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1.Introduction 1.S´eriesdeFourier

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(1)

1

1. S´ eries de Fourier

1. Introduction

En physique, on rencontre souvent des probl`emes faisant intervenir des vi- brations ou des oscillations. La vibration d’un diapason est un exemple de mou- vement harmonique simple. La note musicale produite est due au passage d’une onde sonore `a travers l’air, depuis le diapason jusqu’`a l’oreille. Quand le diapason vibre, il met les mol´ecules d’air en mouvement. Si l’on mesure la pression en exc`es en fonction de la distancex au diapason et du temps t, on trouve qu’elle est de la forme :

p=A cos2π(x−vt)

λ . (1.1)

L’onde sonore produite par le diapason est une onde sinuso¨ıdale pure de fr´equence angulaire ou pulsationω = 2πv/λet de vecteur d’onde k = 2π/λ. On a :

p=A cos(kx−ωt). (1.2)

Si l’on ´emet simultan´ement plusieurs sons de fr´equence d´efinie, la pression dans l’onde sonore r´esultante n’est pas une fonction sinuso¨ıdale, mais une somme de plusieurs fonctions sinuso¨ıdales. De mˆeme, si l’on joue une note de piano, on n’obtient pas une onde sonore de fr´equence bien d´efinie, mais un son fondamental accompagn´e d’autres sons (les harmoniques) de fr´equences ´egales `a 2 fois, 3 fois, 4 fois . . ., celle du son fondamental. Si sinωt et cosωt correspondent `a la fr´equence fondamentale, sinnωt et cosnωt (n entier) correspondent aux harmoniques. La combinaison du fondamental et des harmoniques est une fonction p´eriodique com- pliqu´ee dont la p´eriode est celle du fondamental.

On peut se poser la question suivante : ´etant donn´ee une fonction p´eriodique, comment l’´ecrire sous la forme d’une somme de termes correspondant aux diff´erents harmoniques? En g´en´eral, il est n´ecessaire pour cela d’´ecrire tous les harmoniques, c’est-`a-dire une s´erie infinie de termes. Cette s´erie est appel´ee s´erie de Fourier.

D´evelopper une fonction en s´erie de Fourier revient `a la d´ecomposer en ses diff´erents harmoniques.

(2)

2. D´ efinition

On appelle s´erie trigonom´etrique une s´erie de la forme : a0

2 +

X

n=1

(ancosnx+bnsinnx). (2.1)

Les constantes a0, an et bn (n = 1,2. . .) sont les coefficients de la s´erie trigo- nom´etrique. Si la s´erie (2.1) converge, sa somme est une fonction p´eriodique f(x) de p´eriode 2π :

f(x) =f(x+ 2π). (2.2)

Comme indiqu´e dans l’introduction, on se pose le probl`eme suivant : ´etant une fonction p´eriodiquef(x) de p´eriode 2π, on se demande pour quelles conditions impos´ees `a f(x) il existe une s´erie trigonom´etrique convergeant vers f(x).

2.1. D´etermination des coefficients de la s´erie au moyen des formules de Fourier

On suppose que la fonction f(x), p´eriodique et de p´eriode 2π, peut ˆetre repr´esent´ee par une s´erie trigonom´etrique convergeant vers f(x) dans l’intervalle (−π, π), c’est-`a-dire que l’on peut ´ecrire :

f(x) = a0 2 +

X

n=1

(ancosnx+bnsinnx). (2.3)

La s´erie (2.1) (qui figure au second membre de l’´equation (2.3)) est appel´ee s´erie de Fourier def(x). Les coefficientsanetbnsont lescoefficients de Fourier def(x).

