HAL Id: tel-00815389
https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00815389
Submitted on 19 Apr 2013
HAL is a multi-disciplinary open access archive for the deposit and dissemination of sci- entific research documents, whether they are pub- lished or not. The documents may come from teaching and research institutions in France or abroad, or from public or private research centers.
L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est destinée au dépôt et à la diffusion de documents scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, émanant des établissements d’enseignement et de recherche français ou étrangers, des laboratoires publics ou privés.
Flexibilités et hétérogéneités structurelles de
biomolécules impliquées dans la transcription inverse du virus de l’immunodéficience humaine
Thomas Gelot
To cite this version:
Thomas Gelot. Flexibilités et hétérogéneités structurelles de biomolécules impliquées dans la transcrip-
tion inverse du virus de l’immunodéficience humaine. Sciences agricoles. Université de Strasbourg,
2012. Français. �NNT : 2012STRAE018�. �tel-00815389�
Flexibilités et hétérogénéités struturelles de
biomoléules impliquées dans la Transription
Inverse du Virus de l'Immunodéiene
Humaine
Soutenue publiquementpar
Thomas GELOT
Réalisée sous ladiretion de
Stefan HAACKE etLudger WOESTE
JURY
DimitraMARKOVITSI Rapporteur externe
Jean-Pierre WOLF Rapporteur externe
Yves MELY Examinateur
Jérémy LEONARD Membre invité
Stefan HAACKE Direteur de thèse
LudgerWOESTE Direteur de thèse
Institut dephysiqueethimiedesmatériauxdeStrasbourg(IPCMS)
Départementd'optiqueultrarapideet nanophotonique
Je tiensenpremierlieu àremerierlesmembresdemon jury:DimitraMARKOVITSI,Jean-Pierre
WOLF,YvesMELYpourm'avoirfaitl'honneurdejugeretravail.
Ensuite, j'aimeraisexprimerma plusprofonde gratitudeenversStefan HAACKE. Je luisuis reon-
naissantpouravoirfaitunjour lepariqu'unpetit biologistepourraitintégrersonéquipe.C'estgrâeà
sonsoutientquej'aipuentrevoirlemondedelareherhe,etpluspartiulièrementeluidelaphysique.Il
estàl'origine,diretementetindiretement,denombreuxbouleversementsdanslamanièredeonevoir
leshoses quim'entourent.Malgréuneativitésientique inessanteet toujoursenprogression,il sait
toujourssemontrerdisponiblepourlesmembresdesonéquipe,enesens,sesqualités demanagersont
toutbonnementinroyables.Cefutunplaisiret unexempledetetoyer.
Bien entendu, toute l'équipe de BIODYN n'est pas en reste, assurément. Je souhaite évidemment
remerierJérémyLEONARD,pourl'ensembledestâhesqu'ilpeutaomplirauseindel'équipe,pourson
eaité,soninter-omplémentarité,etaussilesnombreusesremarquesinstrutivesqu'ilpeutapporter
lorsdenosréunions.J'appréietout partiulièrementladynamiquequ'ilinsueauseindel'équipe.Un
grandmeriauxthésards et post-dotorantsatuels del'équipe: ThomasROLAND,pourm'avoirfait
leadeaudesapréieuseamitié,pourm'avoirouvertlesyeuxsurtout unpandegeekeriequim'étaient
inonnusjusqu'alors,SahaMAILLOT,poursonhumeuret sagentillesse,AlexandreCHEMINALpour
soninsatiableuriosité,PatriiaTOURONTOUCEDA,avequij'aipupartagertouteslesjoiesd'undur
labeursurlamanip,et JulienNILLONpoursonaidepréieusesur lemanusrit.Je souhaiteégalement
remerier lesmembres passés del'équipe, Julien BRIAND, Nhan LECONG, DivyaSHARMA, qui ont
eulapatienedemeformerpendantmespremiersmois.
Alalistedespersonnesauxquellesj'exprimemareonnaissanes'ajoute:OlivierCREGUT,indispens-
ableàtouteunegénérationdedotorants,poursonaideetsespréieuxonseilsenoptiquenon-linéaire,
Gauthier DEKYNDT et Jean-Pierre VOLA, pour leur ontribution àl'ensemble des minutieux détails
qui font que le setup est e qu'il est, Virginie STORTZ pour sonimpliation en tant qu'ACMO et sa
prévenaneentempsderise,Estelle BRUNETTEpoursadisponibilité.
A Berlin,je souhaite bien évidemment remerier LudgarWOESTE, pourm'avoirfait l'honneurde
m'aepterauseindesonéquipe.Outrel'opportunitésientiquedediversiermesreherhes,sonéquipe
aétépourmoiunquasi-foyer.MeriàTorstenSIEBERT,pourm'avoirenadrésurleprojetNCp7,efut
unplaisirdetravailleraveunepersonned'unesigrandequalitésientique.MeriàOliverGAUSEpour
toutesadisponibilitéetsonaidesurlespetromètre,àFranzHAGEMANNpoursonextrêmegentillesse,
pourm'avoirsupportéàlafoisauseindubureauetsurlamanip,àCristinaSTANCACAPOSTA,ainsi
qu'àFrauODEHpoursonextrêmedoueur.
inroyables,souventparl'entremisedutravail,etquiparlasuitesesontrévéléesdesamisindéfetibles.Je
leursuisreonnaissantd'avoirpartagédurantesannéesdethèsemesraintes,mesespoirs,mesidées,mes
délires.MeriàJeanBESBAS,monpetitfenouil.Jetedoisbeauoup,etjesaisquetupeuxfailementen
témoigner.MeriàBertrandYUMA,pourtapersonnalitéhorsduommun.MeriàThibautBERDOT
pour nos délires si partiuliers.Meri à Alex SOLE pour ton singularisme et ton véu. Meri à Aldo
MIRABAL, pour m'avoirfait déouvrir tantde hoses de Berlin, meri àWalter NAKAEMA pour ta
bonté. Ilserait riminel d'oublier mes ollègueset amisde bureaux, membres respetueux de l'Agene
TousRisqueetdesQuatreFantastiques:YannikHINSCHBERGER,DeborahPERSUY,RafalJASIAK,
ouenoreLaureen MANGOTainsi queMarZIEGLER. Votreprésene vamemanquer, maise n'est
quepartieremise.
Cette périodedemouvementsn'auraitpaspusefairesansunsoutientinonditionneldespersonnes
quejequalieommemesraines.JeremerieArmelleNGUYEN,ThomasJEANNE,RomainBOULIER,
ChristophePIERRET,JulienREBUFFAUD,EssamSHERIF,ClémentLAIGLEpourl'honneurdevotre
inaltérable amitié.Je n'oublie pasque 'étaitpourte voir,Thomas, queje suis monté la premièrefois
surStrasbourg.
A etinstant,mespenséesvontnaturellementenversma famille.Je remeriemesparentspourtout
e qu'ils m'ont apporté, sans eux je ne serais rien. En premier lieu ma mère, qui de toute sa bonté,
prend si bien soinde nous. Je lui suis reonnaissantpoursa fore dearatère et sonamourinni. Je
remeriemonpère, emodèlepourbiendeshommes, pouravoirtentédeme transmettreune partiede
sesonnaissanes etexpérienes.Jevoussouhaitedetout monoeurdesjoursmeilleurs.
Enn,jesouhaiteremerieretdédieretravailàmafemme,Yana,quim'asibiensoutenuetsupporté,
partiulièrementen période de rédation.C'est unbonheur indesriptible departager tonexisteneau
quotidien.
