. »
Il donna d’avance une grosse somme d’argent aux deux escrocs pour qu’ils se mettent à l’ouvrage. Ils installèrent bien deux métiers à tisser et
firent semblant de travailler, mais ils n’avaient absolument aucun fil sur le métier.
Ils s’empressèrent de réclamer les plus beaux fils de soie, les fils d’or les plus éclatants, ils les mettaient dans leur sac à eux et continuaient à travailler sur des métiers vides jusque dans la nuit.
J’aimerais savoir où ils en sont de leur étoffe, se disait l’empereur, mais il se sentait très mal à l’aise à l’idée qu’elle était invisible aux sots et aux incapables.
Il pensait bien n’avoir rien à craindre pour lui-même, mais il décida d’envoyer d’abord quelqu’un pour voir ce qu’il en était.
Tous les habitants de la ville étaient au courant de la vertu miraculeuse de l’étoffe et tous étaient impatients de voir combien leurs voisins étaient incapables ou sots.
Je vais envoyer mon vieux et honnête ministre, pensa l’empereur. C’est lui qui jugera de l’effet produit par l’étoffe, il est d’une grande intelligence et personne ne remplit mieux sa fonction que lui. Alors le vieux ministre honnête se rendit dans l’atelier où les deux menteurs travaillaient sur les deux métiers vides. Mon Dieu ! pensa le vieux ministre en écarquillant les yeux, je ne vois rien du tout ! Mais il se garda bien de le dire.
Les deux autres le prièrent d’avoir la bonté de s’approcher et lui demandèrent si ce n’était pas là un beau dessin, de ravissantes couleurs.
Ils montraient le métier vide et le pauvre vieux ministre ouvrait des yeux de plus en plus grands, mais il ne voyait toujours rien puisqu’il n’y avait rien.
« Grands dieux ! se disait-il, serais-je un sot ? Je ne l’aurais jamais cru et il faut que personne ne le sache ! Remplirais-je mal mes fonctions ? Non, il ne faut surtout pas que je dise que je ne vois pas cette étoffe. »
…
DES TEXTES ET DES HISTOIRES
(T-06/2)Contes traditionnels
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- Eh bien ! vous ne dites rien ? dit l’un des artisans. Oh ! c’est vraiment ravissant, tout ce qu’il y a de plus joli, dit le vieux ministre en admirant à travers ses lunettes. Ce dessin ! … ces couleurs ! … Oui, je dirai à l’empereur que cela me plaît infiniment. Ah ! nous en sommes contents.
Les deux tisserands disaient le nom des couleurs, détaillaient les beautés du dessin. Le ministre écoutait de toutes ses oreilles pour pouvoir répéter chaque mot à l’empereur quand il serait rentré, et c’est bien ce qu’il fit. Les escrocs réclamèrent alors encore de l’or et encore des soies et de l’or filé. Ils mettaient tout dans leurs poches, pas un fil sur le métier, où cependant ils continuaient à faire semblant de travailler.
Quelque temps après, l’empereur envoya un autre fonctionnaire important pour voir où on en était du tissage et si l’étoffe serait bientôt prête. Il arriva à cet homme la même chose qu’au ministre, il avait beau regarder, comme il n’y avait que des métiers vides, il ne voyait rien. N’est-ce pas là une belle pièce d’étoffe ? disaient les deux escrocs, et ils recommençaient leurs explications.
« Je ne suis pas bête, pensait le fonctionnaire, c’est donc que je ne conviens pas à ma haute fonction. C’est assez bizarre, mais il ne faut pas que cela se sache. »
Il loua donc le tissu qu’il ne voyait pas et les assura de la joie que lui causait la vue de ces belles couleurs, de ce ravissant dessin. C’est tout ce qu’il y a de plus beau, dit-il à l’empereur. Tous les gens de la ville parlaient du merveilleux tissu. Enfin, l’empereur voulut voir par lui-même, tandis que l’étoffe était encore sur le métier.
