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1. VADEMECUM POUR LA RÉDACTION DES TRAVAUX DE MASTER : MEMOIRES & MINI-MEMOIRES 2. VADEMECUM DES OUTILS DE RECHERCHE EN HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE

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Texte intégral

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UFR DE PHILOSOPHIE

MASTER « HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE » TD DE MÉTHODOLOGIE

1. VADEMECUM POUR LA RÉDACTION DES TRAVAUX DE MASTER : MEMOIRES & MINI-MEMOIRES

2. VADEMECUM DES OUTILS DE RECHERCHE EN HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE

Thiphaine Rivière, Carnets de thèse (Ed. du Seuil, 2015)

©JACOB SCHMUTZ,maître de conférences

8ÈME MISE À JOUR –SEPTEMBRE 2018

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Avertissement

Les premières versions de cette brochure remontent aux années 2006-2010, lorsque j’étais régulièrement en charge de l’UE « Méthodologie » dans le Master d’histoire de la philosophie à l’Université Paris-IV Sorbonne (désormais appelée Sorbonne

Université). Elle a été fréquemment mise à jour, et utilisée par d’autres collègues, y compris en dehors de notre établissement, que je remercie de leur confiance. Afin d’éviter tout malentendu sur sa vocation, je voudrais faire trois remarques

préliminaires :

D’abord, ce fascicule n’exprime aucunement une quelconque position « officielle » de l’UFR de Philosophie de Sorbonne Université en matière de méthodologie, ni celle de tous mes collègues, mais seulement des recommandations générales, qui

correspondent – je l’espère – aux pratiques les plus courantes de notre discipline.

Ensuite, étant moi-même spécialiste de philosophie médiévale et moderne, la plupart des exemples sont tirés de cette période, où une grande attention est

traditionnellement accordée aux éditions critiques, à la citation des textes originaux, etc. Ceci explique pourquoi les ressources sur les autres périodes sont moins fournies, et je m’en excuse.

Enfin, la partie sur les outils de recherche mériterait une mise à jour plus approfondie, surtout en raison de l’explosion des ressources digitales ces dernières années. Cela viendra peut-être un jour.

Bonne lecture, et bons travaux,

Jacob Schmutz, en Sorbonne, septembre 2018

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1.

VADEMECUM POUR LA RÉDACTION

DES TRAVAUX DE MASTER : MEMOIRES & MINI-MEMOIRES

Depuis la réforme LMD (2005), la validation de la plupart des enseignements du master en histoire de la philosophie se font à travers des travaux personnels : mémoires et mini-mémoires.

 le mémoire de master (M2) est le couronnement final de cinq années d’études et vient remplacer les anciens mémoires de maîtrise et de DEA. Il s’agit donc d’un travail important.

 les mini-mémoires sont des travaux de taille plus réduite qui servent à la validation des séminaires de M1 et M2. Jusqu’à présent, ce type de travail n’est guère familier à la culture universitaire française et n’a jamais fait l’objet d’une définition précise : il ne s’agit pas d’une dissertation, ni d’un mémoire de fin d’études, mais d’une forme intermédiaire qui évoque les papers ou essays exigés dans les départements anglo- saxons ou bien la Seminararbeit allemande.

Les exigences quant à la forme et au contenu de ces deux types de travaux dépendront dès lors de chaque professeur(e) : il est par conséquent impératif pour l’étudiant(e) de se renseigner auprès de l’enseignant(e) concerné(e) afin de savoir quelles sont exactement ses attentes. Ce vademecum se veut un document générique : son but est de rappeler quelques règles élémentaires pour la rédaction et de préciser quelques spécificités propres à la recherche dans le domaine de l’histoire de la philosophie.

Plan de ce document :

1. Généralités

2. Règles de rédaction 3. Charte typographique

4. Présentation de la bibliographie 5. La soutenance (mémoires seulement) 6. FAQ : questions en guise de résumé

1.GÉNÉRALITÉS

Les publications du Privatdozent berlinois de philosophie Arthur Schopenhauer, ou celle des professeurs de philosophie Wittgenstein, Heidegger et Adorno sont présentées de façon explicitement anti-académique : pas de construction argumentative articulée, presque ou pas de notes en bas de page, pas de renvois aux sources des citations, pas de prise en compte de l’état de la recherche. La caractérisation de la science comme « entreprise » (Betrieb) par Heidegger vise à distinguer méthodologiquement de façon explicite la philosophie comme « pensée » (Denken) des disciplines entreprises institutionnellement (institutionell betriebenen Wissenschaften).

Michael Hampe, Die Lehren der Philosophie. Eine Kritik (Francfort, Surhkamp, 2014), trad. J.S.

L’université contemporaine fait partie de ce que Martin Heidegger appelait en allemand ein Betrieb, une « entreprise », dans tous les sens du terme : une activité (treiben), quelque chose que l’on « entreprend », mais aussi plus platement une « entreprise »,

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c’est-à-dire une firme, un boulot, une « boîte », comme on dit en français, régie par des règles normatives strictes. Martin Heidegger, en raison de sa compromission avec le régime nazi, était sans doute mal placé pour donner des leçons d’indépendance intellectuelle. Mais il a clairement entrevu la nature de la transformation de l’activité philosophique au cours des cent-cinquante dernières années : la lente mutation de l’éducation philosophique en formation massifiée implique que les études n’ont plus pour but de développer la « pensée », mais de démontrer la conformité des diplômés à des « règles » entrepreneuriales qui sont le garant de la reproduction du système moderne de la science. Vos mémoires et « mini-mémoires » font partie de cette

« entreprise » (Betrieb), au même titre, d’ailleurs, que tous les concours canoniques de l’enseignement supérieur français (CAPES, agrégation) : ils doivent permettre à l’institution de mesurer votre capacité à argumenter selon des règles pré-définies collectivement et devenues plus ou moins inconscientes, et à respecter des normes de présentation coercitives. Le but de ce Vademecum est de présenter sobrement les attentes de l’institution et ses règles, sans la moindre prétention quant à ce qui serait la vocation « authentique » de la philosophie.

1.1. L’objectif des travaux

Les fonctions d’un mini-mémoire et d’un mémoire peuvent se définir de la manière suivante :

par rapport à l’institution universitaire : un mini-mémoire, au même titre qu’un mémoire, doivent prouver que vous êtes capable de rédiger un texte conforme aux règles de la recherche scientifique, dans un temps déterminé et dans un français correct. Ces règles comprennent la critique des sources, l’administration des preuves, l’examen de la littérature secondaire et les procédés d’argumentation et de rédaction.

En outre, dans le cas d’un mini-mémoire :

par rapport au séminaire : en tant que validation d’un séminaire de master, le mini-mémoire doit prouver que vous avez compris la problématique générale du séminaire proposé. Il démontre que vous êtes capable d’identifier un problème, de le circonscrire dans un corpus textuel précis, et de formuler une thèse à son propos.

Et dans le cas d’un mémoire de master :

 une fonction philosophique : le mémoire doit prouver que vous êtes capable de circonscrire un problème philosophique directement à partir des textes, et non seulement sous forme de synthèses tirées de la littérature secondaire existante.

 une fonction personnelle : il fut un temps où l’exercice de la philosophie était vécu comme une thérapie de l’âme. Les prétentions d’un mémoire sont assurément plus modestes et limitées : néanmoins, il doit également vous aider à formuler et à mieux cerner une question qui vous intéresse.

