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L’activité sexuelle du taureau : Revue bibliographique
P. Orgeur, J.P. Signoret
To cite this version:
P. ORGEUR
J.P.
SIGNORETINRA Station de
Physiologie
de laReproduction
37380 MonnaieL’activité
sexuelle
du
taureau :
Revue
bibliographique
L’environnement
social
prépubertaire
apeu
d’influence
surle
comportement
sexuel
ultérieur
du
taureau.
Chez l’adulte
plusieurs
facteurs
externes
interagissent
et sont
enpartie
à
l’origine
de
variations
interindividuelles d’efficacité sexuelle.
L’objectif
de
cette
revueest
d’analyser
les
principaux
résultats relatifs
à
cesfacteurs de
régulation
de
l’activité sexuelle du
taureau
et
à
sesconséquences
surla
reproduction
ensaillie naturelle
et
eninsémination
artificielle.
Le but de cette revue est d’établir une
syn-thèse des
publications
concernant les interac-tions socio-sexuelles et certains facteursexternes
impliqués
d’abord chez lejeune, puis
chez le taureauadulte,
dans le comportementsexuel et ses
conséquences
sur la croissance ousur la
reproduction,
en insémination artificielleet en saillie naturelle. Les auteurs ne
préten-dent pas
présenter
ici une revue exhaustive surle
sujet
abordé et c’est volontairement que dif-férents thèmes tels que les bases physiologi-ques, lesaspects
génétiques
etpathologiques
du comportement sexuel sont éludés.
De nombreux facteurs
interagissent
sur lecomportement sexuel du
mâle,
expliquant
d’importantes
variations interindividuelles d’ef-ficacité. Le niveaupotentiel
d’activité sexuelle d’un mâle est déterminé par des facteursgéné-tiques
etphysiologiques
internes(neuroendo-criniens),
mais sonexpression
dépend
del’ex-périence acquise
par l’animal tout aulong
de savie, ainsi que des conditions de stimulation.
Ainsi, les conditions
d’élevage
dujeune
(avant
lapuberté)
et de l’adulteimpliquant
l’en-vironnement
social,
la densité depopulation
etleurs
conséquences
sur lescomportements
derelations
socio-sexuelles,
peuvent avoir desrépercussions
sur l’efficacité sexuelle et la pro-ductionspermatique
desreproducteurs
ou surla croissance des taurillons destinés à la bou-cherie.
1
/ Effet des conditions
d’élevage
dans le
jeune âge
Plusieurs études concernant des ovins et des
caprins
mâles ont montré que les conditionsd’élevage
dans lapériode
laplus
précoce
n’ont pas une influence trèsmarquée
sur la mise enplace
et le déroulement des conduites sexuelles ultérieures. Chez lejeune bélier,
les facteursRésumé
________________________L’activité de
reproduction
du taureau est fonction de facteurs internes(généti-ques,
physiologiques)
et externes(environnement social,
conditions destimula-tion),
expliquant
des variations interindividuellesimportantes
de l’efficacité sexuelle et de laproduction spermatique.
Au cours de la
période
dedéveloppement,
desprivations
socialesimportantes
(élevage
en boxesindividuels,
absence de contacthétérosexuel) pendant
lapériode prépubertaire
n’ont pas, comme dans d’autresespèces
(notamment
chezle
bélier),
deconséquences
défavorables sur lecomportement
sexuel ultérieur dutaureau. Chez les taurillons
d’engraissement,
lecomportement
homosexuel peutavoir des
répercussions
économiques négatives
nonnégligeables.
A
l’âge
adulte,
les relations socio-sexuelles dans un groupe de taureaux sontprincipalement
influencées parl’âge
et la densité depopulation. L’élevage
engroupes peut, en fonction de
l’âge
à laréunion,
influer surl’agressivité
intraspé-cifique
et la stabilité de lahiérarchie,
elles-mêmes en relation avec l’efficacité destaureaux en
compétition
sexuelle,
dans le cas d’une utilisation en saillienatu-relle.
En insémination
artificielle,
lestechniques d’élevage
et de stimulation sexuelle lors des collectes de semence sontparfaitement
maîtrisées,
de même que les ris-quesd’agressivité interspécifiques (relations homme-animal).
L’arrêt volontaireet
temporaire
des collectes de semence(lay-off), pendant
l’attente des résultats detestage
n’a pas deconséquences
défavorables sur lecomportement
sexuelulté-rieur,
ni sur laproduction
spermatique.
