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Evaluation finale du projet «Appui à la mise en place d un Système d Information durable sur la sécurité alimentaire et d alerte précoce»

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Academic year: 2022

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Texte intégral

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Evaluation finale du

projet «Appui à la mise

en place d’un Système

d’Information durable

sur la sécurité

alimentaire et

d’alerte précoce»

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Série évaluation de projet

Évaluation finale du projet

«Appui à la mise en place d’un Système d’Information durable sur la sécurité

alimentaire et d’alerte précoce»

Symbole du projet: GCP/CHD/038/EC

ORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR L’ALIMENTATION ET L’AGRICULTURE Rome, 2018

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d’alerte précoce». Série évaluation de projet. Rome.

Les appellations employées dans ce produit d’information et la présentation des données qui y figurent n’impliquent aucune prise de position de la part de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) quant au statut juridique ou au stade de développement des pays, territoires, villes ou zones ou de leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites. Les lignes en pointillés sur les cartes représentent des lignes de frontière approximatives pour lesquelles il n'y a pas encore d'accord complet. La mention de sociétés déterminées ou de produits de fabricants, qu’ils soient ou non brevetés, ne signifie aucunement l’approbation ou la recommandation de la part de la FAO desdits produits de préférence à d’autres de nature analogue qui ne sont pas cités.

Les opinions exprimées dans ce produit d’information sont celles du/des auteur(s) et ne reflètent pas nécessairement les vues ou les politiques de la FAO.

© FAO, 2018

Certains droits réservés. Cet ouvrage est disponible sous la licence Creative Commons Attribution-NonCommercial-ShareAlike 3.0 IGO licence (CC BY-NC-SA 3.0 IGO; https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/3.0/igo/legalcode/legalcode).

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Table des matières

Remerciements ... .v

Sigles, abréviations et acronymes... vi

Résumé ...vii

1. Introduction ... 1

1.1 Portée et finalité de l’évaluation ... 1

1.2 Utilisateurs visés ... 1

1.3 Objectifs et questions de l’évaluation ... 2

1.4 Méthodologie ... 2

2. Généralités et contexte du projet ... 5

2.1 Description du contexte ... 5

2.2 Description du projet ... 6

2.3 Positionnement du SISAAP dans le Dispositif National de Prévention et de Gestion des Crises 8 2.4 Théorie du changement ... 9

2.5 La situation du projet à mi-parcours ... 10

3. Constatations principales ... 13

3.1. Dans quelle mesure le projet est-il pertinent et approprié pour répondre aux besoins du Tchad et pour atteindre les résultats prévus? ... 13

3.2 Dans quelle mesure le projet a-t-il atteint les objectifs prévus? ... 19

3.3 Dans quelle mesure les modalités de mise en œuvre du projet ont-elles influencé l’atteinte de résultats? ... 27

3.4 Quelle différence / impact réel le projet a-t-il apporté aux bénéficiaires, en particulier le Ministère de l'agriculture et de l’irrigation, dans le domaine de l’information sur la sécurité alimentaire? ... 30

3.5 Dans quelle mesure les considérations d’intégration du genre, et d’équité plus en général, ont-elles été prises en compte dans la conception, mise en œuvre et gestion du projet?... 31

3.6 Quelles sont les perspectives de durabilité des acquis du SISAAP après l’achèvement du projet?... 32

4. Conclusions et recommandations ... 37

4.1 Conclusions ... 37

4.2 Recommandations... 39

Appendice 1. Matrice de l’Évaluation ... 41

Appendice 2. Liste des personnes rencontrées ... 47

Appendice 3. Bibliographie ... 50

Appendice 4. Programme de la mission d’évaluation ... 51

Appendice 5. Recommandations de l’évaluation à mi-parcours et degré de prise en compte ... 54

Appendice 6. Programmes d’alerte précoce et de sécurité alimentaire au Tchad de 1970 à 2010... 56

Appendice 7. Organisation du Dispositif national de Prévention et de gestion des crises alimentaires et nutritionnelles (DNPGC) rattaché à la Primature par l’arrêté N°2272 du 11 Mai 2017 ... 58

Appendice 8. Flux d'information sur la sécurité alimentaire avant le projet d’appui au SISAAP ... 60

Appendice 9. Normes minimales de la Politique de la FAO sur l'égalité des sexes ... 61

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Encadrés

Encadre 1: Bulletins produits par le SISAAP ... 24 Encadre 2: Fonctionnement du Groupe de Travail Pluridisciplinaire (GTP) ... 26

Figures

Figure 1: Positionnement du SISAAP dans le DNPGC de mars 2014 en avril 2017 ... 9 Figure 2: Théorie de changement du projet d’appui au SISAAP ... 10

Tableaux

Tableau 1: Acteurs rencontrés ... 3 Tableau 2: Programmes d’alerte précoce et de sécurité alimentaire au Tchad de 1970 à 2010 ... 5

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v

Remerciements

L’équipe d’évaluation remercie vivement toutes les parties prenantes rencontrées au cours de sa mission au Tchad. Elle a grandement apprécié la disponibilité des autorités gouvernementales, institutions et organisations rencontrées ainsi que leur collaboration. L’Équipe d’Évaluation exprime ainsi sa profonde gratitude pour la bonne organisation et la franche collaboration de la part de la Coordination du Projet, au Tchad et à Rome. L’Équipe est donc très reconnaissante à tout le staff de la FAO à Rome et au Tchad et particulièrement au Représentant Pays pour sa diligence, à la Coordination du projet pour tous les services logistiques et administratifs rendus et aux chauffeurs Gassi et Bechir du bureau pays FAO-Tchad, qui ont assuré la mobilité pour rencontrer les parties prenantes du projet à Ndjamena et dans les régions du Guéra, Hadjer-Lamis et Mayo-Kebbi Est.

Ainsi, l’équipe remercie particulièrement les acteurs des institutions rencontrées et tous les partenaires et les membres des CRA et CDA, les Points Focaux du SISAAP au niveau des CRA, les observateurs au niveau des CDA. Merci beaucoup à toutes les personnes qui ont accepté de s’entretenir avec l’équipe et toutes celles qui ont participé aux réunions de restitution au SISAAP et au Bureau de la FAO au Tchad.

