Dur´
ee : 4 heures
MATH´
EMATIQUES
DEVOIR SURVEILL´
E N
◦4
Sujet CCINP
Si, au cours de l’´epreuve, vous rep´erez ce qui vous semble ˆetre une erreur d’´enonc´e, d’une part vous le signalez au surveillant, d’autre part vous le signalez sur votre copie et vous poursuivez la composition en indiquant les raisons des initiatives que vous avez ´et´e amen´e `a prendre.
L’usage de calculatrice, t´el´ephone portable, ordinateur est interdit
AVERTISSEMENT • Composer sur copies doubles grand carreaux uniquement.
• A la fin d’un exercice on change de page (ou de copie) obligatoirement.
• La pr´esentation, la lisibilit´e, l’orthographe, la qualit´e de la r´edaction, la clart´e et la pr´ecision des raisonnements entreront pour une part importante dans l’appr´eciation des copies.
DEVOIR SURVEILL´E N◦4
PROBL`
EME - Autour de la longueur d’une courbe
CCP PSI 2014
Notations, d´
efinitions et rappels
Pour toute fonction f : [a, b] → R de classe C1, on note L(f ) =
Z b
a
p
1 + (f0(t))2dt
une expression int´egrale de la longueur de la courbe repr´esentative de f .
I. Quelques exemples de calculs de longueurs
I.1. V´erifier la formule donnant L(f ) pour f d´efinie sur [0, 1] par f (t) = t. Via le calcul effectif et l’interpr´etation graphique.
I.2. Calculer L(f ) pour f d´efinie sur [0, 1] par f (t) = ch(t).
I.3. Un exemple de calcul de longueur d’un arc de courbe. I.3.1 Calculer L(f ) pour f d´efinie sur [0,√1
2] par f (t) =
√ 1 − t2.
I.3.2 Retrouver le r´esultat de la question pr´ec´edente sans calcul, par des consid´erations g´eom´etriques. I.4. Soit f d´efinie sur [0, 1] par f (t) = t2.
Calculer L(f ), en utilisant une int´egration par parties ou en s’inspirant de la question I.2. On pourra notamment calculer la d´eriv´ee de u 7→ ln(u +pu2+ 1).
II. Un calcul approch´
e de longueur
L’objectif de cette partie est d’effectuer un calcul approch´e de la longueur d’un arc d’hyperbole. On consid`ere, pour ce faire, la fonction f d´efinie sur [12, 1] par f (t) = 1t.
II.1. Expression int´egrale de L(f )
II.1.1 Donner une expression int´egrale de L(f ).
II.1.2 Montrer que L(f ) est aussi la longueur de l’arc d’hyperbole correspondant `a la restriction de f `a l’intervalle [1, 2].
II.2. Expression de L(f ) sous forme de s´erie num´erique
II.2.1 Soit α ∈ R \ N. Rappeler le d´eveloppement en s´erie enti`ere de la fonction u 7→ (1 + u)α, en
pr´ecisant son domaine de validit´e. II.2.2 Montrer que, pour tout t ∈]0, 1[, on a :
√ 1 + t4 t2 = 1 t2 + +∞ X n=1 (−1)n−1 (2n)! (2n − 1)22n(n!)2t 4n−2
II.2.3 On note, pour tout entier n, an=
(2n)! (2n − 1)22n(n!)2.
Montrer que la suite (an)n∈N∗ est d´ecroissante et donner un ´equivalent de an quand n → +∞.
II.2.4 En d´eduire une expression de L(f ) comme somme d’une s´erie num´erique (on v´erifiera avec soin les hypoth`eses du th´eor`eme utilis´e).
III. Longueur du graphe des fonctions puissances
On s’int´eresse ici, pour tout entier n > 1, aux fonctions puissances pnd´efinie sur [0, 1] par :
∀t ∈ [0, 1], pn(t) = tn On d´esigne par (λn)n∈N∗ la suite d´efinie par :
∀n ∈ N∗, λn= L(pn) =
Z 1
0
p
1 + n2t2n−2dt
III.1. Conjecture sur la limite ´eventuelle de (λn)n∈N∗
III.1.1 D´eterminer λ1 et λ2.
