EPFL
Algèbre linéaire 1ère année 2006-2007
Corrigé de la série 18
Correction exercice 1
1. Soit P(x) =a+bx+cx2 ∈V, P ∈ {x2}⊥ ssi φ(P(x), x2) = 0.
On a : φ(a +bx + cx2, x2) = 5a + 9b + 17c. On en déduit que a = −9b+17c5 et donc {x2}⊥ ={−9b+17c5 +bx+cx2 | b, c∈F}={b(x− 95) +c(−175 +x2) | b, c∈F}. D’où
{x2}⊥ =Span(x−9
5, x2− 17 5 ).
2. On considère le vecteur 1. On a ||1||2 = 3, d’où
e1 = 1
||1|| = 1
√3. (1)
En posant E1 =Span(e1), on a, par le procédé d’orthonormalisation de Gram-Schmidt :
e2 = x−pE1(x)
||x−pE1(x)||. (2)
Or, e1 étant orthonormé, on a pE1(x) = φ(x, e1)e1 =φ(x,1)||1||12 = 1 (la dernière égalité est obtenue grâce à(1)et à la linéarité par rapport à la seconde variable deφ) et||x−1||2 = 2 d’où
e2 = 1
√2(x−1).
En posantE2 =Span(e1, e2), on a, par le procédé d’orthonormalisation de Gram-Schmidt :
e3 = x2−pE2(x2)
||x2−pE2(x2)||.
Or, Span(e1, e2) étant orthonormée, on a pE2(x2) =φ(x2, e1)e1+φ(x2, e2)e2 = 2x−13 et
||x2−2x+13||2 = 23, d’où :
e3 = r3
2(x2−2x+ 1 3).
Le procédé de Gram-Schmidt est tel que : Span(e1, e2) =Span(1, x) et (e1, e2) est ortho- normée donc
projV(2 +x+ 5x2) =φ(e1,2 +x+ 5x2)e1+φ(e2,2 +x+ 5x2)e2 = 11x+1 3
(Pour minimiser les calculs on pensera à la bilinéarité de φ et aux calculs fait précé- demment. Ainsi, par exemple, φ(e1,2 +x+ 5x2) = 2φ(e1,1) +φ(e1, x) + 5φ(e1, x2) =
1
||1||(2φ(1,1) +φ(1, x) + 5φ(1, x2)).)
1
Correction exercice 2
1. On considère le vecteur 1. On a ||1||2 =R2π
0 dt = 2π, d’où e1 = 1
||1|| = 1
√2π. (3)
En posant E1 =Span(e1), on a, par le procédé d’orthonormalisation de Gram-Schmidt :
e2 = cos(x)−pE1(cos(x))
||cos(x)−pE1(cos(x))||. (4) Or, e1 étant orthonormé, on a
pE1(cos(x)) =φ(cos(x), e1)e1 =φ(cos(x),1) 1
||1||2 = Z 2π
0
cos(x)dx 1
||1||2 = 0 (on en déduit, au passage que 1 et cos(x) sont orthogonaux par φ) d’où e2 = ||cos(x)||cos(x)
e2 = cos(x)
√π .
En posantE2 =Span(e1, e2), on a, par le procédé d’orthonormalisation de Gram-Schmidt :
e3 = sin(x)−pE2(sin(x))
||sin(x)−pE2(sin(x))||. Or, Span(e1, e2) étant orthonormée, on a
pE2(sin(x)) = φ(sin(x), e1)e1+φ(sin(x), e2)e2 =φ(sin(x),1) 1
||1||2+φ(sin(x), cos(x))cos(x) π = 0 (Remarque : pour montrer queφ(sin(x), cos(x)) = 0on utilisera l’égalité2sin(x)cos(x) = sin(2x).)
d’où e3 = ||sin(x)||sin(x) :
e3 = sin(x)
√π .
(On en déduit, au passage que sin(x) est orthogonal à 1 et cos(x) par φ).
On a : pH(x) = φ(x, e1)e1+φ(x, e2)e2+φ(x, e3)e3. φ(x, e1) = √1
2π
R2π
0 xdx=π√ 2π
Les deux intégrales suivantes se calculent en effectuant une intégration par partie.
φ(x, e2) = 1
√π Z 2π
0
x cos(x)dx= 0
φ(x, e3) = 1
√π Z 2π
0
x sin(x)dx =−2√ π D’où :
pH(x) =π−2sin(x).
