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Les bovins et ovins producteurs de viande
F. Ménissier, J. Bouix
To cite this version:
F.
MÉNISSIER
J. BOUIXINRA Station de
génétique quantitative
etappliquée,
78352Jouy
en Josas Cedex’^- INRA Station d’amélioration
génétique
desaninzaux, 31326 Castanet-Tolosan Cedex
L’amélioration
génétique
enFrance :
le
contexte et
les
acteurs
Les
bovins
et
ovins
producteurs
de viande
Résumé.
Les bovins et ovins à viandejouent
un rôlemajeur
dans lesgrands
équilibres
entreproduction,
environnement et activité en raison de leurscaractéristiques biologiques
etzootechniques.
La diversité de leurs
systèmes
d’exploitation implique
desobjectifs
de sélectiondéfinis
parrapport
auxaptitudes
etrégulations biologiques
sous jacentes,
ainsi que des programmes de sélectionadaptés
à cettecomplexité
et ses incertitudes. La croissance musculaire avec sescomposantes
quantitatives
etqualitatives,
et lesqualités
maternelles mettant enjeu
deseffets génétiques
directs etmaternels,
sontainsi les axes dominants de cette sélection des ruminants à viande. Cette sélection est mise en oeuvre à
travers des outils et programmes de sélection
diversifiés
maiscohérents,
conçus àpartir
desconnaissances
biologiques
et desméthodologies
génétiques
disponibles.
L’amélioration
génétique
de laproduction
de vian-de bovine ou ovinepeut
êtreappréhendée
par lecontexte dans
lequel
elle sepratique
etévolue,
afin d’en montrer lesmultiples implications.
1
/ Evolution
de la
fonction
dans
l’élevage
Au siècle
dernier,
un éminentprofesseur
(Sanson)écrivait
déjà :
"Les Bovidésdomestiques
sont des machines essentiellementagricoles, remplissant
plu-sieurs fonctionséconomiques
(dont) laproduction
de viande est (...) la fonctionprédominante".
Eneffet,
jusqu’à
ces dernièresdécennies,
laproduction
deviande était
davantage
uneconséquence
del’exploita-tion des ruminants à d’autres fins
(lait,
laine,
fumier,
travail, capitalisation) qu’une production organisée.
Les
potentialités
de nos races sont héritées de cesusages : la recherche de bovins de
grande
taille,
bien musclés et avec peu dedépôts
de grassuperficiel,
destinés à la traction
animale,
nous a laissé des racesaujourd’hui
bienadaptées
à laproduction
deviande ;
l’élevage pastoral
adéveloppé
descapacités
d’adapta-tion aux conditions de milieux
contraignants
dansbeaucoup
depopulations
ovines. Lesgrandes
évolu-tions initiées dans lapremière
moitié de ce siècle (mécanisation del’agriculture, développement
del’agro-chimie,
utilisation de fibressynthétiques
dans les textiles) ont restreintl’exploitation
des ruminants à leur utilisation pour laproduction
de lait et/ou de viande. Apartir
des années 50 et60,
la France(puis
la CEE) a fait un effort considérable pour rendre sonagriculture plus productive
afin de couvrir les besoins alimentaires pour une consommation de masse d’unepopulation
croissante,
et degarantir
une autosuffi-sance nationale(puis européenne)
desproductions
agricoles
(Ménissier et al 1988). Cet effort s’estaccompagné
à la fois par unespécialisation
marquée
de la
production
de lait d’unepart
et de laproduction
de viande d’autrepart,
et une intensification dessys-tèmes de
production correspondants :
recours àplus
d’intrants (ressources extérieures à
l’élevage,
commeles
fertilisants,
les aliments decomplémentation,
lesservices,
...) et decapital
(matériels, bâtiments,
...)voire de
travail ;
mise aupoint
de modesd’élevage
ettechniques
deproduction
deplus
enplus
élaborés(engraissement intensif,
inséminationartificielle,
croisementindustriel,
programmes desélection,
...).Une telle évolution a pu se faire pour
partie
grâce
audéveloppement
des connaissancesscientifiques
et de leursapplications
dans les domainesbiologiques,
bio-chimiques
etinformatiques
auquel
l’INRA alarge-ment contribué par ses recherches en
élevage
etnutrition,
enphysiologie
de lareproduction
et engénétique
animale.Depuis
les années80,
avec un contexteéconomique
différent
(énergie,
main d’oeuvre etcapital plus
coû-teux,
puis
terre deplus
enplus disponible),
laproduc-tion de viande de ruminants a
poursuivi
saspéciali-sation tout en
intégrant
unelogique
d’intensificationmodérée
progressive
(réduction des intrants) voire detype
extensif raisonné (extensification del’usage
dessurfaces,
intensification de laproductivité
dutravail),
afin de réduire les coûts deproduction
notamment paroptimisation
de laproductivité
zootechnique
à l’échelon dutroupeau
et par une technicité et uneproductivité plus importantes
du travail de l’éleveur(Ménissier 1990).
Aujourd’hui,
par lejeu
complexe
de lapolitique
agricole,
de l’économie et de laextensifica-tion
plus importante
de laproduction
de viandebovi-ne et ovine sont une orientation
encouragée
pourrépondre
à la montée des valeurs collectives relatives à lagestion
de l’environnement et des ressourcesnaturelles et aux
exigences
accrues en terme de conditions (éleveurs et ruraux) etqualités
(consom-mateurs et citadins) de vie. En tant que
&dquo;mangeurs
d’herbe&dquo;,
les ruminants à viande ont donc un rôlebeaucoup plus large
àjouer
dans la société que d’êtreuniquement
desproducteurs
deprotéines
animales.2
/ Caractéristiques biologiques
et
zootechniques
Les ruminants sont des herbivores
capables
d’ingé-rer toutes sortes de
fourrages - plantes
naturelles oucultivées,
récoltées ou non, conservées ou non, àteneur variable en matière sèche (10 à 90 %) et cellu-lose (15 à 45 % de la matière sèche) - et de
digérer
une
part
importante
de tous lescomposants
nonlignifiés
dont lacellulose,
en raison desparticularités
de leur tube
digestif
(polygastrique)
et desdégrada-tions microbiennes subies par les aliments
ingérés
avant leur
digestion (Jarrige
1988). Avec unappareil
buccal
particulièrement
adapté
à lapréhension
et à lamastication ,
les ruminants sontcapables d’ingérer
desquantités
élevées defourrages (plus
de 10kg
de matière sèche récoltée etingérée
par une vachedurant ses 8 heures
quotidiennes d’ingestion).
