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ETUDE ET DEVELOPPEMENT DE LA MESURE
INDIRECTE D’EFFORTS - Application à
l’identification des sources internes d’un moteur Diesel
Q. Leclere
To cite this version:
N˚ d’ordre 03 ISAL 0082 Ann´ee 2003
Th`ese
´ETUDE ET D ´EVELOPPEMENT DE LA MESURE INDIRECTE
D’EFFORTS
Application `a l’identification des sources internes d’un moteur Diesel
pr´esent´ee devant
L’Institut National des Sciences Appliqu´ees de Lyon
pour obtenir
le grade de docteur
´Ecole doctorale : M´ecanique, ´Energ´etique, G´enie Civil, Acoustique (MEGA) Sp´ecialit´e : Acoustique
par
Quentin LECL `ERE
Ing´enieur diplˆom´e de l’INSA de Lyon
Soutenue le 8 d´ecembre 2003 devant la commission d’examen Jury
M. BOYER Jean-Claude INSA (Lyon)
M. GUYADER Jean-Louis INSA (Lyon) Directeur
M. LAULAGNET Bernard INSA (Lyon)
M. POLAC Laurent Renault - CTR (Rueil Malmaison)
M. SESTIERI Aldo Universit`a La Sapienza (Rome) Rapporteur
M. WAGSTAFF Peter UTC (Compi`egne) Rapporteur
CORRECTIONS
Apport´ees au m´emoire de th`ese
´ETUDE ET D ´EVELOPPEMENT DE LA MESURE INDIRECTE
D’EFFORTS
Application `a l’identification des sources internes d’un moteur Diesel
par Quentin LECL `ERE, soutenue le 8 d´ecembre 2003
Les changements rapport´es ici ont ´et´e r´ealis´es apr`es la reproduction initiale de la th`ese.
Section 3.1.4, equation (3.14) [SXX]mm = [χ]mp[χ]Tmp, avec [χ]mp= [Φ]mppσypp. au lieu de [SXX]mm = [χ]mp[χ]∗mp, avec [χ]mp= [Φ]mppσypp.
Et ce dans le but de satisfaire la d´efinition de l’autospectre S12= h ¯X1X2i.
Septembre 2003
INSTITUT NATIONAL DES SCIENCES APPLIQUEES DE LYON
Directeur : STORCK A. Professeurs :
AUDISIO S. PHYSICOCHIMIE INDUSTRIELLE
BABOT D. CONT. NON DESTR. PAR RAYONNEMENTS IONISANTS BABOUX J.C. GEMPPM***
BALLAND B. PHYSIQUE DE LA MATIERE
BAPTISTE P. PRODUCTIQUE ET INFORMATIQUE DES SYSTEMES MANUFACTURIERS BARBIER D. PHYSIQUE DE LA MATIERE
BASTIDE J.P. LAEPSI****
BAYADA G. MECANIQUE DES CONTACTS BENADDA B. LAEPSI****
BETEMPS M. AUTOMATIQUE INDUSTRIELLE
BIENNIER F. PRODUCTIQUE ET INFORMATIQUE DES SYSTEMES MANUFACTURIERS BLANCHARD J.M. LAEPSI****
BOISSON C. VIBRATIONS-ACOUSTIQUE BOIVIN M. (Prof. émérite) MECANIQUE DES SOLIDES
BOTTA H. UNITE DE RECHERCHE EN GENIE CIVIL - Développement Urbain BOTTA-ZIMMERMANN M. (Mme) UNITE DE RECHERCHE EN GENIE CIVIL - Développement Urbain BOULAYE G. (Prof. émérite) INFORMATIQUE
BOYER J.C. MECANIQUE DES SOLIDES
BRAU J. CENTRE DE THERMIQUE DE LYON - Thermique du bâtiment BREMOND G. PHYSIQUE DE LA MATIERE
BRISSAUD M. GENIE ELECTRIQUE ET FERROELECTRICITE BRUNET M. MECANIQUE DES SOLIDES
BRUNIE L. INGENIERIE DES SYSTEMES D’INFORMATION BUREAU J.C. CEGELY*
CAVAILLE J.Y. GEMPPM***
CHANTE J.P. CEGELY*- Composants de puissance et applications
CHOCAT B. UNITE DE RECHERCHE EN GENIE CIVIL - Hydrologie urbaine COMBESCURE A. MECANIQUE DES CONTACTS
COUSIN M. UNITE DE RECHERCHE EN GENIE CIVIL - Structures DAUMAS F. (Mme) CENTRE DE THERMIQUE DE LYON - Energétique et Thermique DOUTHEAU A. CHIMIE ORGANIQUE
DUFOUR R. MECANIQUE DES STRUCTURES DUPUY J.C. PHYSIQUE DE LA MATIERE
EMPTOZ H. RECONNAISSANCE DE FORMES ET VISION ESNOUF C. GEMPPM***
EYRAUD L. (Prof. émérite) GENIE ELECTRIQUE ET FERROELECTRICITE FANTOZZI G. GEMPPM***
FAVREL J. PRODUCTIQUE ET INFORMATIQUE DES SYSTEMES MANUFACTURIERS FAYARD J.M. BIOLOGIE FONCTIONNELLE, INSECTES ET INTERACTIONS
FAYET M. MECANIQUE DES SOLIDES FERRARIS-BESSO G. MECANIQUE DES STRUCTURES FLAMAND L. MECANIQUE DES CONTACTS
FLORY A. INGENIERIE DES SYSTEMES D’INFORMATIONS FOUGERES R. GEMPPM***
FOUQUET F. GEMPPM***
FRECON L. REGROUPEMENT DES ENSEIGNANTS CHERCHEURS ISOLES GERARD J.F. INGENIERIE DES MATERIAUX POLYMERES
GERMAIN P. LAEPSI**** GIMENEZ G. CREATIS** GOBIN P.F. (Prof. émérite) GEMPPM***
GONNARD P. GENIE ELECTRIQUE ET FERROELECTRICITE GONTRAND M. PHYSIQUE DE LA MATIERE
GOUTTE R. (Prof. émérite) CREATIS** GOUJON L. GEMPPM*** GOURDON R. LAEPSI****.
GRANGE G. GENIE ELECTRIQUE ET FERROELECTRICITE GUENIN G. GEMPPM***
GUICHARDANT M. BIOCHIMIE ET PHARMACOLOGIE GUILLOT G. PHYSIQUE DE LA MATIERE
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KASTNER R. UNITE DE RECHERCHE EN GENIE CIVIL - Géotechnique KOULOUMDJIAN J. INGENIERIE DES SYSTEMES D’INFORMATION LAGARDE M. BIOCHIMIE ET PHARMACOLOGIE
LALANNE M. (Prof. émérite) MECANIQUE DES STRUCTURES
LALLEMAND A. CENTRE DE THERMIQUE DE LYON - Energétique et thermique LALLEMAND M. (Mme) CENTRE DE THERMIQUE DE LYON - Energétique et thermique LAUGIER A. PHYSIQUE DE LA MATIERE
Mai 2003
LAURINI R. INFORMATIQUE EN IMAGE ET SYSTEMES D’INFORMATION LEJEUNE P. UNITE MICROBIOLOGIE ET GENETIQUE
LUBRECHT A. MECANIQUE DES CONTACTS
MASSARD N. INTERACTION COLLABORATIVE TELEFORMATION TELEACTIVITE
MAZILLE H. PHYSICOCHIMIE INDUSTRIELLE
MERLE P. GEMPPM***
MERLIN J. GEMPPM***
MIGNOTTE A. (Mle) INGENIERIE, INFORMATIQUE INDUSTRIELLE MILLET J.P. PHYSICOCHIMIE INDUSTRIELLE
MIRAMOND M. UNITE DE RECHERCHE EN GENIE CIVIL - Hydrologie urbaine MOREL R. MECANIQUE DES FLUIDES ET D’ACOUSTIQUES
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NARDON P. (Prof. émérite) BIOLOGIE FONCTIONNELLE, INSECTES ET INTERACTIONS
NIEL E. AUTOMATIQUE INDUSTRIELLE
NORTIER P. DREP
ODET C. CREATIS**
OTTERBEIN M. (Prof. émérite) LAEPSI****
PARIZET E. VIBRATIONS-ACOUSTIQUE
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PAVIC G. VIBRATIONS-ACOUSTIQUE
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PERRIAT P. GEMPPM***
PERRIN J. INTERACTION COLLABORATIVE TELEFORMATION TELEACTIVITE PINARD P. (Prof. émérite) PHYSIQUE DE LA MATIERE
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REDARCE H. AUTOMATIQUE INDUSTRIELLE
RETIF J-M. CEGELY*
REYNOUARD J.M. UNITE DE RECHERCHE EN GENIE CIVIL - Structures