2
2. Soit {1, x, x2, x3} une base du sous espace des polynômes de degré inférieur ou égal à 3 noté E. On orthonormalise cette base par le procédé de Gram-Schmidt (les détails des calculs seront laissés au lecteur).
On considère le vecteur 1. On a ||1||2 =R2π
0 dt = 2π, d’où e1 = 1
||1|| = 1
√2π. (5)
En posant E1 =Span(e1), on a, par le procédé d’orthonormalisation de Gram-Schmidt :
e2 = x−pE1(x)
||x−pE1(x)||. (6)
On a pE1(x) =π d’où e2 = ||x−π||x−π
e2 = r2
3π−32(x−π).
En posantE2 =Span(e1, e2), on a, par le procédé d’orthonormalisation de Gram-Schmidt :
e3 = x2−pE2(x2)
||x2−pE2(x2)||. On a pE2(x2) = 89πx+49π2
d’où
e3 = x2− 89πx+49π2
||x2− 89πx+49π2||
En posant E3 = Span(e1, e2, e3), on a, par le procédé d’orthonormalisation de Gram- Schmidt :
e4 = x3−pE3(x3)
||x3−pE3(x3)||. Enfin, on a :
projE(ex) =φ(x, e1)e1+φ(x, e2)e2 +φ(x, e2)e2 +φ(x, e3)e3 +φ(x, e4)e4. Correction exercice 3
1. On note diag(λ1, . . . , λn) la matrice diagonale de termes diagonaux les λi et Dn(R) le sous espace formé des matrices diagonales. Soit A∈(Dn(R))⊥, on a
tr(Atdiag(λ1, . . . , λn)) =
n
X
i=1
ai,iλi.
En considérant la matrice diagonale telle que λi = 1 et λj = 0 ∀j 6= i on montre que ai,i = 0.
Donc, en faisant varier i, on obtient que ∀i ai,i = 0.
Inversement on montre que les matrices M telles que ai,i = 0 ∀i sont dans (Dn(R))⊥.
(Dn(R))⊥ ={A∈M at(n, n,R) | ∀i ai,i = 0}.
3
2. On note Sn le sous-espace des matrices symétriques (i.e. At = A) et An le sous-espace des matrices antisymétriques (i.e. At=−A.)
Soient S ∈Sn et A∈An on a :
φ(S, A) =tr(StA) = tr((StA)t) =tr(AtS) = tr(−AS) =−tr(AS) =−tr(ASt) = −φ(S, A).
Où la deuxième égalité découle de : tr(A) =tr(At) et la troisième de (AB)t=BtAt. On en déduit que φ(S, A) = 0. Ceci montre que Sn ⊂(An)⊥ et An ⊂(Sn)⊥.
De plus,
dim((An)⊥) = dim(M at(n, n,R))−dim(An) = n2 −n(n−1)
2 = n(n+ 1)
2 =dim(Sn) d’où Sn= (An)⊥ et An = (Sn)⊥.
Correction exercice 4
1. {I2}⊥={M ∈E | tr(Mt) = 0} ce sont donc les matrices de la forme
a b c −a
.
2. Une matrice symétrique s’écrit sous la forme a b
b d
. L’espace considéré est donc
F =Span(A1 = 1 0
0 0
, A2 = 0 0
0 1
, A3 = 0 1
1 0
)
Soit M = a b
c d
une matrice dans le complément orthogonal de F. La condition φ(M, A1) = 0 implique a= 0.
La condition φ(M, A2) = 0 implique d= 0.
La condition φ(M, A3) = 0 implique b+c= 0.
Réciproquement, si M est de la forme M =
0 b
−b 0
on vérifie qu’elle est dans le com- plément orthogonal de F.
D’où
F⊥ =Span(
0 1
−1 0
)
La matriceM vérifie la propriétéMt =−M; de telles matrices sont dites antisymétriques.
3. D’après la question précédente, {A1, A2, A3} forme une base de F. On laisse le soin au lecteur de vérifier que cette base est orthogonale et ||A1|| = ||A2|| = 1 et ||A3|| = √
2.
Donc {A1, A2,√A3
2} est une base orthonormée de F. On a donc :
pF(A) =φ(A, A1)A1+φ(A, A2)A2+φ(A, A3)1 2A3 d’où
pF(A) = 3A1−4A2− 1 2A3 =
3 −12
−12 −4
.
(On peut vérifier que A−pF(A) est antisymétrique. Ceci est un bon moyen de vérifier ses calculs !)
4