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Influence de la date de dissémination sur la germination des semences d'Amaranthus bouchonii Thell

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Influence de la date de dissémination sur la germination des semences d’Amaranthus bouchonii Thell

Jean-Pierre Lonchamp

To cite this version:

Jean-Pierre Lonchamp. Influence de la date de dissémination sur la germination des semences

d’Amaranthus bouchonii Thell. Agronomie, EDP Sciences, 1981, 1 (6), pp.455-461. �hal-02722842�

(2)

Influence de la date de dissémination sur la germi-

nation des semences d’Amaranthus bouchonii Thell.

Jean-Pierre LONCHAMP

Marcelle GORA

I.N.R.A., Laboratoire de Malherbologie, B. V. 1540, F 27034 Dijon Cedex

RÉSUMÉ Conservation, Postmaturation, Enfouissement, Stratification, Dissémination,

Amaranthus bouchonii.

Des semences d’une population d’Amaranthus bouchonü sont récoltées durant toute la période de maturation.

Trois fractions sont constituées (R I la plus précoce, R 2 puis R 3 ) ; la germination est estimée en boîtes de Petri,

à la récolte et après conservation, suivant différentes modalités.

Les semences récoltées le plus tardivement (R 2 et R 3 ) sont les plus dormantes. La conservation à 4 °C, au sec

ou sur buvard humide, améliore progressivement leur capacité de germination ; l’enfouissement et l’épandage

sur le sol favorisent fortement la germination de toutes les récoltes. L’enfouissement, durant 3 ou 6 mois, des récoltes tardives de cette mauvaise herbe thermophile permet aux semences de germer sous des alternances de températures relativement basses (20-15 °C).

L’hétérogénéité de réponse aux facteurs de conservation et de germination explique, en partie, l’échelonne- ment des levées des plantules observé en plein champ.

SUMMARY

Conservation, Postmaturation, Burying, Stratification, Dissemination, Amaranthus bouchonii.

Influence of scattering date on the germination of Amaranthus bouchonii Thell. seeds Three lots of seeds (R" R 2 , R 3 ) were successively collected from a population of Amaranthus bouchonii

during the entire fructification period. After storage in various conditions, their germinability was estimated in Petri dishes.

The later the seeds were harvested (R 2 and R 3 ), the deeper was their dormancy. Chilling or dry conservation (4 °C) progressively increased their germinability. Germination was also strongly enhanced in all three harvests by burying or by spreading on soil surface. The latest collected seeds (especially R 3 ) of this thermophilic weed were able to germinate under relatively low temperature alternance (ZO-15 °C) after being

buried during 3 or 6 months.

The heterogeneity of seeds responses to conservation and germination factors partially explains the length of seedling emergence period in field.

1. INTRODUCTION

Les études sur l’écophysiologie de la germination des

semences sont essentielles pour l’interprétation de la dyna- mique des mauvaises herbes dans les agrophytocénoses (MO

N

TEGUT, 1975 ; LE DEU N FF, 1976 ; B A RR A L I S et al., 1978). De nombreuses observations sur la chronologie des levées des mauvaises herbes au champ font apparaître un

étalement des germinations tant dans l’année qu’au cours

des ans (CHEPIL, 1946 ; ROBERTS et al., 1970, 1979, 1980 ; C

HANCELLOR

, 1979 ; B A RR A L I S & C HAD ŒU F , 1980). Cet étalement des levées dépend de 3 critères :

. les facteurs agissant sur la germination (climatologie

locale et techniques culturales) qui conditionnent la levée des plantules ;

. les conditions de conservation dans le sol qui agissent sur

la dormance (BASKIN & BASKIN, 1978 ; LONCHAMP &

GOR A

, 1980 ; CHAD!UF et al., 1980) ;

. l’hétérogénéité physiologique des semences qui module

les phénomènes de dormance.

Sur ce dernier point, divers auteurs ont étudié la variabi- lité de la germination des semences suivant leur grosseur et la place qu’elles occupent sur l’inflorescence (THOMAS et al.,1978 ; J AUZEIN , 1980) à laquelle s’ajoute l’incidence des conditions de culture des porte-graines (KARSSE N , 1970 ; D

UMAS et al., 1976 ; CHAD!UF-HANNEL, 1979), même en fin de maturation des fruits (GUTTERMA N , 1978), ainsi que l’état de maturité des semences au moment de la récolte (G

ILL

, 1938 ; M AUN , 1974).

