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Isomonodromy equations, algebraic solutions and
dynamics
Arnaud Girand
To cite this version:
Arnaud Girand. Isomonodromy equations, algebraic solutions and dynamics. Complex Variables
[math.CV]. Université de Rennes 1; Université Bretagne Loire, 2016. English. �tel-01368560v2�
THÈSE / UNIVERSITÉ DE RENNES 1
sous le s eau de l'Université Bretagne Loire
pour le grade de
DOCTEUR DE L'UNIVERSITÉ DE RENNES 1
Mention : Mathématiques et appli ations
É ole do torale MATISSE
présentée par
Arnaud Girand
préparée à l'unité de re her he 6625 du CNRS : IRMAR
Institut de Re her he Mathématique de Rennes
UFR de Mathématiques
Équations
d'isomonodromie,
solutions algébriques
et dynamique.
Thèse soutenue à Rennes
le 31 août 2016
devant le jury omposé de :
Serge Cantat/Dire teur de re her hes
CNRS, UniversitédeRennes1/dire teurdethèse
Guy Casale / Maître de onféren es
UniversitédeRennes1/examinateur
Bertrand Deroin/Chargé de re her hes
CNRS,É oleNormale Supérieure/examinateur
Lu ia Di Vizio/Dire tri e de re her hes
CNRS, Université de Versailles Saint Quentin/
examinatri e
Oleg Lisovyy / Maître de onféren es
UniversitédeTours/rapporteur
Frank Loray / Dire teur de re her hes
CNRS, UniversitédeRennes1/dire teurdethèse
Emmanuel Paul Professeur Université
Il n'est pas impossible que les remer iements onstituent lapartie laplus di ile à é rire
d'un tapus rit de thèse ; il s'agit en tout as de la partie qui tou hera le le torat le plus
vaste ...
Il est de outume de ommen er par remer ier ses dire teurs de thèse, et je ne vois
au une raison de déroger à l'usage. Serge Cantat et Frank Loray ont a ompagné mes
travauxpendant troisans(plusepsilon)ave ungrand professionnalismeetunepatien eà
l'épreuvedesballes. Ilsont ha unàleurfaçonfaçonnémondéveloppementmathématique,
et je pense (et espère) que ela se ressent dans le présent do ument. Mais au delà des
mathématiques que j'ai appris à leur onta t, Serge et Frank ont été un point d'an rage
etunsoutiendont jeleursuis redevableetre onnaissant. Travailler de ette façon durant
trois ansave les mêmespersonnes demande un ertaindegré de ompatibilité, et je suis
heureux de l'avoirtrouvé hez eux 1
.
Je souhaite aussi remer ier haleureusement Oleg Lisovyy et Emmanuel Paul d'avoir
a eptéd'endosserlerlederapporteurs. Tousdeuxontétédebon onseiletjamaisavares
d'en ouragement à mon endroit et je suis honoré du temps qu'il ont dédié à l'évaluation
de mes travaux. Je remer ie également Guy Casale, Bertrand Deroin et Lu ia Di Vizio
d'avoir fait le dépla ement 2
et pris le temps de s'intéresser à mes travaux. Bertrand et
Guy ont toujours étéàmoné outependant estroisansde thèse,etj'aiappris beau oup
à leur onta t ; ils m'ont également oert plusieurs opportunités de venir exposer mes
mathématiques àdiversendroits dont jeleur suistrès re onnaissant.
Une thèse est un pro essus ontinu de développement qui ne se fait ependant pas
uniquement au onta tde ses dire teurs de thèse ;à e propos ilmesemblené essaire de
mentionner les Gentils Organisateurs de l'ANR Iso-Galois, qui m'ont permis de voir du
pays et d'apprendre de belles maths, ainsi que tout le(fort a ueillant) groupe gravitant
autour. Mer i don à Viktoria Heu, Loï Teyssier et Amaury Bittman de Strasbourg,
Charlotte Hardouin, Yohann Genzmer, Stéphane Lamyet Ja ques Sauloyde Toulouse, à
Karamoko Diarrade Bamako, à Ja quesArthur Weil de Limoges ainsi qu'aux itinérants
Thomas Dreyfus,Martin KlimesetGaëlCousinà quije souhaitedes'établir rapidement.
I would also like to thank Masa-Hiko Saito, from Kobe, who took a keen interest to my
worksin e thevery beginning and wasalways ex eedingly supportive.
