R EVUE DE STATISTIQUE APPLIQUÉE
P IERRE D AGNELIE
L’ordinateur et l’enseignement de la statistique
Revue de statistique appliquée, tome 19, n
o1 (1971), p. 5-15
<
http://www.numdam.org/item?id=RSA_1971__19_1_5_0>
© Société française de statistique, 1971, tous droits réservés.
L’accès aux archives de la revue « Revue de statistique appliquée » (
http://www.sfds.asso.fr/publicat/rsa.htm
) implique l’accord avec les conditions générales d’uti- lisation (
http://www.numdam.org/conditions). Toute utilisation commerciale ou im- pression systématique est constitutive d’une infraction pénale. Toute copie ou im- pression de ce fichier doit contenir la présente mention de copyright.
Article numérisé dans le cadre du programme Numérisation de documents anciens mathématiques
5
L’ORDINATEUR ET L’ENSEIGNEMENT DE LA STATISTIQUE
Pierre DAGNELIE
Faculté des
SciencesAgronomiques de l’Etat, Gembloux (Belgique)
1 - INTRODUCTION ET
RÉSUMÉ
Cet article a pour
objectif
de montrer comment l’utilisation d’unpetit
ordinateurscientifique peut
contribuer à rendre sensiblementplus
efficacel’enseignement
de lastatistique appliquée.
Le
paragraphe
2 nouspermettra
de définir tout d’abord le cadregéné-
ral dans
lequel
le travail a été réalisé.Ensuite,
différentesparties
de l’en-seignement
de lastatistique
seront successivementprises
en considération :l’enseignement
de lastatistique descriptive (paragraphe 3), l’enseignement
des
principes (paragraphe 4)
et des méthodes(paragraphe 5)
d’inférencestatistique,
et le contrôle des connaissances(paragraphe 6).
L’ensemble serasuivi d’une discussion et de
quelques
conclusions(paragraphe 7).
2 - CADRE
GÉNÉRAL
2.1. Les essais dont il est fait état ici ont été réalisés à
partir
de 1966 à la Faculté des sciencesagronomiques
de Gembloux(Belgique), qui délivre,
normalementaprès cinq
annéesd’études,
lesdiplômes d’ingénieur
agronome
(y compris
certaines orientationsparticulières
telles que : eaux etforêts, génie rural, etc.)
etd’ingénieur
chimiste et des industriesagricoles . L’enseignement
de lastatistique
y est évidemment donné en tenantcompte
du faitqu’il
s’adresse à de futurs utilisateurs de l’outilstatistique,
et nonà de futurs théoriciens ou à de futurs
"professionnels"
de lastatistique.
Lesbases
théoriques
ne sontcependant
pasnégligées
pourautant, l’enseignement
ne
pouvant
en aucunefaçon
être constitué à ce niveau dusimple
énoncé d’un certain nombre de recettes.2.2. D’une
façon générale,
les cours destatistique
sont conçus de ma- nière à passerprogressivement
du concret à l’abstrait. Lapremière partie ,
laplus théorique,
commence par l’étude de lastatistique descriptive (dis-
tributions observées à une et à deux
dimensions), comprend
ensuite l’étude des distributionsthéoriques (à
une et à deux dimensionségalement),
et setermine par
l’exposé
desprincipes
de base de l’inférencestatistique (distri-
butions
d’échantillonnage,
estimation et testsd’hypothèses) [DAGNELIE, 1969].
La deuxième
partie, plus appliquée,
a pour but deprésenter
les méthodes lesplus
courantes d’inférencestatistique (méthodes
relatives aux moyennes et auxvariances,
testsd’ajustement
etd’indépendance, analyse
de la va-riance à un et à deux critères de
classification, comparaisons multiples
demoyennes, méthodes relatives à la
régression
et à lacorrélation,
transfor- mations devariables) [DAGNELIE, 1970].