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ARC African Risk Capacity

CASAGC Comité d’Action pour la Sécurité Alimentaire et la Gestion des Crises CDA Comité Départemental d’Action

CEDEAO Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest

CH Cadre Harmonisé

CILSS Comité inter Etats de Lutte contre la Sécheresse au Sahel CLA Comité Local d’Action

CPP Cadre de Programmation par Pays CRA Comité régional d’Action

CTP Conseiller Technique Principal

DESPA Direction des Etudes, des Statistiques, de la Programmation et des Archives DIAPER Diagnostic Permanent

DNPGC Dispositif National de Prévention et de Gestion des Crises Alimentaires et Nutritionnelles

ENSA Enquête Nationale sur la Sécurité Alimentaire

FAO Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture FED Fonds Européen de Développement

FEWS NET Famine Early Warning Systems Network GTP Groupe de Travail pluridisciplinaire HEA Household Economy Approach PAM Programme Alimentaire Mondial

PNUD Programme des Nations Unies pour le Développement

SISAAP Système d’Information sur la Sécurité Alimentaire et d’Alerte Précoce SIM Système d’Information sur le Marché

SPI Service Pourvoyeur d’Information PTF Partenaires techniques et Financiers

PTSA Programme Technique pour la Sécurité Alimentaire UNICEF Fonds des Nations unies pour l'enfance

VAM Vulnerability Assessment and Mapping

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vii

Résumé

1. Le projet GCP/CHD/038/EC a été financé par l’Union Européenne pour un montant de 4 500 000 Euros et une durée initiale de 48 mois étendue ensuite à 63 mois. Le projet a été exécuté par la FAO et mis en œuvre par le Ministère en charge de l’Agriculture au Tchad, avec pour objectif global de réduire l’insécurité alimentaire et nutritionnelle des ménages du Tchad.

2. La présente évaluation indépendante finale réalisée par le Bureau d’évaluation de la FAO (OED) vise à rendre compte à l’ensemble des parties prenantes du projet et principalement au Gouvernement du Tchad, à l’Union Européenne et à la FAO, des résultats atteints et des leçons apprises. L’évaluation porte sur l’ensemble des activités et la période d’exécution du projet qui s'étend d’avril 2013 à juin 2018. L’évaluation a adopté une approche consultative et participative. La phase d’enquête s’est déroulée en Décembre 2017 à Ndjamena et dans trois régions du Tchad.

Principaux résultats

3. Malgré quelques insuffisances constatées dans sa conception, le projet est en général très pertinent. Le projet répond bien aux priorités du Gouvernement du Tchad et à l’enjeu commun des pays du CILSS en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle. Le projet est bien aligné sur le cadre d’intervention de la FAO, notamment son Objectif Stratégique n°1 au niveau mondial et son Cadre de Programmation Pays (CPP) pour le Tchad. La stratégie d’exécution et de mise en œuvre du projet est réaliste et intègre relativement bien la dimension multisectorielle et pluri-acteurs de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Quoique les activités prévues soient pertinentes, l'absence d’une analyse détaillée des besoins en renforcement des capacités dans le projet n’a pas favorisé un meilleur ciblage des actions. De même, l’absence de garantie quant à la mobilisation du financement de l’Etat et plus généralement l’absence d’une stratégie de financement durable du SISAAP au démarrage du projet ont négativement influencé l’affectation des ressources aux activités et l’intensité des appuis. Par exemple, dès sa conception, le projet n’a pas prévu d’appuyer les comités locaux d’action et a décidé suite à l’évaluation à mi- parcours de se concentrer sur un nombre limité de Comité régionaux d’action (CRA) et Comité Départementaux d’Action (CDA) bénéficiaires compte tenu de ses ressources.

4. Au-delà de l’objectif global du projet de réduire l’insécurité alimentaire et nutritionnelle des ménages du Tchad, les objectifs spécifiques du projet, notamment celui dei) disposer d’informations fiables, disponibles en temps réel et de manière pérenne, permettant une bonne gouvernance de la sécurité alimentaire et nutritionnelle ; et celui de ii) réduire l’effet négatif des chocs agro-climatiques et socio-économiques sur les ménages grâce à une alerte et des réponses opportunes et appropriées, ont été globalement atteints, même si le suivi des plans de réponse mis en place à la suite de l’analyse de la situation de la sécurité alimentaire a été timide. Le nouveau SAP du pays connu sous le vocable SISAAP a été mis en place légalement et fonctionne mieux que ses prédécesseurs. Les informations produites par le SISAAP sont considérées comme fiables (Analyse Cadre harmonisé, Enquêtes économiques des ménages, etc.), acceptées par les principaux acteurs et couramment utilisées pour élaborer les plans de réponse humanitaire. Cependant, le dispositif SISAAP connaît quelques goulots d’étranglement, et mérite d’être davantage accompagné pour consolider les acquis et progresser vers la durabilité. La suspension du décaissement des fonds du SISAAP inscrits dans le budget de l’Etat a limité l’appui et la dynamisation amorcée des CRA et CDA et des SPI, et l’accès des points focaux et des

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mensuels du SISAAP présentent surtout l’historique de la situation alimentaire et nutritionnelle au Tchad plutôt que la prévision et l’alerte précoce qui sont attendus par les acteurs et la population. Les informations consolidées du SISAAP pourraient être mieux diffusées et valorisées au niveau local (région, département, sous-préfecture) pour informer sur la situation et y encourager les initiatives et actions de réponse humanitaire ou de développement local.

5. La mise en œuvre du projet a bénéficié d’une collaboration entre la FAO, l’unité de coordination du projet et les principaux acteurs de la SAN au Tchad qui s'est considérablement améliorée et consolidée durant le projet. La mobilisation par l'Etat des ressources humaines et matérielles minimums nécessaires et le renforcement des capacités générales de l’équipe du SISAAP en matière de gestion et conduite des études techniques sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle a été utile pour le projet. Ces actions ont permis de pallier au moins pendant la durée du projet à une disponibilité limitée de capacités et compétences techniques que connaît le Tchad. La sensibilisation préalable des autorités administratives (notamment des gouverneurs de région au cours de l'atelier du Guéra) et des responsables des SPI étatiques au niveau des régions a eu comme effet positif une meilleure dynamisation des CRA et des autorités locales (préfectures, sous-préfectures) autour du SISAAP. Des actions similaires étaient également nécessaires au niveau des régions et des départements, mais n’ont pas été réalisées. Par exemple, la méconnaissance du SISAAP et du projet par certains sous-préfets a limité leur implication dans la dynamisation des CLA et des informateurs locaux. Le projet disposait d’un système de reportage et suivi-évaluation des activités mais ne l’a pas déployé au niveau local pour suivre et évaluer les plans de réponse, ce qui constitue une faiblesse.

6. Plusieurs facteurs ont limité la performance du projet, notamment la rotation très rapide des experts techniques chargés de l’assistance technique du projet et la restriction budgétaire de l’Etat qui a limité l’appui aux Services Pourvoyeurs d’Information (SPI) et aux organes déconcentrés du SISAAP (CRA, CDA, CLA). Egalement, l'absence d'un système de management clair de la coordination du SISAAP est en déphasage avec ses multiples sollicitations et constitue une faiblesse à corriger. Après son démarrage, le projet a aussi souffert d'un faible intérêt de certains SPI publics (rétention des informations), de l'irrégularité des réunions des comités locaux (CRA, CDA) et de l’instabilité des observateurs (ces derniers sont des fonctionnaires de l’Etat mis à la disposition du SISAAP mais qui sont souvent affectés dans d’autres localités par leur administration d’origine). Ces facteurs ont créé des gaps dans la chaine de transmission des données et des retards dans la synthèse et la publication des informations (bulletins décadaires et mensuelles par exemple). Parmi les défaillances institutionnelles il convient de rappeler que le Comité de Pilotage du Projet, qui aurait dû réunir tous les ministères concernés et aurait constitué la plateforme appropriée pour le partage d'information, pour le dialogue interministériel et pour le plaidoyer pour la sécurité alimentaire (SA), n'a jamais eu lieu à cause d’un manque de mobilisation et d’implication de la part d’autres Ministères que celui de l’Agriculture1. L'ancrage du SISAAP au ministère en charge de l’agriculture a également limité la collaboration avec les autres ministères concernés par la gestion de la sécurité alimentaire.

