ÉTUDE DU BESOIN AZOTÉ CHEZ LE PORC EN CROISSANCE
1)
UTILISATION DE LA FARINE DE POISSON A TROIS TAUX DII-’FËRENTSA. RÊRAT Y. HENRY
avec il collaboration technique de J. !!. lhois;AIJ, II. BousorHr et 1;. W ca-wD Station de Recherches sur
l’Elevage
des Poycs,Centre national de Recherches
zootechniques, Jouy-en-Josas (Seine-et-Oise)
SOMMAIRE
Le besoin azoté chez le Porc en croissance est étudié à l’aide de trois
expériences
successivesau cours
desquelles
il a été procédé à l’administration de trois taux différents d’une farine depoisson
de
Norvège, d’origine
et decomposition
connues, dans desrégimes semi-svnthéti!.lues.
Outre lasource azotée, les
régimes
renferment 5 p. 100d’huile d’arachide, 5 p. joode
cellulose de bois. unmélange
minéral etvitaminique
et desproportions
variables d’amidon de maïs(valeur fourragère
1 ,
20U 1!). Les critères choisis sont la vitesse de croissance, la consommation, la rétention azotée et la
composition
corporelle.Dans une
première expérience (A),
3lots de m porcsreçoivent,
entre 20et go kg depoids
vif,des
régimes
renfermantrespectivement
16, 12 et 8 p. 100 de matières azotées totales. La même étude(expérience a)
est réalisée sur 3 lots de 4animaux élevés en cages à métabolisme, entre 30et go-iookg
depoids
vif,pendant
12 semaines, afin depréciser
l’évolution de la rétention azotée enfonction du taux azoté et de
l’âge.
Une troisièmeexpérience
(B), portant sur 3 lots de 10 porcs, a pour objet de comparer desrégimes
contenant 3taux différents deprotéines
depoisson
et décrois-sants au cours de trois
périodes
successives : zo-45 kg, 45-68kg
et 68-go kg,respectivement
i6-t4
-ro; 12-10,,5-7 et 8—7—5 p. ioo pour les 3lots. Les animaux sont alimentés, dans les
expériences
A et B, en semi ad libiiiim, et dansl’expérience
a, suivant la méthode «paired feeding
»de N1ITCIII:LL.
D’après
l’ensemble des critères, ilapparaît
que le besoin azoté pour une croissance et une réten- tion azotéeoptimum
est représenté par 16 p. 100deprotéines
depoisson
entre 20et 45kg
depoids
vif, 14 p. 100entre 45et 68kg
et 12p. 100entre 68 et go kg, soitrespectivement
115, 100et 85g de matières azotéesdigestibles
par unitéfourragère.
Ces estimations sont inférieures aux recomman-dations américaines du National Research Council. ou
françaises,
mais sontcomparables
aux normesdanoises : ces écarts sont dus à des différences dans la nature des sources azotées. Le besoin azoté
quantitatif
n’a ainsi de réellesignification
que si on le détermine par rapport à uneprotéine
de réfé-rence, d’une bonne efficacité pour la croissance, ou mieux sous la forme de besoin en acides aminés
indispensables.
En ce
qui
concerne l’évolution de la rétention azotée, elle varie selon lepoids
de l’animal et letaux de matières azotées dans le
régime ;
àchaque
niveaud’ingestion
azotée, la rétention suit uneallure
parabolique,
la valeur maximum étant d’autantplus grande
et atteinte d’autantplus rapi-
dement que le niveau
d’ingestion
est luianêmeplus
élevé.INTRODUCTION
Le besoin azoté du Porc en croissance est
généralement
défini par le taux mini-mum de matières azotées dans le
régime qui
assure la croissance maximum à diffé- rentsâges
de l’animal.Cependant,
comme MITCHELL le faisaitdéjà
remarquer en 1935, il ne suffit pas de tenir
compte uniquement
de la vitesse decroissance ;
on saiten effet que le
gain
depoids présente
desproportions
variables de tissus musculaireet
adipeux.