L’ensemble se donne en 90 heures
environ,
dontapproximativement
unquart
est consacré à desexposées
ex cathedra, unquart
à des séances de discussion etd’explications
et la moitié à des séances d’exercices. L’audi- toireréunit,
selon lesannées,
decinquante
à centétudiants, répartis
engroupes
plus
restreints pour les séances d’exercices. Dans cesconditions , l’enseignement
de lastatistique
demande évidemment un effortimportant
de lapart
des étudiants.2.3. L’ordinateur utilisé est une unité IBM 1620 de
petite
dimension(capacité
de mémoire de 20. 000 chiffresdécimaux,
entrée et sortie par ru- banperforé).
3 - L’ENSEIGNEMENT DE LA
STATISTIQUE
DESCRIPTIVEDans le domaine de la
statistique descriptive,
l’ordinateurpermet
es- sentiellement depréparer
des séries d’exercicessemblables,
mais consti-tués de données
numériques
différentes. La résolution de ces exercicesoblige
les étudiants à travailler dans une
large
mesureindépendamment
les uns desautres,
sansqu’aucune
surveillance directe ne soit nécessaire. Deplus,
l’ordinateur
peut
fournir une solution détaillée pour chacun de ces exercices . Ces solutions facilitentgrandement
la correction des travaux etpeuvent
ensuite être remises auxétudiants,
en mêmetemps
que leurs propres feuilles deréponse.
La
figure
1reproduit
lepremier
d’une série d’exercices fournis parun programme
permettant,
d’unepart,
de constituer un nombre donné d’échan-Figure 1 - Exemple d’exercice de statistique descriptive à une dimension : échantillon de huit observations extrait d’une population normale de moyenne 20 et d’écart-type 2 , et calcul des principaux paramètres.
7
tillons,
d’effectiffixé,
extraits par simulation d’unepopulation
normale demoyenne et
d’écart-type donnés,
et d’autrepart,
de calculer lesprincipaux paramètres
caractérisant ces différents échantillons(moyenne, variance , écart-type
et coefficient devariation). Normalement,
lapremière partie (énoncé)
est donnée à l’étudiant lors d’unepremière
séance d’exercices et la secondepartie (solution)
lui est remiseultérieurement,
en mêmetemps
que saréponse corrigée.
D’autres programmes semblables ont été conçus, ou
pourraient l’être,
pour traiter
également
des distributions defréquences
à une dimension oucertains
problèmes
destatistique descriptive
à deux dimensions(corrélation
et
régression
linéairenotamment).
4 - L’ENSEIGNEMENT DES PRINCIPES
D’INFÉRENCE STATISTIQUE
4.1. Au début du cours, les programmes décrits ci-dessus sont utili- sés sans aucune allusion aux notionsthéoriques sous-jacentes,
telle que la notion de distribution ncrmale.Ultérieurement,
les mêmes programmes per- mettent non seulement d’introduire paranalogie
les notions de distributionsthéoriques,
mais aussi de familiariser les étudiants avec lesconcepts
d’échan-tillonnage
et de distributiond’échantillonnage :
les moyennes et les variances obtenues par les différents étudiants constituent en effet une illustration de deux distributionsd’échantillonnage.
Le programme enquestion
donne d’ail-leurs,
enplus
des exercicesindividuels,
certains résultatsrécapitulatifs,
dont la moyenne
générale
etl’écart-type
des moyennes. On en déduit facile- ment la notion d’erreur-standard de la moyenne.4.2. Une autre variante du même programme
donne,
pourchaque
échan-tillon,
les limites de confiance de la moyenne, calculées ensupposant
con-nu
l’écart-type
de lapopulation.
Onpeut
ainsi introduire defaçon
relative-ment concrète la notion d’intervalle de confiance de la moyenne. En
parti- culier,
la connaissance desparamètres
de lapopulation permet
d’illustrer a posteriori la notion dedegré
deconfiance,
en observant laproportion
des étudiantsqui
ont effectivement obtenu des limites de confiance entourant la"vraie" moyenne et la
proportion
des étudiants dont l’intervalle de confiancene contient pas cette "vraie valeur".
