C AHIERS DE
TOPOLOGIE ET GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE CATÉGORIQUES
N. B OULEAU
Une structure uniforme sur un espace F (E, F )
Cahiers de topologie et géométrie différentielle catégoriques, tome 11, n
o2 (1969), p. 207-214
<
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UNE STRUCTURE UNIFORME SUR UN ESPACE F(E, F)
par
N. BOULEAUCAHIERS DE TOPOLOGIE Vol. XI,2
ET GEOMETRIE DIFFERENTIELLE
Soient E un espace
topologique,
et F un espace uniforme.L’objet
de cette étude est alors d’introduire une
topologie sur F(E, FJ,
ensemblesdes
applications
de E dansF,
telle que toute limite d’une suite de fonc- tions continues soit continue et que, si une suite de fonctions continues converge enchaque point
vers une fonctioncontinue,
elle converge verscette fonction pour cette
topologie.
Plus
précisément,
nous définironssur F(E , F)
une structureuniforme
possédant
lespropriétés
suivantes :1°) C(E’ , F)
est fermédans F(E , F)
muni de cette structureuniforme.
2°)
La restriction de cette structure uniformeà C(E, F )
estéqui-
valente à la structure uniforme de la convergence
simple.
Nous étudions ensuite
plusieurs applications
de cettetopologie.
1 . Structure uniforme de la V -convergence.
Soit E un espace
topologique
et soit F un espace uniforme. Soit W un entourage de F, A unepartie
finie de E et soitUW,A
l’ensembledes
couples ( f , g ) £ F (E , F ) x F (E , F )
telsqu’il existe
desvoisinages
V
,..., Va n
despoints de A
tels que l’on ait :PROPOSITION
1 .’ Lorsque
W décrit unsystème fondamental d’entourage
de F et
lorsque
A décrit l’ensemble desparties finies
deE,
les’lJw. A
décrivent un
système fondamental d’entourages
d’une structureuniforme
sur9:(E, F ), appelée structure
uniforme de la V -convergence.D E M O N S T R A T I O N . Il suff it de vérifier que les axiome s
des systèmes
fondamentaux
d’entourages
sont vérifiés. Or :et, comme
chaque UW,A
contient ladiagonale
deF ( E , F ) ,
laproposition
est démontrée.
F ( E , F )
muni de cette structure seranoté FV(E, F ) .
P R O P O SIT IO N 2 . La structure
uniforme
de laV -convergence
estplus fine
que celle de la convergence
simple
et moinsfine
que celle de la conver-gence
uni forme
locale.Ces
propriétés
se voient immédiatement en comparant les filtresd’entourages
de ces différentes structures uniformes.PROPOSITION 3 . L’ensemble
C(E,F)
estfermé dans FV(E, F).
Lesstructures
uniformes
induitessur C(E,F) par
lesstructures uniformes
de la convergence
simple
et de laV-convergence sont équivalentes.
DEMONSTRATION.
a) Soit g £ C(E , F)V,
adhérence deC(E , F)
dansFV ( E , F ) ,
soit
xo
E E et montrons que g est continueen xo :
Soient W et W’ des entourages de F tels que W’ C W . Il existef £ C(E, F)
telle que(f , g)
EUW’,x,
n c’est-à-direqu’il
existe unvoisinage V x 1
nde xo
o tel que :D’autre part
f
étantcontinue,
ilexiste
unvoisinage Vx2
0de xo
tel que :donc
donc g
est continue enx 0 .
0b)
Il suffit de montrer quesur C( E , F )
la structure uniforme de la V -convergence est moins fineque
celle de la convergencesimple :
i.e.pour tout
UW,A
entouragede CV(E, F)-,
il existe un entourageé
de3
et soit W’ un entourage de F tel que
W’ C W ;
considéronsl’entourage
deCs (E , F)
défini par :Le fait que
f
et g sont continuesimplique
que REMARQUES.1°)
Si la structure uniforme de F est définie par les semi-distancesdi ,
i 6/, la structure uniforme de la V -convergence peut se définir par les semi-distances :où
Va k désigne l’ensemble des voisinages
de ak
dans E et A l’ensemble
fini {a1 ,..., an}.
2°)
Si unfiltre F
convergedans FV( E , F ) : f = lim f i ,
alorspour tout x dans E et tout entourage W de
F,
il existeun
V E°
(ensemble
desvoisinages
dex )
et une fonctionf 6V
tels quef.
etf
isoient voisins d’ordre W dans V.
PROPOSITION 4. Soient E un
espace topologique
et F unespace
uni-forme séparé,
soit HC e ( E , F ) ; pour
que H soit relativementcompact pour
la V -convergence, ilfaut
et ilsuffit
que :1 ° ) V x , H ( x )
soit relativementcompact
dans F , et2° ) Hs CC(E, F) , HS désignant
laf ermeture
de Hpour
latopo-
logie
de la convergencesimple.