Les semences qui mûrissent dans les agrophytocénoses

sont généralement enfouies dans le sol où elles se conser-

vent et acquièrent de nouvelles aptitudes pour leur germina-

(3)

tion. WESSO N & WAREI N G, 1969, ont en effet mis en

évidence que l’enfouissement induit une photosensibilité positive chez certaines semences ; le rôle du phytochrome

durant ce mode de conservation a été précisé par T A Y L OR-

SON (1970, 1972).

Dans le cadre de l’étude de l’évolution qualitative et quantitative des mauvaises herbes et de la dynamique d’agrophytocénoses menée par notre laboratoire, nous

avons voulu mettre en évidence le rôle essentiel des conditions de postmaturation et de conservation sur la

germination de différents lots de semences récoltées durant toute la période de fructification d’une population d’Ama-

ranthus bouchonü Thell.

Il. MATERIEL ET MÉTHODES

A) Semences

Soixante plantules d’une population d’A. bouchonü infes- tant une parcelle expérimentale du Domaine d’Epoisses (près Dijon) sont repiquées en plein champ pour constituer des porte-graines. La culture est réalisée sur film de polyéthylène noir, l’irrigation étant assurée par un système goutte à goutte. La récolte des semences est effectuée au

moyen de sacs en voile de tergal fixés au hasard sur 1 à

3 rameaux ou axe principal (les mêmes pour toutes les

récoltes) de chacun des porte-graines. Au cours de la période de maturation des semences, 5 récoltes successives sont réalisées du 3/9/79 au 13/11/79. Pour chaque récolte de

semences morphologiquement mûres, c’est-à-dire se déta- chant naturellement de la plante mère, on estime la quantité produite et le pourcentage de semences malformées après

élimination de l’enveloppe du fruit (akène). Pour 3 récoltes

on calcule le poids de 100 semences (graines) et on éprouve

leur capacité à germer dans des conditions déterminées,

avant et après conservation.

B) Conservation des semences

Chaque récolte est conservée individuellement, suivant

4 modalités :

A) à 4 °C, au sec, dans des sachets de papier enfermés dans un sac de polyéthylène contenant du silicagel ;

B) à 4 °C, sur papier buvard humide, en boîtes de Petri durant 1 et 2 mois ;

C) épandue sur le sol (agrégats inférieurs à 1 cm) les

semences subissent les aléas climatiques durant 15 j et

1 mois ;

D) enfouies dans le sol durant 1, 3 et 6 mois, à 20 cm de profondeur (les semences sont placées avec une quantité

suffisante de terre tamisée à 2 mm) dans des sachets de voile de tergal disposés dans des corbeilles ajourées pour

transplantation d’arbustes. Lors de leur extraction du sol,

les semences ne sont jamais exposées à la lumière.

C) Tests de germination

Les tests de germination sont effectués sur papier buvard,

en boîtes de Petri, à raison de 4 répétitions de 100 semences (50 seulement dans le cas de semences enfouies), dans des

enceintes climatisées réglées aux alternances 30-20 °C (16 h-8 h) et 20-15 °C (16 h-8 h), à l’obscurité ou en présence

de lumière durant la phase thermique la plus élevée de la thermopériode. La source lumineuse est constituée de tubes fluorescents (type Blanc Industrie, Philips) et de lampes à

incandescence dispensant un éclairement voisin de 8 000 lux.

Les tests effectués avec les semences fraîches sont

réalisés sur eau distillée et sur solution d’acide gibbérellique (GA!) à 2,9.10- 5 M et 0,29 .10- 3 M. Pour les semences conservées, les tests sont réalisés suivant 4 modalités :

w imbibition en présence de lumière ;

. imbibition à l’obscurité ;

. imbibition de 15 j dans l’eau distillée, traitement de 24 h

avec GA 3 0,29 .10-’ M, puis nouvelle mise en germination,

le tout en présence de lumière ;

a imbibition de 15 j à l’obscurité, puis en présence de

lumière.

Tous les tests ont une durée de 1 mois ; les comptages des graines germées (sortie de la radicule) sont effectués tous

les 2 ou 3 j ; les comptages lors des tests réalisés à l’obscurité sont opérés en lumière verte inactinique.

On traduit le résultat des comptages en taux de germina-

tion donnant la capacité germinative des lots mis à germer dans les conditions précisées. L’analyse statistique des taux

de germination a été réalisée par l’analyse de la variance, après transformation angulaire des pourcentages. Les comparaisons des moyennes ont été établies à l’aide du test de NEW MAN & K E ULS ; des lettres (a, b, c, ..., a’, b’, c’, ...,

m, n, o, ..., m’, n’, o’, ...) indiquent, pour les ensembles de

comparaison, des valeurs significativement différentes au

seuil 0,05.