Un des avantages majeurs de préparer une thèse à l'IRMAR est de pouvoir le faire
au onta t de ses résidents, dont la ompagnie et la ulture mathématique m'ont été
pré ieuses. Je souhaiteraisdon saluermesdeuxfamillesadoptives: l'équipedegéométrie
analytique, ave Dominique qui a le mérite de m'avoir supporté plus longtemps que la
moyenne et d'avoir été un grand père mathématique de première qualité, Fred pour ses
onnaissan es sur la rationalité par haîne et safreditude, JeanMarie pour m'avoir aidé
à survivre en milieu administrativement hostile,Bert, Christophe, MaxetVi tor grâ e à
1
Enespérantquelaré iproquesoitvraie. 2
saufd'homotopiederangsupérieur;etl'équipede théorieergodiqueetsesrepasdulundi
midi au Diapason, ave Ludo pour les hef-boutonnades, Vin ent, Juan et Sebastien qui
ont maintes fois prouvé que l'on pouvait faire des dessins en ourbure négative sur une
nappe en papier, Anna, Barbara, François et Rémi qui ont tous à leur façon ontribué à
e que je mesente bien dans e laboratoire. Je n'oublie pasnon plus eux ave qui je ne
partageais pasuneéquipe maisave qui j'ai eude nombreusesdis ussions intéressantes 3
:
Delphine, Xavier, Mi hel, Matthieu, Felix, Lionel, Mihai,Anne, Benjamin, Eri , Ni olas,
Karel,San...J'enoubliesansdoute,mais 'estpluttbonsignequantàlaqualitéhumaine
etmathématique dulaboratoire, non?
J'ai eu la han e d'enseigner pendant trois ans à l'ENS Rennes 4
, ave une équipe
formidable. Mer idon à Benoît 5
,Mi hel,Karine, Arnaud, Jeremy etThibaut qui m'ont
permis de me sentir entouré et soutenu pendant ette période (et désolé de vous avoir
abandonnépendant laréda tion de e tapus rit).
Et puisil ya biensurlegroupe desdo torants et exdo torantsde l'IRMAR,dont je
devraisréussiràmesouvenir 6
àfor edelesavoir haperonnépourallermanger(aupointde
medemandersilafaminenelesguetted'i iquelquesjours): Axel,Olivier,Yvan,Vin ent,
Charles,Cé ile,Basile,Gwezheneg,Tristan,Ma ,José,Alex,Türkhu,Elise,Kodjo,Maria,
Christian,Federi o, Andrew,Florian,Tristan, Camille,Ri hard,Renan,Blandine, Hélène,
Julie, Coralie, Adrien, Marine, Cyril, Maxime, Salomé, Benoît et Clément. Bien sur,
je garde une pla e spé iale dans ette énumération dithyrambique pour mes obureaux
passés(Sandrine),présents(DamienetNéstor)ethonoraires(Mer edes). Mentionspé iale
auxdo torants d'algèbreetgéométrie dont j'aiorganisé leséminairependant deuxanset
quim'ont impressionné par leurmotivation etleur enthousiasme.
Aussi merveilleux qu'il soit, e laboratoire s'eondrerait 7
en vingt se ondes sans le
travaildesonéquipeadministrative;ilseraitdon malhonnêtedenepasremer ierMarie
Aude, Chantal, Hélène, Nelly, Ni ole, Emmanuelle, Xhensila, Carole, MarieAnni k ou
Véronique ainsi que nos informati iens Patri k et Olivier et nos bibliothé aires Marie
Anni k, MaryseetDominique.
Enn, je on lus omme il est de outume par remer ier ma famille et bellefamille,
eux qui ont pu être là omme eux qui n'ont pas pu. Je dirai sobrement que je ne serai
paslàoù jesuis sanseux 8
. Et biensurOphélie, par eque.