De tels exercices mettent en
général
bien en évidencel’importance
desfluctuations
aléatoires,
que les étudiants(et
souvent même les utilisateurs de l’outilstatistique)
n’ont quetrop
tendance ànégliger, croyant toujours
que "le hasard fait bien les choses".4.3. Un programme
analogue
a étépréparé
pour aborder l’étude des testsd’hypothèses.
Il fournit des séries deproblèmes comportant
chacun deux échantillons extraits depopulations normales,
de moyennes éventuel- lement différentes mais de mêmevariance,
ainsi que les solutions de cesproblèmes,
c’est-à-dire lesprincipales étapes
et le résultat des testsd’éga-
lité des moyennes.
L’utilisation de ce programme
permet
enparticulier
d’introduire defaçon
concrète la notion depuissance
du test.L’exemple
suivant,qui
s’estprésenté récemment,
entémoigne.
Au cours d’une
première séance, vingt
étudiantsreçoivent
des donnéesprovenant
depopulations
normales de moyennesmt=m2=10
etd’écart-type
C = 3
(seul l’écart-type
est connu des étudiants et les données dedépart
sontfournies avec une
décimale,
pour des échantillons d’effectif10) ; vingt
autresétudiants
reçoivent
des données deparamètres mi=10, m2=ll
et o=3;vingt
autres encore des données deparamètres m 1= 10, m2=12eta=3;
etc.
Chaque
étudiant réalise immédiatement le testd’égalité
des deux moyennes et remet sa solution.Au début de la séance
suivante,
les exercicescorrigés
sontdistribués ,
en même
temps
que les solutions fournies par l’ordinateur. Une discussiongénérale permet
alors de constater quel’hypothèse d’égalité
des moyennes a dû êtrerejetée
une foisparmi
lesvingt premiers
cas(m 1=~12),
deux foisparmi
lesvingt
cas suivants(m 2 - m 1= 1 ), puis
successivement six fois(m2"’n~=2),
onze fois(m 2 -
ml=3) et quinze
fois(m2 -
ml =4).
Ces cons-tatations illustrent les notions d’erreurs de
première
et de deuxièmeespèces ,
en montrant notamment comment la
fréquence
de cette dernièrepeut
varieren fonction du
degré
de fausseté del’hypothèse
nulle.Enfin, après
unexposé théorique
de la notion depuissance,
le calculpermet
de constater, au cours d’une troisièmeséance,
que laprobabilité
derejet
del’hypothèse
nulle est, selon les cas, de5 %, 12 %, 32 %,
61%
et 85
%,
alors que lesfréquences
observées étaientégales à 5 %, 10 %, 30 %,
55
%
et 75%.
Ils’agit
là évidemment d’une concordanceparticulièrement
bonne entre la théorie et l’observation.
5 - L’ENSEIGNEMENT DES
MÉTHODES D’INFÉRENCE STATISTIQUE
5.1. Lesprincipes exposés
ci-dessuspeuvent
être étendus à toutes les méthodes d’inférencestatistique,
et nousdisposons
effectivement d’une série de programmespermettant
de traiter lesproblèmes
suivants : intervalle de confiance d’une moyenne et testd’égalité
de deux moyennes pour des échantillonsindépendants
ou associés parpaires (la
variance de la ou despopulations
étantinconnue),
testd’égalité
de deuxvariances, analyse
de lavariance à un critère de classification
(avec
effectifségaux
ouinégaux et, éventuellement,
estimation descomposantes
de lavariance),
calcul et testde
signification
d’un coefficient de corrélation.De
plus,
un énoncé concret estimprimé
dans certains cas avant les donnéesnumériques
obtenues parsimulation ; la figure
2 en fournit unexemple.
Figure 2 - Exemple de problème concret d’inférence statistique.