Bien qu’il avait été initialement prévu de repositionner le SISAAP à la Primature vers la fin

1 Malgré ce manque avait été déjà souligné par l’évaluation mi-parcours du projet, aucun avancement n’a été constaté par l’évaluation finale.

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ix du projet (fin 2017), ceci n’a plus été possible suite à l’avènement de la IVème République au Tchad en avril 2018 qui supprime la Primature.

7. Le projet a eu des effets positifs chez les bénéficiaires et a induit des changements sur la perception et la gouvernance de la sécurité alimentaire. Le projet a favorisé une meilleure intégration du Tchad dans le dispositif régional de gestion de la sécurité alimentaire dans l’espace CILSS-CEDEAO. Le projet a également contribué à l’amélioration et au partage des connaissances sur l’utilité du SISAAP et la mission de la coordination nationale du SISAAP.

Il a contribué à la construction et l’amélioration de la visibilité et de la crédibilité du SISAAP, à l’accroissement de l’intérêt des autorités gouvernementales à tous les niveaux sur la question de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Avec le concours du projet, l’actualisation des informations, l’amélioration continue et le partage des connaissances sur la situation alimentaire et nutritionnelle du Tchad sont régulièrement faits. Les informations mises à jour et partagées par le SISAAP permettent de faire un meilleur ciblage des interventions au profit des ménages selon leur vulnérabilité et d’améliorer la gouvernance de la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Tchad. Les principaux impacts potentiels du projet qui ont été identifiés concernent: l’amélioration des conditions de vie des ménages pauvres; le renforcement des capacités de résilience et d’adaptation des populations aux crises et chocs si le contenu des bulletins décadaires et mensuel est amélioré; et l’accroissement des bénéfices économiques des acteurs (producteurs, ménages, communautés locales) s’ils reçoivent des informations pertinentes pour mieux gérer leur campagne agricole et saisir les opportunités du marché. Cependant, comme déjà signalé précédemment, le projet a manqué d’assurer le suivi-évaluation des plans de réponse mis en place suite à l'analyse de la situation alimentaire. Ce suivi-évaluation aurait permis de mieux documenter les effets et impacts du SISAAP sur les bénéficiaires finaux et nourrir ultérieurement le dialogue politique sur la sécurité alimentaire.

8. Les considérations relatives à l'égalité entre les sexes n’ont pas été intégrées dans la conception, la mise en œuvre et la gestion du projet. Aucun indicateur ni aucun processus clair visant à intégrer dans le projet les considérations liées au genre n’a été constaté.

Toutefois, le projet a contribué indirectement à la diminution des inégalités liées au genre dans la mesure où les Plans de Réponse élaborés après les analyses de cycles Cadre Harmonisé, permettent de focaliser les interventions sur les groupes vulnérables constitués à majorité de femmes

9. Le projet a montré un intérêt et une attention pour la durabilité des activités du SISAAP, en favorisant l’accompagnement du SISAAP par les agences spécialisées dans le cadre de la collecte et l’analyse de données dans leurs domaines de travail, le renforcement des capacités à différents niveaux et l’implication directe du personnel de l’Etat dans les activités du SISAAP. L’accompagnement du SISAAP par des Organisations spécialisées s’est effectué de manière à pouvoir lui restituer le leadership dans la conduite d’analyses sur la Sécurité alimentaire à la fin de projet. Par exemple, la FAO a confié au SISAAP la gestion plus importante des ressources financières, tandis que le PAM a autonomisé le SISAAP dans la conduite des études et enquêtes sur la sécurité alimentaire. Les ministères sectoriels concernés se sont approprié des acquis du projet. En outre, la réalisation de l’étude sur les mécanismes de financement durable du SISAAP (2017) et la volonté de rattacher institutionnellement le SISAAP à la Primature2 contribuent également à cet effort de rendre

2 Cependant, suite à l’avènement de la Quatrième République au Tchad en avril 2018 (donc après la période de rédaction de ce rapport) la Primature n’existe plus aujourd’hui et par conséquent ce rattachement institutionnel n’aura plus lieu.

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niveau sur l’utilité du SISAAP et la nécessité d’assurer son financement de manière suffisante et durable ont été initié. Les partenaires techniques et financiers disposent dans leurs futurs projets, des activités pour lesquelles le SISAAP pourra collaborer pour contribuer à son fonctionnement et à sa durabilité.

10. Cependant des risques menacent la durabilité du SISAAP. Les difficultés de mobilisation du financement de l’Etat vont freiner la dynamique en cours et compromettre la durabilité des acquis. Sans le SISAAP, le Gouvernement du Tchad et les acteurs n’auront plus de données actualisées sur la situation de la Sécurité alimentaire et ne pourra pas mieux élaborer leur plan de réponse. Pour tous les acteurs rencontrés, il est important que le SISAAP quitte son statut de projet pour devenir une véritable structure étatique pérenne.

Conclusions

Conclusion 1. Malgré quelques faiblesses dans sa conception, le projet d’appui au Système d’Information sur la Sécurité Alimentaire et d’Alerte Précoce (SISAAP) a pu bien répondre à un besoin d’informations sur la sécurité alimentaire fiables et consistantes au niveau national en impliquant toutes les parties prenantes du secteur. La nécessité de maintenir le SISAAP fonctionnel est plus que jamais d’actualité dans un pays fragile et vulnérable aux risques de crises comme le Tchad.

11. Par exemple, le Tchad court actuellement le risque d’une crise pastorale majeure car faute d’appui, la campagne de vaccination du bétail n’a pas eu lieu cette année. Il n’y a aucune visibilité quant à la reprise des vaccinations et son financement par l’Etat. Egalement, les déficits pluviométriques ont entrainé le départ précoce des éleveurs vers les zones humides, accroissant ainsi les risques de conflits entre éleveurs et agriculteurs sur les ressources agropastorales. Les migrations et les déplacements des populations liées aux conflits et à l’aggravation de l’insécurité dans les pays voisins occasionnent l’augmentation de la demande alimentaire et la réduction des capacités de production et influencent la situation de la sécurité alimentaire dans le pays. Le SISAAP est un des acteurs concernés en premier par ces questions.

Conclusion 2. La FAO a apporté au gouvernement du Tchad une assistance technique de qualité qui a permis la mise en place et le fonctionnement du SISAAP en tant que structure dotée de ressources humaines et matérielles et d’une existence légale.

