HIPPOLYTE CROSSE
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HIPPOLYTE CROSSE
1er
OCTOBRE
1826.—
7AOUT
1898.\
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https://archive.org/details/b28985643
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VIE ET TRAVAUX
DE
JOSEPH-CHARLES-HIPPOLYTE
CROSSE
DIRECTEUR DU JOURNAL DE CONCHYLIOLOGIE
MEMBRE HONORAIRE
DU COMITÉ DESTRAVAUX
HISTORIQUES ET SCIENTIFIQUESMEMBRE
DE LA SOCIÉTÉ GÉOLOGIQUE DE FRANCE,MEMBRE
DE LA SOCIÉTÉ LINNÉENNE DEBORDEAUX,
MEMBRE HONORAIRE
DE LA SOCIÉTÉMALACOLOGIQUE
DE BELGIQUE,«'
MEMBRE CORRESPONDANT
DELA
SOCIÉTÉ ZOOLOGIQUE DE LONDRES,MEMBRE
DE LA SOCIÉTÉMALACOLOGIQUE
DE LONDRES, ETC.,OFFICIER DE lTnSTRUCTION PUBLIQUE,
COMMANDEUR
DE L’oRDREDU DRAGON
DE l’aNNAM, OFFICIER DE L’oRDREROYAL DU
CAMBODGE.\
ï^r-v .À'
H18TORIOAL
medical
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ŒUVRE SCIENTIFIQUE
NOTICE BIOGRAPHIQUE
NOTICE BIOGRAPHIQUE
Né
le 1®^octobre 1826, Joseph-Gharles-Hippolyte Crosse
fîtde fortes études au collège Bourbon,
etse distingua surtout dans
laclasse de rhétorique. Doué
d’une rare
facilité,à laquelle se joignait une vaste
etdéjà profonde instruction,
ilexcellait en particulier
dans
lafaculté de vers latins
:ses pièces amples, claires, spirituelles, horatiennes plus que virgiliennes, étaient aussi appréciées de ses maîtres que de ses condisciples.
Nous étions déjà grands amis, comme nous
lesommes
restés à travers toutes les phases de notre
vie, eten
1844,
àl’occasion de
laSaint-Charlemagne, nos deux muses latines s’associèrent pour passer en revue les
événements
etles travers contemporains, en un dialogue
humoristique qui
fut,autant
qu’ilm’en souvient, assez
bien accueilli;
ildoit se retrouver au fond des plus
— 4 ~
vieilles archives du lycée, qui, après avoir trois fois
changé de nom, porte aujourd’hui celui de Condorcet.
Au sortir du collège, à dix-neuf ans (car à cette
époque on ne se
glorifiaitpas, comme aujourd’hui,
d’al-léger
etd’écourter les études classiques). Grosse
fitson droit, ainsi
qu’il étaitséant au
filsd’un avoué,
etil
y réussit, comme en tout ce
qu’ilabordait; mais son goût
leportait déjà vers les sciences naturelles, aux- quelles
ildevait consacrer toutes les forces de sa belle intelligence.
Ilavait quinze ans à peine, lorsqu’un neveu d’Adanson
lui fitdon d’un
lotde coquillages, qui fut
lepremier noyau de
lamagnifique collection conchyliolo- gique réunie par Grosse au prix de cinquante années de patientes recherches. G’est dans un but scientifique
qu’ilentreprit en 1849 de visiter
le littoralfrançais de
la
Méditerranée,
laCorse
et la Sicile.De ce voyage
ilrapporta de nombreux échantillons,
etdès lors se con- sacra tout entier à son étude de prédilection.
Ilnoua des relations avec les principaux savants qui s’occu- paient de
lameme branche.
Il étaitaussi en commerce
suivi avec plusieurs missionnaires, qui à l’ardeur de
l’apostolat chrétien unissaient
legoût de l’histoire natu-
relle, et
profitaient de leur séjour dans des régions lointaines
etpeu explorées pour enrichir
lascience.
Le Journal de Conchyliologie avait été fondé en 1850 par Petit de
laSaussaye
;
mais, quelques années après,
il
cessa de paraître. En 1856, MM. Fischer
etBernard!
lui
rendirent
lavie, et en 1861 Grosse
luiapporta sa
collaboration
etun appui matériel. Dès lors ce journal.
5
dans lequel Grosse
etFischer associèrent leur érudi-
tion,
prit rang parmi les plus importantes publications
du monde savant,
et,durant trente-sept années, son succès n’a
faitque se développer de jour en jour.
La seconde grande œuvre de Grosse, ce sont les
Etudes sur les Mollusques terrestres
etfluviatiles du Mexique
etdu Guatemala, formant Fune des sept par-
ties
du vaste ouvrage entrepris par Milne-Edwards, sous
le titregénéral de Recherches zoologiques pour
servir
àFhistoire de
lafaune de l’Amérique Gentrale
etdu Mexique. Gette
foisencore les deux amis. Grosse
etFischer, mirent en commun leurs
efforts.G’est en 1867 que
leMinistre de l’Instruction publique avait chargé M. Milne-Edwards d’organiser cette publication scien- tifique; c’est
le 1^*’janvier 1869 que Grosse écrivit
l’in-troduction de
lapartie qui avait été confiée à ses soins
et àceux de Fischer. Leur travail se poursuivit sans interruption pendant vingt-cinq années. Depuis
la finprématurée de son collaborateur, en 1893, Grosse
avait assumé toute
latâche.