9
5.2. L’examen d’une série de
problèmes semblables,
obtenus par si-mulation,
s’avèreparticulièrement
intéressantégalement
en cequi
concerne lescomparaisons multiples
de moyennes. Chacun sait que l’ondispose
dansce domaine de nombreuses
méthodes,
mais peu de statisticiens réalisent vrai- semblablement lesmécomptes auxquels peut
conduirel’emploi
abusif de ces méthodes.L’exemple
suivant en donne une assez bonneidée,
bienqu’il
neprenne en considération que trois solutions du
problème :
la méthode de laplus petite
différencesignificative,
la méthode de NEWMAN et KEULS(ou STUDENT-NEWMAN-KEULS)
et la méthode de DUNNETT[DAGNELIE,
1965et
1970].
Des échantillons de huit individus ont été
prélevés quarante fois,
parsimulation,
danscinq populations
normales(A, B, C, D, E)
de moyennes mA = ma =2 0,
mc= m D = mE = 22,
etd’écart-type
cr = 2. Ces observations ont été soumises successivement àl’analyse
de la variance à un critère de clas- sification et aux trois méthodesqui
viennent d’être citées. Le tableau 1 ré-sume les différentes conclusions obtenues.
Les trois
premières
colonnes donnent l’essentiel des résultats des ana-lyses
de lavariance,
c’est-à-dire : les carrés moyens factorielsCM.,
lescarrés moyens résiduels
CM r et
lesrapports Fobs .
Les deux colonnes sui- vantes réunissent les différentes moyennesobservées,
classées d’unepart
selon la méthode de laplus petite
différencesignificative
et d’autrepart
se- lon la méthode de NEWMAN et KEULS.Enfin,
la dernière colonneindique,
au sens de
DUNNETT,
les "traitements"qui
diffèrentsignificativement
du"traitement
A",
considéré comme témoin.En examinant ce
tableau,
on constate tout d’abord quel’analyse
de lavariance n’a pas révélé l’existence de différences
significatives
dans 9 cassur 40
(22,5 %). Quant
aux 31 autres cas, ils sontrépartis
encinq catégories , d’après
les résultats des tests de laplus petite
différencesignificative
et deNEWMAN et KEULS. Ces différentes
catégories
sont les suivantes :- identification exacte des deux groupes de moyennes
(A-B
etC-D-E)
par les deux méthodes : 6 cas(15 %) ;
- identification exacte des deux groupes de moyennes par la mé- thode de la
plus petite
différencesignificative
et chevauchement des deux groupes(erreur
de deuxièmeespèce)
par la méthode de NEWMAN et KEULS : 1 cas(2,5%) ;
- chevauchement des deux groupes ou
apparition
d’un groupe in- termédiaire par la méthode de laplus petite
différencesignificative
et ab-sence de toute différence
significative
par la méthode de NEWMAN et KEULS(erreurs
de deuxièmeespèce, plus
ou moinsimportantes,
pour les deuxméthodes) :
5 cas(12,5 %) ;
- chevauchement des deux groupes
et/ou apparition
d’un groupe in- termédiaire par les deux méthodes(erreurs
de deuxièmeespèce) :
10 cas(25 %) ;
b- chevauchement des deux groupes
et/ou apparition
d’un ouplu-
sieurs groupes intermédiaires par les deux
méthodes,
avec en outre une dé-finition inexacte des groupes par la méthode de la
plus petite
différence si-gnificative (erreurs
depremière
et de deuxièmeespèces
par cette dernière méthode et erreurs de deuxièmeespèce uniquement
par la méthode de NEWMAN etKEULS) :
4 cas(10 %) ;
- définition inexacte des groupes par les deux méthodes
(erreurs
depremière
et de deuxièmeespèces) :
5 cas(12,5 %).
Pour les données examinées
ici,
on constate donc que les deux méthodes conduisent leplus
souvent à des conclusionserronées,
dans un sens ou dans l’autre. Aucune des deux ne s’avère d’ailleurs nettementsupérieure
àl’autre,
la seule distinctionrésidant,
comme il fallaits’y attendre,
en unéquilibre
différent des
risques
depremière
et de deuxièmeespèces.