12. Grâce au projet, la FAO et le gouvernement ont mobilisé différentes parties prenantes nationales et internationales, gouvernementales et non gouvernementales intervenant dans la gestion de la sécurité alimentaire au Tchad. Ces parties prenantes se sont structurées autour d’un SISAAP qui a été mis en place, qui a obtenu une existence légale, et qui a été accompagné et appuyé pour obtenir des capacités techniques et organisationnelles suffisantes pour fonctionner. Aujourd’hui le SISAAP est fonctionnel et assure le leadership dans la centralisation / gestion de l’information collectée par les SPI au Tchad. L’adhésion de tous les partenaires à ce dispositif est réelle. Le SISAAP est particulièrement important pour renseigner sur la situation de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, alerter sur les crises et risques et proposer un plan de réponse.

Conclusion 3. Le projet a contribué de façon remarquable au renforcement des capacités au niveau individuel, organisationnel et de l’environnement porteur, ce qui permet au Tchad aujourd’hui d’avoir un cadre de concertation et des outils utiles pour la gouvernance de la Sécurité alimentaire.

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xi 13. Le SISAAP a contribué au renforcement des capacités de son équipe d’experts, de ses points focaux et des agents techniques des SPI étatiques. Tout de même, le manque d’une analyse détaillée des besoins en renforcement des capacités ainsi que d’un plan clair et cohérent de renforcement des capacités (tels que prévus par la stratégie de la FAO pour ce genre d’action) auraient pu maximiser l’efficacité de ce genre d’activités.

14. Les personnes formées ont acquis des connaissances plus générales sur la sécurité alimentaire et des compétences plus spécifiques utiles pour assumer leurs fonctions et contribuer à la mission du SISAAP. De même, les capacités du SISAAP ont été renforcées à travers un accompagnement dans la gestion interne et externe. L’organisation du SISAAP est aujourd’hui bien reconnue comme institution spécialisée de l’Etat ayant le leadership dans son domaine de la gestion de l’information sur la sécurité alimentaire. En plus des capacités techniques qu’elle a acquises (leader et acteur incontournable dans la réalisation des différentes enquêtes et analyses nationales), le SISAAP avec l’appui de la FAO et de ses partenaires (le PAM, FEWS NET, etc.) a acquis les bonnes pratiques en matière de mise en œuvre de projet et de gestion technique et financière des opérations. Dans un souci d’efficacité, le projet a également assuré l’amélioration de l’environnement institutionnel et règlementaire du SISAAP. Ainsi un plaidoyer continu a appuyé le Ministère pour améliorer l’environnement du projet, ce qui a abouti d’une part à la signature de l’arrêté rattachant le SISAAP à la Primature et d’autre part à la sensibilisation des acteurs et à l’ouverture d’un dialogue politique pour un financement durable du SISAAP.

Conclusion 4. Malgré les bons résultats atteints par le projet, des faiblesses ont été constatées au niveau de la mise en œuvre et de l’environnement porteur du projet.

15. Ayant gagné en reconnaissance de la part des autres partie prenantes et acteur impliqué dans le secteur de la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle au Tchad, le SISAAP a été très sollicité pour des multiples activités mais n’a pas réussi à toujours bien circonscrire ses interventions et ses services. Le SISAAP a été présent sur tous les fronts, ce qui a engendré des retards dans la réalisation de certains produits comme les bulletins mensuels et décadaires. Par ailleurs, le projet a connu plusieurs problèmes de mobilisation et gestion des ressources humaines (départ rapide des experts chargés de l'assistance technique, affectation des fonctionnaires impliqués dans les CRA et CDA) qui ont sans doute limité le dynamisme des acteurs. La coordination nationale du SISAAP ne dispose pas de personnes compétentes en organisation et gestion des processus interne (qualité) ni en communication. Cependant, le projet n’a pas prévu ni réalisé des activités spécifiques pour renforcer l’organisation et le management interne de la coordination nationale du SISAAP.

De plus, l’indisponibilité des fonds de contrepartie (Gouvernement) a entraîné un redimensionnement des interventions.

Conclusion 5. Malgré son utilité et ses bonnes performances, l’avenir du SISAAP est incertain et sa durabilité dépend largement aujourd’hui du Gouvernement qui doit le doter des ressources financières nécessaires à son fonctionnement et lui garantir un environnement institutionnel adéquat. Sa durabilité dépend également des PTF et des autres acteurs étatiques et non étatiques qui doivent mutualiser leurs efforts pour continuer à soutenir le SISAAP jusqu’à ce qu’il devienne complètement autonome.

16. Le Gouvernement du Tchad est réellement conscient de l’importance de SISAAP mais un grand fossé existe entre son engagement initial et le décaissement effectif des ressources financières pour le fonctionnement et la pérennisation du SISAAP. La contrepartie nationale est essentielle pour la survie du SISAAP car compte tenu du contexte de crise économique au Tchad, les partenaires financiers, dont l’Union Européenne en tête, restent disposés à poursuivre l’appui au SISAAP si le Gouvernement s’en approprie effectivement en tant

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Recommandations

Recommandation 1. La FAO et les partenaires humanitaires et au développement doivent continuer à appuyer les ministères à défendre l’importance du SISAAP et faire perdurer leur degré d’engagement dans le dialogue politique.

17. La FAO doit continuer à mobiliser les acteurs publics et non gouvernementaux et appuyer le dialogue politique pour assurer le plaidoyer et la sensibilisation des autorités au plus haut niveau pour que les fonctions du SISAAP soient perpétrées après la fin du projet. Elle doit poursuivre la mobilisation des partenaires techniques et financiers et contribuer à l’amélioration de la collaboration et des complémentarités entre les différents ministères impliquées dans la gestion de la sécurité alimentaire au Tchad.

Recommandation 2. La FAO doit assister le gouvernement au niveau technique et managérial pour améliorer la performance et la qualité des produits et services du SISAAP.

18. Pour cela, la FAO devra assister le gouvernement à: (i) établir un système de management clair (adoption des principes de management, d’un système qualité, des procédures opérationnelles, redéfinition des postes); (ii) réaliser un mapping des bénéficiaires du SISAAP et à identifier leurs besoins réels, afin d’adapter ses réponses à ces différents besoins; (iii) renforcer les capacités du SISAAP et de ses démembrements à partir d’une meilleure analyse de leurs besoins suivi; (iv) améliorer la coordination dans la collecte des données et la valorisation des données existantes; (v) améliorer et adapter sa communication selon les audiences/bénéficiaires.

Recommandation 3. La FAO doit accompagner le SISAAP dans la recherche de personnel compétent ainsi que dans la formation des cadres affectés à la gestion et aux activités du SISAAP même afin que ces derniers soient capables d’assurer toutes fonctions pertinentes.

