)
1
--
'
REVUE DE L'INS TITUT COOPÉRATIF DE L'ÉCOLE MOD E RNE- PÉDAGOGIE FREIN ET
•
N° I.S.S.N. : 0013
Novembre 1985
~année
10 numéros
+
5 dossiers : 159 FEtranger : 215 FF
INOUS TRAVAILLONS POUR QUE SE VIVE L'ENFANCE
L'I.C.E.M.
L'Éducateur
est la revue de l'Institut Coopératif de I'Ëcole Moderne, fondé par Célestin Freinet, qui ras- semble des enseignants, praticiens et chercheurs, dans des actions de formation continue, de recherche péda- gogique, de production d'outils et documents.Comité Directeur : Bernard DONNADIEU, Roger MERCIER, Jacques MONTICOLO.
Secrétariat collectif : Guy CHAMPAGNE, Monique CHICHET, Henri ISABEY, Pierre LESPINE, Monique RI BIS.
Secrétariat à Cannes : Monique RIBIS - I.C.E.M. - B. P. 109 - 06322 Cannes La Bocca Cedex.
Secrétariat Paris : I.C.E.M., 45, avenue Jean-Jaurès- 94250 Gentilly. Tél. : (16) 1.663.20.10.
La C.E.L.
La COOPÉRATIVE DE L'ENSEIGNEMENT LAÏC, créée par Célestin Freinet, produit et diffuse matériel, outils, publications nécessaires à la pratique de la péda- gogie Freinet.
Présidente : Claude GAUTHIER.
Directeur : Daniel LE BLAY.
Conseillers techniques : Georges DELOBBE, Jackie DELOBBE, Jean-Pierre JAUBERT, Michel RIBIS, Mo- nique RIBIS.
Renseignements, catalogues, C.E.L. - B.P. 109 - 06322 Cannes Tél. : (16) 93.47.96.11.
commandes à : La Bocca Cedex - Et à Paris : Librairie C.E. L. - Alpha du Marais - 13, rue du Temple - 75000 Paris - Tél. : (16) 1.271.84.42.
ÉCRIRE DANS L'ÉDUCATEUR
(( Cette revue doit être un des lieux de notre convivialité,
ànous tous qui voulons une autre école parce que nous
voulons une autre vie.
JJParents, enseignants, vous tous qui vous sentez concer- nés par les conditions de vie et de travail des enfants et adolescents, vous tous qui voulez une école de notre temps, cette revue vous est ouverte. Nous accueillons vos témoignages, vos réflexions, vos questions, vos recherches. Ils seront transmis aux responsables de rubriques qui vous solliciteront pour utilisation éven- tuelle, ou publiés directement.
Écrivez si possible à la machine, à double intervalle ou en tout cas très lisiblement en noir sur blanc, recto uniquement. Joignez photographies ou dessins si vous en disposez. Indiquez bien votre adresse. Merci.
Si votre envoi doit passer en
«
Courrier des lecteurs»,
l'indiquer.
Dans tous les cas, une seule adresse pour la rédaction :
Guy ChampagJJe- Bégaar- 40400 Tartas
1
POUR L'ECOLE
DE NOTR E TEMPS
DES SERVICES
DES ADRESSES UTILES
Éditions de I'I.C.E.M. : Guy CHAMPAGNE - Bégaar- 40400 Tartas.
Pour participer aux chantiers B.T. :
• B. T.J. :
Jean VILLEROT - École publique Elsa Trio-le~- 01100 Oyonnax.
• Magazine de la B. T.J. :
Jean-Luc CHANTEUX - 326, rue St-Léonard - 49000 Angers.• B.T. :
Marie-France PUTHOD - 30, rue Ampère - 69270 Fontaines-sur --Saône.• Magazine de la B . T. :
André LEFEUVRE - La Cor- siva Fromentine - 85550 La Barre de Mont.• B.
T.2:
Jacques BRUNET - 4, rue des Nénuphars - 33370 Tresses.• Magazine de la B. T.2:
Simone CIXOUS - 38, rue Lavergne - 33310 Lormont.• Photimage :
Jean-Marc REBOUL - Ecole primaire publique - Saint-Sigismond · 74300 Cluses.• Documents sonores de la B.T. :
Jean-Pierre JAU- BERT- C.E.L. -Cannes La Bocca.Revue Dits et Vécus Populaire-s : Jackie DELOBBE - C.E.L.- B. P. 109- 06322 Cannes La Bocca Cedex.
Revues Créations : Antoinette ALQUIER - C.E.G. - 32400 Riscle.
Revue Pourquoi-Comment ? : Guy CHAMPAGNE - Claude COHEN - 13 bis rue Louis-Lachenal - 37300 Joué- les Tours.
Revue J Magazine : Nadette LAGOFUN - Onesse - 40 110 MORCENX.
Revue Périscope : Pierre BARBE - Rimons - 33580 Monségur.
Un service de correspondance nationale et interna- tionale, qui permet de répondre aux besoins de chacun.
Responsable de la coordination : Roger DENJEAN, Beauvoir-en-Lyons - 76220 Gournay-en-Bray.
Responsables des circuits d'échanges :
- Élémentaire et maternelle (correspondance classe à classe) : Philippe GALLIER, École de Bou- quetot- 27310 Bourg-Achard.
- Enseignement spécialisé : Maryvonne CHARLES,
«
Les Charles », Pallud - 73200 Albertville.- Second degré : Huguette GAL TIER, Collège H. de Navarre- 76760 Yerville.
- l.E.P. : Tony ROUGE- L.E.P. - 69240 Thizy.
- Correspondance naturelle : Brigitte GALLIER, École de Bouquetot - 27310 Bourg-Achard.
- Échange·s de journaux scolaires : Louis LEBRE- TON, La Cluze - 24260 Le Bugue.
- Échanges avec techniques audiovisuelles : Joce- lyne PIED, 3, rue du Centre, Saint-Clément des Ba- leines - 17580 Ars-en-Ré.
- Correspondance internationale : Jacques MAS- SON, Collège Jules Verne, 40, rue du Vallon - 30000 Nîmes.
- Correspondance en espéranto : Émile THOMAS, 17, rue de l'Iroise- 29200 Brest.
Liste des autres service sur demande à : Secréta- riat pédagogique I.C.E.M. - B.P. 109- 06322 Cannes
La Bocca Cedex ou Secrétariat Paris.
L 'l DUCATEUR • Revue pé~ag_ogi9~e de I'!.C.E.M. (Institut Coopé!atif de I'Êco!e M<>?ernel ~agogi? Freinet • .Publica~on éditée, imprimée et diffusée par la « C.E.L » 115 numéros par ani • COOPÊ·
RA TIVE DE L'ENSEIGNEMENT LAIC • Société anonyme, coopérative de consommation~ CaPital vanab~. !Capital 5()(;181 au 31.12.84 : 3 982 033 FI • A.C.S, Cannes B 695.821.942 • Durée : 99 ans à compter du 'JJ octobre 1927. Siège social : 189 avenue Francis Tonner . 06150 Cannes La Boœa (France). • Président Directeur Général: Claude Gauthier · Directeur de la Publication : Bernard Donna- dieu • Responsable de la Rédaction : Guy Champagne . SeCJétariat de rédaction à Cannes : MoniQue Ribis - Comité de Direction : Claude Gauthier : Président Dir~teur Général ; Monique Bo!mont,
Henri Isabey, Roger Mer.cier : admin!st:tateurs ; Jacques Montico!o, Bernard Donoadiet1 : membres.