3
Parordredé roissantd'étagepourles onnaisseurs 4
Flambantneuve! 5
Enversquij'aiuneardoisede afédéraisonnable. 6
Non ontra tuel! 7
Figurativementoulittéralementselonle as. 8
Résumé en français 9
I1 Déformations isomonodromiques, groupe modulaire . . . 11
I1.1 Déformations isomonodromiques desphèresépointées. . . 11
I1.2 Systèmes deGarnier . . . 16
I1.3 Variétédes ara tères d'une surfa e épointée. . . 17
I1.4 A tion dugroupe modulaire . . . 21
I1.5 Quelquesavan éesré entes . . . 23
I1.6 Solutions algébriques de systèmes de Garnier obtenues à l'aide de quintiquesplanes . . . 25
I2 Convolution intermédiaire de Katz . . . 31
I2.1 Pro édégénéral . . . 32
I2.2 Appli ation à l'étudedesorbites sousl'a tion de
Mod(0, n)
. . . 37I2.3 Résultats originaux relatifs aux onvolutions intermédiaires . . . 39
I Algebrai Garniers solutions obtained using plane quinti urves 41 1 A lassi ation result 43 1.1 Preliminaryremarks . . . 45
1.1.1 The CorletteSimpson theorem . . . 45
1.1.2 The ZariskiVan Kampen method . . . 46
1.2 Proof ofTheorem A . . . 51
1.2.1 Understanding thelist . . . 51
1.2.2 Large singularities . . . 54
1.2.3 Eliminating groups . . . 59
1.2.4 Remaining quinti urvesandtheir fundamentalgroup . . . 65
2 Mapping lass group orbits 73 2.1 Restri ting aplane onne tionto generi lines . . . 73
2.1.1 General method. . . 73
2.1.2 Mapping lass grouporbits . . . 76
2.2.2 Extended orbits. . . 79
3 First family of solutions 83 3.1 Setupandmain results . . . 83
3.1.1 Topology ofthe omplement of aparti ular plane quinti . . . 83
3.1.2 Mainresults. . . 85
3.1.3 Isomonodromi deformations . . . 87
3.1.4 LotkaVolterra foliations. . . 88
3.2 Proofof TheoremC . . . 88
3.2.1 Arank two brebundle . . . 89
3.2.2 Arank one proje tive bundle . . . 90
3.2.3 Logarithmi at onne tions . . . 91
3.2.4 Trivialisations . . . 92
3.2.5 Monodromyrepresentation . . . 94
3.3 Algebrai Garniersolutions . . . 95
3.3.1 Painlevé VIsolutions . . . 95
3.3.2 Restri tionto generi lines. . . 98
3.3.3 Rationalparametrisations . . . 99
3.4 LotkaVolterra foliations . . . 103
3.4.1 Proofof TheoremE . . . 105
3.4.2 Invariant urves. . . 106
3.5 Proofof TheoremD . . . 107
3.5.1 First ase:
λ
0
andλ
1
arenot linearlydependant overZ
. . . 1073.5.2 Se ond ase: thereexists
(p, q)
inZ
2
\ {(0, 0)}
su hthatpλ
0
+ qλ
1
= 0
108 4 Se ond family of solutions 111 4.1 Ranktwo onne ted bundle . . . 1114.1.1 Setup . . . 111
4.1.2 Asuitable double over . . . 113
4.1.3 Constru tingthe onne tion . . . 114
4.2 Asso iated isomonodromi deformation . . . 116
4.2.1 Restri tionto generi lines. . . 116
4.2.2 Asso iatedGarnier solution . . . 117
II Katz's middle onvolution and derivatives 121 5 Some new orbits 123 5.1 Mainresult . . . 123
5.1.1 Framework . . . 123
5.2.1 Sele ting freegrouprepresentations . . . 125
5.2.2 Middle onvolutionalgorithm . . . 129
5.3 Further study of themapping lass group orbits . . . 133
5.3.1 Expli it mapping lassgroup orbits. . . 134
5.3.2 Regression to Painlevé VI . . . 136
6 Virtual ellipti middle onvolution 139 6.1 Frameworkand main result . . . 139
6.2 Ellipti middle onvolution . . . 140
6.2.1 Adho bre bundle . . . 140
6.2.2 Ane groupanda tion on anerepresentations . . . 141
6.2.3 A quotient ve tor spa e . . . 142
6.2.4 Algorithm . . . 144
6.3 Ee tive omputations . . . 145
Appendi es 151 A Computingmapping lass group orbits 151 1.1 Pure mapping lassgrouporbits . . . 151
1.2 Mapping lassgroup orbits . . . 154
B Expli it omputations 155
Cettethèseestdédiéeàla onstru tiondesolutionsalgébriquesd'équationsd'isomonodromie
et à l'étude de diérents pro édés ee tifs pour générer et al uler de tels objets. Les
travauxprésentési is'arti ulentautourdeplusieurs orrespondan esétablies esdernières
dé ennies entre des objets de nature analytique (solutions de systèmes hamiltoniens) et
géométrique (orbites sous une ertaine a tion du groupe modulaire), es dernières nous
permettant d'utiliser des outils provenant de diverses bran hes des mathématiques pour
parvenirà nosns.
