Editorial
Les réseaux de Petri sont utilisés pour modéliser des algorithmes, et inversement, des algorithmes sont développés pour analyser des propriétés structurelles ou comportementales de ces mêmes réseaux. Les travaux récents et originaux de la communauté francophone présentés dans ce numéro illustrent bien cette double facette algorithmique des réseaux de Petri.
Le premier article propose une modélisation générique d’algorithmes répartis d’exclusion mutuelle. Ils sont obtenus en combinant des algorithmes locaux déjà prouvés et en réduisant les communications entre plateformes distantes. Les systèmes sont modélisés par une classe de réseaux de haut niveau et les propriétés recherchées pour l’algorithme global sont exprimées en logique temporelle linéaire puis prouvées au moyen d’outils existants.
L’article suivant est consacré au problème de couverture de réseaux de Petri non bornés, particulièrement important pour vérifier la correction comportementale d’un système. Il s’agit de savoir si, partant d’un état initial, il est possible d’atteindre un état d’un ensemble (clos par le haut) d’états incorrects ou erronés. Après avoir présenté un état de l’art des explorations « en avant » et « en arrière », les auteurs développent un algorithme original combinant les deux aspects.
Le troisième article montre comment on peut construire efficacement une surapproximation, suffisamment fine pour que l’on puisse en tirer des conclusions intéressantes, pour des systèmes préemptifs modélisés par des réseaux de Petri temporels à arcs inhibiteurs. L’approche s’appuie sur la difference bound matrix (DBM) du graphe des classes de comportements de ces systèmes et présente une validation expérimentale.
Enfin, le dernier article explore des règles algébriques originales pour le tirage des transitions, donnant naissance à de nouvelles classes de réseaux de Petri (les group-nets et les réseaux lexicographiques). L’auteur analyse la décidabilité de certains problèmes (en particulier, leur caractère borné) ainsi que les liens entre ces réseaux et des classes bien connues.
Raymond DEVILLERS QUALSEC – Université Libre de Bruxelles
Hanna KLAUDEL
IBISC – Université d’Evry Val d’Essonne
Cet article des Editions Lavoisier est disponible en acces libre et gratuit sur tsi.revuesonline.com
Cet article des Editions Lavoisier est disponible en acces libre et gratuit sur tsi.revuesonline.com