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Commune de Saillon, aperçu économique

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Academic year: 2022

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C O M M U N E DE SAILLON, A P E R Ç U E C O N O M I Q U E

par Jean Cheseaux, président

Monsieur le Président Dr Prof. Mariétan, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Au courrier du 2 mai dernier, votre président m'informait que votre société « La Murithienne » avait choisi notre région pour sa sortie de printemps et qu'il serait heureux de me saluer à cette occasion.

Je ne pouvais refuser une telle invitation, laquelle me procure aujourd'hui une double satisfaction: la première fraterniser quelques instants avec des gens aussi distingués, la deuxième, revoir mon ancien professeur de zoologie et de botanique, votre président M. le Dr Ma- riétan. En effet, j ' a i eu l'insigne avantage de bénéficier de son enseigne- ment à l'école cantonale d'agriculture à Châteauneuf, les années 29-32.

En ma qualité de président de cette commune, il m'échoit l'agréable mission de vous saluer à mon tour et de vous souhaiter la plus cordiale bienvenue dans ce vieux bourg. J'aimerais vous saluer individuellement, eu égard à vos titres, mais de peur de commettre des impairs, je vous dis à toutes et à tous, Saillon vous accueille avec joie et vous dit merci du fond du cœur pour votre visite.

A la demande de votre président, je me fait un plaisir de vous présenter un bref exposé sur notre commune. Je m'efforcerai de retracer les principales étapes qui ont fait tâche dans les annales de notre village, spécialement sous l'angle économique, sachant par ailleurs que le côté historique sera traité par M. Donnet, archiviste cantonal, que je profite de remercier pour sa brochure sur Saillon, dans la collection

« Trésor de mon Pays » en collaboration avec un enfant du village, j ' a i nommé M. R. Roduit, instituteur, membre de votre société.

*

Saillon apparaît pour la première fois au l i e siècle. Un document prouve déjà l'existence d'un château, des vignes et des terres cultivées.

Il appartenait à l'évêque de Sion. Au 12e siècle il devient savoyard et

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chef-lieu de plusieurs communes: Fully, Branson, Leytron, Riddes et Isérables. C'était une place forte, une sentinelle avancée dans cette vallée du Rhône. Les écrits auxquels j ' a i puisé certains renseignements nous montrent Saillon comme un grand centre commercial. On y venait de bien loin, soit par le Grand-St-Bernard, soit par le Simplon. Tous les mardis, sur la place centrale du village, se tenaient les marchés. De plus, les foires avaient également lieu à Saillon. Cette époque fut de courte durée. Au 14e siècle, le Rhône qui avait son lit primitif au pied de la colline déborde, provoquant ainsi, petit à petit, l'isolement du vieux bourg, avec le désintéressement des communes voisines.

L'ancien château, brûlé une première fois en 1384, fut détruit en 1475 par les Hauts-Valaisans, ne laissant de ce château-fort que les vestiges que nous voyons sur la colline dominant le village. Grâce à l'appui des pouvoirs publics, il fut possible de restaurer le donjon principal. Tout ceci est du domaine du passé. Nous voici au 17-18e siècle. Les archives nous indiquent à nouveau une inondation du Rhône, le 7 février 1790. La majeure partie de la plaine est sous l'eau, ce qui provoqua une réunion des autorités de Riddes-Saxon-Leytron-Saillon pour essayer de maîtriser une bonne fois ce vagabond. Et je passe.

Autour des années 1800 et 1880, une famille célèbre redonnera un certain éclat à Saillon. je veux parler des trois frères Barman. Joseph, célèbre avocat et juriste, ambassadeur à Paris: Louis, officier à la cour du Saint Père à Rome; Maurice, président de Saillon, puis conseiller d'Etat, chef de la Jeune Suisse, vaincu au pont du Trient en 1844, doit s'exiler à Sous-Vents Bex, enterré à Saillon en 1878.

Nous relevons sous sa présidence, la dotation du viUage en eau potable, par la construction d'un tunnel à travers les gorges de la Salentze pour la captation des eaux de la rivière. Auparavant, la popu- lation était alimentée par source thermale de 28°, à la limite de Saillon- Leytron. L'eau était amenée par une rigole à ciel ouvert, traversant le vignoble pour aboutir à l'entrée du village, côté levant. L'hiver, par suite du gel l'approvisionnement se faisait par le torrent coulant au pied du village, par chaque ménage. Il est à noter que l'entreprise de M. Barman, commencée en 1848, terminée en 1853, ne connaissait pas les compresseurs et les perforatrices de notre époque. Elle a coûté la somme de Fr. 25 000.—•. Cette œuvre dura 100 ans. En 1948, Saillon inaugurait le nouveau réservoir d'alimentation en eau potable, par station de pompage, située à 100 mètres, au pied du village, avec un réservoir à la quote 120 d'une contenance de 300 000 litres. Tout est automatique. Par le jeu d'un flotteur la pompe centrale s'enclanche et

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se déclanche. L'eau est puisée à plus de 14 mètres de profondeur.