. . 0
1
•
BILLET
,
DE LA REDACTION
•
UNE MACHINE A REMONTER
LE MOUVEMENT !
L'Éducateur c'est une mach i ne avec deux miroirs : l'un tourné vers l'extérieur : tout ce qui est perçu du Mouvement à l'extérieur ( E. N ., C. D. D . P., Mouve- ments pédagogiques, revues éducatives, instances de . recherche ... ) passe par L'Éducateur et par lui seul. Si l'on cherche une référence sur ce qui se passe dans le Mouvement, ou sur ce qui s'y est passé, L 'Éduca - teur reste la seule voie d'accès à ces références.
L'Éducateur est aussi une mémoire, LA MÉMOIRE du Mouvement... le second miroir est réfléchissant . . . vers le Mouvement : tout ce qui bouge dans le Mouvement doit bouger dans L'Éducateur. L 'Educa- teur n'est pas seulement la VOIX du Mouvement Freinet, il doit être la VOIE obligatoire de tout ce qu'il s'y fait : recherches, travaux, interrogations, réflexions, carrefour et poi nt de départ des réseaux de militants. Si c'est dans le Mouvement, ca doit se
, ,trouver dans L'Educateur... Par lui rien ne se perd, beaucoup se crée et tout se transforme ! MIROIRS, mémoire, amplificateur : une machine à remonter le Mouvement, si le Mouvement veut bien remonter L'Éducateur: tout se tient 1
A nous de jouer ...
Rémy Bobichon
On devrait se regarder vivre, se
f(tolérer vivre ».
Et puis s'interroger.
Échanger des questions, pas des jugements . . Chercher ensemble les réponses, non les exiger.
·.
US TRAVAILLONS POUR QUE SE VIVE L'ENFANCE
ACTUALITÉS
Édito
COURRIER DES LECTEURS
L'INFORMATIQUE DANS L'ÉCOLE
Tous les chemins mènent
à
la documentationLIRE DANS L'ÉCOLE
Écri-lecture
SAVOIRS ET DÉMARCHES DANS L 'ÉCOLE
Le travail individualisé
VIVRE DANS L'ÉCOLE
Faisait-on de l'instruction civique avant que Chevènement ne nous le dise
?
TIT' MOB' DANS L'ÉCOLE
EN FORMATION, EN RECHERCHE
Innovation et recherche
L'ÉDUCATEUR A INVITÉ
Francine Best
L'ENFANT DANS LA SOCIÉTÉ
Les jeunes en difficulté
VIE DE L'I.C . E.M .
LIVRES ET REVUES FICHES PRATIQUES
Mathématique vivante - Sciences - Étagères pas chères
Photographies : Annie Oènhin : p. 7 - Bol- mont : p. 21 - Jean-Claude Le· Blay : p. 14 et 15.
Directeur de la publication :
Bernard DonnadieuResponsable de la rédaction :
Guy ChampagneComité de rédaction :
Jean Astier, Claude Bé- raudo, Rémy Bobichon, Roland Bouat, Guy Champagne, Henri Go, Alex Lafosse, Jacques Guerry, Nicole Ruellé.Relais à Cannes (secrétariat):
Monique Ribis.Pour tout courrier concernant :
La rédaction : Le secrétariat à Cannes :
Guy CHAMPAGNE Monique RIBIS
Bégaar I.C.E.M.-C.E.L.
40400 Tartas B.P. 109
06322 Cannes La Bocca Cedex
= en
2
3 4 6
8 10
11 12 16 18
~
26
27
1
· 2
EDITO
DEVANT LE MIROIR
On a beaucoup parlé de changement à lyon. L'tducateur change de «look», la B.T. change de format... mais aussi le ministre change de politique.
Et nous ? Sommes-nous en train de changer? et comment ? les débats de ce congrès ont été très larg ement marqués par les inquiétudes, les incertitudes sur ravenir. Questions sur l'avenir de nos outils? Questions sur et à la recherche, questions sur notre rôle, notre place, nos objectifs dans la transformation de l'école. Interrogation mais aussi volonté d'y voir plus clair dans une réalité complexe.
Dans le même temps, chacun a pu percevoir que la référence directe à Freinet était ici présente plus que de coutume. le fa·
meux « âne qui n'a pas soif» a largement été mis à contribu- tion. Est- ce parce que, confrontés à de multiples contradictions, nous avons besoin de nous retrouver sur des références sûres, voire rassurantes? N'est-ce pas plutôt parce que nous sentons la nécessité de réquisitionner nos options éducatives fondamen·
tales à l'épreuve de ces mêmes contradictions?
Au- delà des slogans et des manifestations provocatrices mais salutaires si elles engagent des analyses sérieuses, c'est dans la confrontation, l'expression sans exclusive de toutes nos différences voire de nos divergences ,- que nous pourrons construire et avancer.
Bien des indices dans ce congrès confortent notre sentiment que les camarades sont déterminés à s'engager dans cette voie.
En premier lieu, la vitalité des chantiers où nombre de projets sont nés et où d'autres plus anciens, commencent à aboutir.
Da ns un contexte difficile, les travailleurs du Mouvement ne se résignent pas à la morosité et au défaitisme, au contraire. les analyses qui germent, les interrogations, les multiples initiatives et propositions ne doivent pas durer le temps de l'enthousiasme d'un congrès. Mais renjeu est trop grave et trop profondément ressenti pour que nous ne nous donnions pas les moyens de profiter de la richesse de notre diversité.
Pour le C.D.
B. Donnadieu
(~ditorial
de L tducateur
quotidien du congrès, n° 3)
LA NON-VIOLENCE
Quelques idées à bien avoir en tête ...
la non-violence ne fait pas comme si la violence n'existait pas ...
Oh que non ! Les paysans du Larzac qui ont mené délibérément une lutte non-violente contre le pouvoir militaire savent que la violence contre le pouvoir · militaire existe ... Ils ont eu à lutter contre elle ...
la non - violence n'est pas passivité, ni soumission.
Oh que non ! la résistance par la désobéissance civile est ainsi une démarche non- violente.
la non-violence n'est pas idéalisme ou sentimentalisme du genre:
« Soyez bons»; « Rendez le bien pour le mal... »
La non - violence sait établir des rapports de force en sa faveur. les pay·
sans du larzac (encore
!)ont su faire pression · sur les p · ouvoirs ...
Par ailleurs une agressivité positive qui pousse à lutter ou résister est un bon adjuvant Tout le monde sait que ragressivité est à la non·
violence ce que la moutarde est au bifteak ... !
Pour tout dire, la non-violence implique le conflit ! ! !
Un conrlit non seulement inévitable mais indispensable ... l
Faisons émerger le conflit des limbes des non-dits et essayons de le gérer par des moyens non - violents ...
Et les moyens non-violents, ça existe ou c'est à trouver !
Et aussi à rintérieur d'une classe ...
1Secteur « Quelle société demain ? »
BRANCHEZ- VOUS
1. Proposition d'accès à un réseau
C(Éducateurs en infor- matique n
Un réseau « clubs scientifiques» a été ouvert à titre expérimental à
rinitiative du Centre international de la communication (C . I.COM.) et du Musée des Sciences et Techniques de la Villette.
Il s'agit d'un système de messageries utilisant des boîtes centrées sur des thèmes de travail.