Ellepermet
des économies substantielles.Les nombreuses études
portant
sur lecomportement
sexuel des bovins mâles etses
conséquences
permettent
une utilisationoptimum
desreproducteurs,
tant ensaillie naturelle
qu’en
insémination artificielle et uneadaptation
des conditionsL’avenir sexuel du
taureau est peu
influencé
par sonenvironnement t
social
juvénile.
sociaux
influençant
la manifestation ducom-portement
sexuel interviennent au cours d’unephase plus
tardive dudéveloppement
(la
période prépubertaire)
(Orgeur
et al 1984 1988 ; Casteilla et al1987).
Chez les
jeunes bovins,
lesconséquences
sociales des conditionsd’élevage
dans lejeune
âge
ont été abordéesprincipalement
chez lafemelle,
et peu d’études concernent les consé-quences sexuelles chez le mâle.1.
1
/
Conséquences
sociales
Dans des conditions
naturelles,
laségréga-tion sexuelle réalisée
parfois
trèsprécocement
en
élevage
intensif n’existe pas. Ainsi lesjeunes
mâles sont dès leur naissance au contactdirect des
congénères
mâles et femelles dutroupeau où
l’agressivité
estgénéralement
peuimportante
et la tolérance interindividuellegrande.
Au sein de groupes de mâles réunis dès la
naissance, la hiérarchie n’est pas clairement
établie avant
l’âge
de 3 ans et unegrande
tolé-rance interindividuellepersiste
encore àl’âge
adulte
(Bouissou,
communicationpersonnelle),
sans doute en raison des sécrétions
gonadiques
de testostérone
(
voirparagraphe
3.3b).
Ces études ne mentionnent pas les consé-quences sexuelles
ultérieures,
mais nous savons que chez le bouc(Orgeur
et al1988)
lecomportement sexuel en collecte et même la
production
spermatique
sont favorablement influencés par un rassemblementprécoce
desanimaux.
1.
2
/
Conséquences
sexuelles
Sylver
et Price(1986)
observent lecomporte-ment sexuel à 3, 4, 5 et 6 mois, de
jeunes
tauril-lons élevésjusqu’alors
etdepuis
la naissance,en cases individuelles ou en groupe. Lors de la
présentation
à des femelles en oestrus, les mâles élevés en cases individuellesprésentent
uneplus grande
proportion
de montes mal orientées(sur
lecôté).
Cetteproportion
dimi-nue avec
l’expérience
et les autres aspects de laréponse
sexuelle ne sont pas affectés par lemode
d’élevage (tableau 1).
Les auteurs concluent que le
jeune
taureauprépubère
acquiert
une bonne orientation desmontes au cours de son
expérience
dans legroupe social.
Cependant,
les mâles en groupesqui présentent
des montes mal orientées entreeux continueraient
lorsqu’ils
sont enprésence
de femelles.
Selon Lane et al
(1983),
desprivations
socialesplus
tardives(au-delà
de 6 mois etdemi)
n’auraient,elles,
aucuneconséquence
défavorable sur les
capacités
d’accouplement.
De même, la
présentation
de femelles encha-leurs n’aurait pas d’effet sur la libido. Les mâles
entretenus en cases individuelles seraient même
plus
efficaces lors dupremier
test indivi-duel ou en groupe.Ces résultats sont en accord avec ceux obte-nus chez le bouc
(Orgeur
et al1988)
et enopposition
avec ceux obtenus chez le bélier(Orgeur
et al1984)
Par
ailleurs,
d’après
Labesse et al(1987),
unfaible
pourcentage
(moins
de 10%)
de tauril-lons est éliminé à 10 mois pour unproblème
decomportement sexuel en collecte de sperme au
vagin artificiel,
(après
lapuberté),
alorsqu’ils
sont élevés en cases individuelles
depuis
la naissance. La trèsgrande
majorité
des animauxpeut
subir la récolte de spermeaprès
lapuberté, après
3 ou 4 sautsd’apprentissage.
Lorsque
l’élevage
se fait en lots de 10 à 15, uneffet défavorable sur le comportement sexuel
(essentiellement
un retard de 3 à 4 semainesdans
l’acceptation
dusaut)
est constaté, ainsiqu’une
production
spermatique
inférieure.En
définitive,
il est assez clair que lescondi-tions
d’élevage
desjeunes
bovinsreproduc-teurs n’ont pas de
conséquences
trèsmar-quantes sur leur avenir
sexuel,
notamment eninsémination artificielle.
Cependant,
en saillienaturelle,
un comportementinadapté
(tel
quedes montes mal
orientées),
même s’il ne concernequ’un
nombre limité demâles, peut
avoir des
répercussions
graves sur leureffica-cité
lorsqu’il
s’agit
de féconder un groupe defemelles dont les oestrus sont
groupés.
