LA
POULE BRESSE
BLANCHE CONTRIBUTION A L’ANALYSEGÉNÉTIQUE
DE
QUELQUES CARACTÈRES EXTÉRIEURS
F. H. RICARD
Station de Recherches avicoles, Jouy-en-Josas
(S & O).
PLAN DU
M É MO x RE ( 1 )
INTRODUCTION
I
re PARTIE
ÉTUDE
DE LA COULEUR DU PLUMAGE I. - Le blanc dominant.II. - La série allélique
E/e + /e.
III. - Le couple
argenté-doré,
lié au sexe.IV. - Les dessins du plumage.
V. - Phénomènes de coloration retardée.
2e PARTIE
AUTRES
CARACTÈRES EXTÉRIEURS
-L’emplumement
lié au sexe.II. - La couleur des pattes.
a)
la pattejaune.
l!)
la patte bleue.CONCLUSION
INTRODUCTION
Plusieurs croisements ont été réalisés à la Station de Recherches Avi- coles de
Jouy-en-Josas
avec dessujets
de race Bresse, en vue d’utilisercertains de ses caractères. Les données recueillies
permettent
depréciser
( 1
) La figure ? i a été dessinée par MmeVINCENT. Qu’elle en soit ici remerciée.
le
génotype
de cette race et d’observer les manifestationsparticulières
de certains
gènes.
Le
troupeau
Bresse de la Station était issu de 3 souches de la variétéBlanche, provenant
de 3élevages
différents. Chez cespoules blanches, l’analyse génétique permet
de déterminer lescryptomères
duplumage.
On
peut
alors sélectionner une souche à formulegénétique
connue et ob-tenir en croisement des animaux à
phénotype homogène.
Les croisements
qui
ontpermis
cesanalyses
ont été faits avec desanimaux
appartenant
à untroupeau
de la Station que nousdésignerons
par le
symbole
« A ». Il nes’agit
pas d’une souchefixée,
mais d’une po-pulation
sélectionnéedepuis
Ig!q., ayant reçu du sang Gâtinais et Rhode IslandRouge
et dont la variabilitégénétique
est connue. Leplumage
est rouge avec larépartition
du noir hermine ou sauvage, lespattes
sontblanches,
la crêtesimple
etl’emplumement rapide.
Le
génotype
de lapoule
« A » est :CC, ü,
e ou e’!, s-,b-, k-, Id-,
!UW.On y trouve
cependant
un certain nombre de loci c, w,id,
et Bl.L’organisation
des croisements a été la suivante :1
0 mai 1957 : 4 coqs Bresse X 27
poules
« A » en 4parquets pedigree.
133
Poussins
ont éclos et ioi ont vécujusqu’à
8 semaines.2° mai 1957 : 3 coqs « A » X 2I
poules
Bresse en 3parquets pedigree.
12
6
poussins
ont éclos et 95 ont vécujusqu’à
8 semaines( 14 poules
seule-ment ont eu des enfants
qui
ont vécujusqu’à
8semaines).
3
0 mai
195 8 :
20 filles(Bresse
XA)
ont étéaccouplées
avec 2 coqs Sussex en 2parquets pedigree.
160poussins
ont éclos et Io6 ont vécujusqu’à
8 semaines.q.!
mai195 8 :
29 filles(A
XBresse)
ont étéaccouplées
avec 3 coqs« A » en 3
parquet pedigree. 39 6 poussins
ont éclos et 350 ont vécujus- qu’à
8 semaines.Tous les
sujets
« A » de ces croisements ont été utilisés comme re-producteurs
normaux dutroupeau
« A »(de
février àavril)
avant d’êtreaccouplés
avec des Bresse. Leurgénotype
était connu pour les lociC,
I,E, S,
B, K, Id et W.Tous les
poulets
ont été observés àI j jour
et à 8 semaines.I
re PARTIE
ÉTUDE
DE LA COULEUR DU PLUMAGELa
grande
variabilité duplumage
à 8 semaines nous a conduit àdistinguer
14catégories,
basées sur larépartition
des couleurs dans leplumage
et la couleur dusous-plumage.
lafigure
Ireprésente
schémati-quement
chacune de cescatégories.