1.2.Le sujet

Tout travail universitaire doit porter sur un sujet bien circonscrit du point de vue textuel (dans le cas d’un mini-mémoire, un texte de référence d’un auteur devrait suffire) et du point de vue problématique (il doit porter sur un problème, et faire la synthèse de la pensée d’un auteur). Les règles de détermination du sujet varieront selon qu’il s’agit d’un mémoire ou d’un mini-mémoire : pour le mémoire, vous devez le déterminer avec un(e) enseignant(e) de votre choix ; dans le cas d’un mini-mémoire, le sujet doit être choisi de commun accord avec l’enseignant(e) dont vous suivez le séminaire. A priori,

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le sujet choisi doit impérativement avoir un rapport avec l’enseignement suivi, mais il peut prendre différentes formes.

Admettons que le sujet du séminaire que vous suivez est : La théorie de l’intentionnalité entre Moyen Age et modernité (avec pour sources principales du séminaire les auteurs suivants : Avicenne, Thomas d’Aquin, Jean Duns Scot, Henri de Gand, Francisco Suárez, Descartes). A partir de ce thème général, le mini-mémoire peut prendre les formes suivantes :

[1] une étude approfondie du concept chez un auteur déterminé vu au cours : Exemple : La notion d’intentionnalité chez Jean Duns Scot. Dans ce cas, vous présenterez une étude approfondie de la question, en apportant des éléments non vus au cours du séminaire (par exemple, en analysant des textes non commentés par l’enseignant(e)).

[2] une étude approfondie du concept chez auteur déterminé mais non vu au cours.

Exemple : La notion d’intentionnalité chez Averroès. Dans cas, vous vous efforcerez d’établir un lien entre la problématique du cours et les textes dont vous proposerez l’analyse.

[3] la comparaison entre deux auteurs sur un même problème : mais pour que votre analyse ne soit pas superficielle, il faudra tenter de donner une formulation très précise au problème traité. Par exemple : Le critique de Guillaume d’Ockham à la théorie de la représentation de Jean Duns Scot.

[4] l’étude d’un problème chez un auteur à partir d’une perspective contemporaine, dans le but de faire l’analyse critique d’une hypothèse historiographie. Exemple : La doctrine des idées de Descartes est-elle un idéalisme ? Examen de la lecture de Descartes par Jean-Paul Sartre.

[5] la traduction et l’analyse critique d’un texte court (pas plus de 5-10 pages) en rapport avec le sujet du séminaire. Exemple : Qu’est ce qu’une pensée ? Traduction et analyse du “Dialogus de connexione inter res et verba” de Leibniz. Ce type de mini-mémoire implique bien entendu une bonne maîtrise de la langue choisie. Cela peut vous permettre de « tester » votre capacité à traduire un texte philosophique, dans la mesure où votre mémoire de master (en M2) pourra aussi prendre la forme d’une traduction.

[6] la retranscription d’un court texte ainsi que son analyse critique. Exemple : La théorie des actes mentaux de Durand de Saint-Pourçain, à partir d’une retranscription critique de la distinction 27 de son commentaire des Sentences. Il peut s’agir d’un texte manuscrit (auquel cas vous devrez maîtriser la paléographie), mais il peut aussi bien s’agir d’un incunable ou imprimé ancien. En particulier dans le domaine de l’histoire de la philosophie médiévale ou renaissante, un travail de retranscription de textes difficiles d’accès peut se révéler précieux.

Si rien ne vous inspire, si vous n’avez aucune idée : n’hésitez pas à demander à l’enseignant(e) de vous orienter. Mais rappelez-vous que la maturité d’un étudiant ou d’une étudiante se mesure aussi à la capacité de savoir déterminer soi-même un sujet approprié.

Les mêmes sujets peuvent être traités dans le cadre d’un mémoire de master, mais devront alors donner lieu à un traitement plus approfondi, au niveau des sources (primaires et secondaires) employés. Une bonne idée peut être d’explorer une problématique dans le cadre de votre 1ère année de Master dans le cadre d’un mini- mémoire, puis de l’élaborer dans le cadre d’un véritable mémoire en 2ème année.

Durant votre seconde année, des chapitres préparatoires de votre mémoire peuvent aussi faire l’objet de validation en séminaire.

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1.3.Le traitement du sujet

La rédaction d’un travail universitaire doit obéir à une série de règles formelles et strictes que l’on tentera de détailler dans la suite de ce document. Dans le cas d’un travail d’histoire de la philosophie, il conviendra de respecter en outre les exigences suivantes :

 Dans le cas de travaux du type [1] à [4] détaillés supra, votre travail doit s’efforcer de formuler une thèse – même minimale – à propos de son sujet. Il ne peut s’agir d’une synthèse du type d’une notice de dictionnaire ou d’un chapitre de Que sais-je. Au contraire, il vous faudra trouver un point d’ancrage problématique, énoncer une thèse, et la traiter en présentant des arguments textuels précis. Dans le cas de travaux du type [5] et [6] (éditions et traduction), un travail soigneux de reconstitution textuelle peut suffire. En revanche, il s’agira alors de bien montrer dans quel débat s’insère le texte que vous travaillez.

 Le travail doit traiter prioritairement sur des sources primaires et ne pas se contenter de faire un copier-coller de littérature secondaire (voir 1.4. infra pour la distinction entre ces deux types de sources). Vous devez proposer des analyses appuyées sur les textes eux-mêmes et adopter une démarche reconstructive : montrer comment l’auteur a pu arriver à sa propre théorie, en examinant le débat dans lequel il s’insère, en examinant ses sources ainsi que les positions qu’il a écartées.

 Le travail doit aussi démontrer que vous maîtrisez les outils de la recherche bibliographique : s’il ne s’agit pas de compiler toutes les références existantes sur le sujet, vous devez au moins montrer que vous avez fait l’effort de vous informer sur les travaux récents portant sur le sujet en question. Un travail sur la notion d’en-soi chez Kant ne peut se contenter de citer pour seule référence bibliographique : E. BOUTROUX, La philosophie de Kant (Paris, 1926), ouvrage remontant à un cours professé en Sorbonne en 1896-97 ! Il y a eu quelques études depuis. Comme le disait à juste titre l’historien allemand Hermann Heimpel, « une étude rigoureuse de la littérature nous protège des découvertes (Ein sorgfältiges Literaturstudium schützt vor Entdeckungen) »…

 Dans le cadre d’un travail d’histoire de la philosophie, il faudra aussi montrer que vous êtes sensible au genre littéraire du texte que vous avez pris pour base, en particulier si vous faites un travail de traduction et / ou d’édition (cas [5] et [6] supra) : dialogue, commentaire, paraphrase, lectio, disputatio, quaestio, sermo, etc.

 Enfin, il faut vous rappeler que vous êtes dans une faculté de philosophie, et non dans une faculté d’histoire, de lettres ou de théologie. Quel que soit le sujet choisi, vous devez toujours pouvoir en révéler son intérêt philosophique – même si dans le monde tardo-antique ou médiéval, les problèmes prennent souvent une tournure théologique. Par exemple, un travail sur le langage des anges chez Dante ne doit pas devenir un vague manifeste ésotérique, mais montrer en quoi ces textes donnent des solutions au problème philosophique « général » de la représentation de l’invisible ou de l’incorporel. Autre exemple : un travail sur la théologie monastique de Bernard de Clairvaux ne doit pas devenir un travail d’histoire sur les ordres religieux, mais doit montrer en quoi les règles monastiques reposent sur une conception bien précise de la liberté.