Nous proposons aux camarades de ri.C.E.M. qui sont intéressés, d'accé·
der à deux boîtes aux lettres sur les thèmes suivants :
- boîte ANIM: pour échanger des comptes rendus d'expériences d'ani- mation en informatique en milieu scolaire (ou extra) ;
- boîte
P~DA: pour faire des propositions de « trucs» (de séquences pédagogiques, de moyens techniques) à tester en commun (jeux de rôle, expériences, etc.).
On voit qu'il s'agit d'une coordination pédagogique autour des activités informatiques («Que peut-on faire? ... Est- ce intéressant de faire ceci ou cela? ... Moi {ai eu tel problème ... les gars, {ai un truc génial qu'il faut que vous essayiez ... etc.
»).Il faut préciser qu'il y a au total une vingtaine de boîtes utilisées actuel · lement par:
- des membres de clubs d'astronomie et des animateurs d'associations en astronomie ;
- des éducateurs (animateurs, formateurs, enseignants, universitaires) en informatique et aussi en robotique.
Il ne sera nullement interdit aux copains de YI.C.E. M. d'aller voir ce qui se passe dans ces autres boîtes, mais le fait de proposer plutôt deux boîtes de démarrage devrait aider à initialiser la communication, et éviter que des gens se sentent « perdus dans un environnement inconnu. »
Pour discuter des problèmes « technico-minitelesques » que vous aurez rencontrés :
- soit un message dans la boîte de coordination du réseau ClUBST;
- soit un message dans la boîte PERSO (boîte des messages personnels) dont le titre devrait mentionner Je nom du destinataire, ici : Gérard GAUTIER (ou
~.G.).Coût: accès par le 614.91.66, soit 22,50 F de rheure actuellement (deux fois moins lors des « périodes creuses téléphone»).
P.S. : Si vous êtes intéressés, une seule adresse :
Alex lafosse · Bedière - 24000 Sarlat, pour recevoir le document de fonctionnement
2. Un projet de I'I.C.E.M. sur cc Trafic )) ... ?
Perspective :
Ouvrir un projet autonome dans le cadre du réseau «Trafic» (cf. dos- sier « Connexions»).
Moyen:
~tre
rapidement une trentaine de « souscripteurs»
(ilfaut trouver environ
3 500 F),
En attendant :
l'association ANDANTE nous offre d ' ores et déjà:
- des boîteS à lettres, des pages de journal électronique, son forum, le téléchargement des programmes, etc.
Immédiatement:
Adhérer et fournir une «avance sur consommation» (rassociation ne fait pas de profits), prévoir environ 65 F/heure, une avance de 200 F paraît raisonnable.
Correspondre et faire correspondre nos élèves aussitôt Joindra:
Philippe Bertrand, 45, Hameau du Champ Breton, 29210 Morlaix.
Mon nom sur ANDANTE est « Morlaix».
Donner:
1. Vos coordonnées.
2. Un nom et un mot de passe (de moins de huit lettres).
3 . . les sous pour vous constituer un avoir.
•
1
,
3. Nota Bene :
Je crois qu'il faut insister avec un gros marteau, même un gros marteau- pilon, sur:
1 f n'y a pas de possibilités de réseau ...
(avec ou sans télématique), pas de possibilités de naissance d'échanges, de relations.
si ... au préalable, il n'y a pas d'engagement :
1. D'informer.
2. D'être attentif à rinformation des autres (télématique, journal scolaire .. .)
3. De dégager prioritairement le temps nécessaire au développement de ce qu'aura fait naître rinformation.
* Cela paraît aller de soi... et pourtant c'est la plupart du temps les trois conditions non réalisées.
....
PERISCOPE
Bernard Collot Moussac-sur-Vienne
Le dernier numéro de Périscope: « Histoire de la presse écrite» était dis- ponible à la librairie C.E.L. du congrès.
Périscope est diHusé par souscription anouelle mais n'est pas une revue.
On peut acquérir au numéro les titres précédemment parus. La qualité de cette série documentaire se confirme au fil des parutions. Souscrip- tions et commandes à la C.E.L
Titres parus :
• Histoire de réclairage (épuisé).
• Histoire de récriture.
• Les montagnes, comment se forment- elles ?
• Les montagnes, pourquoi se forment-elles ?
• Sur les traces de rhomme paléolithique.
• Histoire des jeux d'enfants.
• Histoire de la presse écrite.
• Histoire de la cartographie.
BIBLIOTHÈQUES CENTRES DOCUMENT AIRES
Plusieurs ouvrages ont déjà paru sur ce sujet Si vous songez à créer ou
à animer une B.C.D., quelle que soit la phase où en est votre
proje~le dernier ouvrage de la série des Pourquoi-Comment ? de rtcole Moderne pédagogie Freinet vous apportera de précieux conseils et des témoignages vivants, un éclairage « hole Moderne» de la question. Cet ouvrage fait partie de la dernière série mise en souscription en 84-85. Renseignements
à la C.E.L.
A PROPOS DE LA B.T.2 n° 175 :
« LES PALESTINIENS })
Un peuple sans terre et sans état.
Ce numéro présente une information solide mais nettement engagée, comme rindiquent le titre et le préambule. Le projet a subi les contrôles habituels. Il a suscité, dès sa sortie, des réactions très positives et très négatives. Tout récemment, un député, des inspecteurs, ont critiqué cette publication auprès du Ministre de rfducation Nationale. Nous tenons à
préciser que cette publication s'intègrè dans un ensemble qui a donné la parole aux di Hé rentes parties : n° 93 : « Israël, une terre contestée»
(devenu « La Palestine, une terre contestée»); no 14tl : « Le judaïsme».
Les critiques suscitées par ces deux numéros avaient incité le Comité de rédaction à donner un autre éclairage au problème palestinien.
Le comité de rédaction de B . T.2
Rémi PEZERIL · (( Les Perques
JJ -50260 Bricquebec Membre de la rédaction de (( Parlers et traditions populaires de Normandie
• JJTrès intéressé par les articles sur le
ffBilinguisme natu - rel
JJ (D. et P. Poisson, p. 17, n ° 9-10, juin 85) et le témoi- gnage :
ffSi j'étais une grand-mère francophone
JJ (L.Marin, p. 21, n° 4 du 15. 1.85).
Ce bilinguisme concerne souvent les langues régionales en France (dont les différentes langues d'oil). Ainsi connaÎtre une langue régionale peut favoriser l'apprentissage de langues étrangères par la suite, surtout lorsque cette langue utilise des sons beaucoup plus variés que le français (langue très plate, sauf peut-être prononcée
àla québé - coise).
C'est le cas du normand (langue d'oiT qui n'est pas encore un
fffantôme
J>comme l'écrit l'État de la France (Éditions La Découverte).
Alors voilà, j'aurais voulu savoir comment on pouvait établir les graphiques indiquant l'étendue des sons utilisés par telle ou telle langue. Mon but étant d'en réaliser un pour le
ffpatois
JJnormand, langue
àpart en - tière qui utilise souvent les diphtongues et triphtongues (différent du français). Ce graphique peut être un bon argu- ment pour qu'enfin l'école reconnaisse plus largement l'in- térêt de l'apprentissage d e langues qui s'éteindront si on ne les défend pas.
Pouvez-vous me donner ce renseignement?
Avec mes compliments pour la qualité de L'Éducateur.