III.1.2 En tra¸cant, sur un mˆeme graphe, les courbes repr´esentatives de quelques fonctions pn avec n de
plus en plus grand, conjecturer la convergence de la suite (λn)n∈N∗ ainsi que la valeur de sa limite
´eventuelle.
III.2. Convergence et limite de la suite (λn)n∈N∗
III.2.1 Montrer que, pour tout entier n ∈ N∗, on a λn− n Z 1 0 tn−1dt = µn o`u µn= Z 1 0 dt √ 1 + n2t2n−2+ ntn−1
III.2.2 Montrer que λn< 2 pour n ∈ N∗.
III.2.3 D´eterminer la limite de la suite (µn)n∈N∗ (on citera avec pr´ecision le th´eor`eme utilis´e).
III.2.4 En d´eduire la convergence de la suite (λn)n∈N∗ ainsi que la valeur de sa limite.
III.3. Plus g´en´eralement, montrer que si f : [0, 1] → R est une fonction de classe C1, croissante et telle que
f (0) = 0 et f (1) = 1, on a alors L(f ) < 2.
IV. Un r´
esultat inattendu
IV.1. ´Etude de l’int´egrale g´en´eralis´ee Z 1
0
sin(t) t dt IV.1.1 Montrer que l’int´egrale g´en´eralis´ee
Z 1
0
sin(t)
t dt est convergente. IV.1.2 Montrer que pour tout x > 1, on a
Z x 1 sin(t) t dt = cos(1) − cos(x) x − Z x 1 cos(t) t2 dt
En d´eduire que l’int´egrale g´en´eralis´ee Z +∞
1
sin(t)
t dt est convergente. IV.1.3 Montrer que l’int´egrale g´en´eralis´ee
Z +∞ 1 cos(2t) t dt est convergente. Z +∞ sin2(t)
DEVOIR SURVEILL´E N◦4
IV.2. On d´esigne par g la fonction d´efinie sur ]0, 1] par g(t) = 1tsin 1t et par f la fonction d´efinie sur le mˆeme intervalle par f (x) =
Z 1
x
g(t) dt.
IV.2.1 Montrer que la fonction f se prolonge par continuit´e en 0. On notera encore f ce prolongement. IV.2.2 Montrer que f est continue sur [0, 1] et ind´efiniment d´erivable sur ]0, 1].
IV.2.3 Montrer que
lim
x→0+
Z 1
x
|g(t)| dt = +∞
IV.3. Pour tout r´eel x ∈]0, 1], on d´esigne par λ(x) la longueur de la courbe repr´esentative de la restriction de la fonction f au segment [x, 1]. Donner une expression int´egrale de λ(x) pour x ∈]0, 1], puis montrer que lim
x→0+λ(x) = +∞. Donner une interpr´etation de ce r´esultat.
V. Continuit´
e de la fonction longueur
On rappelle que l’application
f 7→ kf k∞= sup t∈[0,1]
|f (t)|
d´efinit une norme sur l’espace E = C0([0, 1], R) des fonctions continues de [0, 1] dans R.
On note E1 = C1([0, 1], R) l’espace des fonctions continˆument d´erivables de [0, 1] dans R et pour toute
fonction f ∈ E1, on note
kf k = |f (0)| + kf0k∞
V.1. Comparaison des normes k.k et k.k∞
V.1.1 Montrer que l’application f 7→ kf k d´efinit une norme sur E1.
V.1.2 Montrer que
∀f ∈ E1, kf k∞6 kf k
V.1.3 Les normes k.k et k.k∞ sont-elles ´equivalentes sur E1?
On dit que deux normes k.k et k.k∞ sont ´equivalentes sur E1 lorsque :
∃(α, β) ∈ (R+)2, ∀f ∈ E1, αkf k∞6 kf k 6 βkf k∞
V.2. On d´esigne par (fn)n∈N∗ la suite de fonctions d´efinie sur [0, 1] par
∀n ∈ N∗, ∀t ∈ [0, 1], fn(t) =
sin(nπt) √
n
V.2.1 Montrer que la suite (fn) converge uniform´ement vers la fonction nulle sur [0, 1].