1 État de l'art du projet 1
1.1 Contextebiologique . . . 2
1.1.1 LaprotéinedeNuléoapside7duvirusHIV . . . 3
1.1.1.1 StruturedelaNCp7 . . . 3
1.1.1.2 NCp7:Uneprotéinehaperonned'aidesnuléiques . . . 5
1.1.1.3 Exemple derle : Impliation deNCp7 dansletransfert de brin(+) de latransriptioninverse . . . 7
1.2 Motivationsdelathèse . . . 8
1.3 ApproheA:Dynamiquestruturellede
∆
(-)PBS-2Ap(6,8et 10) . . . 101.3.1 Utilisationd'unesondeextrinsèquedeuoresene:la2Ap . . . 10
1.3.2 Lequenhingdeuoresenedela2Ap . . . 10
1.3.3 Informationspotentielles apportéesparlequenhingdeuoresene . . . 11
1.4 ApproheB:CID-LIDdeNCp7[35-50℄sousformelibreourepliée . . . 12
1.4.1 Quelletehnique? . . . 12
1.4.2 Intérêtd'unefragmentationenphasegazeuse . . . 14
1.4.3 PourquoiNCp7? . . . 14
2 Approhe A :Montageexpérimental 15 2.1 Choixdumontage . . . 16
2.1.1 Motivationgénérale . . . 16
2.1.2 Conversiondefréquenes . . . 19
2.2 Aorddephaseendiérenedefréquene . . . 20
2.2.1 Conditionsd'aorddephase . . . 20
2.2.2 Expressiondel'angled'aorddephaseentypeII . . . 23
2.3 Aeptanespetrale . . . 25
2.3.1 EaitédeonversionenDFG . . . 25
2.3.2 Eetdesdiérentsparamètresd'interationsurl'aeptanespetrale . . . 26
2.4.1 Dispersiondevitessedegroupe(GVD) . . . 28
2.4.2 Désaorddevitessedegroupe(GVM) . . . 29
2.4.3 Désaorddufrontd'impulsion(PFM). . . 31
2.5 Élémentsdumontage . . . 32
2.5.1 SoureLaser . . . 32
2.5.2 Positionnementdel'éhantillonet olletiondelauoresene . . . 34
2.6 Caratérisationdumontageexpérimental . . . 37
2.6.1 Protooleexpérimental . . . 37
2.6.2 Performanes . . . 38
2.6.3 RésultatsetDisussion . . . 39
2.7 Conlusion . . . 44
3 Approhe A :Résultats 45 3.1 Conepts . . . 46
3.1.1 Tempsdeviedeuoreseneet rendementquantique . . . 46
3.1.2 Quenhingstatiqueetquenhingdynamique . . . 47
3.1.3 Dynamiquedequenhingetinformationsstruturelles . . . 50
3.2 Préparation
&
onditionnementdeséhantillons. . . 503.3 Résultatspréliminaires . . . 52
3.4 Cinétiquesdequenhing . . . 55
3.5 Anisotropiedeuoresene . . . 63
3.5.1 Prinipe . . . 63
3.5.2 Mesured'anisotropierésolueentemps . . . 64
3.5.3 Traitementdesdonnées . . . 65
3.5.4 Résultats . . . 65
3.5.4.1 2Aplibre . . . 65
3.5.4.2 2Apinorporéedans
∆
(-)PBS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 653.6
∆
(-)PBSetglyerol . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 683.7 Conlusion . . . 72
3.8 Annexeauhapitre3. . . 74
4 Approhe B 78 4.1 Matérielsetméthodes . . . 79
4.1.1 Prinipauxélémentsd'uneexpérieneenphasegazeuse . . . 79
4.1.1.1 LasoureESI . . . 79
4.1.1.2 Lespetromètredemasseentandem . . . 82
4.2 Fragmentationdespeptides . . . 90
4.3 Résultats . . . 93
4.3.1 Spetredemasse
Q 1
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 934.3.2 SpetresCIDetLIDde[(35-50)NCp7℄,
3H +
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 934.3.2.1 Régiondefaiblerapportm/z:de100à300m/z . . . 95
4.3.2.2 Régionderapportm/zentral:de300à630m/z(Fig.4.17et4.18) . . . 104
4.3.2.3 Régionderapportm/zélevé: de650à1000m/z(Fig.4.19). . . 107
4.3.3 EetduZinsurlesspetresCIDet LIDde[(35-50)NCp7℄,
3H +
. . . . . . . . . . 1074.4 Résuméetperspetives. . . 110
5 Conlusion 116
1.1 Illustrationduyleviral . . . 3
1.2 Les8prinipalesétapesdelaTransriptionInverse . . . 4
1.3 Composition delaprotéinedeNuléoapside7 . . . 5
1.4 Struturesseondairesdestiges-boules(-)PBSet
∆
(-)PBS . . . . . . . . . . . . . . . . . 71.5 Comparaisondesstruturesde
∆
(-)PBS:(a)sousformelibre,(b)omplexéeave(12-55) NCp7 . . . 81.6 MéanismesproposésparGodet&Al. [1℄ pourl'appariementdesstrutures(-)/(+)PBS . 9 1.7 Séqueneduvariantsimpledoigt deZin(35-50)NCp7:. . . 13
2.1 Courbes d'eaité de transmission des éléments liés à la détetion (a) Caméra CCD, PrinetonInstrument (modèle:Spe10,bakilluminated,ourbeverteenpointillés).(b) Réseau:JobinYvon (modèle: 51018110) . . . 21
2.2 Indies de réfration ordinaire (noir) et extraordinaire (rouge) dans un ristal de BBO (uniaxenégatif)àlatempératurede20°pour
θ
=29°. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 222.3 Dénitiondesanglesd'aorddephase. . . 24
2.4 Représentationvetorielledel'aorddephase . . . 24
2.5 Courbesd'aorddephasepourlaDFGdetypeII dansunristaldeBBOenfontionde l'angle
α
pourunfaiseauporteà800nm.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 252.6 Eaitédeonversionrelativepourdiérentsanglesd'aorddephaseave
λ G
=800nm,α = 4
°etL
=400µ
m . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 282.7 Eaitéde onversionrelativepourdiérentes épaisseurs deristal ave
λ G = 800
nm,α = 4
°etθ = 40
°. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 282.8 Eaitéde onversionrelativepourdiérents anglesde non-olinéaritéet àprofondeur demodulationonstanteave
λ G = 800
nm . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 282.9 Eaité de onversion relative pour une gate à 800 ou 1300 nm et à profondeur de modulationonstante. . . 28
2.11 GVDpourquelquesmatériauxoptiquesusuels(doumentMellesGriot).. . . 29
2.12 Augmentationdeladuréed'uneimpulsionde40fsauoursdesa propagationdansdela siliepourtroislongueurd'ondediérentes. . . 29
2.13 EetdelaGVD . . . 29
2.14 Dégradationdelarésolutiontemporellesousl'eetdelaGVM . . . 30
2.15 Evolutiontemporelledesfaiseauxuoreseneetgate . . . 31
2.16 Représentationdudésaorddufrontd'impulsionengéométrienon-olinéaire. . . 31
2.17 Dispositifd'aorddesfrontsd'ondedegateetdeuoresene . . . 32
2.18 ShémaGlobaldel'expérienedeFluoreseneUltra-rapideRésolueenTempsparDown- ConversiondeFréquenes . . . 33
2.19 Caratéristiquesdel'impulsiondélivrée parleNOPA . . . 35
2.20 Positionnementdel'éhantillondansleportoir . . . 36
2.21 Alignementdespointfoauxdesparaboles. . . 37
2.22 Superposition desaratéristiquesspetralesduPPOaveelle dudispositifdeDFG. . . 38
2.23 Performanesdumontagededown-onversionrésuméesautourd'uneexpérienefaiteave du2,5Diphényloxazole. . . 40
2.24 AnalysequalitativedessignauxDFGdelauoreseneémiseparlePPO. . . 41
2.25 CinétiquesdeuoreseneduPPO,mesurées à370nm. . . 42
2.26 Résultatsobtenusàpartirdesparamètresénonésdansleparagraphe2.6 . . . 43
3.1 Formationd'unomplexenonuoresententrelela2Apetlequenheràl'étatfondamental 47 3.2 Photoexitation dela2AP:intermédiairedeFrank-Condon . . . 49
3.3 Photoexitation dela2Ap:méanismedetransfertdetrou(oxydatif) . . . 49
3.4 Photoexitation dela2AP:méanismedetransfertd'életron(réduteur). . . 49
3.5 Rappeldesdiérentsomposésbiohimiquesutilisés . . . 51
3.6 Cinétiquededélin d'anisotropiedeuoresenepourla2Ap àl'étatlibre . . . 66
3.7 Comparaisondes inétiques de délin d'anisotropiede la2AP libre et introduiteau sein de
∆
(-)PBS,enposition6(rouge),8(bleue)et10(verte). . . . . . . . . . . . . . . . . . . 673.8 Résultatsdelamesured'anisotropierésolueentemps . . . 69
3.9 Superposition desinétiques dedélindesODNs
∆
(-)PBS-2Ap(8, 10)etdela2Ap libre, ensolutionsdansdel'HEPEsetduglyerol . . . 703.10 Histogrammesdesouples(tempsdeviedeuoresene/amplitudes)dansleglyerol . . 72
3.11 Élémentsd'anisotropiefondamentale . . . 74
3.12 Représentationdel'eetdephoto-séletionparuneexitation vertialeethorizontale . . 76
4.2 Agauhe: PhotographiedelasoureESIenation.Adroite:Élémentsdelasoure. . . 81
4.3 Méanismesdeformationd'espèeshargéesparESI . . . 82
4.4 Potentielséletrostatiques
φ
utiliséspourleguidagedesionsmoléulaires: . . . 844.5 Diagrammedestabilitédanslesystèmedeoordonnées(a
z
,qz
). . . . . . . . . . . . . . . 854.6 Diagrammedestabilitédanslesystèmedeoordonnées(a