Avec une grande suite de courtisans triés sur le volet, parmi lesquels les deux vieux excellents fonctionnaires qui y étaient déjà allés, il se rendit auprès des deux rusés compères qui tissaient de toutes leurs forces - sans le moindre fil de soie. N’est-ce pas magnifique, s’écriaient les deux vieux fonctionnaires, que Votre Majesté admire ce dessin, ces teintes. Ils montraient du doigt le métier vide, s’imaginant que les autres voyaient quelque chose.
« Comment ! pensa l’empereur, je ne vois rien ! Mais c’est épouvantable ! Suis-je un sot ? Ne suis-je pas fait pour être empereur ? Ce serait terrible ! Oh ! de toute beauté, disait-il en même temps, vous avez ma plus haute approbation. »
Il faisait de la tête un signe de satisfaction et contemplait le métier vide. Il ne voulait pas dire qu’il ne voyait rien. Toute sa suite regardait et regardait sans rien voir de plus que les autres, mais ils disaient comme l’empereur :
« Oh ! de toute beauté ! »
Et ils lui conseillèrent d’étrenner l’habit taillé dans cette étoffe splendide à l’occasion de la grande procession qui devait avoir lieu bientôt. Magnifique ! Ravissant ! Parfait ! Ces mots volaient de bouche en bouche, tous se disaient enchantés.
…
DES TEXTES ET DES HISTOIRES
(T-06/3)Contes traditionnels
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L’empereur décora chacun des deux escrocs de la croix de chevalier pour mettre à leur boutonnière et leur octroya le titre de gentilshommes tisserands. Toute la nuit qui précéda le jour de la procession, les escrocs restèrent à travailler à la lueur de seize chandelles. Toute la ville pouvait ainsi se rendre compte de la peine qu’ils se donnaient pour terminer les habits neufs de l’empereur. Ils faisaient semblant d’enlever l’étoffe de sur le métier, ils taillaient en l’air avec de grands ciseaux, ils cousaient sans aiguille et sans fil, et à la fin ils s’écrièrent :
- Voyez, l’habit est terminé !
L’empereur vint lui-même avec ses courtisans les plus haut placés.
Les deux menteurs levaient un bras en l’air comme s’ils tenaient quelque chose : Voici le pantalon, voici l’habit ! voilà le manteau ! et ainsi de suite. C’est léger comme une toile d’araignée, on croirait n’avoir rien sur le corps, c’est là le grand avantage de l’étoffe. Oui oui, dirent les courtisans de la suite, mais ils ne voyaient rien, puisqu’il n’y avait rien.
L’empereur enleva tous ses beaux vêtements et les escrocs firent les gestes de lui en mettre. Dieu ! comme cela va bien ! Comme c’est bien pris, disait chacun. Quel dessin, quelles couleurs, voilà des vêtements luxueux. Les chambellans qui devaient porter la traîne du manteau de cour tâtonnaient de leurs mains le parquet et les élevaient ensuite comme s’ils ramassaient
cette traîne. C’est ainsi que l’empereur marchait devant la procession sous le magnifique dais, et tous ses sujets s’écriaient : Dieu ! que le nouvel habit de l’empereur est admirable. Personne ne voulait avouer qu’il ne voyait rien, puisque cela aurait montré qu’il était incapable dans son emploi, ou simplement un sot. Jamais un habit neuf de l’empereur n’avait connu un tel succès.
- Mais il n’a pas d’habit du tout ! cria un petit enfant dans la foule. Grands dieux ! entendez, c’est la voix de l’innocence, dit son père. Et chacun de chuchoter de l’un à l’autre :
- Il n’a pas d’habit du tout … Il n’a pas d’habit du tout ! cria à la fin le peuple entier.
L’empereur frissonna, car il lui semblait
bien que tout son peuple avait raison, mais il pensait en même temps qu’il fallait tenir bon jusqu’à la fin de la procession. Il se redressa encore plus fièrement, et les chambellans continuèrent à porter le manteau de cour et la traîne qui n’existait pas.
Hans Christian Andersen
DES TEXTES ET DES HISTOIRES
(Q-06/1)Contes traditionnels 1./ Quelle est la signification des mots ou des expressions suivants ?