Leurestomac est
composé
dequatre
compartiments,
dont le rumen et le réseauqui jouent
le rôleimportant
de cuve de fermentation dès que le ruminantreçoit
unealimentation non lactée. Les aliments
ingérés
vont yséjourner
plusieurs
jours
pour ysubir,
d’unepart,
unbroyage complet
lors de la rumination(régurgitation
du bol alimentaire et mastication intense parcycles
d’une minute environ durant 8 à 10 heures par
jour
pour des
fourrages grossiers)
et, d’autrepart,
unedégradation
par une flore microbienne anaérobieextrêmement dense. A la sortie du rumen les corps
bactériens sont
digérés
avec les matièresalimen-taires
digestibles
nondégradées.
La flore bactériennefournit ainsi une
partie
des substratsénergétiques,
acides aminés et vitamines nécessaires à l’animal. Ces
particularités
sont d’ailleurs à la base dusystè-me d’évaluation des
apports
et besoins alimentairesdes ruminants.
Capacité
d’ingestion
et rumination confèrent donc aux ruminants(après sevrage)
uneaptitude
à valoriser les ressources alimentairesinac-cessibles aux autres
espèces.
C’est cequi
lesdifféren-cie des autres
espèces productrices
de viande.Les valeurs des
paramètres
zootechniques
caracté-risant ces ruminants sont trèsdispersées
(tableau1),
en raison de la diversité des modesd’exploitation
ettypes
génétiques.
La carrière d’unereproductrice,
de durée assezvariable,
est liée à sonsystème
d’élevage.
La
première
mise à lareproduction
a lieu versl’âge
de 1 à 2 ans pour les antenaises et de 24 à 37 mois
pour les
génisses,
bien que leurpuberté
se manifestesouvent
plus
tôt c’est-à-diregénéralement
lorsqu’elles atteignent
50 à 60 % de leurpoids
adulte. Lerythme
dereproduction
estpratiquement
annuel pour les bovins(gestation
de9,5 mois,
anoestruspost-partum
de 1 à 2 mois) alorsqu’il
estfréquem-ment de 3
agnelages
en 2 ans dans certainssystèmes
ovins où le désaisonnement de la
reproduction
le per-met. Avec 1 à 3 agneaux nés en moyenne paragnela-ge selon la race, la
prolificité
moyenne s’établit à environ 150 agneaux nés pour 100 mères et elle atteintprès
de 180 % enreproduction
induite. Lesbovins,
avec0,5
à 5 % devêlages gémellaires
selon larace, sont moins
prolifiques.
L’allaitement dure de 2 à 4 mois chez les brebis etgénéralement
seprolonge
jusqu’à
6 à 9 mois chez les vaches(production :
1 000 à 2 000kg
de lait). La vitesse de croissance varie selon letype
d’animal (stade dematurité, type
géné-tique,
sexe) et lesystème
d’élevage.
Généralement elle s’accélèreaprès
la naissance au début del’allaite-ment pour se ralentir à
l’approche
dupoids
adulte(fin
d’engraissement
ouaprès
lapuberté).
Lepoids
adulte des brebis est de 40 à 60
kg
ou 70 à 90kg
selon
qu’il s’agit
de races depetit
ougrand
format.Les vaches allaitantes
françaises
ont unpoids
adultepresque 10 fois
supérieur (poids
après
vêlage
de 500 à 700kg).
Pour les animauxengraissés,
l’abattage
seveaux) ou sevrés et 60 - 80 %
(gros
bovins).
La diver-sité descaractéristiques
des carcassesqui
en résulteoblige
à utiliser unegrille européenne
declassifica-tion basée sur
l’importance
du gras et des massesmusculaires.
3
/ Contexte de
production
et
systèmes
d’élevage
Les
productions
de viande bovine et ovineoccupent
en France une
place
importante
dans l’économieagri-cole (1/6 du
produit
brutagricole
pour les bovins àviande),
l’activité des éleveurs(près
de 250 000 et 160 000 entretiennentrespectivement
des vaches oubre-bis
allaitantes)
et lagestion
du territoire(large
cou-verture
nationale).
La France a donc un rôleeuro-péen
stratégique,
du moins pour la viande bovine pourlaquelle
nosproduction
et consommationrepré-sentent
respectivement
25 et 23 % (1989) desquanti-tés
produites
et consommées par la CEE à12,
pourune
part
de 27 % ducheptel
de vaches.3.1 /
Production
etconsommation
(tableaux
2,
3 et4,
figure
1) a / Gros Booins(&dquo;viande
rouge&dquo;
ou &dquo;viande deboeuf ’)
Avec
plus
de 4 millions de bovins finisd’engrais-ser, notre
production
annuelle atteint1,5
millions de tonnes(équivalent
carcasse). En raison de leurscaractéristiques (poids,
étatphysiologique,
composi-tion,
...), il
fautdistinguer
4grands
types
d’animaux abattus : (1) lesvaches, correspondant
aux réformeset donc
d’âge,
depoids
et de conformation trèsvariés ;
(2) les
génisses,
non utilisées pour le renouvellementet abattues entre 2 et 3 ans ; (3) les
boeufs,
castrésaprès
le sevrage et abattus entre 30 et 40 moisaprès
un
engraissement
peuintensif ;
(4) les taureaux ou&dquo;taurillons&dquo;,
abattus entre 14 et 22 mois suite à untaurillons (30
%),
préférentiellement
orientés par l’industrie de transformation-distribution vers lademande
française
(vaches)
ou extérieure(taurillons).
