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MAXIM, simulation multi-niveaux et analyse de dispersion

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HAL Id: jpa-00246039

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00246039

Submitted on 1 Jan 1989

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MAXIM, simulation multi-niveaux et analyse de dispersion

P. Philippe, J.-F. Pône, G. Raynaud, B. Gerbault, R. Castagné

To cite this version:

P. Philippe, J.-F. Pône, G. Raynaud, B. Gerbault, R. Castagné. MAXIM, simulation multi-niveaux

et analyse de dispersion. Revue de Physique Appliquée, Société française de physique / EDP, 1989,

24 (2), pp.177-182. �10.1051/rphysap:01989002402017700�. �jpa-00246039�

(2)

MAXIM, simulation multi-niveaux et analyse de dispersion

P. Philippe (1), J.-F. Pône (2), G. Raynaud (1), B. Gerbault (2) et R. Castagné (2) (1) Ecole Polytechnique Féminine, 3 bis rue Lakanal, E92330 Sceaux, France

(2) Institut d’Electronique Fondamentale, CNRS UA 22, Université Paris XI, F91405 Orsay Cedex, France (Reçu le 1 er juillet 1988, accepté le 17 octobre 1988)

Résumé.

-

MAXIM est un simulateur de circuits qui fait appel aux techniques de macromodélisation. Il crée

un graphe ordonné dans le sens de propagation de l’information et utilise une méthode de résolution de type O.S.R. Un certain nombre d’améliorations ont été apportées à MAXIM par rapport à la version précédente :

le modèle du MESFET a été amélioré pour prendre en compte les résistances d’accès ; l’algorithme de

résolution utilise un pas sur le temps local qui peut permettre un gain important sur le temps de simulation ; des macromodèles logiques et comportementaux permettent une simulation multi-niveaux ; enfin, un module d’analyse de dispersions a été introduit dans le simulateur.

Abstract.

-

MAXIM is a circuit simulator based on a macromodel approach. It creates an ordered graph of

the circuit following the direction of the information propagation, and uses an O.S.R. method. This new

version of MAXIM has been improved in several ways : the MESFET model now takes into account the access

resistances ; a local time step is used, allowing smaller simulation times ; logical and behavioral macromodels have been included for multi-level simulation ; finally, statistical analysis possibilities have been introduced.

Classification

Physics Abstracts

11.30B

-

25.70

Introduction.

La simulation est une des étapes incontournables de la conception des circuits intégrés. Dans le cas des

circuits intégrés III-V, l’état actuel de la technologie

ne permet pas toujours de s’affranchir d’une simula- tion électrique ; les simulateurs classiques faisant appel à une méthode matricielle de mise en équa-

tions du circuit ne peuvent plus être utilisés lorsque

le nombre de composants considérés dépasse quel-

ques centaines.

Une nouvelle génération de simulateurs a été

développée pour satisfaire à ces besoins (ELDO [1],

REVE [2], MAXIM [3, 4]). Dans ce cadre,

MAXIM est un simulateur qui fait appel aux techni-

ques de macromodélisation. La résolution fait appel

à un graphe ordonné dans le sens de propagation de

l’information dans le circuit, et utilise une méthode

« one step relaxation » (O.S.R.).

Les méthodes de mise en équations et de résolu-

tion initialement mises en oeuvre sont décrites dans les références [3] et [4]. Un certain nombre d’amélio-

rations ont été apportées à MAXIM par rapport à la version précédente :

-

algorithme utilisant un pas sur le temps local ;

-

introduction d’un modèle de MESFET plus complexe ;

-

ouverture vers la simulation multi-niveaux par la création de macromodèles logiques et fonction- nels ;

-

développement d’un module d’analyse de dis- persions.

Méthode de calcul.

MAXIM est basé sur la décomposition du circuit en

macromodèles (composants élémentaires, portes

logiques décrites par une représentation électrique interne, blocs logiques ou analogiques fonctionnels).

Le processeur d’initialisation construit un graphe

ordonné selon le sens préférentiel de passage de l’information dans le circuit.

