L’IMPACT DU PROGRAMME FAST-TRACK
SUR LE VÉCU DES PATIENTS ET DES PROCHES
ARIANA FERNANDES
Étudiante Bachelor – Filière Soins infirmiersLOANA SANCHEZ
Étudiante Bachelor – Filière Soins infirmiers
Directrice de travail : NANCY HELOU
TRAVAIL DE BACHELOR DÉPOSÉ ET SOUTENU A LAUSANNE EN 2016 EN VUE DE L’OBTENTION D’UN BACHELOR OF SCIENCE HES-SO EN SOINS INFIRMIERS
RESUME
Introduction : Le programme Fast-track vise une réhabilitation post-chirurgicale rapide, et une diminution du séjour hospitalier. L’infirmière offre ses prestations sur une durée plus restreinte. Une évaluation des besoins du patient rapide et efficace s’impose. L’impact du programme s’étend également sur les patients et les proches.
Objectif : Une compréhension de l’impact physique et psychologique du Fast-track, éclairé par la àthéorie d’Orem, sur le vécu des patients adultes et leurs proches devient nécessaire.
Méthode : Afin de réaliser notre recension d’écrits, nous avons effectué une recherche d’articles en utilisant deux bases de données (CINHAL et Medline) et le Cross-referencing.
Résultats : L’analyse des articles, nous a permis de constater que les patients font face à un dilemme de gestion des symptômes et ont des difficultés d’adhérence au programme. Les proches sont confrontés à la vulnérabilité, l’insécurité et l’incapacité de répondre à tous les besoins du patient.
Conclusion : Le programme nécessite le développement des capacités d’auto-soin des patients et de leurs proches. La recherche sur le Fast-track est peu développée. Les études de ce travail ont proposé peu d’interventions infirmières, visant plutôt l'amélioration de l’utilisation du programme.
Mots-clés : Fast-track, réhabilitation rapide, vécu, proche, patient
AVERTISSEMENT
Les prises de position, la rédaction et les conclusions de ce travail n’engagent que la responsabilité de ses auteurs et en aucun cas celle de la Haute Ecole de Santé Vaud, du Jury ou du Directeur du Travail de Bachelor.
Nous attestons avoir réalisé seules le présent travail, sans avoir utilisé d’autres sources que celles indiquées dans la liste de références.
REMERCIEMENTS
Nous remercions tout particulièrement notre directrice de travail de Bachelor, Madame Nancy Helou, pour sa disponibilité, ses précieux conseils et son soutien. Ses connaissances pointues de la recherche ont fait que nous avons abordé ce travail avec enthousiasme et confiance.
Nous remercions également nos familles, amis et collègues pour le soutien et les encouragements dont ils ont fait preuve durant notre formation.
TABLE DES MATIERES
1. INTRODUCTION ... 1
2. PROBLEMATIQUE ... 1
2.1 Exposé du sujet ... 1
2.2 Question de recherche PICOT ... 5
2.3 Définition des concepts ... 5
2.3.1 Programme Fast-track ... 5
2.3.2 Proches aidants ... 6
2.3.3 Réhabilitation... 6
2.3.4 Vécu du patient (y inclus la perception) ... 6
2.4 Cadre de recherche : Modèle de l’auto-soin selon D. Orem ... 7
2.4.1 La personne ... 8
2.4.2 L’environnement ... 8
2.4.3 Santé ... 9
2.4.4 Soins ... 9
2.4.5 Concepts spécifiques de la théorie d’Orem ... 10
3.METHODOLOGIE/STRATEGIE DE RECHERCHE ... 14
3.1 Stratégie de recherche documentaire ... 14
3.2 Critères d’inclusion et d’exclusion ... 15
3.2.1 Critères d’inclusion ... 15
3.2.2 Critères d’exclusion ... 15
4. PRESENTATION DES RESULTATS ... 15
4.1 Présentation tabulaire des résultats ... 15
4.2 Analyse critique par article ... 36
Jorgensen & Fridlund (2016) ... 36
Specht ; Kjaersgaard-Andersen ; Kehlet ; Wedderkopp & Pedersen (2015) ... 36
Bottcher Berthelsen, Lindhardt & Frederiksen (2014) ... 37
Norlyk & Harder (2011) ... 38
Norlyk & Martinsen (2012) ... 39
Kjolhede ; Wodlin ; Nilsson ; Frederikson & Wijma (2012) ... 40
5. SYNTHÈSE DES RESULTATS ... 40
5.1 Tâches des soins dépendants (Dependent care tasks) ... 40
5.1.1 Tâches liées à l’autre ... 41
5.1.2 Tâches liées à la situation de soin ... 41
5.1.3 Tâches liées au système de soin ... 42
5.2 Capacité d’auto-soin (self-care agency power) ... 42
5.2.1 L’habileté à maintenir son attention et à exercer la vigilance requise en se respectant comme agent d’auto-soin et en respectant les conditions internes et externes ainsi que les facteurs significatifs entourant l’auto-soin. ... 42
5.2.2 L’habileté à prendre des décisions quant au soin de soi et à opérationnaliser ces décisions. .. 43
5.2.3 L’habilité à effectuer des opérations d’auto-soin de façon conforme, en les intégrant aux aspects pertinents de sa vie personnelle, familiale et communautaire. ... 43
5.2.4 Un répertoire de compétences interpersonnelles, perceptuelles, cognitives, de communication et de manipulation, adaptées à l’exécution des opérations d’auto-soin. ... 43
6. DISCUSSION ... 45
7. CONCLUSION ... 49
8. BIBLIOGRAPHIE ... 51
8.1 Liste de références bibliographiques ... 51
1. INTRODUCTION
Dans le cadre de nos études Bachelor en soins infirmiers, il nous a été demandé de rédiger un travail de recherche axé sur la recension des écrits. Nous avons choisi la thématique de réhabilitation rapide après chirurgie. En 2001, un nouveau programme nommé Fast-track, voit le jour. Ce dernier propose de nombreux changements dans la prise en charge des patients dans chacune des phases périopératoires. Il est adopté au CHUV en 2011 sous le nom « ERAS® » (Enhanced Recovery After Surgery) qui découle du programme Fast-track. Notre problématique sera introduite par le changement de système de rémunération et les bénéfices qui en découle. Nous poursuivrons par l’impact sur les infirmières de ce nouveau système et introduirons le programme Fast-track et ses bénéfices au niveau du système suisse et l’impact pour le proche et le patient. Cela nous amènera à la question de recherche construite avec l’outil PICOT. Suite à cela, nous introduirons les concepts de « Programme Fast-track » ; « Réhabilitation rapide » ; « Proche aidant » et « Vécu du patient ». Nous introduirons ensuite le cadre de recherche qui est celui de l’auto-soin de D. Orem en définissant les éléments utiles à la compréhension du travail. Nous exposerons la stratégie de recherche d’articles que nous avons utilisée afin de vous présenter les résultats et une synthèse de ces derniers en suivant les principes de la théorie de D. Orem. Finalement, nous apporterons un regard critique sur la synthèse dans la discussion où nous évaluerons l’intérêt de ces résultats pour la pratique et la recherche et en feront ressortir des recommandations.
2. PROBLEMATIQUE
2.1 Exposé du sujet
En 1975, un nouveau concept de payement des coûts de la santé, a été mis en place aux Etat-Unis (USA) par l'Université de Yale, les Diagnosis Related group (DRG). Le remboursement DRG (forfaits par cas), est basé sur un payement fixe selon le diagnostic du patient. Ce nouveau concept a plusieurs objectifs ; réduire les coûts, augmenter les bénéfices et la qualité des systèmes de santé (Leister & Jürgen, 2005).
Dans les années 70, l’objectif était de vérifier si la manière de procéder en économie d’entreprise concernant les contrôles des coûts et de la qualité pouvait s’adapter aux hôpitaux. Au début, l’attention était portée sur les différences dans la qualité des prestations ainsi que des traitements. Par la suite, l’aspect “diminution des coûts” grâce aux DRG a rapidement été mis en valeur. En 1983, les
DRG ont été utilisés aux USA comme système de rémunération au sein des hôpitaux, ce qui a suscité une vive attention dans divers pays (SwissDRG 1.0, 2011).