Les
génisses
et les boeufs sontdavantage
demandés par les utilisateurs de carcasses et viande dequalité
supérieure. Que
lecheptel
soit laitier ouallaitant,
lesdeux concourent à la
production
de viande.Compte
tenu de
l’importance numérique
ducheptel laitier,
la viande bovine reste unco-produit
du lait pourprès
de 55 % du volumeproduit
(1989) - 75 % pour la CEE. Cettedépendance
explique
notamment lesrépercus-sions des
&dquo;quotas
laitiers&dquo; sur le marché de la viandebovine : afflux momentané des vaches réformées et
réduction à terme des veaux
disponibles
pourl’engraissement.
Outre les variationscycliques
inhé-rentes à l’inertie du
cycle
deproduction
et les effetsconjoncturels
(applications
dequotas,
ouverture versl’Europe
del’Est,
...),
la
production
s’estrégulière-ment accrue au cours des dernières
décennies,
davan-tage
par l’alourdissement des carcasses (+ de 10 % de 1975 à89),
notamment pour les taurillons et lesvaches,
que par le nombre de bovins abattus. Danscette
évolution,
lapart
des boeufs déclinerégulière-ment alors que celle des
génisses
est assez stable. Lacontribution des taurillons s’accroît fortement tant par leur nombre que par leur
poids
de carcasse ; cetessor
s’expliquant
surtout par un meilleur soutiencommunautaire et national
(&dquo;intervention&dquo;),
unebonne valorisation de l’intensification des
systèmes
deproduction
et des modes de financementplus
adaptés.
L’évolution de lapart
des vaches reste trèsdépendante
de lapolitique
européenne,
entre autres par l’effet dedécapitalisation
ducheptel
laitier et du taux de reconversion encheptel
allaitant. Laconsom-mation (24 à 25
kg
/ habitant) a eulégèrement
ten-dance à diminuer durant les années 80 (-4 % entre 1980 et 88). Cette évolution pour la viande rougebovine,
notable parrapport
à celle des autresviandes,
est àrapprocher
de son statut de viandechère au détail (boeuf à
griller
ou rôtir) et de viandelongue
àpréparer
(boeuf à braiser oubouillir),
et de l’érosion de sonimage
&dquo;positive&dquo;
auprès
duconsom-mateur (Mainsant 1990).
b / Veau de boucherie
(&dquo;viande
de aeau&dquo; ou &dquo;viandeblanche&dquo;)
Le nombre de veaux abattus s’est
considérable-ment réduit
depuis
le début des années 80 (-25 %environ) mais le volume de
production
s’estrelative-ment maintenu
jusqu’en
1987 en raison d’unalour-dissement
régulier
des carcasses.Depuis,
laproduc-tion a fortement chuté (-20 % environ) suite à la
réduction du
cheptel laitier,
l’élimination des stocks depoudre
delait,
l’interdictiond’emploi
desanaboli-sants et la
dégradation
des marges desproducteurs.
La consommationindividuelle,
stablejusqu’à
1987(6,6
kg/habitant),
adepuis
baissé brutalement (-16%),
en liaison avec desprix
de détail élevés et uneimage plutôt
&dquo;négative&dquo;
de ceproduit.
Notre soldec / Bovins
maigres
(&dquo;animauxd’élevage&dquo;)
Environ les 2/3 des veaux nés en France font
l’objet
d’une transaction commerciale entre un&dquo;nais-seur&dquo; et un
&dquo;engraisseur&dquo; ;
ils’agit
soit de veauxlai-tiers (8
jours
à 3 semaines) soit de veaux sevrés (6 à 9 mois) ouplus âgés
provenant
destroupeaux
allai-tants. Au moins 15 % des veaux
français
sont ainsiexportés.
Ilsreprésentent
l’essentiel de l’excédent ducommerce extérieur du secteur viande bovine. d / Ovins
La
production
se caractérise par uneproportion
defemelles de réforme moins élevée que chez les
bovins,
en raison de la
prolificité
ovine. Pour les agneaux, laproduction
évolueglobalement
vers des carcassesplus homogènes,
d’animauxjeunes
et lourds maisavec un état
d’engraissement
excessif. L’évolutionannuelle de la
production
et de la consommationmontre
depuis
les années 80 un déficit croissant deproduction atteignant aujourd’hui
près
de la moitié de la consommationfrançaise.
Cette situation conduit à uneperte
de contrôle du marché national. Elle apour
origine
la chutepersistante
desprix
à la produc-tionprincipalement
liée aurégime
concurrentiel ins-tauré par la CEE. L’incidence desprix
est d’autantplus grande qu’il s’agit
d’uneproduction
relativement saisonnée (maximum versjuillet-août)
et avec unedemande
pénalisant
fortement les carcasses grasses.La consommation annuelle de viande ovine
représen-te environ 5
kg/habitant
et, du fait de ladégradation
continue des cours, tend à augmenter (+4%,
de 1989 à 90). Elle est très sensible à toute tension de sonprix
au détail.e /
Transformation
et distributionLa dernière décennie a été
marquée
par larestructuration de la filière &dquo;viande bovine&dquo; entre
producteurs
et consommateurs. D’un côté les unités industriellesd’abattage
et transformation(découpe,
piéçage,
désossage,
conditionnement,
...) se sontforte-ment
automatisées,
regroupées
et concentrées dans les bassins deproduction ;
parexemple,
près
de la moitié de cette activité se situe dans le Grand-Ouest.A
partir
de carcasseshétérogènes
par nature, ellesintègrent
des transformations deplus
enplus
élabo-rées pour obtenir des
produits
diversifiés maishomo-gènes
et normés. D’un autrecôté,
lesgrandes
cen-trales d’achat et/ou de distribution du commerce non
spécialisé
ontlargement
investi ce secteur etimposé
une standardisation accrue des
produits
carnés,
destransformations et conditionnements
adaptés
voire des&dquo;marques
de distribution&dquo;.Aujourd’hui
moins de 1/3 de la viande de boeuf(équivalent
carcasse) estdistribuée par les boucheries traditionnelles et
plus
de 50 % passe par un atelier de
découpe
ou decondi-tionnement. De
plus
enplus
de carcassesd’agneaux
sont
découpées
en atelierspécialisé
(plus
de 25 %).La viande de veau tend aussi vers cette évolution.