Malgré
ladifficulté, inévitable,
de classer certainstypes
intermé-diaires,
cettefaçon
deprocéder
s’est révélée satisfaisante et assezsimple.
Les
hypothèses
sur legénotype correspondant
àchaque
schéma sontbasées sur les données de HuTT
(zgq.g),
de KIMBALL( 1952 )
et de MERAT(
195
8, a)
en cequi
concerne la distinction e-ee+-e+. I. - Le blanc dominantC’est l’un des
premiers
caractères mendéliens mis en évidence chez lapoule :
BATESON en 1902. Lesymbole
I a été introduit par HADLEYen rgz3
(auteurs
cités par HUT>1’,zg¢9).
Les résultats obtenus dans nos croisements sont rassemblés dans le tableau I. Les animaux « A et Sussex utilisés avaient tous le
génotype
ü.hn
F i ,
les animaux se caractérisent par l’absence depigmentation noire,
sauf dans lacatégorie
n° 2.Ici,
la localisation des taches noires surle corps est
quelconque :
ils’agit
dequelques plumes
ou departies
deplumes.
De nombreux auteurs ontindiqué
que l’allèle E(extension
dunoir) pouvait
donner cettemanifestation,
enprésence
dugénotype
Ii :HUTT
(rg4g),
COCK et PEASE( 1951 ), Ju!,!, (zg5a).
Le fait a d’autrepart
été vérifié à la Station parC OCHE z,
Bov!x et MERAT(zg 5 8).
Onpeut
doncconsidérer ces animaux comme ayant tous le
phénotype [I]
et laF I
comme
homogène.
En
F,,
pour le croisement S X(B
XA)
on a 45poulets ayant
du noir et 61 n’en ayant pas, en incluant dans ce dernier groupe lacatégorie
2.Pour le croisement A X
(A
XB),
170poulets
ont du noir et 180 n’en ontpas. Dans les 2 cas, ces chiffres
représentent significativement
la propor- tion i : i, c’est-à-dire celle d’un test-cross ii X Ii.Ces
résultats, F I homogène
et 50 p. 100 de[I]
enF,, indiquent
que lessujets
Bresseanalysés
étaienthomozygotes
II.H U
TT
( 1949 ) puis
BOYER( 195 6) signalent
que la race Bresse Blancheporte
legène
« blanc dominant » et les éleveurs ontremarqué depuis long- temps
que cette race en croisement avec une race noire donnait desF i
où le noir était
absent,
ou presquecomplètement
absent.En ce
qui
concerne le blancrécessif,
dû augénotype
ce,l’analyse
n’a pas été
possible,
les animaux « A » et Sussex utilisés étant CC.II. - La série
allélique E /e + /e
Ce sont les
gènes primaires
du noir : noirétendu,
noir dutype
sau-vage, noir herminé. E est nettement dominant sur e et e+ ; e est dominant
sur e+ mais moins
complètement (K IMBALL , i 95 2).
Pour nos croisements Bresse et
d’après
noshypothèses (voir fig. i) :
- la
catégorie
1représente
des animauxpossédant
les allèles e ou e+, legénotype
Ii nepermettant
pas de lesdistinguer ;
- les
catégories
3, 7et m des animaux àgénotype
ee ;- les
catégories
4, 8 et 12 des animaux àgénotype
ee+ où l’allèlee
+ se manifeste
plus
ou moins nettement ;- les
catégories
5,9 et
z3 des animaux àgénotype
e+e+;- les
catégories
2,6,
10 et 14 des animauxayant
l’allèle E. Aucun animal Sussex ou « A » neportait
l’allèle E. Leurs descendants classés dans ces 4catégories
nepouvaient
donc être que Ee ou Ee+.Ces
hypothèses permettent
de voir que la Bresse Blanche renfermeun
mélange
de E et de ses allèles.a)
l’allèle E.Appelons
e’ l’ensemble de ses allèles récessifs.L’analyse
par familles de descendants d’unsujet
de race Bresse a donné les résultatsconsignés
dans le tableau II. Ont été considérés comme non valables les cas où il y avait moins de 7
descendants,
tous d’un seultype.