En Suisse, ce changement de système de rémunération a été introduit le 1er janvier 2012, sous le nom
de Swiss Diagnosis Related Groups (SwissDRG) (Spirig, Spichiger, Martin, Irena, Müller & Kleinknecht, 2014).
Dans ce nouveau système, le séjour du patient est catégorisé dans un groupe de pathologies et remboursé de manière forfaitaire sur la base de divers critères comme le diagnostic du patient primaire, les diagnostics supplémentaires, les traitements et le degré de sévérité de la pathologie. L’objectif à long terme était de permettre au patient de profiter d’un processus de traitement optimisé et d’une meilleure qualité de soins grâce à la concurrence entre les fournisseurs de prestations. (SwissDRG, 2015)
Le financement au forfait par cas national « SwissDRG » est pour la première fois, un système qui s’applique à tous les cantons de la Suisse. Grâce à ce système, les prestations et les prix peuvent être comparés, les hôpitaux sont rémunérés en fonction de leurs prestations, de la complexité et de la sévérité des prises en charge. De plus ce système a un objectif à long terme confrontant les prix et la qualité des soins, ce qui permet aux hôpitaux privés et publics d’être à égalité. Les patients auront le choix de l’institution, ainsi que le canton dans lequel ils souhaitent se faire soigner. (Hölzer (n.d.))
Diverses améliorations sont apportées grâce aux forfaits par cas SwissDRG. Les coûts des prestations médicales dans les hôpitaux sont similaires, transparents et basés sur les prestations de chaque cas. Ils soutiennent également un système de santé financièrement tolérable pour l’ensemble de la Suisse. Ces forfaits permettent aux institutions de tirer avantage des économies existantes et d’améliorer les processus. Les institutions publiques font face à des pénuries progressives de fonds ainsi qu’une augmentation des coûts dans le contexte du vieillissement de la population. Celles-ci doivent alors traiter efficacement les patients tout en garantissant un niveau de qualité élevé et permet d’économiser l’argent pour être mieux redistribué. Les différentes disciplines médicales travaillant dans les institutions renforcent leur collaboration et permettent de simplifier la planification hospitalière supra-cantonale. Sur le long terme, les patients bénéficient d’un processus de traitement amélioré et d’une qualité amplifiée grâce à la concurrence qui s’est installée entre les institutions de soins. (SwissDRG, 2015)
les patients bénéficieront de plus de traitements et de soins dans les secteurs extrahospitaliers (Spirig et al., 2014).
Dans les autres pays, l’insertion de ce type de remboursement a mené à une diminution de la main-d’œuvre infirmière, de la qualité des soins, de projets infirmiers et de la recherche infirmière (dû aux limites financières) (Spirig et al., 2014). Ainsi, le développement de ce projet pourrait affecter négativement l’environnement de travail des infirmiers et le sentiment de satisfaction des soignants par rapport à leur métier. Ceci peut avoir un impact de l’image d'autrui sur l’infirmière, également de l'image de celle-ci sur sa profession et par conséquent une difficulté à engager des infirmiers ou de les garder dans la profession. (Aiken, Clarke, Sloane, Lake & Cheney, 2008).
Une étude faite auprès des infirmières en Suisse, démontre que les SwissDRG ont un impact sur celles-ci. Les participants ressentent une augmentation de la complexité dans les soins. Ils ont également remarqué une diminution de la durée de séjour du patient auquel ils s’efforçaient à offrir une haute qualité des soins même dans les situations qui demandaient un certain nombre de ressources. Une pratique interprofessionnelle et un soutien de la direction contribuaient au fait que les infirmières aient les capacités pour surmonter les défis quotidiens. La satisfaction du travail était dû aux interactions entre les patients (Rettke, Frei, Horlacher, Kleinknecht-Dolf, Spichiger & Spirig, 2015).
Nous assistons alors à un "renouvellement du personnel" (Nurse Turnover) plus fréquent, en d'autres mots, à un processus de changement de poste ou alors de démission des infirmières. Ce renouvellement du personnel en continu pourrait mettre en péril la qualité de travail. Les facteurs favorisants la rétention du personnel, sont la responsabilité organisationnelle, la diminution de l'intention de partir et le sentiment de satisfaction dans le métier (Spirig et al., 2014).
Depuis l’introduction des SwissDRG, il existe un intérêt important pour les institutions, d’importer des programmes de réhabilitation rapide. En 2001, un programme nommé Fast-track a été décrit par les professeurs Willmore et Kehlet. Ce concept est né à Copenhague en 1995, lorsque l’auteur a prouvé que la vidange gastrique avant une chirurgie intestinale était inutile, et de ce fait, demander au patient de ne pas s'alimenter au moins huit heures avant une anesthésie générale n'avait plus de sens. La recommandation suffisante avant l’intervention serait de trois heures. Celui-ci a également démontré que la restriction d'aliments et de liquides après une intervention était une croyance infondée. Son but, est de réduire le stress chirurgical, de maintenir l’homéostasie et permet une diminution significative des complications postopératoires, ayant comme résultat une diminution de durée de séjour hospitalier et des coûts de la santé (Roulin, Blanc, Demartines & Hübner, 2014). Suite à la mise en place des SwissDRG, l’intérêt de la mise en place dans les institutions du programme est d’autant plus important. Les institutions utilisant ce programme bénéficient de la
même rémunération pour une prestation semblable, mais avec une la diminution de la durée moyenne de séjour (Roulin et al., 2014)
En 2011, le CHUV accueille le protocole Enhanced Recovery After Surgery (ERAS®), dans ses services de chirurgiese traduisant par réhabilitation améliorée après chirurgie. La chirurgie viscérale du CHUV a été le premier hôpital en Suisse à s’être associé à la Societé d’ERAS® (Schoke, Künzlia, Zehntnerb, Hübnerc & Breitensteina, 2013). Le protocole ERAS® qui a été développé par Henrik Kehlet, découle de la chirurgie “Fast-track”. L’utilisation du terme ERAS® remplace l’appellation de Fast-track, mettant en valeur le but principal qui est d’améliorer la récupération postopératoire et non uniquement sa vitesse (Roulin et al., 2014). Dans la littérature, les termes ERAS® et Fast-track sont utilisés de manière interchangeable. Nous avons choisi de rédiger notre travail en citant Fast-track car il existe peu d’études de recherche comprenant le terme ERAS®.
Les prérequis pour la réussite du programme sont l’adhérence du patient et une équipe pluriprofessionelle formée et dévouée à celui-ci (Hübner & Demartines, 2014). Ce programme est divisé en trois périodes à savoir, la période préopératoire, peropératoire et postopératoire. Chacune d’elles, comporte des recommandations pour le patient ou le soignant (HAS, 2014).
Une optimisation des soins durant la phase périopératoire ainsi qu’une diminution des complications s’est produite grâce à ce programme. Cependant, le retour à domicile précoce qui suit la chirurgie Fast-track requière de la part des patients de supporter le processus de réhabilitation postopératoire. Il a été identifié un besoin de soutien où les proches semblent y jouer un rôle important. (Norlyk, 2009)
La réhabilitation est bien plus qu’une “réparation physique”, car celle-ci prend du temps et de l’énergie. Ceci se ressent davantage lorsque le patient se retrouve seul sans bénéficier du rôle des professionnels de la santé. Les proches, sont vus comme une ressource importante ainsi que des partenaires cruciaux pour les soignants et les patients en réhabilitation (Karlsson, Johansson & Lidell, 2006).
Un article démontre que ce programme, ne prend pas en considération les besoins individuels des patients. Les informations concernant le programme, seraient denses et demanderaient une grande implication de la part du patient. La préparation à la chirurgie serait générale et certains patients ne se sentiraient pas prêts à subir l’intervention ou à un retour à domicile par manque d’informations (Philp, Carter, Barnett, D’Abrew, Pather & White, 2015).
Il semblerait important de s’intéresser à cet aspect du programme en le détaillant grâce à une recension des écrits.
2.2 Question de recherche PICOT
En regard à cela nous avons décidé de rédiger notre question de recherche en nous aidant des critères PICOT :
P : Patients adultes ayant subi une chirurgie et le proche aidant I : Programme Fast-track
C : Avant/après application du programme O : processus de réhabilitation et vécu T : après chirurgie
Nous sommes arrivées à la question de recherche suivante : Quel est l’impact d’une chirurgie sous le programme Fast-track sur le vécu du patient et/ou de son proche aidant ?
