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Bilan critique des opérations de repeuplement en petit
gibier
D. Pépin
To cite this version:
D.
PÉPIN
INRA IRGM BP 27, 31326 Castanet-Tolosan CedexBilan
critique
des
opérations
de
repeuplement
en
petit
gibier
La raréfaction
progressive
du
petit
gibier
aconduit
à
mettre
enplace
des
opérations
pour
reconstituer
les
populations
naturelles
ouaugmenter
leurs effectifs.
Le
bilan de
cesopérations
permet
de
dégager
les conditions
indispensables
aurepeuplement.
L’introduction en 1952 du virus de la
myxomatose
par le Dr Delille pour luttercontre les
dégâts
occasionnés en forêt par leslapins
de garenne(Oryctolagus
cuniculus)
aentraîné
presqu’aussitôt
une chute del’effec-tif de la
plupart
despopulations
de cetteespè-ce. Devant
l’ampleur
del’impact
de cevirus,
les chasseurs ont très vite
envisagé
d’intro-duire uneespèce exotique
delapins
résistante :leur choix s’est
porté
surSyl
U
ilagus
florida-nus et,malgré
un avis défavorable du ComitéConsultatif des
Epizooties, plusieurs
opéra-tions de lâchers ont eu lieu dès 1953. Lesdan-gers
potentiels
de cetype
d’introduction enFrance furent alors immédiatement dénoncés par Giban
(1954),
notamment lesrisques
pathologiques
pour la faune autochtone. Suiteà une baisse de la virulence de la
myxomatose
et à une reconstitution
progressive
despopu-lations de
lapins,
ces tentatives d’introductions’estompèrent.
Ellesreprirent
defaçon
clan-destine au début des années1970,
par l’inter-médiaire de lâchers d’individusprovenant
d’Italie. Pour uneanalyse plus
détailléeconcernant le statut de
Sylvilagus floridanus
en
France,
on consultera avecprofit
la miseau
point publiée
par Arthur etChapuis
(1983).
La
disparition
dulapin
a entraîné enconséquence
unreport
de la chasse surd’autres
espèces
depetit
gibier,
notammentsur les lièvres
(Lepus europaeus)
et sur lesperdrix grises
(Perdixperdix)
et rouges(Alectoris
rufa).
Enplus
de la transformation et de ladégradation
deshabitats,
cephéno-mène de transfert a contribué à une
raréfac-tion
progressive
dupetit gibier.
L’attitudecommune des
responsables cynégétiques
aalors été de se tourner vers des
opérations
delâchers d’animaux de diverses
origines
(gibier
d’importation
ou issud’élevages),
sans, leplus
souvent,
envisager
une limitation dans lesprélèvements
(figure
1).Devant l’échec d’une telle
politique,
et bien que lapression
de chasse nepuisse
êtreincri-minée comme la seule
responsable
duphéno-mène de
régression
(Havet et Biadi1990),
une démarche nouvelle consiste à combiner
diverses mesures pour favoriser le
redémarra-ge des
populations
àtrop
faible effectif : elles allient leplus
souvent l’arrêttemporaire
de l’exercice de lachasse, l’aménagement
du ter-ritoire (cultures àgibier,
implantation
dehaies), l’adoption
derègles
deprotection
pour réduire lespertes
accidentelles (utilisation deRésumé
,
S’appuyant
sur unesynthèse bibliographique
des travaux disponibles, cet articleétablit un bilan critique des opérations de repeuplement menées en France à propos
du Lapin de garenne, du Lièvre, de la Perdrix grise et de la Perdrix rouge.
L’enchaînement des circonstances ayant entraîné la raréfaction progressive de ce
petit
gibier
est tout d’abord très brièvement rappelé, lepoint
dedépart
pouvantêtre attribué à l’introduction du virus de la myxomatose. Le recours à des lâchers
comparatifs conduits par le service
technique
de l’Office National de la Chasse et la réalisation de quelques études plus ponctuelles par l’INRA permettent d’évaluer leschances de succès de ces tentatives de reconstitution ou de renforcement de populations naturelles dans divers contextes. Pour les
lagomorphes,
à côté denombreux résultats chiffrés qui démontrent la forte variabilité dans le taux de survie des sujets introduits en fonction de facteurs variés (qualité de l’habitat
d’accueil,
époque
du lâcher, aménagement des lieux du lâcher, statut des animaux), l’accent est mis sur la prise en compte nécessaire de la dynamique de leurcomportement individuel et social. Pour les perdrix, on recommande d’une part
d’entreprendre
les opérations de repeuplement nécessaires sur de vastes unitésgéographiques
pourqu’un
nombre minimum de couples puisses’implanter
et sereproduire, et d’autre part d’utiliser uniquement des oiseaux d’origine locale sous
peine de risquer une contamination génétique du stock naturel. Au vu de ces
résultats, on
souligne
que la meilleure action en faveur dupetit gibier
reste uneprocédés d’effarouchement,
conduite des récoltes du centre desparcelles
vers lapéri-phérie plutôt
qued’adopter
le processus inver-se) et la mise enplace
de véritablesopérations
de
repeuplement.
