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Les premiers hommes en Normandie

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Academic year: 2022

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Texte intégral

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une revue Gallia

 

Normandie | 2017

Les premiers hommes en Normandie

Prospection thématique (2017)

Dominique Cliquet

Édition électronique

URL : https://journals.openedition.org/adlfi/74038 ISSN : 2114-0502

Éditeur

Ministère de la Culture Référence électronique

Dominique Cliquet, « Les premiers hommes en Normandie » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Normandie, mis en ligne le 02 juin 2021, consulté le 03 juin 2021.

URL : http://journals.openedition.org/adlfi/74038

Ce document a été généré automatiquement le 3 juin 2021.

© ministère de la Culture et de la Communication, CNRS

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Les premiers hommes en Normandie

Prospection thématique (2017)

Dominique Cliquet

NOTE DE L’ÉDITEUR

Organisme porteur de l’opération : Ministère de la Culture

1 L’année 2017 marque l’achèvement de ce programme de recherche qui trouvera quelques prolongements dans le cadre d’une prospection thématique portant sur « les premiers peuplements de Normandie ». Le champ chronologique restera inchangé, couvrant une très longue période, de 550 000 ans à l’introduction de l’agriculture vers 5 100 ans, et nos actions resteront sensiblement les mêmes.

2 En 2017, notre activité s’est essentiellement concentrée, comme depuis 2012, sur la fouille et le traitement des données acquises sur le site du Rozel. Parallèlement à ces travaux portant sur les niveaux néandertaliens du site, plusieurs expérimentations ont été menées, visant à mieux caractériser la locomotion des néandertaliens et à tenter de définir la fonction des foyers paléolithiques des sites du Rozel, de Saint-Germain-des- Vaux/Port-Racine et de Saint-Vaast-la-Hougue/Le Fort (Manche) (cf. notice Le Rozel

« Le Pou »).

3 L’expérimentation a aussi concerné les fracturations d’ossements animaux visant, d’une part, à extraire la moelle jaune comme le faisaient les Paléolithiques du Rozel, d’autre part, à produire de longues esquilles osseuses, telles celles fabriquées à l’âge du Bronze ancien sur le site de « La Caillourie » à Saint-Lô-d’Ourville (Manche).

4 Comme tous les ans depuis la création du PCR, l’activité s’est essentiellement focalisée sur les prospections. En premier lieu, plusieurs équipes ont poursuivi les prospections pédestres, principalement sur le département de l’Orne et sur le Bessin (Calvados ; équipe animée par P. Lebas), révélant de nouveaux sites. Ce sont les ateliers de Rânes/

Saint-Brice-sous-Rânes (Orne) qui ont fait particulièrement l’objet de notre attention,

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notamment en étendant spatialement les espaces prospectés. Ainsi plusieurs concentrations de vestiges ont-elles été reconnues, en périphérie des zones de fortes concentrations en vestiges, illustrant les occupations paléolithiques, néolithiques, protohistoriques et antiques (prospections (M. Oden, J. Richard, J. Beuchet et M. Jules).

Les mobiliers collectés attestent de plusieurs occupations rapportables au Paléolithique moyen. Outre la série dite classique à outils bifaciaux datée à « La Bruyère » de 40 600 ans, au moins trois autres ensembles plus anciens ont pu être individualisés. Ils comportent soit un débitage exclusif où la Méthode Levallois apparaît dominante, soit des pièces bifaciales associées à une production d’éclats, dont des enlèvements Levallois. Rappelons que ces derniers sont quasi absents des « séries dites classiques ».

5 Enfin, quelques éclats fortement altérés pourraient être antérieurs à l’avant-dernier interglaciaire ? Quelques petits nucléus et la présence de quelques lamelles pourraient se rapporter au Mésolithique. Ces découvertes méritent d’être confirmées.

6 Pour les industries se rapportant au Paléolithique moyen, le même constat a pu être fait sur le matériel mis au jour à l’occasion de la campagne de sondage effectuées aux

« Hues » et aux « Champs Martin » à Saint-Brice-sous-Rânes.

7 Toujours dans le but de mieux circonscrire les ateliers de production d’outils bifaciaux et de mieux caractériser les différents assemblages lithiques rapportables au Paléolithique moyen sur ce secteur, une campagne de sondages est programmée en 2018. Cependant, ces industries ne sont actuellement pas datées. Il conviendra de préciser le contexte chronostratigraphique de ces assemblages, si l’enregistrement pédosédimentaire le permet.