Si
E
est un bré ve toriel audessus d'une variété omplexeX
, une onnexion loga-rithmique∇
surE
est un morphismeC
linéaire entre le fais eau des se tions deE
etle produittensorielde edernierpar eluides1
formesméromorphesàples logarithmiques surX
vériant une formule de Leibnitz. Une telle onnexion est dite plate si elle admet unsystèmefondamentaldese tionshorizontales(i.edanslenoyaude∇
)entoutpointdu omplémentaire de sonlieupolairedansX
. Le prolongement analytique detelles se tions livre une représentationρ
∇
du groupe fondamental omplémentaire du lieu polaire de∇
dansX
,appelée monodromiede la onnexion.Unedéformationisomonodromiquealgébriquesur
X
estunefamillealgébriquedebrés ve torielssurX
munisde onnexionslogarithmiquesplatesdemême(modulo onjugaison à l'arrivée) représentation de monodromie. Il a été établi par S hlesinger, Garnier etMalmquistque esobjetssontéquivalentsàladonnéedesolutionsalgébriquesd'unefamille
parti ulièred'équation auxdérivéespartielles,appeléessystèmesdeGarnier. Lessolutions
généralesde essystèmessontmal onnues,etl'obje tifprin ipaldestravauxprésentési i
est de onstruire expli itement detelles déformationsisomonodromiques and'obtenir de
nouvellessolutions algébriques.
Plus parti ulièrement, onsidérons une ourbe
Q
(non né essairement irrédu tible ou lisse) proje tive omplexede degré inqdansleplanproje tifP
2
(C)
. Sil'ondisposed'une
onnexionlogarithmiqueplate
∇
derang2
audessusdeP
2
(C)
dontlelieupolaireestégal
à
Q
, alors pour toute droite génériqueL
⊂ P
2
, la onnexion
∇
L
obtenue par restri tion de∇
àL
peutêtre assimilée à une onnexion logarithmique plate audessus de la droite proje tive omplexeP
1
(C)
dont le lieu polaire est égal à inq points distin ts de ette
dernière ; de plus la platitude de
∇
permet de prouverque la famille des onnexions∇
L
formeunedéformationisomonodromiqueparamétréeparunouvertdeZariskidansledualde
P
2
desystèmes de Garnier pouvant êtreobtenuespar e pro édé.
Nous ommençonspardéterminerpourquelles ourbesquintiquesplanesdans
P
2
(C)
il
estpossibled'obtenirunedéformationisomonodromiquealgébriquen'appartenant pasaux
famillesd'exemples déjà onstruites par Mazzo o[46℄ etDiarra[24℄ ;nousutilisons pour
e faire la lassi ation des groupes fondamentaux de omplémentaires de telles ourbes
quintiques établiepar Degtyarev [19℄. Il est susant de mener ette étude au niveau des
représentations de es groupes fondamentaux ; en eet, la orrespondan e de Riemann
Hilbert lassique [21℄ arme en parti ulier qu'à toute telle représentation il est possible
de faire orrespondre une onnexion logarithmique plate. Dans un se ond temps, nous
onstruisonsdefaçonexpli itelesdéformationsisomonodromiquesetsolutionsalgébriques
deGarnier asso iéesà es représentations degroupes.
Le deuxième volet de ette étude on erne ladynamique de l'a tiondu groupe
modu-laired'unesphèreépointéesurlavariétédes ara tères asso iée. Pluspré isément, omme
le groupe fondamental d'une sphère à
r
trous est isomorphe à un groupe libre àr
− 1
générateursF
r
−1
, une représentation de e groupe dansSL
d
(C)
est totalement dé rite par unr
uplet de matri es dont le produitest égal à l'identité ; on en déduit une a tion par onjugaison diagonaledeSL
d
(C)
sur lavariété desreprésentationsde e groupe fon-damental. Le quotient atégorique (au sens de la théorie géométrique desinvariants) deetespa e par ette a tionest appelévariétédes ara tères de
F
r
−1
dansSL
d
(C)
etnotéChar
d
(0, r)
. Comme le groupe modulaireMod(0, r)
formé par les lasses d'isotopie des homéomorphismesdelasphèreàr
trousagitparautomorphismesextérieurssurlegroupe fondamental de ette dernière, on obtient une a tion deMod(0, r)
surChar
d
(0, r)
. Les travauxdeDubrovin,Mazzo o[27℄ etCousin[16℄ontétabliune orrespondan eentrelessolutions algébriques de systèmes de Garnier et les orbites nies sous ette a tion. Nous
al ulons expli itement les orbites asso iées aux solutions obtenues par le pro édé dé rit
idessus et montrons que e dernier donne naissan e à deux familles à paramètres de
solutions algébriques distin tes. Nous détaillons une méthode ee tive pour al uler des
tellesorbites à l'aided'outils de al ul formel.