A chaque valeur du temps les blocs sont analysés

successivement en suivant le graphe, et des itérations sont éventuellement effectuées pour améliorer la

précision du résultat. Il s’agit d’une méthode impli-

cite de prédiction-correction encore appelé méthode

O.S.R. (One Step Relaxation).

Les équations à résoudre d’inconnues Xi sont

obtenues en écrivant l’évolution des tensions en

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/rphysap:01989002402017700

(3)

178

chaque noeud des macromodèles (analyse nodale).

Le calcul en chaque noeud à l’instant i se fait par

application des relations suivantes :

prédiction explicite :

correction implicite :

où m est le numéro de l’itération de correction, et

a est exprimé en différences finies au premier

at ordre.

Deux à trois itérations maximum assurent la convergence du système [5, 6]. La stabilité du calcul

est assurée dans la mesure où le pas sur le temps

d’intégration est inférieur à la plus petite des valeurs propres du jacobien des équations du circuit [7].

Dans le cas de circuits linéaires, cette condition se traduit par un pas sur le temps inférieur à la plus petite constante de temps.

Le circuit est découpé en macromodèles qui sont analysés en séquence (matrice diagonale inférieure).

Chaque macromodèle peut alors être calculé par un code spécialisé et optimisé pour une topologie

donnée. Dans la version initiale de MAXIM le pas

sur le temps était commun à l’ensemble des macro-

modèles. Cette condition était très restrictive car la

plus petite constante de temps du circuit imposait la

valeur du pas de calcul. C’est pourquoi la possibilité

d’un pas sur le temps local en chaque macromodèle a

été mise en place dans MAXIM. Cette technique ne

modifie pas le principe de résolution ; elle entraîne dans la majorité des cas une diminution du nombre de calculs effectués du fait de l’optimisation du pas de calcul en chaque noeud du circuit. Le calcul d’un

macromodèle à l’instant t ne peut être effectué que si toutes les sorties de ses prédécesseurs sont connues

en cet instant soit directement, soit par interpolation

linéaire. Dans le cas de circuits de faible complexité

cette approche est peu efficiente. Par contre dès que le circuit comporte quelques dizaines de macromodè- les le gain en performance devient notable.

Pour des circuits MSI et LSI, seule une faible proportion du circuit est active à un instant donné.

La prise en compte par MAXIM de l’effet de latence permet de ne calculer à chaque instant donné que les blocs dont les variables électriques évoluent. Cette technique réduit de façon importante la durée de la

simulation. Les résultats présents à la figure 1 mon-

trent le gain de temps ainsi obtenu.

La figure 2 présente des résultats de simulation concernant un circuit constitué de quatre inverseurs ECL en technologie bipolaire à hétérojonction mon-

tés en cascade. On peut remarquer que les simula-

Fig. 1. - Temps de calcul en fonction du nombre de composants, (a) avec et (b) sans prise en compte de la latence.

[Simulation time versus the number of devices, (a) with

and (b) without taking latency into account.]

Fig. 2.

-

Comparaison des résultats de simulation d’inver-

seurs E.C.L. avec SPICE, ASTEC et MAXIM.

[Comparison between the results of the simulation of E.C.L. inverters using SPICE, ASTEC and MAXIM.]

tions effectuées avec MAXIM et ASTEC [8] sont

très proches, alors que celle effectuée avec SPICE

[9] donne des résultats différents. Ces différences tiennent au fait que les modèles ASTEC et MAXIM sont strictement identiques, alors que le modèle SPICE, interne au simulateur n’est pas accessible.

Les résultats obtenus en rapidité de simulation

(Fig. 3) mettent en évidence la linéarité du temps de calcul en fonction de la complexité du circuit et des intervalles de temps simulés. L’utilisation de compo- sants élémentaires à caractéristiques tabulées évite

la résolution d’équations non-linéaires complexes.

Simulation multi-niveaux.

SIMULATION ÉLECTRIQUE : MODÈLES DE COMPO-

SANTS.

-

MAXIM dispose jusqu’alors d’un modèle simplifié de transistor MESFET (Fig. 4a) dont la description en est faite sous forme tabulée.

- Le courant de drain est défini par une table

1 dus

=

f (V gs’ V ds).

