HAL Id: jpa-00245556
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Submitted on 1 Jan 1987
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Climatisation en pays chauds et secs par toiture diode
C.N. Awanou, P.F. Kieno, X. Berger
To cite this version:
C.N. Awanou, P.F. Kieno, X. Berger. Climatisation en pays chauds et secs par toiture diode.
Revue de Physique Appliquée, Société française de physique / EDP, 1987, 22 (6), pp.413-423.
�10.1051/rphysap:01987002206041300�. �jpa-00245556�
Climatisation
enpays chauds et
secspar toiture diode
C. N. Awanou
(*),
P. F. Kieno(**)
et X.Berger (***)
(*)
Laboratoire dephysique
du rayonnement F.A.S.T.-U.N.B., B.P. 526 Cotonou, Bénin(**)
Institut deMathématiques
et dePhysique,
Université deOuagadougou,
B.P. 7021Ouagadougou,
Burkina-Faso
(***)
C.N.R.S., Laboratoired’Ecothermique,
B.P. 06561, Valbonne Cedex, France(Reçu
le 29septembre
1986, accepté le 9février 1987)
Article de mise au
point.
Résumé. - Les climats chauds et secs sont caractérisés par des écarts de
températures
trèsimportants
entre lejour
et la nuit, et destempératures
de rayonnement du ciel très basses. L’articleprésente
undispositif
declimatisation
passive
permettant d’assurer le confortthermique
dans l’habitat de cesrégions :
la toiture« diode ». L’étude des modes de transferts
thermiques
au travers de cette toiture a été faite. Les résultats del’expérimentation
sur une cellule-test sont aussiprésentés.
Abstract. 2014 The hot and arid countries are characterized
by
a veryimportant
difference betweendaytime
andnighttime
temperatures. Theequivalent sky
radiation temperature is very low. The present text describes apassive cooling
system forenjoying
agood
thermal comfort inbuilding
in those countries : the « diode » roof.The results
concerning
thestudy
about heat transfer and about theexperimentation
on a cell-test are presented.Classification
Physics Abstracts
44.10 - 44.25 - 44.90
Introduction.
En pays
chauds,
les modesd’échanges thermiques
les
plus
usités pour lessystèmes
de climatisationpassive
sont : lerayonnement,
la convection etl’évaporation.
Les deux derniers sont relatifs à l’airambiant,
et doncdépendants
desparamètres
«agita-
tion » et « débit ». Mais ils sont par contre
insépara-
bles des inconvénients
« poussières », « bruits »,
«
odeurs »,
...Le
rayonnement
solaire et lerayonnement
de la voûte céleste sont les deuxprincipales
sources éner-gétiques
dont les effetss’opposent
dans ces pays chauds et secs, etdesquelles dépendent
lespuissan-
ces des autres. Les
dispositifs
de climatisation ren-contrés sont limités en efficacité d’une part par la faiblesse de la
puissance
radiative de la voûtecéleste,
d’autrepart
par la nécessité d’uneprotection
contre les
apports calorifiques d’origine
solaire.Les toitures constituées par de
simples tôles,
comme on en rencontre
beaucoup
enAfrique équa- toriale,
constituent des radiateurs chauds dans lajournée,
froids dans la nuit. Leuradoption
nerésulte que de considérations de
prix,
et de soliditécomparativement
à ceux en chaume. L’améliorationapportée
par certains est dedisposer
uneplaque
decontre-plaqué
en dessous. Le volumeperdu
a uneépaisseur
voisine de celle despoutres,
et est fermé pour diverses raisons(bruit
provenant de la circula- tion naturelle del’air, refuge d’animaux...).
Leconcept
de toiture « diode »provient
de la volonté de conserver unetechnique
connue, et d’améliorer le comportementthermique
dudispositif
pour unprix modique :
* Renforcement de
l’aspect
isolant pour lajournée
en refusant le
plus possible
lesapports
solaires au moyen d’unepeinture sélective,
et en introduisantune masse dans la toiture faisant office de
tampon thermique.
*
Ajout
d’unaspect
conducteur pour la nuit par effet caloduc : les mouvements verticaux ascendant de l’eauévaporée
contenue dans latoiture,
et descendantgravifique
du condensatengendrent
untransfert de calories
depuis
l’intérieur de l’habitatvers l’extérieur
(Fig. 1).
Lesfrigories
obtenues sontArticle published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/rphysap:01987002206041300
Fig. 1. - La toiture diode en tant
qu’amélioration,
à faible coût, d’undispositif
de toiturerépandu
enAfrique.