La vitesse de germination est appréciée par le temps moyen de germination (T.M.G. = -=——, ni où ni représente

le nombre de semences germées au jour Ji).

III. RÉSULTATS

A) Evolution quantitative et qualitative des semences fraîches

au cours de la fructification 1. Production de semences

Toutes les semences récoltées ont une morphologie

normale. La production de semences s’étale sur plus de

2 mois ; elle est plus importante en début de fructification ;

c’est à cette époque que les semences sont les plus lourdes (tabl. 1). ).

2. Etude de la capacité de germination des semences fraî-

ches des différentes récoltes

Aucune germination n’est observée sous l’alternance 20-15 °C. Le tableau 2 met en évidence une meilleure

germination à 30-20 °C, en présence de lumière qu’à l’obscu-

rité. Les semences de la l ere récolte sont moins dormantes

-

nous considérons comme dormante toute semence qui, placée dans des conditions d’imbibition favorables (tempé-

rature, humidité, oxygénation, ...), est incapable de germer

-

que celles des récoltes ultérieures ; l’acide gibbérellique

utilisé à 2,9.10 ! M et 0,29. 10- 3 M ne permet pas, à l’obscurité en particulier, de lever la dormance des semen- ces des récoltes R 2 et R,, bien que les expériences d’enfouis-

sement montrent une viabilité de 100 p. 100 de tous les lots.

Le temps moyen de germination (T.M.G.) est faible (4-5 j)

pour R 1 à la lumière et augmente pour les récoltes suivantes.

A l’obscurité, les semences germent plus lentement (en

moyenne 16 j), quelle que soit la date de récolte.

(4)
(5)

B) Evolution de la capacité de germination des semences au

cours de la conservation

1. Effet des modalités de stockage sur une période d’un mois

A l’issue d’un mois de conservation dans des conditions

variées, pratiquement aucune semence ne germe sous l’alternance 20-15 °C ; on obtient toutefois 6 p. 100 de germination en présence de lumière après enfouissement. A 30-20 °C (tabl. 3) les semences germent préférentiellement

en présence de lumière ; l’effet de la lumière est très marqué lorsque les semences sont conservées à basse température,

au sec ou à l’état imbibé. Par contre, lorsque les semences

sont conservées sur le sol ou enfouies à 20 cm, le taux de

germination est élevé et l’effet de la lumière peu marqué.

Globalement, les semences de la récolte R i sont moins

dormantes que celles des récoltes R 2 et R 3 ; néanmoins, l’épandage et l’enfouissement élèvent leur taux de germina-

tion à des valeurs comprises entre 76 et 100 p. 100. L’inter- action existant entre la date de récolte et le mode de

conservation des semences peut être expliquée d’une part par une différence de dormance initiale (R i moins dormant que R 2 et R,, cf. tabl. 2), d’autre part par l’augmentation importante du taux de germination des semences épandues

ou enfouies, quelle que soit la date de récolte. Enfin, la conservation à 4 °C sur buvard humide augmente le taux de germination et nous avons constaté qu’un traitement de 2 mois à 4 °C n’est pas plus efficace.

2. Evolution de la capacité germinative des semences

conservées au sec

Les résultats des tests réalisés sous l’alternance 30-20 °C, après 1, 3 et 6 mois de stockage à 4 °C, sont assez hétérogènes (tabl. 4), néanmoins il semble que la capacité de germination des semences de R I diminue sensiblement à l’obscurité et que celle des récoltes R 2 et R 3 augmente en présence et en absence de lumière. A 20-15 °C aucune

germination n’est apparue.

3. Evolution de la capacité de germination des semences au

cours de l’enfouissement

Les semences extirpées des sacs de tergal sont toutes

morphologiquement normales ; aucune germination in situ

n’est apparue au cours des 6 mois de conservation dans le sol.

a) A 20-15 °C

Les tests de germination réalisés en présence de lumière (tabl. 5) font apparaître que le taux de germination des

semences extraites est d’autant plus important que la durée d’enfouissement augmente et que les récoltes sont plus tardives. Après un enfouissement de 3 mois, les semences

de la récolte R 3 présentent un taux de germination élevé : ce

sont en effet les seules à avoir subi suffisamment longtemps

des températures froides (de 0 à 10 °C) (fig. 1) qui jouent (labi. 3) un rôle dans la levée de dormance et on peut considérer qu’après 6 mois d’enfouissement, toutes les récoltes ont subi une période de froid efficace comparable.

Les vitesses de germination pour R&dquo; R 2 et R 3 sont, après

6 mois d’enfouissement, respectivement de 9,0, 6,3 et 3,8.