3.2
/ Cheptel
etsystèmes d’élevage
a /
Cheptel
bovin allaitantStabilisé à moins de 3 millions de vaches au début
des années
80,
lecheptel
allaitantfrançais
a vu seseffectifs croître d’environ 100 000 vaches/an
depuis
l’application
des quotaslaitiers,
pour atteindre3,6
millions de vaches (tableau
5),
soitplus
de 40 % desvaches allaitantes de la CEE à 12 (2 fois
plus
que leRoyaume-Uni).
Si 1 vache sur 4 de la CEE est uneallaitante,
en France cetteproportion dépasse
2 sur5.
Exception
faite duSud-Est,
les vaches allaitantesse
répartissent
sur tout le territoire surtout dans leszones
herbagères (figure
2). Le Massif Central et sesbordures,
berceaud’origine
debeaucoup
de races àviande,
reste leprincipal
bassin allaitant àpartir
duquel
ces races ont essaimé vers d’autresrégions.
LeGrand-Ouest
(Pays
de Loire enparticulier)
représen-te
aujourd’hui
une autre zone à forte concentration debovins à viande. La taille moyenne des
troupeaux
allaitants est faible (environ 15 vaches) avec denotables différences selon les zones et races : 34
vaches contrôlées en races Charolaise ou Salers
contre 16 en Blonde
d’Aquitaine,
parexemple.
Cette tailles’accroît,
surtout pardisparition
destroupeaux
de moins de 20 vaches (3/4 desélevages
en 1986).Les éleveurs de vaches allaitantes sont en moyenne
plus
âgés
que les éleveurs de vacheslaitières ;
en1986
près
de 2/3 avaientplus
de 50 ans.b /
Systèmes d’élevage
bovinIls
répondent
à 2 fonctions différentes : le&dquo;naissa-ge&dquo;
ouprocréation
des veaux et1&dquo;’engraissement&dquo;,
pratiqué
soit en ateliersspécialisés
(taurillons avecensilage
etproduits
céréaliers) soit à l’herbe(génisses
ou boeufs). La demande
importante
desengraisseurs
français
etétrangers
a entraîné ledéveloppement
d’un
système
&dquo;éleveur-naisseur&dquo;produisant
les&dquo;brou-tards&dquo;,
notamment dans le Centre et le Massif Central. Ils’agit
desystèmes
deplus
enplus
extensi-fiés et
organisés
pour une utilisation maximale del’herbe
pâturée
par les vaches :vêlage
en find’hiver,
allaitement au
printemps
et enété,
sevrage et vente de tous les veaux à l’automne(excepté
lesgénisses
derenouvellement),
alimentation hivernale restreinte pour les vaches. Dans la moitié Nord de laFrance,
etparticulièrement
dansl’Ouest,
grâce
auxdisponibili-tés
fourragères (ensilage
demaïs),
dessystèmes
&dquo;naisseur-engraisseur&dquo;
(production
detaurillons)
sontboucherie (< 10 %), limité à de
petits
élevages
du Limousin et du Sud-Ouest.c / Races bovines à viande (tableaux 6 et 7)
Elles se
regroupent
en 4types
selon leurs modesd’élevage :
* Les
races
&dquo;spécialisées&dquo;
(Blonded’Aquitaine,
Charolaise, Limousine),
anciennement utilisées pour leurpuissance
musculaire etdepuis longtemps
sélec-tionnées pour laproduction
de bovins de boucherie(veaux, gros
bovins),
possèdent
d’excellentes apti-tudes bouchères. Elles sontfréquemment
employées
comme races
paternelles
de croisement terminal. Parcontre les vaches sont
exploitées
en race pure etsur-tout par monte naturelle. Ces races ont
largement
diffusé en France et à travers le monde.
! Les
races
&dquo;rustiques&dquo;
(Aubrac, Gasconne, Salers),
ayant
délaissé la traction animaledepuis
quelques
décennies et laproduction
de laitplus
récemment,
sont devenues des races maternelles
adaptées
auxmilieux difficiles et à la
production
de &dquo;broutards&dquo; croisés destinés auxrégions
d’engraissement.
Certaines s’étendent maintenant hors de leur berceau
d’origine
(Salers). L’insémination artificielle (IA) yest
généralement
peudéveloppée.
* Lesraces &dquo;mixtes&dquo;
(Maine-Anjou, Parthenaise,
Bleue du
Nord,
...),
abandonnant
la traite pour deve-nir exclusivementallaitantes,
sontplutôt exploitées
pour laproduction
de carcasses lourdes et/ou très conformées dans des zonesd’engraissement
tradition-nel. Les
troupeaux
sontexploités plus
intensivement,
en race pure ou en
croisement,
et lapénétration
de l’IA reste notable.&dquo; Les vaches
croisées,
issues destroupeaux
laitiersou de races
rustiques,
sont limitées aux zones de plai-ne etcorrespondent
souvent à du croisementd’absorption.