- faire parade (P. 1- L. 4) : ………
………
- une garde-robe (P. 1- L. 6) : ………
………
- un tisserand (P. 1- L. 8) : ………
………
- la procession (P. 3 - L. 3) : ………
………
- un dais (P. 3 - L. 21) : ………
………
2./ Vrai ou faux ?
- L’empereur dépensait tout son argent pour entretenir son armée. VRAI FAUX - L’empereur passait beaucoup de temps dans sa garde-robe. VRAI FAUX - Personne ne venait jamais dans la triste ville de l’empereur. VRAI FAUX - Les tisserands étaient en fait des escrocs et volaient les précieux fils. VRAI FAUX - L’empereur envoya un serviteur pour voir l’étoffe. VRAI FAUX - Personne n’osait dire qu’il ne voyait pas la splendide étoffe magique. VRAI FAUX - Seul l’empereur était capable de contempler l’étoffe. VRAI FAUX - Toute la nuit, les faux tisserands firent semblant d’achever l’étoffe. VRAI FAUX - C’est un enfant qui révéla le premier la supercherie. VRAI FAUX - Le roi, honteux, couru se cacher dans son palais. VRAI FAUX 3./ Réponds aux questions suivantes :
- Qu’appréciait l’empereur plus que tout ?
………
………
- Les tisserands qui arrivèrent dans la ville étaient-ils honnêtes ?
………
………
- Que prétendirent les deux escrocs pour faire semblant de tisser leur étoffe ?
………
………
DES TEXTES ET DES HISTOIRES
(Q-06/2)Contes traditionnels
4./ Entoure les bonnes réponses en respectant si possible les mots du texte :
1. heureuse où
La vie s’écoulait joyeuse dans la ville ou il habitait.
triste qu’
2. serviteurs formidable
Tous les gens de la ville parlaient du terrible tissu.
habitants merveilleux
3. avouer mettait
Il ne voulait pas révéler qu’il ne voyait rien.
dire sentait
4. à seize
Les escrocs restèrent pour travailler à la lueur de douze chandelles.
afin de treize
5. devant vers
L’empereur marchait derrière la procession sous le magnifique dais.
à côté de sur
6. rouge pareil
Jamais un habit doré de l’empereur n’avait connu un tel succès.
neuf si vif
5./ Remets dans l’ordre les mots des phrases suivantes :
habits. que l’empereur beaux aimait les Plus tout,
………
et firent Deux escrocs passer honnêtes habiles tisserands. se pour d’
………
il dire Personne osait qu’ paraître ne voyait peur de sot. rien de n’
………
l’ C’ donc sans habit rue. la empereur finit par que défiler est dans
………
Les MOTS : les NOMS
Exercices (01)
1./ Dans ce texte, on a oublié les majuscules. Entoure toutes les lettres qui doivent en avoir une (il y en a 16 !…)
la semaine dernière, nicolas est parti passer quelques jours dans les pyrénées avec son chien médor. quelques jours plus tard, à barcelone, il a rencontré M. et Mme bompin qui sont boulangers à paris et qui habitent dans sa rue. quelle surprise !
- d’habitude, on se croise sur les bords de la seine, et bien aujourd’hui, c’est au bord de la méditerranée !, a dit le boulanger.
enfin, juste avant de reprendre l’avion, il a rencontré une belle espagnole à qui il a promis un voyage en afrique l’été prochain.
il se souviendra longtemps de ses vacances espagnoles !
2./ Recopie les noms communs et les noms propres dans le tableau ci dessous : Wolfgang Amadeus Mozart est né à Salzbourg, en Autriche. Et chaque année un festival y est organisé en l’honneur du compositeur autrichien. Il a pris sa première leçon
de musique à trois ans. A six ans, il jouait déjà devant l'Empereur d'Autriche. Et il jouait aussi bien du clavecin que de l'orgue.