[The
« diode » roof, as acheap improvement
of awellknown african roof
technique.]
stockées dans la masse inertielle
qui
les restitueraavec un
déphasage
deplusieurs
heures.Le
dispositif
est trèssimple,
etprend
encompte
les deux effets radiatifsopposés
de l’échauffement solaire et du refroidissement par la voûte céleste.L’étude
qui
suitprésente
les recherchesthéoriques
et
expérimentales entreprises depuis plusieurs
années pour la
conception
et la mise aupoint
de cesystème :
* La
première partie présente
une étude de lapuissance
radiative de la voûte céleste en fonction des conditionsclimatiques.
* Dans la seconde
partie
est décrit ledispositif
detoiture
diode,
et sontprésentées
leséquations expri-
mant les transferts
thermiques.
* La troisième
partie
résume l’étude des transfertsévapo-condensatifs
pour laconfiguration adoptée
dusystème.
* La
quatrième partie
est relative aux simulationsthéoriques
sur ordinateur. L’influence d’un certainnombre de
paramètres
sur lecomportement
dudispositif pendant
descycles journaliers climatiques
est
analysée.
Cette étude a conduit à unecompréhen-
sion du fonctionnement et une
optimisation
dudispositif.
* La dernière
partie présente
les résultatsexpéri-
mentaux obtenus avec une cellule-test.
1.
Caractéristiques climatiques
desrégions
chaudeset sèches.
Les
régions
chaudes et sèches sontéloignées
de lamer, et, par
suite,
neprofitent
pas des effets« tampon » résultant de
l’évaporation
et de lacondensation de masses
importantes d’eau,
et desmouvements
thermiques
verticaux au sein del’océan. La faible
quantité
de vapeur d’eau contenue dansl’atmosphère
locale reste sensiblement constante au cours de lajournée,
cequi
se traduitdans le
diagramme psychrométrique
par uncycle hygro-thermique
trèsallongé
sur uneligne
d’humi-dité absolue constante
(Fig. 2) [1].
Par contre, en climat
méditerranéen,
lepoint
derosée n’est
qu’à quelques degrés
en dessous de latempérature
del’air,
cequi
permet d’associer condensation et refroidissement radiatif : c’est leprincipe
des revêtements sélectifs au blanc de chauxqui,
par leur aspectmicro-fissuré, permettent
uneimprégnation capillaire
d’humidité dans lesparois.
L’évaporation
diurne de cette humidité retarde l’échauffement. Les toitures àgalets [2-3]
ou à litd’eau
[4-5] procèdent
defaçon
semblable.En climat chaud et sec, le
point
de rosée nepeut
être atteint aisément. Du fait de la rareté de l’eauFig. 2. - Cycle
journalier climatique
et écartTair-Tciel
en fonction du climat(1) : 1 :
Nice(France)
enjuillet (climat méditerranéen) :
humidité relative constante ;Tciel
minimalequand Tai,
est minimale. 2 : Kandi(Bénin)
en février(climat continental) :
poids d’eau par m3 d’air constant ; écartTair-Tciel
maximalquand Ta;r
est maximale.[Climatic daily
cycle and differenceTair-Tsky
as functions of the climate(1) :
1 : Nice(France)
injuly (mediterranean
climate) :
the relativehygrometry
is almost constant ;Tsky
is minimum whenTair
is minimum. 2 : Kandi(Bénin)
in february(continental climate) :
the water content is constant ;Tair-Tsky
is maximum whenTai,
ismaximum.]
dans ces
régions,
il estobligatoire
de rechercher desdispositifs simples d’évaporation
et de condensation fonctionnant en ambiance fermée. L’introduction d’unéchangeur supplémentaire
diminuerait le rende-ment du
système
si desparticularités climatiques
àces
régions
n’existaient pour compenser cettebaisse,
et si un avantage d’isolation n’était en même
temps ajouté.
Les
températures
minimales basses résultent du faiblerayonnement
de la voûte célestepouvant
être assimilée à un corps froid. L’ensemble des couchesatmosphériques,
chacune avec satransparence
etson émissivité
spectrales,
constitue un corps dont lerayonnement
est celui d’un corps noir à latempéra-
ture ambiante
Tain excepté
dans la bande(8-14 Jet) appelée
« fenêtreatmosphérique
». Dans cettebande, l’émission, plus faible,
estprincipalement
fonction de la teneur en vapeur d’eau. La
tempéra-
ture
Tciel
du corps noirénergétiquement équivalent peut
êtreexprimée
par la relation suivante[6] :
avec :
Sc : : émissivité
Td : température
de rosée K.K(H)
etL (H)
sont desparamètres dépendants
d’un indice tri-horaire H
(Tabl. I)
Tableau I. -
Coefficient
K et L enfonction
de l’indice tri-horaire H(4
pour le lever dusoleil...).