Notons que le croisement sur vacheslai-tières avec des taureaux à
viande,
depuis longtemps
pratiqué
dans le Centre-Est et leSud-Ouest,
s’est étendu à tout lecheptel
laitier (1/5 des vaches lai-tières inséminées le sont avec des taureaux de races àd / Ovins à viande
Sur les
7,2
millions de brebis enFrance,
plus
de 80% sont des allaitantes (se
reporter
tableau 5). Elles sont disséminées sur l’ensemble duterritoire,
tant enplaine qu’en
montagne
(figure
2).
Les 3/4 desélevages
ont moins de 50
brebis,
mais l’autrequart
détientplus
de 80 % des effectifs. Lessystèmes d’élevage
sont donc très diversifiés (tableau 8). A
l’exception
dessystèmes laitiers,
les agneaux sontengraissés
parl’élevage
naisseur. Laproduction
est assurée par 3grands
types
d’animaux auregard
de leursaptitudes
et mode
d’exploitation :
* Les
races &dquo;locales et/ou
rustiques&dquo;
sont surtoutlocalisées dans le Sud et liées à une valorisation de
terroir. Elles sont
exploitées
en race pure ou en croi-sement, pour leursqualités
maternelles etplus
parti-culièrement (racesrustiques)
pour leurscapacités
d’adaptation.
Elles assurent unegrande
partie
de laproduction
à contre-saison (naissances :automne-début hiver).
* Les
races &dquo;bouchères
spécialisées&dquo;
sontorigi-naires de la moitié Nord de la France et issues des
systèmes
degrandes
cultures céréalières (&dquo;races debergerie&dquo;)
ou dessystèmes
herbagers
traditionnels(&dquo;races
d’herbage&dquo;) ;
ces derniers valorisant l’herbe avec desagnelages
deprintemps.
Ces races sontdesti-nés au croisement terminal sur les races locales et
rustiques.
* Les &dquo;brebis de
pays&dquo;
duCentre-Ouest,
issues de croisementsanarchiques
entre races àviande,
pro-duisent des agneaux de
qualité.
4
/
Objectifs
de
sélection
Sélectionner est un défi
permanent
consistant àadapter
lesaptitudes
actuelles des animaux auxsys-tèmes
d’élevage
dedemain,
par un choixjudicieux
des
objectifs
et critères de sélection. Lesobjectifs
de sélectionreprésentent
ce que l’on souhaite améliorer en terme deproductivité
économique
et relèvent deconsidérations
socio-économiques,
enpartie
spécula-tives,
traduites enaptitudes zootechniques.
Ilsdéfi-nissent l’orientation
globale
(sipossible
unique)
d’unerace avec d’inévitables incertitudes. Les critères de sélection sont les caractères ou leurs combinaisons sur
lesquels
portent
le choix desgéniteurs
afin d’atteindre lesobjectifs.
Lesobjectifs
de sélection setraduisent en deux ensembles
d’aptitudes
correspon-dant aux
phases d’exploitation
des ruminants àvian-de :
* Les
aptitudes
bouchères (AB) : relatives à laproductivité
des ruminants encore en croissance(engraissement
et valorisation descarcasses),
elles visent ungain
élevé en viande commercialisablerap-porté
aux coûts deproduction (alimentation, travail,
capital,
...). Elles ont trait à la fois à laproductivité
en
poids
de viande (vitesse decroissance,
efficacitéalimentaire, composition
du croît et de la carcasse, rendement àl’abattage)
et à l’améliorationqualitati-ve des carcasses
(état
deimition,
forme desmuscles,
qualités
de viande) (Ménissier et al1986) ;
leurimportance
relative étant fonction descaractéris-tiques raciales,
dusystème d’engraissement
et du mode de valorisation des carcasses.* Les
qualités
maternelles(QM) :
ellesconcer-nent la
productivité
enjeunes
sevrés par les femellesen
reproduction
(naissage,
élevage
etreproduction),
et consistent àaugmenter
le nombre et la valeur bou-chère individuelle desjeunes
sevrés par la mère durant sa carrière dereproduction
dans dessystèmes
d’élevage
où les interventions humaines(manipula-tions,
surveillance,
naissancesassistées,
...) sont réduites et où les besoins nutritionnels minima des mères(reproduction
et allaitement) sont couverts pardes
disponibilités fourragères
dequalités
etquantités
variables durant
l’année ;
cequi implique
demul-tiples aptitudes
relatives aux mères ainsiqu’à
leursjeunes lorsqu’ils dépendent
de l’environnement maternel(gestation-naissance-allaitement)
(Petit etLiénard 1988).
L’importance
relative des AB etQM
est fonction de l’utilisation dominante de la race concernée :croise-ment (AB pour les races
paternelles
ouQM
pour les races maternelles) ou race pure (AB etQM),
système
extensif (QM
> AB) ou intensif (AB> QM).
Deuxcom-binaisons
d’objectifs correspondent
à laplupart
desraces : les races
rustiques,
utilisées en milieuxdiffi-ciles,
recherchent lesQM
maximalespermises
par les contraintes du milieu (rusticité) et des AB suffisantes pour valoriser leursproduits
de race pure ou croisés(Bibé et
Havy
1988) ;
les racesspécialisées,
avec des mèresexploitées
en race pure et des mâles servantpour le croisement
terminal,
privilégient
les AB maisconsidèrent de
plus
enplus
lesQM (fertilité,
prolifici-té,
facilités devêlage, ...)
