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Les insolateurs à bas potentiel
H. Masson
To cite this version:
LES INSOLATEURS A BAS POTENTIEL
Par H.
MASSON,
Laboratoire de Physique Climatique, Institut des Hautes
Études,
Dakar.Sommaire. 2014 L’utilisation de la chaleur solaire peut se faire par concentration des rayons. Les
dispositifs sont en général coûteux.
Les insolateurs à bas potentiel
permettent
de recueillir la chaleur solaire par des procédés peu onéreux. Les lignes qui suivent ont pour but de montrer lespossibilités
des différents typesd’appareils mais aussi leurs limites.
Il est
possible
ainsi de déterminer par avance les conditions de leuremploi.
LE JOURNAL DE PHYSIQUE ET LE RADIUM SUPPLÉMENT AU NO 6
PHYSIQUE APPLIQUÉE TOME 17, JUIN 1956,
La concentration des rayons solaires au moyen de miroirs
permet
d’obtenir destempératures
élevées. Mais le
prix
dudispositif
en limitel’emploi.
Quand
il n’est pas nécessaired’opérer
à hautetempérature,
on aavantage
à utiliser descollec-teurs
plans
souventappelés
insolateurs à baspoten-tiel. Un fluide F
(l’eau par exemple)
est recouvertd’un élément
protecteur
E(solide
ouliquide)
dontle rôle est double : transmettre au fluide la
radia-tion
qu’il
acaptée
ets’opposer
àl’évaporation
dufluide. On définira alors le coefficient de transmis-sion
calorifique
a de l’élémentprotecteur
E : laquantité
de chaleur que E cède à F par centimètrecarré durant une seconde
quand
il existe entre lacouche
superficielle
de Fexposée
à la radiation solaire et lefluide,
une différence detempérature
de 1° C.
E entre dans
l’appareil
à unetempérature
t;.
, Il en sort à une
température t après
avoir parcourula distance x avec la vitesse v. Sa
température
s’est élevée de At = t -
t",.
L’épaisseur
h de lacouche d’eau à échauffer sera
toujours prise petite
par
rapport
à x et à lalargeur 1
del’appareil.
Onaura évidemment S
(surf ace insolée)
= lx et ledébit de l’eau D = hlv.
L’étude
mathématique
rigoureuse
de laquestion
est très
compliquée.
Aussi on aété
amené à fairequelques
approximations
qui
se sontrévélées
compatibles
avecl’expérience
pour les faibles débitsenvisagés.
En
particulier
au lieu departir
de la valeurQo
de la radiation solaireglobale,
on, apris
commepoint
dedépart
latempérature tm
de la surfacede l’élément
protecteur
Eexposée
à la radiation solaire. tm est évidemment fonction deQo
mais ilprésente l’avantage
d’être directement acces-sible àl’expérience.
En réalité tmcorrespond
à unemoyenne calculée d’après des
mesures
faitesgrâce
à des
couples
thermoélectriques placés
en diffé-rentspoints
de la surface.Un élément de surface fluide 1 dx à la
tempéra-ture instantanée t
reçoit
durant letemps
d6 unequantité
de chaleurÀ(tm
-t)l
dx dOqui
élève de dt latempérature
d’un volume d’eau hlv d8. D’où enappelant
p et crespectivement
la massespéci-fique
et la chaleurspécifique
de l’eau :p et c dans le cas de l’eau
peuvent
êtrepris
égaux
à 1. Ils ne
figureront plus
dans les calculs ultérieurs.En
intégrant
et en tenantcompte
de latempé-rature
initiale t;
del’eau,
il vient :et si L est la
longueur
totale dudipositif
on a :Il est
plus
commode de faire intervenir les débits. On a alors :ou S infinie et At = 0 pour D = oo.
On aurait de même pour les quantités de chaleur
Cette
quantité
de chaleur admet aussi des limites.L’étude
expérimentale
a été faite avec diffé-rentstypes
d’appareils.
Danstous,
le fluide utiliséa été l’eau. Dans une
première
série de mesures l’élémentprotecteur
a été d’abord l’huile devase-line
puis
le mazout. Puis on a utilisé un élémentprotecteur
solide. Dans l’insolateurtype
S,
l’eauest recouverte d’une tôle de 1 mm
d’épaisseur.
Différentesexpériences
ont ensuite conduit àdimi-nuer
l’épaisseur
h de l’eau insolée. Enconséquence
on a réalisé troistypes
d’insolateurs.109 A
Type
A : l’eau circule dans des tubes de cuivre.Type
B : l’eau chemine entre deux tôlesplanes.
Type
T : deux tôles ondulées ont été soudéesl’une contre l’autre en
présentant
un certaindéca-lage.
L’eau passe alors dansl’espace
laissé libreentre les tôles.