Il étaitsur
lepoint d’y mettre
ladernière main, lorsque
lamort est venue
lesurprendre
;mais les notes
etdocuments
qu’ila laissés
permettront au jeune savant que Grosse
achoisi pour
lecontinuateur de ses travaux, M. Henri Fischer, de
ter-miner ce grand ouvrage.
De plus autorisés que moi diront en détail quels progrès
lascience conchyliologique a dus à Hippolyte Grosse,
eténuméreront les mémoires
qu’ily a consa-
crés.
Ilsrappelleront, à son grand honneur, que sa
-- 6 —
doctrine scientifique n’a jamais varié dans ses principes.
Il était
nettement spiritualiste
;sous
lanature
ilvoyait
Dieu
; ilrépudiait cette école nouvelle qui prétend chasser
leCréateur de
lacréation. — Pour moi, c’est
l’homme privé que
j’aiconnu, que
j’aiestimé, que
j’aiaimé, dont
lecher souvenir est sans cesse présent à
mon esprit. Peu soucieux de
lavie mondaine,'
ilse plai-
saità grouper autour de
luiles amis de sa jeunesse, dont, hélas
!les rangs sont aujourd’hui bien éclaircis
;
ils
trouvaient, auprès de
lui,un accueil tout fraternel,
labonne humeur
etl’entrain d’une conversation fine
etspirituelle, relevée d’un grain de paradoxe. Ah
!les
charmantes soirées intimes, où l’on ressuscitait
lebon vieux temps, celui de
lavingtième année, d’autant plus cher qu’on s’en éloigne davantage! Crosse ne
s’étaitpas confiné dans
lascience
:tout ce qui touchait les
lettres, l’histoire, lagéographie, l’économie politique l’intéressait vivement.
Ilexcellait à trouver
lemot
juste, souvent
le traitpiquant, qui caractérisait chaque
écrivain, chaque
livre.Mais
s’ilparlait bien,
ilsavait aussi écouter, et provoquer ses interlocuteurs
àexpri-
mer nettement leurs idées, dussent-elles être en désac- cord avec les siennes;
ilse plaisait aux discussions cour- toises. La loyauté,
lasimplicité, l’oubli de toute vanité personnelle éclataient dans ses entretiens,
et lamain
qu’iltendaitlargement ouverte disait l’affectueux élan du cœur.
Sa discrétion
étaitextrême;
ilne s’occupait des
af-.
faires de ses amis que
sieux-mêmes
l’yconviaient; mais
alors
il s’ydonnait tout entier. C’est avec
lemême zèle
qu’ilgéra, pendant un quart de siècle, les intérêts de
— 1 —
la
commune de Vernou, sur
leterritoire de laquelle se trouve
ledomaine d’Argeville, possédé
ethabité depuis plusieurs générations par les ascendants de Grosse.
Ilen fut élu maire dès 1861,
etexerça cette fonction jusqu’en 1878. En 1870, pendant l’occupation prus- sienne,
ilcourut les plus grands dangers, peu soucieux de sa
vie,lorsqu’il s’agissait de préserver les personnes
et
les biens de ses administrés.
11fut encore maire de 1884 à 1888,
etde 1892 à 1896. Pour
lui,ce
titre étaitune mission sacrée
: il l’avaitprouvé pendant l’année terrible,
il letémoignait en tous temps par son dévoue- ment sans limites à tous
et àchacun
:son cabinet
étaitouvert
àqui voulait
leconsulter;
et,malgré sa passion pour les travaux scientifiques,
illes interrompait volon-
tiers
pour écouter les doléances du moindre habitant de
lacommune,
etl’assister de ses avis sages
etréflé- chis. Cette intelligente
etactive administration a déve- loppé largement les ressources de Vernou; mais, dans
l’exercice de ses fonctions, Grosse eut bien des fois à
subir les taquineries mesquines,
età braver
l’hostilitédu gouvernement républicain, qui ne craignit pas même
de révoquer brutalement en 1888 ce maire
si utile. Ilest vrai
qu’ilne déguisait jamais sa pensée,
etne savait pas courber
lefront.
Ilest
tristed’ajouter que dans sa
commune même ses
efforts,ses sacrifices de tout genre ont plus d’une
foisété payés d’ingratitude. Mais
ilne
se décourageait pas, convaincu que
laconscience d’avoir
fait le
bien
suffitau bienfaiteur.
La vie intime au moins
lui offrait lecalme et
lajoie.