Aussi la connaissanceprécise
du besoin azoté doits’appuyer
sur d’autrescritères
d’efficacité,
enparticulier
laqualité
de la carcasse et la rétentionazotée,
déterminées soit par la méthode desbilans,
soitd’après l’analyse chimique corporelle
au début et à la fin de la
période expérimentale.
Lapremière
méthodeprésente l’avantage
de rendrepossible
l’étudedynamique
du besoin azoté par la détermina- tion du taux de matières azotéesqui permet
la rétention maximum aux différents stades de la croissance.Il existe un
grand
nombre de données concernant le besoin azoté du Porcdepuis
le sevrage
jusqu’au poids d’abattage. Cependant,
cesestimations, qui
ont été éta-blies
d’après
des études decroissance,
decomposition corporelle
et debilan,
et dontles
plus
récentes sontrapportées
dans le tableau i,présentent
des variationsimpor-
tantes selon les conditions
d’expérimentation
utilisées par les différents auteurs.En dehors des facteurs de variation inévitables se
rapportant
à l’animal(race
àvitesse de croissance
plus
ou moinsgrande, aptitude
à lasynthèse musculaire)
etau
milieu,
il v a lieu dedistinguer
les facteurs d’ordrealimentaire,
liés au mode d’ali- mentation(alimentation
à volonté ourationnée)
et à lacomposition
durégime.
Enparticulier,
lesrégimes
utilisés consistent laplupart
dutemps
en desmélanges
deplusieurs
sourcesazotées, d’origine
et decomposition plus
ou moins bien connues.La
complexité
de telsrégimes
rend difficile l’établissement de normes deportée générale.
Deplus
- et c’est là le facteur leplus important
- laqualité
desmélanges
azotés
employés présente
des variations degrande amplitude
et l’on sait que lesquantités
deprotéines
àapporter
à un animal pour couvrir sesdépenses
sont fonc-tion de la valeur
biologique
de cesprotéines.
A cetitre,
les recommandations amé-ricaines,
formulées àpartir
derégimes
à base demaïs-soja,
ne sont pas forcémentapplicables
dans les conditions del’élevage français ;
il en est de même des formules dutype
céréales-lait écrémé utilisées dans les pays scandinaves. En outre, la compo- sition de la fraction azotée n’est pastoujours
maintenue constante au cours de l’ex-périence,
comme c’est le caslorsque
lesproportions
des constituants(céréales,
tour-teaux)
entre eux sont modifiées pour faire varier le taux azoté. Il est alors difficile, dans les résultatsobtenus,
de faire lapart
du taux azoté seul et de lacomposition
de la fraction azotée
qui
achangé
entretemps.
Un autre facteur de variation consiste dans la
présence
desantibiotiques
dansles
régimes.
De nombreux auteurs(CurrHa
etal.,
ig5o ; CATRON et al .,1952 ; BVAL-LACE et
al.,
1954 ; WAHLSTON etal.,
Ig54 ; HOEFER etal.,
1952 ; BuR!rsiD! etal.,
Ig
54 ;
JE.NsE--,!
etal.,
zg55 :MEA D E, 195 6)
ont montré en effet quel’emploi
des anti-biotiques
entraîne une diminution du besoin azoté. L’actiond’épargne
des anti-biotiques
sur l’azote a d’ailleurs pu être démontrée(F RANÇOIS
etM I C H E L , zg56 ;
FÉVRIER et
D UMON T,
1957 ;RÉ RAT , ig6o)
et l’oncomprend
que leur introduction dans lerégime risque
de modifier le besoin azoté de l’animal.Les observations
précédentes
nous ont conduit à déterminer le besoin azoté chez le Porc encroissance,
en utilisant desrégimes semi-synthétiques,
sans antibio-tiques,
et renfermant desproportions
variables d’une source azotéed’origine
et decomposition
connues.MATERIEL
ETTECHNIQUES
La source azotée choisie pour ces études est une farine de
hareng
deB’orvège
connue pour la constance de sacomposition
et pour sa haute valeurbiologique,
peu affectée par les traitementstechnologiques (RÉ RA T
et LOUGNON, 1963). Troisexpériences
successives sont ainsi réalisées surdes porcs de race Large White, entre 20et 90
kg
depoids
vif. Les critères choisis pour connaître l’influence du tauxd’incorporation
de cette farine depoisson
dans desrégimes semi-synthétiques
sont la vitesse de croissance, la consommation, la rétention azotée et la
composition corporelle.