•Calcul de a0

On suppose que la s´erie (2.1) (second membre de l’´equation (2.3)) peut ˆetre int´egr´ee terme `a terme. C’est par exemple le cas si la s´erie num´erique form´ee avec les coefficients de la s´erie trigonom´etrique converge absolument, c’est-`a-dire si la s´erie num´erique positive suivante converge :

a0

2

+|a1|+|b1|+· · ·+|an|+|bn|+· · · . (2.4) La s´erie (2.1) est alors majorable et peut ˆetre int´egr´ee terme `a terme. On en d´eduit l’´egalit´e

Z π

−π

f(x)dx=πa0, (2.5)

(3)

D´efinition 3 qui fournit une expression de a0 :

a0 = 1 π

Z π

−π

f(x)dx. (2.6)

•Calcul des autres coefficients de Fourier

Pour obtenir les autres coefficients de la s´erie, on calcule d’abord les int´egrales auxiliaires suivantes, dans lesquellesn et k sont des entiers strictement positifs :

Z π

−π

cosnxcoskx dx=

0, n6=k π, n=k, Z π

−π

cosnxsinkx dx= 0, Z π

−π

sinnxsinkx dx=

0, n6=k π, n=k.

(2.7)

Pour d´eterminer ak pour k >0 donn´e, on multiplie les deux membres de l’´egalit´e (2.3) par coskx :

f(x) coskx= a0

2 coskx+

X

n=1

(ancosnxcoskx+bnsinnxcoskx). (2.8) La s´erie du second membre est majorable et peut donc ˆetre int´egr´ee terme `a terme.

On obtient ainsi l’´egalit´e

Z π

−π

f(x) coskx dx=πak, (2.9)

qui fournit une expression de ak :

ak= 1 π

Z π

−π

f(x) coskx dx. (2.10)

De mˆeme, en multipliant les deux membres de l’´egalit´e (2.3) par sinkx et en int´egrant sur x, on obtient l’´egalit´e

Z π

−π

f(x) sinkx dx=πbk, (2.11) d’o`u l’on d´eduit une expression de bk :

bk = 1 π

Z π

−π

f(x) sinkx dx. (2.12)

(4)

2.2. Conditions suffisantes pour qu’une fonction soit d´eveloppable en s´erie de Fourier

Quelles sont les propri´et´es que doit poss´eder la fonction f(x) pour que sa s´erie de Fourier converge et que sa somme soit ´egale aux valeurs de la fonction aux points consid´er´es?

Nous allons ´enoncer un th´eor`eme donnant des conditions suffisantes pour que la fonction f(x) soit repr´esentable par une s´erie de Fourier. Les fonctions consid´er´ees sont monotones par morceaux et born´ees sur l’intervalle consid´er´e, donc ne poss`edent que des points de discontinuit´e de premi`ere esp`ece, c’est-`a- dire avec une limite `a droite et une limite `a gauche. On a le th´eor`eme : Si la fonction p´eriodique f(x) de p´eriode 2π est monotone par morceaux et born´ee sur le segment(−π, π), sa s´erie de Fourier converge en tous les points. La somme de la s´erie obtenues(x)est ´egale `a la valeur de la fonctionf(x)aux points de continuit´e.

Aux points de discontinuit´e de f(x), la somme de la s´erie est ´egale `a la moyenne arithm´etique des limites de la fonction `a gauche et `a droite, c’est-`a-dire que, si c est un point de discontinuit´e de f(x), on a :

s(x)|x=c = f(c−0) +f(c+ 0)

2 . (2.13)

Ce th´eor`eme montre que la classe des fonctions repr´esentables par des s´eries de Fourier est assez large.

3. Exemples de d´ eveloppements de fonctions en s´ eries de Fourier

Donnons des exemples de d´eveloppements de fonctions en s´eries de Fourier.

3.1. Exemple 1

On se donne une fonction p´eriodiquef(x) de p´eriode 2π d´efinie comme suit :

f(x) =x, −π < x≤π. (3.1)

Cette fonction est monotone par morceaux et born´ee (Figure 1).