2.3 Définition des concepts
2.3.1 Programme Fast-trackEn 1990 le professeur danois Henrik Kehlet a développé un programme de réhabilitation rapide après une chirurgie, intitulé « Fast-track ». Les buts de ce programme de soins sont de réduire la morbidité post-opératoire en réduisant au maximum les complications qui pourraient survenir avant, pendant et après l’opération ainsi qu’une reprise plus rapide des habilités fonctionnelles. Un des objectifs principaux de ce programme, est la diminution des coûts de santé en diminuant la durée de séjour et de convalescence (Slim, Le guen, Demartines & Rio 2012).
Durant la phase préopératoire, le patient reçoit les conseils préopératoires qui diffère des précédents par le fait d’une absence de jeûne prolongé, de préparation de l’intestin et de prémédication. Cependant une prophylaxie en antibiotiques et thrombotiques est appliquée.
Durant la phase peropératoire, le patient reçoit un agent anesthésique à courte durée d'action, une épidurale mi- thoracique, des anesthésiques et des analgésiques. Il n’est pas muni de drains, ce programme tente d’éviter une surcharge hydrosodée et se concentre sur le maintien de la température. Finalement, durant la phase postopératoire, le patient reçoit des analgésiques en épidurale au niveau mi- thoracique. Le patient n’est pas muni de sonde nasogastrique, il doit se nourrir par voie orale rapidement et tenter de prévenir les nausées et les vomissements. Le programme vise à éviter les surcharges hydrosodées, ne demande pas l’administration d’analgésiques opioïdes, prône une mobilisation rapide, la stimulation de la mobilité de l'intestin, la vérification de la compliance et des résultats et l’ablation précoce du cathéter (Melnyk, Casey, Black & Koupparis, 2011).
Ce programme permet donc une prise en charge du patient en périopératoire afin de permettre une meilleure prise en charge du patient, une diminution de la durée de séjour, des complications périopératoires et des coûts de santé (Slim et al. 2012).
2.3.2 Proches aidants
Selon la Direction de la Santé et des Affaires Sociales (DSAS), un proche aidant, offre du soutien à une personne de son entourage souffrant d’une pathologie ou atteint dans son autonomie. La DSAS estime qu’une personne sur sept (14% de la population) reçoit une aide informelle de la part de proches. Ce sont fréquemment des conjoints et des enfants, parmi eux principalement des femmes, parfois des voisins ou amis. La DSAS est consciente que par leur engagement, ces personnes fournissent un travail essentiel pour la société (Direction de la santé et des affaires sociales, 2016).
Le fait de reconnaître les craintes des proches aidants, de les inclurent dans le processus de soins de la personne opérée leur permettra d’acquérir le sentiment d’utilité auprès de leur proche opéré (Brunner et Suddarth, 2011).
2.3.3 Réhabilitation
La réhabilitation consiste à réduire les complications postopératoires, ainsi qu’à améliorer l’évolution fonctionnelle des personnes ayant subi une intervention chirurgicale de tout type. La réhabilitation a comme but principal de diminuer la durée de séjour de ces personnes ainsi que leurs conséquences économiques (Eledjam & Viel, 2006).
Certains éléments importants tels que l’information au patient et l’éducation sont des principes que nous retrouvons pour chacun des programmes de réhabilitation. Il est présent également l’équilibre hydrique périopératoire, l’optimisation de l’analgésie, la réalimentation précoce ainsi que la mobilisation rapide.
Les enjeux sont importants et différents selon les patients et les soignants. Pour les patients ces enjeux, consistent en l’amélioration de la qualité des soins et de la sécurité de ces derniers alors que pour les soignants, il s’agit d’une collaboration avec une équipe interdisciplinaire et une meilleure coordination des soins (HAS, 2014).
2.3.4 Vécu du patient (y inclus la perception)
Lors d’une chirurgie, un patient peut être à la fois détendu ou alors au contraire ressentir des inquiétudes et du stress. Si la personne ressent des craintes, il faut les apaiser au mieux et lors de
l’intervention augmenter les doses d’anesthésiques. Cependant les complications post-opératoires telle que la douleur seront plus importantes.
Il faut soutenir au mieux le patient et lui montrer qu’il est protégé par les soignants. Lors de son réveil en phase post-opératoire, il faut informer le patient et sa famille de l’opération et de son devenir afin de diminuer leurs inquiétudes et répondre à leurs questions car même après une chirurgie qui s’est déroulée favorablement, le niveau d’anxiété du patient est élevé.
Le patient ressent de l’anxiété pendant les phases périopératoires, en effet celui-ci est entouré de divers facteurs influençant ce sentiment. Il peut être amplifié par la douleur, le fait d’être dans un environnement inhabituel, le sentiment d’impuissance, la peur des conséquences et des complications, la fatigue et la détresse spirituelle. L’infirmière doit donc s’appliquer à bien expliquer au patient ce qu’il doit faire, éviter et lui donner les informations nécessaires pour diminuer son anxiété.
L’état anxieux de la personne ne s’applique pas uniquement à la phase post-opératoire, c’est pour cela qu’une éducation thérapeutique en préopératoire peut aider les patients qui seraient angoissés de pouvoir comprendre avant l’intervention les enjeux ainsi que leur permettre d’éclaircir leurs doutes Lors de l’éducation thérapeutique sur les soins à se procurer à domicile, le patient ainsi que ses proches doivent comprendre au mieux les explications des soignants, car une incompréhension causerait à nouveau des inquiétudes. Les soignants se voient désormais de plus en plus contraint à offrir davantage ses éducations avec moins de temps à disposition (Brunner et Suddarth, 2011).
2.4 Cadre de recherche : Modèle de l’auto-soin selon D. Orem
Pour ce travail, nous avons décidé de choisir la théorie à large spectre de l’auto-soin selon Dorothea Elizabeth Orem, afin de guider l’analyse de nos résultats. Sa théorie a été élaborée autour du concept « d’auto-soin » qui selon l’auteur est une : « Production d’actions délibérées que les personnes initient et accomplissent dans l’intérêt du maintien de leur vie, de leur santé, de leur développement personnel et de leur bien-être. » (Page & Ricard, 1996).
Cette théorie semble adaptée à notre problématique, en effet lorsqu’une personne accepte de subir une chirurgie sous le programme Fast-track, la personne est capable de s’auto-prodiguer les soins nécessaires durant toute la phase périopératoire. De plus, la théorie nous permet de comprendre davantage les répercussions du programme sur le vécu des patients et des proches.
Pour finir, le concept d’auto-soin est un élément que l’on retrouve dans notre travail. En effet, les patients sous le programme Fast-track ayant une durée de séjour plus restreinte sont contraint à se prodiguer des soins eux-mêmes ou par un tiers durant l’hospitalisation et lors du retour à domicile. Les patients doivent adhérer au programme pour la réussite de celui-ci. L’auto-soin est percevable à
chaque étape du Fast-track. Les quatre métaparadigmes énoncés par Orem sont présents dans notre travail :
2.4.1 La personne
« La personne est un tout unique qui fonctionne biologiquement, symboliquement et socialement. C’est une unité qui possède les capacités, les aptitudes et le pouvoir de s’engager dans des auto-soins et de les accomplir. Les capacités de la personne à procéder à l’auto-soin peuvent varier, entre autres, selon l’âge, l’expérience de vie, la condition de la santé, les caractéristiques socioculturelles et les ressources accessibles. » (Orem 1991 dans Pépin, Kérouac & Ducharme, 2010).
La personne est une composante très importante dans notre travail. En effet, c’est autour d’elle et pour elle qu’est conçu le programme Fast-track. Les patients adultes subissant la chirurgie ainsi que ses proches représentent le métaparadigme de la personne qui sont également la population que nous avons choisi d’étudier. Les patients détiennent les capacités cognitives leur permettant de s’auto-procurer des soins de manière autonome. Si cela n’était pas le cas, ils sont entourés afin que des membres de leur famille ou amis puissent les guider ou les substituer. La personne étant motivée à subir une chirurgie sous le programme Fast-track, s’engage à l’auto-soin durant toute la phase périopératoire.