DEMONSTRATION.
D’après
laproposition 3 ,
ces conditions sont suffi-santes. Montrons
qu’elles
sont nécessaires :Supposons
donc Hrelativement
compact pour laV-convergence.
Vx
E El’application /- f(x )
deFV ( E , F )
dans F estcontinue, puis-
que la
V -convergence est plus
fine que la convergencesimple,
doncH (x)
est relativement compact dans F .
Pour la même raison
H-V C: 7Î’
et,puisque l’injection canonique
de FV (E , F ) dans 5s(E,F)
estcontinue, H v
est compact dansFs (E , F ),
donc fermé. Comme
HV
contient H , nécessairementHV
contientHS,
donc
H v
=HS. D’après
laproposition 3,
on a donc :2 . Critère de V - convergence.
Même si F est
complet, FV (E , F)
n’est pas nécessairementcomplet;
toutefois il existe un critère de convergencequi,
comme celui deCauchy,
ne fait pas intervenir la limite du filtre étudié :P R O P O SIT IO N 5 . Soit E un
espace topologique
et soit F unespace
uni-forme complet défini par
les semi-distancesdi,
i E l. Une condition néces-saire et
suffisante pour qu’un filtre 3 sur 5v( E , F)
soitconvergent
est que :
Condition nécessaire :
Si F
V -converge versl,
on a :Soit x
fixé,
lefiltre F(x)
converge versl(x)
dans F, donc d’ où le résultat.Condition
su f fisante :
On remarque d’abord
qu’elle implique
que lefiltre Z5 ( x )
est un filtre deCauchy
dansF;
soit1 x )
salimite;
alors on voitqu’elle impli-
que que le
filtre Z5 V -converge
vers l.R E M A R QU E . Si F est seulement
séquentiellement complet,
on a un critèreanalogue
pour les suites. Parexemple,
si Y est un espace vectoriel normé-
séquentiellement complet,
une suite{fn}
convergedans FV(X, Y) si,
etseulement si :
On déduit .de ce critère les
applications
suivantes :P R O P O SI T IO N 6. Soient X un
espace topologique,
Y unespace
de Banach . SoitIl n }
une suited’applications
continues de X dans Y. Onsuppose
que la série converge enchaque point
x vers unefonction
E (x)
continue. Alors la séri converge versS(x)
continue.DEMONSTRATION. Comme , le fait que
la série converge
eàtraîne, d’après le
critèreci-dessus,
que la série V -converge.PROPOSITION 7.Soit
1 /,,l
une suited’applications
de X dans unespace
de Banach Yvérifiani A ( x )
étant localement bornée. Soit1 e,,(x)1, e
continues de X dans R , tendant vers zéropour
n - 00 et telles que la série’ converge vers une
fonction
continue. Alors la série converge vers une
fonction
conti-nue de X dans Y .
Cette
proposition
se démontre comme on démontre habituellement lar ègle
d’Abel pour les séries en utilisant le critère ci-dessus au lieu ducritère de
Cauchy.
3 . Sous-ensembles fermés
pourla V -convergence
etpropriétés uniformes semi-locules.
Soient
toujours E
un espacetopologique
et F un espaceuniforme;
on dira
qu’une propri été
P( P C 9:(E, F))
estuniforme
semi-localesi,
etseulement
si,
pour toutf E F (E , F)
la condition :V x £ E, V W
entourage deF, 3 g £ P et 3 V £ Vx
avecf
et gvoisins d’ordre W sur V
implique f
E P .PROPOSITIONS. Pour que
PC j=( E, F)
soit unepropriété uniforme
semi-locale,
ilfaut
et ilsuffit
que P soitfermé pour
la V -convergence.La condition ci-dessus est en effet
équivalente
à la suivante :A C E, A fini, VW
entourage deF, 3 g £ P
et3 Vn £ Va
avec
f
et g d’ordre W surU Vn.
nqui
peut elle-même s’énoncer :v WW,A
entourage deFV(E, F), 3g£ P tel
quef
et g soient d’ordreWW,A, _
c’est-à-dire
f
eP;
d’où laproposition.
Dans la suite nous allons rechercher
quelques propriétés
uniformessemi-locales.
Exemples : continuité ,
si F = R semi-continuité inférieureou
supérieure.
De même on montre facilement le résultat suivant :PROPOSITION 9. Soient X un
espace topologique et
Y unespace
uni-forme métrisable;
soita.
£ X avec lim nan
= a. SoitH {an 1
l’ensembledes
fonctions de
X dans Y telles que lim nf(a )
n existe. Alors :a) H{an} est fermé dans FV(X, Y);
b) si
une suite defonctions fp 6/Yt anl V -converge
vers g on aEn
particulier
l’ensemble des fonctionsréglées
deR
dansR
estfermé pour la V -convergence.
