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BusinessHIGHLIGHT Optimiser. n /... QUELS LEVIERS D OPTIMISATION POUR LES CENTRES D APPELS? SOMMAIRE

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Texte intégral

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Dans un univers où il devient très difficile de se démarquer par l’innovation des produits, la prise de conscience de l’importance stratégique du service client ne cesse de s’accroître. C’est dans ce cadre que les centres d’appels, qui jouent un rôle central dans la communication entre les entreprises et leurs clients, ont connu en France un développement considérable depuis les

années 70-80. Les évolutions de l’expérience client ainsi que la multiplication des canaux d’accès ont largement complexifié les contacts traités dans ces centres, les poussant plus que

jamais à se positionner sur les interactions sophistiquées et pertinentes. Par conséquent, initialement perçus comme centres de coûts, les centres de contacts sont en mesure de

devenir à terme sources de revenus.

2010-2015

QUELS LEVIERS D ’ OPTIMISATION POUR LES CENTRES D ’ APPELS ?

Business HIGHLIGHT

n°2 04 2011

Les centres d’appel en France : un marché en forte croissance et en constante évolution

Enjeux futurs : optimiser l’équilibre entre réduction des coûts, optimisation de l’expérience client et revenus additionnels

Les principaux leviers pour construire des partenariats prospères à forte valeur ajoutée

SOMMAIRE

... /...

Optimiser

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Débuts des centres d’appels en France

Les centres d’appels ont été longtemps dévolus à des applications spécifiques telles que la vente à distance ou les services basiques d’assistance des banques et assurances. Téléperformance, premier centre d’appel outsourcé français, a été le précurseur des appels sortants en vue de mener des campagnes de ventes, d’abonnement et de marketing direct par téléphone.

Ce n’est qu’au milieu des années 90 que cette activité gagne quasiment tous les secteurs de l’économie et élargit le champ des fonctions couvertes : service client et consommateur, support technique, études d’opinion, back-office…

L’externalisation des centres d’appels s’inscrit initialement dans un contexte de réduction des coûts opérationnels et managériaux. De ce fait, beaucoup de sociétés optent pour cette solution afin de recentrer leur activité autour de leur cœur de métier et de déléguer les activités à plus faible valeur ajoutée.

Secteur en pleine croissance et concentration

Le secteur bénéficie alors d’une très forte crois- sance, de l’ordre de 20% par an. Et ce n’est qu’à partir du début des années 2000, que s’amorce la première vague de consolidation du marché : très vite, 15 marques sur les 25 premiers acteurs sont

rachetées ou disparaissent du paysage. Cette concentration est principalement aiguillonnée par un phénomène de taille critique nécessaire pour rester compétitif et se réalise à coups de croissances externes et de joint-venture.

Dans un deuxième temps, certains centres d’appels vont commencer à se lancer dans l’activité offshore.

Cette approche leur permet non seulement de tirer profit de coûts inférieurs, mais aussi d’une législation plus souple en matière de droit du travail et d’une main d’œuvre éduquée. Webhelp, qui crée ses premiers centres d’appels au Maroc en 2002, en est l’exemple.

En quelques années, plus d'une centaine de plates- formes ont été créées en Europe de l'Est mais surtout en Afrique francophone (Maroc, Algérie, Tunisie, Sénégal, ...) ou encore à l'île Maurice.

Ces mouvements ont induit une forte concentration du marché français. Si la France compte aujourd’hui plus de 200 prestataires de centres d'appels, les 20 premiers réalisent 80% du chiffre d'affaires global de l'outsour- cing (contre 65% du chiffre d’affaires en 2000). Le marché de l’Offshore est, quant à lui, arrivé à maturité et sa croissance s’est stabilisée. Le niveau des activités délocalisées s’est maintenu, ces dernières années, aux alentours de 20% du chiffre d’affaires du secteur.

Après 2 années d’une croissance aux alentours de 15%, le chiffre d’affaires du secteur ne croît plus que de 4,2% en 2009. Malgré ce ralentissement corrélé à l’effet crise, le secteur des centres de contacts externalisés continue de créer des emplois et de se structurer. L’augmentation des effectifs reste très largement positive, +8% entre 2008 et 2009.