L’acide gibbérellique ne permet d’augmenter sensible-

ment la germination que pour des semences enfouies

6 mois ; son action complète donc celles de l’enfouissement et du froid et ne s’y substitue pas. En effet, à 20-15 °C, l’acide gibbérellique utilisé à la concentration de

0,29. 10-

3 M (tabl. 6) est incapable de lever la dormance de semences fraîchement récoltées, mais favorise la germina-

tion de semences ayant séjourné au froid à l’état imbibé (mode B de conservation) pendant 1 mois.

A l’obscurité, les semences germent peu : 3, 11 et 25 p. 100 pour R&dquo; R 2 et R 3 enfouies durant 6 mois ; les T.M.G. sont cependant plus courts qu’à la lumière (respecti-

vement 4,1, 5,0 et 5,4).

b) A 30-20 °C

Le taux de germination est élevé dès le 1 er mois d’enfouis- sement, tant en présence qu’en absence de lumière (T.M.G.

voisin de 2 à 3 j).

IV. DISCUSSION

L’état initial et l’évolution de la dormance des semences,

appréciés par les taux de germination obtenus pour différen-

tes alternances de température, en présence ou non d’acide

gibbérellique, ainsi que par la vitesse de germination, sont

(6)

différents suivant les récoltes (tabl. 2). Les semences récol- tées le 3 septembre (R,) sont moins dormantes que celles récoltées le 8 octobre (R 2 ) et le 13 novembre (R!). Par

contre, la conservation dans le sol favorise la germination

des récoltes R 2 et R 3 (tabl. 3 et 5). Ces constatations nous

conduisent à prendre en considération l’évolution des condi- tions d’environnement des porte-graines. CHADŒUF- H

ANNEL

, en 1979, a établi qu’en culture en jours longs, 60 j séparaient l’anthèse de la dissémination des semences

produites ; aussi, si on limite l’étude des conditions climati-

ques survenues à partir de la formation des semences jusqu’à leur récolte, l’observation devra porter sur une période de plus de 4 mois. La figure 1, qui rassemble quelques données agroclimatiques, montre l’évolution importante de certains de ces paramètres dont quelques-uns

ont déjà été étudiés. Les températures élevées permettent d’obtenir des semences peu dormantes et favorisent la bonne germination des semences de type R i . Par contre, ni

les conditions de photopériode dont les valeurs élevées

favorisent l’installation de la dormance (C HAD Œ UF -

(7)

H ANNEL

, 1979), ni les conditions d’ombrage dont l’impor-

tance abaisse le taux de dormance des semences (K IG E L et al., 1977-1979) et que nous apprécions à partir de l’insola-

tion journalière (fig.l), n’expliquent les difficultés de

germination constatées pour les récoltes R 2 et R,. Il est donc probable que, comme l’a montré CHAD!UF-HANNEL (1979)

sur A. bouchonü, l’évolution physiologique des pieds-mères joue un rôle important dans la mise en place des phénomè-

nes de dormance.

En ce qui concerne la diminution du taux de germination à l’obscurité des semences de type R I conservées au sec et

l’augmentation de celui des récoltes R 2 et R 3 (tabl. 4), nous devons considérer que la température de stockage (4 °C) que nous avons utilisée n’est pas favorable à la post-maturation

des semences ; la capacité de germination diminue en effet

dès le 1 e ‘ mois de conservation et augmente par la suite.

SC H O N

BECK & EGLEY (1980) ont en effet précisé, chez A.

retroflexus, qu’entre - 20 et + 28 °C la dormance était d’autant moins importante que la durée de conservation était plus longue et que la température était plus élevée.

Sur le plan agronomique, c’est essentiellement la conser-

vation des semences sur ou dans le sol qui est la plus intéressante. Il faut constater tout d’abord que les semences

épandues sur le sol durant 15 j ou 1 mois (conservation C)

n’ont pas germé au champ. Pour R i’ les températures au

niveau du sol furent compatibles avec la germination, cependant les semences qui subissent 1 mois de cette

post-maturation ont un T.M.G. voisin de 10 j à 30-20 °C en présence de lumière et n’ont pu rester suffisamment imbi- bées pour germer. Par contre, pour R 2 et R,, la vitesse de germination évaluée in vitro est plus rapide (le T.M.G. est

voisin de 3,3 j pour les 2 récoltes) ; les semences ont été imbibées mais n’ont pu germer au champ du fait des

températures naturelles trop basses.