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SOUIFI A. PHYSIQUE DE LA MATIERE
SOUROUILLE J.L. INGENIERIE INFORMATIQUE INDUSTRIELLE THOMASSET D. AUTOMATIQUE INDUSTRIELLE
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PRIGENT A.F. (Mme) BIOLOGIE ET PHARMACOLOGIE
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* CEGELY CENTRE DE GENIE ELECTRIQUE DE LYON
** CREATIS CENTRE DE RECHERCHE ET D’APPLICATIONS EN TRAITEMENT DE L’IMAGE ET DU SIGNAL ***GEMPPM GROUPE D'ETUDE METALLURGIE PHYSIQUE ET PHYSIQUE DES MATERIAUX
INSA DE LYON
DEPARTEMENT DES ETUDES DOCTORALE Septembre 2003
Ecoles Doctorales et Diplômes d’Etudes Approfondies habilités pour la période 1999-2003
ECOLES DOCTORALES n° code national RESPONSABLE PRINCIPAL CORRESPONDANT INSA DEA INSA n° code national RESPONSABLE DEA INSA CHIMIE DE LYON (Chimie, Procédés, Environnement)
EDA206 M. D. SINOU UCBL1 04.72.44.62.63 Sec 04.72.44.62.64 Fax 04.72.44.81.60 M. R. GOURDON 87.53 Sec 84.30 Fax 87.17 Chimie Inorganique 910643 Sciences et Stratégies Analytiques
910634 Sciences et Techniques du Déchet
910675 M. R. GOURDON Tél 87.53 Fax 87.17 ECONOMIE, ESPACE ET MODELISATION DES COMPORTEMENTS (E2MC) EDA417 M.A. BONNAFOUS LYON 2 04.72.72.64.38 Sec 04.72.72.64.03 Fax 04.72.72.64.48 Mme M. ZIMMERMANN 60.91 Fax 87.96 Villes et Sociétés 911218 Dimensions Cognitives et Modélisation
992678 Mme M. ZIMMERMANN Tél 60.91 Fax 87.96 M. L. FRECON Tél 82.39 Fax 85.18 ELECTRONIQUE, ELECTROTECHNIQUE, AUTOMATIQUE (E.E.A.) EDA160 M. D. BARBIER INSA DE LYON 85.47 Fax 60.82 Automatique Industrielle 910676 Dispositifs de l’Electronique Intégrée
910696 Génie Electrique de Lyon
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Analyse et Modélisation des Systèmes Biologiques 910509 M. S. GRENIER Tél 79.88 Fax 85.34 INFORMATIQUE ET INFORMATION POUR LA SOCIETE (EDIIS) EDA 407 M. L. BRUNIE INSA DE LYON 87.59 Fax 80.97
Documents Multimédia, Images et Systèmes d’Information Communicants
992774
Extraction des Connaissances à partir des Données 992099
Informatique et Systèmes Coopératifs pour l’Entreprise 950131 M. A. FLORY Tél 84.66 Fax 85.97 M. J.F. BOULICAUT Tél 89.05 Fax 87.13 M. A. GUINET Tél 85.94 Fax 85.38 INTERDISCIPLINAIRE SCIENCES-SANTE (EDISS) EDA205 M. A.J. COZZONE UCBL1 04.72.72.26.72 Sec 04.72.72.26.75 Fax 04.72.72.26.01 M. M. LAGARDE 82.40 Fax 85.24 Biochimie 930032 M. M. LAGARDE Tél 82.40 Fax 85.24 MATERIAUX DE LYON UNIVERSITE LYON 1 EDA 034 M. J. JOSEPH ECL 04.72.18.62.44 Sec 04.72.18.62.51 Fax 04.72.18.60.90 M. J.M. PELLETIER 83.18 Fax 85.28
Génie des Matériaux : Microstructure, Comportement Mécanique, Durabilité
910527 Matériaux Polymères et Composites
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____________________________________________ Matière Condensée, Surfaces et Interfaces
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910281
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MECANIQUE, ENERGETIQUE, GENIE CIVIL, ACOUSTIQUE (MEGA) EDA162 M. F. SIDOROFF ECL 04.72.18.61.56 Sec 04.72.18.61.60 Fax 04.78.64.71.45 M. G.DALMAZ 83.03 Fax 04.72.89.09.80 Acoustique 910016 Génie Civil 992610 Génie Mécanique 992111 Thermique et Energétique 910018 M. J.L. GUYADER Tél 80.80 Fax 87.12 M. J.J.ROUX Tél 84.60 Fax 85.22 M. G. DALMAZ Tél 83.03 Fax 04.78.89.09.80 M. J. F. SACADURA Tél 81.53 Fax 88.11
Remerciements
Je tiens `a remercier en premier lieu Bernard Laulagnet, pour son soutien assidu `a la fois sur le plan technique et administratif, pour l’int´erˆet et le temps qu’il a consacr´e `a mon travail, et surtout pour une certaine id´ee de la recherche scientifique qu’il a su me transmettre au cours de ces trois ann´ees d’´etudes. Mes remerciements vont ´egalement `a Charles Pezerat, qui a co-encadr´e cette th`ese, pour les nombreux ´echanges fructueux qui m’ont aid´e `a comprendre beaucoup de choses, ainsi que pour la relecture rigoureuse tant sur le fond que sur la forme de ce rapport. Je remercie Laurent Polac, qui est `a l’origine du sujet et qui a encadr´e cette th`ese pour le compte de Renault. Ses visites r´eguli`eres au laboratoire, ses vastes (in´epuisables ?) connaissances dans le domaine de la vibro-acoustique moteur et enfin son int´erˆet sinc`ere et constant ont ´enorm´ement contribu´e `a l’avancement de mon travail.
Je remercie Aldo Sestieri et Peter Wagstaff d’avoir accept´e de faire la relecture de ce rapport. Je leur suis reconnaissant pour le temps qu’ils ont consacr´e `a ce travail et pour leurs regards ext´erieurs qui m’ont permis de consid´erer le sujet sous des angles diff´erents, avec plus de recul. Mes remerciements vont ´egalement `a Jean-Claude Boyer, directeur du d´epartement GMC, et Jean-Louis Guyader, directeur du LVA, qui ont accept´e de faire partie du jury.
Ce travail de th`ese `a ´et´e r´ealis´e au sein du laboratoire Vibrations-Acoustique de l’Institut National des Sciences Appliqu´ees de Lyon. L’ambiance r´egnant au laboratoire, assur´ee par l’ensemble des membres permanents et non permanents, m’a permis de vivre ces trois ann´ees de th`ese dans les meilleurs conditions possibles. Merci `a Tonio, pour son support technique ´eclair´e, `a Claude et Nacer, pour leurs d´epannages en analyse num´erique, `a Etienne pour ses connaissances de motoriste, d’acousticien et pour les critiques constructives qu’il a faites sur ce rapport. Merci `a C´eline pour ses connaissances et son aide en mesures, `a Morvan pour son soutien en ´el´ements finis, et `a Lionel pour son assistance au banc moteur. Merci et pardon `a Nicolas qui a partag´e pendant trois ans mon bureau, devant maintes et maintes fois t´emoigner un int´erˆet `a propos d’un programme, d’un r´esultat ou d’une courbe quelconque qui me paraissait alors d’une importance capitale...