Réponse de Denise Poisson Saint-Cyr, le 11 août 1985
La rédaction de
L'Éducateurm'a transmis votre lettre mais j'avoue être assez embarrassée pour répondre
àvotre demande. Les graphiques publiés
àla suite de mon ar -
ticle m'avaient été communiqués par Louise Marin qui avait recueilli cette documentation au Salon Expolangues - Paris 1983.
- J'ignore la technique et je ne connais pas les
appare1~squi permettent de réaliser ces graphiques, cependant je crois qu'H existe des appareils permettant des études quali - tat/ves et quantitatives des sons émis. Voici pourquoi : Après avoir présenté au Congrès 1. C.E. M. d'Aix-en-Pro -
vence 1973 un enregistrement montrant l'évolution du pré- langage (de 1 mois
à11 mois 1/2) puis du langage (jusqu'à 2 ans 1 /2) de notre petit-fils, j'ai été en relation avec une
orthophoniste qui participait au travail que notre équipe avait entrepris sur cet enregistrement. Elle traval11ait à l'hôpital de Lyon et pouvait disposer de temps
àautre d'appareils plus perfectionnés que nos magnétophones ce qui me semble lui avoir permis une analyse plus précise puis- qu'elle avait pu établir un tableau de sons émis. Depuis de nombreuses années, je ne suis plus en relation avec elle mais vous pourriez cependant lui écrire de ma part en lui exposant votre problème. C'est Marie-Madeleine Martin, 21, avenue Lacassagne - 69003 Lyon, mais peut- être n'est-elle plus
àcette adresse.
Je pense comme vous qu'il serait intéressant de réaliser des études approfondies sur les divers
ffpatois » de France pour les revaloriser car, en fait, la langue française, qui
contient un nombre infini de mots et expressions emprun - tés aux patois, leur a enlevé une partie de leur valeur en transformant leur prononciation d'origine (en l'aplatissant).
Il semble qu'il y ait actuellement un renouveau d'intérêt vers les anciens patois mais H faudra encore longtemps
ff
taper sur le clou
JJ,avant qu'ils soient officiellement reconnus, de même qu'il nous faudra encore longtemps œuvrer avant que l'espéranto soit reconnu comme langue internationale - ce qui pourtant serait une énorme éco - nomie d'efforts, de temps ... et d'argent 1 -
Heureuse ' de l'intérêt que nos articles ont suscité chez vous, je vous souhaite de réussir dans les buts que vous pourswvez.
-Bien cordialement.
Denise Poisson 239, rue Victor-Hugo - 37540 Saint-Cyr-sur-Loire
•
3
4
TOUS LES CHEMINS
MÈNENT A LA DOCUMENTATION
L'un d'eux passe par les jeux infornzatiques
COMMENT DONNER
LE BESOIN D'UTILISER
LE COIN DOCUMENTATION?
Les enfants qui arrivent dans ma classe · ( C. M .1) n'ont jamais eu libre accès
à
une documentation dans le cadre de l'école. A la maison, si pour la majorité il existe au moins une encyclopédie, la plupart n'ont pas le droit d'y tou- cher :
«
les livres s'abîmeraient.»
Pour leur donner envie d'utiliser les do- cuments présents dans la classe, je commence par les utiliser devant eux, aussi souvent que nécessaire, c'est-à- dire que je ne recherche un renseigne- ment dans un document de la classe que si les élèves sont là.
Ensuite, j'ai eu l'idée d'utiliser les micro- ordinateurs. Seulement, il n'était pas question d'entrer en mémoire une base ou une banque de données. La première perspective fut d'entrer toutes les fiches des livres présents dans la classe, mais
à
la réflexion, je n'en ai pas vu une grande utilité et encore moins une accessibilité plus aisée pour les enfants.J'ai donc choisi de réaliser des pro- grammes qui enverraient . les enfants vers la documentation. L'idée qui surgit aussitôt, c'est d'entrer des questions et de demander les réponses, soit sous forme de questionnaire à choix mul- tiples (Q.C.M.), soit sous forme de questionnaires ouverts.
Outre le fait que le traitement et l'ana- lyse de toutes ces réponses dans un questionnaire ouvert représentait un tra- vail colossal et des problèmes tech-
niques insurmontables (telle la capacité mémoire), ce qui m'a poussé à renoncer, c'est la manière figée de poser les ques- tions et le choix de l'éventail de ces
mê~es questions. C'est le genre de tra- vail qu'on ne peut faire seul et qui de- mande une confrontation permanente à la réalité du terrain.
Quant au Q.C.M., on y répond bien parce qu'on connaît la réponse, sinon on répond au hasard. Comme le tâton- nement hasardeux est suffisamment court pour parvenir à la bonne réponse
dans un minimum de temps, les Q.C.M.
peuvent tout au plus être envisagés
·pour des tests de niveau de connais- sance.
C'est alors que l'idée de réaliser un jeu m'est venue et qu'un logiciel déjà vu m'est revenu à l'esprit. Après quelques recherches, j'ai trouvé une version pour Apple que j'ai adaptée pour les PHC25 Sanyo que je possédais l'an passé.
Actuellement il me faut faire une adap- tation pour le T07 et une autre pour l'Alice
90
qui ont remplacé les anciennes machines dans le club de la M.J.C.BASE DE FONCTIONNEMENT DU PROGRAMME
Le principe de base consiste pour le programme à deviner le nom de l'animal que l'utilisateur enfant a choisi. Ce n'est pas l'enfant qui doit trouver le nom d'un animal choisi par le pro- gramme. Vous avez bien lu. Le pro- gramme essaie de deviner le nom choi- si par l'utilisateur. Pour démarrer le pro- gramme
«
connaît»
deux animaux et une question permettant de les distin- guer. Par exemple il«
connaît» :
CARPEet OIE. La question connue pourrait être : VIT-IL DANS L'EAU ? Si l'utili- sateur répond OUI, le programme pro- posera sa solution : CARPE. Si l'utili- sateur répond NON, le programme proposera OIE. Si l'utilisateur n'accepte pas la réponse comme n'étant pas le nom choisi au départ, le programme demandera quelle était la réponse puis demandera la question permettant de distinguer l'animal auquel pensait l'uti- lisateur, de celui qu'il croyait avoir trou- vé. Ainsi le programme mémorise de nouvelles données. Elles sont constituées de nouveaux noms d'animaux et des questions de
«
distinctiation.»
Illustrons par un exemple.En majuscules d'imprimerie, nous trou- verons les échanges de messages entre l'utilisateur et le programme ; en minus- cules, quelques commentaires facilitant la compréhension. Nous partons tout au début : le programme ne connaît donc que la CARPE, l'OIE et la ques- tion permettant de les distinguer. Lan- çons l'exécution du programme :
EXEMPLE D'UTILISATION
- AVEZ-VOUS CHOISI UN ANIMAL?
- OUI. Nous supposerons avoir choisi le chien.
VIT-IL DANS L'EAU ? NON.
EST-CE UN(E) OIE l NON.
TANT PIS. A QUEL ANIMAL PEN- SIEZ-VOUS l TAPER SEULEMENT SON NOM.
- CHIEN.
- QUELLE QUESTION M'AURAIT PER- MIS DE DISTINGUER UN(E) OIE D'UN(E) CHIEN ? NE CITEZ PAS DE NOMS D'ANIMAUX DANS LA QUES- TION.
A-T-IL QUATRE PATTES l
- MERCI. VOULEZ-VOUS REJOUER.
- OUI.
- PENSEZ-VOUS A UN ANIMAL?