La méthode de DUNNETT,
qui s’applique
auproblème particulier
de lacomparaison
avec untémoin,
al’avantage
de réduire le nombre de tests ef- fectués et, de ce faitmême,
de limiter dans une certaine mesure les ris- ques d’erreur. Associée àl’analyse
de lavariance,
cette méthode ne met aucune différence en évidence dans 13 cas sur 40(32,5 %) ;
elle conduit à la solution exacte duproblème
dans 8 cas sur 40(20 %) ;
et elle fournit une so-lution
partielle
dans 17 cas sur 40(deux
différencessignificatives
au lieude trois sont trouvées dans 11 cas sur
40,
soit27,5 %,
et une dans 6 cassur
40,
soit 15%). Enfin,
la méthode de DUNNETT donne uneréponse
inexacte(erreur
depremière espèce)
dans 2 cas sur 40(5 %).
Cet
exemple
montre combien les fluctuations aléatoirespeuvent
êtreimportantes
en cequi
concerne les conclusions obtenues par ces méthodes . Ilapporte également
unejustification supplémentaire
à l’affirmation du faitqu’il
y a lieu d’éviter autant quepossible l’emploi
de cesméthodes,
notam-ment en définissant de
façon précise
le but de touteexpérimentation [DAGNELIE, 1970].
’
6 - LE CONTROLE DES CONNAISSANCES
6.1. En ce
qui
concerne le contrôle des connaissances en cours d’an-née,
l’ordinateurpermet
un usage facile de tests constitués dequestions
à choixmultiple.
Lapréparation
et la réalisation de tels tests ne demandenten effet
qu’un
minimum detemps,
et leur correctionn’exige qu’une perforation
des numéros des
réponses
choisies par les étudiants et un bref passage en ordinateur.En outre, l’utilisation de l’ordinateur pour effectuer la correction de
ces tests
permet
d’obtenir trèsfacilement,
non seulement des résultats moyens parétudiant,
mais aussi des résultats moyens parquestion,
tel que parexemple,
pour les différentesquestions,
lesproportions
deréponses
exactes. Ces derniers résultats sont
particulièrement précieux
pour les en-seignants,
car ils fournissent des indicationsprécises
sur ledegré
de diffi-culté des différentes
questions
et,éventuellement,
sur les lacunes de l’en-seignement.
Enfin,
la réalisation de tests formés dequestions
à choixmultiple
estl’occasion d’une illustration de la notion
d’espérance mathématique.
Le pro- blème suivantpeut
en effet êtreposé :
étant donné unequestion
pour la-quelle
kréponses
sontproposées,
étant donnéqu’un point
est attribué si laréponse
exacte estindiquée, quelle pénalisation (note négative)
faut-il at-tribuer aux k-1 autres
réponses
pourqu’en
moyenne, un choixcomplètement
aléatoire conduise à un résultat nul ?
11
6.2. Nous utilisons
normalement,
dans cedomaine,
des séries de 20questions, qui
peuvent être résolues en unevingtaine
de minutes. A titred’exemples,
les troisquestions
suivantes sont extraites d’un test réalisé à la fin de l’étude de lastatistique descriptive
à une et à deux dimensions :Les
fréquences
relatives sont obtenues :1/
en divisant lesfréquences
absolues par l’intervalle de classes .2/
en divisant lesfréquences
absolues par le nombre de classes.3/
en divisant lesfréquences
absolues par l’effectif.Pour les distributions
en j,
lepolygone
defréquences
cumulées :1/ possède
une concavité tournée vers le bas.2/
e stpratiquement rectiligne.