Table des mati`eres
Introduction 1
I Contexte scientifique
3
1 Le moteur Diesel : une source vibro-acoustique complexe 5
1.1 les sources internes du moteur Diesel . . . 6
1.1.1 Les efforts d’inertie . . . 6
1.1.2 Les efforts de combustion . . . 7
1.1.3 Le rˆole des jeux de fonctionnement . . . 10
1.2 L’identification des sources internes et des voies de transfert . . . 11
1.2.1 Les m´ethodes appliqu´ees au moteur en fonctionnement . . . 11
1.2.2 Les m´ethodes appliqu´ees au moteur inerte . . . 14
1.2.3 La mod´elisation en ´el´ements finis . . . 16
2 L’identification de sources vibratoires 19 2.1 L’identification de sources dans le domaine vibro-acoustique : un probl`eme inverse 19 2.2 L’identification des sources vibratoires localis´ees a priori . . . 22
2.2.1 Description du comportement dynamique de la structure ´etudi´ee . . . 23
2.2.2 Inversion de la matrice de transfert . . . 25
2.2.3 Optimisation de l’inversion de la matrice de transfert . . . 27
2.2.4 M´ethode d’inversion en coordonn´ees modales . . . 28
2.2.5 Conditionnement du probl`eme inverse . . . 30
2.2.6 M´ethodes de r´egularisation . . . 34
2.2.7 Incertitude sur les efforts reconstruits . . . 37
3 Analyse spectrale de syst`emes stationnaires - application `a l’identification de sources vibratoires localis´ees a priori 39 3.1 L’analyse statistique des vibrations de syst`emes stationnaires . . . 39
3.1.1 autospectre moyenn´e . . . 40
3.1.2 Interspectre et coh´erence . . . 40
3.1.3 L’analyse spectrale conditionn´ee (ASC) . . . 42
3.1.4 L’analyse spectrale en composantes principales (ASP) . . . 44
3.2 L’identification des sources vibratoires stationnaires `a partir de mesures
inter-spectrales moyenn´ees . . . 47
3.2.1 Champ d’acc´el´eration coh´erent . . . 48
3.2.2 Sources a priori d´ecorr´el´ees . . . 48
3.2.3 Champ d’acc´el´erations partiellement coh´erent : cas g´en´eral . . . 49
II Contribution aux techniques de mesure indirecte d’efforts
53
4 Strat´egies de pond´eration 55 4.1 Normalisation de la matrice de transfert . . . 564.1.1 Principe . . . 56
4.1.2 Illustration num´erique sur une structure simple . . . 57
4.2 Pond´eration bas´ee sur les coh´erences des fonctions de transfert . . . 60
4.3 Conclusion . . . 62
5 M´ethode des moindres carr´es totaux - application `a la mesure indirecte d’efforts 63 5.1 Les moindres carr´es totaux . . . 63
5.1.1 Principe de la m´ethode . . . 63
5.1.2 Moindres carr´es et moindres carr´es totaux - confrontation num´erique . . 65
5.2 Application des moindres carr´es totaux `a la mesure indirecte d’efforts . . . 67
5.2.1 Cas g´en´eral des r´eponses partiellement corr´el´ees . . . 67
5.2.2 Pond´eration des moindres carr´es totaux . . . 68
5.2.3 Pond´eration des lignes du syst`eme . . . 68
5.2.4 Pond´eration des colonnes du syst`eme . . . 68
5.2.5 Solution au sens des moindres carr´es totaux pond´er´es . . . 69
5.3 Indicateurs de succ`es des moindres carr´es et des moindres carr´es totaux . . . 70
5.3.1 R´esidu . . . 70
5.3.2 Conditionnement de la matrice de transfert . . . 71
5.3.3 Comparaison des estimations moindres carr´es et moindres carr´es totaux . 71 5.4 Conclusion . . . 72
6 Mise en œuvre exp´erimentale 73 6.1 Dispositif exp´erimental . . . 73
6.1.1 Phases d’acquisition . . . 75
6.2 Analyse Spectrale en composantes Principales . . . 76
6.3 Reconstruction des excitations . . . 78
6.3.1 Confrontation des m´ethodes d’inversion utilisant les moindres carr´es pond´er´es . . . 78
6.3.2 Optimisation de l’inversion (effet de la pond´eration des moindres carr´es . 79 6.3.3 Utilisation des moindres carr´es totaux (MCT) . . . 82
6.3.4 Limitation du nombre de r´eponses utilis´ees . . . 83
6.4 Utilisation d’un mod`ele ´el´ements finis . . . 85
6.4.1 Le mod`ele . . . 85
6.5 Conclusion . . . 88
III Mod´elisation du moteur Diesel F9Q
89
7 Caract´erisation exp´erimentale du bloc moteur 91 7.1 Mesure des transferts de l’excitation combustion-culasse . . . 917.1.1 Excitation acoustique . . . 91
7.1.2 Excitation solidienne . . . 96
7.2 Mesure des transferts de l’excitation piston-fˆut . . . 98
7.3 Mesure des transferts des moments et forces aux paliers vilebrequin . . . 99
7.3.1 Dispositifs d’excitation . . . 99
7.3.2 Recomposition des fonctions de transfert en efforts et moments purs . . . 101
7.3.3 Effet des masses des leviers d’excitation . . . 103
7.4 Comparaison des diff´erents transferts mesur´es . . . 111
7.5 Conclusion . . . 112
8 Mod´elisation num´erique du bloc moteur 113 8.1 Pr´esentation du mod`ele . . . 113
8.2 Calcul de base modale enrichie par des modes de d´eformation statique . . . 114
8.2.1 Calcul de la base modale . . . 114
8.2.2 Enrichissement par des modes de d´eformation pseudo-statiques . . . 114
8.3 Calcul des transferts . . . 116
8.3.1 Simulation des excitations . . . 116
8.4 Conclusion . . . 117
9 Comparaison des transferts mesur´es et calcul´es 119 9.1 Transferts de la combustion et du basculement de piston . . . 119
9.2 Transferts des moments et forces aux paliers vilebrequin . . . 120
9.3 Conclusion . . . 121
IV Identification des sources internes du moteur Diesel F9Q
123
10 Mesures r´ealis´ees sur le moteur F9Q en fonctionnement 125 10.1 Description du banc moteur . . . 12510.2 Pr´esentation des r´esultats . . . 126
10.3 Analyse spectrale des acquisitions . . . 127
10.3.1 Analyse des pressions cylindre . . . 128
10.3.2 Analyse des r´eponses vibratoires . . . 130
10.4 Conclusion . . . 131
11 Mod´elisation des excitations pistons-f ˆuts et vilebrequin-paliers du moteur F9Q 133 11.1 Dynamique du monocylindre . . . 134
11.2 Mod´elisation quasi-statique du vilebrequin du F9Q . . . 135
11.4 R´eponse dynamique du moteur : confrontation mod`ele - mesures en
fonctionne-ment . . . 142
11.5 Conclusion . . . 143
12 Reconstitution des excitations internes du moteur F9Q par mesure indirecte 147 12.1 Reconstitution des efforts sans tenir compte des pressions cylindres mesur´ees . . 148
12.2 Reconstitution des efforts en tenant compte des pressions cylindres mesur´ees . . 150
12.2.1 Insertion des pressions cylindres comme donn´ees a priori . . . 150
12.2.2 Solution au sens des moindres carr´es totaux r´egularis´ee . . . 151
12.2.3 Comparaison entre excitations obtenues par mesure indirecte et excita-tions simul´ees . . . 152
12.2.4 Hi´erarchisation des contributions des efforts internes `a la r´eponse de la structure . . . 155
12.3 Conclusion . . . 158
Conclusions et perspectives 159
Annexes
164
A Modes propres d’une cavit´e cylindrique 165 A.1 Expression du champ acoustique en coordonn´ees cylindriques : solution par s´eparation de variables . . . 165A.2 Calcul des modes propres d’une cavit´e cylindrique `a parois rigides . . . 167
A.2.1 conditions aux limites sur z . . . 167
A.2.2 conditions aux limites sur r . . . 167
A.2.3 Fonctions et pulsations propres de la cavit´e cylindrique `a parois rigides . 168 A.2.4 Valeurs num´eriques des premiers aknq . . . 168
B Principe de la courbe en L pour ajuster le param`etre de r´egularisation de Tikhonov171 C Dynamique du monocylindre 175 C.1 Relation g´eom´etrique . . . 175
C.2 ´Equations de mouvement . . . 176
C.3 R´esolution des ´equations en fonction de θ . . . 177
C.4 R´esolution `a r´egime fixe . . . 177
D Param`etres massiques et g´eom´etriques de l’attelage mobile du F9Q718 179 D.1 Mesures triviales . . . 179
D.2 Position du centre d’inertie de la bielle . . . 179
D.3 Inertie de la bielle . . . 180
E R´esultats des calculs statiques du mod`ele de vilebrequin 181 E.1 r´esultats du calcul au poste 1 . . . 182
E.2 r´esultats du calcul au poste 2 . . . 183
E.4 r´esultats du calcul au poste 4 . . . 185 E.5 Fonctions de transfert effort transmis au palier / effort appliqu´e au maneton . . . 186
F Placement des capteurs 187
Notations
{X} : Vecteur colonne
{X}m : Vecteur colonne de m lignes
[X] : Matrice
[X]mn : Matrice de m lignes et n colonnes Xij : jeterme de la ieligne de la matrice [X]
pXy : Matrice diagonale pIy : Matrice identit´e
k{X}k : Norme Euclidienne du vecteur {X}
k[X]kf ro : Norme de Frobenius de la matrice [X]
R([X ]) : Ensemble vectoriel des combinaisons lin´eaires des vecteurs colonnes de la matrice [X] ¯ X : Conjugu´e de X [X]T : Transpos´ee de [X] [X]∗ : Transpos´ee de la conjugu´ee de [X] [X]+ : Pseudo-inverse de [X] [X]W + : Pseudo-inverse pond´er´ee de [X] hXin : Moyennage de n valeurs de X
Sii : Autospectre de la voie i
Sij : Interspectre entre les voies i et j
Sii.r : Autospectre de la voie i conditionn´e par la voie r
Sij.r : Interspectre entre les voies i et j conditionn´e par la voie r Sii.r1,...rn : Autospectre de la voie i conditionn´e par les voies r1, r2, ... rn
Sij.r1,...rn : Interspectre entre les voies i et j conditionn´e par les voies r1, r2, ... rn γ2
ij : Coh´erence entre les voies i et j γ2
ij.r : Coh´erence partielle entre les voies i et j conditionn´ees par la voie r γ2
ij.r1,...rn : Coh´erence partielle entre les voies i et j conditionn´ees
par les voies r1, r2, ... rn
γ2
i:r1,...rn : Coh´erence multiple de la voie i par rapport aux voies r1, r2, ... rn |Sii|b : Autospectre Siide la voie i int´egr´e par bandes de fr´equences |γ2
Abr´eviations
ASC : Analyse Spectrale Conditionn´ee
ASP : Analyse Spectrale en composantes Principales
BEM : M´ethode des ´el´ements finis de fronti`ere (Boundary Element Method CNM : Indice combustion noise meter
COP : Cot´e Oppos´e Pouss´ee du fˆut
CP : Cot´e Pouss´ee du fˆut (cot´e sur lequel le piston est plaqu´e en phase de d´etente) DDL : degr´es de libert´e
EF : ´El´ements Finis
FFT : Transform´ee de Fourier rapide (Fast Fourier Transform) FRF : Fonction de transfert (Frequency Response Function) GMP : Groupe MotoPropulseur
NAH : Holographie acoustique en champ proche (Nearfield Acoustical Holography) MC : Moindres Carr´es
MCT : Moindres Carr´es Totaux PMH : Point mort haut
SV : Source Virtuelle
SVD : D´ecomposition en valeurs singuli`eres (Singular Value Decomposition) TSVD : D´ecomposition en valeurs singuli`eres tronqu´ee (Truncated
Singular Value Decomposition)
Introduction
La compr´ehension du comportement vibratoire d’une machine est un enjeu industriel dont l’importance n’a cess´e d’augmenter durant ces derni`eres dizaines d’ann´ees. La d´eformation dy-namique non maˆıtris´ee d’une structure peut entraˆıner un vieillissement pr´ematur´e des compo-sants, ou encore des nuisances sonores et vibratoires inacceptables. Ce dernier point est d’autant plus important dans le contexte actuel que les r´eglementations et les attentes des clients sont de plus en plus exigeantes. La pr´ediction de la d´eformation dynamique d’une machine en fonction-nement comporte deux principaux aspects : la description du comportement dynamique de la structure de la machine, et la connaissance des efforts qui lui sont appliqu´es. Le premier aspect a fait l’objet ces derni`eres ann´ees du d´eveloppement de techniques de plus en plus performantes. Pour ce qui est du second aspect, les efforts appliqu´es sont parfois mesur´es sur la machine en fonctionnement. Cependant, la mesure directe d’efforts internes de machines est souvent diffi-cile, voir impossible, on a alors recours dans de nombreux cas `a leur mod´elisation. La validit´e du mod`ele dynamique complet de la machine (structure et efforts) est ´evalu´ee par comparaison du r´esultat avec des mesures r´ealis´ees sur la machine en fonctionnement. Le concept de mesure in-directe d’efforts est de partir de ce type de mesures en fonctionnement, coupl´ees `a un mod`ele du comportement dynamique de la structure, pour reconstruire les excitations par approche inverse. Le probl`eme `a l’origine de ce travail de th`ese, propos´e par un industriel du secteur automobile, concerne l’´evaluation des efforts aux paliers vilebrequin d’un moteur Diesel en r´egime station-naire. L’automobile est un secteur pour lequel la technologie et les performances augmentent constamment, dop´ees par un march´e dynamique et une concurrence farouche. La r´eglementation ´evolue ´egalement dans ce secteur, en imposant des normes de pollution et de bruit de plus en plus s´ev`eres et souvent contradictoires au niveau technologique. La bonne connaissance de la source moteur est de plus en plus incontournable pour pouvoir satisfaire d`es la conception des cahiers des charges exigeants. Le d´eveloppement d’une m´ethode de diagnostic permettant d’´evaluer des efforts aux paliers vilebrequin d’un moteur par mesure indirecte s’inscrit pr´ecis´ement dans le cadre de cette probl´ematique.