z
,qz
): . . . . . . . . . . . . . . 864.7 Diagrammedestabilitédanslesystèmedeoordonnées(a
z
,qz
): . . . . . . . . . . . . . . 874.8 Présentationdumontageexpérimentaldanssaglobalité: . . . 88
4.9 Fontionnementd'unpiègeioniquemultipolaire: . . . 89
4.10 Présentationdesfragmentslesplusprobablesdusquelettepeptidique :. . . 92
4.11 Analysedelaompositiondessolutionspulvérisées: . . . 94
4.12 SpetresCIDetLIDdiérentielde((35-50)NCp7)
3+
:zoomsur larégiondefaiblem/z:. 96 4.13 Méanismeséquentieldeprodutiondel'ion129m/z,d'aprèslesétapesesquisséesdans[2℄. 99 4.14 SpetresCIDde(35-50)NCp7àdiérentesénergiesinétiques : . . . 1004.15 Un des nombreux méanismes possibles permettant l'obtention des fragments 129, 159, 668m/z: . . . 101
4.16 Storage-sandesions129et146m/z . . . 105
4.17 SpetresCIDetLIDdiérentielde((35-50)NCp7)
3+
:zoomsurlarégionentre300et600 m/z:. . . 1064.18 SpetresCIDet LID diérentielde ((35-50)NCp7)
3+
: zoom surla régionautour de600 m/z:. . . 1084.19 SpetresCIDetLIDdiérentielde((35-50)NCp7)
3+
:zoomsurlarégionderapportm/z élevé: . . . 1094.20 SpetresCID et LID diérentiel de ((35-50)NCp7+Zn)
3 +
: zoomsur la région de faible m/z:. . . 1124.21 Histogrammedesfragmentsdérivésdutryptophane: . . . 113
4.22 Histogrammedesfragmentsdérivésdesextrémitésdusqueletteet delalysine . . . 113
4.23 SpetresCIDet LID diérentielde ((35-50)NCp7+Zn)
3+
: zoomsur larégion entre 300 et600m/z . . . 1144.24 SpetresCIDet LIDdiérentielde((35-50)NCp7+Zn)
3+
:zoomsur larégionautour de 600m/z . . . 1154.25 SpetresCIDetLID diérentielde((35-50)NCp7+Zn)
3+
:zoomsurlarégionderapport m/zélevé . . . 1152.1 Présentationdesdiérentsdispositifsdespetrosopiedeuoresenerésolueentemps . 17
2.2 Polarisationsdesfaiseauxpourl'aorddephasedansunristaluniaxe. . . 23
3.1 Paramètresdeuoresenestatiqueetrésolueentempspour2Apet
∆
(-)PBS-2Ap(6,8et 10) . . . 523.2 Paramètresded'anisotropieuoresenepour2-Apet
∆
(-)PBS-2Ap(6,8et 10) . . . 53 3.3 Dynamiquesd'anisotropiepourla2AplibreetlesODN∆
(-)PBS-2Ap(6,8et 10) . . . 694.1 Spetredemasse4.11:Comparaisonentre lesmasses théoriquesetlesfragmentsassignés 95
4.2 Fragments
b, y
observés,issusdulivagedesextrémitésdupeptide . . . . . . . . . . . . . 954.3 FragmentsspéiquesdérivantduTryptophane . . . 95
4.4 PrinipalesvoiesdefragmentationdeTrpH
+
parCID,d'après[3℄. . . 97
4.5 Desription des anaux de dissoiation du TrpH
+
, en fontion du site de transfert de
l'életronphoto-induitparexitationdel'indoleà266nm . . . 103
2Ap 2-Aminopurine(Enanglais:2-Aminopurine),46
A Adénine(Enanglais:Adenine),49
ADN AideDésoxyriboNuléique(enanglais:desoxyribonuleiaid),1
AN AideNuléique(enanglais:Nuleiaid),5
ARN AideRiboNuléique (Enanglais:RiboNuleiAid),1
ATP AdénosineTriPhosphate,6
BBO Bétaboratedebaryum (Enanglais:Beta-bariumBOrate),20
C Cytosine(Enanglais:Cytosine),50
CCD Dispositifàtransfertdeharge(Enanglais:Charge-CoupledDevie), 17
CID Dissoiationinduiteparollision(Enanglais:CollisionInduedDissoiation),2
CPA ChirpedPulseAmpliation,90
CT Transfertdeharge(Enanglais:ChargeTransfer),10
DC Convertionversleslongueursd'ondedefaiblesénergies(Enanglais:Down-Convertion),16
DFG Générationd'unediérenedefréquenes(Enanglais:DiereneFrequenyGeneration),16
Désaorddevitessedegroup(En anglais:GroupVeloityMismath) ),28
ESI Ionisationparéletrospray(Enanglais:EletroSprayIonisation),2
ET Transfertd'életron(Enanglais:EletronTransfer),11
FWHM Largeuràmi-hauteur(Enanglais:FullWidthat HalfMaximum),27
G Guanine(Enanglais:Guanine),49
GVD Dispersiondevitessedegroupe(Enanglais:GroupVeloityDispersion), 28
HEPES Aide4-(2-hydroxyéthyl)-1-pipérazineéthanesulfonique,51
HT Transfertdetrou(En anglais: HoleTransfer),11
IR Lumièredontlalongueurd'ondesesituedansl'InfraRouge.(Ononsidèrel'InfraRougemoyen
ommeétantomprisentre1.4et3
µ
m),20IRF Fontion deréponseinstrumentale(En anglais:InstrumentResponse Funtion),18
LID Dissoiationinduiteparlaser(En anglais:LaserInduedDissoiation),2
LUMO Orbitalemoléulairebassevaante(En anglais:LowestUnoupiedMoleularOrbitals), 48
m/z Ratiomassesurharge,79
MALDI MatrixAssistedLaserDesorption/Ionisation,2
MS/MS Spetrométriedemasseentandem,79
NCp7 ProtéinedeNuleoapside7(Enanglais:NuleoCapsidProtein 7),2
NOPA Ampliateurparamétriqueoptiquenon-olinéaire(Enanglais:NonollinearOptialParametri
Amplier),34
OD Densitéoptique(En anglais:OptialDensity),18
ODN Oligodésoxyribonuléotides(Enanglais:OligoDesoxyrioNuleotides),52
PBS SitedeLiaisondel'amore(En anglais: PrimerBindingSite),50
Phe Phénylalanine(Enanglais:Phenylalanine),7
PMT Tubephotomultipliateur(En anglais: PhotoMultiplierTube),17
PPO 2,5-Diphenyloxazol,16
Q Quenher,47
QY Rendementquantique(Enanglais:QuantumYield),48
RMN RésonaneMagnétiqueNuléaire(Enanglais:MagnetiNulearResonnane),52
RRKM ThéoriedeRieRamspergerKasselMarus,90
RT Transriptioninverse(En anglais: ReverseTransription),2
S/N Rapport SignalsurBruit(Enanglais:Signalto Noiseratio),16
T Thymine(Enanglais:Thymine),50
T
m
Températuredefusion(En anglais:MeltingTemperature),52TCSPC TimeCorrelatedSinglePhotonCounting,11
Trp Tryptophane(Enanglais:Tryptophan),7
TrpH
+
Tryptophaneprotonné,97
UV Lumièredontlalongueurd'onde sesituedansl'UltraViolet.(Ononsidèreiiuniquementl'UV
prohe,de200à380nm),16
VIH Virusdel'ImmunodéieneHumaine(EnanglaisHumanImmunodeienyVirus),2
Lesmoléulesbiologiquesseomposentd'unassemblaged'élémentsplusoumoinsréatifshimiquement
parlant. Il est de notoriété ommune que e qui fait laspéiité de es building bloks résidedans
l'adoption de strutures seondaires et tertiaires, permettant, par exemple, l'émergene de sites atifs
pourlareonnaissaned'éventuelssubstratsd'intérêts.Aumodèlelassiquerigidedetypelé-serrure,
introduitparFisheren1894[4℄,s'estprogressivementinsinuédesvisionstenantompted'unedynamique
struturelle,ommelanotiond'ajustementinduit,soulignéeparKoshlanden1958[5℄ouparexemple
l'allostérie.Les bio-moléules sonten eet exibleset dansl'évolutionde leur onformationréside une
partiedelaspéiitéet del'eaitédelaréationhimique.
La problématiquede laexibilité desbio-moléules prend tout sonsenslorsque l'on s'intéresseaux
méanismesd'interations entre protéines et aides nuléiques.Ces derniersformenttout un pan dela
biologiemoléulairearilsonernent,parexemple,desproessusaussiimportantsquelarépliation,la
transription oule stokagedel'ADNdans lesellules, soit autantde phénomènesqui néessitentàla
fois unespéiitéde reonnaissane,une liaison,unedéstruturation, etune libérationdusubstrat,le
toutaveunparfaitminutage.S'ilestlairquelaproximitédesenzymespeutinuersurlaonformation
desoligonuléotides(ODNs)d'intérêt[6℄, laséqueneintrinsèquedeesderniersjoueégalementunrle
dans lamanière dont lesbases serontprésentées àl'environnement[7℄. Cela onernebien entendu les
nuléotides simplesbrins (ARN/ADNs) maiségalementdoubles brins. De e fait, on nepeut parfaite-
ment appréhender une interation proteine-ODN sans égalementenvisager l'étude des aratéristiques
struturales et dynamiques intrinsèques des diérents protagonistes de la réation. Parmi les outils à
disposition de l'expérimentateur, la ristallographieaux rayonsX ainsi que la spetrosopie RMN ont
longtempsétédesappareillagesdehoixpourétudierlastruturedesmoléules.Cependant,lapremière
nefournit quepeud'informationssurladynamiquedesomposésexaminés,alorsquelaseondedonne
prinipalementaèsàdesinformationsloales,maispeineàdénirdesomportementsglobaux,tellela
ourburedesODNsouleursméanismessegmentaires.