2.4.2 L’environnement
L’environnement est représenté selon Orem comme : « L’ensemble des facteurs externes qui influent sur la décision de la personne d’entreprendre des auto-soins ou sur sa capacité à les exercer. Il s’agit également d’une partie intégrante de la personne. » (Orem 1991 dans Pépin, et al., 2010). Nous pouvons considérer comme faisant partie de l’environnement le programme Fast-track. Dans notre travail, l’environnement joue un rôle de facteur de conditionnement influant la capacité d’auto-soin, le vécu des proches et des patients.
La théoricienne décrit les facteurs pouvant avoir un impact sur l’environnement de la personne et les nomme facteurs de conditionnement qui sont définis comme « facteurs qui conditionnent ou affectent la valeur de l’exigence d’auto-soin thérapeutique et/ou de la capacité (agence) d’auto-soin chez une personne à des moments particuliers et sous des circonstances spécifiques. » (Berbiglia & Banfield 2010 dans Alligood & Tomey, 2010). Dix facteurs sont identifiés : L’âge, le sexe, l’état de développement lié à l’âge et au sexe, l’état de santé, le mode (pattern) de vie, les éléments du système de santé, les éléments du système familial, les facteurs socioculturels, la disponibilité́ des ressources et les facteurs environnementaux extérieurs.
Le facteur de conditionnement commun à toute notre population cible est le programme Fast-track qui est un « élément du système de santé ». La réhabilitation rapide, la sortie précoce de l’hôpital et le besoin de poursuivre certains soins sont des facteurs qui influent sur la personne et la capacité d’entreprendre des auto-soins. L’environnement sera étudié dans ce travail afin de comprendre ce qui influence le vécu du patient et de ses proches. Il est important en tant que soignant de prendre en compte les facteurs de conditionnement ayant un impact sur la capacité d’auto-soin.
2.4.3 Santé
En ce qui concerne la santé, Orem la décrit comme : « L’état d’intégrité des parties du système biologique et des modes de fonctionnement biologique, symbolique et social de l’être humain. » (Orem 1991 dans Pépin, et al., 2010)
Le métaparadigme de la santé est représenté, car en post-opératoire une amélioration de l’état de santé est visée. L’état de santé du patient, amène ce dernier à être vulnérable, tel qu’il est nommé par Norlyk & Harder (2009), celui-ci à l’annonce d’un diagnostic tel que cancer colorectal n’a aucune influence sur son état de santé. Le programme permet alors d’apporter une certaine confiance et sécurité dans cette pénible situation que vit le patient mais implique cependant une lutte et des sentiments d’ambivalence. Le patient devra également coopérer avec le soignant et être actif pour parvenir au but.
2.4.4 Soins
Finalement, Orem définit les soins infirmiers comme : « Un service spécialisé qui se distingue des autres services de santé en ce qu’ils sont centrés sur les personnes ayant des incapacités relativement à l’exercice d’auto-soins […] Son rôle consiste à amener la personne à adopter une attitude responsable au regard de ses auto-soins selon cinq modes d’assistances : agir, guider, soutenir, créer un environnement favorisant le développement de la personne et enseigner. Pour ce faire, l’infirmière choisit un système d’intervention totalement compensatoire, partiellement compensatoire ou lié à des activités d’éducation ou de développement selon la capacité et la volonté de la personne. » (Orem 2001 dans Pépin, et al., 2010). Dans le contexte de notre problématique, les soins infirmiers sont un aspect important. En effet ces derniers sont de durées plus restreintes car la réhabilitation est rapide. L’infirmière agit en prodiguant les soins nécessaires au patient durant toute la phase périopératoire. Dépendamment de la phases opératoire, l’infirmière peut agir selon trois systèmes de soins : système totalement compensatoire, système partiellement compensatoire ou système de soutien-éducation. Pendant les phases du programme, l’infirmière guide celui-ci vers une meilleure prise en charge de sa santé à travers l’information, les conseils et l’enseignement thérapeutique. Cette dernière peut être
substitut lorsque le patient est en déficit et que le proche ne peut pas prendre le relais. Elle s’assure qu’il a toutes les ressources pour parvenir à un auto-soin de qualité avant son retour à domicile.
Le rôle de l’infirmier dans cette théorie est sous le concept « Capacité des soins infirmiers (nursing agency)». Selon Orem (2001), les capacités de soins infirmiers sont des « … capacités développées chez des personnes formées comme infirmières et qui les autonomisent (empower) pour se représenter comme infirmières et ce, à l’intérieur d’un cadre de relations interpersonnelles légitimes pour agir, connaître et aider les personnes. Au moyen de ces relations, elles répondent aux exigences d’auto-soin thérapeutiques de ces personnes et elles régulent le développement ou l’exercice de leur capacité (agency) d’auto-soin. ». En résumé, l’infirmière est indépendante dans son rôle. Quant au rôle Fast-track, à travers la relation avec le patient en périopératoire, l’infirmier-ère s’assure que le patient répond aux exigences demandées par le programme Fast-track et que les auto-soins avant le retour à domicile sont acquis. Le soignant régule son système de soins selon les difficultés à l’exécution d’auto-soin du patient.
2.4.5 Concepts spécifiques de la théorie d’Orem
Afin de permettre la compréhension de la synthèse des résultats, il est important de définir les principaux concepts de la théorie de D. Orem sur l’auto-soin qui sont illustrés ci-dessous par un schéma.
Les proches sont une variable importante dans notre travail Bachelor et il est important de l’illustrer grâce à la théorie. Le soin prodigué par le proche s’intitule selon Orem « Dependent care » qui se définit comme « Soin qui est fourni à une personne qui, à cause de son âge ou des facteurs y étant reliés, est incapable d’effectuer l’auto-soin nécessaire pour se maintenir en vie, un fonctionnement en santé, la poursuite de son développement personnel et son bien-être. » (Berbiglia, et al., 2010). Le « Dependent-care » se situe dans le schéma dans l’item « Self-care ».
Le proche est selon Orem nommé agent de soins dépendant (Dependent-care agent). L’auteur de la théorie d’auto-soins définit ce dernier comme : « Un adolescent ou un adulte mature qui accepte et remplit la responsabilité de connaître et répondre à l’exigence (demand) d’auto-soin thérapeutique d’une ou autres personne(s) qui est ou sont socialement dépendante(s) de lui ou d’ajuster le développement ou l’exercice de la capacité d’auto-soin de cette ou ces personne(s) » (Orem, 2001). Si nous mettons en lien les définitions autour du proche avec notre travail de Bachelor, ce dernier est un soutien pour le patient et est présent tout au long du programme et peut agir en tant que substitut en post-opératoire, s’il y a un éventuel manque de capacités.
Selon Taylor et al. (2011), ces derniers ont trois tâches principales qu’ils peuvent s’attendre à effectuer : Les tâches reliées aux autres, les tâches reliées à la situation de soin et finalement les tâches reliées au système de soin. Chaque tâche décrite ci-dessus est divisée en tâches spécifiques :
Tâches Tâches spécifiques
Tâches reliées aux autres
Connaître et déterminer les exigences thérapeutiques de l’autre. Contribuer au développement de la capacité d’auto-soin de l’autre. Réguler l’exercice de la capacité d’auto-soin de l’autre.
Répondre aux variations dans l’exercice de la capacité d’auto-soin de l’autre.
Connaître les exigences thérapeutiques de l’autre.
Systématiser les actions du soin dépendant et de l’auto-soin dans des systèmes vivants plus larges telle que la famille
Tâches reliées à la situation de soin
Déterminer les paramètres dans lesquels le soin est prévu. Manager/modifier l’environnement.
Coopérer avec les autres participants. Tâches reliées
au système de soin
Maintenir la stabilité du système du soin dépendant incluant la validation des actions du soin dépendant et du système.
La nécessité d’auto-soin peut être de trois types : « Nécessités d’auto-soin universelles », « Nécessités d’auto-soin développementales » et le dernier est « Nécessités d’auto-soin reliées à l’altération de la santé » (Pépin, et al., 2010). En ce qui concerne le type de nécessité d’auto-soin pour notre population cible, ce sont les « Nécessités d’auto-soin reliées à l’altération de la santé ». Ces derniers sont admis en chirurgie sous le programme Fast-track pour maintenir ou améliorer leur état de santé qui impose des exigences d’auto-soin thérapeutiques.