OUI. Nous penserons à la balein~.
NAGE-T-IL?
OUI.
EST-CE.UN(E) CARPE ? NON.
TANS PIS. A QUEL ANIMAL PEN- SIEZ-VOUS ? TAPER SEULEMENT SON NOM.
- BALEINE.
- QUELLE QUESTION M'AURAIT PER- MIS DE DISTINGUER UN (E) CARPE D'UN(E) BALEINE ?
RESPIRE-T-Il PAR DES POUMONS ? MERCI. VOULEZ-VOUS REJOUER ? OUI.
PENSEZ-VOUS A UN ANIMAL ? OUI. Nous allons de nouveau penser à la baleine.
NAGE-T-IL?
- OUI.
- RESPIRE-T-IL PAR DES POU- MONS ? Nous constatons ici qu'il a
«
appris»
notre question.- OUI.
- EST-CE UN(E) BALEINE ? Le pro- gramme a aussi retenu le nom de l'ani- mal.
- OUI.
- JE SUIS FORT, HEIN ? VOULEZ- VOUS REJOUER ?
QUELQUES RÉSULTATS APRÈS UTILISATION
Chacune de nos interventions est donc mémorisée. Toutes les données ainsi recueillies peuvent être
«
sauvées»
dansun fichier sur cassette afin de ne pas toujours recommencer au départ. Un tel outil ne semble pas aller vers le but recherché. C'est là que l'expérimenta- tion en classe montre le contraire. Au bout d'un certain temps de fonction- nement (une dizaine d'animaux environ), surgit souvent un problème pour l'uti- lisateur : Quelle question poser ? Par exemple, dans ma classe, a surgi :
«
QUELLE QUESTION AURAIS-JE DÛ POSER POUR DISTINGUER UN(E) LOUP D'UN(E) RENARD ?»
ou encore pour distinguer une araignée d'une mouche. Cela peut ne pas nous pa- raître compliqué mais un enfant manque souvent de connaissances trop spécia- lisées (et c'est d'ailleurs heureux ! )Très naturellement, il ira vers la docu- mentation de la classe si celle-ci est en libre accès, quitte d'ailleurs à se conten- ter du dictionnaire. Au cours du dérou- lement, on voit apparaître des questions qui témoignent sans discussion pos- sible, d'une recherche. documentaire. Et
tout un tas d' acqui~itions se font ainsi, des savoirs se mett~nt en place à un niveau très global. Je: ne sai.s combien d'enfants ont ainsi décoùvért que les insectes avaient six pattes et que l'araignée n'en était donc pas un. Des découvertes étonnantes sont ainsi pré- sentées· à:· la classe : le scorpion résiste
• •
aux radiations nucléaires, la truite sert à repérer la pollution des rivières... Ne parlons pas des nombreuses discussions qui surgissent sur des désaccords entre enfants mais aussi entre documents. Et puis quelques idées reçues ou quel- ques croyances retrouvent une place plus correcte dans l'esprit des enfants : les vampires n'existent pas, les hommes n'ont jamais connu les dinosau'res ...
0 () 0
0 0 0
Et puis encore, on accepte certaines notions qui pourtant 1 .•• : l'homme est aussi un animal, la baleine est le mam- mifère qui a le lait le plus riche .. .
On découvre aussi la notion de théo- rie, d'hypothèses, certains chercheurs défendent l'idée que les champignons seraient mi-animaux, mi-plantes ...
Anecdote : J'ai présenté ce programme dans le cadre d'une exposition du groupe départemental
1.
C.E. M. de Loir-et-Cher sur la documentation à l'école. Un adolescent m'a demandé si je pouvais en faire autant pour la botanique, en modifiant deux ou trois mots, j'ai eu ainsi un nouveau logiciel./ , _ _ _ _ - " > \
.
.,(..
'-'Quelques utilisateurs un peu plus âgés que mes élèves ont essayé de recons- tituer les divers cheminements du pro- gramme. Ils ont ainsi redécouvert la structure arborescente. Par la même occasion, ils ont aussi mis en évidence des contradictions entre les utilisateurs : pour certains, le chien est un animal domestique mais pour d'autres il est aussi sauvage. C'est ainsi qu'à la ques- tion :
«
EST-IL SAUVAGE?», que vous répondiez oui ou non amènera le pro- grammeà
découvrir le chien. Deux petites dérivations qui montrent que ce programme n'est pas aussi pédago- giquement inutile qu'il le paraît. Mé- fions-nous donc des apparences comme nous devons nous méfier de l'habit ...Point de vue pédagogique évidemment.
Roland Bouat P.S. : Il n'est pas interdit de faire de l'humour 1 Exemple de découverte faite dans le fichier.
- EST-CE QUE ÇA TROMPE
?
Si vous répondez oui, vous obtenez- EST-CE UN(E) MAGICIEN ? ou encore ...
EST-CE QUE CA M'AGACE • ? OUI.
EST-CE CE PROGRAMME
?
EST-CE QU'IL ÉCRIT ? OU!.
EST-CE UN(E) CLAVIER ? et encore ...
EST-CE QU' AZERTUYOP ? OUI.
EST-CE UN(E) QWERTY ?
5
,
6
•
~
ECRI-LECTURE:
TÉMOIGNAGES
SUR SES DIMENSIONS EDUCATIVES (1)
~Il nous faut multiplier les chanzps d'expression qui ont une action bénéfique, car ils permettent à l'enfant des réussites partielles qui en entraînent d'autres, qui le va- lorisent. Notre rôle est de permettre aux enfants de s'exprimer, cotntnuniquer et donc leur donner la parole.
Il reste alors à les aider à sJapproprier l'outil langage de plus en plus large1nent.
DANS MA CLASSE
LES ENFANTS S'EXPRIMENT.·
Pourquoi ?
Pour répondre à un besoin naturel de dire, d'écrire ce qu'ils pensent, pour se raconter. Pour communiquer leur pensée, leur expérience personnelle (familiale et sociale, vécue ou imaginée). Pour échanger avec d'autres camarades qui s'expriment aussi, pour confronter ce qu'ils pensent avec ce que pensent ou ont pensé les autres. Pour être recon- nus par d'autres, pour le plaisir d'être lus et pour le plaisir d'écrire. Par néces- sité de création, pour se confier, et parce que c'est une façon de s'empa- rer du pouvoir et de le situer : pas seu- lement pour me faire plaisir ou pour apprendre à écrire !
Pour qui ?
Pour les autres : d'abord les camarades de classe, d'école, les correspondants, le quartier, le village, les parents et amis ... Parfois pour eux : en tous cas, pas seulement pour moi !
Oii et quand ?
A la maison,
à
l'école en choisissant format, support et contenu. Le plus possible. .Comment ?
Par l'écriture des textes et leur publi- cation. Par la communication documen- taire, les conférences, les présentations de recherches, de livres. Par le théâtre,
l'expression de la vie de la classe, les montages photo ...
Expression orale, corporelle, artis- tique et manuelle, musicale ...
«
Un enfant qui ne communique pas son expression se tarit et se réduit de plus en plus»
dit Louis Legrand. Un outilà notre portée pour faire embrayer l'apprentissage de la lecture sur la néces- sité première d'expression-tâtonnement, c'est la bibliothèque, comme lieu de pratiques multiples.