(5)

Exemples de d´eveloppements de fonctions en s´eries de Fourier 5

0 π 2π 3π

-π -2π

-3π

f(x)

x

Figure 1

Elle admet donc un d´eveloppement en s´erie de Fourier. On trouve en appli- quant les formules (2.6), (2.10) et (2.12) :

a0 = 1 π

Z π

−π

x dx= 0, (3.2)

ak = 1 π

Z π

−π

xcoskx dx= 0, (3.3)

bk = 1 π

Z π

−π

xsinkx dx= (−1)k+12

k. (3.4)

On obtient ainsi le d´eveloppement def(x) en s´erie de Fourier : f(x) = 2

sinx

1 − sin 2x

2 +· · ·+ (−1)k+1sinkx k +· · ·

. (3.5)

L’´egalit´e a lieu partout sauf aux points de discontinuit´e. En de tels points, la somme de la s´erie est ´egale `a la moyenne arithm´etique des limites de la fonction `a gauche et `a droite, c’est-`a-dire `a z´ero.

3.2. Exemple 2

On se donne une fonction p´eriodique de p´eriode 2π d´efinie comme suit f(x) =−x, −π ≤x ≤0,

f(x) =x, 0< x≤π, (3.6)

(6)

(c’est-`a-diref(x) =|x|dans l’intervalle (−π, π)). Cette fonction est monotone par morceaux et born´ee (Figure 2).

0 ! 2! 3!

-!

-2!

-3!

f(x)

x

Figure 2

Elle admet donc un d´eveloppement en s´erie de Fourier. D´eterminons ses coef- ficients de Fourier. On obtient

a0 = 1 π

Z 0

−π

(−x)dx+ Z π

0

x dx

=π, (3.7)

ak = 1 π

Z 0

−π

(−x) coskx dx+ Z π

0

xcoskx dx

= 2

πk2(coskπ−1), (3.8) soit

ak =

0, k pair,

−4/πk2, k impair, (3.9)

et :

bk = 1 π

Z 0

−π

(−x) sinkx dx+ Z π

0

xsinkx dx

= 0. (3.10)

On a donc le d´eveloppement en s´erie de Fourier : f(x) = π

2 − 4 π

cosx

12 + cos 3x

32 +· · ·+ cos(2p+ 1)x (2p+ 1)2 +· · ·

. (3.11)

La s´erie (3.11) converge partout et sa somme est ´egale `a la fonction consid´er´ee.

(7)

Exemples de d´eveloppements de fonctions en s´eries de Fourier 7 3.3. Exemple 3

On consid`ere la fonction p´eriodique de p´eriode 2π d´efinie comme suit : f(x) =−1, −π < x <0,

f(x) = 1, 0≤x≤π. (3.12)

Cette fonction est monotone par morceaux et born´ee (Figure 3). Calculons ses coefficients de Fourier. On obtient :

a0 = 1 π

Z 0

−π

(−1)dx+ Z π

0

dx

= 0, (3.13)

ak= 1 π

Z 0

−π

(−1) coskx dx+ Z π

0

coskx dx

= 0, (3.14)

et

bk = 1 π

Z 0

−π

(−1) sinkx dx+ Z π

0

sinkx dx

= 2

πk(1−coskπ), (3.15) soit :

bk =

0, k pair,

4/πk, k impair. (3.16)

0 ! 2! 3!

-2!

-3!

f(x)

x

Figure 3 1

-1

La s´erie de Fourier de la fonction consid´er´ee s’´ecrit donc : f(x) = 4

π sinx

1 + sin 3x

3 +· · ·+ sin(2p+ 1)x 2p+ 1 +· · ·

. (3.17)

(8)

L’´egalit´e (3.17) est exacte partout sauf aux points de discontinuit´e. En ces points, la somme de la s´erie est ´egale `a la moyenne arithm´etique des limites de la fonction

`

a gauche et `a droite, c’est-`a-dire `a z´ero.