Parmi les animaux
analysés
avecsîireté,
on a :3
coqs Ee’
i
poule
EE et mpoules
Ee’.Les
fréquences
de E et e’ se calculent aisémentd’après
ces résultats : E = 0,53 et e’ = 0,47.b)
les allèles e ou e+Dans la
F 2
S X(B
XA),
les coqs Sussex et un certain nombre depoules
« A » avaient legénotype
ee. Orparmi
les animaux colorés de cetteF,,
c’est-à-dire àgénotype ü,
on a :1
. - 27
poulets
Sussex X(coq C 4
Xpoules ee)
dont 17appartiennent
aux
catégories
4 ou 5(présence de e + ).
2
. - 9
poulets
Sussex X(coq C,
Xpoules ee)
dont 3 manifestent laprésence
de e+.Ce
gène
e+ vient du parent Bresse : les coqsC 4
etC,
avaient legéno- type
Ee+.I,es autres coqs Bresse n’ont pas eu de
petits
enfants et lespoules
Bresse n’ont pu être
analysées
car dans le croisement A X(A
XB),
lescoqs « A » avaient tous un
phénotype [e + ] plus
ou moins net.c)
Con.clusion.Sur les 15
sujets
Bresse testés pour la série E :i est EE
2 sont Ee+
12 sont Ee ou Ee+
L’hétérozygotie
pour E dans la presque totalité des cas est intéressante à noter car l’éleveur ne devrait paspouvoir
orienter ce caractèrequi
estcaché par le blanc dominant. La recherche du c!
type
» Bresse favorisepeut-être l’hétérozygote
à moins que ce ne soit la sélection naturelle.Le nombre d’animaux étudiés estcependant trop
faible pourqu’on puisse généraliser
ces résultats à toutes les Bresse Blanches.III. - Le
couple Argenté-Doré
lié au sexeD’après
STURTEVANT et DAVENPORl’, les couleursargentée
et doréede la
plume
sont dues à 2allèles,
S et s,portés
par le chromosome sexuel(auteurs
cités parHuTT, zgq.g).
La manifestation de ces
gènes
a été étudiée par de nombreux auteurs,en
particulier
MERAT(ig 55 ) :
enprésence
dugénotype Ii,
le doré dû augène
s est normalementprésent
alors que lepigment
noir estsupprimé,
d’où la
possibilité
d’oiseaux blancs et rouges.Le tableau III
indique,
par sexe, lesphénotypes
que nous avons obtenus enF 1 .
- Le croisement B X A ne donne que des animaux
argentés,
sauf2
coquelets qui
avaientquelques plumes ayant
du doré(catégorie 10 ).
Le
génotype
de toutes lespoules
« A » était s. Il estprobable
que dans ces2 cas on a une manifestation de l’allèle s chez des mâles de
génotype
Ss.On
peut
donc considérer que cetteF I
a lephénotype
uniforme[Sj,
c’est-à-dire que les coqs Bresse avaient le
génotype
SS.- Le croisement A X B donne :
1
0 Des mâles à
phénotype
«argenté
».2
0Des femelles à
phénotype
« doré ».3
°
3 coquelets
de lacatégorie
10pourlesquels
la remarqueprécédente peut s’appliquer.
4
0 9
poulettes
sansplume
dorée( 2
dans lacatégorie
I et 7 dans lacatégorie 2 ).
Or legénotype
de leurpère
était ss etaccouplées
avec descoqs
« A », qui
étaientégalement
ss, dans laF 2
A X(A
XB),
elles n’ont donné que des enfants àphénotype [s].
Chez cespoulettes
dont legéno- type
est(Ii, s-),
legène
Iempêche
la manifestation dugène
s. Il sepeut également
que laprésence
de l’allèle E(catégorie 2 )
favorise lephénomène.
Si on considère dans ce croisement que tous les
coquelets
ont lephénotype
«argenté
», onpeut
conclure que lespoules
Bresse avaient legénotype
S-.Il résulte de ces données que les Bresse étudiées étaient
homozygotes
pour l’allèle S.