1.4.Sources

Les sources d’un travail universitaire (mémoire ou mini-mémoire) sont les textes et les études sur lesquelles il s’appuie.

On distingue entre les sources primaires et les sources secondaires. Les sources primaires sont les textes de l’auteur analysé, ainsi que les propres sources de ce

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dernier. Ainsi, si vous étudiez un texte de Thomas d’Aquin ou de Jean Duns Scot, leurs œuvres constitueront vos sources primaires, mais aussi les nombreux passages d’Aristote, d’Augustin, du Pseudo-Denys, etc. qu’ils citent et que vous aurez parfois été amené(e) à analyser.

Les sources secondaires incluent quant à elles tout ce qu’on qualifie généralement de

« littérature secondaire », c’est-à-dire tous les travaux de commentaire, d’étude, d’explication ou de recherche portant sur l’auteur et/ou le texte qui forment la source primaire de votre travail.

N’oubliez jamais que votre travail porte sur des textes originaux, donc sur les sources primaires. Les sources secondaires doivent vous permettre de mettre en contexte le texte que vous analysez ainsi que de clarifier les points difficiles, mais ne doivent pas faire elles-mêmes l’objet de votre travail (cf. point 2.3 infra, sur la pratique de la citation). Trop de travaux se contentent de faire des résumés de la littérature secondaire existante, sans jamais vraiment prendre à bras-le-corps le texte original.

1.5.Calendrier et étapes d’un mémoire de master

Cette rubrique concerne exclusivement les mémoires de master. Un mémoire peut se faire en un an, en deux ans, en trois ans… et plus. Certains mémoires prometteurs n’ont jamais été remis, ce qui est dommage.

Par conséquent, un bon planning s’impose pour vous. La règle serait bien entendu que vous remettiez votre mémoire au terme de votre 2ème année de Master (juin ou septembre), ce qui implique une gestion étroite de votre calendrier. Prévoyez votre rédaction en plusieurs étapes :

Rencontrez votre directeur de mémoire (septembre, voire déjà à la fin de votre année de M1) pour déterminer le sujet ; vous assurer de l’existence d’une certaine documentation ; faire une ébauche de plan, qui vous indiquera les étapes de votre travail.

Septembre-Décembre : lisez votre texte-source pour bien le maîtriser ; faites des recherches bibliographiques pour comprendre le contexte. Construisez petit à petit votre problématique.

Janvier-Mars : tentez une première rédaction, et donnez-la à votre directeur de mémoire, qui pourra vous indiquez quelques améliorations de style ou quant à la manière de procéder.

Avril-Mai : rédaction finale.

Prévoyez le temps et quelqu’un

pour vous relire : il est toujours dommage qu’un mémoire excellent ne reçoive pas la note méritée juste parce qu’il est truffé de coquilles ou de fautes de frappe.

Derniers conseils : veillez toujours à garder plusieurs copies de sauvegarde, afin de préserver votre travail de toute erreur de manipulation ou panne intempestives.

N’attendez pas la dernière minute pour imprimer le mémoire et le remettre. C’est

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toujours à ce moment-là que les imprimantes tombent en panne, que le magasin de photocopie en bas de chez vous est en vacances ou que le secrétariat de l’UFR est inopinément fermé.

2.RÈGLES DE RÉDACTION

2.1. Le plan

La structure de votre travail variera bien entendu en fonction du type de travail choisi, mais quelques règles sont universelles.

Un mémoire ou un mini-mémoire doit au moins se composer d’une introduction, aussi brève soit-elle, d’un « corps » (sans trop de sous-parties) et d’une brève conclusion (voir aussi le point 3.1 infra, sur la présentation générale du mini-mémoire).

Certains mémoires incluront des annexes plus ou moins importantes, sous forme d’éditions de textes ou de traductions.

2.21. L’introduction

Dans le proème de son commentaire au De anima d’Aristote, Thomas d’Aquin a parfaitement formulé les fonctions d’une introduction, en s’inspirant du principe classique de la captatio benevolentiae formulée par Quintilien (Institution oratoire IV, I, 5) :

Celui qui fait un proème a trois intentions : en premier, en effet, de rendre son auditeur bienveillant ; en second, de le rendre docile ; en troisième, de le rendre attentif. Il le rend bienveillant en montrant l’utilité de la science ; docile, en annonçant l’ordre et la division du traité ; attentif, en témoignant de la difficulté du traité.

Ces trois préceptes résument parfaitement ce à quoi doit servir une introduction.

 L’introduction doit d’abord rendre « bienveillant » votre lecteur en définissant clairement le sujet de votre travail et en le situant (pour la formulation, voir le point 2.2.

consacré à la formulation des thèses). Vous devez également mettre en appétit le lecteur à travers un certain effort rhétorique, et non le parachuter de manière abrupte au milieu d’un débat historiographique ou philosophique, dont il ne connaît pas encore les tenants et les aboutissements – pire, dont il ne peut même pas soupçonner l’intérêt (rassurez-vous : ce dernier défaut ne se rencontre pas seulement dans les travaux d’étudiants, mais aussi dans de nombreux articles d’érudition philologique ou de philosophie contemporaine).

 La docilité du lecteur sera ensuite acquise si vous lui indiquez le cheminement de votre travail, c’est-à-dire son plan : dites selon quel ordre vous allez procéder, en détaillant brièvement les parties à venir et les sources sur lesquelles vous vous appuyez.

 Enfin, l’attention du lecteur implique vous lui indiquiez les problèmes et les difficultés qui accompagnent votre travail : il peut s’agir de problèmes de vocabulaire, ce qui vous permet de définir quelques termes ; de problèmes historiographiques, ce qui vous permet de prendre position par rapport à une thèse que vous jugez vraie ou fausse, etc.

Une introduction ne doit pas être trop longue : pour un mini-mémoire de 20 pages, une page ou une page et demi peuvent suffire ; et pour un mémoire, quelques pages, pas plus. Sachez aussi que l’idéal est de la rédiger à la fin de votre recherche, lorsque le travail est déjà écrit. Cela vous permettra alors de revenir sur son articulation générale et de présenter votre argument de manière convaincante au lecteur.

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2.12. Le corps du travail

Le corps de votre travail doit obéir aux règles fondamentales de la dissertation universitaire : il doit compter un certain nombre de parties. Dans le cas d’un mini- mémoire, étant donné la dimension restreinte du travail, deux ou trois parties peuvent suffire. Dans le cas d’un mémoire, il peut y en avoir plus. Ce plan peut être historique ou analytique, en fonction du sujet abordé : l’important est que toute subdivision soit argumentée et fondée en raison.

Chaque partie peut comporter plusieurs sous parties ou chapitres / sections, mais il vaut mieux ne pas subdiviser un mémoire à l’infini. Une structure à trois niveaux du type :

1ère partie (ou 1.) Chapitre 1 (ou 1.1.)

