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I. Première partie

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Academic year: 2021

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Texte intégral

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c Éditions H&K Publié dans lesAnnales des Concours 1/13

X Maths PC 2008 — Corrigé

Ce corrigé est proposé par Tristan Poullaouec (Professeur agrégé) ; il a été relu par Jérôme Gärtner (ENS Cachan) et Vincent Puyhaubert (Professeur en CPGE).

Ce sujet traite de la répartition modulo 1 de suites de nombres réels par le biais de problèmes de sommation et d’intégrabilité, agrémentés d’un zeste d’algèbre linéaire.

Il est constitué de trois parties pouvant être abordées indépendamment les unes des autres ; cependant, il est nécessaire d’avoir traité la question 1 avant de pouvoir répondre à la question 9.

• Dans la première partie, on étudie une matrice carrée d’ordre trois à coefficients entiers. Elle s’avère diagonalisable et l’on s’intéresse alors à ses valeurs propres, ainsi qu’à la parité de la suite des traces de ses puissances successives. Il n’y a dans cette partie aucune réelle difficulté avant la question 4.c.

• Dans la deuxième partie, on fixe d’abord deux réelsαetβ tels que16α < β, puis on étudie le comportement asymptotique de la suite de terme général

In= Z β

α

cos(2πxn) dx

Ceci permet de prouver par l’absurde que la suite de fonctionsϕn:x7→ϕ(xn) ne converge pas simplement vers0sur l’intervalle[α;β], oùϕdésigne la fonc- tion1-périodique coïncidant avec la valeur absolue sur l’intervalle]−1/2 ; 1/2 ].

• Enfin, dans la troisième partie, on étudie la série de Fourier de la fonctionϕde la partie précédente et l’on établit un équivalent de la série numériqueP

ϕ(nλ) pour tout λ /∈ Q. Comme toute étude de série de Fourier qui se respecte, cette partie nous gratifie de quelques questions calculatoires, combinant joyeu- sement divers découpages et autres majorations de sommes. On notera que le lien avec la partie I est tout à fait artificiel et que la question 9 eût été plus à sa place dans cette dernière partie.

C’est un sujet plutôt facile et rapide à traiter. Il fait appel à peu de « gros » résultats et nécessite essentiellement des manipulations élémentaires et très clas- siques. Par contre, l’énoncé ne fournit aucun résultat intermédiaire, ce qui risque de bloquer le candidat qui « sèche » sur une question. Mais, vu le niveau de difficulté, ceci ne devrait pas gêner outre mesure un candidat correctement préparé.

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c Éditions H&K Publié dans lesAnnales des Concours 2/13

Indications

Première partie

1 Étudier les variations du polynôme caractéristique de la matriceM.

2 Utiliser les relations entre les coefficients et les racines de ce polynôme.

3.a Considérer les images du premier vecteur de la base canonique de R3 par ces matrices.

4.a Déduire du résultat de la question précédente la relation de récurrence vérifiée par la suite(un)n∈N.

4.b Deviner la période en observant les premiers termes de la suite(un)n∈N. 4.c Pour toutN∈N, calculerw7N+6en regroupant les termes sept par sept.

5.a Justifier d’abord que la matriceMest diagonalisable dansC.

5.b Utiliser l’inégalité des accroissements finis, puis l’inégalité triangulaire, afin de majorer|cos(πλn)−cos(πun)|pourn∈Npuis|yk−wk|pourk∈N.

Deuxième partie

6.a Commencer par montrer quecos(2πx) = cos(2πϕ(x))pour tout réelx. Ensuite, faire usage du théorème de convergence dominée.

6.b Poser u = xn. Abaisser, à l’aide de l’intégration par parties, le degré de la puissance de usous le signe intégral. Conclure avec le théorème des gendarmes.

Troisième partie

8 Pour tout réelxet pour tout entiern > p, majorer|Sn(ϕ)(x)−Sp(ϕ)(x)|à l’aide du résultat de la question 7.b. Passer ensuite à la limite pour conclure.

9 À l’aide de la définition deλ(cf. question 1), prouver queb2divisea3, oùaetb sont les nombres introduits par l’énoncé.

11 Écrire ϕ(nλ)−1 4 =

ϕ(nλ)−Sp(ϕ)(nλ) +

Sp(ϕ)(nλ)−1 4

Utiliser la question 8 pour majorer la première partie des termes, et les ques- tions 7.b et 10 pour le reste des termes.