La performance d’auto-soin du patient ou du proche est influencée par leurs capacités et les exigences demandées. « La complexité du système d’auto-soin ou du soin dépendant est augmentée par le nombre de nécessités d’auto-soin reliées à l’altération de la santé qui doivent être satisfaites dans un temps déterminé » (Berbiglia, et al. 2010 dans Alligood et al., 2010). Pour le programme Fast-track, la complexité est présente car les nécessités d’auto-soin doivent être pour la plupart acquises avant le retour à domicile et l’hospitalisation est de courte durée.
Les exigences d’auto-soin thérapeutiques (therapeutic self-care demand) sont un concept présent dans le schéma de la théorie. Ces exigences se définissent comme « la somme des mesures de soins qui sont nécessaires à un moment spécifique ou pendant un certain temps pour répondre à toutes les nécessités d’auto-soin connues chez la personne. » (Orem, 2001). Pour notre problématique, l’exigence d’auto-soin est la réhabilitation rapide après chirurgie.
La capacité (agency) est une « habileté acquise complexe qui permet de se développer » (Orem, 2001). Afin de répondre aux exigences d’auto-soin thérapeutiques, l’agent possède les capacités d’auto-soin (Self-care Agency). La capacité d’auto-soin se définit comme une « Capacité complexe et acquise d’agir qui s’exerce par l’exécution des actions et des opérations d’auto- soin. » (Page & Ricard, 1996).
La capacité d’auto-soin se divise, selon Orem (2001) en 10 composantes :
1. L’habileté à maintenir son attention et à exercer la vigilance requise en se respectant comme agent d’auto-soin et en respectant les conditions internes et externes ainsi que les facteurs significatifs entourant l’auto-soin.
2. Un usage contrôlé de l’énergie physique disponible qui est suffisante pour initier et continuer les opérations d’auto-soin.
3. L’habileté à contrôler la position de son corps et de ses parties lors de l’exécution des mouvements requis pour initier et exécuter les opérations d’auto-soin.
5. La motivation (i.e., une orientation vers des buts concernant l’auto-soin qui soit en accord avec ses caractéristiques et le sens donné à sa vie, sa santé et son bien-être).
6. L’habileté à prendre des décisions quant au soin de soi et à opérationnaliser ces décisions. 7. L’habileté à acquérir des connaissances techniques relatives à l’auto-soin de la part de
sources dignes de foi, de les retenir et de les opérationnaliser.
8. Un répertoire de compétences interpersonnelles, perceptuelles, cognitives, de communication et de manipulation, adaptées à l’exécution des opérations d’auto-soin.
9. L’habileté à classer les actions individuelles d’auto-soin ou les systèmes d’action en fonction des actions antérieures et subséquentes et ce, vers la réalisation finale des buts de la régulation de l’auto-soin.
10. L’habilité à effectuer des opérations d’auto-soin de façon conforme, en les intégrant aux aspects pertinents de sa vie personnelle, familiale et communautaire.
Concernant notre travail de Bachelor, les capacités d’auto-soin sont celles qui sont nécessaires afin de suivre les recommandations du programme Fast-track.
Le déficit d’auto-soin est la « relation entre les exigences (demands) d’auto-soin thérapeutiques des personnes et leur capacité (agency) d’auto-soin. » (Orem, 2001). Dans le contexte de notre problématique, les patients pourraient être capables d’auto-soin mais dû aux facteurs de conditionnement, ceux-ci pourraient rencontrer des difficultés à atteindre les exigences imposées par le programme.
Pour finir, le dernier concept important à développer est « Nécessités d’auto-soin (self-care requisites) » qui se définit par l’auteur (Orem, 2001) : « … les actions à réaliser, qui sont connues ou présumées nécessaires, pour la régulation d’un ou des aspect(s) du développement et du fonctionnement humain et ce, continuellement ou sous des conditions et des circonstances spécifiées ». Autrement dit, les nécessités d’auto-soin sont les actions nécessaires à l’auto-soin qui tendent au but fixé qui est dans notre travail, la réhabilitation rapide.
Trois catégories représentent les nécessités d’auto-soin : « Nécessités d’auto-soin universelles (universal care requisites) » ; « Nécessités d’auto-soin développementales (developmental care requisites) » et « Nécessités d’auto-soin reliées à l’altération de la santé (health deviation
self-care requisites) ». Quant à notre travail, cela fait référence aux recommandations du programme
Fast-track qui se trouve être la catégorie « Nécessités d’auto-soin reliées à l’altération de la santé (health deviation self-care requisites) ».
Ces nécessités existent « … pour les personnes qui sont malades ou blessées, qui ont des formes spécifiques de désordres pathologiques, incluant les déficiences (defects) et les handicaps
(disabilities), et qui font l’objet de diagnostics et de traitements médicaux » (Berbiglia et al. 2010 dans Alligood et al., 2010). Quant à notre population cible, ce sont des patients subissant une chirurgie répondant aux exigences thérapeutiques par différentes stratégies
En phase préopératoire la personne ne nécessite plus d’être à jeun, ni de préparation de l’intestin avant la chirurgie. Les patients bénéficient d’un soutient métabolique et nutritionnel et de l’éducation thérapeutique. En postopératoire les stratégies sont la gestion de la douleur, la mobilisation l’hydratation et la nutrition précoce (Basse, Thorbol, Lossl & Kehlet, 2004).
3.METHODOLOGIE/STRATEGIE DE RECHERCHE
3.1 Stratégie de recherche documentaire
Pour notre recherche documentaire, nous avons utilisé deux bases de données différentes à savoir, CINHAL par le biais du moteur de recherche Ovid et Medline par le biais du moteur de recherche PubMed. La base de données CINHAL nous paraît un choix pertinent, en effet cette base de données est spécifique à notre discipline qui est : “les soins infirmiers.” De plus, Medline nous semble adéquat pour notre sujet de travail de Bachelor car celui-ci propose de la littérature en rapport avec la médecine, les sciences biologiques et biomédicales qui comporte certains liens avec notre sujet de recherche. Nous avons également fait appel à la technique du “Cross Referencing”, qui signifie qu’en plus des recherches sur les deux bases de données, nous avons grâce aux références bibliographiques de certains articles, trouver d’autres sources à notre travail.
Dans le but de répondre à notre question de recherche, nous avons défini des « Subject Headings » que nous avons ensuite entré dans la base de données CINAHL. Dans le même but, nous avons défini des « MeSH terms » qui ont été placés dans la base de données Medline. L’utilisation d’opérateur booléens tels que « NOT » ; « AND » ; « OR » ont permis d’orienter les résultats de recherche. Les mots clés que nous avons utilisés dans les deux bases de données, sont les suivants : « adult ; adulthood ; nursing ; nursing interventions ; nursing care ; nursing protocols ; perioperative ; postoperative complications ; hospital stay ; discharge ; patient relatives ; family caregivers ; significant others ; Fast-track. Ces mots-clés ont été choisi à partir des concepts de la problématique : « patients adultes, ; interventions infirmières ; périopératoire ; complications postopératoires ; séjour hospitalier ; réhabilitation ; proche aidant et programme » puis nous avons les avons traduits en anglais. Ces mots-clés nous ont permis d’obtenir des équations de recherche qui nous ont amené à trouver en partie nos articles scientifiques.
Nos recherches n’ont pas abouti au nombre d’articles nécessaires, c’est pourquoi nous avons complété notre recherche par « cross referencing » et ainsi nous avons obtenu nos six articles de recherche.
3.2 Critères d’inclusion et d’exclusion
3.2.1 Critères d’inclusion• É
tudes ou articles publiés durant les 10 dernières années, 2005 ou plus tard.