Section a. (ou 1.1.1.)

peut amplement suffire. L’important est que chaque subdivision aborde un problème différent de la précédente. Au sein de chaque chapitre ou section, vous devez également prendre soin de bien structurer votre pensée : un alinéa doit comprendre une idée, pas plusieurs. Exemples de plans, en fonction des différents types de travaux présentés supra au point 1.2 :

[1] La notion d’intentionnalité chez le scotiste Pierre Tartaret [plan de type analytique]

Introduction

1. L’intentio comme acte de la pensée 2. L’intentio comme caractère de la chose

3. Synthèse : la distinction entre intentio formalis et intentio obiectiva [2] La notion d’intentionnalité chez Averroès [plan de type historique]

1. La notion d’intention (ma’nā) dans la philosophie arabe 2. Les définitions d’Averroès

[3] La critique de Guillaume d’Ockham à la théorie de la représentation de Duns Scot 1. L’être objectif selon Duns Scot

2. La critique de Guillaume d’Ockham dans sa Reportatio.

3. Evaluation : la critique est-elle justifiée ?

[4] La doctrine des idées de Descartes est-elle un idéalisme ? 1. La description par Sartre de la théorie des idées cartésiennes 2. Présupposés de la description sartrienne

3. Evaluation : sommes-nous inconsciemment sartriens ou cartésiens ?

[5] [6] Qu’est ce qu’une pensée ? Traduction et analyse du “Dialogus de connexione inter res et verba” de Leibniz.

1. Présentation du texte (lieu dans le corpus, date de rédaction) 2. Les principales thèses du texte

3. Traduction du texte 2.13. La conclusion

La conclusion doit obéir à des règles aussi strictes que l’introduction. Comme son nom l’indique, elle doit vous permettre de conclure. Ne commencez donc jamais votre conclusion avec une phrase vague du type :

[a] La lecture de Descartes par Sartre est riche d’enseignements.

[b] Guillaume d’Ockham était donc un penseur important qui a dit des choses controversées au sujet des rapports entre foi et raison.

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La conclusion doit vous permettre à la fois de résumer le chemin parcouru et de synthétiser les résultats. Une bonne conclusion sur le même sujet serait alors de dire :

[a’] La lecture de Descartes par Sartre nous apprend beaucoup plus sur la conception sartrienne de la conscience que sur celle de Descartes (et vous continuez en expliquant cette thèse).

[b’] Au vu de ses enseignements contradictoires dans son commentaire à la Physique et dans son commentaire des Sentences, il semble que Guillaume d’Ockham ait défendu une stricte division entre la vérité philosophique et la vérité théologique, etc. » (et vous continuez ensuite en résumant votre argumentation).

2.14. Annexes

Enfin, votre travail peut comporter une annexe sous la forme d’un texte traduit ou édité.

Lorsque vous présentez une traduction originale, veillez à formater le texte sur deux colonnes afin d’inclure le texte en langue originale (ce qui est impératif pour la correction et l’appréciation de votre travail).

2.2. Règles stylistiques

2.21. Formuler une thèse

Bien qu’un les mini-mémoires ou mémoires ne soient pas une thèse de doctorat, il doit néanmoins inclure une thèse, c’est-à-dire une proposition à la fois argumentée et réfutable. Vous devez toujours avoir à l’esprit la réfutabilité des arguments que vous avancez, ce qui vous aidera dans votre travail d’analyse. Une fois que vous avez une idée de ce que vous voulez dire et que vous êtes parvenu(e) à avoir une idée de ce que les autres ont pu avoir dit sur le même sujet, il vous faut rendre votre propre idée plus concrète en proposant une (ou des) thèse(s), sous forme de phrases énonciatives. Une thèse indique toujours l’argument principal soit de votre mini- mémoire (si nous sommes dans l’introduction), soit d’un chapitre (si nous sommes dans le corps d’un chapitre ou d’une partie). Le but est de persuader le lecteur que vous avez quelque chose à dire sur le sujet, et que le lecteur a donc raison de s’intéresser à ce que vous écrivez. Rappelez-vous qu’une thèse doit toujours être :

 susceptible d’être discutée

 spécifique : elle doit porter sur un thème, un problème, et non sur l’ensemble de l’histoire de la philosophie occidentale.

 concise : formulable de manière courte.

Voici par exemple de mauvaises thèses, qui sont autant de formules qui devraient être bannies de votre mini-mémoire :

[a] Jean Duns Scot était un penseur scolastique très important.

[b] La doctrine des anges de Thomas d’Aquin est intéressante et complexe.

[c] Le thomisme de Jean-Paul II est intéressant et propose un éclairage utile sur les limites de la philosophie contemporaine.

De telles phrases sont vides : beaucoup de choses sont intéressantes, complexes, utiles ou encore importantes. Le test le plus simple pour constater la vacuité de tels énoncés est que vous pouvez substituer n’importe quel nom propre à la place de ceux que vous avez choisis. Quoique concises et spécifiques, de telles thèses ne peuvent donc jamais donner lieu à une discussion critique. Il serait donc plus approprié de dire, par exemple :

[a’] Jean Duns Scot a été le premier penseur scolastique important à argumenter qu’une démonstration rationnelle des vérités de foi est impossible.

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[b’] La doctrine des anges de Thomas d’Aquin permet de montrer les impasses d’une physique strictement hylémorphiste pour l’explication de la nature du langage.

[c’] C’est la dette intellectuelle de Jean-Paul II envers le thomisme qui explique pourquoi l’Eglise catholique d’aujourd’hui adopte une position réfractaire aux prétentions de la philosophie sécularisée.

De telles thèses permettent de poser un débat : elles sont spécifiques, tout en restant relativement concises. Ces thèses sont également réfutables, ce qui est essentiel pour votre argumentation. Cela doit aussi vous permettre de penser dans deux directions : dans le sens de la thèse que vous voulez défendre (sources qui soutiennent votre argumentation), mais aussi dans le sens opposé. Vous ne devez jamais négliger pas les sources ou les témoignages historiographiques qui contredisent votre argument.

Vous devez aussi les inclure dans votre présentation, dans la mesure où cela vous permet de présenter des arguments expliquant pourquoi vous estimez que les arguments contraires sont incorrects ou incomplets.

2.22. La précision des affirmations

Votre travail doit obéir aux règles générales de toute dissertation : vous devez préciser toute affirmation, définir précisément chaque terme, éviter les formulations vagues et générales. Les imprécisions de forme servent toujours à cacher soit une pensée imprécise ou peu claire, soit une absence de réflexion, soit une assertion non vérifiée, soit un manque d’information, soit un jugement péremptoire – bref, tout ce qu’il faut éviter dans un mémoire comme dans une dissertation. Il importe donc d’être toujours attentif à la précision de vos affirmations. Vous devez supprimer toutes les commodités de langage qui ne servent le plus souvent qu’à masquer des banalités. Méfiez vous en particulier des –ismes : idéalisme, mentalisme, externalisme, internalisme, réalisme, spiritualisme, etc. Ayez toujours une définition fonctionnelle à l’esprit lorsque vous les employez, ou le cas échéant, faites références à qui vous vous référez en utilisant tel ou tel terme. A cette fin, la pratique de la citation et de la note (voir sur ce point les rubriques 2.3 et 2.4 infra respectivement) doivent vous venir systématiquement en aide.

Quelques exemples. Ne dites jamais, sans autre forme de procès :

[a] La philosophie de Malebranche est idéaliste [quel sens donnez-vous à idéaliste ? se demandera votre lecteur].

[b] La métaphysique de Jean Buridan est de type révisionniste [qu’est ce que c’est que cela ? se demandera votre lecteur].

[c] Les médiévistes croient que l’Université médiévale a été un foyer de liberté intellectuelle [lesquels ? se demandera votre lecteur]

[d] Dans les œuvres de Thomas d’Aquin, la Somme contre les Gentils et la Somme de théologie, on lit clairement la définition d’un Dieu comme acte pur [votre lecteur est alors en droit de douter que vous ayez jamais tenu ces ouvrages en main : vous ne faites que reprendre un lieu commun].