Parexibilité,nousentendonslaapaitéinhérented'unemoléuleàposséderunpaysageénergétique
onformationnelomplexe.Onpeutvouloirdèslorsétudierledegrédepopulationet /oulesinétiques
d'inter-onversionentre diérents minimumloaux.Ce genre de tâhe est onfrontée àdeux obstales
majeurs,àsavoirl'éhelletemporelledesmouvementsmoléulaires(pouvants'étendredelamilliseonde
jusqu'àladizainedepioseondes,rendantlestehniquessus-mentionnéesomplètementobsolètespour
apter les phénomènes ultraourts) ainsi que la séparation entre les propriétés dues aux interations
intermoléulaireset ellesissuesdesaratéristiquesintrinsèquesdusujetd'investigation.
Lorsque l'on peut sepermettre de travailleren phase ondensée, les spetrosopies d'absorptionet
de uoresene résolues en temps se sont avérées de fantastiques outils pour apter les dynamiques
mophore uoresent, soit naturellement présent au sein de la moléule, soit artiiellement inorporé.
Les interations entre e dernier et son environnement loal aetent la durée de vie de l'état exité
duhromophore :si lamaro-moléuleauseinduquelest implémentée lasondeuoresente estsujette
àune hétérogénéitéonformationnelle, alorsle uorophore vaexpérimenter desenvironnements loaux
diérentsqui setraduirontpardesinétiques de relaxationde typemulti-exponentielles [10℄. Résoudre
es inétiques de la manière laplus préise possible tout en attribuant les aratéristiquesdes délins
àdes données dedynamiques struturellesreprésententles enjeux prinipaux de e typed'expérienes
[11,12℄.
Lorsque l'on désireaéder uniquement auxpropriétés propresde la moléule,parfois dans un but
deprédition,alorslaspetrosopieenphasegazeuseapportevraisemblablementlesmeilleuresdonnées,
permettant une omparaison ave la théorie [13℄. Le problème du transfert de protéines ou d'aides
aminés de grandes tailles en phase gazeuse a été résolu ave l'implémentation de soures telles que
l'életrospray (ESI [14℄) ou le MALDI [15℄. La prinipale méthode d'analyse utilisée en phase gazeuse
est la fragmentation. L'ativation peut se faire par hauage vibrationnel, notamment sous la forme
de ollisionsaveun gazneutre,ou parexitation életronique, telle l'absorptiond'un photonUV. En
fontion de la longueur d'onde du faiseau, diérentes transitions sont aessibles, allant des liaisons
peptidiquesen dessousde200nm,aux életronsontenus danslesyles aromatiquesdans ledomaine
UV-visible. Des moléules plus oumoins ontraintespar desions peuvent présenter spetresde photo-
fragmentation relativement diérents. Il a été invoqué que l'augmentation de la rigidité du système
pouvait aeterlapositionetl'intersetiondessurfaesdepotentieldesdiérentsétatséletroniques,et
donlesdynamiques derelaxationauxquellessontsensiblesesméthodes[16℄.
Le travailfaisant l'objet de e manusrit met en avant l'utilisation de es deux méthodes dans un
ontextebiologiquebien préis:eluidelarétro-transriptionduVirusdel'ImmunodéieneHumaine
(VIH). Le passage d'un ARN simple brin vers un ADN viral biaténaire, prêt à être inséré dans le
génome de la ellule hte, fait intervenir des méanismes d'interations protéines-aides nuléiques à
denombreusesreprises.L'uned'elle, appeléeseond sautdebrin, néessitel'assoiation d'uneprotéine
àdoigt dezin appelée Nuleoapside 7(NCp7) du VIHave une séquene ADN de type tige-boule
nomméePrimerBindingSite(PBS).D'unoté,unenouvelleexpérienedeuoresenerésolueentemps,
enutilisantleprinipedelagénérationdefréquenediéreneDFG,aétémiseenplae.Elleestadaptée
àl'étudedeinétiques dedélin deomposésbiologiques, exitéset émettantdansl'UV,et seramiseà
ontributionpourtenter demieuxaratériser,àl'éhellesub-pioseonde,lesdynamiquesloalesdela
boule.D'unautreoté,nousutiliseronslestehniquesdeDissoiationsInduitesparCollisionsetInduites
par Laser (CID et LID)en phase gazeuse, an d'évaluer leseets quepeuvent avoirle repliement de
NCp7surlesanaux defragmentationdelamoléule.
Lepremierhapitreévoqueunrappelsurleontextebiologiquedelathèse, néessaireandemieux
entempsdetypedownonversion.Samiseenplaeayantenomptépourunebonnepartiedeetravail
dethèse,sonfontionnementseradonexpliquéendétails.Letroisièmehapitrereprendlesrésultatsde
uoresenerésolue en tempsobtenussur PBS. Enn, le quatrième traitede manièreindépendante de
l'étudedurepliementdeNCp7enphasegazeuse.Unedesriptiondétailléedumontageseraétabliedans
unpremiertemps, suivied'uneanalysedesspetresdefragmentationobtenus.
État de l'art du projet
Sommaire
1.1 Contexte biologique . . . 2
1.1.1 LaprotéinedeNuléoapside7duvirusHIV . . . 3
1.1.1.1 StruturedelaNCp7 . . . 3
1.1.1.2 NCp7:Uneprotéinehaperonned'aidesnuléiques . . . 5
1.1.1.3 Exemplederle :ImpliationdeNCp7dansletransfertdebrin(+) delatransriptioninverse. . . 7
1.2 Motivations de lathèse . . . 8
1.3 ApproheA:Dynamiquestruturellede
∆
(-)PBS-2Ap(6, 8et10) . . . . 101.3.1 Utilisationd'unesondeextrinsèquedeuoresene:la2Ap . . . 10
1.3.2 Lequenhingdeuoresenedela2Ap . . . 10
1.3.3 Informationspotentiellesapportéesparlequenhingdeuoresene . . . 11
1.4 ApproheB :CID- LIDde NCp7[35-50℄sousforme libre ourepliée. . . 12
1.4.1 Quelletehnique? . . . 12
1.4.2 Intérêtd'unefragmentationenphasegazeuse . . . 14
1.4.3 PourquoiNCp7? . . . 14
Lebutdeehapitreintrodutifesttriple.Dansunpremiertemps,ils'agitd'eetueruntourd'hori-
zonrapideduontextebiologiquedelathèse.Leleteurintéresséparplusdedétailspourras'orienter
versdesouvragesderéférenesenmirobiologie[17℄,ouspéialisés envirologie[18℄.Unpointdevue
graduellementtournéverslemirosopiqueseraadopté:àpartird'unetrèsbrèvedesriptionexterne
du virus,nousnousintéresserons àuneétapepartiulière duyleviralappelétransriptioninverse
(RT, pour ensuite sefoaliser surl'interation de la protéine NCp7 ave laséquene PBS du brin
d'ADN(-)auoursduseondsaut debrindelaRT.Noustenteronsensuited'aborderlesprobléma-
tiquesrelativesautravaildethèsepournirparunedesriptionrapidedesdiérentesapprohesmises
enplae.
1.1 Contexte biologique
Le VIH-1,ouVirus del'Immunodéiene Humaine1,appartientàlalassedesRetroviridae,sous-
familledes Orthoretrovirinae, et au genredes Lentivirus. Ilpossède donune enveloppe,entourantun
feuillet protéiqueque l'onappellematrie,ellemême ontenanten sonentre uneapsideprotéique. A
l'intérieur deette dernièresesitue songénome,omposéd'ARN monoaténaire, diploïde et àpolarité
positive.Cedernierestreouvertetprotégéparenviron1500à2000unitésdeprotéinesdenuléoapside
(NCp7).Ondénilanuléoapsideommeétantl'ensembleforméparlaapsideetdugénomeviral.Elle
renferme,entreautres,desenzymesviralesindispensablesàlarépliationduvirus,ommelarétrotran-
sriptase,laprotéaseet l'integrase,ainsiquedesprotéinesetARNtd'originesellulaire.
En tantque virus, leVIH-1 abesoin d'uneellule htedont il utilise lesonstituantspourse mul-
tiplier. Lagure 1.1représente son yleviral, àsavoirles diérentsstades permettant, àpartird'une
partiule infetieuse et d'uneellulehte, d'engendrerlaprodution de nouveaux virionsmatures[19℄.
Cettestratégie impliqueàlafois lapénétrationduviriondans leytoplasmede laellule, puislasyn-
thèsed'un ADNomplémentaire(ADN) proviralàpartirdelamatried'ARNgénomique(ARNg),au
ours d'unproessusappelé Transription InverseouRétrotransription(RT). Lerétro-transritADN
proviralseraensuiteintégréauseindel'ADNellulaire.Laphasepost-intégrativeomprendàlafoisla
transriptionde l'ADNintégréen ARNm,lasynthèsede protéinesviralesparlamahinerie ellulaire,
l'assemblageet lebourgeonnementdenouvellespartiules virales.