Noms communs Noms propres
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3./ Quel est le féminin des noms suivants :
- un marquis => ……… - un menteur => ………
- le berger => ……… - un veuf => ………
- un dieu => ……… - le voisin => ………
- un paysan => ……… - un chameau => ………
- le prince => ……… - le laitier => ………
- un loup => ……… - le criminel => ………
4./ Quel est le pluriel des noms suivants :
- un chapeau => ……… - un détail => ………
- l’épouvantail => ……… - un enfant => ………
- le cheval => ……… - la voix => ………
- une flaque => ……… - un manteau => ………
- un tuyau => ……… - le genou => ………
- le feu => ……… - un trou => ………
Le compte est bon !…
(05)
En utilisant les opérations autorisées ( + , - , x ), trouve le bon résultat en effectuant des opérations avec les nombres donnés. Tu n’es pas obligé de tous les utiliser mais tu ne
peux les utiliser qu’une seule fois (tu peux les souligner).
• Justifie tous tes calculs :
+ - x + - x + - x
100 200 300
1 – 2 – 3 – 4 – 5 – 6 1 – 2 – 3 – 4 – 5 – 6 1 – 2 – 3 – 4 – 5 – 6
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+ - x + - x + - x
400
(20 x 20)364 739
(15 x 50 = 750)1 – 2 – 3 – 4 – 5 – 6 10 – 75 – 5 – 8 – 9 – 1 5 – 50 – 6 – 10 – 9 – 2
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………
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………
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+ - x + - x + - x
888
(111 x 8)821 445
1 – 6 – 1 – 4 – 75 – 9 100 – 7 – 4 – 50 – 8 – 3 5 – 75 – 1 – 25 – 7 – 8
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Le compte est bon !…
(06)
En utilisant les opérations autorisées ( + , - , x ), trouve le bon résultat en effectuant des opérations avec les nombres donnés. Tu n’es pas obligé de tous les utiliser mais tu ne
peux les utiliser qu’une seule fois (tu peux les souligner).
• Justifie tous tes calculs :
+ - x + - x + - x
411 439 108
100 – 7 – 8 – 5 – 1 – 3 3 – 9 – 10 – 4 – 100 – 75 5 – 1 – 6 – 6 – 3 – 3
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………
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………
………
………
………
………
………
………
………
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………
………
+ - x + - x + - x
802 286 399
100 – 4 – 8 – 5 – 10 – 3 2 – 2 – 10 – 4 – 6 – 75 2 – 25 – 1 – 9 – 2 – 3
………
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………
………
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………
………
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………
………
………
………
………
………
………
+ - x + - x + - x
712 681 629
10 – 9 – 75 – 25 – 3 – 5 3 – 9 – 10 – 4 – 100 – 3 4 – 10 – 100 – 5 – 3 – 8
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Résoudre des problèmes
Situation problème
(01)• La course cycliste
Un peloton de 194 coureurs cyclistes effectue 10 tours d’un même circuit. Ce circuit comprend un parcours relativement plat de 18,5 kilomètres, une côte qui passe à travers bois de 4 300 mètres suivie d’une descente deux fois plus longue que la côte. Le départ de la course a été donné à 9 h 30 et le vainqueur est arrivé à 16 h 12. Le dernier coureur à franchir la ligne est arrivé 55 minutes plus tard. 18 coureurs ont abandonné avant l’arrivée et le premier à s’arrêter le fit dès le début du septième tour.
1. / Que signifient les nombres suivants :
10 : ………
18,5 : ………
4 300 : ………
55 : ………
18 : ………
2./ Combien de fois les coureurs devront gravir la côte ?
………
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3./ Quelle est la longueur totale d’un tour de circuit ?
………
………
4./ Quelle est la longueur totale de la course ?
………
………
5./ Combien de temps le vainqueur a-t-il mis pour parcourir les 10 tours ?
………
………
6./ En moyenne, combien de temps le vainqueur a-t-il mis pour parcourir un seul tour ?
………
………
7./ Combien de coureurs ont franchi la ligne d’arrivée ?
………
………
8./ A quelle heure le dernier coureur a-t-il franchi la ligne d’arrivée ?
………
………
9./ Quelle distance le premier coureur à s’arrêter a-t-il parcouru avant d’abandonner ?
………
………