Expé y ience
ATrois lots de m
porcelets après
sevrage et pesant audépart
entre 20et 25kg
sont constituéssuivant la méthode des blocs. A l’intérieur de chaque bloc, les animaux issus d’une même portée
sont choisis de même sexe et de même
poids ;
ils sont ensuiterépartis
au hasard suivant les lotsI A
, IIA, IIIAet
reçoivent
desrégimes
renfermantrespectivement
ai,6-i6,z et 10,8 p. 100de farine depoisson,
soit 16, 12et 8 p. 100de matières azotées totales : ces taux sont maintenus constantspendant
toute lapériode
entre 20et 90kg.
Le tableau 2donne lacomposition
desrégimes,
ainsi que les teneurs en acides aminés de la farine depoisson,
déterminées selon la méthode chromatogra-phique
de MooaE et STEIN(FAUCONNEAU et PION, 1963).Les animaux, élevés en
loges
individuelles, sont alimentés en semi ad libituvra à raison de 3repas courts de 20à 30minutes parjour,
à 7 h, 13 h et 17 h 30(LEROY
et FÉVRIER, 1947,1949 ).
Ils sont pesés à intervallesréguliers (tous
les 14jours) et les consommations de nourriture sontenregistrées quotidiennement.
Après abattage,
les carcasses sontpréparées
suivant ladécoupe parisienne
et diverses mesures! , ,
/poids
net XiooB , .
! ! ! ! i !(Rein
+ Dos’)sont effectuées : rendement
-———
r-,
——
r-
——
; épaisseur
moyenne du lard dorsal( Rein + 2 Dos
;pourcentage de morceaux
maigres (jambon
-!--longe)
et de morceaux gras(bardière
!-panne)
par rapport aupoids
net de la carcasse.Expérience
aUne deuxième
expérience,
utilisant les mêmesrégimes
queprécédemment,
est conduite encages à métabolisme au cours d’une
période
totale de 12semaines, entre 30et 90-100kg
depoids
vif
(suivant
leslots).
A cet effet, 4blocs de 3 porcs mâles castrés, issus d’une même portée et demême
poids
initial( 30
kg) sont constitués. Au cours d’unepériode préliminaire d’une
semaine, les animauxreçoivent
lerégime
1 à r6 p. 100deprotéines
depoisson ;
ils sont ensuiterépartis
suivantles
régimes
Ia, liaet IIIu, renfermantrespectivement
16, 12 et 8 p. 100deprotéines
depoisson.
Au début de
l’expérience,
les animaux des 4blocs sontâgés respectivement
de 1 II, 120, Ils et 137jours,
soit 120jours
pour la moyenne du lot.A l’intérieur de
chaque
bloc, lesquantités
de nourriture distribuées sont les mêmes pour les 3 lots(méthode
«paired feeding
» de MiTCH!r.L, i93o,1943 ) ;
elles sontajustées
aupoids
de l’animalqui
a la croissance laplus rapide,
selon leplan
de rationnement suivant :En cas de refus de la part d’un des animaux, les
quantités
offertes sont réduites dans les mêmesproportions
pour les deux autres animaux du bloc.Les excreta sont collectés au cours de 12
périodes
successives de 6jours
séparées par unjour
derepos hebdomadaire. Les émissions fécales sont
pesées quotidiennement
à l’état frais etaprès
dessi-cation à 70° C. A l’issue de la
période
de 6 jours, les excrétionsjournalières
sont rassemblées,broyées,
et un échantillon est
prélevé
en vue de la détermination de l’azote par la méthode de KJELDAHL.L’urine est recueillie dans 5o cc d’acide
chlorhydrique
à 30 p. 100 ; desparties aliquotes journalières
sont réunies dans un flacon et stockées en chambre froide à 3-4° C.
Après ajustement
à un volumeconnu, on
procède
àl’analyse
de l’azote.Les animaux sont
pesés
une fois par semaine ; en find’expérience,
ils sont abattus et les car-casses sont
découpées
suivant la méthodeexposée précédemment.