PROPOSITION 10 . Soit X un
espace topologique
et soit Y un e.v. t. Lesous-espace vectoriel Flb (X, Y) de F(X, Y)
desfonctions
localementbornées est
f ermé
dans9:v(x, Y ) .
La structure de la V -convergence est
compatible
avec la structured’espace
vectoriel de cesous-espace
et est localement convexe si Y l’est.DEMONSTRATION.
a)
Etre localement borné est unepropriété
uniformesemi-locale,
donc Flb(X, Y )
est fermé.b ) Soit
W unvoisinage
de 0 dansY;
les ensemblesforment, lorsque
W décrit l’ensemble desvoisinages équilibrés
de 0 dansY,
unsystème
invariant par homothétie et formé devoisinages équilibrés.
Comme on voit facilement que la
V -convergence
estcompatible
avec lastructure de groupe additif
de Flb(X, Y )
et comme lesf E F lb (X , Y )
sont localement bornées et donc
les WW,A n Flb (X, Y) absorbants,
la struc-ture de la V -convergence est
compatible
avec la structured’espace
vecto-riel
de 5,b(X, Y ) .
La dernière assertion résulte de ce que, si W estconvexe, WW,A
l’estégalement.
PROPOSITION 10 . Soit X localement
compact
et soit 03BC une mesure de Radonpositive
sur X . L:’ensemble desfonctions 03BC-mesurables
et l’en-semble des
fonctions
localement03BC-intégrables
sontfermé.s pour
la V-convergence.
DEMONSTRATION. Cela revient à montrer que les
propriétés
d’être 03BC- mesurable et d’être localement03BC-intégrable
sont despropriétés
unifor-mes semi-locales. Soit donc
f £ F(X, R )
telle que : telle quedans V ,
f
8, V étant03BC-mesurable (resp.
localement U-intégrables) .
Soit K compact de X; il existe un nombre fini de V, soient
v 1
...,Vn ,
n recouvrant K . La fonction g 8 définie par1k -1
est
u-mesurable (resp.
localement/-£-intégrable)
si on choisit lesV k
ouverts; et l’on a
|g£-f|
£ dans K. Doncf
est/i-mesurable (resp.
localement u -intégrable) -
Si Y est
métrisable, 5v(X, Y)
n’est pas nécessairement métri-sable ;
toutefois on a :PROPOSITION 11 .
Soit
X unespace
localementcompact dénombrable à
l’infini
et soit Y unespace uni forme
métrisable.Soit A C Y v ( X, Y);
sifo e A,
il existe un sous-ensemble dénombrableA I de A
tel quefo e A
DEMONSTRATION. Soit d une distance sur Y définissant la structure de Y. Soit K un compact de
X;
on voit en utilisant lacompacité
del’espace
Km que, pour tout
couple
d’ entiers m , n , il existe unepartie finie Am,n
de A telle que, pour tout ensemble de m
points tk
deK ,
il existef £ Am,n
m
et des
voisinages V k E à
k tels qued ( fo, f) 1
surU V k.
D’où onk
o n k=ldéduit la
propriété, puisque
X est réunion dénombrable de compacts.PR O P O SITION 12. Soient X , Y deux
espaces métrisables,
X étant loca-lement compact
dénombrable àl’infini.
Alors :a) L’ensemble
desfonctions
boréliennes estfermé
dansFV(X, Y).
b )
Pour tout ordinal dénombrable a, l’ensemble desfonctions
boréliennes de classe a est
fermé
dans5V(X, Y ) .
DEMONSTRATION. Cette
proposition
se démontre exactement comme laproposition
10: Avec les mêmes notations g £ est borélienne(resp.
boré-lienne de classe
a)
dès que lesf£, Vk sont
boréliennes(resp.
boréliennes de classeOL)
et lesVk
fermés. Comme g £approche f
uniformément surK , on en déduit que la restriction de
f
à K est borélienne(resp.
boré-lienne de classe
a).
Il enrésulte, puisque
X est réunion dénombrable de compacts donc defermés,
que g est borélienne(resp.
borélienne de classea).
Les deux
propositions
suivantes sont lesexpressions
en termesde
V -convergence
depropriétés
de fonctions continues.PRO P OSITION 13. Soit
H C F(X, Y),
Xcompact,
Ymétrisable,H
étantformé d’applications
continues et tel que toute suite depoints
de H admetteune valeur d’adhérence
pour
laV -convergence.
AlorsHV
estcompact.
DEMONSTRATION. Cf.
Bourbaki,
e.v.t,Chap. IV, §2,
ex.15.
TH EOREME DE STONE-WEIERSTRA SS. Soit X un
espare compact
etH C e ( X J R)
tel que :Alors
fiV
=Hu, HV désignant
laf ermeture
de Hdans 5V(X, R)
etHu
désignant
lafermeture
de Hpour
la convergenceuniforme.
N. BOULEAU
rue de
Bagno
A.Ripoli
92 - Plessis-Robinson