1.
3
/
Conséquences
surla croissance
de
jeunes
taurillons
d’engraissement
élevés
engroupes
Dans ce cas, les manifestations du
comporte-ment sexuel ne sont pas souhaitées par
l’éle-veur, car elles peuvent être défavorables au but
recherché,
enagissant
notamment sur la vitessecorpo-rels. Certaines mesures de dissuasion sont donc
parfois
prises,
comme la pose d’ungrillage
horizontal
(qui
peut
êtreélectrifié)
empêchant
les chevauchements. Des traitements
antian-drogènes
ou des remontées des testicules(short
scrotum)
ont par ailleurs étéessayés,
mais, s’ilssont
efficaces,
leur action n’est pas limitée àl’inhibition du comportement
sexuel,
car elleprive
en mêmetemps
les animaux de l’action favorable de la testostérone sur leur croissance.2
/ Conditions d’entretien
des bovins mâles adultes
2.i
/ Interactions
sociales
et
sexuelles
dans
les
groupes
de mâles
Les interactions homosexuelles ou
agressives
intraspécifiques
peuvent être d’autantplus
fré-quentes
et intenses que la densité d’animauxest
importante. L’âge
estégalement
un facteur influant.Selon
Kilgour
etCampin (1973),
des taureauxde 3 ans et demi à 4 ans et demi se battent et se
montent
beaucoup.
Au-delà de cetâge,
ilssem-blent
présenter
un comportement territorial :chacun « interdit
» l’approche
des autres mâles dans un espacequ’il
définit. L’animal pourrad’autant
plus
éviter contacts et conflits sociauxqu’il
aura uneplace
suffisante à l’établissement de ce territoire.Tennessen et al
(1985),
montrent que la taille des groupes et la densité d’animauxjouent
unrôle non
négligeable
dans lafréquence
desactes
agressifs
et sexuels observés lors dumélange
de leursjeunes
taureaux.De
même,
Southwick(1971),
rapporte
que lestress provenant d’une
surpopulation
peut
influencer défavorablement la croissance, lareproduction
et même la résistance auxmala-dies et que cette
surpopulation
peut accroître lecomportement
homosexuel entre mâles.Par contre, Macfarlane
(1974),
montre quedes zébus mâles de 3 ans élevés
depuis
lesevrage
(à
l’âge
de 250jours),
en confinementrelatif
(sur
desparcelles
de 3hectares),
ont lorsd’épreuves
avec des femelles en oestrus, uneefficacité sexuelle très
supérieure
à celle de mâles du mêmeâge
entretenus sur degrands
espaces.
Les
conséquences économiques
des interac-tions sexuelles entre mâles peuvent être trèsimportantes.
Ilpeut
s’agir
d’inhibitionscom-portementales
en situationshétérosexuelles,
de sélectivité mal orientéelorsque
d’autres mâlessont
présents
(choix préférentiel
pour unparte-naire du même
sexe),
deproblèmes physiques
graves ou d’un ralentissement de la vitesse de
croissance, dans le cas de taurillons à
l’engrais-sement.
Dans la
plupart
des cas, cette activité,essen-tiellement caractérisée par des montes, n’est pas
répartie
auhasard,
certains individus étantdes cibles
privilégiées.
Cephénomène
a étédéfini par le terme de « buller
syndrome
» parBrower et Kiracofe
(1978).
Il ne concerne engénéral
qu’une
faibleproportion
de mâles.Klemm et al
(1983/84)
ont observé que les« bullers
» participent
eux-mêmes souvent auxmontes et ont un taux
d’agressivité
double desautres. Selon ces auteurs, ces
agressions
sontun élément clé dans ce
comportement.
Ce
phénomène
estplus fréquent pendant
une
période
de stresssocial,
d’où unehypo-thèse
indiquant qu’il
s’agit
d’unjeu
rituel basésur une hiérarchie sociale
contestée,
alors qued’après
Reinhardt et al(1986),
l’activité demonte n’est pas utilisée comme une
démonstra-tion de dominance par les mâles adultes.
Cependant,
selon Hinch et al(1982/83)
etTennessen et al
(1985),
montes et autres actessexuels sont très
fréquents après
une réuniond’animaux ;
cettefréquence,
de même quel’agressivité,
décline très vite, même si ellereste
plus
importante
chez les mâles que chez les castrats.Ces différentes études ne relatent pas les
conséquences
ducomportement
homosexuelsur l’efficacité des mâles en situation
hétéro-sexuelle,
mais nous avons vu chez le boucqu’il
n’y
avait pas deconséquence
défavorable sur lecomportement
en collecte de semence auvagin
artificiel
(Orgeur
et al1990),
contrairement à cequi
estrapporté
chez le bélier(Zenchak
et al1981).