AuoeurduyleviralsesituedonlaRT.C'estunproessusomplexe,segmentéendiérentsstades
(fFig.1.2),atalyséparuneenzymeappeléerétrotransriptase(RTase)etfailitéparlaNCp7[20℄.La
onversionde l'ARNg en ADN proviral néessite deux transferts de brins. Le ontexte biologique de
notrethèses'artiuleessentiellementautour duseond:andepermettrel'élongationomplètedubrin
d'ADN(+) et d'obtenirunADNproviralbiaténaire,lesbrins(-)et (+) doivents'hybrider auniveau
de leur séquenePBS respetive. NCp7, depar son ativitéhaperonne d'aidesnuléiques (ANs), est
senséestimulerl'hybridationdesdeuxséquenes.
Figure 1.1Illustration duyleviral
1.1.1 La protéine de Nuléoapside 7 du virus HIV
1.1.1.1 Struture de la NCp7
La NCp7 est issue de la maturation du préurseur polyprotéique Pr55 odé par le gène Gag [22℄.
Elleestomposéede55aidesaminés[23,24℄.NCp7estuneprotéinedontlesdomainesN
term
etCterm
sontfortementbasiquesetestaratériséeparlaprésenededeuxdoigtsdeZindeséquene:-Cys-X
2
-Cys-X
4
-His-X4
-Cys-égalementappelésmotifsCCHC(Fig.1.3).Ii,Xsignielaprésened'autresaidesaminésàl'exeptiondeeuxdéjàmentionnésdanslaséquene.Cettestruturepermetdeoordonnerde
façontétraèdriqueunatomedezin(vialesgroupementsthiolsdesystéinesetaminodel'histidine)ave
une anitéélevée (10
−13
M) [25, 26,27℄, selonunméanismeprésentantplusieursétatsintermédiaires
[28℄. La région "linker" entre lesdeux CCHC, de séqueneRAPRKKGest égalementtrès basique. De
manièreparadoxale,le linkerainsiqueles régionsN
term
et Cterm
sontsupposés présenter unaratèredésordonné[29℄,alorsquelaliaisonavelezinengendreune onformationdesdoigtsbien dénie[30℄.
Linker et motifs CCHC sont très onservés au sein des NCs de diérents rétrovirus [31, 32℄. Lorsque
l'on étudie e motif en y ajoutant des mutations pontuelles, notamment en remplaçant une histidine
parune ystéine, l'anité de NCp7pourl'ARNget pourl'ARN
Lys3
t
s'en trouvegrandementdiminuéeaboutissant à la formationde partiules non infetieuses [33, 24℄. Le résidu Pro
31
au sein du"linker"
semblejouer unrle ritiquedansle rapprohementdesdeux doigts dezin[34℄. Ces derniers peuvent
sereplierdetellesortequ'unplateauhydrophobesoitgénéréàlasurfaedesdeuxdoigts,impliquantles
résidusVal
13
, Phe
16
, Thr
24
,Ala
25
pourledoigt proximal,et Trp
37
,Gln
45
et Met
46
pourledoigtdistal.
Figure1.2 Les 8prinipales étapesde laTransription Inverse-Shémaissude[21℄.
1. HybridationdelaséquenePBS(PrimerBindingSite)aveunARNt
Lys,3
d'origineellulaire.
2. AssoiationdelaRetro-Transriptasevirale(RTase)auomplexeARN/ARNetinitiationdelasynthèse
dubrin(-)del'ADN,depuislaséquene PBSjusqu'àl'extrémité5'.Lebrind'ADN(-)rétro-transrit
est appelé ADN(-) strong stop ((-)ADN-ss). Dégradation de lamatrie ARN orrespondante par la
RTase,grâeàsonativitéribonuléaseH(RNaseH).
3. Transfert du brin d'ADN néo-synthétisé vers l'extrémité 3' du génome viral, nouvel appariement à
l'ARN(+) via leur séquene R omplémentaires. Cette étape est appelée premier saut de brin, ou
transfertdubrin(-).
4. ÉlongationdubrintransféréetdégradationdelamatrieARNparlaRtase.Alandeettephase,la
matrieARNestomplètementhydrolysée,àl'exeptiond'unerégionappeléePPT,riheenpurines.
5. PPTsertd'amoreàlasynthèsedubrinADN(+),ontenantlesodons(+)U3,R,(+)U5et(+)PBS.
6. HydrolysedeL'ARNt
Lys,3
,equipermetunappariementdel'ADN(+)versl'extrémité3'del'ADN(-
)vialaomplémentaritédeleurséquenePBS.Ils'agitduseondsautdebrin,outransfertdubrin(+).
7. Lesdeuxséquenesvontensuiteêtreomplétées:de(-)PBSjusqu'à(-)U3pourlebrin(-)etde(+)PBS
jusqu'à(+)U3pourlebrin(+).
8. Le résultat nal est don la présene d'unADN biaténaire, ave à haque extrémité une séquene
répétéetypeU5-R-U3de5'vers3'pourl'ADN(-)etU3-R-U5de5'vers3'pourl'ADN(+).
Parmiesrésidus,Phe
16
etTrp
37
peuventinteragirparinterationsd'empilementavedesguanines(Gs)
[35,36℄. Unemutationdeesrésidusprovoquelaformationdepartiules viralesnoninfetieuses[37℄.
Figure1.3 Compositiondela protéine deNuléoapside 7
1.1.1.2 NCp7 :Une protéinehaperonned'aides nuléiques
NCp7 appartient à la famille des protéines à ativité haperonne. Ces dernières possèdent la par-
tiularité de permettreà des systèmes possédant des ongurationsmétastables de seréarranger pour
atteindre lesonformations thermodynamiquement lesplus favorables [38℄. De nombreuxANs,notam-
mentlesARNsdits"fontionnels",ontuneativitébiologiquequidépenddeleurongurationseondaire
voiretertiaire.En eet,dufaitdeleurstruturemonoaténaire,esdernierspeuventsestruturerspon-
tanémentparlebiais d'hybridationsintramoléulaires.Laplupart dutemps,e repliementaboutit àla
formationdeongurationsénergétiquesintermédiaires,ie,desonformationsalternativesprohesdela
struturenative,maisdénuéesdefontionbiologique.Danslanomenlaturedespaysagesénergétiques,e
sontautantdeminimaloaux,véritablespiègesénergétiques,néessitantlefranhissementd'unebarrière
inétiquepoursereplierorretement[39,40℄.Conrètement,l'ativitéhaperonned'ANssetraduitpar
laapaitédelamoléuleàselierspéiquementounonàdesstruturesd'ANs variées,àdéstruturer
les ongurationsliéesaux minima loaux énergétiques,puis àfailiter l'hybridation destrutures na-
tivementomplémentaires.
La liaison de NCp7sur les ANs peut sefaire de manièrenon-spéique ouspéique. Lapremière
est prinipalementassuréegrâe auxdomainesbasiquesde NCp7,viades liaisonséletrostatiquesave
les ANs, fortement dépendantes desonditions salines[41, 42℄. En revanhe,la seonde est prinipale-
mentpermisevialesAAsPhe
16
et Trp
37
duplateauhydrophobe.Lesmotifsdeliaisonssite spéiques
sont la plupart du temps des séquenes rihes en UG, TG au sein de strutures simple brins, oubien
rihesenGXGauseindeboulessimplebrins.[43,44,45,46,47,48℄.Danslamajoritédesas,lerésidu
Trp
37
sembleavoirunrleprépondérantens'empilantpréférentiellementavelesguaninesdesmotifs[29℄.
L'ativité de déstabilisation de NCp7 est portée par les doigts de zin de la protéine [49℄. Cette
dernière, somme toute très modeste, est reliée à lastabilité intrinsèque desANs ibles, puisque NCp7
déstruture prinipalement les séquenes ontenantdes "bulges" où des mésappariements([50, 51℄) et
relativementpeu lesétats stables.Cei àpouronséquenes unlissagedupaysageénergétique,neon-
tenantplusqu'un seulpuits depotentielaliéaurepliementoptimal.Le modèlededéstabilisation qui
sembleprévaloir atuellementest un modèlequi ne dépend pasde l'ATP. Ilsebaserait surunméan-
isme d'éhange d'entropie [52℄ entre une protéine haperonne initialement désordonnée et la moléule
ible d'ARN , struturellement ordonnée, même sous une forme non-native. La liaison entre es deux
partenaires favoriserait un éhange réiproque d'entropie aboutissant àune transition désordonnée
→
ordonnée pour la protéine AN haperonne, et inversement pour la moléule d'ARN. Chaque yle de
liaison/libérationdeNCp7permettraitàl'AN desedéplaerlelongdesonespaeonformationnelet
ainsides'approherdesonétatstruturelnatif.
NCp7(prinipalementvialesaidesaminésbasiquesdesaqueueN
term
)peutagrégerdemanièrenonspéiquelesaidesaminéspréalablementdéstruturésetfavoriserleurappariement.
LaonentrationdesaidesnuléiquesestpossiblearNCp7peutérantereaementlesharges
+
portéesparlesphosphatesdesANsetainsiminimiserleurrépulsion[53℄.L'hybridationdesséquenesomplémentairesdépenddelaonentrationdeNCp7etestoptimale
àundegréd'oupationallantde(1:15nt)à(1:7nt)[29℄.Lorsqueeratioestplusfaible,NCp7
interagit ave les ANs de manière spéique et ne présente pasd'ativité d'hybridation. Lorsque
NCp7esttrèssaturante(1:5à1:1nt),elleentoureetompateomplètementlesANs,equiles
protège etlesge.Danse as,l'appariementdebaseesttrès limité[54℄.