IV. - Les dessins du
plumage
Parmi les animaux obtenus dans la
F 2
S X(B
XA),
5poulets
des-cendant du coq Bresse n°
C,,
avaient desplumes
barrées à 8 semaines :2 mâles et i femelle de la
catégorie
5 et 2 femelles de lacatégorie
6.Dans la
F 2
A X(A
XB) ,
ce caractère a étéobservé
chez 2poulettes ;
l’une de
catégorie
12, descendait de lapoule
Bresse n° 237, l’autre decatégorie
z4, de lapoule
Bresse n° 239.Le faible nombre des observations rend
l’interprétation
délicate.Cependant
lesparents
Sussex et « A » de ces croisements n’étaient pas barrés. Deplus,
la barrure observée était dutype autosomal,
due augène
secondaire du
plumage Bg d’après
KIMBALL(z9!3).
La
population
de Bresse étudiée ne semble pasporter
legène
B, barrure liée au sexe, sinon lescoquelets
non I du croisement S X(B
XA)
auraient
présenté
cette barrure. Mais les 3sujets
cités(C 4 ,
237 et239)
devaient
porter
legène Bg
cequi explique
les observations faites enF 2 . Signalons qu’à
laStation,
BOYER( 195 8)
a observéquelques
casdebarrure autosomale chez des
poulets
issus d’autres croisements Bresse.V. - Phénomènes de coloration retardée
a)
Croisement A X BParmi les 51
poulets qui
ont lephénotype [S]
à 8 semaines(q. 2
f et9
Q
descatégories
I et2 ), 39
mâles et 9 femelles avaient du duvetjaune
àl
jour,
3 mâles un duvetjaune
avec des taches rouges. Ces 3poussins
avaient le
génotype
Ss et l’allèle s s’est manifesté par ces taches rouges mais cette manifestation adisparu
à 8 semaines.Parmi les 44
poulets
àphénotype [s]
à 8 semaines( 3
q etq.z !
descatégories
7, 9 et10 )
les 3 mâles et 21 femelles avaient un duvetjaune
tandis que les 2o autres femelles avaient un duvet
jaune
avecplus
oumoins ‘de rouge. On observe donc une fois sur deux une relation rouge dans le duvet -
plumage junévile
doré. M!RA’r(zg 55 )
a trouvé un fac-teur de coloration retardée
analogue
dans certains croisements Gâti- nais X Rhode. Or letroupeau
« A »provient
enpartie
de ces croise-ments, ce
qui peut expliquer
lephénomène. Remarquons
iciqu’une expli-
cation
simple
consiste à supposer que les coqs « A » étaienthétérozygotes
pour un
gène
lié au sexe.b)
Croisement S x(B
XA)
19
poussins jaunes
àrémiges
blanches(catégorie i)
ont donné à8 semaines des
poulets colorés, catégories
3,4 ou 5. Un tel facteur de colo- ration retardée a été mis en évidence chez les Sussex herminés par CocK et PEASE(1951).
II
poussins
noirs(catégorie 6)
ont donné à 8 semaines despoulets
decatégorie
5 où larépartition
du noir est celle dutype
sauvage. KiMBe!,r,(
I953
)
a observé cephénomène
chez certains animaux ayant legénotype
!e+. I,e coq Sussex ne semble pas en cause
ici, puisque
le E vient dugrand- père
Bresse.c)
Croisement A x(A
XB)
- 2
poussins jaunes (catégories
7 et9 )
ont donné despoulets
noirs(catégories
14 et12).
- 8
poussins
sans rayure(catégorie II )
ont donné despoulets
àsous-plumage gris (catégorie 12 ).
- 2
poussins rayés (catégorie 13 )
ont donné despoulets
noirs(catégorie 14).
Ces faits de coloration retardée se retrouvent chez certains ani-
maux « A ».
D’autre
part :
- 27
poussins
noirs(catégorie 14 )
ont donné despoulets
rouges et noirs à 8 semaines(catégories
12 etr 3 ).
- 8
poussins
rouges et noirs(catégories
m à14 )
ont donné despoulets
rouges et blancs à 8 semaines(catégories
7et8).