• É
tudes ou articles qui incluent les patients adultes ayant subi une chirurgie sous le programme ERAS®/Fast-track
• É
tudes ou articles qui incluent les interventions dans les phases périopératoires
• É
tudes ou articles étant en français, anglais, espagnol, italien ou portugais. 3.2.2 Critères d’exclusion
• A
rticles type revue systématique
• É
tudes ou articles non per-review (ASI, journaux)
• É
tudes ou articles n’étant pas pertinents aux soins infirmiers
4. PRESENTATION DES RESULTATS
4.1 Présentation tabulaire des résultats
1 6 A ut eu rs : (B ot tc he r, B er th el se n et a l., 2 01 4) , D an em ar k B ut de l’ ét ud e P ar ti ci pa nt s D ev is et m ét ho de de co lle ct e de do nn ée s R és ul ta ts E la bo re r un e th éo ri e à la rg e sp ec tr e s ur l es a tt e rn s de s pr oc he s pa r ra pp or t au com po r te m en t de s pa tie nt s âg és so us le pr og ra m m e N to ta l = 7 pr oc he s N o bs er va ti on s = 14 N en tr et ie ns po st -ob se rv at io nn el s (3 à 6 m in ut es ) = 14 N e nt re ti en s = 5 (4 0 à 14 m in , di m in ut io n du te m ps a u fu r et à m es ur e de l a sa tu ra ti on de s ca té go ri es ) T hé or is at io n an cr ée L a co ll ec te de s do nn ée s ét ai t gu id ée pa r l’ éc ha nt ill on na ge th éo ri qu e po ur dé ve lo pp er pa r la su it e le s co nc ep ts dé co uv er ts . T hé or ie de G la se r ut ili sé e 14 O bs er va ti on s su r le te rr ai n : O bs er va ti on de s pr oc he s/ pa ti en ts /p ro fe ss io nn el s de la sa nt é du ra nt de s L a ca té go ri e « M ai nt en ir u ne u ni té » é m er ge d an s l’ an al ys e co m m e le p at te rn d’ un co m po rt em en t pa r le qu el le s pr oc he s ré so lv en t le ur pr in ci pa le pr éo cc up at io n : p ré ve nt io n de s en ti m en t d e so li tu de c he z le s pa ti en ts à tr av er s tr oi s co m po rt em en ts i nt er ch an ge ab le s, i nt er co nn ec té s et c ha ng ea bl es à t ou t te m ps . L a th éo ri e de M a in ta in in g u n it y co nt ie nt tr oi s m od es de co m po rt em en ts i nt er ch an ge ab le s : m o d e p ro te c te u r, m o d e d e su b st it u ti o n , m o d e d ’a d a p ta ti o n M od e pr ot ec te ur : l es p ro ch es p ré se rv en t le s va le ur s de s pa ti en ts e n a im a n t, re sp ec ta n t, e t en s’ in q u ié ta n t à tr av er s un s ou tie n ém ot io nn el d ur an t le pr og ra m m e F as t-tr ac k. A m ou r : L e dé te rm in an t cl é po ur la pr és en ce de s pr oc he s et ét ai t ca ra ct ér is é à tr av er s la p er sp ec ti ve d ’u n êt re h um ai n. L es p ro ch es d éc ri ve nt le ur p ré se nc e co m m e na tu re lle , n on s tr es sa nt e et s an s sa cr if ic e. Ê tr e le té m oi n de l a do ul eu r du p at ie nt é ta it pa rf oi s ac ca bl an t po ur l es p ro ch es v ou la nt m on tr é le ur c om pa ss io n et o ff ri r le c on fo rt p hy si qu e. R es pe ct : ca ra ct ér is é co m m e la b as e co m po rt em en ta le p ou r le s pr oc he s du ra nt l eu r pa rt ic ip at io n à la c hi ru rg ie F as t-tr ac k. L es p ro ch es r es ta ie nt d an s le d éc or e t la is sa ie nt l es p at ie nt s pr en dr e le ur s dé ci si on s. I l ét ai t ég al em en t im po rt an t po ur le s pr oc he s qu e le s pr of es si on ne ls m ai nt ie nn en t l eu r fo cu s su r
1 7 F as t-tr ac k po ur un re m pl ac em en t to ta l de la hanc he ou du ge no u. 7 pr oc he s (d e u x fi ls , d e u x m a ri s, u n e f em m e, u n e fi ll e e t u n e n iè ce q u i o n t e n tr e 4 0 e t 6 0 a n s) d e pa ti en ts en tr e 70 et 94 an s, su bi ss an t un rem pl ac em en t to ta l d’ un e ar tic ul at io n so us le pr og ra m m e Fa st -t ra ck . L es p ar ti ci pa nt s à l’ ét ud e on t ét é re cr ut és au se rv ic e de co ns ul ta ti on s am bu la to ir es en u ni té re nd ez -v ou s ag en cé s. - 2 C on ve rs at io n de 3 à 6 m in a ve c le s 7 pr oc he s : le b ut é ta it de r ap po rt er l e vé cu de s pr oc he s av ec l es pa ti en ts et le s pr of es si on ne ls d e la sa nt é et l es c on ce pt s qu i on t ém er gé gr âc e au x ob se rv at io ns . E nr eg is tr é et re tr an sc ri ts te xt ue ll em en t. - E nt re ti en s av ec 5 de s pr oc he s 2 se m ai ne s ap rè s la so rt ie d e l’ hô pi ta l (2 on t re fu sé ): P ou r le s in te rv ie w s, u n le p at ie nt lo rs d es tr an sm is si on s d’ in fo rm at io n. L es o cc as io ns d e pa rt ic ip at io n de s pr oc he s da ns l es d is cu ss io ns , m on tr ai en t le ur p ré oc cu pa tio n bi en q u’ il s la is sa ie nt la d éc is io n fi na le a u pa ti en t e n so ut en an t s on in dé pe nd an ce . In qu ié tu de : ca ra ct ér is é pa r le s pr éo cc up at io ns s in cè re s de s pr oc he s su r le bi en ê tr e de s pa ti en ts â gé s. L es p ro ch es s ’i nq ui ét ai en t s ur p lu si eu rs a sp ec ts d e la s itu at io n du p at ie nt s pé ci al em en t le s as pe ct s pr at iq ue s lo rs d e la s or tie d e l’ hô pi ta l. L es p ro ch es s e se nt ai en t r es po ns ab le s d’ as su re r le ur r ou tin e ju sq u’ à ce q ue l eu r ét at s oi t st ab le . I ls s ou ha it ai en t qu e le s pa tie nt s so ie nt a ct if s da ns le ur p ar tic ip at io n m ai s ac ce pt ai en t qu ’i ls s oi en t pa rf oi s co nf us . A c e m om en t le s pr oc he s re ss en ta ie nt l e be so in d ’é co ut er e t de r et en ir d es i nf or m at io ns s ur le p ro gr am m e Fa st -t ra ck . M od e de s ub st it ut io n : L es p ro ch es d ém on tr en t l eu r pr és en ce e n te nt an t à c e qu e le v éc u de s pa tie nt s âg és c on ce rn an t le p ro gr am m e et l eu rs v ie s pa ra is se pl us f ac il e. I ls a ss um en t de s re sp on sa bi lit és p ou r le b ie n-êt re d es p at ie nt s et se se nt en t re sp on sa bl es de le s so ut en ir du ra nt to ut le pr og ra m m e en co m pe ns an t u n év en tu el m an qu e de c ap ac it és . ub st it ut io n pr at iq ue : ca ra ct ér is é pa r le s ou ti en p ra tiq ue d ur an t et a pr ès l e pr og ra m m e Fa st -t ra ck . A va nt l ’e nt ré e à l’ hô pi ta l, il s’ ag it d e m ot iv er l e pa ti en t à ac ce pt er l a ch ir ur gi e. P en da nt l e pr og ra m m e, i ls s ou ti en ne nt l e pa ti en t en s ur ve il la nt l a pr is e de m éd ic am en ts o u le ur r éh ab ili ta tio n. S ’i l y a un e év en tu el le p éj or at io n da ns l ’é ta t de s an té i ls s ’e ng ag en t à co m m un iq ue r av ec le s so ig na nt s.