contexte scientifique, s’articule autour de ces trois principaux axes en leur consacrant chacun un
chapitre.
La seconde partie, intitul´ee Contribution aux techniques de mesure indirecte d’efforts, ras-semble les d´eveloppements originaux d´evelopp´es au cours de ce travail autour de la mesure indirecte. Elle comporte un premier chapitre d´edi´ee au d´eveloppement de diff´erentes strat´egies de pond´eration des moindres carr´es, technique permettant d’optimiser le probl`eme inverse qu’est la mesure indirecte d’efforts. La technique de pond´eration des moindres carr´es, bien que simple et pragmatique, est relativement peu utilis´ee dans la litt´erature concernant la mesure indirecte. Les diff´erents principes de pond´eration propos´es se positionnent de mani`ere originale dans le contexte scientifique actuel. Le second chapitre de cette partie concerne l’´etude de la m´ethode des moindres carr´es totaux, ainsi que son application `a la mesure indirecte d’efforts. La m´ethode des moindres carr´es totaux est assez r´epandue dans diff´erents domaines scientifiques, mais n’avait pas encore ´et´e employ´ee dans la litt´erature pour r´esoudre les probl`emes de mesure indirecte d’ef-forts. Un dernier chapitre est consacr´e `a la description d’une exp´erience visant d’une part `a mettre en œuvre les diff´erentes techniques expos´ees dans la premi`ere partie de cette th`ese, et d’autre part `a ´evaluer dans un cas pratique les d´eveloppements originaux propos´es en seconde partie.
Les troisi`eme et quatri`eme parties sont consacr´ees `a l’application des techniques de mesure in-directe d’efforts au moteur Diesel F9Q fournit par Renault. La m´ethode d’identification d’effort utilise un mod`ele dynamique de la structure. La troisi`eme partie de la th`ese, Mod´elisation du
moteur Diesel F9Q, est d´edi´ee `a la construction de ce mod`ele. Un premier chapitre expose une
approche exp´erimentale. Un moteur inerte identique au moteur sur banc est utilis´e pour r´ealiser des mesures de transferts. Le second chapitre expose une approche num´erique bas´ee sur l’exploi-tation d’un mod`ele ´el´ements finis. Le dernier chapitre est consacr´e `a la comparaison des mod`eles obtenus par les deux approches exp´erimentale et num´erique.
Chapitre 1
Le moteur Diesel : une source
vibro-acoustique complexe
De nombreux ph´enom`enes internes au moteur peuvent ˆetre consid´er´es comme des sources vibratoires. Ces sources provoquent la d´eformation dynamique du bloc moteur et sont donc vues de l’ext´erieur comme une source vibratoire unique (cf. figure 1.1). Les principales sources internes sont de nature p´eriodique en r´egime stationnaire, comme pour la plupart des machines tournantes. Leurs transform´ees de Fourier sont donc discr`etes, c’est `a dire que l’´energie est concentr´ee sur certaines fr´equences, dites harmoniques, d´ependantes du r´egime moteur. L’autre caract´eristique de la source moteur est due au comportement vibratoire de la structure mˆeme du bloc, dont la r´eponse d´epend de la fr´equence. Les vibrations produites et donc le bruit rayonn´e r´esultent de la combinaison des excitations et de la r´eponse dynamique du bloc (cf. figure 1.2).
REPONSE DYNAMIQUE DU BLOC MOTEUR Excitations Internes Périodiques Bruit
FIG. 1.1 – G´en´eration du bruit de moteur
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 −200 −100 0 100 200 Temps (s) Accélération (m/s²) SIGNAL TEMPOREL 0 500 1000 1500 2000 −40 −20 0 20 Accélération (dB) Fréquence (Hz) SPECTRE
Un nombre consid´erable de travaux a ´et´e d´edi´e lors des cinquante derni`eres ann´ees `a la mod´elisation et la hi´erarchisation des sources internes du moteur Diesel, de mani`ere `a mieux comprendre la physique r´eelle et ainsi pouvoir continuellement am´eliorer les perfor-mances acoustiques. Plusieurs types de classification existent lorsqu’il s’agit d’inventorier ces ph´enom`enes : on peut consid´erer d’une part les excitations m´ecaniques (solidiennes), provoqu´ees aux contacts entre parties mobiles (principalement pistons et vilebrequin) et partie fixe (bloc mo-teur), et d’autre part les excitations des gaz (a´eriennes), provoqu´ees par la forte pression g´en´er´ee par les explosions au niveau de la culasse et des hauts de fˆuts (voir la revue de Grover et La-lor [GL 73]). Un autre type de classification va consid´erer d’une part les efforts dits d’inertie, provoqu´es par les mouvements alternatifs de translation et de rotation des pistons et bielles, et d’autre part les efforts dits de combustion (`a l’origine du claquement Diesel), engendr´es par les explosions. Les efforts d’inertie ainsi qu’une partie des efforts de combustion sont g´en´er´es aux contacts entre parties mobiles et partie fixe, le reste des efforts de combustion correspon-dant aux excitations des gaz (voir l’article de Priede [PRI 80]). Les deux types de classification sont sch´ematis´es sur la figure (1.3). Ce sch´ema permet de souligner le fait que les efforts dits m´ecaniques (engendr´es par l’attelage mobile) r´esultent de la combinaison des efforts d’inertie et les efforts g´en´er´es par la combustion.
Culasse Fûts Paliers vilebrequin Efforts de gaz Piston Vilebrequin Efforts de Combustion Efforts d’inertie Efforts mécaniques Piston Vilebrequin
FIG. 1.3 – Classification des efforts internes du moteur Diesel
La classification efforts d’inertie - efforts de combustion sera utilis´ee dans la premi`ere partie de ce chapitre pour exposer les diff´erents ph´enom`enes en jeu. Une seconde partie est consacr´ee d’une part aux techniques utilis´ees pour identifier les diff´erentes sources internes du moteur Diesel et d’autre part aux travaux r´ealis´es pour quantifier les multiples voies de transfert vibratoire.