3.4. Remarque sur le calcul des coefficients de Fourier

L’int´egrale d’une fonction p´eriodiquef(x) sur un intervalle arbitraire de lon- gueur ´egale `a la p´eriode a toujours la mˆeme valeur. On peut donc par exemple, dans le calcul des coefficients de Fourier d’une fonction p´eriodique de p´eriode 2π, remplacer l’intervalle d’int´egration (−π, π) par l’intervalle (λ, λ+ 2π), o`uλ est un r´eel quelconque. Cette propri´et´e peut, dans certains cas, simplifier le calcul.

4. S´ eries de Fourier des fonctions paires ou impaires

On consid`ere une fonctionf(x) d´efinie sur l’intervalle (−π, π). Cette fonction est paire si :

f(x) =f(−x). (4.1)

Elle est impaire si :

f(x) =−f(−x). (4.2)

Toute fonction peut ˆetre ´ecrite comme la somme d’une fonction paire et d’une fonction impaire.

Les int´egrales sur des intervalles sym´etriques de fonctions de parit´e d´efinie peuvent ˆetre simplifi´ees. On a en effet, si f est paire,

Z π

−π

f(x)dx= 2 Z π

0

f(x)dx, (4.3)

et, si f est impaire :

Z π

−π

f(x)dx= 0. (4.4)

4.1. Fonction paire : s´erie de Fourier cosinus

Sif(x) est paire,f(x) sinkxest impaire et f(x) coskxest paire. Par suite, on a :

a0 = 2 π

Z π

0

f(x)dx, (4.5)

ak = 2 π

Z π

0

f(x) coskx dx, (4.6)

bk = 1 π

Z π

−π

f(x) sinkx dx= 0. (4.7)

(9)

S´eries de Fourier des fonctions de p´eriode quelconque 9 Le d´eveloppement en s´erie de Fourier d’une fonction paire ne contient que des cosinus (c’est le cas de la fonction de l’exemple 2). On dit alors que l’on a unes´erie de Fourier cosinus.

4.2. Fonction impaire : s´erie de Fourier sinus

Sif(x) est impaire,f(x) sinkx est paire et f(x) coskxest impaire. Par suite, on a :

a0 = 1 π

Z π

−π

f(x)dx= 0, (4.8)

ak = 1 π

Z π

−π

f(x) coskx dx= 0, (4.9)

bk= 1 π

Z π

−π

f(x) sinkx dx= 2 π

Z π

0

f(x) sinkx dx, (4.10) Le d´eveloppement en s´erie de Fourier d’une fonction impaire ne contient que des sinus (c’est le cas des fonctions des exemples 1 et 3). C’est une s´erie de Fourier sinus.

5. S´ eries de Fourier des fonctions de p´ eriode quelconque

Soitf(x) une fonction p´eriodique de p´eriode 2` (´eventuellement diff´erente de 2π). On cherche `a la d´evelopper en s´erie de Fourier. Pour cela, on effectue le change- ment de variable x = (`/π)u. La fonction f

` πu

est une fonction p´eriodique de u de p´eriode 2π que l’on peut d´evelopper en s´erie de Fourier :

f` πu

= a0

2 +

X

n=1

(ancosnu+bnsinnu). (5.1) Les coefficients de la s´erie sont donn´es par les formules :

a0 = 1 π

Z π

−π

f `

πu

du= 1

` Z `

−`

f(x)dx, (5.2)

an = 1 π

Z π

−π

f `

πu

cosnu du= 1

` Z `

−`

f(x) cos nπx

` dx, (5.3)

bn= 1 π

Z π

−π

f `

πu

sinnu du= 1

` Z `

−`

f(x) sinnπx

` dx. (5.4)

Les formules (5.2)–(5.4) permettent d’obtenir les coefficients de Fourier d’une fonc- tion p´eriodique de p´eriode 2`.