Les coefficients K et L traduisent les influences de la
température
du sol relativement à celle del’air,
et de la hauteur de la couche d’inversion(l’humidité
étantretenue entre le sol et cette
couche).
L’effetjour-
nuit est
exprimé
par la relation :Le
diagramme psychrométrique (Fig. 2)
a étéutilisé pour montrer les situations des
lignes :
On observe que la
puissance frigorifique
en climatchaud et sec est
importante.
Plusparticulièrement,
c’est en milieu de
journée
que l’écartTaif - Tciel
estle
plus grand (Figs.
2 et4).
L’intérêt despeintures
sélectives se trouve mis en évidence
puisqu’en
n’absorbant que très peu de
rayonnement solaire,
ilest
possible
avant la nuit deporter
latempérature
d’une surface en dessous de la
température
ambiante.
Fig. 3. - Propriétés radiatives du ciel clair
exprimées
dansle diagramme
psychrométrique (1).
En climat chaud et secle
point
de rosée peut être difficilement atteint, mais lapuissance frigorifique
du ciel y est maximale.[Radiative properties
of clear skies drawn in the psyc- hrometricdiagram (1).
In hotdry
climates the dewpoint
ishardly
reached, but thecooling efficiency
ismaximum.]
Fig.
4. - EcartTaïr- Tciel
en fonction de la températured’air et de la
quantité
d’eau contenue dans l’air(en g/kg
d’air
sec) (1) :
à teneur en eau constante, l’écart augmenteavec
Ta;r.
[Tair-Tsky
as a function of air temperature and watercontent
(g/kg
of dryair) (1).
For a constant water content, the difference increases withTi,.]
Les
régions
à climat chaud et sec sont aussicaractérisées par les deux traits
importants
suivants :présence possible
dansl’atmosphère
d’aérosols enquantité importante (poussières,
brumessèches,
vents de sable comme l’harmattan ou le
sirocco).
Latempérature équivalente
de ciel s’en trouve élevée[7]
et lespossibilités
de climatisation radiative res-treintes,
d’autantplus
que l’état des surfaces recou- vertes depeintures
sélectives neparvient
pas à être maintenutoujours
propre. Les toitures à revêtement sélectif ne conviennent pas à des habitatsimplantés
dans ces
régions
à cielpollué ;
même dans lesrégions
à cielclair,
un entretien de l’état des surfaces assurant leséchanges
radiatifs estindispensable.
Une durée de nuit voisine de 12 h dans les
régions tropicales
est unparamètre favorable,
absent enrégions
méditerranéennes.2. La toiture « diode ».
2.1 CONCEPTION ET DESCRIPTION. - Le confort
thermique
en climat chaud incite l’homme à éviter les ambiancestrop
chaudes danslesquelles
sonorganisme
a recours au processusfatigant
de lasudation pour maintenir son
équilibre thermique [8, 9].
Il est, demême,
incité à éviter les ambiancesqu’il juge
tropfroides ; l’adaptation
de sonorganisme
sefait sur des situations
thermiques
fonctions du climat moyen local[10].
Les écarts sont perçus avecplus
dedésagrément
dans le froid que dans le chaud(Fig. 5).
Fig.
5. - A : Température souhaitée par l’être humain en faible activité en fonction de latempérature
extérieuremoyenne mensuelle ; influence de
l’hygrométrie
et del’utilisation intermittente d’un climatiseur. B : sensibilité dans le froid
plus grande
que dans le chaud[8-9].
[A :
wished temperature for a man in lowactivity,
as afunction of mean
monthly
outdoor temperature ; influ-ences of
hygrometry
and of intermittent use of an airconditioning
unit. B : sensitiveness in cold greater than inwarm
[8-9].] ]
Les
possibilités
de climatisation convective par ventilation nocturne d’air rafraîchicomplètent
cellesde climatisation radiative obtenues en fin de
jour-
née - début de nuit dans les espaces semi-ouverts fort usités dans ces pays : cours,
patios...
Le but dela toiture diode est d’éviter tant les ambiances trop froides en fin de nuit rencontrées dans les volumes
semi-ouverts, qu’en
début de nuit des ambiances trop chaudes des volumes fermés. Lesfrigories récupérées
par la toiture naturellement orientée versle ciel doivent donc être stockées et restituées avec un
déphasage temporel. L’objectif
n’est pas d’obte- nir destempératures
minimales trèsbasses,
maisplutôt
de maintenir une ambiance de confort. Parailleurs,
la fraîcheur d’unplafond peut
êtregrande
sans
qu’il
ne soit ressenti dedésagrément [11, 12].