1.1 les sources internes du moteur Diesel
1.1.1 Les efforts d’inertie
par l’interm´ediaire des pistons sur les faces internes des fˆuts, et d’autre part par le vilebrequin sur les paliers vilebrequin du carter. Pour estimer les efforts d’inertie, la d´emarche g´en´eralement adopt´ee est l’´etude de la dynamique du monocylindre (cf. figure 1.4). Les efforts d’inertie sont calcul´es explicitement dans le cas du moteur Diesel ´etudi´e dans la troisi`eme partie de ce rapport de th`ese. Fx/fût Fy/palier θ γpiston Fx/palier 0 50 100 150 200 250 300 350 −6000 −4000 −2000 0 2000 4000 θ (en °) Accélération m/s 2 monocylindre 3000 tr/mn γ piston 0 50 100 150 200 250 300 350 −5000 0 5000 θ (en °) Forces en N Fx/fût Fx/palier Fy/palier
FIG. 1.4 – Efforts d’inertie calcul´es par la dynamique du monocylindre (vitesse de rotation
constante = 3000 tr/mn)
1.1.2 Les efforts de combustion
Le fort d´egagement de chaleur provoqu´e par la combustion spontan´ee du m´elange air-gazole produit une augmentation importante et br`eve de la pression cylindre, l’explosion. Cette explosion a pour but de cr´eer une pouss´ee sur le piston de mani`ere `a entraˆıner le vilebrequin en rotation. L’amplitude des efforts de combustion d´epend donc de la puissance (charge) demand´ee au moteur. Les efforts g´en´er´es par l’explosion sont, contrairement aux efforts d’inertie, de nature impulsionnelle (cf figure 1.5).
Cependant, les excitations restant p´eriodiques, leurs spectres restent discrets. Leurs formes temporelles se rapprochant d’un impact, les efforts de combustion contiennent davantage d’harmoniques en moyennes et hautes fr´equences que les efforts d’inertie, bien que l’essentiel de l’´energie reste concentr´e sur les basses fr´equences.
0 0.01 0.02 0.03 0.04 0.05 0 50 100 SIGNAL TEMPOREL Temps (s)
Pression cylindre (Bar)
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 −60 −40 −20 0 20 SPECTRE Fréquence (Hz) Pression cylindre (dB ref. 1 Bar)
FIG. 1.5 – Mesure de pression de combustion : signal temporel et spectre (source interne Renault)
pendant la combustion. La transform´ee de Fourier est un outil largement utilis´e pour l’analyse de ce signal. Le niveau des basses fr´equences du spectre de combustion est gouvern´e par Pmax,
tandis que la partie moyenne fr´equence est ´etroitement li´ee au taux d’augmentation de pression (voir les articles de Tung et Crocker, [TC 82] et de Schaberg et al. [SPD 90]). Cette partie moyennes fr´equences du spectre gouverne l’importance du claquement Diesel. En effet, plus le taux d’augmentation de pression est important, plus l’explosion se rapproche d’un choc, et plus les hautes fr´equences sont excit´ees. Des pics peuvent apparaˆıtre en hautes fr´equences (au dessus de 4 kHz). Ils correspondent sur le signal temporel `a des oscillations de pression juste apr`es la combustion. Ces pics sont li´es aux modes de cavit´e de la chambre, ph´enom`ene d´ecrit par Hickling [HFS 78]. Cependant, avec les progr`es r´ealis´es grˆace `a la pr´e-injection, la courbe de pression cylindre a ´et´e fortement liss´ee, et le claquement Diesel ne contient g´en´eralement plus assez de hautes fr´equences pour exciter les modes de cavit´e (voir les articles de Russel [RUS 82], [RH 85] et de Schaberg et al. [SPD 90]).
Il est int´eressant de comparer les signaux de pression cylindre d’un moteur Diesel, `a auto-allumage, par rapport `a ceux d’un moteur essence, `a allumage command´e. Pour cela, nous avons trac´e sur la figure 1.6 la pression dans un cylindre de moteur Diesel (1.9L DCi) et dans celui d’un moteur essence (1.2L) fonctionnant `a la mˆeme charge au mˆeme r´egime (50 %, 2000 tr/mn). On constate ´evidemment sur les signaux temporels que la pression maximum est plus importante pour le moteur Diesel, mais cela ne gouverne que la partie basses fr´equences des spectres de combustion. La transform´ee de Fourier des deux signaux montre la diff´erence fondamentale entre un signal de pression essence et Diesel : l’explosion essence ne fournit pas d’harmoniques au del`a de 1 kHz (on mesure alors uniquement du bruit de fond), tandis que le spectre Diesel est encore riche en harmoniques. ´Etant donn´e que la partie du spectre gouvernant le bruit de combustion se situe justement dans ces moyennes et hautes fr´equences, on comprend bien que le bruit de combustion est un probl`eme caract´eristique des moteurs Diesel.
0 0.01 0.02 0.03 0.04 0 50 100 SIGNAUX TEMPORELS Temps (s) Pression (Bar) essence Diesel 0 500 1000 1500 2000 −80 −60 −40 −20 0 20 SPECTRES Fréquence (Hz) dB ref. 1 Bar
FIG. 1.6 – Comparaison de la pression cylindre essence et Diesel (source interne Renault)
du bloc moteur (voir les articles de Priede [PRI 79], [PRI 80] et de Dejong et Parsons [DP 80]). Les efforts r´esultants, sch´ematis´es sur la figure 1.7, se situent d’une part au niveau des fˆuts
Fût
Paliers Combustion
FIG. 1.7 – Efforts m´ecaniques dus `a la combustion
cot´e « pouss´ee » pour le piston, et d’autre part au niveau des paliers du bloc moteur pour le vilebrequin. Cette derni`ere voie de transfert solidienne est consid´er´ee comme la plus importante des deux, en raison de la position de l’attelage mobile au moment de l’explosion. La quasi totalit´e de l’effort de combustion est encaiss´ee par le palier, causant un important effort vertical ainsi que des moments provoquant la flexion des paliers adjacents (cf. [IHK 81], [PBGG 85], [AIK+00]). De plus, la partie basse du bloc moteur (paliers et jupes) est plus souple que la
1.1.3 Le rˆole des jeux de fonctionnement
Les jeux, n´ecessaires au bon fonctionnement des diff´erentes liaisons de l’attelage mobile, sont `a l’origine de nombreux chocs. Les impacts entre solides m´etalliques produisent des ex-citations dont le spectre peut ˆetre tr`es large bande. Des jeux de fonctionnement sont pr´esents notamment entre le piston et le fˆut, et entre le vilebrequin et les paliers vilebrequin. Les espaces laiss´es par ces jeux, plus ou moins remplis d’huile, servent `a am´eliorer le rendement des liai-sons en diminuant les frottements. Les jeux de fonctionnement ont un effet important sur le bruit moteur. En effet, lorsque l’effort appliqu´e `a la partie mobile (piston ou vilebrequin) de la liaison subit un brusque changement de sens, cette partie mobile va aller s’appuyer sur la face oppos´ee de la partie fixe, produisant un choc (voir l’exemple du piston figure 1.8). Si l’on ne consid`ere que
FIG. 1.8 – Choc provoqu´e par le jeu de fonctionnement entre le piston et le fˆut (piston-slap)
les efforts d’inertie, ce cas de figure apparaˆıt au niveau du piston. L’effort transversal appliqu´e au piston du fait des effets d’inertie ne change pas moins de quatre fois au cours d’un aller-retour de piston, de quoi provoquer de nombreux chocs (huit par poste et par cycle, cf. [RUS 82]). Le rˆole des jeux devient r´eellement critique lorsque la combustion intervient. Le choc au niveau du piston au PMH (point mort haut) au moment de l’explosion r´esulte de la combinaison des efforts de gaz et du changement de sens de l’obliquit´e de la bielle. C’est `a ce moment l`a que le basculement de piston, ou piston-slap, produit un choc qui peut ˆetre non n´egligeable par rap-port aux autres sources. Plus la force transversale est imrap-portante, plus le piston va prendre de la vitesse lors de son basculement d’une face `a l’autre du fˆut, et plus le choc va ˆetre fort. Ce ph´enom`ene a fait l’objet de nombreuses ´etudes. Haddad et Pullen [HP 74], Priede [PRI 79], Ya-wata et Crocker [YC 83], et Nakashima et al. [NYS 99] ont trait´e de l’effet de la variation du jeu de fonctionnement piston-cylindre sur le basculement de piston, et constat´e une augmenta-tion du bruit en augmentant le jeu. Un mod`ele de basculement prenant en compte la dynamique du syst`eme piston bielle et le jeu de fonctionnement a ´et´e mis au point en 1965 par Ungar et Ross [UR 65]. De nombreux autres mod`eles ont ´et´e mis au point par la suite, prenant en compte non seulement le mouvement transversal du piston, mais aussi sa rotation autour de la tˆete de bielle (cf. Haddad et Howard, [HH 80], Haddad [HAD 95]). Les mod`eles les plus perfectionn´es prennent en compte ´egalement les raideurs de jupes de pistons, l’influence de l’huile et les efforts de friction ( Nakashima et al. [NYS 99], Cho et al. [CAK 02]). Des mesures ont ´et´e effectu´ees de mani`ere `a valider ces derni`eres g´en´erations de mod`eles (cf. Okubo et al. [OKY 89], Nakada et
al. [NYA 97], Haddad et Tjan [HT 95]). Ces mesures sont r´ealis´ees en positionnant des capteurs
travaux ont permis de mettre en ´evidence deux m´ecanismes diff´erents : le cold slap (claquement froid) ou croaking (croassement), et le rattling (cr´epitement). Comme leurs noms l’indiquent, les deux ph´enom`enes sont `a l’origine de bruits diff´erents. Le premier g´en`ere un bruit plutˆot basses fr´equences et `a caract`ere tonal, et apparaˆıt `a bas r´egime. Le second produit un bruit hautes fr´equences assez large bande (voir l’article de Kamp et Spermann [KS 95]) et apparaˆıt `a plus haut r´egime. Le cold-slap r´esulte d’un basculement relativement simple d’un cot´e `a l’autre du fˆut (semblable au m´ecanisme sch´ematis´e par la figure 1.8), et le rattling r´esulte d’un mouvement plus complexe impliquant plusieurs allers-retours d’une face `a l’autre. Ces deux ph´enom`enes sont bien d´ecrits dans les articles de Kamp et Spermann [KS 95], et de Nakada et al. [NYA 97]. Le mˆeme ph´enom`ene de changement de sens d’effort est observ´e au niveau de la liaison vilebre-quin paliers. Le vilebrevilebre-quin est en th´eorie support´e par le film d’huile pr´esent entre le coussinet de palier et les manetons. L’´evolution du jeu — l’´epaisseur du film d’huile — a fait l’objet de mesures moteur en fonctionnement. Dans une ´etude de Ishihama et al. [IHK 81], la d´eform´ee du vilebrequin est d´etermin´ee par la mesure des jeux pour chaque palier. Il est constat´e qu’au moment de la combustion sur un poste, le jeu inf´erieur s’annule presque compl`etement pour les deux paliers adjacents. Cette r´eduction extrˆeme du jeu peut ˆetre `a l’origine de chocs entre le vilebrequin et le palier.
