Arthur LANNUZEL
le 29 Novembre 2008
http ://mathutbmal.free.fr
L’ensemble R
1 D´ efinition de R.
Rest l’unique ensemble, `a notation pr`es (`a isomorphisme de corps ordonn´e pr`es), v´erifiant les propri´et´es suivantes (axiomes) :
i) (R,+, .) est uncorps.
ii)R est totalement ordonn´ee par la relation d’ordre≤ et : x≤y =⇒x+z ≤y+z (x≤y)∧(0≤z) =⇒x.z ≤y.z iii) R v´erifie l’axiome d’Archim`ede:
∀x, y ∈R, x > 0 =⇒ ∃n∈N/y ≤n.x.
iv) Tout ensemble d’´el´ements de R non-vide major´e (resp. minor´e) admet une borne sup´erieure (resp. inf´erieure) (cf. paragraphe 2).
Remarque 1.1 Pour une ´etude compl`ete de R avec les preuves, voir :
J.M. Arnaudies et H. Fraysse, Cours de Math´ematiques, Tome 2, p 14-23, DUNOD
2 Borne inf´ erieure, borne sup´ erieure.
D´efinition 2.1 Soit A⊂R. On dit que : i) M ∈R est majorant de A dans R ssi
∀a ∈A, a≤M.
ii) m ∈R est minorant de A dans R ssi
∀a∈A, m≤a.
iii) x∈A est le plus grand ´el´ement de A dans R ssi
∀a ∈A, a ≤x.
S’il existe on le note x= maxRA.
iv) x∈A est le plus petit ´el´ement de A dans R ssi
∀a ∈A, x≤a.
S’il existe on le note x= minRA.
v) s∈R est la borne sup´erieure de A dans R ssi s= min
R {majorants de A}.
Si elle existe on la note x= supRA.
vi) i∈R est la borne inf´erieure de A dans R ssi i= max
R {minorants de A}.
Si elle existe on la note x= infRA.
Exercice 2.2 Montrer, grˆace aux trois premiers axiomes de la d´efinition de R que, s’ils existent, le plus grand ´el´ement, le plus petit ´el´ement, la borne sup´erieure et la borne inf´erieure d’un ensemble A∈R sont uniques.
Exemples 2.3 i) A={1n, n∈N∗}.
ii) A=N.
3 Valeur absolue.
D´efinition 3.1 On appelle valeur absolue de x∈R, le r´eel |x| d´efini par
|x|:=
½ x si x≥0
−x si x <0 ou
|x|:= max{x,−x}.
Propri´et´es 3.1.1 x, y ∈R.
i) |x| ≥0.
ii) (|x|= 0)⇐⇒(x= 0).
iii) |x.y|=|x|.|y|.
iv) |x+y| ≤ |x|+|y| (in´egalit´e triangulaire).
Preuve.
iv)|x+y|2 = (x+y)2 =x2+y2+2xyet (|x|+|y|)2 =x2+y2+2|xy|.Donc|x+y|2 ≤(|x|+|y|)2, d’o`u le r´esultat puisque tout est positif.
CQFD
Exercice 3.2 Montrer que
∀x, y ∈R,||x| − |y|| ≤ |x−y|.
4 Partie enti` ere.
D´efinition 4.1 On appelle partie enti`erede x∈R, l’entier E(x) d´efini par E(x)≤x < E(x) + 1 ou E(x) = max{n ∈N/n≤x}
Exercice 4.2 Montrer que : 1) ∀x∈Z, E(x) +E(−x) = 0, 2) ∀x∈R−Z, E(x) +E(−x) = −1, 3) ∀x∈R, E(x2) +E(x+12 ) =E(x).
5 Equations du second degr´ e.
Soit a, b, c∈R, a >0, et
T : R −→ R
x 7→ ax2+bx+c Alors, on montre facilement que ∀x∈R,
T(x) = a((x+ b
2a)2− ∆ 4a2) avec ∆ :=b2−4ac.
Trois cas se pr´esentent :
i) Si ∆<0 alors ∀x∈R, T(x)6= 0 et du signe de a.
ii) Si ∆ = 0 alors ∀x ∈ R, T(x) = a(x+ 2ab )2, donc T(x) est du signe de a et admet une racine x0 (i.e. T(x0) = 0) et x0 = −2ab . De plus, dans ce cas, x0 est une racine double (i.e.