Expérience
BTrois lots de 10
porcelets après
sevrage,répartis
par blocs de trois(même
portée, même sexe, mêmepoids)
sont soumis, comme dansl’expérience
A, à trois taux différents deprotéines
depoisson
etréduits au cours de 3
périodes
successives : 2o-45kg,
45-68kg,
68-gokg,
les intervalles depoids
étantles mêmes que ceux donnés par le National Research Council dans ses recommandations. Les taux de
protéines
sont réduits dans les mêmesproportions
pour les 3lots, soit :La
composition
desrégimes
estrapportée
dans le tableau 2. De même que dansl’expérience
A,les animaux sont élevés en
loges
individuelles et alimentés en semi ad libitum, avecenregistrement
des consommations
journalières.
Les pesées ont lieu une fois par semaine et, àl’abattage,
les mêmesmesures que
précédemment
sont effectuées sur la carcasse.Les calculs
statistiques
ont été effectués suivant la méthoded’analyse
de variance(Srr E nECOx, 1956).
RÉSULTATS
A)
Croissance et consommation10
) Expérience
A(tabl.
3,fig. 1 ).
Afin d’établir des
comparaisons
entre lesexpériences
A et B, il a étéprocédé,
dans
l’expérience A,
à undécoupage
de lapériode
totale en 3sous-périodes :
20-45kg, 45
-68 kg
et68-go kg.
Les résultatscorrespondants
sontrapportés
dans le tableau 3. Legain
moyenjournalier,
calculé sur lapériode totale, augmente
avec le tauxprotidique ;
il passe de5 94 g pour 8 p.
100deprotéines
à6 7 6 g pour
12p. 100et 7 04 g pour
16 p. 100. La consommation
journalière
estpratiquement
la même d’un lot àl’autre,
tandis que l’indice de consommation est amélioré d’une manière
significative
entre8 et 12 p. 100 ; entre 12et 16 p. 100, il
n’y
aplus
d’amélioration sensible de ce dernier critère. Le coefficient d’efficacitéprotidique (C.!.P.)
est maximum au taux de 8 p. iooet décroît linéairement
lorsque
le taux azotéaugmente.
Si l’on considère les troissous-périodes,
ons’aperçoit
que la vitesse de croissanceaugmente
linéairement avec le taux azotéjusqu’à
68kg,
maisqu’au delà,
la meilleure croissance est obtenue avecle
régime
à 12 p. 100 deprotéines (terme quadratique significatif
au seuilo,io).
En ce
qui
concerne la consommationjournalière,
les variations sont faibles à l’inté- rieur dechaque sous-période. L’indice
de consommation décroîtrégulièrement lorsque
le taux azoté
augmente
entre 20 et 45kg,
mais au cours des deux dernières sous-périodes,
il n’estpratiquement
pas modifié entre 12 et 16 p. 100 deprotéines.
Lesvariations du coefficient d’efficacité
protidique
sont les mêmes aux différents stades de lacroissance,
la valeur maximum étant obtenue au taux de 8 p. 100deprotéines.
L’évolution
dugain
moyenjournalier
en fonction dutemps (fig. i)
fait appa-raître un maximum dès la 4eme
quinzaine
pour les lots I et II, et seulement à la5em
e quinzaine
pour le lot III.2
°) Expérience
a(tabl. 5) :
Les animaux en cages à métabolisme ont réalisé une croissance
supérieure
àceux élevés en
loges individuelles,
bien que le niveau d’alimentation ait étélimité ;
ceci estprobablement
dû au manque d’activité des animaux en cage. Le faible nombre de données nepermet
pas de déceler de différencessignificatives
entre leslots, qu’il s’agisse
de la vitesse de croissance ou de l’indice deconsommation ; cependant,
lesréponses
vont dans le même sens que dansl’expérience précédente.
3°
) Expérience
B(tabl. 4 ).
L’évolution
des critères en fonction du tauxazoté,
entre 20 et 45kg
depoids vif,
est la même que dansl’expérience A,
les meilleuresperformances (croissance,
indice de
consommation)
étant obtenues au tauxsupérieur.
