Marcelle Nuytens
Maddleen
ou le cœur d’une femme
Roman
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Edilivre Éditions APARIS
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ISBN : 978-2-332-47791-0 Dépôt légal : avril 2012
© Edilivre Éditions APARIS, 2012
A Tante Irène,
CHAPITRE I
Maddleen ouvrit la porte et sans vouloir réfléchir ou penser à ce qu’elle était entrain de faire, sortit et referma cette porte avec fermeté. Des larmes perlaient à ses yeux mais la page était tournée maintenant et avec elle, tous ses souvenirs se rangeaient dans un coin de son cœur, comme lorsque l’on range des lettres chères dans un petit tiroir secret.
Elle devait s’éloigner de cet endroit, de cette rue, de cette ville, et cela lui était bien égal. Il lui fallait, à présent trouver un moyen de locomotion.
Tandis qu’elle marchait d’un pas rapide, elle pensait déjà à la lettre qu’elle avait laissée sur la table, dans la cuisine.
« Je vous aime, mais je dois partir, je souffre tellement de vous laisser, mais je vous emporte avec moi. Je vous écrirai, je vous le jure. »
Non, jamais elle n’aurait pu imaginer écrire ces mots un jour. Mais là, il le fallait, le souvenir de la terrible dispute la veille, les pleurs dans le couloir.
Non ! Elle n’en pouvait plus. Il fallait que le temps
d’elle. Et cela, elle devait le faire seule. Son unique recours serait pour tout le voisinage, sa famille et j’en passe, une fuite, une fuite et rien d’autre, alors qu’en fait, ce départ était en quelques sorte, une trêve, une paix retrouvée pour elle et les siens, du moins ce qu’elle espérait.
« Ah ! Maddleen ! Va et ne te retourne pas. Sens- tu cette pluie fine tomber sur tes joues, cette pluie de tous les jours ou presque. N’y ajoute point tes pleurs dans l’eau du ruisseau, et pense à demain. »
Depuis longtemps, elle voulait connaître le sud, voir ce à quoi il ressemblait.
« Pauvre de toi ! Qu’as-tu fais de ta vie ? Et combien d’âmes errent seules comme toi, sans but ni chemin précis à prendre.
Le temps te sauve ! Maddleen ! Il fait de toi un anneau de plus à la chaîne de l’espérance. Le monde t’appartient ! Maddleen ! Il suffit de prendre la route et suivre celle qui guidera tes pas »
Elle prit plusieurs autocars pour enfin arriver dans un petit village aux abords accueillants.
Elle descendit enfin et se dit que la première chose à faire était de trouver une chambre et de prendre une bonne douche bien fraîche. Dans une boulangerie où elle se fit le petit plaisir de prendre un gâteau, on lui indiqua un hôtel de bonne renommée.
Hum ! Ce gâteau glissa sur son cœur et elle en savoura chaque bouchée. Elle se souvint alors des bonnes tartes aux blancs d’œufs que sa grand-mère lui faisait lorsqu’elle était gamine.
Sa grand-mère, quelle femme extraordinaire ! A la fois si joyeuse et croquant ce que la vie pouvait lui
apporter de meilleur chaque jour et tout aussi fatiguée des lourdes peines qu’elle avait subi dans son passé.
Comme tu me manques ! Tu ne sauras jamais la douleur, la blessure profonde que je garde depuis que tu es partie, pensa-t-elle.
Elle se mit en route vers son hôtel et là, on l’accueillit chaleureusement. Elle eut une chambre, petite certes, mais la vue sur la terrasse était très belle et l’aida à s’évader un peu plus. Que ce passait-il maintenant là-bas, que devaient-ils penser et faire à l’heure qu’il était ?
Non ! Il ne fallait pas y penser. Sa vie était ici maintenant, elle en avait décidé ainsi et ne changerait pas d’avis.