[e] On appelle généralement ceci la tradition de l’avicennisme augustinisant. [trop vague]

Mais dites :

[a’] Si l’on définit une théorie de la connaissance qui pose la nécessité d’intermédiaires mentaux pour accéder aux objets extérieurs, alors la doctrine malebranchiste des idées comme « objets de l’esprit » est idéaliste.

[b’] Dans le contexte médiéval, la métaphysique de Jean Buridan pourrait correspondre à ce que P. F. Strawson qualifie de « métaphysique révisionniste », par opposition à une

« métaphysique descriptive » : c’est-à-dire une métaphysique qui, au lieu de croire naïvement qu’elle décrit la structure réelle du monde, cherche plutôt à lui substituer une image construite exclusivement à partir de l’ordre de nos concepts mentaux, dont rien ne

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garantit pourtant qu’ils soient des expressions exactes des choses [et vous donnez en note une référence à Strawson, Individuals, Londres, 1959].

[c’] De nombreux médiévistes récents, à l’instar d’Alain de Libera et Luca Bianchi, se sont efforcés de montrer que l’Université médiévale n’a pas du tout été le foyer d’obscurantisme religieux, mais aussi un lieu de liberté intellectuelle [et vous donnez en notes les références exactes et complètes des ouvrages].

[d’] Thomas d’Aquin se prononce clairement en faveur d’une définition de Dieu comme acte pur lorsqu’il affirme, à la question 54, a. 1 de la Somme de théologie, que « … » [et vous donnez les références exacte au passage].

[e’] C’est ce qu’Etienne Gilson, dans un article célèbre de 1926, appelle « l’augustinisme avicennisant » [et vous citez en note la référence exacte].

2.23. Rappel de quelques règles stylistiques

 N’est pas Marcel Proust qui veut : évitez les phrases trop longues, sans pour autant verser dans la simple parataxe. On exprime plus aisément et plus clairement sa pensée en phrases courtes.

 Evitez les grandes envolées généralisatrices sur l’histoire de la philosophie, du type :

« De tout temps, la philosophie a rapproché vérité et être » (M. Heidegger, Sein und Zeit, § 44, trad. E. Martineau – un début digne d’un étudiant de 1ère année de licence).

 Evitez les jugements de valeur et les appréciations personnelles gratuites. Même si vous pensez que Thomas d’Aquin est le plus grand génie de l’histoire occidentale, ne le dites jamais. Si vous détestez la démocratie et la république, ne le criez pas haut et fort dans votre travail, mais montrez sobrement en quoi la pensée d’un partisan de la dictature est cohérente.

 Evitez l’usage abusif de la première personne (au singulier comme au pluriel) dans la présentation des arguments. Ne dites pas « Si

nous suivons Aristote, nous définissons les choses au moyen d’une différence, etc. », mais dites : « Selon Aristote, la définition passe par l’établissement d’une différence, etc. » Le

« je » ou le « nous » doivent être strictement réservés à la formulation d’avis qui vous sont personnels. Même dans ce dernier cas, vous pouvez préférer une tournure impersonnelle (« on ») à la première personne. De même, évitez de vous inclure comme les récepteurs privilégiés des grandes doctrines philosophiques (« Platon nous montre » ;

« Thomas d’Aquin nous a démontré que »…)

 Sachez distinguer la pensée d’un auteur du

« -isme » auquel elle a donné lieu : pensez à la différence entre thomiste et thomasien, marxiste et marxien. Les premiers relèvent de l’école (Gilson et Maritain sont « thomistes », Gramsci et Althusser sont « marxistes »), tandis que les seconds relèvent des concepts propres à l’auteur (le concept marxien de fétichisme de la marchandise).

 Sachez calibrer les adjectifs : évitez l’accumulation de superlatifs.

(13)

 Evitez les barbarismes : pas de néologismes non justifiés par le contexte (vous n’êtes pas traducteur de Martin Heidegger aux Editions Gallimard) ; pas de recours systématique au jargon franglais et autres américanismes à la mode (parlez de

« théorie de la connaissance », pas de « théorie de la cognition »).

 Evitez la multiplication de mots-valises ou de –ismes : ne faites pas de phrases du type : « La métaphysique de Bergson est un transcendantalisme épistémologique qui cherche à donner une image onto-théorique du monde ».

 Evitez les « Pères » et les « Saints » : vous traitez d’auteurs d’un point de vue philosophique. Parlez donc d’Augustin, de Thomas d’Aquin (et non de Saint Thomas d’Aquin, etc.), de Sertillanges (et non du « Père Sertillanges »).

 Chassez les pléonasmes qui résultent généralement d’un usage mal compris des mots (Bannissez des phrases du type : « Ces résultats ne se vérifient pas empiriquement dans les faits » ; « Dans son retour vers le premier principe, l’âme s’élève vers le haut en montant », etc.)

 Vous faites un travail d’histoire de la philosophie, donc vous parlez de morts. Vous devez donc veiller à la concordance des temps, et surtout à choisir une solution homogène et vous y tenir : soit vous formulez tout au passé (le passé simple avait traditionnellement cette fonction, mais son usage tend malheureusement à disparaître), soit vous adoptez le présent de narration (solution aujourd’hui la plus courante). Mais ne mélangez pas présent et passé. Et évitez le futur, « véritable chiendent des dissertations d’histoire » (P. Jaly ; J. P. Scot). Le temps de l’histoire n’est a priori pas le futur.

2.3. L’art de la citation

Les citations dans mon travail sont comme des brigands sur la route, qui surgissent tout armés, et dépouillent le flâneur de sa conviction.

W. Benjamin, Sens unique, Paris, Maurice Nadeau, 1978, p. 215.

Citer, c’est prélever, d’un coup de dents sûr et intelligent, dans la pièce de viande compacte de la parole, la bouchée noétique qui est ici et maintenant (…) la plus appropriée et la plus savoureuse.

J.-L. Chrétien, Symbolique du corps, Paris, PUF, 2005, p. 81.

La citation joue un rôle central dans la pratique scientifique, elle est au cœur de la pratique de l’administration de la preuve. Une citation est une reprise, dans le corps de votre travail ou en note, des paroles d’autrui : qu’il s’agisse du texte-source que vous analysez, ou bien d’un passage de la littérature secondaire. Selon les règles de la typographie française, toute citation doit être impérativement mise entre guillemets (« … »), sauf si elle est placée en retrait du texte principal, auquel cas les guillemets sont superflus.

L’art de la citation varie en fonction des cas, en particulier selon qu’il s’agit d’une source primaire (le texte que vous analysez) ou d’une source secondaire (un commentateur).

2.31. Citer : quand et quoi ?

Rappelez-vous toujours que citer n’est ni expliquer, ni analyser. Beaucoup de travaux se contentent de faire des collages de citations d’un auteur, ce qui n’est pas satisfaisant. Dans l’ensemble, la citation peut servir :

 à présenter un texte (source primaire) qui sera ensuite analysé. Dans ce cas, la citation peut être longue.

 à rappeler un argument, que ce soit de l’auteur ou de l’historiographie. Dans ce cas, la citation doit être courte.

(14)

 à simplement définir un terme : par exemple, si vous faites un travail sur les substances spirituelles chez Thomas d’Aquin et qu’à un moment vous évoquez le cas de l’ange, vous pouvez citer la définition que donne Thomas de l’ange (dans votre introduction). De même, si vous utilisez un terme technique, comme par exemple

« métaphysique descriptive » par opposition à « métaphysique révisionniste », vous pouvez citer l’auteur qui en est à l’origine (ici P. F. Strawson).