Dansladeuxième partie de ettethèse, nousétudions lepro édéde onvolution
inter-médiaire de Katzetquelquesunes de ses appli ationsà l'étudedesdéformations
isomon-odromiques algébriques de surfa es omplexes. Ce pro édé utilise l'a tion naturelle du
groupedestressesà
r
brins d'Artinsurlegroupelibreàr
− 1
générateurs pour onstruire une appli ation surlavariétéChar
∗
(g, b) :=
[
d
∈N
∗
Char
d
(0, r)
équivariante sous l'a tion du groupe modulaire
Mod(0, r)
. Nousinspirant des travauxde Boal h [7℄ et utilisant lades ription expli ite de la onvolution intermédiaire donnée parVölklein [57℄, Dettweiler et Reiter [22,23℄, nous onstruisons de nouvelles orbites nies
images sont ontenue dans un sousgroupe ni de
SL
3
(C)
, nous obtenons de nouveaux morphismesdeF
4
dansSL
2
(C)
dont lesorbitessousl'a tiondugroupemodulairedoivent être nies par équivarian e. Un algorithme expli ite pour mener à bien es al uls estprésenté.
Enn, nousnousintéressonsà unpossible analoguede ette onvolution intermédiaire
dans le as d'un tore à deux trous
T
2
2
. En l'o urren e, nous dénissons un pro édé équivariant sousl'a tion desautomorphismes extérieursdu groupe fondamental d'untoreà trois trous envoyant une représentation de
π
1
(T
2
2
)
sur une représentation déniesur un de ses sousgroupes distingués. Nousdonnons un algorithme expli ite mettant en ÷uvreette nouvelle onvolution intermédiaire.
I1 Déformations isomonodromiques, systèmes de Garnier et
dynamique du groupe modulaire
Danslasuitede etteintrodu tion,nousdénissonsles on eptsné essairesàl'établissement
des résultats que nous venons d'énon er, en donnant les éléments de ontexte historique
pertinents. Une fois eux i établis, nous énonçons pré isément les résultats importants
de ette thèse.
I1.1 Déformations isomonodromiques de sphères épointées
I1.1.1 Connexions logarithmiques plates
On se xe dans e paragraphe une variété analytique omplexe
X
et un bré ve torielE
→ X
derangr
surX
. OnnoteraO
X
(resp.M
X
)lefais eaudesfon tionsholomorphes(resp. méromorphes) sur
X
etΩ
1
X
(resp.M
1
X
) elui des1
formes holomorphes (resp. méromorphes) surX
. Pour toutbréve torielF
→ X
audessus deX
on noteraΓ(
·, F )
(resp.M(·, F )
) le fais eau des se tions holomorphes (resp. méromorphes) deF
. Pour une exposition plus omplète des résultats présentés i i, nous renvoyons le le teur à laréféren e [50℄.
Dénition et é riturelo ale.
Dénition I1.1. Onappelle onnexionméromorphe sur
E
tout morphismeC
linéaire∇ : Γ(·, E) → M
1
X
⊗
O
X
Γ(
·, E)
tel que pour toute se tion lo ale
(f, s)
deO
X
× E
on ait l'identité deLeibnitz :Ce iimplique quedansune trivialisationlo alede
E
on peuté rire∇ = d + Ω
(E2)ave
Ω
une matri e de1
formes méromorphes lo ales surX
. Sipour toute telleé ritureΩ
etdΩ
sont à ples simples, ondira que∇
est une onnexion logarithmique surE
. Ces expressions lo ales permettent de "visualiser" une telle onnexion omme unsys-tème diérentiel : en eet, audessus d'un ouvert de trivialisation
U
⊂ X
du bréE
, re her her les se tions horizontales de∇
, i.e les élémentss
∈ Γ(U, E)
tels que∇s = 0
, revient à her her lessolutionsY : U
→ C
r
du systèmediérentiel:
dY =
−ΩY .
(E3)Ce i nous permettra aussi de parler des résidus de la onnexion
∇
, que nous dénissons omme euxd'une tellematri eΩ
au voisinagedu ple onsidéré.Dénition I1.2. Soient
∇
et∇
′
deux onnexions sur le bré ve toriel
E
et soitU
un ouvert detrivialisation deE
sur lequel on ait les é ritures lo ales suivantes :∇ = d + Ω
et∇
′
= d + Ω
′
.
1. On ditque
∇
et∇
′
sont jaugeséquivalentes sur
U
s'il existe une appli ation holo-morpheH : U
→ GL
r
(C)
telleque :Ω
′
= HΩH
−1
− dH · H
−1
;
2. on ditque
∇
et∇
′
sont(partout) jaugeséquivalentessi elles lesontsur tout ouvert detrivialisation deE
.DénitionI1.3. Une onnexionméromorphesurlebréve toriel
E
→ X
est dite platesi elleadmetunsystèmefondamentaldesolutions entoutpoint, i.esipourtoutx
0
∈ X
il ex-isteunvoisinageV
dex
0
etr
se tionslo aleslinéairementindépendantess
1
, . . . , s
r
∈ Γ(V, E)
telles que :∀i ∈ [r] := {1, . . . , r}, ∇s
i
= 0 .