L'ativitéhaperoned'aidenuléiquesearatérisedonparlaformationdeomplexesnuleo-protéiques
de hautpoidsmoléulaires àforte mobilité intrinsèque.Les inétiques rapidesde liaison/libérationdes
omplexesNCp7-ANs, ainsiquelamodulationdelaonentrationdespartenairesréationnelssontau-
tantdephénomènespouvantfailiter lesinterationsnativesd'hybridation[55,56℄.
Viasonativitéhaperone,NCp7oupedenombreuxrlesauseinduyleellulaire:ellepartiipe
notammentàlaséletion,dimérisationpuisàl'enapsidation dugénomeviral,etintervientauoursde
larétrotransription àdiérentes étapes (initiationet appariementde l' ARNt
Lys,3
, premieret seond
saut de brin,n de la RTen intervenantsur la formation de l'ADN entral ap) [57℄. La multipliité
de es rles est à lafois liée à saapaité d'interagirde manière spéiqueou non ave les séquenes
d'ANs,maisaussiàlanature etdurepliementdeesdernières.Cesontdesparamètresintrinsèquement
dynamiquesquifontquelesonstantesd'anitésdeNCp7sontspéiquesduontextedanslaquelleelle
estemployée,etpeuventvarierdeplusieursdegrésd'amplitude.
1.1.1.3 Exemple de rle : Impliation de NCp7 dans le transfert de brin (+) de la tran-
sriptioninverse
Lorsduseond sautdebrindelaRT(Cf :Fig.1.2,étape6), l'hydrolyse del'amoreARNt
Lys,3
dé-
lenhe l'appariement de (-)PBS à(+)PBS. Ce dernierest stimulé par l'ativitéhaperonne de NCp7,
qui,ommenousl'avonsvupréédemment,onsistepréalablementàlierpuisdéstruturerl'AN.Ilaété
démontréquelaliaisondeNCp7surPBSestspéiqueetqueleshangementsdeonformationsinduits
parlahaperonnesontàl'origined'unmodepartiulier d'hybridationentrelesdeuxPBS.
La séquene PBS seompose de18 aides aminés et présente,sous sa forme ARN ou ADNsimple
brin une struture seondaireen forme detige-boule aompagnée d'une extension simple brinen 3'.
Latige ontient4pairesG-C, laboule est forméepar5nuléotides tandisque 4onstituentlaqueue
3' (Fig.1.4). Notre étude se foalise sur un variant de PBS appelé
∆
(-)PBS (Fig.1.4). Ce dernier estidentiqueàl'original,sien'estl'absenedelapartie protubérante-GCCA-en3'.
Figure1.4 Strutures seondaires destiges-boules(-)PBS et
∆
(-)PBSIn vitro, (+)PBS peut spontanément se lier à (-)PBS par l'intermédiaire de leur tiges respetives
[38℄. Simplement,NCp7peutaugmenterdeprèsde60Xlerendementd'assoiationdesdeuxséquenes
omplémentaires[58℄. Il aété montré que NCp7haperonne l'assoiationdes deux PBSau traversdes
boules,souslaformedekissing-omplexesdetypeboule-boule.NCp7possèdedeuxsitesdeliaison
sur
∆
(-)PBS, l'unsitué en5'de laboule, dansla partiehaute dela tige,le seond loaliséau niveau10-CGG-12(ontre 3sites pour PBS, le dernierétant justement situé sur 5'-G(15)CCA(18)-3').NCp7
interagit prinipalementave lepremierviadeuxaidesaminés desonplateauhydrophobique,àsavoir
Phe
16
et Trp
37
.LastrutureduomplexeNCp7-∆
(-)PBSaétérésolueparRMN[21℄,oùilaétémisenévidenequelesdeuxaidesaminéspréédemmentmentionnéss'insèrententreT6etG7,dansunestru-
tureoùG7estfortementempiléeaveTrp37.Celaauraitpouronséquenesàlafoisunretournementde
T6etG7versl'extérieurdelaboule,unétirementdeettedernière,uneaméliorationdel'aessibilitéde
laséquene8-TTC-10etunedéstabilisationdelapairedebase5C-G11àproximitédelaboule(Fig.1.5).
Figure 1.5 Comparaison desstrutures de
∆
(-)PBS :(a) sous forme libre, (b) omplexéeave (12-55) NCp7-Obtenues àpartird'expérienesRMN-1H[21℄.Lesnuléotidesreprésentatifsdela
boulesontolorésenvert,avemiseenvaleur(vertfoné) desbasesT6etG7. Lespairesdebasesdela
tigesontenbleu(deC3àC5etdeG11àG14)etenjaune(G1etC14).
D'unpointdevuedynamique,ononstateunerestritiondrastiquedelamobilitéloaledesbasesau
seindelaboule[1℄.Demanièreintéressante,larestritiondemobilitédelabouledansuneonformation
déstruturéeestomplètementorréléesavelaapaitédeNCp7àorienterl'appariementvialesboules
(Fig.1.6).Une mutation pontuelle de NCp7 aetantl'intégrité duplateau hydrophobique empêhera
l'appariementdesdeuxPBSSparlesboules,maisNCp7pourratoutdemêmeaélérerl'appariement,
mais de manière non spéique, via les tiges [59℄; De façon surprenante, in vivo, ela onduit à la
formationdepartiulesviralesnoninfetieuses[37℄.Labaissedel'ativitéviralen'estpasliéeàl'absene
de synthèse d'ADNviral,mais plutt àunmauvaisontrledutiming du proessusde RTau seindu
yleviral,engendréparlapertedelaspéiitédel'appariementdesdeuxPBSs.NCp7agitdonomme
unalternateurde méanismes,enempêhantlaformationde dimèresnon spéiques.La spéiitéde
l'appariementsousformed'embrassementdesboulespermetàlaRTdeseniretd'aboutiràlasynthèse
d'unADNbiaténaireviralvalide,bienintégrédansledéroulementduyleviral.
1.2 Motivations de la thèse
L'objetifdelathèseseplaelairementdansleadreexpérimentalénonédanslehapitrepréédent.
Ilestertainquel'ationdéstruturantedeNCp7etladiminutiondeladynamiquedelaboulePBSse
base avanttout sur des propriétés intrinsèquesdesdeux partiipants.En seplaçantvolontairementen
amontde l'interationNCp7-PBS, noussouhaitonsaborderlathématique del'étudede laexibilitéde
esdeuxstrutures,autraversdedeuxtehniquesd'analysedepointe.
Ces tehniquesontpourpointommununméanismesimilaired'ativation desmoléules,l'absorp-
Figure 1.6 Méanismes proposés par Godet & Al. [1℄ pour l'appariement des strutures
(-)/(+)PBS-Enl'absenedeNCp7(parourtduhaut),lesbasesazotéesrestentonnéesàl'intérieurde
labouleetnesontpasaessiblespourl'appariement.Cederniersefait probablementparl'intermédiaire
delatige,etnotammentviales bases(enrouge) exposées(parties protubérantes) àlabasedelatige.Par
sonativitéhaperonne,NCp7selieàlaboule,déstabilise lesbases, etontraint probablementlaboule
dansetteonformation,equiestàl'origine duparourtdetypeloop-loopkissing(enbas).
tiond'unphotonUV,maissediérenientparl'étudedesproessusderelaxationdesétatsexités.Elles
néessitentégalementl'utilisationdedeux uorophores.Idéalement,esdernierssontnatifs dusystème
quel'onveutperturber,onparlealorsdeuorophoresintrinsèques.Lorsqu'ilssontgreésousubstitués
danslamoléuled'intérêts,onparledeuorophoresextrinsèques.
Au seindelapremièreapprohe,nousutiliseronsunuorophoreextrinsèque,nommé2-aminopurine
(2Ap),entantquesondeloale,appliquéeenposition6,8et10delaboulede
∆
(-)PBS.Lauoresenede 2Apest fortementquenhéeparlesbases avoisinantes,et de e fait, lesinétiques de délins multi-
exponentielles qui en résultent doivent permettre de mieux identier les sous-états onformationnels
possibles de la boule. Appliquée à diérentes positions, les données olletées doivent permettre de
dérire globalement la exibilité de la boule. La nouveauté étant de pouvoir disposer d'un rapport
signalàbruit et d'unerésolution temporelletels que l'intégralité des omposantes de ladynamique de
uoresenepuissentêtrerésolues.
Au sein de la seonde approhe, nous utiliserons les apaités de détetion de la spetrométrie de
masse, ouplée à une méthode d'ativation par ollisions ave des atomes froids ou par absorption de
photonUVpourinterpréterlesdiérenesdefragmentationsentreNCp7libreourepliéeautourduZin.
L'étude de ette protéine en phase gazeuse ore une exellente opportunité de omprendre l'eet du
repliementsurlarépartitiondel'énergied'ativationauseind'unsquelettepeptidique, lorsqueeluiest
ontraintounon.