Trois formes de citation inutiles et problématiques (inspiré par Zach Foster)

1. La citation défensive : lorsque vous citez ceux dont vous attendez un jugement favorable – par exemple, votre examinateur (en citant longuement ses œuvres, ses jugements, et en faisant des odes à son génie) ; cela est très fréquent dans les revues scientifiques, lorsque l’auteur(e) espère ainsi un jugement favorable d’un hypothétique évaluateur

2. La citation agnostique : lorsque vous citez ce que vous n’avez pas lu. Cela est très dangereux, cela correspond à la citation dite de « seconde main » (cf. infra). Elle peut vous jouer des tours, si vous reprenez une citation qui elle-même peut s’avérer fautive, voir même intentionnellement fautive.

3. La citation négative : c’est la citation hargneuse, dans laquelle vous ne citez quelque chose que pour dire que cela est mauvais, qu’il s’agit d’une mauvaise recherche ou de mauvaise littérature. Mieux vaut simplement ignorer la mauvaise littérature, ou alors utiliser une formule la plus neutre possible.

2.32. En quelle langue citer ?

En principe, toute citation doit être en français, pour faciliter la lecture continue du texte et aussi prouver que vous comprenez ce que vous citez. Si vous citez un texte-source dont l’original est une langue autre que le français, vous devez dans la mesure du possible faire figurer le texte original correspondant en note, et indiquer toujours soigneusement qui est le traducteur1. Si vous ne mentionnez aucun traducteur, on partira du principe que c’est vous qui avez traduit, et que s’il y a une erreur ou imprécision, que c’est vous qui en êtes responsable.

Dans le cas de la littérature secondaire en langue étrangère (allemand, anglais…), si vous citez seulement en note, il vaut mieux laisser le texte en langue originale. Si vous citez dans le corps du texte, vous devez traduire en français.

2.33. Citations de sources primaires

Parfois, vous pouvez être amené(e) à citer longuement un passage de l’auteur que vous étudiez : dans ce cas, après la citation, il ne faut jamais passer sans autre forme de procès à autre chose. Une citation est toujours le début d’une analyse, et elle ne parle jamais pour elle-même : aussi vous faut-il reprendre les différents éléments du texte cité, expliquer sa structure, définir les termes, etc. Toute citation longue doit être mise en retrait (voir point 3.1 infra sur la typographie).

2.34. Citations de sources secondaires

La majeure partie de la littérature secondaire ne possède pas le moindre mérite intellectuel – elle est de fait produite pour des raisons qui n’ont pas grand-chose à voir avec l’intellect… Aucune poubelle ne sera jamais assez grande pour la contenir (Much of secondary literature is without intellectual merit – indeed it is produced for reasons that have little to do with the intellect… No waste paper basket can keep up with the stuff).

J. Barnes, The Cambridge Companion to Aristotle, Cambridge UP, 1996, p. XII.

1 Certains collègues préfèrent que l’on cite en langue originale dans le texte, puis avec la traduction en note. Personnellement, pour plus de fluidité de lecture, je recommande plutôt la traduction dans le corps du texte, puis le texte original en note. Renseignez-vous auprès de

(15)

Le XXe siècle a inventé l’explosion de la bombe atomique, il a aussi inventé l’explosion de la littérature secondaire : chaque année, des milliers d’articles répétitifs et de livres introductifs tout aussi répétitifs sont publiés sur des sujets parfaitements éculés. La diatribe de Jonathan Barnes ci-dessus a le mérite de nous rappeler que nous sommes ici pour lire des philosophes, et non des commentateurs à la petite semaine. Comme signalé plus haut, un travail universitaire porte sur des sources primaires, et non secondaires. Il ne faut donc jamais abuser de citations en matière de sources secondaires. A l’Université de Cambridge, on apprenait traditionnellement aux étudiants à ne jamais citer plus que deux ou trois mots, voire parfois une phrase, quand il s’agit de littérature secondaire. Dans l’ensemble, cette règle est pertinente : lorsque vous vous appuyez sur un travail historique, l’important est de résumer par vos propres mots la question ou le problème traités, et de ne citer la littérature secondaire que lorsque celle-ci apporte soit un qualificatif particulièrement frappant ou significatif, ou qu’il s’agit d’une phrase à thèse. Par exemple ne dites pas :

[a] L’intérêt des philosophes pour la substance est le fait qu’elle semble offrir un support toujours stable à la pensée : « les ontologies substantialistes témoignent d’un stade précoce de développement culturel, et on peut penser qu’Aristote a un âge mental de quatre ans » [avec une référence à L. Brunschwig, Les âges de l’intelligence, Paris, 1934].

[b] La fin du XIIIe siècle connaît de grands changements : « Après 1277, l’allure de la pensée médiévale toute entière se trouve changée. Après une courte lune de miel, théologie et philosophie croient s’apercevoir que leur mariage avait été une erreur. » [avec une note à E. Gilson, La philosophie au Moyen Age, Paris, Payot, 1944, 605].

La citation est trop longue : l’idée-clé à retenir étant celle de la « fin de la lune de miel », il vaut mieux mettre en exergue par vous-même, et ne pas espérer du lecteur qu’il le fasse lui-même. Une bonne citation serait :

[a’] Les ontologies de la substance ont fait l’objet de nombreuses critiques au XXe siècle, qui les ont reléguées au rang d’un stade précoce du développement de l’humanité : Léon Brunschwig est même allé jusqu’à affirmer qu’Aristote avait un « âge mental de quatre ans » [et vous renvoyez en note] en croyant si fermement à un monde dans lequel une substance resterait stable par opposition aux accidents qui ne cessent de changer.

[b’] Les condamnations de 1277 ont considérablement modifié le rapport qu’entretenaient la philosophie d’Aristote et la théologie chrétienne. Comme l’a admirablement exprimé Etienne Gilson, on assiste alors à la fin de la « lune de miel » entre la théologie et la philosophie [et puis vous citez en note l’ouvrage en question].

Avec de telles citations courtes, rappelant aussi le nom de l’auteur, vous insistez sur la contribution propre de ce dernier dans l’historiographie et vous faites mieux ressortir l’argument – et le « bon mot ».

De même, ne citez jamais de la littérature secondaire pour définir un concept central du texte que vous analysez : vous n’avez pas besoin de citer Pierre Aubenque, aussi respectable soit-il, pour expliquer le concept d’¢rc» chez Aristote, mais vous devez citer Aristote lui-même. Ne dites donc pas :

[a] Comme le dit Pierre Aubenque, ¢rc» veut dire à la fois « commencement et commandement » chez Aristote [et en note : P. AUBENQUE, Le problème de l’être chez Aristote, Paris, PUF, 1962, p. 193].

[b] Comme l’explique Jonathan Barnes, l’âme selon Aristote est « la première perfection d’un corps naturel organisé » [et référence à tel ouvrage de Barnes]

Mais dites :

[a’] Dans le passage de la Métaphysique qui traite ex professo de l’¢rc», nous apprenons que ce terme possède deux significations principales, à savoir celles de « commencement et commandement » [et en note : ARISTOTE, Met. Δ 1, 1013a10-20).

(16)

[b’] Dans son traité de l’âme, Aristote commence par définir l’âme comme « la perfection première d’un corps naturel pourvu d’organes » [et en référence le texte d’Aristote, De anima II 1, 412b5, avec éventuellement un examen des variantes de traduction].