Depuis
l’intérieur de l’habitatjusque
vers l’exté-rieur,
les éléments constitutifs de la toiture diode sont(Fig. 6) :
Fig. 6. - La cellule-test à toiture diode construite près de
Nice :
photo
et schéma deprincipe.
[The
« diode » roof cell test built near Nice :photographic
picture
and skeletondiagram.]
* Le
plafond
de lapièce
en tôlegalvanisée,
comme cela est
répandu
pour les constructions en pays chauds. Laface,
côtéintérieur,
est recouverte d’unepeinture
émissive pour favoriser leséchanges
radiatifs dans l’habitat.
* Un lit de
galets
d’environ 5 cmd’épaisseur
avecun peu d’eau
(10 11m2)
constitue la massethermique pouvant
stocker et véhiculer lesfrigories.
Il estmaintenu en un milieu fermé bien étanche. Une couche d’air de 8 à 10 cm
d’épaisseur
dans ce mêmemilieu assure l’isolation
diurne,
mais devient conduc- tricelorsque
le processusd’évapo-condensation
fonc-tionne.
* Une tôle
galvanisée
fermant l’ensemble est maintenue tout autour par des tasseaux de bois. Lapeinture
extérieure est d’un blanc sélectif froid pour limiterl’absorption
durayonnement
solaire et favori-ser les
échanges
radiatifs vers le ciel(par exemple,
blanc de titane couramment
répandu
dans cesrégions).
Pour
l’expérience,
des sacs enpolyéthylène gonflés
ont constitué une variante de réalisation. La forme
non
plane
del’échangeur supérieur
est voulue pour faciliter l’écoulement interne du condensat.La
description
ci-dessus constitue leprincipe
debase du
dispositif
dont l’un des critères recherchés est unprix
de revient faible(ressources
économi-ques),
etl’autre,
une insertion facile dans le contexte d’habitat(matériaux
de construction nécessairesdisponibles
presquepartout ;
maintien dustyle
archi-tectural).
Des variantespeuvent
êtreréalisées,
comme par
exemple :
-
disposition
de la massethermique
sous leplancher
et liaison par unetuyauterie ;
- réalisation de voûtes
pleines appuyées
sur descolonnes pour
augmenter
la surfaced’échange
versl’habitat ;
- installation de
protections
solaires extérieures : stores à lamesmobiles... ;
- débordement de la
toiture,
à la fois pourprotéger
les murs verticaux etaugmenter
la surface radiatived’échange.
La
nuit, l’échangeur supérieur
est refroidi parrayonnement
sur la voûtecéleste,
et par convectionlorsqu’il
estplus
chaud que l’air ambiant. Le trans- fert de chaleur de l’intérieur de l’habitat vers l’exté- rieur est assuré par unepartie
de l’eau de la masse inertielle :l’évaporation
entraîne une saturation enhumidité de la couche d’air et une condensation sur
la face intérieure de
l’échangeur supérieur
dont latempérature
estplus
basse. Le condensat redescendau
plus
bas de la massethermique
pargravité.
Dans la
journée,
l’échauffement solaire de l’absor- beursupérieur
est limité par suite de faible valeur du coefficient ad’absorption
de lapeinture
sélective. Il estprincipalement
évacué vers l’extérieur par convection forcée(ventilation naturelle)
sur l’airambiant. Intérieurement aucune condensation ne
peut
seproduire
car l’absorbeur estplus
chaud que l’air confiné. Iln’y
a aucuneévaporation possible puisqu’il
ne peut y avoir de condensation. La couche d’air est immobile et secomporte
comme un isolant.2.2 EQUATIONS PRINCIPALES. - L’étude des échan- ges
thermiques
dans lesystème
« diode » est faite enconsidérant le
dispositif
constitué de troisparties
distinctes :
- le
plafond
assurant leséchanges
entre l’habitatet la masse
thermique ;
- la masse
thermique
assurant unstockage
et untransfert conductif d’une face à
l’autre ;
- l’absorbeur
supérieur,
à inertie trèsfaible,
assurant les
échanges
entre la massethermique
etl’environnement extérieur.
La
figure
7représente
sous formeschématique
lesdifférents transferts
thermiques
concernant ledispo-
sitif.
Fig.
7. - Les fluxthermiques d’échange
intervenant dans les différentes parties dudispositif
de toiture diode.[The
thermal fluxes in the various parts of the diode roofsystem.]
2.2.1
Echanges thermiques
au niveau duplafond.