Innover

3

CA global du secteur (en milliards d’euros)

1,6

2007

1,84

2008

1,92

2009

Localisation du CA

2007 2008

20,2%

79,8%

20,3%

79,7%

20,9%

79,1%

2009

Source : Etude SP2C 2010 Offshore France

L

ES CENTRES D

APPELS EN

F

RANCE

:

UN MARCHÉ EN FORTE CROISSANCE ET EN CONSTANTE ÉVOLUTION

(3)

Le marché français est fortement dominé par Téléper- formance avec environ 20% de part de marché. Arvato Services et Webhelp complètent le peloton de tête.

D'autres plus petits sont en pleine croissance dans des niches spécialisées, à l'instar de Supporter ou H2A Télémarketing.

4

Ces différents acteurs peuvent être regroupés sous 4 grandes catégories :

Source : Enquête « Relation Client » 2009

Source : Beijaflore 2010

Evolution du CA 2008 vs. 2007

Part de marché 2008 40% Phone marketing

Stream

Au delà du Top 10

Euro CRM

LaSer CCA

Webhelp

Transcom

Top 10 Arvato

Armatis Articall

Sitél

Teleperf B2S

20%

0% 10% 20%

-20%

-40%

Les généralistes

Taille industrielle

Large étendue de services

Grand volume d’appels

Qualité standard

Téléperformance Webhelp

Arvato Services France

Client Center Alliance (CCA International)

Les spécialistes

Ne s’adressent qu’à un segment spécifique du marché

Spécialistes fonctionnels :(assistance, télévente, télérecouvrement...) Stream, Supporter, IMA techno, SAIM, Euro CRM France, Groupe H2A, ...

Spécialistes sectoriels :(Approche sur Mesure) 4 CS Call Center Contact Client, Call Medi Call, ...

Spécialistes locaux :(proximité et de l’appartenance à un tissu économique local)

Les dilemmes

Ont le même positionnement que les généralistes, mais traitent des volumes plus faibles

Intra Call Center Phone Marketing Teletech International ESDI

Croissance et résultats limités. Positionnement stratégique dangereux.

Les captifs

Spécialisés et prisonniers d’un

positionnement sectoriel ou d’un client unique The Phone House Services Telecom

Frequence Plus Services

(4)

Un métier qui évolue

En parallèle de ces changements économiques, le secteur a connu une importante sophistication des prestations offertes par les outsourceurs.

En effet, dans des marchés hautement concurrentiels, les clients deviennent de plus en plus exigeants tandis que le nombre de canaux de communication se multi- plie. La conséquence immédiate de ce mouvement est une complexité croissante des tâches assurées par les téléconseillers, nécessitant obligatoirement de développer des compétences spécifiques.

Il y a quelques années encore, les centres d’appels étaient contactés pour un simple problème technique ou pour connaitre des modalités de désabonnement.

Désormais, l’objet du contact peut porter aussi bien sur les caractéristiques de différentes offres com- merciales que sur les conditions d’installation d’un FAI. Les attentes des clients ont aussi changé : alors que certains privilégient les appels téléphoniques, d’autres sont plus réceptifs à des contacts via email ou messagerie instantanée. Les connaissances des téléopérateurs ont donc considérablement évolué, et les compétences requises ne cessent de croître.

En outre, compte tenu notamment de la saturation relative du marché, l’objectif des centres de contacts évolue vers plus de vente au client final de services complémentaires, en augmentant ainsi son « panier moyen ». D’où la nécessité pour eux de se positionner sur des interactions complexes plutôt que sur le traitement d’opérations plus scriptées.

5 Principes régulant les relations entre donneurs d’ordre et prestataires

Comme évoqué précédemment, le marché des centres d’appels externalisés a connu depuis ses débuts de nombreuses évolutions qui n’ont pas manqué d’influen- cer les relations entre donneurs d’ordre et prestataires.

Celles-ci s’articulent autour des 3 besoins suivants :

•Réduction des coûts

•Optimisation de l’expérience client

•Création de valeur

Réduction des coûts

Initialement, le souhait des entreprises d’externaliser leurs centres d’appels s’est justifié par la volonté de diminuer de façon significative les coûts associés à des activités éloi- gnées de leur cœur de métier. Pour les centres de contacts, il s’agit avant tout d’optimiser la productivité et de réaliser la prestation à un coût plus faible et de façon plus efficace. Les accords d’externalisation mis en place vien- nent directement répondre à cet objectif majeur : ils sont avant tout abordés sous l’angle du niveau d’activité.