Dans cesconditions,
l’objec-tif visé est que les
sujets
lâchés fassentsouche,
autrement dit
qu’ils
sereproduisent.
Leslâchers sont donc destinés à
permettre
à lapopulation
de revenir à un niveaucompatible
avec son renouvellement annuelautomatique.
Cet article dresse un bilan
critique
de diversesopérations
derepeuplement
menées enFrance,
qui
ont concerné leLapin
de garenne, leLièvre,
la Perdrixgrise
et la Perdrix rouge. Ilcomplète
lasynthèse
de Havet et Biadi (1990) consacréeuniquement
aux travaux menés parl’Office National de la Chasse sur ces
espèces
de
petit
gibier,
ainsi que sur le Faisan(Phasianus colchicus) et sur le Colvert (Anas
platyrhynchos).
1
/ Le
Lapin
de
garenne
Le recours à des lâcherscomparatifs
dedif-férents lots d’animaux a
permis
au servicetechnique
de l’Office National de la Chasse d’évaluer l’influencerespective
de différentes variables sur le succès desopérations
derepeuplement
hivernal enlapins
de garenne.Une série
d’expérimentations
portant
surprès
de 2400
sujets
marqués
a d’abordpermis
deconstater que, dans tous les cas de
figure,
lamortalité survient de
façon
trèsrapide,
sur-tout dans les 2 semaines
qui
suivent le lâcher.La survie
globale
constatée 21jours
après
le lâcher (J+21) s’avère en moyennesupérieure
dans le cadre
d’opérations
réalisées dans des secteurs où restent encorequelques lapins
autochtones que dans celles où il n’en subsiste
plus
(35% vs 20%). AJ+90,
la survie moyenneest de l’ordre de 29% dans le
premier
cas, contre 16% dans le second cas (voirfigure
2).La survie des animaux est d’autre
part
supé-rieure en milieux ouverts
(céréales, pâtures)
par rapport aux milieux fermés(bois,
bos-quets,
haies, landes,
broussailles) (soit 25% us19%) ;
elle s’avèreégalement plus importante
en
présence
de céréales (34%) parrapport
àdes zones en
pâture (19%,
voirfigure
2). Endéfinitive,
ce sont leslapins
lâchés en milieuxouverts et en
présence
de céréalesqui
ont le meilleur taux de survie(43%),
alors que ceuxlâchés en milieux fermés et dans des zones en
pâture
ont lesplus
faibles chances de survivre (environ 15%seulement,
voirfigure
2). Si laprésence
desujets
autochtones au moment du lâcher n’a pas d’effetsignificatif
sur le taux desurvie des
lapins
lâchés en milieuxfermés,
parcontre elle
apparaît
commebénéfique
dans lecadre
d’opérations
conduites en milieuxouverts (34°!o contre seulement 14%). Grâce à
des lâchers de lots de 10 à 20
individus,
il a puêtre
remarqué
une très forte variabilité dans la survie à J+90 entre lots : au sein d’unemême
opération,
ellepeut
intéresser deux tiers dessujets
lâchés ou être nulle.Une
grande majorité
(95%) des animauxrevus ou retrouvés morts sont le
plus
souvent découverts dans un cercle de 500 m de rayonautour du
point
de lâcher. Leurdispersion
esttrès
rapide puisqu’ils
sont stabilisés dès la 3ème ou 4ème semaine suivant le lâcher. Enconséquence,
il ne semble paslégitime
d’incri-miner une
dispersion
àlongue
distance pourl’échelle locale. Grâce à des contrôles réalisés
sur le
premier
mois dulâcher,
il a pu êtreconstaté une
perte
depoids importante
dessujets
lâchés (de 20 à 30% enmoyenne),
sur-tout entre J+10 et J+20.