LA B. C.D. : UNE BOMBE
PÉDAGOGIQUE 1 (2)
Si c'est pour que la bibliothèque de- vienne ce lieu commun de consom- mation, la création de la B.C.D. de- vient inutile en tant que lieu de vie.
On manque alors ce qui fait sa richesse, son extraordinaire capacité d'ouverture ...
Il arrive souvent qu'on cherche à désa- morcer très vite la bombe, afin qu'elle devienne un objet à ranger au musée.
Le manque d'ambition agit là, a contra- rio, comme porteur de dysfonctionne- ment. Expérimenter, tâtonner, sont des moyens éprouvés. A chaque étape, effectuer une évaluation sérieuse pour repartir, recerner les objectifs en s'ap- puyant sur ce qui est possible. L'expé- rimentation est un élément de construc- tion du savoir.
L'analyse des besoins révèle, bien sûr, des handicaps dans beaucoup de do- maines et de nombreuses directions d'actions possibles ; il est certain que les
efforts de l'équipe pourraient tout aussi bien se tourner vers les mathématiques, l'expression musicale, etc.
Mais un des choix essentiels de l'équipe étant de lutter contre l'échec scolaire et d'armer les élèves de savoir et de savoir-faire, c'est la lecture qui a été retenue comme domaine d'interventions particulier.
DEFINIR DES ... AXES PRIORITAIRES:
L'apport de livres attirants et variés, dont l'usage fera l'objet d'une concer- tation entre les enseignants de notre école, sera sans aucun doute une moti- vation importante pour tous les élèves et en particulier, pour ceux qui ne béné- ficient pas de ce
«
bain de lecture»,
révélateur nécessaire pour développer l'envie et le goût de lire, pour arriver
à
faire pratiquer aux enfants des situa- tions de lecture très variées, pour lutter eHicacement contre les handicaps socio- culturels face à l'utilisation de la langue en général.Le contenu de notre travail se situe dans la continuité d'une action entre- prise dans le domaine de la lecture de- puis le début de l'équipe pédagogique ; il est possible d'en rappeler quelques éléments :
- au C. P., l'apprentissage de la lee-
( 1) Avec Gilles Sapirstein et Jean Villerot.
(2) in « Pourquoi-Comment ? »
découvrir l'écrit, l'image, le son !
""'
expositions
mieux choisir ses lectures
l'Information, qu 'on recherche dans une docurr.entation
les valeurs exprimées ..•
1
et l' i1:1age ? Pourquoi 1 ire ?Conrr.ent 1 ire un 1 iv re . .. présenter des livres,
débats, ... " ' classification
lecture texte ~
rapport écrit-langage
co~rr.ent ,est - il
fait ?l'heure du conte_ " '
---.:un l ieu de vie ranger.ent, ordre, .•.
============= =
Pou~x
connaître la B.C.D.Venir par besoin, ~
par plaisir
1
écouter des histoires , ..
un objet . ..
la place du
livr~ ~
dans notre vie ! ----Le livre : qu'est-ce que c'est?
~~~~~~~~~~~~~
les genres . . . (BD, ro:1ans, . . . docurr.entation) rencontrer d'autl·es enfants,
d'autres personnes ...
B.C.D.
( teïlps seo 1 ai re et hors !)
les autres moyens de comrrunication
(radio - fi ln, .. . ) les différentes écritures
l
enquêtes, expéri~entation, construction, etc ...
(y CO.TPI'i S
inforwatique) sortir de l'école !
1
---<d-'"§estion de la""'-... ..--" bibliothèque
"'
.~- -
"s 'exprirr.er 1 ibre.-:ent ! "/
Des proJets • A la B,C.D ....
visiter d'autres,--- / bibliothèques ... !
déc ou v l'ir 1 e milieu et agi r
mir:er une
histoire, r..ontage audio-visuel, .. .
Et nous, si on écrivait aussi 1 ?
/ "(. éco 1 e
c6rrespondants . Lquartler
JoUina1..._-
1 1 / s u r lui?
anioations, débats, tables rondes , . ..
enquêtes, recherches d' i nfom.ati on, ...
' t ' /
1
\ ..._ oca
vie de l'école, expos1 tons Radio
du quartier, ..
'
conseils de coopérati ve poésies, articles , ...
Créer de la docuT.entation voir un auteur, travailler avec des adultes
Organigrarrœ d'activités possibles : Elsa TRIOLET OYOtlNAX 01/85
--- --- --- --- -
ture (dans la suite de ce qui est prati- qué en maternèlle) est basé sur le vécu
des enfants : ce sont leurs histoires, individuelles ou collectives, qui sont le support d'une étude des phonèmes et de leurs graphies différentes, ainsi que
celle des moules syntaxiques ;
- à chaque niveau, l'accent est mis sur la pratique de la lecture suivie, l'approche d'un livre ou œuvre dans sa totalité ;
- la bibliothèque d'école existe depuis quatre ans.
LA LECTURE
DANS SA V ALISE :
Des
«
valises de lecture» :
des outils pour la lecture suivie d'une œuvre en- tière.Force est de constater que la lecture d'extraits de passages choisis, de textes isolés (bien qu'étant parfois un auxi- liaire précieux au travail fait en classe), pose aux élèves des problèmes d' adap- tation et de compréhension : pour chaque
«
morceau choisi»,
il faut cer- ner le contexte, distinguer les person- nages ou la situation nouvelle, deviner les tenants et les aboutissants souvent sous-entendus ... Autant d'obstacles sup- plémentaires, en particulier pour les élèves pour lesquels la lecture n'est pasune activité
«
habituelle naturelle»
mais plutôt un effort trop souvent peu gra- tifiant.De plus, ce
«
papillonnage»
entre les morceaux des«
manuels de lecture»,
outre son caractère artificiel, ne permet pas - ou peu - un approfondisse- ment d'un thème ou son exploitation
dans d'autres activités de la classe (mon- tages audiovisuels, expression, travaux manuels ... ).
A partir des pratiques des enseignants de l'école, des recherches de documen- tation et du stage
«
équipe pédago- gique»,
est née - ou a été reprise - la volonté de constituer des«
valisesde lecture
»
ayant pour contenu : - 30 exemplaires d'un même livre, - des fiches de travail (par exemple fiches de questions de lecture silen- cieuse),- des pistes de travail ou comptes rendus d'utilisation,
- des auxiliaires d'exploitation : diapo-
créer des fich iers.._ / (BT) .______i !lustrer,
photographier ...
sitives, documents, montages réalisés, - une fiche de prêt de chaque exem- plaire, numérotée.
Ces valises, outils nouveaux pour une lecture plus riche et plus vraie, per- mettront un travail collectif et suivi sur une œuvre entière choisie en fonction de chaque niveau de l'école primaire.
Le projet de choix de ces livres, consti- tuant le contenu principal des valises, a été réalisé en collaboration avec la
Bibliothèque municipale d'Oyonnax. A noter que cette dernière a repris le même projet à son compte, en mettant sur pied de la même manière cinq jeux de livres adaptés du C.P. au C.M.2.
7
1
8
~
LET V Ali~ INDIVIDUALISE
•
SUJET DE SATISFACTIONS RÉELLES ET DE QUESTIONS
~
FREQUENTES
Après plusieurs années de C.E.2 (dont certaines avec effectifs chargés), je 11ze retrouve cette année avec un effectif de 25 enfants et l'envie de faire le point sur le travail individualisé qui est un des points bnportants de l'organisation de ma classe, toujours à la fois sujet de satisfactions réelles et de questions fréquentes.