Il
s’agit
ici d’une décoloration retardéequi
se trouveégalement
chezcertains animaux du
troupeau
« A ».Ces
quelques
observations montrent que lephénotype
dupoussin
necorrespond
pastoujours
à celui dupoulet
à 8 semaines. Dans presque tous les cas, le coq semblejouer
un rôleimportant,
mais on nepeut
pas savoir si ces facteurs de coloration ou de décoloration retardées sontpré-
sents chez la Bresse.
2
e PARTIE
AUTRES
CARACTÈRES EXTÉRIEURS
I. -
L’empltimement
lié au sexeCe caractère est sous la
dépendance
d’uncouple
degènes portés
par le chromosome sexuel : l’allèlek, qui
conditionnel’emplumement rapide,
est récessif par
rapport
à l’allèle K,responsable
del’emplumement
lent(S!R!BROVSKy,
cité par HuTT,I949) !
Les
poussins
ont été observés à l’éclosion selon la méthode de WAR-R
EN
( 1953 ) :
lespoussins
àphénotype [k]
ont lesrémiges plus longues
que les couvertures, tandis que les
poussins [K]
ont cesrémiges plus
courtes.
Dans les croisements B X
A,
A X B, et A X(A
XB),
tous les pous-sins ont le
phénotype [k].
Or les coqs et lespoules
« A » étaient tous homo-zygotes
pour legène
k.Les
sujets
Bresseanalysés
étaient donchomozygotes
pour legène k, emplumement rapide
lié au sexe.II. - La couleur
des pattes
Il
s’agit
de la peauqui
recouvre le tarso-métatarse etqui peut
varier du blanc au noir enpassant
par lerosé,
legris,
lebleu,
le vert et lejaune.
a)
La patte jauneCette couleur est due à une accumulation de
xanthophylle
dansl’épi- derme,
sous l’action dugène
autosomal récessif w ; son allèle W inhibe cette accumulation : BAT!so!r(cité
par HuTT,1949 ),
Duxx(1925).
Dans le croisement B X
A,
IIpoules
sur les 2zqui
ont eu des enfants étaient !Vw. Aucun de ces enfants n’avait lespattes jaunes.
On peut doncpenser que les coqs Bresse étaient
homozygotes
BVBV.Dans le croisement A X B, 2coqs sur les 3 utilisés étaient !!’w, mais
aucun enfant n’avait les
pattes jaunes.
Onpeut
alors penser que les pou- les Bresse sontégalement homozygotes
W!!’.Le fait est d’ailleurs confirmé par la
F 2
A X(A
XB)
où 16poulets
sur 35o avaient des
pattes jaunes.
Ici encore, 2 coqs sur 3 avaient legéno- type
VVw. Ensupposant
lespoules
Bresse WU7on devait obtenir 19 pou- lets àpattes jaunes,
nombre en accord avec cequi
a été réellement obtenu(probabilité supérieure
à0 , 30 ).
Finalement,
tous lessujets
Bresseanalysés
étaienthomozygotes
pour legène
W.b)
La patte bleueCe caractère est du à un
dépôt
de mélanine dans le derme de la peau,l’épiderme n’ayant
aucunpigment (B ARRO WS, i9i4).
ledépôt
der-mique
est sous ladépendance
d’ungène
récessif lié au sexe,id ;
l’allèle Id inhibe cette action : DAVENPORTpuis
PuNNET(auteurs
cités par HUTT,1949
),
DUNN(1925).
Tous nos animaux Bresse avaient les
pattes
bleues. C’est d’ailleursun caractère racial pour ces volailles. Il
paraissait
donc évident que cesanimaux étaient
homozygotes
pour l’allèle id.I>’autre
part,
lessujets
« A » utilisés ont pu être testés sur la descen-dance,
ayant servi commereproducteurs
normaux dutroupeau
« A » : :tous les coqs avaient le
génotype
Id Id et lespoules
legénotype Id-,
sauf une
qui
était id-.Or les croisements entre « A » et Bresse ont donné une
grande
varia-tion dans la couleur des
pattes,
cequi
laisse supposer que d’autres fac- teurs sont en cause. Selon de nombreux auteurs tels que HUTT( 1949 ),
S T U RKI
E et al.