1 8 d’ or th op éd ie da ns de ux hô pi ta ux un iv er si ta ir es da no is a pr ès l e re nd ez -v o u s de pr é-ad m is si on de s pa ti en ts . U n éc ha nt il lo nn ag e th éo ri qu e a ét é ut ili sé af in d’ in cl ur e de s pa rt ic ip an ts qu i ét ai en t su sc ep ti bl es d’ aj ou te r du sa vo ir au x co nc ep ts th éo ri qu es à la th éo ri e an cr ée . gu id e ét ai t ut il is é af in d e m ai nt en ir u n fo cu s su r le s qu es ti on s. A u fu r et à m es ur e qu e le s co nc ep ts ém er ge ai en t, ls in te rv ie w s ét ai en t gu id ée s af in de sa tu re r et a ju st er c es co nc ep ts . D es no te s ét ai en t pr is es au co ur s de l’ ét ud e af in d’ in du ir e de no uv el le s id ée s. Q ua nd il y av ai t l’ es se nt ie l d’ un e ca té go ri e, le s no te s ét ai en t tr ié es et éc ri te s se lo n la th éo ri e à la rg e sp ec tr e de G la se r ub st it ut io n co gn it iv e : ca ra ct ér is é pa r le s ef fo rt s de s pr oc he s à so ut en ir l a m ém oi re de s pa ti en ts af in de re sp ec te r le ur s re nd ez -v ou s m éd ic au x et pa ra m éd ic au x. M od e d’ ad ap ta ti on : L e co m po rt em en t de s pr oc he s av ec l es p ro fe ss io nn el s de l a sa nt é es t dé cr it av ec l es m ot s : A cc ep te r, a ss is te r et a ju st er . L es p ro ch es s’ ef fo rc en t de s ’a da pt er à l ’u ni té d e l’ hô pi ta l, es sa ye nt d ’ê tr e en h ar m on ie av ec l es e xi ge nc es d es p ro fe ss io nn el s de l a sa nt é af in d ’ê tr e ca pa bl es d ’ê tr e pr és en t e t a in si p ou vo ir p ré ve ni r un s en tim en t d e so lit ud e. cc ep te r : c ar ac té ri sé p ar l’ év al ua ti on d es p ro ch es d u pr og ra m m e F as t-tr ac k et de s pr of es si on ne ls d e la s an té . ju st er : ca ra ct ér is é pa r la v ol on té d es p ro ch es à a da pt er l es r èg le s de l ’u ni té de l’ hô pi ta l, no ta m m en t l es h eu re s de v is it e ju gé es s tr ic te s. ss is te r : ca ra ct ér is é pa r le c om po rt em en t de s pr oc he s à pr en dr e le r ôl e de l’ in fi rm iè re a fi n de d im in ue r la c ha rg e de t ra va il d es p ro fe ss io nn el s de l a sa nt é ce rt ai n qu e le p at ie nt é ta it bi en p ri s en c ha rg e. M ai nt en ir l ’u ni té é m er ge d an s l’ an al ys e co m m e la c at ég or ie c en tr al e et l e pa tt er n co m po rt em en ta l av ec l eq ue l le s pr oc he s ré so lv en t le ur p ri nc ip al e pr éo cc up at io n : i ls p ré vi en ne nt l e se nt im en t de s ol it ud e ch ez le s pa ti en ts â gé s en le s so ut en an t p ar d es s oi ns é m ot io nn el s, p ra ti qu es e t c og ni ti fs s an s av oi r le
1 9 (G la se r, 2 00 1) . se nt im en t d’ êt re u n fa rd ea u. L es p ro ch es s ’a da pt en t au x be so in s de s pa ti en ts et d es r èg le s po sé es p ar l es p ro fe ss io nn el s de l a sa nt é à av oi r du ra nt l e pr og ra m m e.
2 0 ut eu rs : (N or ly k et a l., 2 01 1) , D an em ar k ut P ar ti ci pa nt s D ev is et m ét ho de de co lle ct e de do nn ée s R és ul ta ts s ur le s O ut co m es xp lo re r vé cu s tien ts te in t de nc er et an t bi un e ir ur gi e c ôl on , nc er na la rt ic ip at n à un og ra m e Fa st -ac k rès la rt ie de hô pi ta l. N to ta l = 16 pa tie nt s C ri tè re s d’ in cl us io n : Pa ti en ts av ec ca nc er et ay an t su bi un e ré se ct io n du cô lo n sa ns co lo st om ie , on t su iv i le sc hé m a th ér ap eu ti qu e qu ot id ie n du pr og ra m m e F as t-tr ac k du ra nt l’ ho sp ita li sa ti on et ét ai en t ca pa bl es de ré po nd re au x qu es ti on s. E tu de qu al ita ti ve ph én om én ol og iq ue D es d on né es o nt é té co lle ct ée s pa r N or ly k A . en 2 00 7 af in d’ ob te ni r de s ex pr es si on s su r le vé cu d es p at ie nt s. U ne in fi rm iè re de l’ un it é de l ’h ôp ita l in fo rm ai t le s pa rt ic ip an ts po te nt ie ls ve rb al em en t et l eu r fo ur ni ss ai t un e le tt re av ec de s in fo rm at io ns . L es d on né es o nt é té c at ég or is ée s en 7 t hè m es L a vu ln ér ab ili té l ié e à la m al ad ie : L a m al ad ie e t la m en ac e év en tu el le à l eu r ex is te nc e re nd ai en t l es p at ie nt s vu ln ér ab le s en p ar ti ci pa nt a u pr og ra m m e F as t-tr ac k. C on di ti on p os to pé ra to ir e : dé cr it e co m m e êt re h or s de s oi , a ss oc ié e à de l ’i n c e rt it u d e, po ur l es p at ie nt s pl us o u m oi ns d é p e n d a n ts d e se s pr oc he s po ur f ou rn ir u n ca dr e co nf or ta bl e po ur la r éc up ér at io n à do m ic il e. L a co nd it io n po st -o pé ra to ir e et l ’é ta t gé né ra l po ur ra ie nt am en er à un se n ti m e n t d ’i n c a p a ci té . L e se nt im en t d ’i n sé c u ri té e t d e vu ln ér a b il it é po ur ra it é ga le m en t a ff ec te r la re la ti on a ve c le s pr oc he s et e nt re le s pa rt ic ip an ts , et d on ne r na is sa nc e à un se nt im en t de c u lp a b il it é. L a vu ln ér ab il it é et l a cu lp ab ili té r es se nt ie s s’ ef fa ça ie nt a u m êm e te m ps q ue l e pa ti en t se r éc on ci li ai t av ec s a no uv el le c on di ti on d e vi e. M al gr é un p ro gr ès c on si dé ra bl e, il s ga rd ai en t l eu r se nt im en t d ’i ns éc ur it é et d e vu ln ér ab il ité ’a tt en ti on v er s le s ré ac ti on s co rp or el le s : L e pr og ra m m e F as t-tr ac k im po se u ne ré fl ex io n su r le s si gn au x co rp or el s et d ’y f ai re f ac e. D ur an t l’ ho sp it al is at io n, l es pa tie nt s de va ie nt p lu tô t ig no re r ce s si gn au x et r éa ct io n et p lu tô t su iv re l e sc hé m a th ér ap eu tiq ue . U ne f oi s à do m ic il e, i ls t ou rn ai en t le ur a tt en tio n su r le s ré ac tio ns co rp or el le s et d ev ai en t l eu r do nn er u n se ns .