V.2.2 On d´esigne, pour tout entier n ∈ N∗, par In = L(fn) la longueur de la courbe repr´esentative de
fn. Montrer que
∀n ∈ N∗, In>
√ nπ
2 V.2.3 L’application L : f 7→ L(f ) est-elle continue sur (E1, k.k∞) ?
V.2.4 L’application L : f 7→ L(f ) est-elle continue sur (E1, k.k) ?
Dur´
ee : 4 heures
MATH´
EMATIQUES
DEVOIR SURVEILL´
E N
◦4
Sujet MINES-PONTS
Si, au cours de l’´epreuve, vous rep´erez ce qui vous semble ˆetre une erreur d’´enonc´e, d’une part vous le signalez au surveillant, d’autre part vous le signalez sur votre copie et vous poursuivez la composition en indiquant les raisons des initiatives que vous avez ´et´e amen´e `a prendre.
L’usage de calculatrice, t´el´ephone portable, ordinateur est interdit
AVERTISSEMENT • Composer sur copies doubles grand carreaux uniquement.
• A la fin d’un exercice on change de page (ou de copie) obligatoirement.
• La pr´esentation, la lisibilit´e, l’orthographe, la qualit´e de la r´edaction, la clart´e et la pr´ecision des raisonnements entreront pour une part importante dans l’appr´eciation des copies.
DEVOIR SURVEILL´E N◦4
EXERCICE
Comportement asymptotique de sommes de s´
eries enti`
eres
Extrait Mines-Ponts PSI 2019
Soit p un entier naturel non nul et r un nombre r´eel strictement positif. On consid`ere la fonction Sr,p : z ∈ C 7→ +∞ X n=1 (pn)r (pn)!z pn.
L’objectif du probl`eme initial ´etait d’´etablir la validit´e de l’´enonc´e suivant : Sr,p(x) ∼ x→+∞ 1 px rex (H r,p).
Dans cet exercice nous nous contenterons de l’´etablir pour certaines valeurs de r et p et d’´etudier une application de ce r´esultat au comportement asymptotique d’une solution particuli`ere d’une certaine ´equation diff´erentielle d’ordre 2.
1. Soit r ∈ R∗+et p ∈ N∗. Justifier que la s´erie enti`ere
P
n≥1 (pn)r
(pn)!z
na pour rayon de convergence +∞, et
faire de mˆeme pour la s´erie enti`ere P
n≥1 (pn)r
(pn)!z np.
2. Pour x r´eel, expliciter S0,1(x) et S0,2(x), et en d´eduire la validit´e des ´enonc´es H0,1 et H0,2.
Pour la question 3. on admet que l’´enonc´e Hr,p est vrai pour tout r strictement positif et pour p ∈ N∗.
3. On s’int´eresse ici `a l’´equation diff´erentielle :
(E) : tx00(t) − x(t) = 0.
(a) Montrer que, parmi les solutions de (E) sur R `a valeurs r´eelles, il en existe une et une seule, not´ee f, qui soit la somme d’une s´erie enti`ere et v´erifie f0(0) = 1.
Expliciter la suite (cn)n∈N telle que
∀t ∈ R, f (t) = +∞ X n=0 cntn. (b) D´emontrer que cn ∼ n→+∞ 1 √ π √ n (2n)!4 n.
Pour la derni`ere question, on admet le r´esultat suivant : Lemme de comparaison asymptotique des s´eries enti`eres. Soit (an)n∈N et (bn)n∈N deux suites `a termes r´eels. On suppose que
(i) La s´erie P
nbnzn a pour rayon de convergence +∞.
(ii) Il existe un rang n0 ∈ N tel que ∀n ≥ n0, bn> 0.
(iii) Les suites (an)n∈N et (bn)n∈N sont ´equivalentes.
Alors la s´erie enti`ere P
nanzn a pour rayon de convergence +∞ et +∞ X n=0 anxn ∼ x→+∞ +∞ X n=0 bnxn.
3. (c) En exploitant la validit´e de Hr,p pour un couple (r, p) bien choisi, d´emontrer l’´equivalent
f (t) ∼
t→+∞
t1/4 2√πe
2√t.