Néanmoins,
une fois ce capfranchi,
les animaux&dquo;récupèrent&dquo;
assezrapidement puisque
lepoids enregistré
à J+30dépasse
celui à la date du lâcher. Laprédation
et lesproblèmes
pathologiques
sont lesprinci-pales
causes de mortalité (60% pour ces 2fac-teurs).
En se basant sur le fait que
l’organisation
sociale du
Lapin
de garenne est très tributaire de l’utilisation collective de terriers ou d’abrisnaturels,
il a parulogique
de réaliser desamé-nagements
artificiels destinés d’unepart
àaméliorer la survie des
sujets lâchés,
et d’autrepart
à limiter leurdispersion (Mauvy
et al 1991). Au sein de 2 zones du MassifCentral,
il a donc étéprocédé
à lacomparai-son de résultats obtenus à
partir
depoints
delâcher
aménagés
et nonaménagés
(servant detémoins). La cohésion des groupes a été esti-mée par observations
directes,
et lafréquenta-tion des divers
aménagements
réalisés a étéquantifiée
en tenantcompte
dessignes
depré-sence du
lapin
autour dechaque
aménage-ment. Il a d’abord été mis en évidence un
cycle
annuel dans la
fréquentation
desaménage-ments, caractérisé par une utilisation forte en
hiver et faible en été. Si la cohésion des
groupes, la
dispersion,
et la survie desani-maux lâchés se trouvent améliorées au
départ
(dans
la semainequi
suit lelâcher),
cesavan-tages
initiaux ne se sont pas révélés durables.D’après
les auteurs de cetteétude,
il sembleque ce soit l’absence de véritables liens
sociaux entre la
plupart
des animaux lâchésqui explique
ces échecs. Enconséquence,
ilsrecommandent de
prendre
davantage
encompte
ces liens sociaux dans lesopérations
de
repeuplement,
en cherchant parexemple
à respecter les conditions de leur installation etde leur maintien au moment du lâcher des
animaux.
Le devenir à
plus long
terme despopula-tions
repeuplées dépend
dans unelarge
mesu-re du succès de lareproduction
des animauxqui
ont réussi às’implanter
(Arthur 1989). Il semble nécessairequ’une
densité minimalepuisse
être obtenue à J+90. Encore faut-ilqu’elle
soitcomplétée
par un recrutement suf-fisant dejeunes lapereaux,
c’est-à-dire par untaux de survie
conséquent.
Il est constaté eneffet que la
reproduction
de lapremière
année compense àpeine
lespertes
du lâcher etqu’il
faut donc attendre au mieux la deuxièmeannée pour que la
population
secourue com-mence à sedévelopper.
2
/ Le
Lièvre
Les lâchers de lièvres ont d’abord été
prati-qués
en France àpartir
d’animauximportés
des paysd’Europe
Centrale.Jusqu’à
la fin des années1970,
de 150 à 200 000sujets
enmoyenne ont été annuellement
introduits,
lesproblèmes
posés
par cetype
derepeuplement
étant d’ailleurs
explicités
dès cetteépoque
parHavet (1975) : cet auteur
distingue
quatre
aspects
principaux
dans lapathologie
de ceslièvres
(d’origine traumatique, infectieuse,
parasitaire
et liée auxphénomènes
d’agres-sion),
auxquels
viennents’ajouter
despro-blèmes d’ordre
éco-éthologiques
(relation avecla
population locale,
sensibilité auxprédateurs
très accrue,
grand
déplacement
des animauxavant
l’adoption
d’un cantonnement définitif).Parallèlement,
un engouement pour leséle-vages de lièvres s’est
progressivement
dévelop-pé,
laproduction
étant estimée annuellementà 150 000 levrauts environ
depuis
la fin desmêmes années 1970. C’est dans ce contexte
que l’Office National de la Chasse a
entrepris
d’évaluer la survie et le
comportement
de lièvres lâchés en nature en mettantprogressi-vement en
place
dans divers sitesexpérimen-taux des contrôles
qui
ont surtoutporté
surdes levrauts
âgés
de 1 à 3 mois (environ 2500animaux),
mais aussi surquelques
700indivi-dus naturels
importés.