LE MOMENT DE TRAVAIL INDIVIDUALISÉ
- Il se situe en début de matinée tous les matins.
- Les enfants sont plus disponibles pour réaliser un travail efficace.
- Nous pratiquons la rentrée progres- sive : les enfants arrivant à 8 h 20, peuvent venir directement s'installer en classe et se mettre au travail.
- Cette année, le C.M.1 étant une classe très difficile, c'était le moment choisi pour apporter une aide indivi- duelle à certains (une équipe de six, re- prise par le R. P. P. ou le directeur de · l'école, trois élèves aidés en math par moi, d'autres C.M.1 aidant C.P. et C.E.1 à la lecture). En fait, actuellement, ce système ne fonctionne plus.
- La présence en début d'année d'un ZILIEN
à
la B.C.D. permettait d'envoyer à ce moment-là des enfants, en lecture libre. En fait, cela a permis de démarrer la prise en charge par eux-mêmes de ce temps de lecture libre, puisqu'ils ont continuéà
y aller seuls (cf. plus loin).LE DÉROULEMENT
Les lundis et samedis sont consacrés aux ateliers de math. Nous utilisons :
• Les fichiers opérations autocorrectifs (fabriqués à partir des cahiers C. EL.).
• Le fichier de problèmes 8 de la C.E.
L.
C'est moi qui corrige avec chacun, afin de mieux discuter avec eux des écueils, de voir quel a été le raisonnement, le cheminement emprunté ...
• Un fichier de problèmes fabriqués par nous (René, puis complété par moi).
• Un fichier de repérage goémétrie (fabriqué à partir de manuels).
• A cela, se rajoutent depuis janvier les livrets programmés, un atelier me- sures.
Les mardis, jeudis et vendredis, fonc- tionnent les ateliers de français. Nous utilisons :
• Un fichier poésie.
o Un fichier« coin-lecture
»
S.R.A.• Un fichier orthographe C.E.
L.
• Un fichier grammaire (fabriqué par René, complété par moi).
• Un fichier de lecture A.T. E.
L.
Je commence à le mettre en place.Les enfants ont la possibilité aussi d'écrire des textes. (Je les corrige tout de suite avec eux, j'essaye d'être le plus disponible possible pour cela), d'ap- prendre les mots d'usage (aide mu- tuelle), d'aller en lecture libre à la B.C.D.
Depuis décembre, ils peuvent prévoir un jour par quinzaine pour continuer un projet personnel ou de groupe : recherche en éveil, B.D., texte collec- tif. C'est aussi dans ce temps de travail individuel que l'on répond aux lettres des correspondants.
LA PRÉVISION DU TRAVAIL
Nous prévoyons ensemble le travail en début de quinzaine.
Chaque enfant a un plan de travail qu'il remplit d'abord au crayon.
Il sera visé en fin de semaine par le maître et les parents.
Pour gérer l'utilisation de la B. C. D ., la classe est divisée en six équipes qui
ont chacune leur jour prévu de lecture libre (mardi, jeudi et vendredi).
Chacun note d'abord le jour où il ira à la B. C. D., puis on complète les jours prévus pour les maths en choisissant entre opérations, problèmes, etc.
Pour les jours ateliers de français où l'on n'est pas à la B.C.D., on complète avec coin-lecture, textes, orthographe ...
Chaque jour, après le temps de travail individuel, chacun écrit au stylo ce qu'il a réellement fait : titre de la poésie, du texte, numéro des fiches ...
Ceux qui sont allés à la B.C.D. peuvent noter sur une grande fiche, les livres lus.
LE RÔLE DU MAÎTRE
Pendant le temps de travail individua- lisé, je suis disponible pour corriger les textes, les fiches, aider quand il y a pro- blème, solliciter une aide pour un copain en difficultés, relancer les
«
touristes»,
aider certains
à
chercher des fiches, faire un bilan ponctuel du travail. ..Mais surtout, j'essaye de m'occuper de ceux qui ne demandent rien mais ne feraient pas grand chose !
A la fin de la quinzaine, je fais un bilan le plus individuel possible (j'essaye de discuter avec chacun, mais même à 25 au lieu de 30, c'est dur ! )
Je donne aussi en début de quinzaine, des priorités de travail : je rappelle à David qu'il doit faire plus de
«
coin-lecture
»,
à Angélique de penser aux problèmes ... ; à tous, je demanderai par exemple, de faire le compte rendu d'un livre ...•
Tous les deux mois environ, je fais le bilan général pour chacun. Je redéfinis des priorités, donne des conseils, en- courage, montre les points positifs et négatifs. Pour cela, chacun a, en plus de son plan de travail de quinzaine, des plans par fichier dans son cahier de travail individualisé (T .1.).
LES POINTS SATISFAISANTS
L'apprentissage de l'autonomie
Ce sont les enfants qui prévoient leur travail, qui sont responsables des fichiers.
Ils doivent se déplacer dans la classe, gérer leur temps .et l'organisation de leur travail. Et beaucoup sont pas mal autonomes ! (mais ils ont aussi été for- més à ce type de travail au C. P. et au C.E.1).
Une méthode de travail efficace
Voire très efficace pour certains, comme ce gamin venant d'une autre école qui devait refaire un C.E.1., que j'ai récupéré au bout d'un mois de classe et qui marche à fond dans le travail individua- lisé et a des résultats qui, sur le plan strictement scolaire, s'améliorent en
flèche.
L'aide mutuelle
Elle n'est, pour l'instant, véritablement institutionnalisée que pour l'apprentis- sage des mots d'usage ; mais elle se pratique aussi, par l'aide à ceux qui
sont en difficulté, à ma demande (mais elle existait de toutes façons déjà à l'état sauvage, et continue d'ailleurs !)
Elle se pratique aussi de façon natu- relle par le travail en commun pour des textes, des projets... non seulement pendant le temps de travail individualisé, mais à d'autres moments de la classe.
L'aide mutuelle me semble un point important que je pense développer dans l'avenir. Avez-vous lu les articles de L'Éducateur à ce sujet en 83-84 ? La lecture libre
Cette année, la mise en place du tra- vail individualisé en début de matinée a entraîné pour ma classe une utilisation plus importante de la B. C. D. (en place pour la troisième année dans l'école), et surtout une utilisation par tous ! Chaque élève bénéficie d'au moins trois quarts d'heure de lecture libre par quin- zaine, sans aucun contrôle de ma part.
Et en plus, ils trouvent parfois d'autres moments pendant la classe et vont, une heure par semaine, à la bibliothèque municipale ... ! alors ils lisent et lisent vraiment !
Et puis, ils vont à la B.C.D. par équipes, avec un responsable qui change chaque fois et qui est seulement chargé de venir me prévenir en cas de problème.
Depuis le début de l'année, il n'y a eu, je crois, qu'un seul jour à problèmes (et c'était en octobre 1) Et quand je des- cends quelquefois jeter un coup d'œil, tout est calme 1
De plus, apparemment, ils semblent aimer lire et lire beaucoup, ce qui est le plus important. Mais en plus, cha-
cun a amélioré sa vitesse de lecture,
•
certains de façon importante ! (Un seul a de tels problèmes que cela ne saurait lui suffire !)
DES QUESTIONS
L'autonomie
Pour certains, elle reste très relative.
Il y a des progrès bien sûr, mais quand, à la maison, l'enfant a peu d'espace, peu d'initiatives, quelle efficacité avons-nous
?