Il
eut
lebonheur de conserver jusqu’à une vieillesse
8
avancée son excellente mère;
et ilavait associé sa des- tinée
àcelle d’une compagne digne de lui, bonne, simple, affable entre toutes, qui avait adopté les amis de son mari, qui en avait
faitles siens,
etse plaisait
àles
recevoir dans sa maison hospitalière. De cette union quatre
fillesétaient nées, dont Grosse avait
ledroit d’être
fier, etqui, dans les diverses positions où
lemariage les
aplacées, n’ont cessé de se grouper autour du chef de
lafamille, et de
lecombler de leur ten- dresse; ses gendres mêmes étaient pour
luides
fils.Pendant de longues années, nulle tristesse ne troubla
la
sérénité de cette existence
sibien remplie; mais
lafortune
luiréservait pour
la finde sa carrière des assauts bien cruels
:sa mère, sa femme, l’aîné de ses
gendres
luifurent enlevés en peu d’années. Ces coups
réitérés
lefrappèrent au cœur; sa douleur
futd’autant plus poignante
qu’il larenfermait en lui-même
; elleeut raison de sa constitution qui semblait
sirobuste.
Le
7août 1898,
ilsuccombait, en pleine possession de son intelligence, en plein effort de
travail.Son dévouement
à lascience avait toujours été com- plètement désintéressé
:les
titres d’officierd’Académie, puis
d’officierde l’Instruction publique étaient venus
le
chercher au fond du studieux cabinet, où
ilaimait
àse renfermer. Nous, ses amis, nous ne pouvions com-
prendre qu’une distinction plus haute ne
luieût pas
été dès longtemps décernée
; ill’aurait honorée encore
plus
qu’iln’en aurait été honoré lui-même. Sans doute,
ses opinions fièrement conservatrices
etreligieuses
firent obstacle
àce que son mérite
sidistingué obtînt
la
récompense qui
lui étaitdue
;mais
ellen’était pas nécessaire
àsa réputation. Malgré sa rare modestie, son nom avait acquis auprès des savants une notoriété glorieuse. Quant
àses amis,
ilsapprécient tout ce que Crosse valait par l’esprit
etpar
lecœur
; ils luigarde-
ront, avec
laplus haute estime, un souvenir tendre-
ment ému.
G. POYARD,
Professeur honoraire de TUniversité de Paris.
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ŒUVRE SCIENTIFIQUE
L’œuvre scientifique d’Hippolyte Grosse, remarquable
à
la foispar son étendue
etpar sa solidité, est une de
celles que
letemps respectera;
ellerépond
àce qu’on pouvait attendre d’un savant de premier ordre, qui a
consacré près de cinquante années de son existence à l’étude méthodique
etpersévérante du sujet qui
lepas- sionnait.
Merveilleusement doué
ettravailleur infatigable,
ilaurait pu prétendre aux plus hautes situations; mais les
sciences naturelles, dont l’étude
lecaptivait dès sa jeu- nesse, exercèrent un
telempire sur son esprit
qu’ilrenonça de bonne heure
àune brillante carrière pour
se livrer entièrement à ses recherches favorites.
Au cours d’un voyage
faiten compagnie de Cotteau
dans
lemidi de
laFrance, en
Italie,en Corse
eten
12
Sicile,
H. Crosse
fitd’intéressantes obserTations sur des mollusques rares habitant les côtes de ce dernier pays. A son retour en France,
ilpublia
lerésultat de son étude dans
ledeuxième volume (1851)
à\xJournal de Conclvyliologie
^
recueil scientifique qui venait d’être fondé, l’année précédente, par un naluraliste de grande
valeur. Petit de
laSaussaye. Ce dernier ne se doutait
probablement pas que son nouveau
etjeune collabora- teur devait, quelques années plus tard, assurer défini-
tivement l’existence du Journal
etconsacrer ensuite
àson développement
laplus grande partie de sa car- rière scientifique. Après
laretraite de son fondateur
etdirecteur Petit de
laSaussaye, retraite qui fut suivie d’une interruption de deux ans,
leJournal fut repris en 1856, par P. Fischer
etBernardi; mais au bout de peu d’années, en 1861,
lamauvaise santé de Bernardi
l’obligeait
àrenoncer
àtoute occupation
: laquestion financière se posait donc de nouveau. C’est
àce mo- ment que, par
lagénéreuse intervention de H. Crosse, qui vint mettre à
ladisposition du Journal son talent scientifique etles ressources budgétaires indispensables, tout obstacle à sa réussite fut définitivement écarté.
J1 fallaitensuite maintenir
leJournal au premier rang parmi les publications similaires; H. Crosse n’épargna aucune peine pour arriver
àce but,
et,avec
lacollabo- ration de P. Fischer, sut
luidonner une importance ex- ceptionnelle, que nul ne conteste, dans cette branche de
lazoologie; résultat d’autant plus méritoire que ce recueil n’a jamais été l’objet d’aucune subvention
offi-cielle, et qu’il
a subsisté par ses propres ressources.
La prospérité d’une revue scientifique de cette na-
ture, où les études faunistiques tiennent une place pré-
pondérante, est subordonnée
àFentretien de relations incessantes avec les explorateurs des différentes parties
du monde. H. Grosse sut admirablement diriger et en- courager
l’effortde ces intrépides
etdévoués chercheurs, dont les noms viennent, trop souvent hélas! grossir
la listefunèbre publiée au commencement de chaque vo- lume. Ces
officiers,ces missionnaires, ces voyageurs
étaient en partie récompensés de leurs peines par
lesoin avec lequel leurs précieuses récoltes étaient con- servées
etdécrites.