Les remarques sur la possibilit´e de calculer les coefficients de Fourier en int´egrant sur un segment arbitraire de longueur ´egale `a la p´eriode (paragraphe 3.4), et de simplifier le calcul des coefficients lorsque la fonction est paire ou im- paire (paragraphe 5), restent valables pour une fonction de p´eriode quelconque.

(10)

6. D´ eveloppement en s´ erie de Fourier d’une fonction d´ efinie sur un intervalle fini

Soit une fonction monotone par morceauxf(x), donn´ee sur le segment (a, b).

Cette fonction peut ˆetre repr´esent´ee aux points de continuit´e par une s´erie de Fourier. Pour le montrer, il suffit de consid´erer une fonction p´eriodique mono- tone par morceaux f1(x) de p´eriode sup´erieure ou ´egale `a |b−a| et co¨ıncidant avec la fonction f(x) sur le segment (a, b). La fonction f1(x) est unprolongement p´eriodiquede f(x). Cette fonction, ´etant p´eriodique, peut ˆetre d´evelopp´ee en s´erie de Fourier. La somme de la s´erie co¨ıncide partout sur le segment (a, b) (sauf aux points de discontinuit´e) avec la fonction donn´eef(x). La fonction f(x) a ainsi ´et´e d´evelopp´ee en s´erie de Fourier sur le segment (a, b).

Le prolongement p´eriodique d’une fonction n’est pas unique. En particulier, une fonction d´efinie sur l’intervalle (0, `) peut ˆetre prolong´ee de plusieurs mani`eres sur le segment (−`,0). On peut par exemple la prolonger de sorte que f(x) = f(−x) (prolongement pair). La s´erie de Fourier correspondante est une s´erie de Fourier cosinus. On peut aussi prolonger la fonction de sorte quef(x) = −f(−x) (prolongement impair). La s´erie de Fourier correspondante est une s´erie de Fourier sinus.

En reprenant l’exemple 1 et l’exemple 2 du paragraphe 3, on voit que la fonction f(x) = x sur le segment (0, π) peut ˆetre prolong´ee, soit de fa¸con paire avec le d´eveloppement en s´erie de Fourier cosinus

x= π 2 − 4

π

cosx

1 + cos 3x 32 +· · ·

, (6.1)

soit de fa¸con impaire avec le d´eveloppement en s´erie de Fourier sinus : x= 2

sinx

1 − sin 2x

2 + sin 3x 3 − · · ·

. (6.2)

Les ´egalit´es (6.1) et (6.2) sont valables, l’une comme l’autre, sur le segment (0, π).

7. S´ eries de Fourier complexes

7.1. D´efinition

Soit la s´erie de Fourier d’une fonction p´eriodique f(x) de p´eriode 2π : f(x) = a0

2 +

X

n=1

(ancosnx+bnsinnx). (7.1) En exprimant cosnxet sinnxau moyen des exponentielles imaginaires, c’est-`a-dire en ´ecrivant

cosnx= einx+e−inx

2 ,

sinnx= einx−e−inx

2i ,

(7.2)

(11)

S´eries de Fourier complexes 11 et en reportant ces expressions dans la s´erie de Fourier (7.1), on obtient une s´erie de termes de la formeeinx ete−inx. C’est la forme complexe de la s´erie de Fourier de f(x) :

f(x) =

X

n=−∞

cneinx. (7.3)

On a les relations : c0 = a0

2 , cn = an−ibn

2 , c−n= an+ibn

2 = a−n−ib−n

2 (n≥1).