A notercependant
quec’est dans le lot recevant le
régime
leplus
pauvre enprotéines
que legain acquis
parrapport
auxprotéines ingérées
est leplus
élevé.Les résultats obtenus au cours des deux
périodes
suivantes montrentqu’il
n’estpas
avantageux
d’abaisser le tauxprotidique
durégime
à moins de 14 p. 100 pour les animauxprésentant
unpoids
vifde 4 , 5
à 68kg
et à moins de io p. 100 entre 6‘! et go
hg.
B) Di g esti liilité et
rétentiol/ a!otéeio)
l’ériocle totale(tabl. 5)
Les résultats
généraux
concernant ladigestibilité
et la rétention azotées dansl’expérience
a, pour l’ensemble des 12périodes,
sontrapportés
dans le tableau 5. Le coefficient d’utilisationdigestive (C.U.D.)
de la matière sèche est relativement élevé(autour
de go p.roo)
et constant. Par contre, le C.U.D. de l’azote estplus
faible au taux
protidique
inférieur(a 2
p. 100 au lieu de8 7
p. 100 à 12 et 16 p. 100 de matièresazotées).
I,a
quantité
d’azote retenue dans lestissus,
calculée àpartir
des résultats dubilan, augmente lorsqu’on
élève le taux azoté ; en valeurrelative,
le coefficient de rétentiondiminue,
de même d’ailleurs que le coefficient d’efficacitéprotidique,
déterminé
d’après
les résultats de croissance. Un mêmetemps,
la teneur dugain
enprotéines augmente
d’une manièresignificative
avec le taux azoté.2
°) l!¡’(}llfti()1/
ait cows de la croiss(iii^@e(tableaux (i, et 8).
Afin de faciliter la
présentation
des résultats serapportant
aux 12 animauxet aux 12
périodes,
nous avons réuni pourchaque
animal3 périodes
de collectede 6
jours
en uneseule ;
les résultatscorrespondants
sontprésentés
dans lestabl.
6,
7 et 8.Ktant
donné quel’expérience
de bilan aporté
sur unepériode
relativementlongue,
il a étépossible d’étudier,
pour chacun deslots,
larégression
de laquantité
d’azote retenue par
jour (N)
sur letemps (en jours)
écoulédepuis
le début del’expé-
rience. Ceci a
permis
de déterminer la forme de la courbe illustrant l’évolution de la rétention azotée en fonction dutemps (tabl.
(j,fig. 2 ) :
- dans le lot 1
( 1 6
p. 100 deprotéines),
laquantité
d’azoteretenue;]
décroîtlinéairement en fonction du
temps :
- dans le lot II
( 12
p. 100deprotéines),
la rétention azotée n’est pas modifiée d’une manièresignificative
au cours des 12semainesd’expérience ;
sa valeur moyenne est alors de17 , 7I gj,
- dans le lot III, où le taux de
protéines
est abaissé à 8 p. ioo la rétention azotée suit une allureparabolique, l’équation
derégression
étant :La curvilinéarité de la
régression
est hautementsignificative (seuil 0 , 01 ) ;
la valeurmaximum obtenue pour N est 15.44 pour 1 =
4 6 jours, correspondant
aupoids
de
6 5 kg.
Ces résultats montrent que l’évolution de la rétention azotée est fonction d’une
part
del’âge
del’animal,
d’autrepart
du niveaud’ingestion,
et lacomparaison
deslignes
derégression
entre ellespermet
de déterminer le taux deprotéines qui,
auxdifférents stades de la
croissance,
provoque la rétention azotée maximum. Au début de lacroissance,
c’est lerégime
à 16 p. 100deprotéines qui
assure ledépôt
maximumd’azote. Mais à
partir
de la 6esemaine,
c’est-à-dire vers 5okg environ,
le tauxopti-
mum de
protéines
est abaissé à z2 p. 100, ledépôt journalier
étant alors aussi élevéqu’avec
lerégime
à 16 p. 100.De même que pour la rétention
azotée,
nous avons étudié les variations dugain
moyen
journalier
en fonction dutemps (tabl. g, !fig. 2 ).