Taux de décroché, nombre d’appels traités, durée moyenne du traitement, temps d’attente sont autant d’indicateurs mesurant le niveau d’industria- lisation d’un service. Le centre d’appels externe est alors rémunéré en fonction de sa performance sur cette dimension.

Au-delà d’une gestion optimisée de la charge, l’externalisation a permis un partage des risques liés à l’investissement (immobilier, technologie, …). En effet, la capacité des outsourceurs à amortir leurs investissements sur la totalité de leur parc clients leur a permis de maintenir un excellent niveau d’équipe- ments techniques, avec une répercussion moins importante sur le prix des prestations. Le client ne paye in fine que sa consommation en ressources.

Dans la pratique, cette orientation tend à atteindre ses limites. Les économies d’échelle ayant été exploitées au maximum, les niveaux d’exigences en termes d’efficacité pourraient mettre en danger la qualité de la prestation. Bien souvent, le donneur d’ordre utilise ses

E

NJEUX FUTURS

:

OPTIMISER L

ÉQUILIBRE ENTRE RÉDUCTION DES COÛTS

,

OPTIMISATION DE L

EXPÉRIENCE CLIENT ET REVENUS ADDITIONNELS

Organiser

(5)

équipes internes comme benchmark pour déterminer les attentes de productivité qu’il peut avoir auprès de l’outsourceur. Et en règle générale, une amélioration aux alentours de 20%, par rapport aux niveaux atteints en interne, est exigée du prestataire du fait de sa spéciali- sation. Même lorsque l’activité n’est plus traitée en interne, les critères de décision, très orientés coûts, lors de la mise en concurrence des prestataires les pous- sent bien souvent dans leur retranchements. La qualité de la prestation ne peut plus suivre indéfiniment.

Optimisation de l’expérience client

Avec l’émergence des problématiques d’expérience client au milieu des années 2000, les acteurs se sont davantage focalisés sur la satisfaction client dans leur prise de décision. Les entreprises prennent alors conscience de la nécessité d’homogénéiser l’expé- rience proposée. Les centres d’appels doivent devenir les vecteurs d’une marque, porteurs de valeur, de discours, au-delà de la seule prestation de service. Les processus, les systèmes d’information et les formations sont alors remodelés dans le but d’assurer une expérience client optimale.

C’est à ce moment là qu’émergent, en plus des critères de productivité, des indicateurs permettant de suivre la qualité du service. La performance du centre d’appel est en grande partie justifiée par le niveau de satisfac- tion client pour une prestation donnée. Le Net Promo- ter Score (NPS) est classiquement utilisé pour cette mesure de satisfaction. Il permet de dégager deux catégories de clients :

•Les détracteurs de la marque, dont l’écoute permettra d’analyser l’ensemble des éléments déceptifs de l’offre au sens large (produit, processus, services, ressources humaines, …)

•Les avocats de la marque, qui révèleront les avantages de l’entreprise, éléments à mettre en valeur pour se différencier

Cet indicateur est certes un grand pas en avant dans la mesure de la satisfaction client mais il a ses limites :

•Cet indicateur est très volatile et peut varier rapide- ment en fonction des événements marché. Cela rend complexe l’évaluation de la performance du centre d’appels.

•Il est aussi difficile à suivre, puisqu’il peut être mesuré chaud, tiède, froid… Ces différents horizons de mesure peuvent donc influencer l’évaluation qui en est faite.

•Le NPS donne une vision instantanée de la satisfac- tion, il permet ainsi de dégager une tendance, déclencher une alerte… Mais il ne permet pas d’ex- pliquer les évolutions observées.

Seule, l’évaluation de la satisfaction client ne permet pas de quantifier des revenus additionnels qui seraient générés. Et sans compréhension du ROI de l’améliora- tion du niveau de satisfaction, le focus des donneurs d’ordre a tendance à rebasculer naturellement sur les problématiques de coûts.

Création de revenus additionnels

La dernière évolution est déclenchée par les impératifs de rentabilité, présents dans toute société. Les acteurs de l’outsourcing tentent de se positionner comme des spécialistes du management de la valeur client. Ce qu’ils mettent en avant, ce sont les revenus qu’ils génèrent à travers la qualité de leur prestation.

La mesure de l’efficacité de l’outsourceur peut passer par l’estimation des gains obtenus :

•En suivant les coûts qui sont évités en développant la satisfaction client. Par exemple, les centres d’appels permettent, en réduisant les situations d’insatisfac- tion des clients, de baisser les coûts associés au traitement des réclamations.