2.a
/
L’agressivité
inter
et
intraspécifique
L’agressivité
interspécifique,
vis-à-vis del’homme,
peut exister dans les centresd’insé-mination
artificielle,
où lesmanipulations
sontnombreuses. Peu d’accidents sont
cependant
répertoriés
et,lorsqu’il
en existe, ils sontplus
souvent
provoqués
par une réaction de peur dela
part de
l’animal que par sonagressivité
pro-prement
dite. Les raisonsprincipales
de cetterelative sécurité sont, d’une part les
précau-wons
prises grâce
à desprotections
trèsélabo-rées des
manipulateurs,
d’autrepart,
l’élimina-tion
précoce
dessujets
à tendanceagressive
spontanée.
Parailleurs,
selon Le Neindre etal,
(1990)
desmanipulations
dejeunes
bovins parl’homme,
pendant
lapériode
dedéveloppe-ment
(à
1,5 mois ou lors du sevrage, à 8 ou 9mois),
mais aussipendant
le contrôle de la fonctionsexuelle,
permettent uneapproche
beaucoup plus
aisée des animauxplusieurs
moisaprès.
En monte
naturelle,
le taureaupeut
fairepreuve
d’agressivité interspécifique,
jouant
parexemple
un rôle de défense à l’intérieur d’ungroupe sexuellement
actif,
vis-à-vis d’un «pré-dateur
» qui
peut
être l’homme. Une telle situa-tion où le taureauprend
une attitudemena-çante
caractéristique
(meuglements
sourds,
grattage du
sol, expiration
bruyante
par lesnasaux, face à « l’intrus »,
puis
charge
éven-tuelle)
doit inciter à laprudence.
En insémination
artificielle,
le taureau n’apas l’occasion de manifester une
agressivité
intraspécifique,
dans la mesure où il est entre-tenu en box individuel. Par contre, au sein degroupes de
mâles,
comme dans un troupeau oùla
reproduction
estlibre,
cetype
d’agressivité
peut exister, notamment s’il y a
compétition
antrp. mâles
(voir
paragraphe 3.3b).
Le déclenchement de la réaction de monte du taureau est conditionné par l’immobilité du «
partenaire
».3
/ Le
comportement
sexuel
du
taureau
adulte
3.
1
/ Importance pratique
du
comportement
sexuel
a / pour la saillie naturelle
L’utilisation des mâles en
accouplement
naturel
implique
une activité sexuelle bienplus
intense
qu’en
inséminationartificielle,
aumoins à certaines
périodes.
Or il a été établiqu’il
existe une relation entre le niveaud’acti-vité
sexuelle,
lafréquence
desaccouplements
et les résultats
pratiques
defertilité,
enparticu-lier si les
accouplements
ne sont pas contrôlés.La connaissance du niveau d’activité des mâles
revêt alors une
grande
importance
pour uneconduite efficace de la
reproduction.
Certaines situations peuvent se révéler
sexuellement stimulantes pour le taureau et
entraîner une efficacité meilleure. Mader et
Price
(1984)
observent parexemple
chez desanimaux de
près
de 2 ans, desperformances
sexuelles meilleures
lorsque
les mâles ont puen voir d’autres
s’accoupler
avant.b / pour
l’insémination
artificielleDans
l’espèce
bovine,
l’utilisation eninsémi-nation artificielle de
reproducteurs
mâlessélec-tionnés sur leur
ascendance, comporte
troisétapes.
Lapremière
consiste à collecter aussiprécocement
quepossible
de la semence, afinde tester leur
qualité
sur la descendance. Ladeuxième est une
longue
phase
d’attente(jus-qu’à l’âge
de 4 à 6ans)
des résultats de testage.La troisième
phase
concerne l’utilisation desgéniteurs
sélectionnés sur leur descendance.Une activité sexuelle
régulière
est nécessaire pour uneexploitation
optimum
descapacités
spermatiques.
Les conditions
d’élevage
etd’entretien,
demême que la stimulation du
comportement
sexuel des mâles destinés à l’inséminationarti-ficielle sont désormais
complètement
maîtrisés par les utilisateurs.Dans les conditions de collecte de semence au
vagin artificiel,
il est nécessaire de stimuler sexuellement le taureau afin d’obtenir unéjacu-lat au moment
choisi,
sans avoir recours à unartifice tel que
l’électroéjaculation,
extrême-ment stressante pour l’animal.