Les collections réunies grâce
àces explorateurs, ainsi
que par voie d’échanges, ne tardèrent pas à prendre un développement considérable
:en dehors des richesses enfouies dans un petit nombre de musées, on trouve-
rait
difficilement une aussi belle série d’espèces marines
et
terrestres des pays les plus divers, représentées par des échantillons de provenance certaine. A côté de ces
matériaux rassemblés en vue de l’étude, les plus grandes
raretés conchyliologiques y figurent.
A force d’habiles
etpatientes recherches, H. Grosse
était
parvenu
àconstituer de toutes pièces une biblio-
thèque conchyliologique probablement unique au monde,
et qu’il
accroissait chaque année, grâce à ses relations universelles, de presque tout ce qui
étaitpublié sur
cette partie de
lascience;
ilpossédait des ouvrages maintenant introuvables, que les conchyliologues fran- çais
etétrangers étaient heureux de pouvoir consulter chez
lui.On voit avec quelle intelligence
etquelle conscience
H. Grosse s’acquittait de
lapartie scientifique de sa
— 14 •—
tâche; l’exécution matérielle n’était pas moins soignée
:il
s’astreignait, dans
lebut de donner au fonds solide de
sa publication une forme élégante
etimpeccable, à re- voir lui-même les manuscrits d’auteurs, les épreuves,
les planches, s’imposant ainsi un travail qui eût
suffià
absorber toute
l’activitéd’un secrétaire particulier.
11s’occupait personnellement de l’administration
etdes comptes du Journal^ où régnait un ordre parfait;
l’at-tention
qu’ilapportait aux plus petits détails
étaitchez
lui
poussée à l’extrême,
etles nombreux travailleurs qui
luicommuniquaient temporairement des collections
ou des échantillons en ont toujours ressenti les heu- reux
effets.Depuis l’époque où H. Grosse prit possession du Jour^
nal^ trente-huit ans se sont écoulés. En feuilletant cette
longue série de volumes, on s’étonne que
laseule
ini- tiativeprivée
aitpu produire un
telrésultat, bien en- courageant pour ceux, malheureusement trop peu nom-
breux, qui désireraient mettre au service de
lascience leurs ressources
etleur intelligence.
Tous les conchyliologues ont vivement apprécié cet
effortdésintéressé
:les nombreuses espèces
et legenre dédiés
àGrosse par des savants français
etétrangers sont un témoignage durable de leur reconnaissance
etde leur profonde estime.
H. Grosse a publié presque tous ses travaux dans
leJournal^
qu’ila ainsi enrichi d’un véritable trésor scien-
tifique.
On n’y compte pas moins de 355 notes ou mémoires
originaux, dont une centaine écrite avec
lacollabora-
— i5 —
tion de P. Fischer ou d’autres auteurs.
Ilfaudrait en- core ajouter à ce chiffre une quantité innombrable
d’analyses bibliographiques, nouvelles,
etc.,qui ren- ferment souvent des observations importantes.
Ces divers travaux ont
faitconnaître près de six cents espèces inédites
:les genres Ampullaria^ Bulimulus, Bulimiis^ Choanopoma, Conus, Ennea, Helicina^ Helix^
Murex, ont été particulièrement enrichis par cet ap- point. Un bon nombre de ces espèces, s’éloignant des formes connues, ont été groupées dans des genres nouveaux, parmi lesquels je mentionnerai les suivants
:Geostilbia (1867), Semperia (1867)^ Leucorhynchia
(1867),
Xanthonyx
(1867),Eucalodium
(1868),Pereiraea
(1868)^
Strebelia
(1868),Petenia
(1868),Berendtia
(1869),Acroptychia
(1870),Diplomphalus (1872), Guestieria
(1872),
Cœlocentrum (1872), Tomocyclus (1872), Baçenia
(1873),
Leucoptychia
(1878)^Pyrgophysa Amphi-
cyclotus
(1879),Godlewskia (1879), Habropoma
(1880),Berthelinia
(1883),Heudeia
(1885),Neocyclotus
(1886),Quadrasia
(1886),Colob ostylus
(1888),Livinhacia
(1889).L’orientation des recherches de Crosse se dessine nettement dans ses premières notes qui furent, comme
la
plupart de ses travaux ultérieurs, consacrées
à lafaune conchyliologique de diverses régions géogra- phiques.
Les pays étudiés se répartissent sur presque toute
lasurface du globe, ainsi qu’on peut en juger par
la listesuivante
:— i6
^—
Europe. France (Corse), Espagne, Gibraltar,
Sicile,Garniole.
Asie. Détroit de Behring
etOcéan Arctique, lac Baïkal, Chine, Japon, Péninsule indo-chinoise (Tonkin,
Annam, Siam, Cambodge, Poulo-Condor, Perak),
îlesPhilippines.
Afrique. Côtes d’Algérie. Afrique occidentale
:côtes
du Sahara,
îledu Prince, San-Thomé. Afrique orientale
:Usagara, lac Tanganyika.
Océan Indien. Mayotte, Madagascar, Nossi-Bé, Nossi-
Comba,
îleRodriguez,
îlesKerguelen,
îleSocotora.
Océanie. Australie,
îlesPalaos, Nouvelle-Guinée, Nouvelle-Bretagne, Nouvelle-Calédonie,
îlesLoyalti,
îlesHawaï,
îlesViti et Samoa,
îlesGambier.