1.3 Approhe A : Dynamique struturelle de
∆
(-)PBS-2Ap(6, 8et 10)
1.3.1 Utilisation d'une sonde extrinsèque de uoresene : la 2Ap
La 2-aminopurine (2Ap) est un analogue uoresent de l'adénine (6-amino-purine). Elles dièrent
don parla position de leur amineprimaire respetive. 2Ap pourrait de e fait être qualiéede sonde
semi-extrinsèque.A l'instardesonéquivalentnaturel,ellepeutformerdeux liaisonshydrogènesave
lathymine,ets'empiledontrèsbiendansunduplexed'ADN,enperturbantpeulastrutureinitialede
edernier[60,61℄.La2Appeutêtreséletivementexitée à305nm,equiorrespondàuneabsorption
déaléeversleslongueursd'onderougesparrapportauxbasesazotéesnaturelles (260nm), etprésente
une émission entrée à370 nm. Son rendement quantique de uoresene est assez élevé (QY = 0.68
en solution) et varie en fontion son environnement prohe. Ainsi, l'inorporation de la 2Ap au sein
de duplexes d'ADN provoque une diminution de QY, selon un proessus qualié de quenhing de
uoresene.
1.3.2 Le quenhing de uoresene de la 2Ap
Les auses dee quenhing ont rapidement été attribuéesàun étatempilementde la2Ap aveses
bases voisines, e qui a permis son utilisation en tant que sonde pour étudier la dynamique de fusion
d'oligonuleotides[62℄. Alorsquela2Apseuleprésente ununiquetempsdeviedeuoresenede10ns
en solution, sondélin devient fortement hétérogène une fois inorporée dans unenvironnementoligo-
nuléotidique[63℄,hétérogénéitéattribuéeàdiversdegrésd'empilement.
Les possibilitésremarquables de la 2Apen tantque possible sonde struturelleloaleontdon en-
gendréesunnombreonséquentd'étudesayantpourbutdearatériserlesméanismesdequenhingde
uoreseneentre la2Ap et les bases avoisinantes. Étant donné l'impossibilité d'un transfert d'énergie
entre la 2Ap exitée et les autres bases, le quenhing de uoresene a été attribué à untransfert de
harge(CT).En sebasantsurlespotentielsd'oxydation desbases naturelles (G =1.29V <A=1.42
V<C=1.6V <T1.7Volt parrapportàl'életrodeàhydrogènenormal(NHE)) [64℄etdeelledela
2Ap(1.5VvsNHE),unméanismedetransfertdetroudela2Ap*verslesguaninesàpremièrementété
invoqué[65,66℄.Zewailetal.étudièrentdemanièreexhaustiveladépendaneduméanismedeCTsurla
positiondela2Apdansdiversdinuléotidesparspetrosopied'absorptionetdeuoresenetransitoire
femtoseonde(pompe-sondeetuponversion),poursuggérerunerelaxationpartransfertdetroulorsque
la2Apestenontatavedespurines(A,G),etpartransfertd'életronavedespyrimidines(C,T)[67℄.
État de l'artdu projet 1.3- ApproheA:Dynamiquestruturellede
∆
(-)PBS-2Ap(6,8et10)Cette assertiona peu après été en partie onrmée par des aluls théoriques TDDFT (Théoriede la
Fontionnelle de laDensité Dépendante du Temps) menés par Jean et Hall [68℄ sur des di-nuléotides
empilés sousforme B(onformation naturelle desdeux brinsd'ADN), deséquenes (5')-2Ap-X-(3')ou
(5')-X-2Ap-(3') . Lorsque X orrespond à une base pyrimidique, la transition vertialed'exitation se
fait prinipalement vers un état S
2
de répartition életronique similaire à 2Ap*. Un état sombre us- jaent S1 ave un fort aratère CT a également été mis en évidene. Le quenhing s'eetuerait demanièredynamique,viaonversioninternerapidedeS
2
versS1
.Enrevanhe,lorsqueX estunepurine,lesdi-nuléotidesprésenteraientunedéloalisationéletroniquepartielle enS
0
,àl'originedetransitions d'exitationsàplusfaiblesforesd'osillateur,typiquementrenontréespourdesproessusdequenhingstatique.Enétendantleurétudeàuneonformationtypetri-nuléotides(5')-X-2Ap-X-(3'),esderniers
réarmentnalementqueesdeuxproessusontlieu simultanémentpourl'ensembledesséquenes.La
formeduCT(HTouET)dépendantdespotentielsredoxdesbasesavoisinantes[69℄.
3 ans plus tard,Wan et al. ontsuggéré l'existene d'un nouveauanal de quenhing, toujours par
transfertdehargemaisayantlieuavantrelaxationversl'étatvibrationnelleplusbasdel'étatexité.Ils
ont pourela omparélesduréesdevieultraourtes deomplexesovalentset non-ovalentsontenant
la 2Ap et divers ODN (A, G, Deazaguanine) ou du tryptophane, dans des expérienes d'absorption
transitoire ou de uoresene résolues en temps. En eet, la Up-onversion est uniquement sensible à
la relaxation de l'état exité, alors que l'absorption transitoire permet en plus de mettre en évidene
l'existene d'autres états sombres. Le fait que les inétiques déonvoluées de la fontion de réponse
instrumentale présentent à la fois une dépendane à
∆G
ainsi qu'uneintensité initiale plus faible quela 2Ap libre est à l'originede leur onlusionsur le aratère non-équilibré dutransfert. Pournir,
notonsquelesnotionsdeCTetdequenhingstatique/dynamiqueserontabordéesplusendétailsausein
duChapitreIII.
1.3.3 Informations potentielles apportées par le quenhing de uoresene
La2Apadéjàétéutiliséepoursonderlaexibilitédelaboule
∆(−)
PBS,parmutationspontuellesenposition6,8et10[1℄.L'étudestatiquedelauoresenearévéléeunerédutionduQYparrapport
àla2Ap libreen solutionaqueuse,signalantun quenhing dela2Ap parlesbases voisines.Ce dernier
est site-spéiqueet est plus prononé pour PBS-2Ap(10), e qui va de paire ave la proximité d'une
guanineenG11,iesupposélemeilleurquenher[21℄.L'orientationesttellequeleméanismedequenhing
s'eetue de manièretrès eae,e qui n'estpas leas enposition 6et 8,parrapport àG7. L'étude
delauoresenerésolueentemps, réaliséeparTCSPC, arévélée desinétiquesde délinhétérogènes,
signaturesdeutuationsdelaboulependantletemps deviedel'étatexité,et probablementdeCT
intervenantdansdesonformationsrestreintes.Entre80et90%del'informationn'apasétérésolue,ar
se déroulant sur une éhelle de temps inférieure à la résolution temporelle de l'appareil. Le problème
étant que e sont es populations non résolues qui ontribuent à l'information site-spéique dans la
boule. Autrement dit, on sait qu'il y a des variations loales, mais on ne sait pas ombien d'états
onformationnels évoluentsur ettedynamique ni leurs amplitudes respetives.La limite d'attribution
duphénomèned'empilementestd'ailleurstrèsoue,ommelanotiondedegrédeontraintedelaboule.
Seuleune résolutionomplètedestemps devieainsiquedesamplitudes assoiéespermettrad'avoirun
avispréisledegréde struturationdelaboule .Ilfaut égalementpourelaêtreapable dedélimiter
leseuil inétiqueaudelàduqueluntempsde vieseraattribué ommestatiqueet unautredynamique.
Ceseuilpeutêtreappréhendéenétudiantl'anisotropieloaledes2Apsauseindesboules.Godet&Al.
ontmesurédesinétiques dedélinanisotropiqueégalementhétérogènes,signesquela2Apexpérimente
diérents degrés de rotation (globale, segmentaire, loale). Notre résolution temporelle plus élevé et
notre rapport S/N devrait pouvoirnous indiquer s'il existe d'autresdynamiques orientationnellesplus
ourtesounon.Desprojetssimilaires,maissurd'autresmoléulesbiologiques,ontdéjàétémenésparles
groupesdeZewailet Xia [6, 70,71, 7, 72℄,attestantde l'utilitéet de lavaliditédetransposerleprojet
préédemmentdérit àl'éhelleultra-rapide.
1.4 Approhe B : CID - LID de NCp7 [35-50℄ sous forme libre ou
repliée
1.4.1 Quelle tehnique?
La spetrométrie de masse en tandem (MS/MS) est un outil permettant à la fois la réation, la
séletion,l'ativationet ladétetiond'ions moléulairesen phasegazeuse.Elle néessitel'utilisationde
deux analyseurs entre lesquels est disposé un piège ionique. Alors que le premier analyseur de masse
permet de ltrer l'ion parent désiré,son ativation énergétiques'eetue au sein du piège. Le résultat
dee proessus estensuite examinéparleseondanalyseur. Ledéveloppementdeette tehniques'est
eetué en parallèle à l'essor des méthodes d'ionisation dites doues omme la désorption-ionisation
laser assistéeparmatrie(MALDI)[73℄ oul'ionisation paréletrospray(ESI)[74℄,durantles années
80.