19. La FAO devrait continuer à appuyer les efforts du Gouvernement dans la mise en place d’outils et procédures permettant le choix des ressources humaines appropriées pour le SISAAP. Il est nécessaire de choisir les leaders et promoteurs du SISAAP ainsi que le personnel sur la base de la motivation et du niveau de compétences. Pour améliorer sa performance, le SISAAP doit dans un premier temps bien définir les fiches de postes, recruter le personnel correspondant, et au besoin renforcer ses capacités pour lui permettre de remplir pleinement ses fonctions. Il apparaît donc nécessaire de mettre en place un système qualité car pour bien jouer son rôle, le SISAAP est une institution appelée à avoir un standard qualité de service élevée. Il est important que le SISAAP ait des cadres bien formés et capables d’assurer toutes fonctions relevant du SISAAP. Il doit pour cela chercher à disposer d’un staff de qualité.

Recommandation 4. En général, afin d’assurer une meilleure gestion ainsi qu’une continuité dans la coordination des activités du projet, il est important que la FAO améliore sa stratégie de mobilisation et de gestion des experts qu’elle affecte à ses projets.

20. Le changement rapide des experts et délais administratifs de remplacement long dans le cadre du projet d’Appui au SISAAP ont affecté la qualité de l’assistance technique fournie.

Dans le cas où un projet similaire (ou une phase suivante du même projet) sera mis en œuvre, la FAO doit porter une attention spécifique à cet aspect. Dans ce cas, il est nécessaire de réaliser une analyse des risques du projet et une analyse détaillée des besoins pour bien cibler les actions de renforcement des capacités à travers, par exemple, l’élaboration d’un plan de renforcement de ces dernières.

(14)

1

1. Introduction

1.1 Portée et finalité de l’évaluation

1. La présente évaluation concerne le projet d’ «Appui à la mise en place d’un Système d’Information durable sur la Sécurité Alimentaire et d’Alerte Précoce (SISAAP)». Le projet a été financé par l’Union Européenne pour un montant de 4 500 000 Euros pour une durée initiale de 48 mois qui a été prolongé à 63 mois. Le projet a été exécuté par la FAO.

2. La finalité du projet était de doter le Tchad d’un système d’information fonctionnel et durable pour une meilleure gouvernance de la sécurité alimentaire en mettant à contribution l’Etat, ses services centraux et décentralisés, et ses partenaires techniques et financiers (PTF).

3. La présente évaluation indépendante finale a été réalisée par le Bureau d’évaluation de la FAO (OED) avec le double objectif de: i) rendre compte au Gouvernement du Tchad, à l’Union Européenne, à la FAO, aux PTF du Tchad, et aux parties prenantes du projet, ainsi qu’à la FAO elle-même, des résultats atteints et des leçons apprises au cours de l’exécution du projet; et ii) adresser des recommandations à la FAO pour améliorer l’exécution de ce type de projet et ses interventions au Tchad.

4. L’évaluation a porté sur l’ensemble des aspects relatifs à la mise en œuvre du projet, depuis son début en 2013 jusqu’à Décembre 2017 (moment de l’évaluation), de manière à apprécier la performance globale du projet. En outre, une attention particulière a été portée à l’analyse des efforts qui ont été menés depuis l’évaluation à mi-parcours et au niveau d’application des recommandations formulées par celle-ci.

1.2 Utilisateurs visés

5. Les résultats de cette évaluation sont destinés à l’ensemble des acteurs du SISAAP au Tchad, et permettront notamment:

• A la FAO d’apprécier et d’améliorer la qualité de son intervention au Tchad et particulièrement dans le domaine de l’information sur la sécurité alimentaire et l’alerte précoce.

• A l’Union Européenne d’apprécier la performance du projet, de tirer les leçons et d’orienter les futurs appuis.

• Aux Partenaires techniques et financiers du Tchad d’apprécier leurs appuis au SISAAP et les bénéfices obtenus, et d’identifier les futurs appuis à fournir au SISAAP pour améliorer sa durabilité et sa performance.

• Au Gouvernement du Tchad d’apprécier plus en détail la valeur ajoutée du SISAAP dans la gestion de la sécurité alimentaire au Tchad, d’apprécier les avantages de disposer d’un SISAAP fonctionnel, de mesurer les risques encourus par le pays si le SISAAP ne fonctionnait plus, de connaître les actions à mener pour assurer la durabilité du SISAAP et le rendre plus performant.

• Aux Autorités nationales de mieux connaître le rôle qu’ils doivent jouer à différents niveaux (gouvernement, ministère, région, département) pour améliorer le fonctionnement et la collaboration des Services Pourvoyeurs d’Information (SPI) de l’Etat, des Comités Régionaux d’Action (CRA), des Comités Départementaux d’Action

(15)

(CDA) et des collectivités territoriales de base afin de rendre le SISAAP plus opérationnel, durable et performant.

1.3 Objectifs et questions de l’évaluation

6. Les objectifs spécifiques de l’évaluation sont les suivants:

• Évaluer la pertinence de l'intervention et de l'approche du projet.

• Évaluer les réalisations du projet par rapport aux objectifs fixés.

• Évaluer l'impact réel et potentiel du projet.

• Identifier les bonnes pratiques et les causes de succès et d’échec.

• Mettre en évidence les leçons apprises concernant la mise en œuvre.

7. L’évaluation s’appuie sur 5 questions qui cherchent à savoir:

(Q1) Dans quelle mesure le projet d’appui au SISAAP est-il pertinent pour répondre aux besoins du Tchad et approprié pour atteindre les résultats prévus?

(Q2a) Dans quelle mesure le projet a-t-il atteint les objectifs prévus?

(Q2b) Dans quelle mesure les modalités de mise en œuvre du projet ont-elles influencé l’atteinte des résultats probants?

(Q3) Quelle différence/impact réel le projet a-t-il apporté aux bénéficiaires, en particulier le Ministère en charge de l’Agriculture dans le domaine de l’information sur la sécurité alimentaire?

(Q4) Dans quelle mesure les considérations liées genre et a l’équité plus en général ont- elles été prises en compte dans la conception, la mise en œuvre et gestion du projet?

(Q5) Quelles sont les perspectives de durabilité des acquis du SISAAP après l’achèvement du projet?

1.4 Méthodologie

1.4.1 Approche et Méthodes

8. L'évaluation a été guidée par les normes et standards d'évaluation du Groupe des Nations Unies pour l'Evaluation (UNEG) et la méthodologie indiquée dans les Termes de Référence de l’évaluation.

9. L’équipe d’évaluation était composée de deux évaluateurs indépendants dont un expert international (chef d’équipe) spécialisé en évaluation de projets et en politiques et stratégies de développement agricole et de sécurité alimentaire, et un expert national spécialisé en analyse de l’insécurité alimentaire et en gestion et suivi-évaluation de systèmes d’information sur la sécurité alimentaire et d’alerte précoce au Tchad. L’équipe d’évaluateurs était supervisée par une évaluatrice d’OED.