12 Appliquer le résultat de la question 11 et la définition de la limite ; on choisira d’abordpsuffisamment grand, puisN.

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c Éditions H&K Publié dans lesAnnales des Concours 3/13

I. Première partie

1 Le polynôme caractéristique de la matriceMest

P = det(XI−M) =

X 0 1

0 X−1 −1

−1 −1 X + 1

En développant ce déterminant selon la première ligne, on obtient alors P = X

X−1 −1

−1 X + 1

+

0 X−1

−1 −1

= X [(X−1)(X + 1)−1] + X−1 P = X3−X−1

Étudions maintenant les variations surRde la fonction polynomialeP :x7→x3−x−1.

Elle admet pour dérivée la fonctionP:x7→3x2−1 = x√ 3 + 1

x√ 3−1

, qui est négative sur

−1/√ 3; 1/√

3

et positive en dehors. Enfin, elle a les mêmes limites que la fonctionx7→x3 en∞et+∞, si bien que lim

x→P(x) =∞et lim

x→+P(x) =+∞. Voici son tableau de variations :

x ∞ −1/√

3 1/√

3 +

P(x) + 0 − 0 +

P −1/√ 3

+

P(x) ր ց ր

∞ P 1/√

3

De plus P

− 1

√3

=− 1 3√

3 + 1

√3−1 = 2 3√

3−1<0 On peut donc déjà affirmer queP(x)<0 pour toutx∈

∞; 1/√ 3

. Par ailleurs, sur l’intervalle

1/√ 3 ;+

:

• la fonctionPest dérivable donc continue ;

• la fonctionPest strictement croissante ;

• P 1/√ 3

<0 et lim

x→+P(x) =+∞.

D’après le théorème de la bijection, il existe un unique λ ∈ 1/√

3 ;+∞ tel queP(λ) = 0. C’est donc la seule racine réelle de P, si bien que

La matriceMpossède une unique valeur propre réelleλ.

Enfin, P(1) = 1−1−1 =−1 etP(2) = 8−2−1 = 5, soitP(1)<P(λ)<P(2).

Comme1/√

3<1, on en déduit que1< λ <2par stricte croissance dePsur[ 1 ; 2 ].

En conséquence,

1< λ <2

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c Éditions H&K Publié dans lesAnnales des Concours 4/13

2 Le polynôme à coefficients réelsPadmet une seule racine réelle : comme il est de degré 3, il possède deux autres racines complexes conjuguéesσet σ. De ce fait,

P = X3−X−1 = (X−λ)(X−σ)(X−σ) et l’on obtient en identifiant les coefficients constants

λ|σ|2= 1

Or, on sait que1< λ <2 d’où|σ|2< λ|σ|2<2|σ|2, soit|σ|2<1<2|σ|2 et donc

√1

2 <|σ|<1 3.a Considérons un triplet de réels(α, β, γ)tel que

αI +βM +γM2= 0 (1)

Notonsi,jetkles vecteurs colonnes de la base canonique deR3. Par définition de la matriceM, on aM·i=ketM2·i= M·k=−i+j−k. De ce fait, la multiplication à droite de chaque membre de la relation(1)par le vecteurinous conduit à

αi+βk+γ(−i+j−k) = 0

soit (α−γ)i+γj+ (β−γ)k= 0

d’où α−γ= 0 γ= 0 β−γ= 0

comme la famille(i, j, k)est libre. Ainsiα=β=γ= 0, ce qui montre que Les matricesI,MetM2 sont linéairement indépendantes dansM3(R).

3.b On a M2=

0 0 −1 0 1 1 1 1 −1

2

=

−1 −1 1

1 2 0

−1 0 1

puis M3=

0 0 −1 0 1 1 1 1 −1

−1 −1 1

1 2 0

−1 0 1

soit M3=

1 0 −1 0 2 1 1 1 0

On observe alors que M3= M + I

Ce résultat est en fait une conséquence du théorème de Cayley-Hamilton, qui stipule queP(M) = 0pour toute matrice carréeMde polynôme caracté- ristiqueP.

3.c Soitn∈N: alorsMn+3= Mn·M3= Mn(M + I) = Mn+1+ Mn. Ainsi Pour toutn∈N, on aMn+3 = Mn+1+ Mn.

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