(Ménissier 1988).Quelles
que soient lesaptitudes,
elles sontcontrô-lées par les mécanismes
biologiques
déterminant lesprincipales
fonctionsphysiologiques
et leursrégula-tions. D’où la hiérarchie
proposée
(Cartwright
etFitzhugh
1988,
Ménissier1990,
Ménissier et Frisch1992) :
* les
caractéristiques biologiques prédominantes
(format, précocité
dedéveloppement, production
delait,
voire muscularité et multiovulation)qui
concer-nent les fonctions
physiologiques
essentielles(crois-sance,
nutrition,
reproduction,
lactation),
intervien-nentplutôt quantitativement,
à la fois surl’engrais-sement et la
reproduction,
et sont àl’origine
desliai-sons
biologiques
entreaptitudes
bouchères etquali-tés
maternelles,
notammentlorsqu’il
y aantago-nismes.
* les
caractéristiques biologiques
subordonnées,
dont chacune concerne un nombre restreint de
perfor-mances, affectent directement et
plutôt
qualitative-ment laproductivité
des animaux en conditionnantl’expression
de leurcapacité
deproduction (exemple :
qualités
de carcasse, facilités denaissance,
rusticité). La sélection sur un critère deproductivité
nepeut
ignorer
lesréponses
indirectes sur lescaractéris-tiques
biologiques prédominantes.
Parexemple,
la sélection des facilités de naissance met enjeu
lefor-mat et la
précocité
dedéveloppement.
Cesrégulations
biologiques impliquent
deconsidérer,
à lafois,
l’ani-mal en tantqu’
&dquo;unitébiologique
fonctionnelle&dquo;
dont la sélection veut modifier le fonctionnement desrégu-lations,
et la race (oupopulation)
en tantqu’
&dquo;unitéopérationnelle&dquo;
de la sélection et état actueld’équi-libre entre les
caractéristiques prédominantes
héri-tées de la sélectionpassée.
Les mécanismesbiolo-giques sous-jacents,
enparticulier
ceux relatifs à la nutrition et ses relations avec lacroissance,
larepro-duction et
l’allaitement,
sont, pour les ruminants àviande,
à la base de leur sélection. Pour lesaptitudes
bouchères,
les mécanismesrégissant
lacroissance,
lacomposition
du croît et l’efficacité alimentairerepo-sent sur les considérations suivantes : (a) la
capacité
d’ingestion
détermine laquantité
d’énergie
disponible
et celle-ci est
prioritairement
utilisée pourl’entre-tien ;
(b) les besoins d’entretien conditionnent laquantité
d’énergie
restantdisponible
pour lacrois-sance ;
(c)
lacapacité
deprotéinogénèse,
par utilisa-tionpréférentielle
del’énergie
pour la fixation de pro-téines avantstockage
delipides, correspond
à unecroissance élevée en muscle avec des
dépôts
de grastardifs. La
capacité
de &dquo;croissance musculaire&dquo; tra-duit doncl’objectif global d’aptitudes
bouchères : accroître la vitesse de croissance et l’efficacité ali-mentaire en alourdissant les carcasses sans augmen-ter leuradiposité.
Pour lesqualités maternelles,
lacapacité
d’ingestion
etd&dquo;’épargne
alimentaire&dquo; des mères enreproduction
sont déterminantes. Sur uncycle
deproduction
annuel,
les besoins d’entretien et de lactation d’une vachereprésentent
respectivement
2/3 à 3/4 et 1/3 à 1/4 des besoinsénergétiques,
et sontrespectivement proportionnels
au format(poids
méta-bolique)
et àl’aptitude
laitière des vaches - facteurs conditionnant leurcapacité
d’ingestion
(Petit 1988). Ces besoins et leur couverture varient notablement&dquo;faire
l’accordéon&dquo; ;
à savoir mobiliser ses réservescorporelles
(tissusadipeux)
pour compenser le déficit desapports
énergétiques, puis
les reconstituer aisé-mentlorsque
les ressourcesfourragères
lepermet-tent, et cela sans
compromettre
sa lactation et safer-tilité. Ces
aptitudes, sous-jacentes
auxqualités
maternelles,
impliquent
une combinaisonoptimale
des
caractéristiques
biologiques prédominantes
(for-mat,précocité
dedéveloppement,
production
laitière,
muscularité) et, de ce
fait,
desrépercussions
sur lesaptitudes
bouchères.5
/
Organisation
de la
sélection
L’organisation
actuelle repose sur un cadre institu-tionnel pourbeaucoup
hérité de la &dquo;loi surl’élevage&dquo;
de
1966,
sur des outils et méthodes de sélectionadap-tés à la diversité des
systèmes
deproduction
et auxcontraintes des modes
d’élevage,
et sur unegestion
collective de programmes de sélection.
5.1
/
Importance
etplace
des
structuresLa mise en
place
des UPRA (Unité nationale desélection et
promotion
de race) - 20 ovines et 10 bovines - par substitution ouintégration
des &dquo;Livresgénéalogiques&dquo;,
ne s’estpratiquement
achevée quetout
récemment,
pourpartie
en raison des réticencesdes
sélectionneurs,
élitistes par tradition etintérêt,
attachés aux notions de
pedigree
etréputation,
donc peu enclins à remettre en cause leur hiérarchiesocio-économique
ou du moins à enpartager
la maîtrise.Malgré
un faible encadrementtechnique,
les UPRAs’attachent
prioritairement
àpréciser
lesobjectifs
de sélection de la race et leur traductiontechnico-écono-mique,
à élaborer unsystème
ougrille
de&dquo;qualifica-tions&dquo; (recommandations
d’emploi
desreproducteurs
pour la
production
ou lerenouvellement,
basées surleur valeur
génétique)
adapté
auxobjectifs
et struc-tures de lapopulation,
et à coordonner l’action des différents maîtresd’ouvrage.
Elles sont devenues des interlocuteursprivilégiés.