Amérique du Nord. Mexique, Guatemala.
Antilles
:Haïti, Saint-Domingue, Porto-Rico, Cuba, Sainte-Lucie, Curaçao, Guadeloupe, Trinité.
Amérique du Sud. Amazone, Para, Equateur, Pérou.
La comparaison de ces faunes est d’un très vif intérêt
pour les conchyliologues, auxquels H. Grosse a rendu un très grand service, en réunissant tous les documents
épars sur ces questions,
eten y ajoutant de nombreux
faits
nouveaux.
Citons les travaux suivants, parmi les plus importants dans cet ordre d’idées
:/»
Liste des
Mollusques
terrestres et fluviatilesdu Japon
actuellementconnus
(1860).Note sur la
Faune malacologique de
Gochinchine,comprenant
ladescription des espèces nouvelles
ou peu connues
(en collaboration avec P. Fischer) (i863).Études
critiques sur lesBulimes
auriculiformes de la Nouvelle- Calédonie et des terres voisines (i864).Catalogue des
Cypræa de
la Nouvelle-Calédonie et description d’es- pèces nouvelles (1869).Faune malacologique
terrestre et fluviatilede
FileRodriguez
(1874)- Description deNudibranches
inéditsprovenant
de la Nouvelle-Calé- donie, avec le catalogue des espèces actuellementconnues
(1875).Distribution
géographique
etsynonymie
desBulimes
auriculiformes de l’Archipel Viti (1875),Faune malacologique
des îlesKerguelen
(1877).Catalogue des
Mollusques
qui viventdans
le détroitde Behring
etdans
les parties voisinesde
l’Océan Arctique (1877).Faune malacologique du
lac Baïkal (en collaboration avec P. Fis- cher) (1879).Faune malacologique du
lacTanganyika
(1881).Contribution à la faune
malacologique
de Nossi-Bé et de Nossi-Comba
(1882).Faune malacologique
terrestre et fluviatile des îles Socotora et d’Abd- el-Goury (i884).Nouveau
catalogue desMollusques
terrestres de l’îleSan-Thomé
(1888).
Faune malacologique
terrestre et fluviatile de l’îlede
la Trinité (Antilles) (1890).Faune malacologique
terrestre et fluviatile de Tîlede Cuba
(1890).Faune malacologique
terrestre et fluviatile de Tîlede Saint-Domin- gue
(1891).Faune malacologique
terrestre et fluviatilede
l’îlede
Porto-Rico(1892).
Faune malacologique
terrestre et fluviatile de la Nouvelle-Calédonieet
de
sesdépendances
(et additions) (1894-1898).H. Grosse
a fait larévision complète d’un grand nombre de genres, avec l’étude critique des espèces dont
ilssont composés
; la listesuivante, comprenant
la
plupart des genres étudiés, peut donner une idée de l’étendue de ces ouvrages qui comptent parmi les plus indispensables aux travailleurs
:2
— i8 —
Bathyhembix^ Bornella^ Gancellaria, Conus, Cou- thouyia, Guestieria, Holospira, Hybocystis, Leucopty-
chia, Lyrid, Meroe, Microtina, Opisthostoma, Parma-
cella,
Pirena, Placobranchus, Pleur ot omar
ia,Pomatias, Bapa, Bhodea, Bisella, Voluta, Xanthonyx,
De nombreux articles ont été consacrés aux Pleuroto- maires, mollusques connus depuis longtemps
àFétat fossile, mais qu’on avait crus définitivement éteints,
jusqu’au moment où une espèce vivante fut signalée
aux Antilles en 1856, par P. Fischer
etBernardi. Une deuxième forme
étaitbientôt rencontrée par H. Grosse, dans
lacollection du Gommarmand, où
ellegisait
ignorée. La curiosité scientifique éveillée par ces dé- couvertes fut
telleque
legouvernement américain entreprit des explorations
àgrande profondeur,
d’ail-leurs couronnées de succès
,
pour étudier
lafaune abyssale de ces régions. La question des Pleuroto- maires
aété posée par
leJournal de Conchyliologie
^
et
H. Grosse a grandement contribué à en montrer
toute l’importance. L’intérêt de ce genre réside dans
sa haute antiquité
:apparaissant dans les premiers ter- rains fossilifères connus,
ilse perpétue avec les mêmes
caractères jusqu’à nos jours.
Quelques-uns des ouvrages de Grosse traitent de paléontologie conchyliologique
:citons sa description
du nouveau genre Pereiraea, plusieurs notes sur les
fossiles de l’Algérie, de Madagascar, son étude du
curieux genre nouveau Berthelinia, du bassin de Paris,
retrouvé plus tard vivant sur les côtes de Nossi-Bé, par
M. Schlumberger,
etc.IQ
Il
me reste
àmentionner des travaux qui n’ont pu trou- ver place dans les colonnes du Journal de Conchyliologie
,
Plusieurs notes sur des mollusques terrestres de
laNouvelle-Calédonie
etsur divers mollusques marins ont été publiées, de 1855
à1859, dans Revue
etMaga-
sin de Zoologie.