(i 937 )
ouJEFF R E Y (i 947 ),
l’allèle E renforce l’action de id tandis que lesgènes
c, I B,S,
ladiminuent ;
M!,RA’r(i 95j ) suggère
que la manifestation de lapatte
bleutée nécessite un récessif autosomal chez lespoulettes
etplusieurs couples
degènes
chez lescoquelets.
Pour nos
analyses,
4 classes ont été faites :pattes blanches, bleues,
noires et
grises.
Cette dernièrecatégorie
esthérétogène,
ellecomprend
despattes grisâtres, grises plus
ou moins bleutées ou seulementquelques
tachesgrises.
- CROISEMENT B X A
La
poule
« A »à pattes
bleues a eu 8 descendantsqui
avaient tous lespattes
bleues à 8 semaines. Les autrespoules
avaient les pattesblanches, génotype
Id-. Elles ont eu 93enfants,
47 femelles et4 6
mâles.- Observations à 8 semaines.
Sur les 47
poulettes :
43 ont les
pattes
bleues2 ont les
pattes grises
2 ont les
pattes
blanches.Ces 2dernières ont été éliminées à cause de leur
poids
insuffisant et leur sexe,ni leur
phénotype,
n’a pu être vérifié. Apart
ces 2 cas, lespoulettes
de cecroisement ont les
pattes
colorées comme ,leurpère.
Ce fait est conformeaux lois de l’hérédité liée au sexe : les coqs Bresse sont
homozygotes
idid.Parmi les
4 6 coquelets :
12 ont les pattes bleues 31 ont les pattes
grises
3 ont les
pattes
blanches.En
supposant
que legénotype
des coqs Bresse est idid,
cequi
est vérifiépar l’observation des femelles
(B
XA),
cescoquelets
ont legénotype
Idid bien que
présentant
despattes
colorées. BARROWS( 1914 )
a observédans le derme des coqs Id id une certaine
quantité
depi’gments
méla-niques.
Onpeut
penser que le contextegénotypique joue
un rôleimpor-
tant dans l’intensité de
production
dupigment
noir. Autrementdit,
legénotype
influe sur la manifestation deid,
cequi
entraîne une dominanceincomplète
de Id dans certains cas.- Observations à l’éclosion.
D’après
STURKIEet al.(ig 37 ),
la colorationcomplète
de lapatte
due àid,
est difficile à voir avant 2 mois etd’après
HuTT( 1949 )
avant 3 mois.Or
parmi
les 93poussins (B
XA)
issus depoules
« A »à pattes
blan-ches, certains avaient des
pattes grisâtres
ou « fumées », d’autres despattes claires,
selon larépartition ci-dessous : ,
pattes
claires : 40 mâles - 9 femellespattes grisâtres :
6 mâles -3 8
femelles.Le croisement de coqs Bresse
(id id)
avec despoules
« A» (Id-) permet
donc à la naissance un sexage avec 16 p. 100 d’erreurs - 15 cas aberrants sur93 -
grâce
à la couleur despattes.
A la
station,
MERA’i( 195 8, b),
avait obtenu 25 p. 100 d’erreurs avecdes croisements Bresse X Faverolles et Bresse X Rhode Island. Ces
pourcentages
sonttrop grands
pourpermettre
un sexage commercial. Il estcependant
intéressant de constater ces différences decoloration,
mêmefaibles, qu’on peut
supposer liées à l’allèle id :on’pourrait peut-être
sélec-tionner cette
aptitude
au sexage dès l’éclosion.- CROISEMENT A X B
A
l’éclosion,
on avait 19poussins
àpattes grisâtres
et 107 àpattes claires,
tandisqu’à
8semaines,
75 animaux sur 95 ont despattes
coloréesrépartis
comme suit :3 animaux à
pattes
noires : i ! et2
34
animaux à
pattes
bleues :i6 !