Si l’on compare les deux séries derésultats,
on met en évidence les faits suivants :- dans le lot
I,
la rétentionjournalière
d’azote diminue avecl’âge,
alors que la vitesse de croissance reste lamême ;
par voie deconséquence,
lepourcentage
deprotéines
dans legain, qui
est relativement élevé en début decroissance,
diminue fortement ensuite(tabl. 6) ;
- dans le lot
II,
la vitesse de croissance évolue selon uneparabole
à courburepeu
prononcée,
tandis que la rétention azotée estpratiquement
constante ; il en résulte que lepourcentage
deprotéines
dans legain
depoids
varie dans de faibles limites(tabl. 7) ;
- dans le lot
III,
la vitesse de croissance et la rétention azotée suivent la même évolution et sont maximum au même moment(après
la7 e semaine).
La diminu-tion de la rétention azotée en fin de croissance dans le lot III
s’explique
du fait quela croissance des animaux a été moins bonne durant cette
période ;
ici encore lepourcentage
deprotéines
dans legain
depoids
varie peu.Si l’on étudie l’évolution de la rétention
azotée,
nonplus
en fonction dutemps,
mais en fonction dupoids
moyen hebdomadaire(en kg),
on obtient une série derelations
analogues
auxprécédentes :
- Pour le lot I, seul le terme linéaire de la relation est
significatif ;
ils’agit
d’une droite
qui
a pouréquation :
N retenu(g/j)
=2 6, 37
- 0,110 P(kg).
- Pour le lot II, la
régression
n’est passignificative (il
en est de même enfonction du
temps)
et N retenu(g/j)
= y,y.- Pour le lot III, la courbe évolutive est une
parabole qui
a pouréquation :
N retenu
(g/j)
_ - 12,42 -!-0 ,8 4
P2 --0,006!.
La curvilinéarité de larégression
est
significative
au seuil 0,01.C) Com!osition corporelle
Les résultats de
composition corporelle
sontrapportés
dans le tableau 10 pour les troisexpériences.
D’une manièregénérale,
lepourcentage
de morceauxmaigres
dans la carcasse
(jambon
!--longe) augmente
et lepourcentage
de morceaux gras(bardière -
panne)
diminuelorsque
le taux de matières azotées dans lerégime augmente. L’épaisseur
moyenne du lard dorsal( rein 2 + dos l diminue
dans les mêmesconditions ;
mais les différences entre lesrégimes
ne sontpas significatives
en raisonde variations individuelles relativement
importantes
à l’intérieur d’un même lot.Il convient de remarquer que les animaux en cages
(expérience a), qui
ont réalisédans tous les cas une croissance
élevée,
sontplus
gras que ceux élevés enloges.
Si l’on compare les résultats des deux
expériences
A et B, on constate que les animaux del’expérience
B sontplus
gras que ceux des lotscorrespondants
del’expé-
rience A. Ceci semblerait
indiquer
que le fait de réduire le taux azoté au cours de la croissance provoque uneaugmentation
del’adiposité
de la carcasse.Cependant,
la
portée
de cette constatation est réduite étant donné que les deuxexpériences
ne se sont pas déroulées à la même
époque
et que lacomparaison statistique
n’estpas
possible.
DISCUSSION
I)
Déteymination du tauxoptimum
deprotéines de Poisson
Le besoin azoté chez le Porc en croissance a, le
plus
souvent, été défini en se basant surquatre
critères designification inégale :
la vitesse decroissance,
la réten- tionazotée,
lacomposition corporelle
et le rendement de transformation de l’alimenten tissus.
Si l’on se réfère aux essais de croissance que nous avons
effectués,
le tauxopti-
mum
d’incorporation
desprotéines
depoisson, exprimé
en matières azotéestotales,
seraitrespectivement
de1 6,
14 et 12 p. 100pour les tranches depoids
vif 23-45kg, 45
-68 kg, 68-go kg.
Cette décroissance du besoin azoté relativement au besoin éner-gétique
est absolumentclassique
si l’on enjuge
par lesexpériences rapportées
dansle tableau i.