10. Après l’analyse documentaire initiale, l’évaluation a adopté une approche consultative et participative. La phase principale d’évaluation (phase d’enquête) s’est déroulée en Décembre 2017 à Ndjamena et dans 3 sites (régions) touchés par le projet. La sélection des sites visités a été faite par l’équipe d’évaluation en consultation avec le Bureau pays de la FAO, en tenant compte de la diversité géographique du pays, de la distance de Ndjamena et de la durée prévue pour les visites (1 semaine).

(16)

Introduction

3 11. L’équipe d’évaluation a mené des entretiens auprès des parties prenantes et des bénéficiaires du projet à Ndjamena, et dans les régions du Guéra, du Hadjer-Lamis et du Mayo Kebbi Est (Tableau 1). L’analyse des informations et des observations réalisées ont permis à l’équipe d’évaluation de faire des constatations et d’émettre un jugement sur la performance du projet, en s’appuyant sur les critères traditionnels d’évaluation OCDE/DAC (pertinence, efficacité, impact, et durabilité).

12. Suite aux entretiens à Ndjamena et aux visites de terrain, l’équipe a entamé l’analyse des données collectées pendant la mission et a présenté les résultats et constations préliminaires en deux sessions de débriefing: une première avec le personnel de la FAO auprès du bureau pays et une deuxième session avec les fonctionnaires impliqués dans les activités du SISAAP.

Tableau 1: Acteurs rencontrés

Lieu Type d’acteurs Institutions Nombre de

Personnes

Ndjamena

Ministères Primature (Développement Rural),

Agriculture (SG), Elevage (SG), 3 Bailleurs Union Européenne, BAD, BM,

AFD, Coopération suisse 7

Système des Nations Unies

(SNU) FAO, PAM, OCHA, PNUD, UNICEF 6

Autres partenaires FEWS NET, OXFAM, Cluster SA,

COOPI 8

Services Pourvoyeurs

d’Information (SPI) DPAS, DREM, SIMPA, SIMBETAIL 4 Comité d’Action pour la Sécurité

Alimentaire et la Gestion des Crises (CASAGC)

SISAAP 5

Mongo, Massakory,

Bongor

CRA, CDA

SISAAP (points focaux et observateurs), SG gouvernorat,

membres CRA et CDA

34

13. La pertinence du projet (question n.1) a été appréciée en analysant le bienfondé des interventions de la FAO par rapport:

• aux priorités inscrites dans les documents stratégiques du pays en matière de sécurité alimentaire et d’alerte précoce (PND 2013-2015, PNISR 2014-2020, PNSA 2011-2015, PNNA 2014-2025, etc.);

• aux attentes de la FAO reflétées dans le Cadre de Programmation Par Pays (CPP) du Tchad, les objectifs stratégiques de la FAO, et la stratégie de renforcement des capacités de l’organisation;

• à la cohérence et au réalisme des activités prévues, de la théorie du changement et du cadre logique du projet par rapport au problème ciblé et aux résultats attendus ;

• à l’évolution du contexte d’intervention (cadre institutionnel, légal, socio-économique, risques, etc.);

• aux recommandations de l’évaluation à mi-parcours.

(17)

14. L’efficacité du projet (questions n. 2 et 3) a été jugée sur la base du niveau de réalisation des résultats et des effets attendus y compris la contribution du projet au renforcement des capacités3 et à l’amélioration des services et produits du SISAAP.

15. Les considérations liées au genre (question n. 4) ont été analysées pour apprécier la prise en compte des objectifs de la FAO en matière d'égalité des sexes dans le projet4.

16. La durabilité du projet (question n. 5) a été appréciée en analysant d’une part le niveau d’intégration des activités du SISAAP dans les politiques et programmes du gouvernement, et d’autre part la disponibilité des capacités opérationnelles, financières et structurelles nécessaires au SISAAP pour assurer sa mission.

17. L’équipe a également analysé le niveau de sollicitation et d’utilisation des produits et services du SISAPP par les acteurs (services nationaux et gouvernementaux, partenaires techniques et financiers etc.), l’engagement de ces acteurs à soutenir le SISAAP et le réalisme de la stratégie de sortie du projet.

18. Les informations recueillies ont été analysées, triangulées et validées.

1.4.2 Limitations

19. L’évaluation a bénéficié d’un appui logistique et organisationnel du bureau pays, ce qui a permis de rencontrer la quasi-totalité des partenaires du SISAAP ciblés à Ndjamena.

Toutefois, compte tenu de la grande superficie du territoire du Tchad et du temps affecté aux missions dans les régions (1 semaine), l’équipe a visité 3 régions seulement sur les 22 appuyées par le projet. Pour ces mêmes raisons, les membres des Comités Locaux d’Action (CLA) et des Structures Communautaires d'Alerte Précoce et de Réponse aux Urgences (SCAP-RU) n’ont pas été visités. Les informations sur leur fonctionnement ont été obtenues auprès des membres des Comités Départementaux d’Action (CDA) des représentants d’ONG et des responsables des Services Pourvoyeurs d’Information (SPI)que nous avons rencontrés dans les 3 régions visitées.

20. La documentation sollicitée par l’équipe d’évaluation auprès du SISAAP pendant la phase d’enquête à Ndjamena n’a pas été rapidement mise à sa disposition. Pour pallier à ce manquement, l’équipe d’évaluation a déployé des efforts supplémentaires pour rechercher et reconstituer ces informations auprès des autres parties prenantes et sur internet. Ces informations documentaires ont ensuite été triangulées avec celles reçues plus tard du SISAAP.

3 L’analyse s’appuiera sur le cadre d’analyse développé par l’OED. La Stratégie de la FAO en matière de renforcement des capacités concerne trois niveaux (voir http://www.fao.org/3/a-k8908f.pdf)

4 Politique de la FAO sur l’égalité des sexes: http://www.fao.org/3/a-i3205f.pdf

(18)

5

2. Généralités et contexte du projet

2.1 Description du contexte

21. Le Tchad est l’un des pays les plus vastes d’Afrique avec 1.284000 km2. Sa population était estimée en 2009 à 11 039 873 millions d’habitants5 dont 78 pour cent de ruraux. Comme d’autres pays sahéliens, le Tchad est affecté par de nombreux chocs, dont les déficits pluviométriques, les sécheresses prolongées, les attaques des bio agresseurs, les déprédations des animaux sur les cultures (criquets et oiseaux granivores), les inondations, les épidémies. En plus des chocs, le pays fait face à la baisse continue de la fertilité des sols, l’avancée de la désertification, les effets négatifs du changement climatique (inondations, modification des saisons, perturbations du calendrier cultural, etc.), l’afflux des migrants transfrontaliers, et les nouvelles menaces sécuritaires liées aux activités terroristes. Ces facteurs affectent négativement la productivité, la production agricole et le disponible alimentaire, et occasionnent des crises alimentaires et nutritionnelles.