et1 8 $ 3
8
animaux àpattes grises :
21 çq et17 Y
20 animaux à
pattes
blanches : 7 f et13
Si les
coquelets
sont(Id id), l’hypothèse
de la dominanceincomplète
de l’allèle Id
peut expliquer
la variabilité observée. Mais lespoulettes
sont sûrement
(Id-)
etprésentent quand
même despattes
colorées.Dans le
troupeau
« A » ilapparaît quelquefois
dessujets
àpattes grises
oubleues,
mais lafréquence
est très faible : o,i à o, p. 100.Ainsi,
les coqs « A » de ce croisement au cours de leurreproduction
normale en1957 avec des
poules
« A » àpattes
blanches ont donné un seul enfant ayant despattes
colorées sur42 6
descendants à 8 semaines.Il faut alors admettre que les
pattes
colorées despoulettes (A
XB)
viennent des mères Bresse, autrement dit que des
gènes
autosomaux sonten cause pour ce caractère.
Une relation
possible
avec la sérieallélique
E estindiquée
dans letableau IV où il
apparaît qu’une grande proportion
depattes
coloréesse trouvent chez des animaux
portant
l’allèle E. Chez cespoulets
la mani-festation du noir sur le
plumage
est inhibée par legène
I, tous ces ani-maux
ayant
legénotype
Ii. Chez certains animaux àphénotype [IE]
le
gène
1 ne semble pas inhiber ledépôt
de mélanine dans la peau des tarses.- CROISEMENT A X
(A
XB)
Dans cette
F,,
le chormosome sexuel duparent
B n’est pasreprésenté,
tandis que les autosomes le sont.
Or on observe encore une variabilité dans la couleur des
pattes.
Danscette
F.,
onpeut également
mettre en évidence la même relation couleur despattes
- sérieallélique
E, aussi bien chez les animaux non I où le noir semanifeste,
que chez les animaux I où il est caché.Chez les animaux à
génotype
ii(tableau V)
lespattes
coloréesn’appa-
raissent
qu’avec
l’allèle Eou l’allèle
e+ : lespattes
noires semblent favo- riséespar E
et les bleues par e+. Lespattes
blanchesapparaissent
avecn’importe quel génotype.
Chez les animaux à
génotype
Ii(tableau VI),
cette relation estmoins nette mais
ici,
les erreurs de classification parcatégories
sont sansdoute
plus fréquentes.
La relation E -
patte
noire n’est pas étonnante : HuTT( 1949 ) puis
B
OYER
( 195 6) signalent
cette actionpléiotropique
de l’allèleE, dépôt
de mélanine dans
l’épiderme
et la couche cornée de celui-ci.I,’apparition
depattes
bleues ougrises
chez des animauxportant
l’allèleId, suggère
laprésence
d’un facteurempêchant
l’action inhibitrice de Id sur la mélanisation du derme.L’hypothèse
d’ungène
autosomaldominant
ayant
cette action etprésent
chez la Bressepermet d’expliquer
les résultats obtenus dans nos croisements : la dominance
incomplète
deId chez les mâles Id id et la
présence
depattes
colorées chez desanimaux,
en
principe homozygotes
pour l’allèle Id. Cefacteur,
s’ilexiste,
n’est pasprésent
à l’étathomozygote
chez toutes les Bressepuisqu’il apparaît
des
pattes
blanches dans laF i (A
XB)
et chez lescoquelets (B
XA).
Il
s’agirait
en somme d’un inhibiteurd’inhibiteur,
comme on enconnaît en
génétique physiologique,
parexemple
chez leNeurospora.
EN
RÉSUMÉ,
onpeut
dire que : 1W Les Bresse testées sont
homozygotes
pour legène
id lié au sexe.2
0 Dans les croisements coqs Bresse X
poules Id,
cette hérédité liéeau sexe se manifeste
plus
ou moins tôt etplus
ou moins nettement.3
0 Les Bresse semblent porter un facteur autosomal dominant
empê-
chant l’action de Id ce
qui explique l’apparition
depattes
bleues ougrises
chez des croisés Bresse
qui
par ailleursportent
l’allèle Id.CONCLUSIONS Il résulte de cette étude :
i
o Les Bresse Blanches
analysées
sonthomozygotes
pour I, blancdominant,
etS, argenté
lié au sexe. I,a combinaison de ces 2gènes
donne le blanc pur de la race.2
° En ce
qui
concerne lescryptomères
duplumage
blanc :- la série noire est
représentée
par unmélange
de E et de ses allèlesrécessifs. Une
poule
étaitEE,
2 coqsFe + ,
les autres animaux étant Ee*ou Ee.