•En pilotant le niveau des ventes additionnelles générées par le centre d’appels : les campagnes favorisant le cross selling et l’upselling améliorent la contribution en développant le revenu moyen par utilisateur ou « ARPU ».

Dans de rares cas, des initiatives ont été entreprises pour favoriser la création de valeur : à titre d’exemple, des accords, où l’intégralité de la relation client est

6

(6)

externalisée pour un segment spécifique de clients, commencent à voir le jour. Le principal avantage d’une telle approche est de respon- sabiliser complètement l’outsourceur sur les revenus additionnels générés par ce segment : Etant positionné à la fois sur la conquête, la vente et la fidélisation de ces clients, il pourra mettre en place les mesures nécessaires pour optimiser l’interaction client. Pour aller plus loin et maximiser l’impact de ces initiatives, il faudrait non seulement adapter les tableaux de bords, en mesurant les marges supplémentaires générées, mais aussi revoir le modèle écono- mique associé.

Nécessité de faire évoluer le modèle actuel

Les rapports entre donneurs d’ordre et presta- taires restent malgré tout majoritairement orientés coûts, obligeant les outsourceurs à augmenter en permanence leur productivité. En effet, le marché des centres d’appels a gagné en maturité ces dernières années : les bassins d’emploi qui per- mettaient auparavant de réduire les coûts liés à la main d’œuvre commencent à saturer. L’amortisse- ment des investissements sur l’ensemble du parc atteint ses limites. La seule voie encore possible pour les prestataires de se différentier, dans ce marché concurrentiel, est d’être toujours plus efficace. Il s’agit alors de traiter le maximum d’appels en un minimum de temps.

Pour rester compétitifs, les outsourceurs n’ont pas d’autres choix que de se focaliser sur cet objectif de productivité, inévitablement au détriment des autres besoins de qualité et de valeur.

Dans les prochaines années, une externalisation pérenne nécessitera de trouver le bon équilibre entre ces trois orientations majeures : réduction des coûts, optimisation de l’expérience client et création de revenus additionnels. Ce n’est qu’ainsi que donneurs d’ordre et prestataires pourront établir de solides relations de partenariats.

Assurer un équilibre entre ces 3 besoins, souvent contradictoires, n’est pas une tâche aisée : pour mieux appréhender cette difficulté, prenons l’exem- ple d’un centre d’appel d’un opérateur téléphonique.

Imaginons que les téléconseillers arrivent bien à vendre de nouvelles options aux abonnés, renouve- lant ainsi automatiquement, et à leur insu, la période d’engagement de ces clients. En se focalisant juste sur le suivi de la productivité, nous aurions l’impres- sion que la situation est sous contrôle. En mesurant les revenus additionnels générés par le centre d’appel, nous considérerons que les équipes ont fait du très bon travail. Par contre, la satisfaction client serait considérablement dégradée et mettrait en danger la situation sur le long terme de l’entreprise.

Il ne s’agit donc pas d’avoir une performance maximale sur tous ces besoins. Mais plutôt de décider des axes sur lesquels une légère sous performance est tolérée, afin de favoriser les orientations stratégiques de l’entreprise. Par exemple, le téléconseiller serait informé que le dépassement, dans certaines limites, de la durée de traitement cible serait toléré si cela permet de concrétiser une vente. Et ainsi, l’axe coût serait défavorisé, volontairement, au profit de la création de revenus.

Accompagner

7

Il est nécessaire d’assurer l’équilibre entre ces différents besoins

Coûts

Création de valeur

Service client best in class

Expérience client

(7)

8 L’équilibre décidé devient alors la prolongation des orientations stratégiques de l’entreprise. La définition de cet équilibre peut être assimilée à un arbitrage entre 2 compromis :

•Comment optimiser la relation siège vs. centres d’appel ?

•Quel trade-off entre industrialisation et spécialisation des sites ?

En conclusion, l’objectif est d’avoir un pilotage stratégique des centres d’appels vs. une optimisation seule des contacts.

Face à ces nouvelles orientations, nous avons identifié quelques leviers prioritaires pour optimiser cet équilibre :

Industrialisation et équilibrage des indicateurs de performance : « You get what you measure ! »

Les indicateurs de performance sont à la fois des éléments de contrôle et de motivation pour le centre d’appels. Il est donc important de les adapter aux nouvelles exigences du marché, mais surtout de les partager avec les centres d’appels. Une transformation d’un accord d’externalisation en un véritable partenariat où tous les acteurs sont gagnants, ne peut se faire qu’en utilisant de façon adéquate ce levier très important.