Un important travail sur l’histoire naturelle des mol- lusques de Madagascar
aété commencé, en collabora- tion avec P. Fischer, mais est resté inachevé.
L’œuvre
laplus considérable de H. Grosse après
lapublication de son Journal est sans contredit VEtude
sur
lesMollusques terrestres
etfluviatiles du Mexique
et
du Guatemala, commencée avec P. Fischer en 1869,
etdont
lepremier fascicule parut en 1870. L’ensemble forme deux gros volumes
in-4®,comprenant chacun en- viron 700 pages
et35 planches. Nombre d’espèces nou-
velles
etde genres nouveaux sont décrits dans ces pages, où l’on trouve aussi des recherches anatomiques iné- dites,
etdes aperçus lumineux sur
ladistribution géo- graphique des mollusques. Malheureusement Grosse n’eut pas
lasatisfaction de voir paraître
ledernier
fas-cicule, qui sera prochainement publié, mais dont l’im-
pression
n’étaitpas achevée lorsque
lamort vint
l’arra-cher
àses travaux.
Les œuvres de H. Grosse se font remarquer par un
style très personnel, où les qualités du
finlettré
s’allient à larigueur scientifique du naturaliste.
fl.
Grosse signalait impitoyablement les termes géné-
riques ou spécifiques d’une
latinitédouteuse, n’admet-
20
tant pas qu’un naturaliste eût
ledroit d’ignorer l’idiome qui
étaitautrefois
etdevrait être encore
lalangue
scientifique universelle
:c’est pourquoi
ils’imposa toujours et conseilla
àses collaborateurs de compléter
la
description détaillée des espèces nouvelles par une diagnose latine précise. On ne peut s’empêcher de reconnaître,
sice système
étaitgénéralisé, combien les
travaux rédigés dans des langues peu répandues se- raient plus facilement accessibles.
Fidèle partisan des théories de Cuvier,
lanotion d’espèce
luiapparaissait comme une entité clairement définie
: iln’accepta qu’à
titred’hypothèse, séduisante
il
est
vrai,mais dénuée de preuves suffisantes^ les idées de Darwin
etde ses précurseurs sur
lavaria-
bilitédes espèces, qui venaient
àl’encontre de ses conceptions philosophiques
etreligieuses
; il citait,comme un
faitpositif
etindiscutable
àopposer à
lathéorie de l’évolution,
lapersistance de genres apparus dans les terrains les plus anciens,
telsque les Pleuro- tomaires
etles Lingules, représentés encore actuel-
lement avec leurs caractères primitifs.
H. Grosse combattit
àdifférentes reprises
latendance de certains naturalistes
àpulvériser en quelque sorte l’espèce linnéenne en
laremplaçant par un grand nombre d’autres fondées sur des différences de faible valeur, sans tenir compte des formes de passage qui les relient
;
ces procédés avaient
àses yeux l’inconvénient de donner une importance trop exclusive aux
faitsde
détail,
en reléguant au second plan les comparaisons
etles idées générales.
De précieuses qualités secondaient H. Crosse
: lasimplicité
et ladroiture de caractère
s’alliaientchez
lui àune remarquable netteté de jugement, ainsi qu’à une énorme puissance de
travail.Ces heureuses disposi- tions naturelles
luifirent acquérir rapidement une vaste érudition, grâce
àlaquelle les ouvrages les plus rares n’échappaient pas à son examen.
La nature de ses travaux
etun commerce continuel avec les savants de tous pays
etavec les explorateurs avaient développé chez
luides connaissances géogra- phiques dont l’étendue émerveillait son entourage.
Entièrement voué
àses recherches, qu’une situation aisée
luipermettait de poursuivre sans préoccupations étrangères,
iltrouvait sa récompense dans
leplaisir
même que
luiprocurait l’étude
;sa modestie égalait son
talent,
etpour cette raison peut-être les honneurs,
qu’il
ne rechercha d’ailleurs jamais, ne
luifurent pas prodigués. L’absence complète d’ambition
luipermet-
tait
du moins une entière indépendance,
qu’ildéfendait avec un soin jaloux
:aussi appréciait-il chez les autres leur mérite personnel plutôt que leur situation ou leur influence,
etne cachait-il jamais sa pensée, bien
qu’ilen atténuât souvent l’expression, ses sentiments géné- reux
leportant naturellement
àl’indulgence. Ses
criti-ques les plus vives n’étaient jamais acerbes
etne sor- taient pas du terrain scientifique.
Les amis de H. Crosse ont tous pu apprécier son ex-
trême bonté
et ladélicatesse de son caractère. Son
affection
n’allaitpas au premier venu; mais
ilgardait,
22
lors des premières entrevues, une certaine réserve qui disparaissait dès que les relations étaient établies, pour
faire place
àune franche cordialité.
Il
encourageait tout particulièrement les humbles,
les nouveaux venus dans
lemonde scientifique, guidant leurs premières recherches, soutenant leurs efforts avec l’obligeance
et laserviabilité qui
lecaractérisaient dans
sa vie privée. Désireux d’acquitter envers sa mémoire une dette de reconnaissance, je suis conduit
àmêler
àcette notice quelques
faitspersonnels. Depuis l’époque où
ilm’associa
à ladirection du Journal^ en souvenir de
mon père qui avait été son collaborateur pendant 32 ans,
il
ne cessa de me prodiguer, avec
laplus affectueuse bienveillance, les conseils
etl’appui
sinécessaires à un
débutant.