3/ possède
une concavité tournée vers le haut.La variance résiduelle de y est :
1/ parfois
inférieure à la variancemarginale
de y.2/ toujours supérieure
à la variancemarginale
de y.3/ toujours
inférieure à la variancemarginale
de y.4/ parfois supérieure
à la variancemarginale
de y.La correction du test
permet
de chiffrer le niveau de difficulté de ces dif- férentesquestions :
nous avons en effet observé récemment 97%
deréponses
exactes pour la
première,
76%
pour la deuxième et 44%
pour la troisième . Demême,
lesquestions suivantes, posées
à la fin de l’étude des dis- tributionsthéoriques
à une et à deuxdimensions, correspondent
à des ni-veaux de difficulté très différents
(respectivement
89%,
73%
et 23%
de ré- ponsesexactes,
pour la mêmepromotion d’étudiants) :
La somme de deux ou
plusieurs
variables normales réduitesindépen-
dantes est :
1/
une variable normale.2/
une variable t de STUDENT.3/
une variableX2
de PEARSON.Est-il vrai que :
1/ l’indépendance stochastique
de deux variables aléatoires en-trame
toujours
la nullité de leur coefficient de corrélation ?2/
la nullité du coefficient de corrélation de deux variables aléa- toires entraînetoujours
leurindépendance stochastique ?
3/ l’indépendance stochastique
de deux variables aléatoires en-traîne
parfois
la nullité de leur coefficient de corrélation ?Pour une distribution
théorique
à deuxdimensions,
les variances con- ditionnelles sont :1/ toujours supérieures
à la variancemarginale correspondante.
2/ toujours
inférieures à la variancemarginale correspondante.
3/ parfois inférieures, parfois supérieures, parfois égales
à lavariance
marginale correspondante.
4/ toujours
inférieures ouégales
à la variancemarginale
corres-pondante.
On notera
particulièrement,
dans le casprésent,
le manque decompréhension
par la
majorité
desétudiants,
des notions de variancesmarginale,
condition-nelle et résiduelle.
6.3.
Quelle
que soit leur valeur commeépreuves partielles,
en coursd’année,
de tels tests ne nousparaissent
pas suffisants pourjuger
en find’année du
degré
d’assimilation de l’ensemble d’un cours. Lespossibilités
de calcul
qu’offre
l’ordinateurpeuvent
néanmoins être utilisées à cestade ,
de deux manières au
moins,
dans un butcritique.
D’une
part,
le recours à l’ordinateurpermet
de réaliserplus
facile-ment des études de corrélation et de
régression multiple, susceptibles
d’orien-ter de
façon objective
le choixqui
doit être fait entre différentstypes
dequestion
ou différentes modalités d’examen. Nous avonspersonnellement
com-paré
ainsi lesquatre possibilités
suivantes : -.-
réponse
orale à unequestion
trèsgénérale,
suivie dequelques sous-questions appartenant
au même domaine(interrogation
d’une durée de 15à 20
minutes) ;
-
réponse
orale àquelques (trois
ouquatre) questions particulières (interrogation
d’une durée de 10 à 15minutes) ;
- résolution écrite de deux ou trois
problèmes concrets,
néces- sitant unepart
relativementimportante
de calcul(examen
d’une durée d’une heure et demie à deuxheures) ;
- résolution écrite de
quatre problèmes concrets,
relatifs essen- tiellement aux méthodes à utiliser dans telle ou tellesituation,
et ne néces-sitant
pratiquement
pas de calcul(examen
d’une durée d’une heure à une heure etdemie).
Au cours de
quatre
annéessuccessives,
nous avons déterminé leséqua-
tions de
régression multiple, exprimant
la noteglobale
destatistique (moyenne arithmétique simple
des résultats desquatre épreuves partielles)
et le résul-tat final
(échec
ou réussite de l’étudiant pour l’ensemble des matièresfigu-
rant au
programme)
en fonction desquatre
notespartielles.