Aujourd'hui, ce réseau a été complété, ce qui fait que tous les quartiers extérieurs du bourg principal sont desservis en eau potable. Le coût des travaux s'est élevé à Fr. 250 000.—.

En vous parlant du tunnel de M. Barman, je me dois de signaler le séjour dans ces fameuses gorges du célèbres Farinet, faux monnayeur, originaire d'un petit hameau de la commune des Bosses dans le val d'Aoste. Ce Farinet fabriquait des pièces de 20 et de 50 et. Le litre de vin se payait à cette époque, dans les cafés, 40 et. Vous pouvez donc juger de quelle considération jouissait cet homme dans nos milieux. Traqué durant trois jours dans ces gorges, par les gendarmes, lesquels avaient reçu l'ordre de le prendre vivant ou mort, Farinet dû sortir de son repaire pour s'alimenter. Au moment où il se penchait pour se désaltérer aux eaux du bisse, un gendarme le tira. Une balle lui traversa la tête de part en part.

Je voudrais incorporer ici, la mise en exploitation des Carrières de marbre: le Cipolin antique, par une société française avec siège à Paris.

On y construisit une usine dans le quartier de Sarvaz, pour scier le marbre exploité dans la montagne à la quote 1000, marbre descendu en blocs de plus de 6 à 8 m3, par funiculaire. Cette industrie n'a pas manqué d'apporter un certain bien aise au village. Malheureusement l'exploita- tion fut suspendue, l'usine démontée et vendue. Grâce à l'initiative de quelques personnalités, la vie reprendra dans ces anciennes carrières cette année même, un téléphérique, selon les conceptions modernes étant déjà sur pied.

J'en arrive à la période de l'assainissement de la plaine. Par suite de la construction de la digue dite « des Maraitszons » sur le territoire de la commune de Fully, notre plaine formait un grand marécage. Le domaine de la Sarvaz actuel était un lieu de rendez-vous des chasseurs du canton. Le gibier de tout genre y pullulait. Seuls quelques îlots de terrains pouvaient être cultivés. C'est ainsi que l'on retrouve encore par ci par là de tous vieux arbres, vestiges de ces temps héroïques.

C'était le régime des biens communaux, le régime de la pleine liberté des bêtes de somme, en dehors des grands travaux. C'est ainsi que l'on voyait paître chevaux, mulets, ânes, une bonne partie de la saison sur ces terrains communaux que l'on avait soin chaque année de clôturer.

Vous pouvez vous imaginer quelle résistance pouvait bien offrir de telles clôtures à des bêtes éprises de liberté et abandonnées à elles-mêmes. De plus dans de tels troupeaux, il se trouve toujours un conducteur avide d'espace vital, tant et si bien que les frontières furent à maintes reprises

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violées. Il est raconté que le troupeau avait emprunté la voie des CFF jusqu'à la gare d'Ardon.

En 1917, après avoir fait appel à une Commission fédérale, la fameuse digue des « Maraistzons » fut percée permettant ainsi le libre écoulement des eaux. Commencés par notre commune, les travaux d'assainissement débutèrent par la construction de canaux.

La mensuration n'existait pas. 1921 fut l'année d'étude pour intro- duire ce travail chez nous. Parallèlement un remaniement portant sur plus de 123 ha. avec 1345 parcelles retient l'attention des citoyens. Après plusieurs contacts, tant avec les autorités fédérales que cantonales, le 16 mars 1922, le conseil communal de Saillon avisait l'autorité supé- rieure que l'introduction du registre foncier dans la commune sur la base de la mensuration cadastrale était prise. Les travaux mis en sou- mission le 26 avril 1922, adjugés le 7 août 1922 furent terminés le 19 décembre 1927. La mensuration porta sur une surface totale de 585 ha.

Le coût des travaux 42 629.35. Les subventions s'élèvent à Fr. 32 547.75 pour la Confédération; Fr. 4 817.70 pour le canton; soit au total Fr.

37 365.45. La facture pour la commune fut de Fr. 5 263.60.

Durant cette période, le remaniement de la plaine fut exécuté, sur 123 ha. L'ancien état avait 1345 parcelles, le nouvel état 323, suppression de 1022 parcelles.