Remarque I1.4. 1. Ce i entraîne que, quitte à interse ter
V
ave un ouvert de trivi-alisation deE
de façon à e que∇
y admette une é riture lo ale du type (E2),on a équivalen e entre les propriétés suivantes:(i)
∇
est plate ;(ii) pour tout
x
0
∈ X
n'appartenant pas au lieu polaire de∇
, il existe une unique matri e fondamentale pour∇
enx
0
, i.e il existe un voisinage de trivialisationV
dex
0
et une unique appli ation holomorpheB : V
→ GL
r
(C)
telsque :(
dB =
−ΩB
B(x
0
) = I
r
;
(iii) on a l'égalité de
1
formesméromorphes suivante au voisinage dex
0
:dΩ = Ω
∧ Ω ;
(E4)(iv)
∇
est lo alement jaugeéquivalente à la onnexion trivialed
.2. La propriété (iii) supra implique en parti ulier que si
dim(X) = 1
alors toute on-nexion méromorphe y est plate. De plus, sir = 1
, une onnexion est plate si et seulement la 1forme méromorphe dénie parΩ
est une forme fermée.La notion d'équivalen e de jauge permet enpratique de donner des"modèles lo aux"
des onnexions étudiées. Par exemple, si
∇
est une onnexion logarithmique plate dont le lieu polaire est une hypersurfa e lisseY
⊂ X
, on peut munirX
d'un système de o-ordonnées holomorphes lo ales(x
1
, . . . , x
n
)
dans lesquellesY =
{x
1
= 0
}
et alors∇
est lo alement jaugeéquivalente àune onnexiondu type suivant [50℄ :d + M (x
1
)
dx
1
x
1
,
où
M
est une appli ation holomorphe lo ale enx
1
à valeurs dansM
r
(C)
appelée résidu de∇
enY
.Monodromie. Supposons que
∇
soit une onnexionlogarithmique plate surE
dont lelieupolairesoitégalàune ertainehypersurfa e(nonné essairementlisse)
Y
⊂ X
(i.etelleque
∇
|
X\Y
soit holomorphe). Fixons unpointx
0
∈ X \ Y
et onsidérons un la et ontinuγ : [0, 1]
→ X \ Y
basé enx
0
. Comme∇
est plate, il est possible de onsidérer l'unique matri e fondamentaleB
asso iéeenx
0
; ette dernière étant holomorphe au voisinage dex
0
,on peutlaprolonger analytiquement lelong deγ
. In ne, on obtient une appli ationholomorphe
B
γ
dénieauvoisinagede
x
0
àvaleursdansGL
r
(C)
telleque∇B
γ
=
∇B = 0
.
Cependant,
B
γ
(x
0
)
n'est pasné essairement égale àl'identité.Proposition I1.5. [50℄ Le pro édé dé rit idessus fournitune représentation degroupes,
appelée monodromie de la onnexion
∇
:ρ
∇
: π
1
(X
\ Y, x
0
)
→ GL
r
(C)
[γ]
7→ B
γ
.
Remarque I1.6. On a la propriété suivante [50℄ : si
∇
et∇
′
sont deux onnexions
existe une matri e
M
∈ GL
r
(C)
telleque∀[γ] ∈ π
1
(X
\ Y, x
0
),
ρ
∇
([γ]) = M
· ρ
∇
′
([γ])
· M
−1
.