Une situation stimulante
peut
également
êtrerecherchée lors d’un test
d’épuisement
destinéà simuler la situation d’un mâle en
présence
deplusieurs
femelles en oestrus simultanémentet/ou successivement. Le but est d’estimer le nombre
d’éjaculats
fécondants.L’utilisation d’un animal boute en train est la méthode la
plus
courante. Lesignal
déclen-chant étantl’immobilité,
l’expérience
montrequ’il
n’est pasnécessaire,
niplus
stimulant deprésenter
une femelle sexuellementréceptive.
Ilpeut
doncs’agir
d’une femelle nonréceptive,
(voire
d’un autremâle),
attachée ou même d’un leurre constitué par unmannequin
dont laforme et la taille sont voisins d’un bovin adulte.
Toutefois,
le temps de réaction et le nombred’éjaculats
obtenus sontparfois dépendants,
àla fois de
préférences,
d’unapprentissage
et de modifications des conditions de stimulation. Lemouvement ou le
changement
de boute entrain, ou encore le
déplacement
du lieu decol-lecte peuvent constituer par leur nouveauté, un
facteur d’éveil de l’activité sexuelle
(figure
1 ;Signoret 1976).
3.z
/
Déroulement du
comportement
sexuel des
bovins
Dans les conditions extensives, lors de la recherche mutuelle des
partenaires sexuels,
letaureau, dont le comportement sexuel
paraît
peu sélectif
lorsqu’il
prend
contact avec ungroupe de
vaches,
devientplus
actif vis-à-vis de celles dont l’oestrusapproche.
Cette attractionsemble basée à la fois sur des
signaux
olfactifscet visuels émis par la femelle. Celle-ci fait preuve de son côté d’une
augmentation
d’acti-vité motrice
qui
se traduit par une recherche dumâle
(proceptivité).
Cette recherche des deuxpartenaires
précède
de 12 à 24 heures l’oestrusproprement
dit(Signoret 1962).
Le
principal
facteur de l’identification de laréceptivité
sexuelle d’une femelle est sonimmobilisation induite par les tentatives de
monte et les diverses
parades
sexuelles du mâle(Signoret 1976).
Laréponse
de la femelle estdonc
prépondérante
dans lapoursuite
ducom-portement
aboutissant à la saillie(Ronger
1974).
La détection
d’oestrus,
indispensable
pourune insémination artificielle au moment
oppor-tun, nécessite pour être fiable des mâles très
actifs sexuellement. Elle peut se faire par
contrôle direct ou par marquage avec un
har-nais
spécial. Lorsque
le mâle détecteur ne doitpas féconder les femelles
qu’il
estchargé
decontrôler,
il peut être stérilisé par vasectomie3.
3
/ Libido -
rang
social
-
conséquences
surla fertilité
ensaillie naturelle
a /
Influence
de la libido sur lafertilité
Le terme de
libido,
bien que discuté dans sasignification,
est en fait utilisé pour définir lescapacités
et l’efficacité sexuelles des mâles.Les conditions dans
lesquelles
la libido estévaluée
peuvent
d’ailleurs modifier sonappré-ciation. Ainsi,
d’après
Reinhardt(1982),
les per-formancesreproductrices
de mâles circulant librement sontsupérieures
à celles de mâlesayant une conduite contrôlée.
Le taureau en
présence
deplusieurs
vaches en oestruschange
departenaire
après plusieurs
accouplements
avec la même(de
Blockey
1975),
et l’arrivée d’une nouvelle femelle sexuellementréceptive
constitue un stimulantpour lui
(Wodzicka-Tomaszewska
etal 1981).
).
Lunstra et ai
(1979)
ont montré que la libido de taureaux de 14 mois conditionne le taux de fécondation desfemelles,
aussi bien en parcqu’en
monte en main contrôlée.Après
unemise à
l’épreuve
avec des femelles enchaleurs,
trois classes de mâles ont été établies : haute
(H),
moyenne(M)
et basse(B)
libido. Ensuite,4 mâles de
chaque
classeayant
tous les 12 unequalité
de semenceidentique
ont été introduits dans un troupeau de 50 femellescycliques
pen-dant 20jours.
Si lespourcentages
de femellesmarquées
et fécondées ne diffèrent pas entreles mâles à H et M
libido,
ils sont inférieurspour les B libido
(tableau
2).