22. Les dispositifs mis en place dans le pays depuis une vingtaine d’années se sont avérés inefficaces dans l’identification, la prévention et la gestion précoce et durable des menaces et des risques lors de chocs et de crises alimentaires et nutritionnelles qui se présentent de façon fréquente et intense (Tableau Error! Reference source not found.2). Les principales faiblesses de ces systèmes sont liées à (i) une production de l’information sur la Sécurité alimentaire trop tardive et peu fiable, (ii) l’aide aux populations victimes, faible et trop lente et souvent mal répartie dans les zones affectées, (iii) une mauvaise coordination des interventions, (iv) l’absence d’une structure spécialisée et bien organisée dans la coordination de la réponse.

Tableau 2: Programmes d’alerte précoce et de sécurité alimentaire au Tchad de 1970 à 2010

Période

d’appui Projets Étendu /

Priorités Ressources Points forts Points faibles

1970 Suivi des prix aux marchés

Prix des produits vivriers, Prix des produits vivriers

Gouverne- ment

Réseau de radios diffusion hebdomadaire /annuaire des prix

Couverture nationale Méthodologie

reconnue

Finance-ments non pérennes

1986

Système d’alerte précoce (SAP)

Exclusivement zone Sahélienne, 200

cantons, 50 observateurs

Union Européenne

Bonne méthodologie

Exclusivement en zone sahélienne

Transfert à la partie nationale

insuffisant

1988-1999

Diagnostic permanent (DIAPER)

Exclusivement zone sahélienne, Enquête Agricole Annuelle

ciblée;

Bulletin décadaire GTP/Agrhymet,

Union Européenne

Renforcement des SPI Initiation des

enquêtes agricoles annuelles

Plaidoyer insuffisant pour

mobiliser l’Etat

5 INSEE, 2009. Deuxième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH2), République du Tchad.

(19)

Période

d’appui Projets Étendu /

Priorités Ressources Points forts Points faibles Recensement

Agricole/Cheptel, Bulletins mensuels

2000-2006

Système d’information sur la Sécurité Alimentaire

et l’Alerte rapide (SISAAR)

CDA ; SIM (agriculture, bétail); Bulletins

trimestriels;

Analyse sécurité alimentaire; Mission conjointe d’évaluation

de la campagne agricole (CILSS/FAO

/FEWS)

PNUD, Coopération

Française

Missions conjointes campagne agricole Publication

bulletins

Faible remontée de l’information

Absence de transversalité de

la sécurité alimentaire

Pas d’appropriation

par la partie nationale

2007-2010

Système d’information

en Sécurité alimentaire et Système

d’alerte précoce (SISA-SAP)

Échelle Nationale;

Coordonnateur national, CTP, 4

experts, GTI,

Bulletins Bimensuels : Analyse

Union Européenne, Coopération Française.

Echelle nationale Sensibilisation sur

la transversalité de la sécurité

alimentaire (création GTI)

Bulletins

Absence de la contrepartie de

l’Etat Insuffisance de

ressources humaines Non définition

d’indicateurs d’alerte Source: Rapport d’évaluation à mi-parcours du SISAAP (2016), Rapport d'évaluation finale, externe et indépendante, du projet SISA—SAP (2010) et Document projet SISAAP DCI-FOOD/2013/313-467 (2012)

23. Ainsi, après vingt-cinq ans de mise en œuvre infructueuse de diverses initiatives et de programmes visant à doter le pays de systèmes d’information sur la sécurité alimentaire et l’alerte précoce6 (SISAAP), les leçons ont été tirées des expériences passées pour raisonner la mise en place d’un nouveau dispositif plus opérationnel et durable.

24. Dans cette perspective, le Gouvernement du Tchad a sollicité et obtenu un financement de l’Union Européenne et l’assistance technique de la FAO pour appuyer la mise en place d’un nouveau SISAAP capable de centraliser, analyser et diffuser toutes les données et informations relatives à la situation alimentaire et nutritionnelle, pour permettre aux partenaires techniques et humanitaires de planifier leurs actions et de disposer d’une alerte précoce pour anticiper et atténuer les risques et effets négatifs encourus par les ménages vulnérables.

25. L’efficacité et la durabilité de l’action envisagée sont conditionnées par le renforcement des capacités de tous les acteurs impliqués dans le fonctionnement de cette nouvelle structure (SISAAP) et par l’engagement concret du Gouvernement à affecter des fonds publics conséquents à son fonctionnement.

2.2 Description du projet

26. Le projet d’Appui à la mise en place du Système d’Information durable sur la Sécurité Alimentaire et d’Alerte Précoce (SISAAP) a été financé par l’Union Européenne pour un montant de 4 500 000 Euros. La gestion financière et l’assistance technique du projet étaient assurées par la FAO alors que le Ministère de l’agriculture était en charge de la mise en œuvre du système même.

6 Le pays est également membre du réseau de prévention de crises alimentaires (RPCA) animé par le CILSS.

(20)

Généralités et contexte du projet

7 27. Le projet a été officiellement lancé le 8 avril 2013 pour une durée de 48 mois. Compte tenu du retard accusé au démarrage, le projet a été prolongé jusqu’en décembre 2017, puis jusqu’au 6 juin 2018 sans coût additionnel.

28. L’objectif global du projet était de réduire l’insécurité alimentaire et nutritionnelle des ménages du Tchad. Les objectifs spécifiques étaient de:

• Disposer d’informations fiables, disponibles en temps réel et de manière pérenne, permettant une bonne gouvernance de la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

• Réduire l’effet négatif des chocs agro-climatiques et socio-économiques sur les ménages grâce à une alerte et des réponses opportunes et appropriées.

29. Les résultats suivants étaient attendus du projet:

• Le système de pilotage et de coordination du système d’information durable sur la sécurité alimentaire et l’alerte précoce (SISAAP) au Tchad est mis en place de façon durable.

• L’information sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle est partagée et analysée de manière consensuelle aboutissant à des prises de décisions permettant la conception, la priorisation et la mise en œuvre des actions coordonnées et de programmes d’investissement ciblés.

• Les Services Pourvoyeurs d’Information (SPI) ont les capacités de collecter, interpréter, transmettre l’information au niveau central qui l’analysera, participera aux dispositifs régionaux et donnera un retour aux structures décentralisées.

• Le nouveau dispositif d’information et l’avancement des interventions de sécurité alimentaire sont suivis, évalués et communiqués.

30. Le projet a une portée nationale et ses actions s’étendent sur l’ensemble du territoire tchadien (22 régions et 69 départements). Les parties prenantes principales du projet étaient les suivantes:

• le Ministère de la Production, de l’Irrigation et des Equipements Agricoles;

• le Comité d’Action pour la Sécurité Alimentaire et la Gestion des Crises (CASAGC) et ses organes décentralisés (CRA et CDA);

• les Services des ministères œuvrant pour la sécurité alimentaire (SIM, DREM, DPAS, DPVC, DSIS, DESP, DPA);

• les Agences des Nations Unies (FAO, PAM, UNICEF, OCHA, etc.);

• les réseaux d’acteurs non étatiques et privés (FEWS NET, CILSS, RESIMAO, Agrhymet);

• le réseau d’ONG humanitaires et de développement;

• les organisations de producteurs et la population du Tchad.