Nous pouvons dire que dès 1930, la culture fruitière commence à prendre place dans notre commune. Les terrains sont assainis et rema- niés, les plantations se dessinent un peu partout. Ici, il faut avouer que les conceptions de plantation n'étaient pas des plus judicieuses. Nous sommes-nous trop rappelés de la maxime populaire qui dit qu'il ne faut pas mettre tous les œufs dans le même panier, tant et si bien que l'on retrouve chez nous les plantations mixtes, c'est-à-dire essences à noyaux et à pépins sur la même parcelle. Point n'est nécessaire de vous démontrer les inconvénients des cultures de telles plantations. Dans le choix des portes-greffes en relation des distances, combien d'erreurs commises ! combien de plantations trop denses qu'on hésite souvent à desserrer et qu'il faudra un jour scier.

Il est une date à mentionner: 1944. Ici intervient la vente à prix réduit d'une surface de 3 000 m! à tous les citoyens bourgeois âgés de 15 ans révolus. A noter qu'avant cette date, ces parcelles leur étaient en jouissance. Dès ce jour, parallèlement la culture maraîchère fait sérieu- sement son apparition. Les surfaces de fraises, tomates, choux-fleur s'intensifient pour atteindre les tonnages connus.

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Si la mise en c u l t u r e de n o t r e p l a i n e se t e r m i n e p a r l e d é f r i c h e m e n t et le lotissement avec vente a u x bourgeois de la région b i e n c o n n u e et d i t e « T o b r o u k » le coteau a c o n n u é g a l e m e n t u n e sérieuse transforma- tion. Q u o i q u e très a n c i e n n e à Saillon. p u i s q u e j e vous disais a u d é b u t de cet exposé q u ' o n l a cultivait en 1101, la vigne a passé p a r les phases de la r e c o n s t i t u t i o n , voire u n e d e u x i è m e reconstitution. A c t u e l l e m e n t ce coteau est si brassé q u ' i l n e reste p r a t i q u e m e n t plus de parcelles incultes. Les différents cépages sont cultivés. Le r e n d e m e n t est dans la b o n n e m o y e n n e , la q u a l i t é s u p p o r t e b i e n des comparaisons, t o u t e modes- tie gardée. U n système d ' i r r i g a t i o n a é t é mis sur p i e d en 1950-51. L'arros- sage se fait en l'espace de 12 à 15 j o u r s . Des conduites de t o u t calibres sillonnent le vignoble, lesquelles sont alimentées p a r u n réservoir cons- t r u i t à l ' e n t r é e des gorges de l a Salentze, d ' u n e c a p a c i t é de 1 million 400 000 litres, ce q u i nous p e r m e t de m e t t r e en service j u s q u ' à 10 jets voir 12 jets s i m u l t a n é m e n t . Le t r a v a i l se fait p a r u n e é q u i p e sous l e contrôle d ' u n comité, car, p o u r l'instant, il n e s'agit pas d ' u n service c o m m u n a l . La p a r t i c i p a t i o n des p r o p r i é t a i r e s intéressés fut de l ' o r d r e de 58 et. le m2 subsides d é d u i t s . Nous pouvons affirmer q u e le r e n d e m e n t de n o t r e vignoble a é t é l a r g e m e n t a u g m e n t é de 20 % à la suite d'irri- gation, ce q u i p r o u v e q u e la d é p e n s e consentie est a u j o u r d ' h u i large- m e n t couverte.

J e vous ai é n u m é r é les différentes étapes de n o t r e c o m m u n e en vous r e t r a ç a n t les p r i n c i p a l e s œ u v r e s réalisées. J e n ' a i fait qu'effleurer le p r o b l è m e de l ' e n d i g u e m e n t d u R h ô n e . A la suite de ces sorties i m p é - tueuses de 1790, de 1897 et 1948, n o t r e c o m m u n e a d û c o n t r i b u e r p o u r u n e s o m m e de 180 000 francs p o u r sa g r a n d e c o r r e c t i o n ; c h a q u e a n n é e elle verse u n e a n n u i t é fixe de 5 590 francs.

J e n e p a r l e r a i p a s de n o t r e rivière la Salentze. L ' i n o n d a t i o n d u 17 février 1957 de triste m é m o i r e coûta au c a n t o n e t à la c o m m u n e , l a s o m m e de 17 000 francs p o u r u n e s i m p l e remise en état. A c t u e l l e m e n t des t r a v a u x sont en cours. L e devis p o u r sa correction t o t a l e ascende à 700 000 francs.

D a n s l e vignoble é g a l e m e n t des c h e m i n s de dévestiture seront créés p u i s q u e l e G r a n d Conseil s'est déjà p r o n o n c é f a v o r a b l e m e n t . Les dépenses oscillent e n t r e 400 à 500 000 francs ceci p o u r vous d i r e q u e les besoins sont constants et nous a t t e n d e n t .

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