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Maladies certes rares ... mais le devoir de les évoquer....
SPERTINI, François, SEEBACH, Jorg Dieter
SPERTINI, François, SEEBACH, Jorg Dieter. Maladies certes rares .. mais le devoir de les évoquer... Revue médicale suisse , 2016, vol. 12, no. 513, p. 675
PMID : 27197321
Available at:
http://archive-ouverte.unige.ch/unige:99467
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Éditorial
www.revmed.ch
6 avril 2016
675
Maladies certes rares…
mais le devoir de les évoquer…
Prs François sPertini et JÖrg D. seebach Dans ce numéro consacré à l’allergologie et
l’immunologie cliniques, sont abordées quel
ques thématiques dont on pourrait penser que finalement il n’est pas bien nécessaire de les connaître, comme les immunodéficiences primaires et la maladie de Whipple. Détrom
ponsnous… lorsque vous voyez une patiente qui, sur la répétition des pneumonies lobai res, finit par développer de telles bronchiectasies que le chirurgien doit réséquer la quasitota
lité du poumon droit, et que l’on voit durant près de dix ans être soigneusement collectées les élec
trophorèses des protéines mani
festement non lues, éblouissan
tes par l’absence du pic des im
munoglobulines, on doit comme en sei gnant reprendre son bâton de pèlerin, et crier bien haut que n’importe quel praticien peut re
connaître une immunodéficience.
Il y a ensuite suffisamment de col
lègues pour établir le diagnostic.
Mais l’important est d’y penser et d’échanger.
Et c’est le but des présents chapitres.
Le Dr Jandus, très justement, souligne l’im
portance de l’établissement de registres na
tionaux et internationaux des immunodéfi
ciences primaires pour mieux comprendre ces maladies complexes, pour donner une puis
sance statistique suffisante à l’analyse. Bien heureusement, grâce à l’analyse large du génome d’un grand nombre de patients, on parvient à mieux comprendre des affections qui étaient souvent confondues sous une même désignation (comme l’est encore l’im
munodéficience commune variable). On peut ainsi progressivement mieux identifier des souspopulations de patients immunodéfi
cients dont le diagnostic et le traitement pourraient être plus précoces et mieux adap
tés. Au plan clinique, soulignons un aspect
tout particulier des maladies immunodéfici
taires de plus en plus fréquemment observé, soit la conjonction de marqueurs d’immuno
déficience et de manifestations autoimmu
nes. Nous pourrions consacrer à ces anoma
lies de la régulation un livre entier, le sujet est passionnant. Mais sans connaître les grands détails des mécanismes de l’immunologie, cela ne devrait pas paraître trop étonnant au nonspécialiste éduqué, puisqu’en fin de compte le défaut génétique in
duisant une immunodéficience est la plupart du temps un défaut responsable du réglage fin de la réponse immune, donc de la ré
gulation de l’activation et de la désactivation du système. Il y a donc lieu d’être attentif à des manifestations souvent frustes, suggestives de pathologies auto
immunes, telles qu’arthrites, sé
rosites ou glo mérulonéphrites, évocatrices de lupus érythéma
teux sur un fond de rechutes de pneumonies ou d’infections sévères. Le plus souvent le syn
drome auto immunitaire n’est qu’ébauché. De manière paradoxale, on en vient même à de
voir parfois ajouter des immunosuppresseurs à la substitution d’immunoglobulines du pa
tient. Des maladies granulomateuses mimant la sarcoïdose peuvent également s’installer, com pliquant bien souvent le décours clinique de ces patients déjà lourdement marqués par les rechutes infectieuses. Et finalement, talon d’Achille du défaut de la défense immune, les lymphomes et autres néoplasies surviennent plus souvent qu’à leur tour.
Globalement, inutile de retenir d’improbables listes de mutations, de critères abscons : l’ob
servation clinique, elle, reste la base. Evitons à tout prix la cécité mentale que la routine de tout un chacun bien souvent finit par distiller ! Articles publiés
sous la direction des professeurs
François sPertini Médecin-chef Service d’immunologie et d’allergie, CHUV, Lausanne
JÖrg D. seebach Médecin-chef
Service d’immunologie et d’allergologie, HUG, Genève
De manière ParaDoxale, on en vient même à Devoir ParFois
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D’immuno
globulines
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