31. L’exécution du projet d’appui au SISAAP était assurée par une équipe basée à la FAO et chargée de la gestion technique et financière. Elle était composée au tout début de 4 experts dont 3 internationaux (1 Conseiller Technique Principal ; 1 assistant technique expert en sécurité alimentaire et nutritionnelle ; 1 expert Chargé du S&E) et 1 national (assistant financier). En fin de projet, l’équipe était uniquement constituée de l’expert en sécurité alimentaire et de l’assistant financier (national).

32. La mise en œuvre du projet était assurée par le Ministère chargé de l’agriculture via la coordination nationale du SISAAP composée d’un coordinateur et de 4 experts nationaux

(21)

au niveau central, et de 22 Points Focaux et 69 observateurs au niveau déconcentré (régions et départements).

2.3 Positionnement du SISAAP dans le Dispositif National de Prévention et de Gestion des Crises

33. Au démarrage du projet, le SISAAP tout comme ses prédécesseurs directs (SISAAR et SISA- SAP) s’intégrait dans le Comité d’Action pour la Sécurité Alimentaire et la Gestion des Crises (CASAGC). Le CASAGC est le cadre national de suivi de la situation alimentaire et de concertation, décision et coordination des actions pour la prévention et gestion des crises alimentaires au Tchad. Il a été créé par Arrêté N°035/PM/A/99 du 16 Septembre 1999 et réorganisé par Arrêté N°04-6020 2004-12-27 PR/PM/MA du 27 décembre 2004. Le CASAGC est placé sous la tutelle du Ministère de l’Agriculture et comprend au niveau central: un Comité Directeur (CD/CASAGC) multisectoriel présidé par le Ministre de l'Agriculture; un Comité Technique (CT/CASAGC); Un Secrétariat Permanent (SP/CASAGC) chargé entre autres d’assurer la collecte, la centralisation, l'analyse et la diffusion des informations validées par le CT/CASAGC ; Des Services Pourvoyeurs d'Informations (SPI).

Au niveau local, le CASAGC comprend les Comités régionaux d'actions (CRA), les Comités départementaux d'actions (CDA) et les Comités locaux d'actions (CLA) qui interviennent respectivement au niveau de la région, du département et de la sous-préfecture.

34. Pendant la mise en œuvre du projet, le positionnement institutionnel du SISAAP a évolué suite à la publication de l’Arrêté N° 527/PR/PM/2014 du 4 mars 2014 portant mise en place du Dispositif National de Gestion des Crises Alimentaires et Nutritionnelles (DNPGC). Cet Arrêté précise que le DNPGC est composé du CASAGC et du SISAAP (Appendice 7). Il est placé sous l’autorité du Ministère de l’Agriculture dont le Ministre préside le Comité Directeur du CASAGC qui comprend 13 Ministres et 2 conseillers au Développement Rural de la Présidence de République et de la Primature. Cet Arrêté N° 527 précise et clarifie la mission l’organisation et le fonctionnement du SISAAP et des démembrements du CASAGC (CRA, CDA, CLA), ce qui constitue un point fort. Cependant l’ancrage institutionnel du DNPGC au Ministère de l’Agriculture est susceptible de limiter son fonctionnement.

35. A la fin du projet, l’Arrêté N° 2272/PR/PM/2017 portant mise en place du Dispositif National de Gestion des Crises Alimentaires et Nutritionnelles (DNPGC) a été publié le 11 Mai 2017.

Il abroge les dispositions contraires de l’Arrêté N° 527/PR/PM/2014 et place le DNPGC sous la tutelle de la Primature. Le nouveau DNPGC7 comprend : Un Haut Comité National de Sécurité Alimentaire et de Gestion des Crises (HCNSA/GC) qui est l’organe de prise de décision présidé par le Premier Ministre ; Un Comité d’Action pour la Gestion des Crises (CASAGC) composé au niveau central d’un comité technique présidé par le Secrétaire Général (SG) de la Primature, d’un secrétariat permanent placé sous l’autorité du SG de la Primature et 3 Cellules Techniques Opérationnelles (CTO) parmi lesquelles le SISAAP. Au niveau local le CASAGC comprend les CRA, CDA et CLA présidés respectivement par le Gouverneur, le Préfet et le Sous-Préfet. Ce nouveau DNPGC comprend également un Office National de Sécurité Alimentaire (ONASA) chargé de constituer, conserver et gérer un stock de réserve des produits vivriers lui permettant d’intervenir en cas de nécessité ou d’urgence.

7 Voir organisation et mission du nouveau DNPGC dans l’Appendice 7.

(22)

Généralités et contexte du projet

9 Figure 1: Positionnement du SISAAP dans le DNPGC de mars 2014 en avril 2017

Source: équipe d'évaluation

2.4 Théorie du changement

36. Le projet, au moment de sa conception, n’avait pas prévu une théorie du changement.

L’équipe d’évaluation en a développé une à partir de l’analyse des documents du projet, notamment le cadre logique, les résultats attendus et les risques pouvant affecter la mise en œuvre du projet et sur les entretiens avec l’équipe de gestion du projet (Figure 2). Cette théorie de changement est basée sur un ensemble d’activités et d’hypothèses dont la réalisation devrait conduire à long terme à la réduction de l’insécurité alimentaire au Tchad.

Les entretiens avec les acteurs chargés de la mise en œuvre du projet ont corroboré les risques et les hypothèses indiquées d’emblée dans le document du projet. En particulier, si l’Etat respecte ses engagements en augmentant annuellement le budget de l’Etat affecté au SISAAP et assure le décaissement effectif de ces fonds ressources en faveur du SISAAP alors toutes les activités prévues seront réalisées, et les effets à court, moyen et long terme du projet pourront être atteints de façon durable. Bien que tous ces effets escomptés soient présentés dans la théorie du changement du projet, la présente évaluation, compte tenu des outils et méthodes mobilisables, s’est focalisée uniquement sur les effets à court et moyen termes.

37. Le moteur du changement repose sur le renforcement des capacités du SISAAP au niveau des individus (personnel formé), organisationnel (l’unité de coordination et les organes décentralisés du SISAAP, les Services Pourvoyeurs d’Information (SPI), les organisations rurales de base) et au niveau de l’environnement porteur du projet (législation, cadre institutionnel, etc.).

CD/CASAGC Comité Directeur

CN/SISAAP

Coordina on Na onale du SISAAP

SPI

Systèmes Pourvoyeurs d’Informa ons CT/CASAGC

ComitéTechnique

CRA

ComitéRégionaux d’Ac on

CDA

Comités Départementaux d’Ac on

CLA

Comités Locaux d’Ac on

Comités Villageois SCAP-RU et Sites Sen nelles Central

Local

Programme Théma que sur la SécuritéAlimentaire (PTSA)

Projet d’appuiàla mise en place du SISAAP

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