1.2 L’identification des sources internes et des voies de
trans-fert
1.2.1 Les m´ethodes appliqu´ees au moteur en fonctionnement
La s´eparation bruit m´ecanique d’inertie — bruit de combustion
La m´ethode la plus ´evidente pour s´eparer le bruit d’inertie du bruit de combustion est de supprimer l’un des deux ph´enom`enes. Sur un moteur en fonctionnement, les efforts d’inerties sont in´evitables. On peut par contre supprimer les explosions. Le vilebrequin est alors entraˆın´e en rotation par un syst`eme externe (cf. Leipold et Hardenberg [LH 75], Priede [PRI 79], Ishi-hama et al. [IHK 81], Tinaut et al. [TMG+00]). Connaissant les effets des efforts d’inertie, on
peut les soustraire au bruit total moteur en fonctionnement pour obtenir les effets des efforts de combustion.
0 20 40 60 80 100 70
80 90 100
Charge moteur à regime fixe (%)
Niveau de bruit (dB)
Bruit de combustion Bruit d’inertie Bruit total
Point critique
FIG. 1.9 – D´etermination de la pression cylindre critique
cylindre via un filtrage appropri´e : c’est le CNM (combustion noise meter). Des techniques alter-natives ont ´et´e d´evelopp´ees pour d´eterminer l’att´enuation de structure. En effet, avec les progr`es effectu´es sur le bruit de combustion, la charge critique devenait difficile `a atteindre, de sorte que le bruit d’inertie n’´etait plus n´egligeable mˆeme `a forte charge. Ces techniques consistent `a faire augmenter le bruit de combustion par d’autres moyens : utilisation de carburants sp´eciaux, r´eglage des param`etres d’injection (ref. Russel [RUS 82], Russel et Haworth [RH 85]).
Une troisi`eme m´ethode de s´eparation bruit de combustion — bruit d’inertie s’appuie sur la diff´erence de r´epartition temporelle des deux ph´enom`enes. En effet, la combustion est un ph´enom`ene de nature impulsionnelle, et apparaˆıt `a un moment pr´ecis du cycle, tandis que les efforts d’inertie qui sont de nature quasi sinuso¨ıdale se r´epartissent sur la totalit´e du cycle. Il est donc possible d’isoler la combustion par un fenˆetrage temporel, en consid´erant que sur cet intervalle de temps la combustion est le ph´enom`ene fortement pr´epond´erant (cf. Pischinger et al. [PSL 79], Alpini et al. [ABRT 80], Guyader et al. [GSLHB 01]).
La s´eparation bruit de combustion — basculement de piston
Les m´ethodes utilisant les coh´erences
De nombreux travaux ont ´et´e consacr´es `a l’application de techniques de traitement du signal utilisant la coh´erence. Ces m´ethodes reposent sur une analyse statistique robuste de signaux stationnaires largement d´ecrite dans des ouvrages de Bendat et Piersol [BP 80], et de Jenkins et Watts [JW 68]. Le principe de base de cet outil est qu’il est possible de s´eparer les effets de deux sources stationnaires si ces deux sources ont une coh´erence nulle. Pratiquement, deux signaux stationnaires ont une coh´erence nulle si le d´ephasage de leurs spectres est al´eatoire suivant la fenˆetre temporelle observ´ee. Leur interspectre moyenn´e sur un nombre suffisant de fenˆetres temporelles est alors nul. De la mˆeme mani`ere, si deux sources sont partiellement coh´erentes, il est possible de s´eparer les effets des parties non coh´erentes, les parties coh´erentes restant indiscernables. Ces techniques sont abord´ees plus largement au chapitre 3.
Plusieurs ´etudes ont ´et´e consacr´ees `a l’application de ces techniques au moteur. Alfredson [ALF 77] tenta ainsi d’identifier les contributions des surfaces externes du bloc moteur sur le bruit rayonn´e. Yawata et Crocker [YC 83] tent`erent de s´eparer les sources internes du moteur, et de calculer ainsi l’att´enuation de structure. Ces deux ´etudes se heurt`erent `a l’inconv´enient majeur de l’application au moteur de la m´ethode des coh´erences : les sources internes du moteur sont ´etroitement coh´erentes, c’est `a dire que leurs phases relatives sont d´eterministes. Plusieurs papiers (cf. Chung et al. [CCH 75], Alpini et al. [ABRT 80], Yawata et Crocker [YC 83]) sou-lignent le fait que les signaux de pressions cylindres, qui sont pourtant physiquement totalement ind´ependants, observent des coh´erences mutuelles tr`es importante. Chung et al. [CCH 75], et alpini et al. [ABRT 80], ont d´evelopp´e des mod`eles de coh´erence multiple pour acc´eder au bruit externe coh´erent `a toutes les pressions cylindre. Cependant, ce bruit ne correspond pas enti`erement au bruit de combustion, ce dernier ´etant tr`es coh´erent avec le bruit m´ecanique (notamment piston-slap). Hayes et al. [HSH 79] et Kanda et al. [KOY 90] ont construit des mod`eles de coh´erence multiple pour s´eparer le bruit de combustion du bruit de basculement de piston. Ces ´etudes souffrent ´egalement de l’important niveau de coh´erence entre ces deux sources. Des ´etudes ont ´et´e conduites pour tenter d’alt´erer le niveau de coh´erence entre le bruit m´ecanique et le bruit de combustion. Russel [RUS 82] et plus r´ecemment Albright [ALB 95] ont introduit un l´eger d´ecalage variable ou al´eatoire de l’injection de mani`ere `a rendre ind´etermin´ees les phases entre le bruit m´ecanique et le bruit de combustion. De cette mani`ere, un mod`ele de coh´erence multiple peut ˆetre appliqu´e avec succ`es. Cela n´ecessite cependant une alt´eration du fonctionnement du moteur.
La mesure directe ou indirecte des excitations
La m´ethode la plus efficace pour quantifier une excitation reste la mesure, directe ou indirecte. La mesure directe des pressions cylindres est possible et couramment utilis´ee en introduisant un capteur de pression dans la chambre de combustion par la culasse. La mesure directe des efforts appliqu´es aux paliers vilebrequin est aussi possible en introduisant des capteurs de force au niveau des vis de fixation (ref. Ishihama et al. [IHK 81], Tinaut et al. [TMG+00]), cette m´ethode se bornant toutefois `a la mesure de forces, et non de moments. Les
connais-sance de la relation entre la quantit´e mesur´ee et l’effort, il est possible d’estimer indirectement l’effort recherch´e. On peut utiliser ce type de technique pour mesurer indirectement la pression cylindre (cf. Cassini et al. [CDS 96], Gao et Randall [GR 99], Antoni [ANT 00]). Ce type de m´ethode a ´egalement ´et´e mis en œuvre pour mesurer les efforts et moments aux paliers `a partir de mesures de contraintes (cf. Aoyama et al. [AIK+00]). R´ecemment, Van Herbruggen
et al. [VHVDLD+01] ont appliqu´e cette technique `a la mesure indirecte des sources internes
principales d’un moteur `a partir de mesures d’acc´el´eration. La mesure indirecte d’efforts ´etant l’objet principal de cette th`ese, les difficult´es inh´erentes `a ce type de m´ethode sont abord´es largement au chapitre 2.
1.2.2 Les m´ethodes appliqu´ees au moteur inerte
Une alternative pour mesurer les effets des diff´erentes sources est de les simuler ind´epen-damment sur un moteur inerte. De nombreux travaux on fait l’objet de simulation de combustion et de basculement de piston. D’autres ´etudes sur le moteur inerte concernent la mesure des voies de transfert entre les diff´erentes sources et les vibration du moteur.