-Une masse
thermique
mi considérée sous forme deson
équivalent
eau(Cpe:
chaleurspécifique
del’eau),
est introduite pourcorrespondre
à la masseinertielle de l’intérieur de l’habitat. Elle rend
compte
de l’étatthermique
desparois. L’équation
qui exprime l’échange thermique
entrel’intérieur,
àla
température Ti,
et leplafond,
à latempérature Tl
peut s’écrire :avec :
Qd : déperditions compte
non tenu’’de latoiture,
maiscompte
tenu du renouvellement d’air(d’où
l’introduction du coefficient G* au lieu de G[13]).
V : volume de l’habitat
m3
Ta : température
de l’ambiance extérieure à l’habi- tat KQ1 : apports gratuits : éclairage, apports
radiatifssolaires, présence
éventuelle de personnesWIm2
.çb,i :
fluxéchangé
radiativement avec une émissivité moyenne E10 ci:
fluxéchangé
convectivement avec le coefficientd’échange hci
cr : constante de Stefan-Boltzmann.
Les
quantités
sontcomptées positivement
dans lecas d’un
apport
àl’habitat, négativement
dans le cascontraire.
2.2.2
Echanges thermiques
dans la massethermique.
- Le lit de
galets-eau
a été subdivisé en deux couchesidentiques,
auxtempératures Tl
etT2,
entrelesquelles
leséchanges
s’effectuent par conduction.L’équation (2) exprime
que l’échauffement de la couche inférieure est fonction desapports
calorifi-ques en provenance de l’habitat et de la couche
supérieure :
avec :
me : 1 masse d’eau dans la toiture
kg mg :
masse degalets
dans la toiturekg
Cpg :
chaleurspécifique
desgalets
Jkg-1 1 K-
1S : surface du
plafond m2
~cd :
fluxd’échange
conductif entre les deux cou-ches
A : conductivité
thermique
de l’ensemblegalets-
eau
W. m-1, K-1
1e :
épaisseur
de la couchegalets-eau
m.L’équation (3) exprime
l’échauffement de la cou-che
supérieure
en fonction desapports
conductifinférieur, convectif,
radiatif etévaporatif supé-
rieurs :
avec :
~
r : fluxd’échange
radiatif( e2 :
émissivitémoyenne des surfaces en
regard) T3 : température
de l’absorbeursupérieur
KOec
fluxd’échange
parévapo-condensation W/m2 Oc
: fluxd’échange
convectif-conductif avec lalame d’air confiné
W/m 2
Ces trois flux sont fonctions de la valeur de
T3
relativement àT2:
T3 T2 :
les surfaces enregard
sont mouillées ete2 est voisin de 1.
Le processus
évapo-condensatif
et laprésence
d’une
paroi plus
froide au-dessus du lit degalets-eau
entraînent des mouvements convectifs de l’air confiné.
T3 > T2 :
les surfaces enregard
sontpartiellement
humides
et E2
peut être rendu nettement inférieur à 1.Le processus
évapo-condensatif
est inexistant et l’air confiné est en couches stratifiées.Oc
devient unflux conductif faible.
2.2.3
Echanges thermiques
au niveau de l’absorbeursupérieur.
-L’équation (4) exprime
le transfertd’énergie
entre l’intérieur dudispositif
et l’environ-nement
extérieur,
modulé par laprésence
de lamasse
thermique
ma, bien quefaible,
de l’absor- beur :avec :
Cpa :
chaleurspécifique
de l’absorbeur Jkg-1 K-1
Wc :
fluxéchangé
convectivement entre l’absor- beur et l’air ambiant(convection forcée)
avecle coefficient
d’échange h
Ws :
fluxd’échange
radiatif avec l’extérieurE3 : émissivité de la surface extérieure de l’absor- beur
z : coefficient
d’absorption
du rayonnement solaireR : : flux incident du rayonnement solaire
W/m2.
2.2.4 Solution des
équations.
- Lesquantités
inter-venant dans les
équations
ci-dessus sont des fonctionsde
paramètres dépendant
de l’état dusystème
ou desconditions
climatiques
instantanées. Leurs expres- sions détaillées[14]
ne sont pas iciprésentées
pourne pas alourdir le texte.
Au niveau des trois masses
thermiques (les
deuxcouches de
galets-eau
et l’absorbeursupérieur), chaque équation
sedécompose
en deux de manière àconsidérer à
chaque
instant les flux entrants et ceuxsortants. La détermination instantanée des
quatre températures Ti, Tl, T2
etT3
a été obtenue surordinateur Vax 750 en
intégrant numériquement
par pas d’une minute lesystème d’équations
ci-dessus.Un
jeu
de clés binairespermet
de modifier en coursd’intégration
lesexpressions
des diversesquantités
ou
paramètres.
L’étudethéorique
etexpérimentale
est
présentée
dans les deuxparagraphes ci-après.