Nous en avonsconclu
principalement
que la deuxième et laquatrième
formesd’interroga-
tion s’avéraient être les
plus
discriminantes et que lapremière
forme d’in-terrogation n’apportait pratiquement
aucune informationsupplémentaire
parrapport
aux trois dernières.D’autre
part,
le recours à l’ordinateurpermet
aussi de calculer aisé- ment pour chacun desétudiants,
non seulement un résultat moyen, mais aussi des limites de confiance. Les résultats que nous avons obtenus noussemblent devoir inciter les examinateurs à
plus
deprudence
dans lesjuge-
ments
qu’ils portent
habituellement sur leurs étudiants.7 - DISCUSSION ET CONCLUSIONS
Quelques
remarques méritent d’êtreformulées,
ausujet
des différentespossibilités
d’utilisation de l’ordinateurqui
ont été décrites ci-dessus.13
Il
’faut
reconnattre tout d’abord que ces différentespossibilités
n’ontpas fait
l’objet
de notrepart d’expériences
strictementcontrôlées, qui
au-raient seules
permis
d’en chiffrer la rentabilité.Mais,
dansl’ensemble,
cesessais ont néanmoins donné de
façon
indiscutable des résultats très favora- bles.D’autre
part,
il est évident que toutes lespossibilités
décrites ci-dessus,
et notamment l’utilisation de tests à choixmultiple,
ne sont pas liées strictement àl’emploi
de l’ordinateur. Mais il est certain que l’ordinateurapporte
dans tous les cas une aideparticulièrement précieuse.
Laplupart
des essais n’auraient d’ailleurs pas été
réalisés,
ou n’auraient pas été réa- lisés d’une manière aussiefficace,
à l’aide des moyens de calcul tradition- nels.Les
possibilités
décrites ci-dessus ne constituent évidemment que desexemples,
et de nombreuses améliorationspourraient
y êtreapportées.
Onpourrait
penser notamment àélargir
l’éventail desproblèmes qui peuvent
êtreengendrés
par simulation : uneexpérience analogue
à lanôtre,
maiscomportant
un choixplus important
de programmes, a étéprésentée
tout ré-cemment par CARMER et CADY
[1969].
Enfin,
nous devons insister sur le fait que nous n’avons réalisé aucunetentative
d’enseignement programmé
et que nousn’envisageons
pas ici lespossibilités d’emploi
direct de l’ordinateur parl’étudiant,
notamment par"time-sharing".
Des essais ont notamment été réalisés dans ce domaine par FOSTER etSMITH [ 1969 ] ,
GRUBB et SELFRIDGE[1964]
et SCHATZOFF[1968 ] .
Nous ne souhaitons pasprendre position
à leursujet,
notre but étantuniquement
de rendrecompte
d’uneexpérience personnelle qui
n’a demandé que des moyens de calcul relativementlimités,
etqui pourrait,
de cefait,
être
transposée
aisément dans toute université ougrande
école.8 - REFERENCES
CARMER S. G. et CADY
F.B. - Computerized
datageneration
forteaching
statistics. Amer. Statist.
23(5), 33-35,
1969.DAGNELIE P. - A propos de
quelques
méthodes decomparaisons multiples
de moyennes. Biom. Praxim.
6, 115-124,
1965.DAGNELIE P. -
Théorie
et méthodes statistiques :applications
agrono- miques(vol. 1). Duculot, Grembloux,
378 p., 1969.DAGNELIE P. - Théorie et méthodes statistiques : applications agrono-
miques (vol. 2). Duculot, Gembloux,
451 p. , 1970.FOSTER F.G. et SMITH T.M.F. - The
computer
as an aid inteaching
sta-tistics. Appl. Statist. 18, 264-270,
1969.GRUBB R.E. et SELFRIDGE L.D. -
Computer tutoring
instatistics.Computers
Autom.13,
20-26, 1964.SCHATZOFF
M. - Applications
of time-sharedcomputers
in a statistics cur-riculum. J. Amer. Statist. Assoc.
63, 192-208,
1968.Tableau 1
Résultats de différents tests de comparaisons de moyennes appliqués à 40 séries de données semblables.
15
Revue de Statistique Appliquée. 1971 - vol. XIX N° 1