Simulation de la combustion
Les syst`emes mis en œuvre pour r´ealiser une simulation de combustion sont en g´en´eral si-milaires : Le vilebrequin du moteur inerte est bloqu´e en position PMH (point mort haut), et une brusque augmentation de pression est provoqu´ee dans une chambre de combustion. On fait donc l’hypoth`ese que la variation de l’angle du vilebrequin pendant la combustion (ph´enom`ene relati-vement bref par rapport au cycle entier) a peu d’influence. La premi`ere technique de simulation de combustion, appel´ee Ricardo banger method a ´et´e mise en place d`es 1958 par Alcock chez Ricardo (cf. [PRI 80]). La combustion est simul´ee en allumant un m´elange `a base de propane dans la chambre. Un dispositif similaire, appel´e single-shot combustion est d´ecrit dans un article de Hayashi et al. [HSTU 81], et repris par Kojima [KOJ 89]. Un deuxi`eme type d’excitation a ´et´e mis en œuvre `a l’ISVR (Institute of Sound and Vibration Research) de l’universit´e de Southamp-ton par Dixon et al. [DGP 82]. Il s’agit cette fois d’une excitation par impulsion hydraulique : un fluide sous haute pression est inject´e dans la chambre de combustion. Ce syst`eme a pour avantage d’ˆetre plus pr´ecis et mieux reproductible que le pr´ec´edent. De plus, on peut utiliser une « pr´echarge hydraulique » pour pr´echarger le piston de mani`ere `a mieux reproduire les condi-tions r´eelles de fonctionnement. Ce syst`eme a ´egalement ´et´e utilis´e par Kanda et al. [KOY 90]. Un syst`eme hydraulique r´ecent a ´et´e mis au point par Ozawa et Nakada [ON 99]. Ce syst`eme, relativement perfectionn´e au niveau du contrˆole de l’injection de fluide, permet de reproduire tr`es fid`element une pression cylindre mesur´ee sur un moteur en condition de fonctionnement.
Simulation du basculement de piston
est admis que le basculement le plus s´ev`ere a lieu en position PMH, lorsque le piston est soumis aux efforts de gaz. Le piston est donc positionn´e en PMH, et le vilebrequin bloqu´e en rotation. un syst`eme de doublement de bielle est utilis´e pour pouvoir exciter la bielle en rotation autour du maneton du vilebrequin, comme sch´ematis´e sur la figure 1.10. Pour provoquer un choc sur
Maneton du vilebrequin Pot vibrant et capteur de force Fslap t Fslap
FIG. 1.10 – Simulation du piston-slap — m´ethode Haddad
le bon cot´e du fˆut (cot´e pouss´ee CP), il est n´ecessaire de donner un profil particulier `a l’effort inject´e. Le piston doit basculer rapidement du cot´e oppos´e pouss´ee (COP) au CP pour produire un choc, mais doit effectuer le trajet inverse lentement de mani`ere `a minimiser l’impact sur le COP. Il est ainsi possible, en param´etrant correctement le signal envoy´e au pot vibrant, de simuler le r´egime souhait´e. De bonnes corr´elation ont ´et´e obtenues entre un bruit simul´e par ce biais et un bruit moteur enregistr´e `a froid en bas r´egime, conditions pour lesquels le basculement de piston est la source pr´epond´erante. Un autre syst`eme, d´ecrit sur la figure 1.11, est propos´e dans les travaux de Okubo et al. [OKY 89] et Kanda et al. [KOY 90]. Le basculement est simul´e
F Accéléromètre Capteur de force Pot vibrant Pot vibrant 'LVSRVLWLI 'LVSRVLWLI Accéléromètre
FIG. 1.11 – Simulation du piston-slap — m´ethode Okubo
Mesure des voies de transfert de la combustion
Les voies de transfert de la combustion vers le bruit ext´erieur sont multiples. Leur quantifica-tion et leur hi´erarchisaquantifica-tion est donc fondamentale lorsque l’on d´esire r´eduire efficacement le bruit de combustion transmis. De nombreuses ´etudes ont ´et´e conduites dans cette optique. Dejong et
al. ont travaill´e sur la quantification des deux voies principales de transmission de la combustion
que sont la culasse d’une part, et l’attelage mobile d’autre part (cf. Dejong et Manning [DM 79] et Dejong et Parsons [DP 80]). Chaque pi`ece composant la voie de transmission est caract´eris´ee individuellement par sonnage au marteau de choc. L’ensemble de la voie de transmission est en-suite assembl´e num´eriquement. Ces travaux, valid´es sur des mesures moteur en fonctionnement, semblent montrer que la voie de l’attelage mobile est fortement pr´epond´erante en dessous de 2 kHz. Kojima [KOJ 89] et Kanda et al. [KOY 90] ont ´egalement voulu quantifier les contribu-tions des diff´erentes voies de transmission du bruit de combustion. Pour leurs travaux, ils ont utilis´e une simulation de combustion (type single-shot ou impulsion hydraulique) coupl´ee `a des dispositifs exp´erimentaux isolant les voies de transfert. Contrairement aux travaux pr´ec´edents, la voie passant par le piston et le fˆut est prise en compte. Trois dispositifs sont donc utilis´es pour identifier trois voies de transfert (voir figure 1.12).
Le premier dispositif est la configuration classique de simulation de combustion : l’attelage
Dispositif 1 Dispositif 2 Dispositif 3
FIG. 1.12 – Mesure des voies de transfert de la combustion
mobile bloqu´e en PMH. Toutes les voies de transfert sont alors actives, excitation de gaz, ef-fort piston-fˆut, et efef-fort vilebrequin-palier. Le second dispositif est semblable au premier, sauf que des segments en caoutchouc sont plac´es sur le piston de mani`ere `a amortir l’effort piston fˆut. La soustraction des effets de ces deux dispositifs caract´erise donc l’effort piston-fˆut. Pour le troisi`eme dispositif, on introduit un faux piston en appui non pas sur l’attelage mobile, mais directement sur le sol. Ce dispositif permet de n’injecter sur la structure que l’excitation des gaz. la quantification de la voie vilebrequin-palier est ensuite d´eduite par le calcul.
1.2.3 La mod´elisation en ´el´ements finis
ordinateurs, la pr´ediction devient de plus en plus fiable et la bande de fr´equence utile de plus en plus large. La r´ealisation d’un mod`ele ´el´ements finis d’un moteur permet ais´ement de comparer les diff´erentes voies de transfert sans avoir `a mettre en œuvre de proc´ed´es exp´erimentaux lourds et coˆuteux. Cependant, il est encore n´ecessaire de recaler un mod`ele ´el´ements finis sur des mesures r´eelles lorsqu’il s’agit de quantifier les voies de transfert, notamment au niveau de la prise en compte de l’amortissement. Le mod`ele E.F. repr´esent´e en figure 1.13 est utilis´e au chapitre 8 pour quantifier les voies de transfert du moteur ´etudi´e.
Chapitre 2
L’identification de sources vibratoires
La connaissance des forces vibratoires agissant sur un syst`eme m´ecanique est un enjeu important lorsqu’il s’agit d’´etudier son comportement dynamique. Ces donn´ees peuvent ˆetre utilis´ees par exemple comme entr´ee de mod`eles num´eriques type ´el´ements finis en vue de simulations, ou tout simplement dans une optique de diagnostic et de maintenance de machines. Dans un grand nombre de cas, l’utilisation de capteurs de forces plac´es entre les organes excitateurs et le syst`eme ´etudi´e est impossible sans modifier de mani`ere significative les liaisons, ou mˆeme sans alt´erer son fonctionnement. Dans d’autres situations, telles que les syst`emes soumis `a des excitations r´eparties, mobiles, ou tout simplement non localis´ees, l’utilisation de capteurs de force est ´egalement inappropri´ee. C’est pourquoi dans bien des cas pratiques les exp´erimentateurs on recours `a des m´ethodes de mesure indirecte. Ces m´ethodes se basent d’une part sur des mesures vibratoires de quantit´es observables (d´eplacements, vitesses, acc´el´erations, pressions, contraintes ...) et d’autre part sur un mod`ele dynamique du syst`eme. Une premi`ere partie de ce chapitre est consacr´e au positionnement du probl`eme d’identification de sources dans le domaine vibro-acoustique. Une seconde partie est d´evelopp´ee sur une m´ethode d’identi-fication particuli`ere, adapt´ee `a la probl´ematique moteur, pour laquelle les zones d’excitation de la structure sont suppos´ees connues a priori.
2.1 L’identification de sources dans le domaine
vibro-acoustique : un probl`eme inverse
Un mod`ele, qu’il soit de nature analytique, num´erique, ou encore issu de l’exp´erimentation, permet de simuler la r´eponse d’un syst`eme `a des sollicitations dynamiques. Cette op´eration est g´en´eralement appel´ee probl`eme direct. Le probl`eme visant la reconstruction des sollicitations `a partir de mesures de r´eponse du syst`eme n´ecessite l’inversion du mod`ele, ´etant ainsi qualifi´e de probl`eme inverse. Il est g´en´eralement admis que les probl`emes inverses appartiennent souvent `a la classe des probl`emes dits mal pos´es. C’est Hadamard [HAD 02] qui introduisit la notion de probl`eme bien ou mal pos´e au d´ebut du si`ecle dernier. Un probl`eme bien pos´e selon la d´efinition de Hadamard doit satisfaire les trois conditions suivantes :
– la solution est unique, – la solution est stable.