(7.4) 7.2. Formules de Fourier

Comme les coefficients an et bn, les coefficients cn s’expriment par des int´e- grales. En rempla¸cant dans les formules (7.4) les coefficients a0, an et bn par leurs expressions (2.6), (2.10) et (2.12), on obtient :

cn= 1 2π

Z π

−π

f(x)e−inxdx, n= 0,±1,±2. . . . (7.5)

7.3. Cas d’une fonction de p´eriode quelconque

Si la fonction f(x) est p´eriodique de p´eriode 2`, sa s´erie de Fourier s’´ecrit : f(x) = a0

2 +

X

n=1

ancosnπx

` +bnsinnπx

`

. (7.6)

Dans ce cas, la forme complexe de la s´erie est donn´ee par la formule f(x) =

X

n=−∞

cnexp

inπx

`

, (7.7)

avec :

cn = 1 2l

Z `

−`

f(x) exp

−inπx

`

dx, n= 0,±1,±2. . . . (7.8)

7.4. Propri´et´es des coefficients cn

Si f est paire, alors cn = c−n. De fa¸con analogue, si f est impaire, alors cn =−c−n.

Si f est une fonction r´eelle, alors1 cn = c−n. Si f est imaginaire pure, alors cn =−c−n.

1 Le symbole esigne l’op´eration de conjugaison complexe.

(12)

7.5. Un peu de physique

Consid´erons le cas o`u xrepr´esente une longueur. Les nombreskn =nπ/`sont alors les nombres d’onde de la fonction p´eriodique

f(x) =

X

n=−∞

cnexp(iknx). (7.9)

L’ensemble des kn constitue le spectre des nombres d’onde de f(x). Si l’on porte ces nombres sur un axe, on obtient un ensemble de points distincts. Le spectre correspondant est ditdiscret.

Consid´erons le cas o`u x repr´esente le temps. En changeant de notation de mani`ere `a appeler la variable t, la s´erie de Fourier complexe d’une fonction du temps f(t) de p´eriode T = 2π/ω s’´ecrit

f(t) =

X

n=−∞

cnexp(iωnt), (7.10)

o`u les nombresωn =nωsont les fr´equences angulaires des diff´erents harmoniques.

L’ensemble desωnconstitue le spectre de fr´equences def(t). La fonction consid´er´ee

´etant p´eriodique, son spectre de fr´equences est discret.

Dans un cas comme dans l’autre, les coefficientscn du d´eveloppement en s´erie de Fourier portent le nom d’amplitudes complexes.

8. Approximation d’une fonction par les sommes partielles de Fourier

En pratique, la somme partiellesN(x) obtenue lorsque l’on se limite au N`eme terme de la repr´esentation d’une fonctionf(x) en s´erie de Fourier constitue une ex- pression approch´ee de la fonction que l’on d´eveloppe. On peut d´emontrer que c’est la meilleure expression approch´ee, au sens o`u elle minimise la d´eviation quadra- tique δN2 d´efinie par2 :

δN2 = 1 2π

Z π

−π

f(x)−sN(x)2

dx. (8.1)

2 Nous supposons icif(x) r´eelle. Si f(x) peut prendre des valeurs complexes, la d´efinition (8.1) deδN2 doit ˆetre remplac´ee par :

δN2 = 1

Z π

−π

|f(x)sN(x)|2dx.

(13)

Approximation d’une fonction par les sommes partielles de Fourier 13 8.1. In´egalit´e de Bessel

Consid´erons les sommes partielles sN(x) = a0

2 +

N

X

k=1

(akcoskx+bksinkx), (8.2) o`u a0, a1, . . . , aN, b1, . . . , bN sont les coefficients de Fourier de f(x) d’indice inf´e- rieur ou ´egal `a N. On a :

δ2N = 1 2π

Z π

−π

f2(x)dx− a20 4 − 1

2

N

X

k=1

(a2k+b2k). (8.3) CommeδN2 ≥0, on a, quel que soit N, l’in´egalit´e : ,

1 2π

Z π

−π

f2(x)dx≥ a20 4 + 1

2

N

X

k=1

(a2k+b2k). (8.4) Il s’ensuit que la s´erie du second membre converge lorsqueN → ∞. On en d´eduit l’in´egalit´e de Bessel :

1 2π

Z π

−π

f2(x)dx≥ a20 4 + 1

2

X

k=1

(a2k+b2k). (8.5)

8.2. ´Egalit´e de Parseval

On peut d´emontrer que, pour toute fonction f(x) born´ee monotone par mor- ceaux, la d´eviation quadratique δN2 obtenue lorsque l’on remplace cette fonction par la somme partielle de FouriersN(x) tend vers z´ero lorsqueN tend vers l’infini.