Selon de
Blockey (1978),
cettecapacité
desaillie influe de manière
importante
unique-ment sur le moment de
fécondation, puisque
75 à 80 % des femelles sont gestantes au
pre-mier oestrus avec des mâles considérés comme
ayant
une hautecapacité
sexuelle,
contremoins de 60 % avec des mâles à moyenne
capa-cité. En
revanche,
après
6 semaines, ladiffé-rence est très réduite
(90
et 88 %respective-ment).
Osterhoff et Oosthuizen
(1986)
affirmentmême que libido et fertilité ne sont pas en
rela-tion directe.
Pourtant, selon
Rupp
et al(1977),
un taureauadulte fertile et en bonne santé assure une
ferti-lité satisfaisante pour 60
vaches,
aupâturage,
alors que
d’après
Thimonier etSignoret
(1989),
il ne peut féconder que de 30 à 40 vaches en
monte libre au
pâturage,
mais de 80 à 120 enmonte en main
(soit
4 à 12 saillies parsemaine).
).
Ces chiffres moyens peuvent être modulés
par divers facteurs tels que
l’âge,
la race,l’expé-rience antérieure, ou les conditions
d’utilisa-tion.
b / Influence
du
rang social sur lafertilité
L’établissement tardif du rôle de
reproduc-teur par rapport à la
puberté,
dans certainesconditions de saillie
naturelle,
est en relation avec une tolérance interindividuelle(rôle
de latestostérone
qui
réduirait la peur vis-à-vis ducongénère)
qui persiste
àl’âge
adulte(Bouissou
et
al 1985).
Selon Reinhardt et al(1986),
dansun
troupeau
de bovinsHighland
Ecossais vivant en semi-liberté et observéspendant
4
ans, le rang social
dépend
del’âge
et du sexe.Les
plus âgés
dominent lesplus
jeunes
et lesmâles dominent les femelles.
Ainsi, chez le bison
(Lott 1979),
les mâlespubères
sont exclus de lareproduction
avant 3à 5 ans,
âge
où ils deviennent dominants et ontun taux élevé de fécondation.
Selon de
Blockey
(1979),
il existe une interfé-rence entre les relations sociales et l’activité sexuelle. L’auteur montre que les vachesges-tantes sont
plus
nombreuses avec un groupe detaureaux de même
âge
où les relations sontsta-bles que dans un groupe
d’âge
mixte où lesrelations sont instables.
Par contre, si les taureaux sont testés sur leur
capacité
desaillie,
dans leur propre groupeDans un
troupeau
oùla
reproduction
estlibre,
lafertilité
estdépendante
de la
libido
etdu
rangd’âge,
leur rang social n’influe pas(De Blockey
1981).
Demême,
selon Reinhardt(1983),
destaureaux adultes vivant en semi-liberté
n’utili-sent pas leur statut social
(rang hiérarchique)
pour
copuler
et aucund’eux,
dans un groupe, nes’accouple
avecplus
de la moitié des femellesréceptives
au même moment.D’après
Lunstra(1981),
l’évaluation de la libido est meilleure chez le taureau en situationcompétitive
qu’individuelle.
Ainsi, lepourcen-tage de taureaux
qui
s’accouplent
estplus
élevéet la latence entre le début du test et
l’accouple-ment est
plus
courte avec 3 femelles pour 4mâles
qu’avec
une femelle pour un mâle. SelonWodzicka-Tomaszewska et al
(1981),
lapré-sence du taureau subordonné stimulerait le dominant au moment de
l’accouplement.
Enrevanche,
lorsque
2 taureaux sont associés à100
vaches,
dans un parc de 3hectares,
pen-dant 48
heures,
le subordonnés’accouple
autant que le dominant.
Chenoweth,
(revue
1981)
aégalement
rap-porté
que dans untemps limité,
plusieurs
tau-reaux dans un même
troupeau
étaientplus
effi-caces
qu’un
seul ayant la mêmeproportion
defemelles,
bien que lamajorité (jusqu’à
60 % etplus)
des fécondations soit assurée par le ou lesdominants
(en général
le ou lesplus âgés).
Celaest d’autant
plus
net que le nombre de femellesest peu élevé.
Par contre, Farin et al
(1982)
ontcomparé
destaureaux
placés
individuellement avec 20femelles ou par 2 avec 40 femelles. Les femelles
avec un seul mâle sont
plus
saillies enmoyenne
(4,1
vs2,6),
mais le taux de femellesgestantes ne diffère pas entre les deux méthodes. Environ 50 % des femelles
qui
sontavec 2 mâles sont saillies par les 2. Les auteurs
concluent que du fait du recouvrement
d’acti-vité des 2 mâles et de la non différence dans le
taux de femelles gestantes, la méthode avec
1 mâle est
plus
efficace.Cette méthode
peut
cependant
comporter
des inconvénientslorsque plusieurs
femellessont
réceptives
en mêmetemps, compte-tenu
des
préférences
parfois
trèsmarquées
dutau-reau pour certaines d’entre elles
(Rouger 1974).