Ne citez jamais des platitudes philosophiques en les attribuant à un auteur particulier.

Par exemple, ne dites pas :

Qu’est-ce qu’un bon meneur de jeu ? Celui qui fait jouer les autres. Celui qui donne du talent à ses partenaires – qui actualise leur puissance, aurait dit Spinoza, grand supporteur de l’Ajax (François Bégaudeau, Le Monde, 27 juin 2014)

En effet, dire qu’une puissance est actualisée n’a strictement rien de spinoziste, n’en déplaise au grand philosophe Bégaudeau : toute ontologie classique, d’inspiration aristotélicienne ou néoplatonicienne, utilisant le coupe puissance / acte, adopte cette définition. Si l’auteur avait voulu citer Spinoza, il aurait mieux fait d’utiliser un terme propre au lexique de ce dernier.

D’une manière générale : prenez confiance en vous et n’ayez pas une révérence excessive envers l’historiographie et la littérature secondaire. Sachez trouver vos propres mots, sauf quand une tournure ou une expression vous paraît particulièrement bien trouvée. En revanche, si vous résumez ou paraphrasez, n’oubliez pas d’indiquer en note le texte sur lequel vous vous appuyez.

2.35. Le danger de la citation de seconde main

« Il est de la dignité d’un maître de ne citer ordinairement aucun auteur qu’il n’ait lu lui- même », enseignait la Ratio studiorum des Jésuites (1599 ; éd. A. Demoustier e.a., Belin, 1997, p. 105). Prenez soin de toujours avoir lu au moins les pages que vous citez en référence afin de vous prémunir des nombreux dangers de la « citation de seconde main » : on a parfois des surprises, car il est courant que la pensée des auteurs ait été déformée par la transmission orale ou par une historiographie pas toujours très rigoureuse : pensez à tous les aphorismes que l’on prête à Confucius, mais dont on ne retrouve nulle trace dans les Analectes ! Il en va de même pour les auteurs médiévaux ou modernes : on attribue souvent à Thomas d’Aquin une série d’expressions qu’il n’a jamais utilisées, mais qui viennent en fait de la néo-scolastique du XIXe siècle ; de Kant, on cite souvent des axiomes qui n’ont jamais été écrits tels quels par lui.

Sachez qu’il existe aussi des auteurs, des ouvrages ou des articles-fantômes : ils ont généralement été inventés de toutes pièces par des universitaires souhaitant piéger leurs collègues ou collaborateurs – ce qui a déjà discrédité l’une ou l’autre carrière ! Pour vous prémunir contre une telle mauvaise surprise, ne citez que des ouvrages ou articles que vous avez tenus entre vos mains.

Certains de ces textes fictifs existent même vraiment, et nul n’est à l’abri du ridicule : l’essayiste français Bernard-Henri Lévy en a fait les frais dans son livre De la guerre en philosophie (Grasset, 2010), où il cite abondamment un certain Jean-Baptiste Botul (1896- 1947), auteur de La vie sexuelle d’Emmanuel Kant, une géniale fiction littéraire qui est le fruit de l’imagination du très talentueux Frédéric Pagès !

(17)

2.36. Ce qu’il ne faut jamais citer

Il y a de nombreux documents qu’il ne faut jamais citer : documents sans indication d’auteur trouvées sur internet, documents non publics (diffusés en samizdat et dont vous êtes les seuls possesseurs…), encyclopédies ou dictionnaires généraux (Le Robert ; Larousse ; ne citez jamais l’encyclopédie Encarta de Microsoft, ni l’encyclopédie Wikipedia en ligne qui ne possède aucune indication d’origine vérifiable – voir infra). Vous pouvez citer des dictionnaires ou des encyclopédies, mais il doit s’agir de dictionnaires spécialisés (exemple : Routledge Encyclopedia of Philosophy ; Dictionnaire de spiritualité ; Dictionnaire de théologie catholique ; Dictionnaire du Moyen Age, Encyclopédie Universalis, etc.), et dans ce cas, en indiquant le nom de l’auteur de la notice.

2.37. Quand commence le plagiat ?

Comme tout travail universitaire, vos mini-mémoires et mémoires doivent payer un respect absolu aux règles de la propriété intellectuelle : reprendre à votre compte le texte d’un auteur quelconque sans indication de source et sans mise en guillemets (citation) sera considérée comme du plagiat, et entraînera le refus pur et simple du mini-mémoire, ainsi qu’une convocation devant un conseil de discipline, qui peut aller jusqu’à prononcer votre exclusion définitive de l’Université.

Parfois, vous pouvez être tenté(e) de paraphraser, commenter ou de résumer les paroles d’un auteur. La mise entre guillemets n’est alors pas nécessaire, mais un appel de note s’impose au début où à la fin, indiquant la source.

Le plagiat : prélude à une grande carrière politique ?

Martin Luther King, 1955 : docteur en théologie systématique (Boston University) avec une thèse composée à peu près d’un tiers de plagiat intégral du travail d’un étudiant, comme une commission d’enquête l’a finalement mis à jour en 1991.

Karl-Georg zu Guttenberg, 2007, ministre allemand (social-chrétien, CSU) des affaires étrangères : plagiaire invétéré dans sa thèse de droit de 2007 (Université de Bayreuth), summa cum laude.

Contraint à la démission en 2011.

Un gouvernement plagiaire : le récent gouvernement socialiste espagnol (2018), non-élu suite à une motion de censure, a vu des accusations lourdes de plagiat à l’encontre de la ministre de la santé, Carmen Montón (master en gender studies à l’Universidad Rey Juan Carlos, Madrid, 2011, largement plagié), qui a eu l’honnêteté de démissioner, mais aussi Cristina Cifuentes, Pablo Casado et le premier ministre Pedro Sánchez lui-même (thèse médiocre de l’Universidad Camilo José Cela, Madrid, 2012) – affaire à suivre.

(18)

2.38. Vos intuitions, rêves et révélations privées ne constituent pas une source primaire

Extrait du philosophe russe, émigré en France, Nikolaï Berdiaev (1874-1948), Dialectique existentielle du divin et de l’humain (Paris, J.B. Janin, 1947), p. 19, exemple d’une « source primaire » qui n’est pas vraiment acceptable dans un travail universitaire :

2.4. L’art des notes

Until the 1970s all British philosophy papers were 12 pages long, contained no references, and were written whilst someone was cooking the author’s dinner and washing his pants.

Natalia Alana Ashton, Twitter, 2018

2.41.N’est pas Wittgenstein qui veut

Lorsqu’en 1918, Ludwig Wittgenstein présenta son Tractatus logico-philosophicus à l’Université de Cambridge à titre de mémoire en philosophie, il fut rejeté avec l’argument : « There are no footnotes » (« Il n’y a pas de notes en bas de page »).

Aussi, si vous présentez un travail sans la moindre note et sans la moindre citation, soyez alors sûr(e) d’être au moins de la même trempe philosophique que Ludwig Wittgenstein. Si vous en doutez, vous devrez vous plier à la discipline pointilleuse des notes.