T(x0) = 0 et T0(x0) = 0 o`uT0 d´esigne la d´eriv´ee de T).
iii) Si ∆>0 alors
T(x0) = 0 ⇐⇒(x+2ab )2 = 4a∆2
⇐⇒ |x+ 2ab |= √|2a|∆
⇐⇒x= −b+2a√∆ ou x= −b−2a√∆
Donc T admet deux racines distinctes x1 = −b+2a√∆ et x2 = −b−2a√∆. On v´erifie facilement que ces racines sont simples (i.e. T0(x1)6= 0 et T0(x2)6= 0).
De plus T(x) est du signe de a pourx ∈]− ∞,min{x1, x2}[∪] max{x1, x2},+∞[ et du signe oppos´e de a pourx∈] min{x1, x2},max{x1, x2}[.
Exercice 5.1 Soit pour a∈R l’application de R dans R donn´ee par T(x) =x2+ 2x+a.
Trouver les a ∈R tels que T admette une racine strictement positive et une racine strictement n´egative.
6 L’espace m´ etrique (R, |.|).
D´efinition 6.1 (Espace m´etrique)
Soit E un ensemble. On appelle distance sur E, une application d:E×E −→R+ telle que – d est sym´etrique : ∀x, y ∈E, d(x, y) =d(y, x),
– d s´epare les points : d(x, y) = 0 =⇒x=y.
– d v´erifie l’in´egalit´e triangulaire : ∀x, y, z ∈E, d(x, z)≤d(x, y) +d(y, z).
L’ensemble E muni d’une distance est dit espace m´etrique.
Remarque 6.2 1) (R,|.|) = (R, d) avec d(x, y) = |x−y| est un espace m´etrique.
2) (R2, d2) avec d2(X, Y) = p
(x1−y1)2+ (x2−y2)2 (avec X = (x1, x2) et Y = (y1, y2)) est un espce m´etrique.
D´efinition 6.3 (boule ouverte) Soit (E, d) un espace m´etrique.
On appelle boule ouverte de centre a∈E et de rayon r >0 l’ensemble : B(a, r) :={x∈E, d(x, a)< r}.
On appelle boule ferm´ee de centre a∈E et de rayon r >0 l’ensemble : B(a, r) :={x∈E, d(x, a)≤r}.
Remarque 6.4 Dans (R,|.|), les boules ouvertes et ferm´ees sont respectivement les intervalles ouverts et ferm´es.
D´efinition 6.5 (ouverts, ferm´es) Soit (E, d) un espace m´etrique.
On dit que A⊂E est ouvert ssi
∀x∈A,∃² >0/B(x, ²)⊂A.
On dit que B ⊂E est ferm´e ssi CEB est ouvert.
Exemples 6.6 1) ∅ et E sont ouvert et ferm´e dans (E, d).
2) Les boules ferm´ees sont ferm´ees dans (E, d).
Propri´et´es 6.6.1 Soit (E, d) un espace m´etrique.
1) Toute r´eunion d’ouverts de E est un ouvert de E?
2) Toute intersection fini d’ouverts de E est un ouvert de E.
Exercice 6.7 1) Que se passe-t-il pour une intersection infinie d’ouverts.
2) Que se passe-t-il avec les ferm´es ?
D´efinition 6.8 Soit (E, d) un espace m´etrique. Soit A⊂E.
1) On appelle int´erieur de A, not´eA, le plus grand ouvert contenu dans◦ A.
2) On appelle adh´erence de A, not´e A, le plus petit ferm´e contenant A.
Intervalles.
a, b∈R, a < b. On a 9 types d’intervalles : [a, b],[a, b[,]a, b],]a, b[,]−∞, b],]−∞, b[,]a,+∞[,[a,+∞[
et ]− ∞,+∞[=R.
Remarque 6.9 Soit I un intervalle de R.
i) L’int´erieur de I est l’intervalle obtenu en supprimant les extr´emit´es ´eventuelles(ex. [1,◦2]=
]1,2[,[1,+∞[=]1,◦ +∞[).
ii) L’adh´erence de I est l’intervalle obtenu en ajoutant les extr´emit´es ´eventuelles(ex. ]1,2[ = [1,2],]1,+∞[ = [1,+∞[).
Sous-ensemble dense
D´efinition 6.10 Soit (E, d) un espace m´etrique.
F ⊂E est dit dense dans E ssi
∀x∈E,∀² >0, F ∩B(x, ²)6=∅.
Exercice 6.11 Q et R/Q sont denses dans R.