I1.1.2 Équations de S hlesinger
Dans toute la suite, on se xe un bré ve toriel de rang deux
E
0
→ P
1
(C)
(la droite
proje tive étant identiée via une oordonnée adho à
C ∪ {∞}
) muni d'une onnexion logarithmique plate∇
0
ayant ses ples en
n
pointsdistin tsa
0
1
, . . . , a
0
n
∈ C
et au point à l'inni.Supposonsde plusque
∇
0
soit une
sl
2
(C)
onnexion, i.e quesamonodromieρ
0
soit à
valeursdans
SL
2
(C)
(et don queles résidus de∇
0
en ses ples soient dans
sl
2
(C)
). On se pose ensuite la question suivante : omment estil possible de déformer les résidus de∇
0
(vus omme fon tions de
a
0
:= (a
0
1
, . . . , a
0
n
)
) de telle sorte que la monodromie reste in hangée (à onjugaison près) ?Déformations isomonodromiques. Commençons par xer un espa e de paramètres
adéquat en onsidérant lerevêtement universel
Z
˜
π
−
→ Z
deZ :=
{a ∈ C
n
| ∀i 6= j, a
i
6= a
j
}
surlequel ondisposedesproje tions naturelles
˜
pr
i
: ˜
Z
→ C
a
7→ (π(a))
i
pour
i
∈ [n]
. Onaalors lerésultat suivant.Théorème I1.7 (Malgrange,1983 [44℄). Àisomorphisme près, il existe ununique bré à
onnexion
(E,
∇)
derang2
audessus deP
1
× ˜
Z
tel que :
(i)
∇
est unesl
2
(C)
onnexion logarithmique plate dont les ples sontexa tement lesY
i
:=
{(x, a) ∈ P
1
× ˜
Z
| x = ˜
pr
i
(a)
}
pouri
∈ [n]
et
Y
∞
:=
{(∞, a) | a ∈ ˜
Z
} ;
(ii) pour tout
a
∈ ˜
Z
,si on onsidère l'inje tioni : P
1
֒
→ P
1
× ˜
Z
x
7→ (x, a)
alors
i
∗
E
est isomorphe omme bré ve toriel à
E
0
et
i
∗
∇
est jaugeéquivalente à
∇
0
. En parti ulier, les monodromies de es deux onnexions sont onjuguées.
Lebréà onnexion
(E,
∇)
estappelé déformationisomonodromiqueuniversellede(E
0
,
∇
0
)
.
Équations d'isomonodromie. Supposons à présent que les brés ve toriels
E
0
et
E
soienttriviauxetquelerésidude∇
lelongdeY
∞
soitunefon tion onstantedelavariablea
∈ ˜
Z
;ona alors une é riture(globale) de laformesuivante[50℄:∇ = d +
n
X
i=1
A
i
(a)
d(x
− a
i
)
x
− a
i
ave l'abus denotation
a
i
:= ˜
pr
i
(a)
. En remplaçant e i dans l'équation(E4) exprimant laplatitude de∇
onmontre alors lerésultat suivant.Théorème I1.8 (S hlesinger). Ave les notations supra, on a l'équivalen e entre les
pro-priétés suivantes :
(i)
∇
est plate ;(ii) les résidus de
∇
vérientles équations de S hlesinger :∀i ∈ [n],
dA
i
=
−
X
j
6=i
{A
i
, A
j
}
a
i
− a
j
d(a
i
− a
j
)
où{A
i
, A
j
} := A
i
A
j
− A
j
A
i
.Supposonsque
A
∞
soitdiagonalisable;alorsquitteà hangerdejaugeonpeutsupposerA
∞
=
θ
∞
0
0
−θ
∞
!
.
Ce iimplique quele oe ient
(2, 1)
de lamatri eA :=
n
X
i=1
A
i
(a)
x
− a
i
est dela formeP (x, a)
(x
− a
1
) . . . (x
− a
n
)
ave
P (
·, a)
unpolynmeenx
dedegrén
− 2
. Lesra inesde e dernierdonnentalorsn
− 2
fon tions des variablesa
1
, . . . , a
n
. Quitte à omposer par une homographieι
envoyant(a
n
−2
, a
n
−1
)
sur(0, 1)
et xant le point à l'inni, on obtientn
− 2
fon tionsr
1
, . . . , r
n
−2
I1.2 Systèmes de Garnier
Noussommes maintenant enmesured'énon erunrésultatfondamentalliant déformations
isomonodromiquesdesphèresépointéesetsolutionsalgébriquesd'une lasseparti ulièrede
systèmeshamiltoniens,enl'o urren elessytèmesdeGarnier. Pourdéniruntelsystème,
ommençons par onsidérer,pour
n
≥ 1
:(
∂
s
k
ν
i
=
−∂
ρ
i
K
k
i, k
∈ [n]
∂
s
k
ρ
i
= ∂
ν
i
K
k
i, k
∈ [n]
,
(E5)enles in onnues
(ν
i
, ρ
i
) = (ν
i
(s), ρ
i
(s))
. Les fon tionsK
k
sont i i delaforme :K
k
:=
−
Λ(s
k
)
T
′
(s
k
)
n
X
i=1
T (ν
i
)
(ν
i
− s
k
)Λ(ν
i
)
ρ
2
i
−
n+2
X
j=1
θ
j
− δ
k,j
ν
i
− s
j
ρ
i
+
κ
ν
i
(ν
i
− 1)
,
où
κ :=
1
4
P
n+2
j=1
θ
j
− 1
2
− (θ
∞
+ 1)
2
,
Λ : u
7→
Q
n
j=1
(u
− ν
j
) ,
T
: u
7→
Q
n+2
j=1
(u
− s
j
) ,
ave la onvention
s
n+1
= 0, s
n+2
= 1
et pour unn + 3
uplet de paramètres xés(θ
1
, . . . , θ
n+2
, θ
∞
)
∈ C
n+3
. Ee tuonsà présent le hangement de variables suivant :
t
k
:=
s
k
s
k
− 1
,
q
i
:= s
i
Λ(s
i
)
T
′
(s
i
)
,
p
i
:= (1
− s
i
)
P
n
k=1
T (s
i
)ρ
k
Λ
′
(ν
k
)ν
k
(ν
k
− 1)(ν
k
− s
i
)
,
quitransforme(E5)enunnouveausystèmehamiltonien[46℄,quenousappelleronssystème
deGarnier
(
G
n
)
:(
∂
t
k
p
i
=
−∂
q
i
H
k
i, k
∈ [n]
∂
t
k
q
i
= ∂
p
i
H
k
i, k
∈ [n]
.