Les deux premi`eres conditions sont des conditions math´ematiques bool´eennes. La troisi`eme condition est li´ee `a la d´etermination physique de la solution. Le probl`eme est dit stable (resp. instable) si de faibles variations des donn´ees d’entr´ee du probl`eme entraˆınent de faibles (resp. importantes) variations sur la solution. Lorsque les deux premi`eres conditions sont satisfaites, la notion de probl`eme bien ou mal pos´e est donc nuanc´ee, et ´equivaut `a la notion de stabilit´e. En pratique, de cette stabilit´e va d´ependre la robustesse du probl`eme face aux diff´erents types d’erreur, qu’il s’agisse de l’erreur de mesure ou de l’erreur de mod`ele. Les probl`emes directs sont g´en´eralement bien pos´es car on ´evalue l’´etat du syst`eme en connaissant les causes de cet ´etat. c’est un processus d’int´egration, i.e. les ´etats g´en´er´es par chaque cause peuvent ˆetre ´evalu´es s´epar´ement, et ensuite int´egr´es. L’´evaluation des causes `a partir de l’´etat du syst`eme, probl`eme inverse par d´efinition, est un processus de diff´erentiation, beaucoup plus complexe `a r´esoudre (cf. Stevens [STE 87]). Le probl`eme direct a toujours une solution unique, tandis que le probl`eme inverse peut ne pas avoir de solution, ou encore en avoir plusieurs. Des travaux r´ecents traitent des probl`emes inverses d’un point de vue g´en´eral (cf. [AUD 94], [OBS 99]). Math´ematiquement, il existe deux approches pour traiter les probl`emes inverses. L’ouvrage de Tikhonov et Arsenine [TA 76], aborde le probl`eme de fac¸on d´eterministe. Tarantola [TAR 87] l’aborde d’un point de vue probabiliste, ou bay´esien : toutes les donn´ees du probl`eme, ainsi que les solutions, sont d´ecrites sous forme de densit´e de probabilit´e. L’approche du probl`eme utilis´e pour cette th`ese, ainsi que pour la plupart des travaux recens´es dans la litt´erature du domaine vibro-acoustique s’apparentent aux m´ethodes d´eterministes. On peut cependant citer le travail de Bonnet [BON 91] sur le rayonnement acoustique des structures qui aborde le probl`eme inverse de fac¸on probabiliste.
Deux grandes familles de probl´ematiques vibro-acoustiques s’apparentent `a des m´ethodes inverses. La premi`ere a pour but d’identifier des param`etres du mod`ele du syst`eme `a partir des mesures des causes et des effets. On peut citer dans ce domaine les m´ethodes d’analyse modale [LEM 88], les m´ethodes de recalage de mod`eles ´el´ements finis [FM 95], ou encore des tech-niques de mod´elisation de rayonnement de structures [MF 97]. Notre approche, l’identification de sources, s’apparente `a la seconde famille, qui a pour objectif d’identifier les causes sollicitant le syst`eme `a partir d’un mod`ele du syst`eme et de mesures de son ´etat.
du syst`eme, il existe un nombre fini de sources identifiables intrins`eque au probl`eme. Le nombre de sources recherch´ees dans les probl`emes n´ecessitant la localisation est souvent sup´erieur au nombre de sources identifiables. Il s’agit donc typiquement de probl`emes mal pos´es, observant une infinit´e de solutions, et n´ecessitant une r´egularisation.
Pour illustrer cette famille de probl`emes impliquant la localisation de sources dans le domaine de l’acoustique, on doit citer en premier lieu les techniques d’imagerie. La technique d’holographie acoustique en champ proche (NAH, cf. Maynard et al. [MWL 85], Veronesi et Maynard [VM 89]) a pour objet la reconstruction de la d´eformation d’une surface vibrante `a partir de mesures de pressions en champ proche par r´etro-propagation des ondes acoustiques. Cette approche poss`ede les caract`eres d’un probl`eme inverse mal pos´e et n´ecessite une r´egularisation (cf. Williams [WIL 01]). L’antennerie, ´egalement appel´ee holographie conventionnelle, est une technique semblable `a l’holographie en champ proche, mais qui permet d’´eloigner le plan de mesure de la surface source `a identifier (cf. [DBHW 95], [HC 02]). La distance entre les points de mesure et les points la surface source discr´etis´ee est utilis´ee pour r´etro-propager le champ de pression. Cette technique, plus simple `a mettre en œuvre que l’holographie en champ proche, diminue en contrepartie consid´erablement la r´esolution spatiale de l’image de la source, `a cause de la non prise en compte des ondes ´evanescentes (voir les comparaisons effectu´ees dans [MWL 85] et [DBHW 95]). Des m´ethodes ont ´egalement ´et´e d´evelopp´ees pour identifier la contribution de sources acoustiques en g´en´eral, que ce soit une source complexe discr´etis´ee ou plusieurs sources ind´ependantes. La mise en œuvre de ces m´ethodes n´ecessite la mesure (ou le calcul) des fonctions de transfert entre les sources et les points de mesure du champ de pression (cf. [DB 96], [NY 00]). Cette technique a l’avantage, contrairement aux techniques d’imagerie, d’ˆetre insensible aux r´eflexions pr´esentent dans les espaces clos, pour la simple raison que ces r´eflexions sont prises en compte dans les fonctions de transfert mesur´ees. Les fonctions de transfert peuvent ´egalement ˆetre calcul´ees par ´el´ements finis de fronti`ere (cf. [SH 01]), la m´ethode de reconstruction de source complexe est alors appel´ee inverse BEM (pour inverse boundary element method). Lorsque le nombre de sources est important, cette m´ethode peut s’apparenter aux probl`emes de nature mal pos´es, et donc n´ecessiter une r´egularisation (cf. [SH 01], [NY 00]). Des comparaisons de ces diff´erentes techniques, holographie en champ proche, imagerie, et fonctions de transfert sont r´ealis´ees dans plusieurs travaux [DBHW 95], [HN 03].
L’identification de sources vibratoires excitant des structures par des m´ethodes indirectes a ´egalement fait l’objet du d´eveloppement de nombreuses techniques. L’intensim´etrie vibratoire (cf. [NOI 69], [PAV 76]), a ´et´e d´evelopp´ee pour analyser la propagation des ondes de flexion dans les structures simples. Cette technique permet de tracer une « carte » de la structure repr´esentant en diff´erents points l’orientation des flux de puissance vibratoire. Dans le cas de structures suffisamment amorties, c’est-`a-dire peu r´everb´erantes, la cartographie d’intensit´e vi-bratoire et de sa divergence permet d’identifier les sources et les puits d’´energie (cf. [PCCS 93]).
nombres d’ondes ´elev´es. Le mˆeme type d’approche est utilis´e par P´ezerat [PG 95] avec cette fois un filtrage modal des effort reconstitu´es (le bruit ´etant amplifi´e cette fois par la contribution des modes ´elev´es). Granger et Perottin ([GP 99], [PG 99]) utilisent un mod`ele modal de la structure, une transform´ee de fourier spatiale de l’excitation, et une r´egularisation de type Tikhonov pour reconstruire une excitation r´epartie. Une approche diff´erente est d´evelopp´ee par Shih et
al. [SZA 89]. Ils observent, `a partir d’un syst`eme modal de la structure ´etudi´ee, l’incoh´erence
spatiale des efforts de mani`ere `a obtenir leur nombre et leur localisation. Une id´ee similaire, d´evelopp´ee par Guillaume [GPDS 02] utilise comme information a priori le fait que la plupart des efforts recherch´es sont en r´ealit´e nuls, ce qui revient `a dire que le nombre d’efforts est limit´e et que les efforts recherch´es sont ponctuels. Une technique de pond´eration est ainsi utilis´ee en plus d’une r´egularisation classique de mani`ere `a minimiser le nombre de sources, permettant ainsi d’affiner la reconstruction des efforts.
Dans de nombreuses applications industrielles, la localisation des sources vibratoires peut ˆetre ´etablie a priori. Quand cette information est disponible, il est imp´eratif de l’utiliser de mani`ere `a simplifier le probl`eme. Contrairement aux probl`emes impliquant la localisation des sources, l’identification de sources a priori localis´ees est un probl`eme inverse ne s’apparentant pas forcement `a un probl`eme mal pos´e. Dans le contexte de l’´etude du moteur Diesel, les princi-pales zones d’excitation sont connues. La seconde partie de ce chapitre est donc consacr´ee aux techniques d’identification de sources vibratoires a priori localis´ees.
2.2 L’identification des sources vibratoires localis´ees a priori
On consid`ere dans cette section la mesure indirecte de sources a priori localis´ees excitant une structure `a partir de mesures de sa r´eponse vibratoire (d´eplacements, vitesses, acc´el´erations, contraintes ...) r´ealis´es en un ensemble de points . Le principe est d’utiliser la structure elle mˆeme comme un capteur de force multi-dimensionnel (cf. Stevens [STE 87]). Chaque effort est tout d’abord caract´eris´e par sa r´eponse vibratoire sur l’ensemble des points de mesure. La r´eponse vibratoire mesur´ee est ensuite d´ecompos´ee par m´ethode inverse de mani`ere `a d´eterminer la contribution de chaque effort, pour enfin pouvoir les quantifier individuellement. La proc´edure classique de mesure indirecte d’efforts s’organise donc comme suit :
– description du comportement de la structure,
– acquisition de la r´eponse vibratoire de la structure soumise aux sollicitations inconnues, – reconstruction des sollicitations `a partir de la r´eponse et de l’inversion du mod`ele de la
structure.