Les instituts
techniques
del’élevage
bovin (ITEB)et de
l’élevage
ovin etcaprin (ITOVIC), aujourd’hui
fusionnés dans l’Institut de
l’Elevage, jouent
un rôleclé par l’encadrement et
l’appui techniques
pour lamise en oeuvre des outils et programmes de sélection. Pour les bovins à
viande,
cet encadrement a étéren-forcé au cours des dernières années
(équivalent
aujourd’hui
à environ unevingtaine d’agents
àtemps
plein), redéployé
au niveaurégional-racial
(5équipes)
> etnational,
et mieux ciblé vis à vis des différentsorganismes.
Lesimplications
de l’INRA dans la miseen oeuvre de la
sélection,
du fait de la diversité desobjectifs,
outils,
méthodes et programmesutilisés,
y sont nombreuses etpermanentes.
Les centres d’IA
agréés
pour laproduction
desemence ont vu leur
importance
et leur rôle évoluerconsidérablement en relation avec la faisabilité de ce
mode de
reproduction (congélation
de la semencebovine,
synchronisation-induction
des oestrus) et soninsertion comme outils de sélection (Parez et
Duplan
1987). Pour les
bovins,
l’utilisation de la semencecongelée
date du début des années 60 et ledéveloppe-ment des centres de
production
de semence a eulieu,
à la
fois,
dans les berceaux des races sousl’égide
dessélectionneurs
qui
souhaitaient contrôler cet outil dediffusion en race pure, et hors zones traditionnelles sous
l’impulsion
des utilisateursqui
voulaientmaîtri-ser leur
approvisionnement
enparticulier
pour lecroisement. Le croisement par IA sur vaches laitières
s’étant réduit en volume et
déplacé
vers l’Ouest et leNord,
les centres deproduction
fournisseurs de cettesemence ont dû s’associer à leurs
homologues
laitiers. Dans lestroupeaux
allaitants,
même si sapénétra-tion comme mode de
reproduction
restelimitée,
l’IAdevient de
plus
enplus
un moyen de sélection (accès aux taureauxd’élite,
comparabilité
entreélevages).
Pour
répondre
à cesexigences
desélection,
lescentres de
production
de semence ancrés dans ces zones allaitantes ont fusionné et/ouregroupé
à l’éche-lon racial leurs moyens de sélection. Leséchanges
européens
interviennent aussi dans ces évolutions destructures. Chez les ovins à
viande,
associé d’abord à laproduction
à contre-saison et/ou àl’augmentation
durythme
dereproduction,
ledéveloppement
de l’IAest
plus
récent (vers 1975) et unepart
importante
desIA (61 %) est faite en croisement pour la
production
d’agneaux
deboucherie,
notamment dans le Centre-Ouest et enMidi-Pyrénées.
Les structures
chargées
de l’identification et du contrôle deperformances
(E.D.E.,
Syndicats,
...) dans lesélevages,
et de lagestion informatique
de cesdon-nées (CRI - centres
régionaux informatiques),
sont à la base dudispositif
national. Pour les bovinsallai-tants, les informations sont
gérées
par 6 CRI et tran-sitent par leCTI-Jouy
(fichier national deperfor-mances)
qui
les distribuent vers 8 fichiers raciaux (4 sites). La concomitance de mise àjour
de ces fichiersest le
point
faible. Enovins,
avec 8CRI,
lesystème
est
plus
centralisé au niveau national et racial avec un fichierunique
(30 races environ).Les
groupements
d’éleveurs(producteurs
ou sélec-tionneurs) interviennent deplus
enplus
dans lasélection du fait de
l’importance
commerciale etd’autant
plus grand
qu’une
part
croissante des aidespubliques
nationales etrégionales
à la sélection des ruminants à viande (diffusion duprogrès génétique
notamment) est attribuée par cette voie.
5.2
/ Contrôles des
performances
etévaluation des
reproducteurs
Quelle
que soit la race, les contrôlespuis
l’évalua-tion (estimation de la valeurgénétique)
desreproduc-teurs se font selon des
protocoles
nationauxagréés
et par desorganismes
habilités (Ménissier 1988)(tableau
9).a / Contrôles
en ferme
La France a été un des
premiers
pays àgénérali-ser, dès les années
50,
cesystème
dans lesélevages
allaitants (Cornut et Rehben 1988). Au cours des 15 dernières
années,
l’effectif de vaches contrôlées aplus
que doublé (250 000) mais
représente
encore moins de 10 % (contrôlescomplets)
ducheptel.
L’effectif des ovins contrôlés est restéplutôt
stable (400 000bre-bis). D’abord conçu pour la conduite du
troupeau,
la finalitégénétique
des contrôles s’estrapidement
affirmée tant intraqu’entre
troupeaux,
dès lors quela
gestion
desperformances
a été associée à celle desidentifications et
généalogies
et que desméthodolo-gies
d’évaluationadaptées
ont pu être mises enoeuvre ; ce
qui
a abouti à une diversification des éva-luations. Les contrôlesreposent
surl’enregistrement
par l’éleveur des données relatives à la conduite d’éle-vage, la
reproduction
des mères et la naissance desproduits,
et sur lespesées
etpointages,
par untech-nicien,
desproduits
lorsque
leur croissancedépend
de la valeur laitière de la mère(bovins :
< 4mois ;
ovins : < 1 mois) ou de leur propre
capacité
decrois-sance.
L’emploi
de modèlesgénétiques
adéquats
permet
d’évaluer lespères,
les mères ou lesgrands-pères
maternels pour bon nombre
d’aptitudes.
Une évalua-tionnationale,
développée
àpartir
des années 70(comparaison
auxcontemporaines),
fournit pourchaque
vacheayant
euplus
de 3produits,
une valeurgénétique
maternelle(naissance,
allaitement).