Il r´esulte alors de la formule (8.3) l’´egalit´e 1

2π Z π

−π

f2(x)dx= a20 4 + 1

2

X

k=1

(a2k+b2k), (8.6)

dite ´egalit´e de Parseval. En utilisant la forme complexe des s´eries de Fourier, on montre que l’´egalit´e de Parseval s’´ecrit aussi :

1 2π

Z π

−π

f2(x)dx=

X

k=−∞

|ck|2. (8.7)

(14)

Pour une fonction `a valeurs complexes, les formules (8.6) et (8.7) doivent ˆetre remplac´ees par :

1 2π

Z π

−π

|f(x)|2dx= |a0|2 4 + 1

2

X

k=1

(|ak|2+|bk|2) (8.8) et :

1 2π

Z π

−π

|f(x)|2dx=

X

k=−∞

|ck|2. (8.9)

8.3. Encore un peu de physique

Donnons une id´ee du sens de l’´egalit´e de Parseval en physique. Consid´erons par exemple la pression en exc`es p(t) de l’air en fonction du temps au voisinage d’une source sonore. L’intensit´e du son est proportionnelle `a la moyenne du carr´e de la pression en exc`es. Lorsque la pression a une variation purement sinuso¨ıdale Acosωt, l’intensit´e est proportionnelle `a A2. Dans la s´erie de Fourier de p(t), les intensit´es des diff´erents harmoniques sont proportionnelles aux carr´es des coef- ficients de Fourier correspondants. L’´egalit´e de Parseval correspond donc dans cet exemple au fait que l’´energie sonore totale est ´egale `a la somme des ´energies associ´ees aux diff´erents harmoniques.

9. Propri´ et´ e des coefficients de Fourier

On consid`ere les fonctions continues par morceaux sur le segment (−π, π), c’est-`a-dire les fonctions dont les points de discontinuit´e de premi`ere esp`ece sont en nombre fini sur ce segment (ou qui y sont partout continues).

On peut d´emontrer le th´eor`eme : Si la fonction f(x) est continue par mor- ceaux sur le segment(−π, π), ses coefficients de Fourier tendent vers z´ero lorsque n→ ∞ :

n→∞lim an = 0, lim

n→∞bn = 0. (9.1)

En effet, si la fonctionf(x) est continue par morceaux sur le segment (−π, π), il en est de mˆeme de f2(x). Donc l’int´egrale Rπ

−πf2(x)dx existe et est un nombre fini.

Il r´esulte alors de l’in´egalit´e de Bessel (8.6) que la s´erie P

n=1(a2n+b2n) converge, ce qui entraˆıne que son terme g´en´eral tend vers z´ero : limn→∞(a2n+b2n) = 0. On d´emontre ainsi pour une fonction born´ee continue par morceaux les ´egalit´es (9.1), qui s’´ecrivent, compte tenu des formules de Fourier (2.10) et (2.11) :

n→∞lim Z π

−π

f(x) cosnx dx= 0,

n→∞lim Z π

−π

f(x) sinnx dx= 0.

(9.2)

(15)

Propri´et´e des coefficients de Fourier 15 Les propri´et´es (9.1) et (9.2) s’´etendent `a la forme complexe de la s´erie de Fourier. On a

n→∞lim cn = 0, (9.3)

soit, compte tenu de la formule de Fourier (7.5) :

n→∞lim Z π

−π

f(x)e−inxdx= 0. (9.4)

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