8 Toujours pour le département de l’Orne, plusieurs ensembles lithiques datables du Paléolithique moyen au Néolithique ont été trouvés à Moulicent, témoignant de plusieurs occupations néandertaliennes où le débitage d’éclats Levallois s’avère bien représenté (prospections K. Lukaszewicz). La série a livré aussi un petit biface cordiforme.

9 Enfin, deux nappes de vestiges se rapportant au Mésolithique ancien ont été reconnues à Beauvain (Orne ; prospections M. Oden). Elles se caractérisent par une production majoritaire en silex « importé », secondairement en quartz local, visant à l’obtention d’éclats, de lames et de lamelles. L’outillage comporte quelques grattoirs, dont un en grès tertiaire, des racloirs, quatre armatures (isocèles) et un prismatique en silex. Ces petites séries prennent une valeur toute particulière du fait de la rareté du Mésolithique ancien en Normandie.

10 Dans le cadre de la thématique « grottes et abris » qui avaient fait l’objet de plusieurs prospections, voire de sondages, notamment dans les vallées de la Paquine (Calvados) et de la Vire (Manche), un nouvel espace géographique a fait l’objet de notre attention : la Hague, avec la conduite d’une prospection dans les vallées encaissées de la Sabine et du Hubiland à Landemer-Hague et Gréville-Hague (prospection L. Jeanne, A. Lepigoche et D. Lepoittevin). Elle vise à mesurer le potentiel d’accueil des populations anciennes dans ces vallées particulièrement bien exposées : plein sud. Si plusieurs affleurements susceptibles d’avoir servi d’abris ont été reconnus, la configuration même des lieux, vallées « très grasses » et marécageuses et ouverture des abris potentiels en pied d’escarpement, n’est pas propice à la découverte d’occupations pléistocènes. La configuration des lieux et la topographie ne sont pas sans rappeler la vallée de la Paquine et plus particulièrement la vallée de la Jupinerie qui conservait des vestiges d’occupations holocènes. Deux abris potentiels devront faire l’objet de sondages afin

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d’en mesurer le potentiel archéologique. En 2018, deux autres vallées feront l’objet de prospections, celles de l’Épine Due et du Castel.

11 Signalons la découverte de concentrations de produits lithiques dont au moins un amas en position primaire, rapportables à l’Azilien, sur le site de « La Justice » à Louviers (Eure). Le matériel lithique issu de cette implantation en bordure d’un paléoméandre de l’Eure sera étudié dans le cadre de travaux universitaires aux universités de Paris I et Paris X.

12 Signalons enfin les études engagées par les membres du Centre de recherches archéologiques de la région mantaise et par les chercheurs de l’équipe de l’UMR 7041, ArScAn (Paris I et Paris X) sur le mobilier de la chambre de dragage de Seine de Saint- Pierre-lès-Elbeuf. Cet ensemble issu d’une opération de dragage effectuée à Elbeuf en 1944 a révélé, entre autres, la présence de vestiges rapportables au Paléolithique final, dont une petite série laminaire qui évoque le Magdalénien moyen (L. Mevel) et du mobilier osseux notamment une vraisemblable sagaie en os du Magdalénien. Une datation 14C sera nécessaire pour dater cette pièce exceptionnelle. Quelques pièces aziliennes ont aussi été collectées et une abondante quantité d’artéfacts mésolithiques dont les armatures se rapportent à l’ensemble des cultures actuellement reconnues dans le Bassin parisien.

Fig. 1 – Beauvain (Orne) : armatures en silex du Mésolithique ancien

Cliché : D. Cliquet (SRA).

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Fig. 2 – Moulicent (Orne) : biface en silex du Paléolithique moyen

Cliché : D. Cliquet (SRA).

Fig. 3 – Portbail (Manche) : expérimentation de fragmentation d’os long de cervidé pour l’obtention d’esquille osseuses allongées, tel sur le site de la Caillourie à Saint-Lô d’Ourville (Manche)

Cliché : V. Laisné.

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INDEX

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ark.frantiq.fr/ark:/26678/pcrtouI45wMnJl

AUTEURS

DOMINIQUE CLIQUET

Drac Normandie (service régional de l’archéologie)

Références

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