Elle a
porté
d’unepart
surl’optimisation
du proces-sus caloduc
(recherche
del’expression
de laquantité
d’eau
évapo-condensée),
d’autrepart
surl’optimisa-
tion du
dispositif placé
dans un contexteclimatique
et en vue d’en obtenir un
comportement
donné.3. Le processus caloduc
évapo-condensatif.
Le bon fonctionnement de la toiture diode est basé
sur une connaissance
approfondie
de ce moded’échange.
3.1 ASPECTS THÉORIQUES. -
L’évaporation
d’unemasse m d’eau dans un gaz résulte de
l’agitation
moléculaire
qui
entraîne la diffusion de matière deszones à forte concentration vers celles à
plus
faiblesconcentrations. C’est la loi de
Fick, analogue
à la loide Fourier pour les flux de chaleur :
avec :
De :
coefficient de diffusion de la vapeur duliquide
dans le gaz
m2 s-1
1aC 1 az: gradient
de concentration auvoisinage
del’interface
De
est déterminé par la relation de Schirmer[15].
La méconnaissance deaC/az
amèneà transformer la relation
(5)
pour faireapparaître
legradient
depression. L’intégration
del’équation
obtenue aboutit à
l’équation
de Stefan. En considé-rant linéaires les
gradients
depression
dans lacouche limite
(épaisseur 1(»
et le fait que lespressions partielles
de vapeurPv,
hors de la couchelimite,
etsaturante
P2 (couche supérieure
du lit degalets-eau repérée
par l’indice2),
à latempérature
duliquide,
sont
petites
devant lapression
totale P du gaz,l’équation
de Stefanpeut
sesimplifier :
avec :
Rv :
constante des gazparfaits
h.
=D,110
est un coefficient de transfert de masse.Il est obtenu par
analogie
entre les transferts calorifi- ques etmassiques.
Plusieurs études concernant des
configurations expérimentales
semblables à celle dudispositif
de latoiture diode
[16-20]
ont montré que la fonction de Lewispouvait
êtreprise égale
à 1 :avec :
p : masse
volumique
du gazkg m- 3
Cp :
chaleurspécifique
du gaz Jkg-1 K-1 12
hc :
coefficientd’échange
convectifW.m- 2 K-1
On retrouve ainsi la relation de
Clapeyron (21)
pour le flux
évaporé 0 e :
PZ
etPy
étant en millibars.La condensation n’est pas exactement le
phéno-
mène inverse de
l’évaporation
en raison de lasituation
géométrique opposée
du condenseur relati- vement à celle del’évaporateur,
et de laprésence
d’un condensat à éliminer au fur et à mesure de sa
formation.
Lorsque
les deux processusd’évaporation
et decondensation sont
dépendants
l’un del’autre,
d’autres
paramètres remplacent
ceux rencontrésdans le cas de
l’évaporation
d’un film d’eau horizon- tal :l’épaisseur
de la couche limite se trouverempla-
cée par la distance d entre les
échangeurs ;
latempérature
du gazdisparaît
auprofit
de latempéra-
ture du condenseur.
L’expression
de/Je
reste sem-blable, Py
étantremplacée
par lapression
de vapeur saturanteP3
aucondenseur,
ethc
devenant le coefficientd’échange global ; hc
est obtenu àpartir
du nombre de Nu’sselt:
où
03BBa
est la conductivité dumélange
gaz-vapeurW. m-1 K-1.
3.2 RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX. - Pour étudier
en
régime
stationnaire les transfertsthermiques
autravers du
système
de toiturediode,
ledispositif représenté
sur lafigure
8 a été réalisé :- Une enceinte
d’expérimentation
contenant unpeu d’eau est constituée par un tronc de
cylindre
enFig.
8. - Schéma deprincipe
dudispositif
de laboratoire réalisé pour l’étude du processus caloduc : enceintecylin- drique
fermée par deuxpistons
thermostatés.[Skeleton diagram
of the system built tostudy
the heat-pump process :
cylindrical
volume closed with two heatedpistons.] ]
P.V.C. de
0,5
m dediamètre,
isolé sur lepourtour.
Supérieurement
et inférieurement on trouve : unflux-mètre fait de deux
plaques
de duralséparées
parun
disque
denylon
de 1 cmd’épaisseur.
Surchaque plaque
sont serties 3 sondesthermostatiques.
- Un bain thermostaté alimenté par une cuve extérieure thermostatée. La distance entre flux- mètres a été variable et l’absorbeur
supérieur
a euintérieurement des formes diverses pouvant
plus
oumoins faciliter l’écoulement du condensat.