Dans un environnement qui ne cesse de changer, suite aux évolutions des modèles établis ou à l’émergence de nouveaux besoins, une revue régulière des tableaux de bord est le garant de la cohérence de l’exécution avec les objectifs de l’entreprise.

Dans un souci, de renforcement des bonnes pratiques, il est aussi important de partager ces indicateurs de performance avec les centres d’appel externalisés.

Ainsi, ces derniers pourront avoir aussi une meilleure vision de leurs axes d’amélioration et fourniront les efforts nécessaires pour s’y tenir.

L

ES PRINCIPAUX LEVIERS POUR CONSTRUIRE DES PARTENARIATS PROSPÈRES À FORTE VALEUR AJOUTÉE

Exemple de tableau de bord à mettre en place

Productivité

• DMT

• % once & done

• # appels traités

• Temps d’attente

• Qualité du service

• NPS chaud

• NPS tiède

• # réclamations

• Evol©ARPU

• Cross selling

• Coûts de traitement des réclamations

Satisfaction client Revenus

(8)

9 Industrialiser des indicateurs qui ne se limitent pas au suivi de la productivité, estimer le ROI des différents maillons du service client devraient devenir des standards du secteur.

Toutefois, afin d’exploiter pleinement ce levier, il est nécessaire d’adapter en conséquence les systèmes de rémunération et de motivation. Les intérêts des téléconseillers et de leurs managers seront ainsi parfai- tement alignés avec les orientations de l’entreprise.

Simplification des SI et optimisation des formations

Parce qu’ils sont soumis à des problématiques différentes, le siège et les centres d’appels ont certains besoins antagonistes. Le centre d’appels a forcément une vision plus terrain qui peut parfois sembler éloignée des préoccupations plus globales du siège.

Cela se traduit par certains échanges non optimisés : par exemple, le siège prépare un support de formation complet et exhaustif, qui doit se dérouler sur une période de quelques jours. Dans la pratique, les centres d’appels, toujours à la recherche de plus de productivité, ne peuvent exploiter pleinement cette formation et se retrouvent souvent contraints de la modifier pour avoir un format d’une durée plus courte.

Dans d’autres cas, le donneur d’ordre peut avoir une multitude de systèmes d’information pour gérer son service client mais ne voit pas forcément l’intérêt de les simplifier. Alors qu’au sein du centre d’appels, cette simplification est primordiale pour permettre au téléconseiller d’assurer le discours avec le client sans avoir une vingtaine d’applications ouvertes sur son écran.

Une collaboration pérenne nécessite donc que les donneurs d’ordre adaptent les outils et les documents qu’ils partagent avec les centres d’appels aux besoins plus terrain de ces derniers. Il s’agit de repenser et de simplifier les systèmes d’information et les formations pour intégrer les impératifs des centres d’appels.

Equilibre entre interne et externe

Pour assurer la réussite du partenariat, il est important de bien définir dès le départ le niveau adéquat d’externalisation. Cette réflexion doit prendre en considération les critères de profita- bilité, sans pour autant occulter l’évaluation qualitative des choix possibles. Pérennité, gestion du risque, efficacité ou qualité sont autant d’élé- ments à pondérer lors de la prise de décision.

Il faut aussi garder à l’esprit qu’une telle décision n’est pas forcément uniforme sur l’ensemble des tâches ou du parc clients. Le mix entre opérations réalisées en interne et celles externalisées peut être calibré en fonction de la prestation à réaliser ou du segment de clientèle ciblé.

Les grandes lignes directrices pour le design d’un accord d’externalisation sont issues majoritairement des benchmarks et des bonnes pratiques du marché.

Pour n’en citer que certaines, il est conseillé de renforcer l’effet miroir en gardant une part des acti- vités en interne afin d’avoir des étalons, de ne pas externaliser complètement les tâches relatives aux segments les plus profitables et de garder les opérations de rétention en interne…

Organisation orientée client

Historiquement, les centres d’appels étaient majori- tairement organisés par tâches : assistance technique d’un côté, vente et service client de l’autre. Afin de s’orienter vers davantage de spécialisation et de responsabilisation, un modèle alternatif (gestion par parc) consiste à associer à chaque segment de client, un site dédié pour régler l’ensemble des probléma- tiques clients qui s’y rapportent (techniques, utilisation, service client, vente).