Dans ce cas, une
proportion
nonnégligeable
des femelles n’est
parfois
nifécondée,
ni mêmeaccouplée.
Parailleurs,
lorsque
lasynchronisa-tion des oestrus est
utilisée,
laproduction
sper-matique
est alorsrépartie
dans un nombreélevé
d’éjaculats.
Le nombre despermatozoïdes
déposés
dansl’appareil génital
de la femelle lors d’unaccouplement
se trouveconsidérable-ment
réduit,
pouvant entraîner une baisse dutaux de fécondation. Selon Wierzbowski
(1966),
le seuild’épuisement
spermatique
dépassant
les réservesépididymaires
est atteint chez letaureau
après
une moyenne de 20éjaculations
successives, mais
d’après
Romano et al(1988)
chez le taureauHolstein,
le nombre de sperma-tozoïdes paréjaculat
baissesignificativement
dès le secondéjaculat.
En résumé, si la
compétition
entre mâlespeut
avoir desconséquences
défavorables surleur efficacité sexuelle et sur la fertilité du
trou-peau, elle
peut
aussi êtrebénéfique
danscer-taines conditions d’utilisation.
3.
4
/
Comportement
encollecte
de
semence auvagin
artificiel
-production
spermatique
Dans ces
conditions,
les mâles sont souventutilisés dès la
puberté,
sollicités trèsrégulière-ment et ne sont pas soumis aux interactions
sociales de leurs
congénères,
puisqu’entretenus
individuellement.’
Cependant,
certaines conditions delay-off
pourraient
entraîner desperturbations
ducom-portement
en collecte de semence.a / L’arrêt volontaire et
temporaire
de collecte de semence ou «lay-off»
»Plusieurs études ont récemment été
entre-prises
en France sur cesujet.
Le but del’opéra-tion est
principalement
d’ordreéconomique.
Les résultats de ces études ont fait
l’objet
d’uneréunion
organisée
par l’UNCEIA(1987).
Classiquement,
dans les centresd’insémina-tion
artificielle,
la semence de taureaux testéssur la
qualité
de leurdescendance,
estréguliè-rement collectée et une
quantité
importante
eststockée
jusqu’à
l’obtention des résultats de cetestage
(les
mâlespeuvent
avoir alors entre 4 et6
ans).
Dans 3 sur 4 des études
rapportées,
la conduited’élevage (en
boxesindividuels),
etl’alimentation n’étaient pas modifiés
pendant
lelay-off,
dont la durée a varié de 1 à 5 ans.L’ensemble des résultats montre que le
com-portement sexuel n’a pas été affecté par
l’inter-ruption,
mêmelorsque
les animaux ont étéentretenus en groupes
pendant
lapériode
dulay-off (dans
un descas).
Parailleurs,
peud’ef-fets ont été notés sur les relations
homme-ani-mal. Les utilisateurs n’ont pas
enregistré
deproblème
d’ordre sanitaire et ont pu estimerl’économie à 40 à 100 francs par
jour
et parani-mal.
b
/Collecte du
sperme pourl’insémination
artificielle - influence
ducomportement
sexuel surla
production
spermatique
La
technique
de collecte de semence,large-ment utilisée avec succès
depuis plus
de trenteans, ne pose pas de
problème
majeur
chez lestaureaux entretenus individuellement en boxes ou attachés et utilisés
régulièrement
(voir
para-graphe
3.1b).
Il estcependant préférable
que lesanimaux soient
manipulés
par les mêmesper-sonnes, car
chaque
individuprend
deshabi-tudes
parmi
lesquelles
ses relations avecl’homme sont
importantes
(voir paragraphe
2.2., sur
l’agressivité interspécifique).
Signoret
(1962, 1976)
ainsiqu’Amann
etAlmquist
(1976)
ont montréqu’une
ouplu-sieurs « fausses montes » améliorent les
princi-pales
caractéristiques
du sperme, notamment le nombre despermatozoïdes
vivants(tableau 3).
La
simple
poursuite
du boute en train aug-mente l’excitation du taureau, mais modifiepeu la
quantité
de semenceéjaculée.