Les
principaux
résultats observés ont été les suivants : le nombre de Nusselt obtenu parRalph
et al.
[22]
semble biencorrespondre
à ladisposition
du
système,
alors que la corrélation donnée par Graaf neparaît
pas convenir(Fig. 9).
Latempéra-
ture du
mélange air-vapeur
est inférieure de 1 °C à la moyennearithmétique
destempératures
del’évapo-
rateur et de l’absorbeur :
La condensation se
présente
donc comme un proces-sus
plus
efficace quel’évaporation
dans laconfigura-
tion du
système.
Lafigure
10 montrel’aspect
« diode » et
l’importance
des fluxqui peuvent
être obtenus. Les fluxparasites
latéraux ont étépris
encompte grâce
à laprésence
des deux flux-mètres.Comme le
prévoit
lathéorie,
lesystème
est d’autantplus performant
que lestempératures
sont élevées(climats chauds).
D’autres résultats concernent la distance
d,
lamasse
thermique, l’importance
du transfert radiatif[23].
Finalement,
on observe que pour des écarts detempérature
à T entreéchangeurs
inférieurs à 10°C,
Fig.
9. - Fluxévaporé,
observé, etthéorique
pour deux corrélations de Nusselt, en fonction de latempérature
àl’évaporateur.
[Evaporated
fluxes, observed and theoretical for two Nusselt correlations, as functions of the evaporator tem-perature.]
Fig.
10. -Energie
transférée observée en fonction destempératures à
l’évaporateur
et au condenseur : mise enévidence de l’effet « diode ».
[Observed
transferred energy as a function of evaporator and condenser temperatures : view of the « diode »effect.]
la théorie considérée sous-estime
l’expérience
de 5 à20
%,
cequi peut
secorriger
enadoptant
pour Nusselt :Pour T =10
°C,
la sur-estimation conduit àadopter
pour Nusselt :
4.
Comportement thermique
de la toiture diode.Sur la base des
équations
ci-dessusétablies,
des simulations sur 48 heures ont été effectuées surordinateur pour étudier le comportement
thermique
du
dispositif
dans un contexteclimatique donné,
ainsi que l’influence des
paramètres.
La réalisation d’unecellule-test,
véritablepetite
maison de15,6 m3,
apermis
par ailleurs d’observer la réalité dece
comportement.
4.1 RÉSULTATS THÉORIQUES. - La
puissance
radiative céleste étant
faible,
ilimporte
que l’habitat soit fortement isolé(Qd
et0, petits
dansl’équation (1)
pour limiter lesapports calorifiques)
et que lesapports
solaires absorbés soient fortement limités(a petit),
étant donnés d’unepart
l’ordre de gran- deursupérieur
de lapuissance
radiativesolaire,
d’autre
part
le fait que la toiture nereprésente
que la seule des 6 faces de l’habitat pour l’action de refroi- dissement.L’adaptation
d’un support à recevoir unFig.
11. - Influences du coefficientd’absorption
a du rayonnement solaire et de la masse inertielle(pour
6,25 m2 detoiture)
sur la température intérieure maxi- male ; pour a nul elle est indifférente à la masse.[Influences
of the a coefficient of solar radiationabsorp-
tion, and of the inertial mass(for
a 6.25 m2roof)
on themaximum inside temperature. When a is null, this tem- perature is indifferent to the
mass.]
REVUE DE PHYSIQUE APPLIQUÉE. - T. 22, N. 6, JUIN 1987
dispositif
esttoujours
lapremière
action à effectuer.L’isolation,
convective etradiative, représente
dansle cas
présent, l’adaptation
à obtenir. Lafigure
11montre l’intérêt et la nécessité d’une forte masse
thermique
pour limiter l’élévation de latempérature
maximale intérieure de
l’habitat,
et d’un coefficienta faible.
Lorsque
lesapports
solaires sont de mêmeimportance
que les pertes radiatives vers la voûte céleste(a # 0,1 ),
latempérature
maximale est alorsindépendante
de la masse inertielle. Engénéral, l’absorptivité
despeintures
blanchesdisponibles
dans le commerce est
supérieure
à0,2 ;
ellejustifie l’importante
masse degalets
et d’eau nécessaire à la limitation du réchauffement solaire de la toiture de l’habitat. Ledéphasage
entre les moments où lestempératures
sont maximales à l’intérieur et à l’exté- rieuraugmente lorsque
a diminue(Fig. 12).
L’inté-Fig.
12. zDéphasage
entre les moments où les températu-res d’air intérieure et au dehors sont maximales, en
fonction du coefficient a
d’absorption
du rayonnement solaire et de la masse inertielle(pour
6,25m2
detoiture).