Inspirer

(9)

Cultiver

10 Une telle approche assure de nombreux avantages :

•Garantie de l’autonomie du site pour le traitement et la gestion des demandes clients puisqu’il dispose de toutes les compétences nécessaires

•Meilleur partage des savoir-faire entre les chargés de clientèle

•Possibilité de mettre en place rapidement un mode de traitement « bout en bout », avec suivi personnalisé

•Amélioration du NPS client

Mais afin qu’un tel partenariat réussisse, certains chan- gements doivent impérativement intervenir : il est essen- tiel d’adapter le système de suivi de la performance, en intégrant la marge supplémentaire générée (niveaux de sell-out, évolutions d’ARPU…) dans les tableaux de bord.

En parallèle, cette approche doit s’inscrire dans un contexte de win-win entre les centres d’appels externes et les donneurs d’ordre. Ceci passe donc obligatoirement par une revue du modèle de prix.

Intégration dans la culture du donneur d’ordre

Comme évoqué précédemment, la qualité de la relation entre le siège et les centres d’appels est clef pour la réussite du partenariat. Dans ce cadre, le manque de sentiment d’appartenance des télé-conseillers à la société donneuse d’ordre est souvent cité pour expliquer les éventuelles problématiques de qualité des centres d’appels externes. Si le téléconseiller n’adhère pas aux valeurs de la société qu’il représente au téléphone et s’il ne se sent pas impliqué dans la réalisation de ses objectifs, un décalage peut se créer dans leur relation. Une telle rupture peut impacter la qualité de la prestation ou démotiver le téléconseiller.

L’une des actions que les donneurs d’ordre peuvent mettre en place pour s’améliorer sur cet axe, est d’intégrer autant que possible le centre d’appels dans leur propre culture. A titre d’exemple, des opérateurs téléphoniques commencent à afficher leurs couleurs dans leurs locaux des centres d’appels qu’ils em- ploient, voire accueillir les téléconseillers dans leurs locaux pour une période d’immersion.

(10)

[1]L. Uberti et E Falque, 2010. Les Centres de Contact externalisés : un secteur qui résiste malgré la crise.

SP2C, http://www.sp2c.org, (13/10/2010).

[2]F. Rouffiac et Y. Couteux, 2009. Les 50 premiers outsourceurs français en 2008.

Journal Relation Client Magazine N°83 (01/11/2009).

[3]C. Desvé et M. Laurençon, 2001. Dossier documentaire : Les centres d’appels.

L’observatoire de l’ANPE (06/2001).

[4]B. Olivier et F. Marie, 2007. Les centres d’appels externalisés : une trajectoire organisationnelle et spatiale dominante.En ligne : http://sceco.univ-poitiers.fr/recherpubli/doctravail/T2007-05.pdf (11/2007).

[5]V. Furness, 2005. The Call Center Outsourcing Outlook.Business Insights.

[6]G. Eastwood, 2005. The Offshore and Nearshore Outsourcing Outlook.Business Insights.

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Beijaflore

Paris - Siège social Pavillon Bourdan

11-13 avenue du Recteur Poincaré 75016 Paris

www.beijaflore.com

[email protected] [email protected]

CONTACTS

C

ONCLUSION

En synthèse, les centres de contacts, longtemps considérés comme des centres de coûts, entrent progressive- ment dans les esprits comme des créateurs de valeur. Des améliorations notables ont été réalisées ces dernières années, pourtant, des progrès sont encore possibles. La clé pour réussir une externalisation pérenne et efficace, est avant toute chose de repenser la relation donneur d’ordre / centre d’appels pour créer un véritable partenariat et atteindre le bon trade-off entre spécialisation et industrialisation. Par conséquent, ce type d’accord ne pourra se faire que si les mentalités évoluent aussi.

Certes, un accord qui couvre une grande part de la chaîne de valeur du donneur d’ordre, mène à un partenariat très riche. Mais, avec des outsourceurs multi-clients et ce que cela implique comme risque en termes de confidentialité, nous constatons rapidement les limites de cette relation.

Design et Impression : Solution

Etude réalisée en interviewant les directeurs de service client des principaux opérateurs télécoms et médias ainsi que les directeurs d’acteurs majeurs de l’outsourcing.

Damien Roumilhac, Principal en charge de la Relation Clients, a piloté l’étude.

Références

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