- Les capacités Cgs, Cd sont définies par deux

tables Cgs

=

f(Vgs), Cgd

=

f (V gd).

(4)

Fig. 3. - Temps de calcul par itération et par composant pour différents types de composants sur VAX 8250.

[C.P.U. time per device and per iteration for different devices using a VAX 8250.]

Fig. 4.

-

Modèle tabulé du MESFET : (a) modèle simpli- fié, (b) modèle tenant compte des résistances d’accès.

[Table MESFET model : (a) simplified model, (b) model

with access resistors.]

- La capacité Cds est fixe.

- La diode grille-canal est définie soit à partir

d’un modèle tabulé, soit par un modèle analytique.

Le modèle disponible à présent dans MAXIM tient compte d’éventuelles résistances d’accès (Rg,

Rd, RS) (Fig. 4b). Il est constitué d’un noyau qui est

soit le modèle tabulé décrit ci-dessus, soit un modèle analytique du même type que celui de PSPICE [10].

La difficulté de traiter un tel composant compor- tant des résistances d’accès tient aux noeuds internes dont les potentiels ne peuvent pas être facilement calculés dans le cadre d’une méthode de résolution nodale par graphe ordonnée. La solution adoptée

dans MAXIM est d’effectuer une résolution matri- cielle locale utilisant une méthode implicite qui permet de déduire des potentiels appliqués au

composant ses courants d’électrodes.

On constate ici que MAXIM se comporte de ce fait comme un simulateur mode mixte :

-

résolution matricielle au niveau composant ;

-

résolution nodale par graphe ordonnée pour le circuit.

SIMULATION COMPORTEMENTALE LOGIQUE ET ANA- LOGIQUE.

-

Malgré des algorithmes de calcul performants (pas sur le temps local, prise en compte de la latence d’une partie du circuit), la simulation

d’une architecture complexe demande des temps de calcul qui deviennent vite excessifs. C’est pourquoi a

été intégré à MAXIM un simulateur comportemental logique et analogique qui permet de vérifier rapide-

ment le fonctionnement d’un circuit de grande taille.

Les objectifs d’un tel simulateur sont de fournir à l’utilisateur un certain nombre de fonctions de base

logiques et analogiques qui permettent de décrire le comportement d’un système. La mise en place de

nouvelles fonctions est relativement aisée, au même titre qu’un macromodèle électrique classique. La

version actuelle de MAXIM offre la possibilité de

simuler des fonctions logiques combinatoires

(Fig. 5), des bascules, des commutateurs, des compa-

Fig. 5.

-

Exemple de description d’un bloc logique « ou

exclusif ».

[Example of the description of an « exclusive or » logic

bloc.]

(5)

180

Fig. 6.

-

(a) CAN dichotomique 4 bits ; (b) résultat de simulation.

[(a) 4 bits dichotomic ADC ; (b) simulation results.]

rateurs, des amplificateurs, des sources de tension et de courant liées ; sur tous ces blocs, un grand

nombre de paramètres sont ajustables de façon à ce

que leurs caractéristiques s’approchent au mieux du

modèle électrique équivalent. La description d’une

fonction peut être fortement hiérarchisée depuis la description électrique fine (niveau composant) jusqu’à la description fonctionnelle d’un bloc

complet (par exemple un compteur).

L’avantage du mode de simulation comportemen- tal est de pouvoir évaluer la validité d’une architec- ture complexe sans avoir à descendre au niveau du composant élémentaire dès le début de l’étude. Il donne la possibilité de simuler aisément des structu-

res comprenant des fonctions logiques et analogiques

bouclées.

L’exemple présenté sur la figure 6a est un conver-

tisseur analogique numérique 4 bits par approxima-

tions successives. Il comporte un compteur, une

logique de commande, un comparateur et un réseau de 32 commutateurs analogiques. Pour la mise au

point de son architecture, ce circuit est décrit par des blocs fonctionnels dont les caractéristiques temporel-

les correspondent à celles de circuits à MESFETs

GaAs. Lors de l’étude finale, la même description

(6)

topologique utilise des modèles électriques des composants aux endroits sensibles du circuit. On est ici en présence d’un exemple type , de circuit logi- que/analogique bouclé dont la simulation complète

est difficile sur un simulateur électrique classique du

fait du nombre important de composants mis en jeu.