[Phase
shift between the times when inside and outside air temperatures are maximum, as a function of a and of the inertial mass(for
a 6.25 m2roof).]
rêt d’un
déphasage
d’1/3jour
et non de 2 à 3 heuresréside dans la
possibilité
offerte en début de nuit de faireappel
à la ventilation pour un refroidissementcomplémentaire
convectif(ce
refroidissement a sonorigine
radiative par l’intermédiaire de l’environne- ment ; d’oùl’importance
d’un environnement ther-miquement
favorable: fond devallée...).
L’actionde refroidissement
n’ayant
pas lieu dans lajournée,
il
importe
d’une part de limiter lesapports
calorifi- ques, d’autrepart
d’avoir pu stocker desfrigories.
L’intégration numérique
effectuée pour le cas d’un climat très chaud et sec(Fig. 13)
montre que latempérature
intérieure reste auvoisinage
de latempérature
minimale nocturne(amplitude : 3 °C).
30
En début de
nuit,
latempérature
d’air intérieurétant
légèrement supérieure
à celle de l’airextérieur,
on retrouve l’intérêt d’une ventilation de l’habitat
comme processus
complémentaire
pour maintenir latempérature
intérieure minimale. Dans lajournée,
le refroidissement
évaporatif (jarre suintante, linge humide...)
est l’actioncomplémentaire
souhaitable.Les
températures
obtenues dans l’habitat(Fig. 13)
sont à
peine supérieures
auxtempératures
souhaitées[10].
Fig.
13. - Simulation de fonctionnement de la cellule-testpendant un
cycle
de 48 heures :Ti
varie avec uneampli-
tude faible
quelques degrés
au-dessus deTa,
min«[Simulation
of the cell testrunning during
a twoday cycle : T;
fluctuates with a smallamplitude
a fewdegrees
overTa, min * 1
1D’autres simulations sur ordinateur ont été
faites ;
elles ont par
exemple
montré l’intérêt des stores fixes ou mobiles pourprotéger
l’absorbeursupérieur lorsque
a n’est paspetit [14].
4.2 EXPÉRIMENTATION AVEC UNE CELLULE-TEST.
- Avant de réaliser dans un pays à climat chaud et sec une maison à
toiture-diode,
il étaitindispensable
d’en
expérimenter
une dans un sitepropice
auxétudes
scientifiques.
Larégion niçoise
n’est pas idéale dans la mesure où son climat est detype
méditerranéen : humiditéélevée,
nuits courtes,amplitudes thermiques faibles, températures
moyen-nes peu élevées. C’est
pourquoi
les résultats observésavec la cellule-test construite
près
de Nice ne peuvent être que moins bons relativement à ceuxqui
seraientobtenus en pays sahélien. La
figure
14présente
uneFig.
14. -Températures enregistrées pendant
48 heurespour la cellule-test : le rayonnement du
plafond
estbénéfique
à latempérature
de confort.[Observed
temperaturesduring
48 hours in the cell test : the ceiling radiance is aprofit
to the comforttempérature.] ]
partie
destempératures
observées les 2 et 3 août 1984. Latempérature équivalente
de rayonnement du ciel a été mesurée à l’aide d’unpyrgéomètre Eppley,
et latempérature
de confort à l’intérieur de la cellule-test à l’aide d’un P.M.V.-mètre Brüel etKjaer.
Pour cesjournées, l’hygrométrie
moyenne était de 60 %. La sensation due confort ressentiecorrespond
à cellequi
aurait été souhaitée parplus
de 95 %
d’occupants.
L’écart entre la
température
intérieure d’air et celle de conforttémoigne
de l’action radiative bénéfi- que desparois.
La valeur moyenne etl’amplitude
deces
températures
auraient étéplus
basses si la duréede la nuit avait été
plus longue,
cequi
a été observéen
septembre.
Pour le reste, les résultats obtenus par les simulations sur ordinateur ont été confirmés :déphasage temporel...
5. Conclusion.
Le
présent
article n’estqu’une présentation
trèsabrégée
des travaux effectuéspendant plus
de 3 ans,et
qui
ont abouti à deux thèses etplusieurs publica-
tions dans des
congrès.
Laprésentation
faite ici apour but de faire connaître ces travaux, mais
requiert
un
report
du lecteur à ces ouvrages.Le travail s’est
appuyé
sur des études nouvelles concernant le confortthermique
de l’être humain etle
rayonnement atmosphérique.
Pour desrégions
oùle climat est une contrainte
permanente,
la solutionthermique
passe par une utilisationjudicieuse
deplusieurs
modesd’échanges thermiques,
soit en uneassociation ou en une
opposition,
soit en unecomplé-
mentarité