- certains animaux
portent
legène Bg,
barrure autosomale. legène
B(barrure
liée ausexe)
ne semble pas exister.3
° Pour les autres caractères étudiés :
- les animaux
analysés
étaienthomozygotes
pour legène k, emplu-
mement
rapide
lié au sexe ;- ils étaient
homozygotes
pour legène
W,épiderme
du tarse inco-lore et le
gène
id lié au sexe, mélanine dans le derme : l’ensemble donne despattes
bleutées.Cependant
la Bresse sembleporter
un facteur autosomal dominantqui empêche
l’action deId,
cequi
donne en croisement dességrégations complexes
pour la couleur du tarse. D’autrepart
les allèles E et e+ sem- blent favoriser lapigmentation
du tarse.- Enfin des
phénomènes
de coloration et de décoloration retardées ont été observés mais ils ne semblent pas dus auxparents
Bresse.4
°
Pour cequi
est de l’utilisationcommerciale,
la race Bresse Blancheest intéressante à
plusieurs points
de vue :- La
présence
de 1 permet d’obtenir en croisement des animaux àplumage
blanc etsous-plumage clair,
d’où une meilleureprésentation
àl’abattage.
Pour améliorer ce caractère onpourrait
éliminerprogressive-
ment l’allèle E ce
qui supprimerait
sans doute lesquelques
taches noires observées sur leplumage
desF i .
- La
présence
de MTpermet
d’obtenir enF i
despoulets qui
n’ontpas les
pattes jaunes.
Deplus
onpeut espérer
sélectionner une souche de Bresse où les coqs donneront des croisements sexables à l’éclosiongrâce
àla couleur des
pattes,
ceci avec une sureté suffisante.- Enfin les
poulets
de race Bresse sont connus pour leursqualités gustatives
cequi,
dans le cadre d’unepolitique
dupoulet
dequalité,
doitêtre très favorable à cette race.
SUMMARY
1
° The White Bresse analysed are
homozygote
for I, dominant white,and S, silver sex-linked. The combination of these two genes
gives
the pure white of the breed.2
° With
regard
to the cryptomeres of the whiteplumage :
- The black series is
represented by
a mixture of E and its recessive alleles. One female was EE, 2 males Ee+, the other birdsbeing
Ee!- or F,e.- In certain birds is found the gene
Bg,
barred autosomal. The gene B(barred sex-linked)
does not appear to exist.3
0 For the other characteristics studied :
- The birds analysed were
homozygote
for the gene k,rapid feathering
sex-linked ;-
They
werehomozygote
for the gene W,epidermis
of the tarsus colour-less and the gene id sex-linked, melanin in the dermis : the whole
gives
bluishshanks.
However there seems to be found in the Bresse a dominant autosomal factor which prevents the action of Id, which
gives
in crossescomplex
segre-gation
for the colour of the tarsus.-
Finally phenomena
of retarded colouration and discolouration have been observed but they do not seem due to the Bresse parents.4
° With
regard
to commercialutility,
the White Bresse breed is inte-resting
from severalpoints
of view :- The presence of I makes it
possible
to obtain bycrossing,
birds withwhite
plumage
andlight
down feathers, whichimproves
theirpresentation
whenslaughtered.
Toimprove
this character itmight
bepossible
to eliminate pro-gressively
the allele E which wouldcertainly
get rid of the few black spots observed on theplumage
of theF l .
- The presence of W makes it
possible
to obtain inF’ 1
chicks which do not haveyellow
shanks. Moreover there is ahopefull possibility
ofselecting
astrain of Bresse where the males
give
crosses whose sex can be determined athatching
thanks to the colour, and with sufficientcertainty.
-
Finally
Bresse chicken are known for theirgustative qualities
which, whenconsidering
ahigh quality
bird, is agood point
in favour of this breed.RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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