2 1 C ar ac té ri st iq ue de s pa rt ic ip an ts : E te nd u d’ âg e en tr e 57 et 77 an s. 8 pa tie nt s so nt so rt is de l’ hô pi ta l de ux jo ur s po st -ch ir ur gi ca ux , 5 so rt is ap rè s 3 jo ur s et 3 p at ie nt s ap rè s 4 et 5 jo ur s. T ou s le s pa tie nt s on t re çu de s in fo rm at io ns éc ri te s et v er ba le s à la so rt ie , à pr op os de la do ul eu r, la m ob il is at io n et l a nu tr it io n. nt re ti en s in di vi du el s av ec l es pa tie nt s, e n ut ili sa nt de s qu es ti on s ou ve rt es av ec un fo cu s su r le ph én om èn e. nt re ti en s 2 se m ai ne s et 2 m oi s ap rè s le ur s or ti e ér ou le m en t de l’ en tr et ie n au do m ic il e du p at ie nt à l’ ex ce pt io n d’ un pa tie nt (d an s le bu re au d e l’ au te ur ). l ét ai t de m an dé a ux pa tie nt s le ur co nc ep ti on d ’ê tr e à la m ai so n ap rè s la so rt ie et co m m en t a ca pa ci té d e tr ou ve r de s ex pl ic at io ns é ta it im po rt an te e t im pl iq ua it u n pr oc es su s de ré fl ex io n su r qu an d il fa ll ai t pr en dr e de s re sp on sa bi lit és e t qu an d il s av ai en t at te in t le ur s lim it es . L ’i nc on fo rt c or po re l m en ai t à un e au gm en ta ti on d ’i ns éc ur it é, d u sc ep tic is m e et d es se nt im en ts d e do ut es : im pa ss e po ur l es p ro ch es e t le s pa tie nt s le s la is sa nt a ve c un se nt im en t d ’i nc ap ac it é. L es r éf le xi on s su r le s ré ac ti on s co rp or el le s so nt b as ée s l’ in tu iti on d es p at ie nt s et /o u su r le s in fo rm at io ns d on né es p ar le s pr of es si on ne ls . e di le m m e de s ui vr e un r ég im e ou l es b es oi ns c or po re ls : L ’i nc on fo rt p os t-op ér at oi re c ré ai t un c on fl it e nt re l ’a ct iv it é et l e se nt im en t de r és is ta nc e co rp or el le d es pa rt ic ip an ts n éc es si ta nt d u re po s. D û au x sy m pt ôm es t el s qu e la f at ig ue , n au sé es e t la do ul eu r, l es p at ie nt s vi va ie nt l a si tu at io n co m m e un e lu tt e af in d e su rm on te r ce di le m m e. U ne t en si on a pp ar aî t q ua nd l e pa ti en t es t s ub m er gé p ar l a fa ti gu e et c el ui -c i n’ éc ou te pa s se s be so in s co rp or el s. L es pa ti en ts re ss en ta ie nt un se nt im en t de sa ti sf ac ti on e t su cc ès e n su iv an t le s re co m m an da ti on s et s e do nn er a in si l e dr oi t de s e re po se r ap rè s. ju st er l es r ec om m an da ti on s de l a vi e qu ot id ie nn e : L es p at ie nt s, u ne f oi s à do m ic il e, o nt d û ad ap te r le ur v ie q uo ti di en ne e n fo nc ti on d es r ec om m an da tio ns d es pr of es si on ne ls . (A ct iv it é ph ys iq ue , ré gi m e al im en ta ir e, c on tr ôl e de l a do ul eu r) . L es pa rt ic ip an ts u til is ai en t le ur s co m pr éh en si on s po ur a ju st er l es r ec om m an da ti on s et p ar
2 2 p at ie nt s on t su bi un e in te rv en ti on ra di ca le o nt re çu un e ch im io th ér ap ie ap rè s la c hi ru rg ie . v iv ai t se ul e t 15 en c ou pl es . A uc un p at ie nt n ’a re çu d es so in s à do m ic ile . il s vi va ie nt la pé ri od e de ré ta bl is se m en t. nt re ti en s en re gi st ré s et re tr an sc ri ts te xt ue ll em en t. es r és ul ta ts o nt é té an al ys és et ca té go ri sé s. ’a na ly se ét ai t ca ra ct ér is ée p ar u n m ou ve m en t de ra is on ne m en t en tr e le s te xt es de s in te rv ie w s et le s si gn if ic at io ns de s pa tte rn s ém er ge an ts . la s ui te lé gi ti m er le m an qu e de c om pl ia nc e. és ir d e re to ur ne r da ns la v ie d e to us l es j ou rs : L es p ar ti ci pa nt s do iv en t co ns id ér er le ur s li m it es c or po re ll es c e qu i e nt ra în e un e ré fl ex io n co nt in ue e n ce q ui c on ce rn e un e ce rt ai ne r éo rg an is at io n de la r ou tin e. L a pé ri od e de r es tr ic ti on s co rp or el le s co nc er na nt le s ac ti vi té s au q uo ti di en é ta it f ru st ra nt e po ur l es p ar ti ci pa nt s. L e fa it de r ep re nd re le ur r ou ti ne é ta it u n si gn e de s uc cè s. D il em m e en tr e l'i nc on fo rt c or po re l et l ’e nv ie d e re tr ou ve r la r ou ti ne . es m om en ts d e re po s : L a pa rt ic ip at io n au p ro gr am m e Fa st -t ra ck r eq ui er t be au co up d’ én er gi e et d e fo rc e. L es a ct iv it és t el le s qu e la d éc ou ve rt e de l a na tu re , le t ab ac o u en co re le s pr iè re s pe rm et tr ai en t d e le ur d on ne r du c ou ra ge e t d e la f or ce . nt er ac ti on s av ec l es p ro ch es : A pp or t d’ un c ad re d e sé cu ri té e t d’ ai de q ui l eu r on t pe rm is d e qu itt er l ’h ôp ita l. L es p ro ch es é ta ie nt à l a fo is d es s ub st it ut s po ur l es pa rt ic ip an ts lo rs qu ’i ls m an qu ai en t d’ én er gi e, et le ur s m et ta ie nt ég al em en t de la pr es si on s i c eu x-ci n e re sp ec ta ie nt p as le s di re ct iv es .
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2 4 ut eu rs : (N or ly k & a l., 2 01 2) , D an em ar k ut de ét ud e P ar ti ci pa nt s D ev is et m ét ho de de co lle ct e de do nn ée s R és ul ta ts ap po rt er v éc u du oc he un tient tein t d’ un nc er du lo n an t rt ic ip é og ra m m e as t-tr ac k. N t ot al = 1 2 pr oc he s ai da nt s sé le ct io nn és da ns un hô pi ta l un iv er si ta ir e da no is . C ri tè re s d’ in cl us io n : es pr oc he s qu i ét ai en t co ns id ér és co m m e le s pl us pr oc he s de s pa tie nt s. E tu de qu al ita ti ve av ec un e ap pr oc he ph én om én ol og iq ue L es d on né es o nt é té co ll ec té es de 24 in te rv ie w s en pr of on de ur : 2 in te rv ie w s en pr of on de ur pa r pa rt ic ip an ts à 2 se m ai ne s et à 2 m oi s ap rè s la s or ti e de l’ hô pi ta l. In te rv ie w s au do m ic il e de s pa rt ic ip an ts . • e pr oc he r es se nt u ne é no rm e re sp o n sa b il it é en ve rs le b ie n-êt re g én ér al d u pa ti en t e t s a co m pl ia nc e en ve rs le s ch ém a th ér ap eu tiq ue . • ou bl e rô le d 'ê tr e à la f oi s le b ra s ét e n d u d e s p ro fe ss io n n e ls a in si q ue le p a rt en a ir e et le re p ré se n ta n t du p at ie nt . B al an cé s en tr e la l o y a u té e nv er s le p at ie nt e t en ve rs l eu r co re sp on sa bi lit é po ur l e ré ta bl is se m en t du p at ie nt s ui te à u ne s or ti e pr éc oc e qu i im pl iq ue u ne lo ur de p re ss io n. • es p ro ch es s on t af fe ct és p ar l a m al ad ie d u pa tie nt e t re ss en te nt u n se nt im en t de so li tu d e et d e v u ln é ra b il it é. C ep en da nt , i ls r es se nt en t qu e la n at ur e de l a si tu at io n le ur de m an de d ’ê tr e ac ti f et e ff ic ie nt . T en si on e nt re le d és ir d ’a id e r le p at ie nt à ê tr e ac ti f et re sp on sa bl e et le s en ti m en t d e ne p as a vo ir le s re ss ou rc es a dé qu at es . L es b ra s te nd us d es p ro fe ss io nn el s : L es p ro ch es r es se nt ai en t qu e le s pr of es si on ne ls d e la s an té l eu r de m an da ie nt i m pl ic ite m en t un e co re sp on sa bi lit é en ve rs l e ré ta bl is se m en t du pa ti en t. L es p ro ch es p ou va ie nt r es se nt ir c et te d em an de d e co re sp on sa bi lit é co m m e un fa rd ea u q ui le s po us sa it au x li m it es d e le ur s ca pa ci té s. P ui s, a u m êm e te m ps , i ls p ou va ie nt