Les notes en bas de page ont une longue histoire, comme l’a révélé l’historien américain Anthony Grafton dans un ouvrage remarquable (Les origines tragiques de l’érudition : une histoire de la note en bas de page, trad. fr., Paris, Seuil, 1998). Dans un travail de master, la fonction des notes est multiple. Une note en bas de page peut servir à :

 indiquer la source précise d’une citation.

 compléter une citation courte en donnant le texte complet d’un passage, ou alors le texte latin d’un passage cité en traduction dans le corps de texte.

 compléter un dossier de références textuelles : dans ce cas-là, la note dira « Sur cette question, voir aussi les passages suivants : etc. »

(19)

 renvoyer à la littérature secondaire. La note commencera alors souvent par un

« Cf. » (« conferatur », « on renvoie à » en latin) ou alors par une formule du type :

« Sur ce problème particulier, voir… etc. .

Dans tous ces cas de figure, la note doit vous permettre à vous-même de retrouver la source ou l’origine d’un argument, et elle doit permettre à vos examinateurs et lecteurs de vérifier vos affirmations. N’oubliez pas également que ce que vous écrivez devrait intéresser vos lecteurs-examinateurs, qui voudront parfois aller vérifier vos dires ou lire le texte que vous aurez déniché. On peut soupçonner qu’un nombre non négligeable de mémoires de l’Université de Bologne se sont ainsi retrouvés dans les romans d’Umberto Eco ! Il est par conséquent impératif de rédiger des notes en bas de page avec des références complètes (conformément à la charte typographique établie au point 2.42 infra). Toute note incomplète laisse sous-entendre que vous n’avez en réalité jamais consulté l’ouvrage ou le texte en question, et qu’il s’agit d’une référence de seconde main (voir point 2.35 supra).

A chaque fois que vous faites référence à un texte ou à un auteur, quand vous le citez ou simplement quand vous prenez appui sur le travail de quelqu’un tout en le reformulant par vos propres mots, vous devez indiquer avec la plus grande précision l’endroit exact où figure le texte ou l’opinion rapportée. Si vous citez explicitement (entre guillemets), vous devez renvoyer aux pages exactes de l’édition citée. Si vous vous appuyez sur un travail en général, le titre suffit, suivi de l’expression passim (« un peu partout », « de toutes parts » en latin). Si vous vous appuyez sur la partie d’un ouvrage (cas fréquent : un chapitre), vous devez aussi indiquer la pagination correspondante, ou au moins le numéro du chapitre.

Les historiens rédigent des notes en bas de page, selon Jacques Revel

De l’exigence érudite et critique à laquelle les pratiques historiennes sont tenues de se conformer, les textes que produisent les historiens portent des marques visibles, parfois ostentatoires. Ils citent longuement – et dans certains cas exhaustivement – leurs sources et leurs références ; ils signalent les points qui font l’objet d’incertitudes ou de débats ; ils se protègent derrière des bibliographies et des annexes pléthoriques ; bref, ils ne répugnent pas à laisser paraître les traces du travail de recherche, de collation et d’élaboration qui a préparé leur exposé et informé leurs conclusions. Ces conventions, qui sont de règles dans le métier, paraissent souvent ésotériques et parfois inutiles aux spécialistes des autres sciences sociales.

L’apparat critique et, plus généralement la note en bas de bas de page, tiennent ici un rôle central : on y trouve à la fois les données empiriques sur lesquelles repose une histoire et le protocole de traitement dont elles ont fait l’objet aux fins d’argumentation (Grafton, 1993). De fait, la fonction de la note est multiple. Elle est, en premier lieu, destinée à garantir la conformité d’un travail aux règles communément admises et elle n’est pas séparable de l’autoprésentation de la profession. Elle peut, en second lieu, être destinée à produire des effets de réel, de ce réel bien particulier qu’ambitionne de produire un discours de connaissance sur le passé (elle peut donc à ce titre relever de stratégies d’imposition, voire d’intimidation, alors même qu’à l’origine elle traduit la volonté explicite de substituer une autorité savante, articulée, à l’autorité de la tradition ou des pouvoirs). Mais le plus important tient peut-être à ceci : les notes infrapaginales sont destinées à rendre vérifiables et répétables les opérations de production et de transformation qu’un historien a effectué sur le matériel documentaire qu’il s’est constitué.

Cette possibilité peut bien demeurer, le plus souvent, virtuelle (elle est d’ailleurs mise en œuvre de façon très différenciée selon les secteurs de la recherche, selon la densité et la technicité des sources, selon les destinataires du texte). Elle reste fondamentale parce qu’elle incarne le rapport fondateur de distance cognitive que l’historien revendique par rapport aux témoignages du passé.

Extrait de : J. Revel, « Les sciences historiques », in Epistémologie des sciences sociales, éd. J.-M. Berthelot, Paris, PUF, 2001, p. 45.

(20)

2.31.Règles de présentation et d’enchaînement des notes en bas de page

2.31.1. Pour la littérature secondaire

A la première occurrence d’une œuvre ou d’un article quelconque dans vos notes, vous devez donner la référence complète (conformément au modèle détaillé dans la charte bibliographique au point 4.2 infra), avec, le cas échéant, la pagination exacte de la citation.

Pour les occurrences suivantes, les abréviations suivantes doivent être adoptées :

titre court (éventuellement abrégé par trois petits points si le titre est une phrase trop longue) suivi de op. cit. (abréviation de opere citato, « œuvre citée » en latin) dans le cas d’un ouvrage ; art. cit. ou loc. cit. (abréviation de loco citato, « à l’endroit cité » en latin) dans le cas d’un article ; évitez le simple op. cit. précédé seulement du nom d’auteur, dans la mesure où vous pouvez être amené(e) à citer plusieurs ouvrages du même auteur (si dans votre travail vous citez deux ouvrages d’Etienne Gilson, vous direz ainsi : GILSON, La philosophie au Moyen Age, op. cit., 19 ; GILSON, L’Esprit de la philosophie médiévale, op. cit., p. 20-21 ; pour éviter la référence confuse GILSON, op.

cit.)

Ibid. si et seulement si la note précédente renvoie au même ouvrage ou article que celui que vous citez.

Exemple d’enchaînement :

Note 1. E. GILSON, Jean Duns Scot. Introduction à ses positions fondamentales, Paris, Vrin, 1952 (Etudes de philosophie médiévale, 42), p. 19.

Note 2. GILSON, Jean Duns Scot, op. cit., p. 54-55.

Note 3. Ibid., p. 56.

Note 4. Ibid., p. 59.

Note 6. O. BOULNOIS, Etre et représentation. Une généalogie de la métaphysique moderne à l’époque de Duns Scot (XIIIe-XIVe siècles), Paris, PUF, 1999 (Epiméthée), p. 412-413.

Note 7. GILSON, Jean Duns Scot, op. cit., p. 39.

Note 8. BOULNOIS, Etre et représentation, op. cit., p. 413.

Note 9. E. GILSON, « Pourquoi saint Thomas a critiqué saint Augustin », AHDLMA 1 (1926), p. 49.

Note 10. BOULNOIS, Etre et représentation, op. cit., p. 414.

Note 11. GILSON, « Pourquoi saint Thomas a critiqué saint Augustin », art. cit., p. 52-53.

… et ainsi de suite

2.31.2. Pour les textes antiques et médiévaux (sources primaires)

La présentation des notes renvoyant à des sources primaires peut obéir aux mêmes règles que celles détaillées au point précédent, mais elles rendront le repérage vite très difficile : par exemple, des références du type

Note 1. ARISTOTE, Physique, Paris, Vrin, 1999, p. 220.

Note2.THOMAS D’AQUIN, Somme théologique, Paris – Tournai, Editions de la Revue des Jeunes, 1933, p. 180.

Note 3. KANT, Critique de la raison pure, Paris, GF, 2002, p. 250.

Références

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