L’estimation du taux de survie des lièvres lâchés se base la
plupart
dutemps
sur lesreprises
à la saison de chasse suivante(Fiechter et al
1978,
Biadi etBenmergui
1989). Pour les levrauts introduits auprin-temps
ou enété,
le taux dereprise
varieglo-balement de 4 à
20%,
selon les années et lessites d’étude.
D’après
Fiechter et al(1988),
lemême du lâcher n’améliore pas de
façon
sen-sible le taux de
reprise.
Si l’utilisation de levrauts élevés sur litière et sur herbepermet
d’obtenir un meilleur résultat par
rapport
àdes
sujets
élevés surgrillage,
on constatenéanmoins que leur taux de
reprise
restetou-jours
relativementfaible,
de l’ordre de 20%. Encomparant
le devenir de levrauts issusd’élevage
et de levrauts naturelséquipés
d’émetteur,
il a été constaté que leur taux de survie est de l’ordre de 21% pour lespremiers
contre 44% pour les seconds 2 moisaprès
le lâcher et de 15 contre 38% 5 moisaprès
le lâcher (Biadi etBenmergui
1989). Le cap des3
premiers jours qui
suivent la date du lâcherest
particulièrement
difficile à franchir pourles levrauts nés en
élevage,
le stress subi parces animaux
jouant
alors un rôleimportant
(Marboutin et al 1990). Pour les lièvres natu-rels
importés,
les contrôles réalisés sedérou-lent en
règle générale
à l’automnesuivant,
soit 9 à 10 mois
après
la date du lâcher. Leurtaux de
reprise
moyen oscille entre 13 et 30%suivant les années et les territoires
(Biadi
etBenmergui
1989). Le suivid’opérations
derepeuplement
réalisées dans l’est de la Franceen décembre ou en
janvier,
apermis
d’unepart
de constaterqu’il
estpréférable
d’effec-tuer les lâchers au début del’hiver,
d’autrepart
de montrer que le passage en parc depré-lâcher n’a aucune incidence
bénéfique
sur ladispersion
dessujets
lâchés enplaine
(Benmergui
et al 1990). Ce suivi aégalement
permis
depréciser
que si la distance moyennede
reprise
de cetype
de lièvres avoisine les2 km en
plaine,
elle estsignificativement plus
faible dans le cas de lâchers
ayant
lieu en zonede côteaux que dans le cas de lâchers réalisés en moyenne
montagne.
Pour les levrauts
d’élevage qui
réussissent às’implanter, l’adoption
d’un secteur de canton-nement définitif estprécédée
par unephase
dedispersion
de faibleamplitude
qui
s’accom-pagne de
changements fréquents
degîtes
dejour
et, le caséchéant,
par unpré-cantonne-ment dans une zone restreinte
(Pépin
etCargnelutti
1985,
1987). Durant toute cettepériode
d’apprentissage,
les levrauts ont unrythme
d’activité variablemais,
enrègle
géné-rale,
ils commencent à sedéplacer
bien avant le coucher du soleil et segîtent
dès son lever.Après
cantonnement, leur niveau d’activité locomotrice estplus
réduit,
et ce aussi bien dejour
que de nuit. On assisteégalement
à lamise en
place
d’une structurationprogressive
de leur espace individuel
qui
se caractérisenotamment par la constitution d’un véritable
réseau de
gîtes
et par laséparation
entre zoned’alimentation
(gagnage)
utilisée durant lanuit,
etgîte
dejour,
soit dedépf&dquo;&dquo;. ! !
d’arri-vée. En cas de
dérangements
(travauxagri-coles le
plus
souvent),
les levrauts cantonnéspeuvent
réutiliser momentanément dessec-teurs
qu’ils
ont eu l’occasiond’explorer
lors deleur
phase
dedispersion
ou de1
,1 ¡;&dquo;c
a
ntonne-ment.
Le fait pour un adulte sauvage d’être libéré
dans un milieu inconnu lui confère le statut d’individu &dquo;naïf’. Par
conséquent,
on assisteglobalement
aux mêmesétapes
que pour leslevrauts
d’élevage,
à savoir d’abordessaimage
autour du
point
de lâcher avecpremiers
gîtes
éloignés
les uns des autres,puis
phase
d’inser-tion avec concentration des
gîtes
dans une zone restreinte (Ricci1983,
Pépin
etCargnelutti
1985).3 / La
Perdrix
grise
et
la
Perdrix
rouge
Comme dans de nombreux autres pays
européens,
larégression
despopulations
des 2espèces
de Perdrix s’est amorcée en France àpartir
des années 1970. Pourjuguler
cedéclin,
des lâchers d’oiseaux
d’élevage
ont alors étéréalisés à
petite échelle,
lapériode
laplus
favorable semblant se situer enaoût,
avec desoiseaux
âgés
au minimum de 7 à 8 semaines(Birkan 1977).