Enfin dans une dernière série
d’expériences,
l’eau chauffée n’est pas utilisée directement maiscircule par
thermosiphon
dans un circuitprimaire
et sert à échauffer l’eau d’utilisation. Dans .ce cas l’insolateur estoalorifugé
par la fibre de verre. De très nombreusesexpériences
ont été faitesavec
chaque type d’appareils.
Nousprendrons
ici commeexemple
l’appareil
à tôleplane (type
B).
GRAPHIQUE ? 1. Insolateur type B.
Élévation de température moyenne de l’eau de sortie
en fonction du débit.
Le
graphique
1 donne la courbe desaccroisse-ments de
température
moyennes obtenues enpla-nimétrant les courbes horaires des
températures.
On voit que la courbe
théorique
représentée
enpointillés
au-dessus de la courbeexpérimentale
pour les débits faibles
passent
en dessous pour lesdébits élevés. Le même
phénomène
s’est retrouvé dans les troistypes
d’insolateurs utilisés(isolement
identique).
Il a donc fallu admettre uneperméabi-lité
calorifique
desparois.
Pour les faibles débits(température élevée)
l’eau chauffée cède de lachaleur au milieu extérieur. Au contraire pour les
débits
plus élevés,
l’élévation detempérature
estplus
faible. C’est le milieu extérieurqui
cède de lachaleur à l’eau. Le
point
d’intersection
des courbesthéoriques
etexpérimentales
donne latempérature
moyennetp
desparois
et le débit àpartir
duquel
lesparois
commencent à fournir la chaleur ausystème.
Ce débitpeut
d’ailleurs se retrouver parle calcul en
posant t
-tp
0. On trouvevaleur confirmée par
l’expérience.
Enfin l’étude de la
répartition
des caloriesper-met de calculer le coefficient
Cp caractéristique
des
parois
considérées et on admettra que pour desvaleurs suffisamment élevées du
débit,
il devient inutile decalorifuger.
GRAPHIQUE N° 2. Insolateur
type
B.Températures journalières
maximum de l’eau de sortieen fonction du débit.
Le
graphique
2 donne la moyenne destempéra-tures maximum
obtenue
avec différents débits : ce maximum a lieu entre 14 heures et 15 heures. Les courbes desgraphiques
1 et 2correspondent
à desinsolations
fortes.(Radiations
globales
moyennes
comprises
entre 600 et 650 calories parjour
et par centimètrecarré).
Durant l’hiver la radiationglobale
moyenne varie autour de 450 calo-ries parjour
et par centimètre carré. Dans cecas tm - ti
est de l’ordre de 35°C. et latempéra-ture maximum pour un débit nul ne
dépasse pas
100 OC. Lesgraphiques
3 et 4 donnent les courbesdes
températures
théoriques
etexpérimentales
pourdifférentes surfaces insolées allant de 2
m2(Bi)
à 16m2(B8).
Sur les
graphiques
3 et 4 on areprésenté
par despointillés
les valeurs destempératures
correspon-dant à deux valeursparticulières
del’expression
ÀS
D
1° Si
03BBS
= 2 la courbereprésentative
de AtD
présente
unpoint
d’inflexioncorrespondant
à un110 A
Élévation de températures moyennes de l’eau de sortie pour différentes surfaces insolées. Courbes
théoriques.
Élévation de température moyenne
de l’eau
de sortie pour différentes surfaces insolées. Courbes réelles.Pour les valeurs de D, >
D. (Dm
=03BBS)
on serapproche
de laquantité
de chaleur limite avecélévation de
température plus
faible. Au contraire pour DD.,
on obtiendra les élévations detem-pératures plus
importantes
et desquantités
dechaleur
plus
faibles. Onpeut
donc ainsi déterminer le débit leplus
adapté
au but recherché.De
plus
sur legraphique
4,
unpointillé indique
les
températures correspondant
àl’intersection
de la courbe
théorique
et de la courbepratique.
GRAPHIQUE No 5.
Comparaison
desaugmentations
detempératures
obtenues avec les 3 typesd’appareil
pour un débit de 120
1/h.
Une étude
analogue
a été faite avec lesinso-lateurs A et T définis
plus
haut. Legraphique
5indique
les variations de 0394t en fonction de la sur-face insolée pour chaquetype
d’appareil
dans lecas ou le débit est de 120 litres-heure.
On
a évalué X etC,
pour les troistypes
d’appa-reils.
L’insolateur de
type
Aparaît
assurer le meilleur rendement. Malheureusement sonprix
élevé nepermet
pas deprévoir
son utilisation sur degrandes
surfaces.L’étude
précédente s’applique
au cas où l’eau échauffée n’est pas utilisée directement mais sertà échauffer l’eau d’utilisation.
Ainsi la détermination des
possibilités
desinso-lateurs
peut
se fairegrâce
à la connaissance d’un nombre restreint de variablesX,
t’m’
Dc,
Cp,
quel que soit le
dispositif
adopté.
Les variablessont alors D et Si