Collision Indued Dissoiation et/ou Laser Indued Dissoiation : Une fois pris au piège,
l'exitationdel'ionpréurseurpeutêtreeetuée pardiversméanismes,entre autreseneetuantdes
ollisionsaveungazneutre(CIDpourCollisionInduedDissoiation)oupardesméthodesoptiques(LID
pourLightInduedDissoiation).Ladernièreméthodeayantpouravantage,àonditionque lepeptide
dispose de strutures entrant en résonane ave la longueur d'onde du laser, d'exiter une transition
életroniqueaveune énergiequantiée,et surtoutd'induireune possiblefragmentationloalisée.
NH 2
COOH
G C
W K C G K E G H Q M K D C T
NH 2 G COOH
C W K C G
K E G H
Q M D K C
T Zn
35
40 45 50
35
40 45
50
H 2 N CH C R
OH O
R = H
H 2 C
H 2 C
H 2 C
H 2 C NH 2
H 2 C
H 2 C C OH
O
H 2 C
N NH
H 2
C H 2
C C NH 2 O
H 2
C H 2
C S CH 3
H 2 C C OH
O
Glycine Gly G
H 2
C NH
H 2
C SH Cystéine Cys
Tryptophane Trp
Lysine Lys
Acide Glutamique Glu E
Histidine His
Glutamine Gln
Méthionine Met
Acide Aspartique Asp
C
W
K
H
Q
M
D Abréviation
Xxx
Code Nom complet
Où
Formule développée
(35-50)NCp7
(35-50)NCp7 + Zn
Figure1.7SéqueneduvariantsimpledoigtdeZin(35-50)NCp7:Représentationshéma-
tiquedelaséquenedupeptideNCp7,nueourepliéeautourduZin,grâeàlaprésenedumotifCCHC.
En bas :table résumant lanomenlatureadoptée pour les aides aminés entrant dans laomposition du
peptide.
1.4.2 Intérêt d'une fragmentation en phase gazeuse
Identier un peptide En biologie, la spetrométrie de masse est un outil sans pareil pour e qui
onernel'identiation d'un peptide inonnu. Deuxapprohesexistent: l'une qualiéede Bottom-Up,
onsisteenfragmenterleprotéinepardigestionenzymatiqueetidentierlamassedespeptidesobtenus;
alorsquel'approhetypeTop-Down utiliselesapaités pleinementdefragmentationden'importequel
spetromètredemassetandem.
Le shémadefragmentationest représentatifdelaomposition enaideaminédelamoléule,et de
efaitpeutêtreutiliséenomparaisonavedesspetresissusdebanquesdedonnéesoùgénérésin-silio
pardesalgorithmespréditifs. Ces derniers,malheureusement,onttendane àsebaseruniquementsur
la omposition m/z des spetreset négligentfortement les donnéesissues de l'intensité des pis, alors
qu'ilspeuventapporter,en supplémentde laompositionde lamoléule,desinformationsstruturelles
nonnégligeables[75℄.
Caratériser intrinsèquement un peptide : Lors d'un proessus de dissoiation, les onstantes
réationnelles traduisant la faisabilité d'une fragmentation dépendent, en plus de l'énergie interne du
système,àlafoisdel'énergieritiqued'ativationduomposémétastable,delatempératuredusystème,
ainsi que du nombre de mode normaux vibrationnels et rotationnels de la moléule [76℄. De e fait,
les expérienes en phase gazeuse permettent d'étudier des méanismes de redistribution d'énergie au
sein d'une moléule et de s'aranhir de l'eet du solvant. Ce sont autant de données expérimentales
appréiablesenmodélisationmoléulaire.
1.4.3 Pourquoi NCp7?
Si e n'est de par sa taille, qui en fait un hallenge expérimental en lui même, le variant simple
doigtdezin[35-50℄NCp7(Fig.1.7)nousest apparuommeunmodèleintéressant.Eneet,outreson
intérêtbiologique indéniable,ladiversitédeson ontenu enaide aminés,notammentbasiques,permet
amplement d'examinerleseets dedéplaement de hargesle longdu squelettepeptidique. Contenant
un seul tryptophane en position 37, [35-50℄ NCp7 peut être séletivement exitée à 266 nm par un
faiseaulaser, apportantuneénergiesupplémentaireausystème. Celapeutrévélerdenouveauxanaux
dedissoiationouontrebalanereuxissusdeCID.Enn,ontenantunseulmotifCCHC,ilestpossible
de prendre en ompte le repliement de la protéine autour du Zin sur la fragmentation du peptide.
Ainsi,parlebiaisdeemodèle,noussouhaitonsalimenterlaquestiondel'inuenedesinterationsnon
ovalentes struturantes surla relaxationdes peptides enphasegazeuse, et don, naturellement, surla
formationdesspetresdemasse.
Approhe A : Montage expérimental
Sommaire
2.1 Choix dumontage . . . 16
2.1.1 Motivationgénérale . . . 16
2.1.2 Conversiondefréquenes . . . 19
2.2 Aord dephase endiérenede fréquene. . . 20
2.2.1 Conditionsd'aorddephase . . . 20
2.2.2 Expressiondel'angled'aorddephaseentypeII . . . 23
2.3 Aeptane spetrale . . . 25
2.3.1 EaitédeonversionenDFG . . . 25
2.3.2 Eetdesdiérentsparamètresd'interationsurl'aeptanespetrale . . . 26
2.4 Fateursaetant larésolution temporelle . . . 27
2.4.1 Dispersiondevitessedegroupe(GVD) . . . 28
2.4.2 Désaorddevitessedegroupe(GVM) . . . 29
2.4.3 Désaorddufrontd'impulsion(PFM). . . 31
2.5 Élémentsdumontage . . . 32
2.5.1 SoureLaser . . . 32
2.5.2 Positionnementdel'éhantillon etolletiondelauoresene . . . 34
2.6 Caratérisation dumontageexpérimental. . . 37
2.6.1 Protooleexpérimental . . . 37
2.6.2 Performanes . . . 38
2.6.3 RésultatsetDisussion . . . 39
2.7 Conlusion . . . 44
La oneption, mise en plae et validation du montage utilisé au sein de l'approhe A (1.3) ayant
ompté pour une bonne partie de e travail de thèse, il nous est apparu justié de onsarer un
hapitre entierà sa desription. Nous présentons don un nouveauproédé de spetrosopie ultra-
rapidedeuoresenerésolue entemps,basésurlagénérationd'unediérene defréquenedetype
II (Type II DFG), permettant ainsi d'éhantillonner temporellement une uoresene moléulaire
down-onvertie (DC). Ce setup a fait l'objet d'une publiation [77℄. Il est le fruit d'une déjà
longue tradition de dispositifs expérimentaux, mais adapté au ontexte de l'étude de uorophores
biologiques. Nousdétaillerons lepointentral dumontage,àsavoirles onditions d'aorddephase
néessaires pour obtenir unetelle onversion, ainsique les diérents fateurs pouvant améliorer ou
détériorerlaformedusignal.Cedernierayantommeontrainted'êtreleplusrésolud'unpointdevu
temporeletlepluslargespetralement,toujoursdansleadredumatérielmisàdispositionauseindu
laboratoire.Puisquehaquedesignestpropreàl'équipequileonçoit,nousdétailleronssuintement
les diérentsélémentsquileomposentetleurmise enoeuvre.Enn, lesperformanes dumontage
seront exposéesdansleadred'uneétudetémoinsurle2,5-Diphenyloxazole(PPO).
2.1 Choix du montage
2.1.1 Motivation générale
Nous avons introduit, au sein du hapitre 1.3.1, la problématique reliée à l'utilisation de la 2-
Aminopurine (2Ap) en tant que sonde onformationnelle. La mise en plae de notre montage a été
motivéeparlebesoind'yrépondredelamanièrelaplusadaptéepossible.Andepouvoiraratériserle
plusnementpossibleladynamiquedequenhingdeuoresenedeomposésbiologiques,quiabsorbent
et émettent dans l'UV, l'appareil de mesure doit disposerd'une résolution temporelle sub-pioseonde
toutenprésentantunrapportsignalsurbruit(S/N)intéressant,d'unedétetionpolyhromatiquerésolue
entemps,et doits'adapterlepluspossibleauxoutilsdedétetiondéjàinstallésauseindulaboratoire.
Faeàe ahierdeshargesrelativementpréis,l'expérimentateursetrouveonfronté àunnombre
ertain de tehniques permettant derésoudre ette problématique[78℄. Toutes es tehniques reposent
surlemêmeprinipe,àsavoirperturberlemilieuparuneimpulsionultrabrève,dénissantuntemps0à
partirduquellauoreseneestformée,puisensuitedéterminerl'évolutiontemporelledelauoresene.
C'estsurettedernièreétapequelesdistintionsmajeuresapparaissent.Ilexistedesméthodesqualiées
deonventionnellespourlesquellesl'évolutiontemporelledelauoreseneestdéniepardesmoyens
partiellement optiqueset partiellementéletroniques,et d'autresméthodes qualiéesde tout optique
.Certesplusfailesàmettreenoeuvre,ledéfaut prinipaldestehniques onventionnelles estleur
résolutiontemporelle, aumieuxavoisinantquelques ps[79℄, unerésolution tropfaiblepouraratériser
pleinementlesphénomènesquinousintéressent.
Il est possible d'aner nos ritèresde hoix en prenanten ompte, au sein de haque atégorie,si