Si, selon
Pojtner
(1986),
il y a une corrélationd’éjacula-tion),
uneexpérience désagréable
pendant
l’éjaculation
(telle
qu’une
agression)
a un effetindésirable sur les
performances
sexuellesfutures. De même, une insatisfaction ou une
douleur au moment de la
première
montepro-duit un traumatisme
psychologique.
Par
ailleurs,
selon Romano et al(1988),
uneaugmentation
de lafréquence
de collecte desemence
(jusqu’à
6 par semainependant
10semaines)
ne modifie pas les latences deréac-tion
(temps
entre le début de l’essai et lapre-mière fausse
monte)
ou avantéjaculation.
Arave et al
(1983/84)
posent
en outre laques-tion de savoir si les relations homme-animal
peuvent
influencer laproduction
spermatique.
Conclusion
En
définitive,
contrairement à cequi
a étémontré dans certaines
espèces,
notammentchez le
bélier,
les conditionsd’élevage pendant
lejeune âge,
même dans lapériode prépubère
(avec
privations
socialesimportantes)
n’ont pasde
conséquences
défavorables directes sur lecomportement
sexuel ultérieur du taureau.Par contre,
l’élevage
en groupepeut,
enfonc-tion de
l’âge
à laréunion,
influer surl’agressi-vité et la stabilité de la hiérarchie dont les
conséquences
ne sont pas ànégliger
lors d’uneutilisation en saillie naturelle et en groupe,
impliquant
unecompétition
sexuelle.Un certain nombre de facteurs comme la
densité de
population
interagissent
avec lesrelations
socio-sexuelles,
particulièrement
quand
l’animal devient adulte.Le comportement homosexuel
(buller
syn-drome)
n’a finalement pas deconséquences
trop
fâcheuses,
dans la mesure où il ne concernequ’un petit
nombred’animaux,
maissa
répercussion
économique,
notamment chez les taurillonsd’engraissement,
n’est pas ànégliger.
La fertilité en lutte naturelle est non
seule-ment fonction de la
production spermatique
etde la
qualité
decelle-ci,
mais elledépend
aussides
capacités
et de l’efficacité sexuellesou-mises elles-mêmes à l’influence des facteurs
que nous venons
d’évoquer.
En insémination
artificielle,
la maîtrise destechniques d’élevage,
de la stimulation sexuelleet des
risques
d’agressivité
envers l’homme estgénéralement
bonne. Latechnique
dulay-off,
sans
conséquence
défavorable sur lecomporte-ment
ultérieur,
ni sur laproduction
spermati-que, se
développe
dans les centresd’insémina-tion artificielle. Elle
permet
de substantielleséconomies.
L’ensemble des études
entreprises
sur lecomportement sexuel du taureau permet
d’opti-miser l’efficacité des
reproducteurs
dans leurs différentes conditions d’utilisation.Références
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Les
principales
caractéristiques
du
sperme sont t
améliorées par une
ou
plusieurs
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Summary
Sexual behaviour of bull : A Review.
The
reproductive
activity
of bullsdepends
oninternal
(genetical, physiological)
and external(social
environment,
sexualstimulation)
fac-tors,explaining
important
interindividual variations of sexualefficiency
and semenpro-duction.
During
thedevelopment period
(prepubertal
period),
important
socialdeprivation
(rearing
in individual pens or absence of heterosexual
contact)
has no unfavorable effect on latersexual behaviour of the
bull,
unlike in otherspecies
(notably
in theram).
Infattening
bulls,
homosexual behaviour can have notable
nega-tive economical consequences
(injuries,
preju-dicial to
growth).
In
adulthood,
socio-sexualrelationships
within a group of bulls ismainly dependant
on age and
population density.
This kind ofrearing, depending
on the age ofmeeting,
caninfluence the
intraspecific aggressivity
and hierarchicalstability,
which are related to theefficiency
of bulls in sexualcompetition
innatural
mating.
Fertility
in naturalmating
depends
on the semenquality
and on thesex-ual
efficiency
of bulls.Regarding
artificialinsemination,
thetech-niques
used forrearing
bulls and for theirsex-ual stimulation at the time of semen collection are well
understood,
as are the risks ofinter-specific aggressivity
(man-
animalrelation-ships).
The
lay-off during
theexpecting
of results oftestage have not unfavorable consequences on
later sexual
behaviour,
neither on semenpro-duction. This technic allows an
important
economy.
Many
studies about the sexual behaviour of bulls and its consequences allow anoptimum
use ofsire,
in naturalmating
like in artificialinsemination, and
adapted rearing
conditions forfattening
bulls.ORGEUR P., 1990. L’activit6 sexuelle du taureau.