Beaucoup
de taureaux n’étant utilisés que dans unseul
élevage
et avec peu decongénères,
leurévalua-tion n’a été
possible
que parplanification
d’accouple-ments avec des &dquo;taureaux de connexion&dquo; entre trou-peaux. Ce
système
(&dquo;BLUP-père&dquo;)
fonctionne dans les 2plus grandes
races et évaluechaque
année 30 à 50nouveaux taureaux pour les
performances jusqu’au
sevrage. La nouvelle méthode d’évaluation
(&dquo;BLUP-animal&dquo;) en cours de
développement
évalueraconjoin-tement les
vaches,
les taureaux et leursproduits,
à la fois pour les effetsgénétiques
directs et maternels.Pour les
ovins,
selon les modalités de contrôle desperformances
(&dquo;reproduction&dquo;,
&dquo;croissance 10-30jours&dquo;,
&dquo;croissance30-70jours&dquo;)
et desfiliations,
les valeursgénétiques
des béliers (croissance despro-duits, prolificité
ou valeur laitière des filles) et des brebis(prolificité,
valeur laitière) sont estimées. L’évolution estanalogue
à celle desbovins,
voireplus
rapide.
Lamicro-informatique
au niveau des trou-peaux(saisie, gestion,
communication avec les ser-veurs) est deplus
enplus
présente.
b / Contrôle individuel des mâles en station
Rassembler les
jeunes
mâles de diverstroupeaux,
après
sevrage et avant mise à lareproduction,
est unoutil efficace pour les sélectionner et orienter leur destination
(IA,
&dquo;base desélection&dquo;,...).
Lesprotocoles
de contrôle et évaluation sont définis pour que lesmâles, après
unephase d’adaptation,
extériorisent aucomparés
entre eux àpartir
de leursperformances ;
enparticulier,
dusystème
alimentaire retenu et des caractères mesurésdépend
lapertinence
de l’évalua-tion vis à vis descomposantes
desaptitudes
bou-chères. Deuxtypes
de station ont ainsi étéimplan-tées pour les taureaux :
’’! les stations
pour les taureaux d’IA
où,
du fait d’une alimentation individuelle et fixée pour ungain
de
poids a priori,
lacroissance,
l’efficacité alimentaireet la conformation sont
évaluées ;
5 stations contrô-lentchaque
année 200 à 300 taureaux pour ensélec-tionner moins de 1 sur 2.
r les
centres d’évaluation pour les taureaux de monte
naturelle,
avec une alimentation à volonté et à base defourrages grossiers,
ne contrôlent que lacroissance et la
conformation ;
plus
d’une dizaine decentres,
répartis
dans les zonesd’élevages
allaitants,
évaluent annuellement
près
d’un millier de taureauxdont la moitié sont destinés à la &dquo;base de sélection&dquo; et
quelques
uns à l’IA.Pour les
béliers,
11stations,
dérivées des centresde rassemblement de
béliers,
évaluent environ 1 800 béliers par an sur lacroissance,
la conformation etl’adiposité,
dont la moitié ou le tierssupérieur
estdestiné au renouvellement.
Mieux maîtriser les effets antérieurs à la
station,
gérer
les différencesgénétiques
entre stations ouséries,
utiliser desprédicteurs
de lacomposition
dugain
depoids,
sont les axes actuels deperfectionne-ment de ces outils de sélection.
c / Contrôle des mâles sur descendance
en station
Ce mode de sélection reste un des moyens pour maîtriser les conditions
d’élevage,
de conduite(repro-duction,
abattage)
et de mesures(techniques
élabo-rées),
enparticuliers
pour les mâles àlarge
diffusion(IA, pères
àfils,
...). Un échantillon de descendantsest
procréé
en ferme oustation,
puis
élevé et observé en station selon desprotocoles
établis. C’est le caspour les évaluations
impliquant l’abattage
(contrôles de carcasse et viande).En
ovins,
3 stations fonctionnent ainsidepuis
unedizaine d’années et contrôlent 125 béliers (5 000
pro-duits),
dont une station multiraciale couvreplus
de lamoitié de l’activité. A une
exception
près,
toutes les évaluations des taureaux sur descendance pour lesaptitudes
bouchères sepratiquent
en stations (3) ou avec desengraisseurs
contractuels,
sur uneproduc-tion de veaux de boucherie ou de taurillons en race
pure ou croisement.
Sur les 60 à 100 taureaux évalués par an, 1 sur 2
reçoit
l’agrément &dquo;Aptitudes
bouchères (AB)&dquo; pour l’IA. Pour lesqualités
maternelles,
mesurables surles
filles,
ce mode de contrôle n’estemployé
que pourles taureaux de races
spécialisées.
Avec une stationpar race et environ 25 filles de race pure contrôlées
durant 2 ans, 30 à 40 taureaux sont évalués
chaque
année,
dont 1 sur 3reçoit
l’agrément
&dquo;Qualités
maternelles
(QM)&dquo;
pour l’IA.5.3
/
Programmes
de sélection
L’efficacité de la sélection est conditionnée par l’utilisation cohérente et
intégrée
des outils de contrôle et évaluationorganisés
en programmes (ou&dquo;schémas&dquo;) de sélection
exploitant
au mieux lacréa-tion,
la diffusion et le cumul duprogrès génétique
(Elsen et Bibé
1988,
Ménissier 1988). Si par lepassé
lespôles
d’organisation
des programmes bovins sedéfinissaient par
rapport
aux modalitésd’exploitation
des taureaux (IA ou monte
naturelle,
croisement ou racepure), l’obligation
decomplémentarité
entre cesutilisations est maintenant admise et, comme chez
les
ovins,
l’intégration
des programmes se fait auniveau racial et
dépend plus
du choix desobjectifs
de sélection et des moyens mobilisés.Le
principe d’organisation s’appuie
sur lagestion
collective,
d’unepart,
des mères recommandées(qua-lifiées)
pour le renouvellement de la &dquo;base de sélec-tion&dquo; (animauxidentifiés,
filiés et contrôlés) et,d’autre part, des outils d’évaluation et diffusion des mâles