Mais,
avec un certainrecul,
ilest apparu que l’efficacité à moyen terme de telles
opérations
derepeuplement
est très limitée.A l’heure
actuelle,
on s’oriente doncdavanta-ge vers des tentatives de reconstitution (là où il ne subsiste
plus
desujets sauvages)
ou deren-forcement de
populations
naturelles (là où la densité est très faible) sur des zones deplu-sieurs milliers ou dizaines de milliers
d’hec-tares
(Biadi
1989). Diversesopérations
expéri-mentales
derepeuplement
enperdrix
ont étéréalisées et contrôlées par l’Office National de
la Chasse dans 5
régions,
pour un effectif totald’environ 70 000 oiseaux lâchés. Pour leur
organisation, plusieurs
mesures ont étéprises,
notammentl’aménagement
de sites de lâchergrâce
à la mise enplace
de parcs avecpostes
d’agrainage
et depoints d’eau,
larépétition
des lâcherspendant
2 à 3 ans, et l’arrêt de lachas-se
pendant
3 à 5 ans.Pour les lâchers effectués en
été,
les taux desurvie sont en moyenne de 50 à 70%
après
2mois,
de 15 à 25% auprintemps
suivant,
et de5 à 10%
après
un an. Le facteur &dquo;milieu&dquo;inter-viendrait surtout au niveau de la survie
printa-nière,
ladispersion
étantplus
fortequand
le milieu est moins favorable(Catusse
et al 1988). L’étude de laproductivité
des oiseaux issusd’élevage
montre que le nombre moyen d’oeufspondus
est similaire à celui des oiseauxsau-vages ; par contre il semble que la réussite
dans
l’élevage
desjeunes
issus deparents
nésen
élevage
soit un peu inférieure à celle dessauvages.
Le
plus
souvent, les effectifs d’oiseauxreproducteurs
auprintemps atteignent
unmaximum
après
une seulerépétition
descam-pagnes de
lâchers,
le nombre desujets
intro-duits étant suivant les cas de 2 à 20 fois
supé-rieur à l’effectif estimé
capable
des’implanter
sur le terrain. En se basant sur les modalités
de colonisation du territoire par les oiseaux au
fur et à mesure des
lâchers,
Brun et Aubineau(19ts9)
indiquent
d’ailleurs que cetteoccupa-tion,
d’abordhomogène
au cours des 2pre-mières
années,
devienthétérogène
dès la 3ème campagne delâcher,
cequi
se traduit par unetendance
marquée
auregroupement.
Ils enmise en évidence
peut
expliquer
les échecsren-contrés dans les tentatives de
repeuplement
réalisées sur des zones detrop
petite
taille.Après
l’arrêt deslâchers,
le devenir despopulations
varie d’unerégion
à l’autre. Lesopérations
conduites dans le Bassin Parisien(renforcement
depopulation)
et dans l’Ouest de la France (reconstitution depopulation)
ont été couronnées de succèspuisqu’elles
ontpermis
par la suite lareprise
de lapratique
de la chasse. Dans le Massif
Central,
lesopé-rations réalisées dans les milieux les moins
défavorables ont réussi. Par contre, celles
ten-tées dans des secteurs peu accueillants ont échoué (cas de la
plupart
des essais tentésdans le Sud-Ouest et dans les
Hautes-Alpes).
La
synthèse
de ces résultats sembleindiquer
que la
juxtaposition
de secteursplus
ou moins favorables auxperdrix
est unargument
enfaveur d’actions de
repeuplement
àentre-prendre
sur des unitésgéographiques
suffi-samment vastes pourpermettre
à un nombreminimum de
couples
des’implanter
et de sereproduire,
en tenantcompte
des aléasclima-tiques (plus
d’unecinquantaine
decouples
pour la
perdrix
rouge,d’après
l’étude deCatusse et al 1988).
Parmi les facteurs
susceptibles d’expliquer
l’échec desexpériences
de lâchers deperdix
grise
menées dans lesHautes-Alpes,
Léonard(1988)
signale
que, dans le cadre de cesessais,
aucunspécimen
véritablementadapté
aumilieu
montagnard
n’a pu êtredisponible.