PROBL`
EME
´
ETUDE D’UNE S´
ERIE TRIGONOM´
ETRIQUE
Mines-Ponts PC 2007
On rappelle que pour tout r´eel x > 0,
Γ(x) = Z +∞
0
tx−1e−tdt. Par ailleurs, pour tout r´eel t,
ch t = e
t+ e−t
2 . On pose, pour tout r´eel x et tout α ∈]0, +∞[,
Sα(x) = +∞ X n=1 sin(nx) nα . (1)
L’objectif de ce probl`eme est d’´etudier diff´erentes propri´et´es de cette fonction. Dans tout le probl`eme, u repr´esente un r´eel de ] − 1, 1[.
I Deux repr´
esentations de S
α1. Prouver que pour tout α > 1, la fonction Sα est continue sur R.
2. Etudier, en fonction du param`etre γ ∈ R, l’int´egrabilit´e sur ]0, +∞[, de la fonction J : t 7→ t γ−1 et− u Soit t > 0. On pose, RN(t, u) = u et− u − ue −t N −1 X n=0 (ue−t)n ! tα−1. 3. Simplifier l’expression de RN, en l’´ecrivant sous forme d’une fraction.
4. Prouver que pour tout u ∈] − 1, 1[, lim
N →+∞
Z +∞
0
RN(t, u)dt = 0.
5. Exprimer, en fonction de Γ(α), la constante K(α) ∈ R+ telle que pour tout α > 0,
Z +∞ 0 u tα−1 et− u dt = K(α) +∞ X n=1 un nα, pour tout u ∈] − 1, 1[. (2)
6. On admet que l’identit´e (2) reste vraie aussi pour u = ei x o`u x ∈]0, 2π[. En d´eduire pour x ∈ R \ 2πZ, l’identit´e suivante :
Sα(x) = sin x 2Γ(α) Z +∞ 0 tα−1 ch t − cos xd t. 7. Montrer, pour tout M > 0, pour tout u ∈] − 1, 1[, l’´egalit´e suivante :
DEVOIR SURVEILL´E N◦4
8. ´Etablir, pour tout u ∈] − 1, 1[, l’identit´e
lim M →+∞ +∞ X n=0 Z M 0 un t α−1 (ch t)n+1 dt = +∞ X n=0 un Z +∞ 0 tα−1 (ch t)n+1 dt
9. Pour x ∈ R \ πZ, exprimer Sα(x) en fonction de fonctions trigonom´etriques et de Gα o`u
Gα(u) = +∞ X n=0 anun pour u ∈] − 1, 1[ avec an= Z +∞ 0 tα−1 (ch t)n+1 dt. (3)
II Comportement asymptotique
Soit B :]0, +∞[→ R une fonction continue telle que : Z +∞
0
|B(s)| ds < +∞. (4)
B(s) = asλ−1(1 + o(1)), s → 0+, a > 0, λ ∈]0, +∞[. (5) 10. Prouver que pour tout ε > 0, il existe δ > 0 tel que, pour tout n > 1,
Z δ 0 (B(s)e−ns− asλ−1e−ns) ds < ε a nλΓ(λ).
11. Prouver que pour tout δ > 0, il existe une constante C(δ) > 0 (que vous exprimerez sous la forme d’une int´egrale ind´ependante de n) telle que pour tout n > 1
Z +∞ δ (B(s)e−ns− asλ−1e−ns) ds 6 C(δ)e −(n−1)δ.
12. Prouver que, sous ces hypoth`eses, Z +∞
0
B(s)e−nsds = aΓ(λ)
nλ (1 + o(1)), quand n → +∞.
13. Montrer que pour tout entier naturel n, on peut ´ecrire
an= Z +∞ 0 ln(es+√e2s− 1)α−1 √ e2s− 1 e −ns ds, o`u an est d´efini dans (3).
On pose dor´enavant, pour tout s > 0,
B(s) =
ln(es+√e2s− 1)α−1
√ e2s− 1
14. Donner un ´equivalent de la fonction B au voisinage de 0+. 15. D´eterminer la limite de annα/2 quand n tend vers l’infini.