Et pour ceux qui n'ont déjà pas de structures, un travail de cetype aide-t-il à les structurer ou les noie- t-il un peu plus ?
Le respect des rythmes de chacun Oui, mais quand un enfant n'a pas de rythme de travail, quand il traîne sur les fiches, joue les promeneurs, n'est pas motivé par l'école ? Bien sûr, je me dis que chaque enfant a une motivation, qu'il faut la trouver, la mettre en va- leur; l'un aime calculer très vite, l'autre est un bon dessinateur et donc un bon observateur, celui-là aime bien ranger (et fera un bon balayeur ... 1) Ne faut- il pas pourtant donner des armes à cha- cun, même dans des matières qu'il n'aime pas ? N'y a-t-il pas des acquisi- tions nécessaires ?
Le problème du temps, de la durée Il est lié à ce problème de rythme. Il y a quelques années, je pratiquais un plan de travail sans limitation de temps.
En fait, je pense qu'il s'agissait pour moi d'une erreur et qu'il faut donner des limites de temps, proposer un contrat de travail clair dans la quantité, la qualité, la durée. De même, je ne laisse pas toujours durer le temps de travail individualisé ... si je vois que cela accroche mal, j'arrête et on reprend une activité plus collective. Et vous, comment faites-vous ? Cette notion de temps, de contrainte dans la durée, me semble à creuser. Nous-mêmes, en tant qu'adultes, ne sommes-nous pas plus efficaces quand nous devons fournir un article, par exemple dans un temps limité, plu- tôt que lorsque nous avons un contrat longue durée
?
L'évaluation du travail individuel C'est un point sur lequel il me semble que je n'ai pas encore suffisamment réfléchi. L'installation de brevets dans la classe de Claude et Patrick me pose des questions.
Et vous, comment menez-vous le tra- vail individuel ?
Avez-vous abandonné les fichiers ?
Avez-vous installé d'autres formes de travail autonome ?
Comment évaluez-vous (si vous l'éva- luez) le travail individuel
?
Pour terminer, je poserai encore une question : dans le cas de certains en- fants, la pédagogie
«
Freinet»
est-ellela plus efficace
7
D'autres pédagogies ne sont-elle pas préférables ?Jean-Pierre RADIX École de la Gravière 69120 Saint-Foy-les-Lyon C.E.2 année 84-85
•
9
10
FAISAIT-ON
DE L'INSTRUCTION CIVIQUE
-
'
A V ANT QUE CHEVENEMENT NE NOUS LE DISE ?
D'UN FILM DE FERNANDEL A ... LA VENUE D'AMNESTY INTERNATIONAL
Ce matin-là, à l'entretien, dans ma classe de C.E.1 -C.E.2, on parle beaucoup du film vu mardi soir :
«
Francois fer»
(avec Fernandel), et Kévin nous raconte les 'scènes où Fernandel est soumis à la torture (la chèvre qui lui lèche les pieds).
Pierre nous dit :
«
C'est de la torture !»
Et la discussion démarre très vite.
- La torture c'est pour faire avouer, ce sont des trucs pour faire parler.
- Ça rend sans souffle de rigoler.
- Pendant la guerre, les Allemands ont beaucoup torturé ... mais ça m'éton- nerait que l.es Français ne l'aient jamais fait.
- La torture, ça existe encore en Po- log ne. J'ai vu le père Popielasko à la télé.
Le lendemain, Ingrid nous dit :
«
Latorture, ça pourrait faire l'objet d'un exposé
»,
elle va l'ihscrire sur notre ta- bleau«
Idées de recherches.»
Quelques jours plus tard, Frédéric nous apporte le calendrier 85, édité par Am- nesty International et nous dit :
- Quelqu'un d'Amnesty pourrait peut- être venir dans la classe.
- Qu'est-ce que c'est Amnesty Inter- national ?
- Ils s'occupent de la torture et des enfants pauvres, je crois ...
A la rentrée de janvier, un groupe de recherches, en éveil, se constitue avec le thème :
«
La torture ». Quatre enfants y participent. Ils rencontrent des diffi-cultés : les documents qu'ils apportent ou ceux trouvés
à
la B.C.D. sont dif-ficiles. Mon aide consiste surtout à faire de l'explication de textes ou de mots.
L'exposé prêt, il consiste en quelques dessins (reproductions d'affiches ou de dessins trouvés dans la documentation).
Les quatre enfants définissent la torture comme :
«
souffrances physiques ou morales très intenses.»
Ils parlent de«
tortures et châtiments»
et aussi dubut de la torture
«
faire avouer - même quelque chose de faux - .»
Le débat est intéressant mais la classe reste insatisfaite sur un certain nombre de questions :
Oui est l'inventeur de la torture
?
Torture-t-on les enfants
?
A quoi sert-il de torturer ?
Quel est le rôle d'Amnesty Inter- national
?
On décide donc en réunion de coopé- rative de demander au groupe Amnesty International de Cognac, s'il veut bien intervenir dans notre classe sur ces questions. Frédéric se charge de la démarche.
Au mois de mars, deux membres d' A.l.
passent une heure trente minutes, sa- medi matin, dans la classe. Ils distri- buent à chacun la
«
Déclaration uni- verselle des droits de l'homme»
et la«
Déclaration des droits de l'enfant.»
Les enfants se précipitent sur la seconde et lisent. Des doigts se lèvent. Le dia- logue est engagé. Il n'y a besoin d'au- cun exposé. L'échange se fera sans interruption avec l'ensemble des en- fants, les deux intervenants se bornant
à
répondre aux questions. Aucune photo n'a été montrée, quelques affiches bien choisies nous sont laissées pour complé- ment d'information. Les deux respon- sables présents sont très étonnés de voir les enfants s'exprimer avec autant d'aisance et d'intérêt, sur un tel sujet.Ils ont noté que tous ont parlé au moins une fois.
LES SUITES
Une exposition sur
«
Liberté et droitsde l'homme
»
à travers la poésie, ayant lieu au mois d'avril et les classes ayant été sollicitées pour y participer, sept élèves de la classe ont décidé d'y aller, ont inventé et décoré leurs poèmes.Tou te la classe s'est rendue
à
l' expo-sition et a été très intéressée. Cette semaine s'est clôturée par une soirée- poésies, au Centre d'Animation de Cognac. Deux élèves y ont dit des poèmes qu'ils avaient particulièrement aimé lire
à
l'exposition. Cinq élèves de la classe y étaient présents avec leurs parents.Cela a été un projet de longue haleine : démarré à partir des réflexions de quel- ques enfants, il est devenu projet d'un petit groupe, puis celui de la classe en- tière.
Quelques parents m'ont fait part de leurs inquiétudes après coup, mais ont été vite rassurés en discutant avec leurs enfants. Certains ont bien voulu nous accompagner
à
l'exposition et la visiter. D'autres, qui travaillent, y sont allés le samedi après-midi, avec leurs enfants. Les enfants ont véritablement _ fait de l'instruction civique et pas mal deparents aussi ...
Entre la sensibilisation au respect des droits de l'homme et de l'enfant dans le monde et l'apprentissage de la Mar- seillaise, mon choix est fait !
Échos entendus dans le secteur (col- lègues) :
«
Et la candeur de l'enfant ? C'est inadmissible ! Il faut protéger l'enfant de ces réalités trop dures pour eux ... etc.»
Ou' en pensez-vous
?
Josette Girard Javrezac
•