Puisque
la vitesse de croissanceaugmente
linéairement avec le taux deprotéines
au cours de lapremière phase
23-45kg,
onpeut
se demander si le tauxoptimum
pour une croissance maximum n’est passupérieur
à 16 p. 100 au cours de cettephase. D’après
des observations récentes(RÉ RA T
et HENRY, données nonpubliées),
la vitesse de croissance n’estcependant
pas accrue defaçon significative
lorsqu’on dépasse
le taux de 16 p. 100 deprotéines
depoisson
dans lerégime,
et cetaux
peut
être considéré commeproche
del’optimum.
Parailleurs,
laquestion
dutaux
optimum pendant
la fin de la croissance n’est pas entièrement résolue.Si l’on se réfère aux résultats de rétention azotée que nous avons
obtenus,
letaux
optimum d’incorporation
desprotéines
depoisson
serait de 16 p. 100jusqu’au poids
vif de 5okg
et de 12 p. 100par la suite. Précisonscependant
que le tauxopti-
mum ne
peut
être obtenu avec la même exactitude que dans lesexpériences précé-
dentes
puisqu’il
n’a pas été utilisé de taux intermédiaire. Ces résultats n’infirment donc pas les conclusions obtenues à l’aide desexpériences
de croissance.En ce
qui
concerne lacomposition corporelle,
sanspermettre
de conclure à untaux
optimum
pour l’obtention d’une carcassemaigre,
lesexpériences
décritesmettent néanmoins en évidence l’influence favorable de l’élévation du taux azoté
sur la
qualité
de la carcasse. Ce fait est en accord avec les résultats de MtTCH!!,r,et HAMiLTON
( I g 35 ),
CeRxo!,r. et al.(r93!-36),
ROBIsaN et al.(m!!2),
!Vm,so! et al.(Igj3) ,
KROPF et al.(r9!9),
STHVHNSONet al.(ig6o),
CLARKet al.( I g6 I ),
KURYVIALet BOWLAND
(m!62),
SEYMOUR et al.(i 9 62),
Gir,r,!2T et al.( I g 62 ).
Bienentendu,
au-dessus d’un certain taux, la
composition corporelle
n’estpratiquement plus
mo-difiée
(WooDM A N
etal., 193 6,
Romso:!,IC ) 40 ).
Précisons néanmoins que certains auteurs(H UDIVIAN
etPÉo, 19 6 0 ,
AuNa! etal., ig6i)
n’ont pas constaté d’influencesignificative
du taux azoté de la ration sur laproportion
de morceauxmaigres
dansla carcasse ; ce fait
peut s’expliquer
par le faible écart entre les divers taux azotés utilisés par ces auteurs et l’abaissement de ces taux dans lesrégimes
en fin de crois-sance.
Enfin,
si l’on enjuge
par l’efficacité alimentaire(indice
deconsommation),
lestaux
optimum
définis sont les mêmes que pour la croissance. Par contre, le rende- ment de l’azoteingéré (coefficient
d’efficacitéprotidique
et coefficient de rétentionazotée)
est d’autantplus
faible que le taux azoté estplus élevé ;
ce résultat est enaccord avec la notion
classique
selonlaquelle
les coefficients d’efficacitéprotidique
et de rétention azotée
présentent
leurs maximum à des taux d’azote pourlesquels
la croissance est loin d’être la
plus rapide (OsBORKE
etM ENDEE , 191 8 ;
BARNES etBOSSHARDT, 1946).
En dehors de cette
exception,
les divers critères utilisés nous ontpermis
d’obtenirdes résultats
convergents
en cequi
concerne le tauxoptimum
deprotéines
à intro-duire dans le
régime
du Porc.A titre de
comparaison
sontrapportées,
dans le tableau il, les recommandations du N. R. C.(National
ResearchCouncil, I gjg) qui représentent
la moyenne desexpé-
riences les
plus
valables exécutées auxEtats-Unis,
ainsi que les recommandationsfrançaises (LEROY, ig 37 ).
I)ans un cas comme dansl’autre,
nos estimations sont infé- rieures aux tauxgénéralement
recommandés. Onpeut
penser que c’est laqualité
des matières azotées utilisées
qui
est cause de cesdivergences.