Ilcombla
lamesure en prenant ses disposi- tions pour me léguer, par une magnifique générosité,
la
propriété du Journal de Conchyliologie
.
Ses dernières volontés devaient malheureusement re-
cevoir trop
tôtleur exécution.
Hippolyte Grosse, encore en pleine force physique
etintellectuelle, à
lasuite de deux accidents sans gravité apparente, ressentit les premières atteintes très dou- loureuses du mal qui devait l’emporter.
Ilse savait con-
damné, mais, conservant avec un admirable stoïcisme son entrain habituel,
ilparvint, pendant près d’une an- née, à cacher aux siens, déjà
siéprouvés par des deuils récents,
lenouveau malheur qui
allaitles accabler. Ras-
semblant toute son énergie,
ilmultipliait les heures de
travail
etles veillées, employant ces précieux instants
à mettre en ordre
etterminer ses derniers travaux. Plu-
23 —
sieurs mois avant sa mort, lorsque les forces commen-
cèrent
àl’abandonner,
ils’entretenait avec son entou- rage de
la fatale etinexorable échéance, reportant sa
pensée sur son œuvre
etsur ceux
qu’ilavait désignés pour
lacontinuer, exprimant parfois
leregret de ne pas
laisser dans sa descendance un héritier de son nom
etde ses travaux, qui pût profiter de toutes les richesses scientifiques
qu’ilavait amassées.
Résigné
àson destin,
il fitpreuve du plus grand cou- rage, endurant ses souffrances sans laisser échapper une plainte, se faisant porter jusqu’au dernier jour dans ce parc d’Argeville où son existence
s’étaitécoulée, rempli de ses souvenirs d’enfance, témoin des heures bonnes
etmauvaises de son âge mûr.
Ils’éteignit dou- cement
le 7août 1898, finissant sa belle vie en chré- tien
eten philosophe, au milieu des siens
qu’illaisse
dans
laplus profonde
affliction.Sa mort enlève
à lascience un de ses plus fervents adeptes, dont les recherches brusquement arrêtées pro- mettaient encore une riche moisson d’observations inté- ressantes;
ellesurprend douloureusement tous ceux qui,
en France
et àl’étranger, se livrent aux études conchy- liologiques. La lecture des recueils spéciaux prouve combien sont sincères
etprofonds les regrets que cause
la
disparition d’un des plus éminents explorateurs de ce
domaine scientifique.
Voici en quels ternies s’exprime un malacologiste an- glais des plus distingués, M.
leRev. A.-H.Gooke, dans
le
dernier fascicule de The Journal of Malacology
:— 24 —
(c
The scientifîc world in general, and inalacologists in
particiilar,will hâve learned with profoiind regret the news of the death of M. Joseph-Charles-Hippolyte Crosse, which took place on August
7,1898,
athis
country résidence, the Chateaii d’Argeville,
atVernou, near Paris. No inan of his time has doue more, few hâve done as miich, to promote the study of the Mollusca, and in him France has lost one of her inost distinguished
men of science
'(( It is
with the Journal of Conchyliologie that Grosse’s meinory will be for ever associated. His name
firstappears on the titlepage of that periodical in 1861, and
it is
not too much
tosay that to hiin and his distinguis-
hed colleague,
D‘‘P. Fischer, who, considerably the
younger inan, predeceased hiin by nearly half a decade,
is
due the entire crédit of carrying on for more than
thirty years a publication which has consistently main- tened the highest standard of excellence in the
ar- ticleswhich hâve appeared in
itspages
((
Crosse’s knowledge of the Mollusca was not confîned
to
any spécial group or groups, but was far-reaching
and comprehensive. Naturally, his acquaintance with anatomical details was subordinate
tohis familiarity with other portions ofthe study. The Land Mollusca of New
Galedonia and of Mexico are perhaps the two fîelds on which he will be found
tohâve
leftthe most permanent
traces of his ability
<c
He was especially fond of cataloguing the Molluscan
fauna of islands. Some of his
lists,thus compiled, are invaluable
tothe student of geographical distribution,
remarks upon which generally accompanied the
lists....— 25 —
(( I
believe Grosse possessed a spécial sympathy for
England and English workers. Certainly bis encoura-
gement of young contributors was charining, and bis courtesy never
failed.His knowledge of Englisb was
remarkable, and he was capable of transi ating articles
from tbat language into French witbout missing tbe smallest point or losing tbe most délicate sbade of
meaning. Besides possessing numerous otber
titlesof bonour, be was
aGorresponding Member of tbe Zoolo-
gical Society of London, and a Member of tbe Malaco-
logical Society of London. Ail Englisb malacologists will unité in a respectful testimony
tobis great distinc- tions. And perbaps no better épilogue could be framed
for bim tban tbe words witb wbicb be closed bis own
exhaustive treatise on tbe Mollusca of New Galedonia,
words of cbaracteristic modesty
: aNous terminons
ici«
notre
travail,dont nous ne nous dissimulons nulle-
«
ment
lesimperfections, mais qui aura, nous l’espé-
«
rons du moins, l’avantage de faire connaître aux na-
((
turalistes, que ces sortes d’études intéressent,
l’état((
actuel de
lascience
etde leur servir de point de
((
départ pour de nouvelles recbercbes dans notre co-
«
Ionie, où
ildoit y avoir encore bien des découvertes
((
à faire pour les explorateurs.