L’épandage a permis de lever presque totalement la dormance des semences, même après 15 j (tabl. 3 ** ). Ce

mode de conservation, destiné à faire subir aux semences

l’influence des facteurs climatiques à la surface du sol

(présence partielle de lumière, état de dessèchement fré- quent, fluctuations rapides et importantes des températures,

etc.), donne des résultats qui se rapprochent davantage de l’action de l’enfouissement que de celle de la conservation

au sec. Les processus de levée de dormance sont cependant

différents ; l’épandage correspond à un traitement de

postmaturation à températures relativement élevées favora- bles à la germination ultérieure, l’enfouissement à l’action de certains facteurs qui agissent sur les semences (confine- ment, anoxie, basses températures, ...). ).

La longévité des semences d’A. retroflexus dans le sol a

été constatée par CHEPIL (1946) et T A YLORSO N (1970). Dans

notre expérimentation sur A. bouchonii, l’enfouissement permet, après extirpation des semences, une germination très rapide (2 à 3 j) et totale à 30-20 °C, en présence ou en

absence de lumière, ainsi qu’une germination non négligea-

ble à 20-15 °C, davantage en présence de lumière qu’à

l’obscurité (tabl. 3 et 5). L’incidence de l’enfouissement est

différent suivant les récoltes. L’hypothèse que l’on peut émettre à partir des constatations de TAYLORSON & HEN-

DRICKS (1969) sur la facilité que possèdent les semences

d’A. retroflexus à germer après incubation à 10 °C à l’obscu- rité ne peut être évoquée, les différences de température

dans le sol entre les 3 époques d’enfouissement n’étant pas suffisantes. Nous devons donc considérer, en l’absence

d’autres éléments d’analyse, que les semences les plus

tardives ont un comportement différent vis-à-vis des fac- teurs agissant au cours de l’enfouissement.

On a constaté que les incubations à l’obscurité puis en présence de lumière donnent des taux de germination finaux supérieurs à ceux obtenus lorsque les semences sont d’emblée disposées à la lumière (tabl. 7). Pour des semences extraites du sol après 6 mois d’enfouissement (dont le T.M.G. est voisin de 3 j) incubées à 20-15 °C, on constate

d’une part, que 15 j d’incubation à l’obscurité n’altèrent pas la capacité de germination à la lumière et que, d’autre part, l’enfouissement semble favoriser la germination à la lumière

d’une fraction des lots (quelle que soit la récolte) et, à

l’obscurité, d’une fraction différente puisque les taux de germination successifs obtenus lors de mises en germination

à l’obscurité puis en présence de lumière sont identiques à la

somme des taux de germination observés à la lumière et à l’obscurité. Pour des semences conservées au sec, le temps

moyen de germination dépassant 15 j à 30-20 °C (tabl. 2), les incubations de 15 j précédant les incubations à la lumière

prévues par le protocole expérimental ne nous permettent

pas d’analyser le comportement des semences à la suite des deux incubations successives.

Enfin, l’augmentation du taux de germination à 20-15 °C

en fonction de la durée d’enfouissement fait intervenir le temps de stratification qui, suivant les récoltes, est plus ou

moins long et à ce titre favorise différemment la germina-

tion. Le dispositif expérimental utilisant des enfouissements

en plein champ ne nous permet pas de conclure sur les différents effets : date de récolte, durées d’enfouissement et de stratification ; les interactions sont à étudier en

conditions contrôlées.

V. CONCLUSION

L’hétérogénéité du comportement germinatif de semen-

ces récoltées tout au long de la période de maturation est

confirmée chez A. bouchonii. La constitution de lots

homogènes est délicate sur le plan des études sur la physiologie de la germination ; ceci explique partiellement

le manque de cohérence des résultats relatifs à la germina-

tion que l’on peut trouver dans la littérature scientifique. On

constate que la conservation des semences au sec et surtout sur ou dans le sol, réduit en quelques mois les différences de

germination entre les semences des récoltes R!, R, et R,.

(8)

L’enfouissement confère de plus aux semences la possibi-

lité de germer à températures non optimales et favorise principalement la fraction des semences à maturation tar-

dive. En ce sens, l’enfouissement post-estival, précédé ou

non d’un épandage sur le sol, peut avoir un impact direct sur

l’échelonnement des levées au champ avec comme consé- quence la difficulté, d’une part, de prévoir avec précision

les levées de plantules dans le cas d’une lutte intégrée,

d’autre part, de lutter efficacement contre cette espèce avec

des moyens mécaniques ou chimiques.

!M /e n J<MM<! ?9S!.

Reçu le 11 janvier 1981.

Accepté le 26 février 1981.

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