Parexemple,
l’ali-ment utilisé dans la
majorité
desexpériences
américaines est unmélange
de maïs(8
0
p.100 )
et de tourteau desoja ( 20
p.I oo) ;
l’index d’acides aminés essentiels(IAAH d’Os!R, ig 5 i),
calculé pour cemélange
à l’aide des donnéesd’analyse
de FAUCONNEAU et PION( I g6 3 )
a une valeur de 79 ; par contre, le mêmeindex,
calculé pour la farine depoisson
utilisée dans nosexpériences
est de go.L’utilisation métabolique
de l’azote va donc être meilleure pour la farine depoisson
que pour lemélange maïs-soja,
cequi permet
de réduire lesquantités
administrées. De la mêmefaçon,
les recommandationsfrançaises
sontplus
élevées que nosestimations,
mais elles sont destinées à desrégimes
à base de céréales et de tourteaux(orge-
arachide par
exemple)
dont lesprotéines
ont une valeurbiologique plus
faible que celle de la farine depoisson. Que
l’onpuisse pallier
un déficit de l’azote alimentaireen
quantité
par laqualité
et vice versa, est du reste une notion ancienne(TE RR OINE, 1936)
et certains faitsexpérimentaux
sont venus récemment le confirmer(K RO i
ret
a i.,
1959 ; KRÜG!R etHIITRICIISEN,
1954,; BECKER etal.,
195,! ; RERAT etal., Ig6z). Notons,
parailleurs,
que les normesproposées
par CI,AUSEN( 19 6 3 )
au Dane-mark,
pour desrégimes
à based’orge
et de lait écrémé(tabl. I )
sontcomparables
aux valeurs trouvées dans la
présente
étude.Le besoin azoté
quantitatif
n’a ainsi de réellesignification
que si onl’exprime
sous la forme d’une
quantité
ou d’unpourcentage
d’uneprotéine
deréférence, d’origine
et decomposition
connues et d’une bonne efficacité pour la croissance.Il serait
cependant préférable
de substituer à cette notion de besoinquantitatif
d’azote celle de besoin en acides aminés
(RË RAT , I g6 I ).
Dans cet ordre
d’idée,
nous avonscomparé (tabl. 12 )
les taux d’aminoacides recommandés par le National Research Council( I g 5 g)
et les tauxprésents
dans nosrégimes expérimentaux.
De cettecomparaison,
il ressort que, lors despremières phases
de croissance pourlesquelles
les besoinsapproximatifs
sont connus, tous les acides aminésindispensables
sontapportés
en excès, sauf toutefois le groupe des acides aminés soufrés(méthionine
!--cystine) :
pour ceux-cil’apport
estéquivalent
au besoin
présumé
et ilsreprésentent
trèsprobablement
le facteur limitant desprotéines
depoisson
pour la croissance du Porc.Cependant,
il fautpréciser
que lavaleur
énergétique
desrégimes
que nous avons utilisés estplus
élevée que celle desrégimes
ayant servi à établir les recommandations du N. R. C.(relativement
1,20à 1,25
UF/kg
contre o,95 à IUF/kg). Or,
des études récentes(B OWLAKD
etBERG,
I(!59,K URYV IA L ,
BOWI,AND etBE R G, 19 6 2 ,
Cr,AwSON etal., 19 6 2 ,
BYAGNERet
al., 19 6 3 )
ontpermis
de montrer que le besoin azoté varie en fonction du tauxénergétique
durégime.
Onpeut
donc penserqu’il
en est de même du besoin enaminoacides essentiels. Si l’on tient
compte
de cefacteur,
la teneur en aminoacides soufrés relativement au contenuénergétique
durégime
estplus
faible dans lesrégimes
que nous avons
utilisés ; puisque
la croissance a été aussirapide
dans nosexpériences
que dans celles décrites par le N. R.
C.,
onpeut
en déduire que les recommandations du N. R. C. concernant le besoin en acides aminés soufrés sontprobablement légè-
rement surestimées.
2
) Évolution
de la rétention azotée au co2irs de la croissanceDes tentatives assez nombreuses ont été faites pour déterminer le besoin azoté à