»M.
leprofesseur H. -A. Pilsbry, de Philadelphie, di- recteur de The JVautilus, écrit les lignes suivantes dans
le
numéro d’octobre 1898 de ce recueil
:((
The death of Mons. J.-G.-Hippolyte Grosse, on tbe
7th of August, removes one more prominent French
26 —
conchologist from the ranks. For inany years editor of the Journal de Conchyliologie
^
Crosse had become known
tomalacologists the world over as one of most
able and industrious workers on mollusca
;and by
inany conchologists to whom he was personally known
and esteerned, bis loss will be
feltwith deep regret. A
biographical notice will follow
later. »Les mêmes sentiments se manifestent dans les lettres
adressées à
lafamille d’Hippolyte Crosse peu de jours après l’annonce de sa mort.
M. Walter-E. Collinge, directeur de The Journal of Malacology
^
s’exprime ainsi
:(c 1
am deeply grieved to learn of the recent decease of France’s great malacologist Mons. J.-C.-Hippolyte Crosse. Loved and admired by
ailwho knew him, how
keeply must bis loss be
feltby those nearest
tobim.
»M. W.-E. Hoyle, secrétaire honoraire de
laConcho- logical Society of Great Britain and Ireland^ écrit
lalettre suivante
:((
Je suis chargé par
leConseil de
la «Conchological Society of Great Britain and Ireland
»de vous exprimer
le
très vif regret
qu’il aressenti
à lanouvelle de
lamort de M. J.-C.-Hippolyte Crosse.
Il étaitun des pre-
miers membres honoraires de cette Société dont
il a faitpartie depuis 1889. Nous nous souviendrons tou-
jours, avec
lerespect
leplus dévoué, non seulement de
ses services éclatants comme savant conchyliologue,
— 27 —
mais aussi des talents littéraires
qu’ila déployés dans
les pages du Journal de Conchj^liologie
.
»
E.-Edgar-A. Smith,
lesavant malacologiste du British
Muséum, de Londres, s’exprime en ces termes
:((
This morning
Ihâve received the announcement of the death of my old correspondant M. H. Grosse and
Iat
once hasten to express the sorrow
Iand other scien-
tific
friends in England
feel,also to give expression
tothe sincere sympathy we entertain towards the relatives of our
latefriend.
«
M. Crosse was a true gentleman for whom we
ailentertained the greatest respect, not only for his emi- nent scientific attainments
,but also on account of the great courtesy we hâve always experienced from him, both personally, and in his correspondence. We
shall ever remember with gratitude his dévotion to
our spécial branch of science, and the great service he
lias
rendered
tothe advancement of Malacologie.
»M.
le D*"A. Petter, directeur du Stàdtisches Muséum
Carolino-Augusteum de Salzbourg (Autriche), écrit ces
mots
:((
Die Linterzeichnete Direction des Muséum Garolino-
Augusteum in Salzburg erlaubt sich dem innigsten Bei-
leide über das Hinscheiden Seiner Hochwohlgeboren
des Herrn Joseph-Gharles-Hippolyte Grosse hochach- tungsvollst Ausdruck zu geben.
»Ges regrets unanimes, qui vont au cœur de tous les
siens, sont
lafidèle expression des sentiments de ses
— 28 —
amis
etde ses collaborateurs, ainsi que de tous les
savants qui ont été en relation avec
lui.Si Hippolyte Crosse n’est plus, son œuvre au moins demeure intacte
: lacontinuation du Journal de Con- chyliologie^ en perpétuant
lesouvenir de son nom
etde ses travaux, ainsi que de sa
vie, sisimplement
et sibien remplie par l’étude, sera un constant
etpieux
hommage rendu à sa mémoire.
Henri Fischer,
Docteur ès sciences,
Directeur du Journal de Conchyliologie.
DISCOURS
PRONONCÉS AUX FUNÉRAILLES
DE
M. HIPPOLYTE CROSSE
Le 13 Août 1898
AU CIMETIÈRE DU PÈRE-LACHAISE
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DISCOURS
DE
M. BERGERON
PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ GÉOLOGIQUE DE FRANCE.
Messieurs,
C’est un devoir pour
lePrésident de
laSociété géolo- gique de France de s’associer aujourd’hui
àceux qui
témoignent
àM. Hippolyte Grosse de leur respect, non
pas tant parce
qu’ilfut membre de notre Société pendant cinquante ans, que parce
qu’il arendu de réels services
à la
Paléontologie.
Animé dès l’enfance d’une vive passion pour les sciences naturelles,
et,en particulier, pour
laConchy-
liologie, M. Hippolyte Grosse eut l’heureuse fortune de pouvoir consacrer tout son temps
àses études de prédi- lection.
Ileut
lagrande sagesse, étant dépourvu d’am-
bition, de ne rechercher aucune position
officielle,où
l’on s’engage parfois, dans l’espérance de trouver des
facilités