Enconséquence,
cet auteur recommande deconserver la souche naturelle
lorsqu’elle
sub-siste encore et
d’aménager
leterritoire,
plutôt
que
d’essayer d’implanter
des oiseaux nonadaptés.
Cettespécificité
des souches locales àprotéger
estégalement
la raisoninvoquée
par Lescourret (1988) pourcritiquer
lesintroduc-tions de
perdrix grises d’élevage
dans lesPyrénées, l’hypothèse
d’une contaminationgénétique
du stock naturel dans lesPyrénées
Orientales étant d’ailleurs avancée par Blanc
et al (1987).
A des échelles
géographiques
trèslimitées,
il existe
également
chez la Perdix rouge adultedes variations
significatives
dans le formatcor-porel
(Pépin
1988) et dans lepolymorphisme
génétique
(Blanc 1988) pour dessujets
collec-tés à la chasse. Il n’est donc pas exclu que le
recours à des oiseaux
d’élevage
nonadaptés
d’une
part
explique
le faible succès desopéra-tions de
repeuplement,
et d’autrepart
contri-bue à
jouer
un rôle nonnégligeable
auplan
Conclusion
Si la
prédation apparaît toujours
comme lefacteur
principal
incriminé pourexpliquer
la mortalitéimportante
des animauxlâchés,
il est vraisemblable que, dans un certain nombrede cas, le rôle direct réel
qui
lui est attribué occulte d’autresparamètres
plus
difficiles àmettre en évidence
(stress,
mauvais étatgéné-ral,
etc).D’un
point
de vueappliqué,
l’ensemble desétudes que nous venons très succinctement de
résumer semble
indiquer
quelorsqu’il
estvrai-ment
urgent
depratiquer
desopérations
derepeuplement
depetit
gibier,
il est alors tout àfait
indispensable
de lesorganiser
sur devastes zones, avec des animaux de
qualité.
Lesraisons
qui
ont conduit au déclin despopula-tions secourues doivent être très
soigneuse-ment
analysées
et reconnues comme telles parle
plus grand
nombre. Si lapression
de chasseest en cause, elle doit être
impérativement
sus-pendue
pendant plusieurs
années. Si ladégra-dation du milieu est en cause, la mise en
place
et l’entretien
d’aménagements appropriés
àl’espèce
enpéril s’imposent
avant toutetenta-tive d’introduction.
Compte
tenu des tauxéle-vés de mortalité et de la
capacité
dedispersion
dessujets
survivants,
il demeure enfinindis-pensable
de réaliser les lâchers avec unnombre très
conséquent
d’individusmarqués
(voir
figure
3).En se basant
uniquement
sur leprix
d’achatdes lièvres à
lâcher,
Biadi etBenmergui
(1989) estimentqu’il
faut,
suivant les cas,dépenser
de 6000 à 20 000 F pour
espérer
obtenir 2reproducteurs supplémentaires
par 100 hec-tares. Enconséquence,
ils recommandent deprivilégier
lagestion
despopulations
natu-relles afin depermettre
leur accroissementsans avoir recours au
repeuplement
systéma-tique.
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Summary
Critical review
o f small
gamerestocking
schemesBased on a
synopsis
of available literaturedata,
this article makes a critical review of the Wild
Rabbit,
BrownHare,
Grey Partridge
and RedPartridge restocking operations
carried out in France. A series of circumstances and conditions whichgradually
reduced the stocks arebriefly
reminded,
thestarting
point possibly being
the introduction of themyxomatosis
virus.Comparative
releasesperformed by
the Office National de la Chasse (French National Game andHunting
Agency)
and a few more isolated studiesconducted
by
INRA make itpossible
to assess thesuccess rate of these
attempts
to restore orrein-force natural
populations
in various contexts.With
regard
tolagomorpha,
beside a number ofquantitative
datashowing
thehighly
variablesur-vival rate of the
subjects
introducedaccording
to various factors(quality
ofhabitat,
time ofrelease,
release locationsetting,
animalcondition),
theemphasis
isput
on the need to take their socialand individual behaviour into account. For
par-tridges,
it is recommended that the necessaryrestocking operations
be undertaken in widegeo-graphical
areas, so that a sufficient number ofpairs
can settle andreproduce,
and thatonly
localbirds be