La figure 6b présente pour trois valeurs de la tension d’entrée, l’évolution des sorties du convertisseur

(Do, D1, D2, D3) et celle de la sortie du réseau de portes analogiques (VS).

Analyse de dispersion des paramètres technologiques.

Le module d’analyse de dispersion utilise des fonc- tions permettant de reproduire les variations des

paramètres physiques et technologiques qui modi-

fient le fonctionnement d’un circuit. On peut ainsi

mettre en évidence l’influence d’une variation d’un

paramètre de la technologie sur les performances

d’un circuit, et ainsi déterminer sa plage de fonction-

nement normal vis-à-vis d’un ou de plusieurs para- mètres sensibles.

Plusieurs fonctions de probabilité peuvent repré-

senter le caractère aléatoire d’un phénomène physi-

que, le cernant avec plus ou moins de précision.

Trois types de lois de densité de probabilité ont été

introduites dans le simulateur :

- la loi uniforme, d’expression pour un intervalle

a donné : f (x ) =1 / a ;

- la loi normale, g(x) =

elle est justifiée par le théorème central limite : un

très grand nombre de quantités aléatoires indépen-

dantes doivent nécessairement se rapprocher de la

loi normale ;

- la loi tabulée, d’une grande souplesse d’utilisa- tion, permet d’entrer point par point une fonction de densité de probabilité. De cette dernière est déduite

la fonction de répartition, qui est linéarisée entre deux points successifs.

Fig. 7.

-

Caractéristiques des MESFET GaAs utilisés.

[Drain characteristics of a GaAs MESFET.]

L’utilisateur définit donc une fonction de densité de probabilité, qui donnera la fonction de réparti-

tion. Par l’intermédiaire de nombres tirés au sort, on

Fig. 8.

-

(a) Inverseur BFL ; (b) résultat de simulation.

[(a) BFL inverter ; (b) simulation results.]

Fig. 9.

-

(a) Porte ECL bipolaire hétérojonction ; (b)

résultats de simulation.

[(a) bipolar heterojonction ECL gate ; (b) simulation

results.]

(7)

182

déduit la variation que subissent les paramètres de chaque dispositif par rapport à leurs valeurs nomina- les.

Le premier exemple utilise le modèle de MESFET GaAs de la figure 4, une dispersion de 10 % affectant

le courant de drain (Fig. 7). Le circuit est l’étage de

commande d’une porte BFL (Fig. 8a). Les résultats

(Fig. 8b) montrent que la dispersion affecte essen-

tiellement le temps de montée de la porte.

Le deuxième exemple porte sur un circuit ECL utilisant des transistors bipolaires hétérojonctions (Fig. 9a). La dispersion affecte les tensions de seuil base-émetteur des transistors (1,2 V ± 10 %) ce qui

modifie le point de repos de la paire différentielle

(Fig. 9b).

Conclusion.

MAXIM permet la simulation multi-niveaux (électri-

que, logique, fonctionnelle) de circuits intégrés,

c’est-à-dire d’obtenir à la fois les caractéristiques électriques et les caractéristiques logiques du circuit

étudié. De plus nous avons introduit la possibilité d’analyser les dispersions d’un circuit sur une pla- quette (variation de tension de seuil, ...). Pour analyser plus finement les transistors à grille Schot- tky, nous avons amélioré la modélisation de ce

composant par la prise en compte des résistances d’accès.

De par ses performances, MAXIM est utilisable

pour la conception de circuits de grande taille en

utilisant un ordinateur puissant, mais il peut égale-

ment être utilisé sur des micro-ordinateurs pour des circuits de taille moyenne (jusqu’à quelques centai-

nes de portes). Ceci en fait un outil bien adapté à l’enseignement.

D’autres évolutions de MAXIM sont en cours de

développement. L’intégration du simulateur dans des chaînes de conception existantes, l’introduction

d’algorithmes d’optimisation et de recherche de

chemins critiques en sont quelques-unes.

Bibliographie

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