(E6)Dans le as d'une seule variable (
n = 1
), e hangement de paramètres n'est pas né essaire: le système(E5) vérie également la propriété de Painlevé et est équivalent àl'équationde Painlevé VI:
d
2
y
du
2
=
1
2
1
y
+
1
y
− 1
+
1
y
− u
dy
du
2
−
1
u
+
1
u
− 1
+
1
y
− u
dy
du
+
y(y
− 1)(y − u)
u
2
(u
− 1)
2
α + β
u
y
2
+ γ
u
− 1
(y
− 1)
2
+ δ
u(u
− 1)
(y
− u)
2
,
pour lesparamètres
α =
(θ
∞
− 1)
2
2
, β =
−
θ
2
2
2
, γ =
θ
2
3
2
etδ =
1
− θ
2
1
2
.Lelienentre essystèmeshamiltoniensetlesdéformationsisomonodromiquesestdonné
par lerésultat fondamentalsuivant,du auxtravauxdeGarnier et Malmquist.
Théorème I1.9(Garnier,Malmquist). Pour
i
∈ [n − 2]
, notonsq
i
(resp.t
i
)les fon tions algébriquesr
i
(resp. les pointsa
i
∈ P
1
) du paragraphe pré édent. Alors il existe
n
− 2
fon tions algébriquesp
i
des variables(t
1
, . . . , t
n
−2
)
telles que(p
i
, q
i
)
i
soit solution d'un système deGarnier(
G
n
−2
)
:(
∂
t
k
p
i
=
−∂
q
i
H
k
i, k
∈ [n]
∂
t
k
q
i
= ∂
p
i
H
k
i, k
∈ [n]
,
pourdes paramètres
θ
i
égaux aux valeurs propres des résidusA
i
.Les solutions algébriques de systèmes de Garnier font l'objet d'une attention
parti -ulière [7,10,11,27,34℄ et ont même été totalement lassiées dans le as
n = 1
[42℄. Un résultat duà Okamoto [38℄ (voiraussilethéorème I1.7)armealors que e systèmevéri-e lapropriété de Painlevé, qui pres rit la position dessingularités " ompliquées" de ses
solutions. Plus pré isément, les seules singularités possiblespour une solution
(p
i
, q
i
)
i
∈[n]
du système(E6) en dehors deszones ritiques
t
i
= t
j
(pouri, j
∈ [n + 2]
tels quei
6= j
) doivent être des ples. Autrement dit, les seules singularités mobiles (i.e dépendant duhoix dela solution)de l'équation sont desples.
I1.3 Variété des ara tères d'une surfa e épointée
Soit
Γ
ungroupedetypenietsoitA
unanneauintègre;onpeutalors onsidérerl'ensemble desreprésentationsdeΓ
dansSL
d
(A)
(pourd
≥ 1
):Rep
d
(Γ, A) := Hom(Γ, SL
d
(A)).
Considérons une présentation du groupe :
Γ =
ha
1
, . . . , a
k
| (R
n
(a
1
, . . . , a
k
))
n
≥0
i
;
alors
Rep
d
(Γ, A)
s'inje te dansSL
d
(A)
k
ommel'ensemble suivant :
{(A
1
, . . . , A
k
)
∈ SL
k
d
| ∀n ≥ 0, R
n
(A
1
, . . . , A
k
) = I
d
}.
Commeleséquations
R
n
(A
1
, . . . , A
k
) = I
d
sontpolynomialesà oe ientsentiers,l'ensembleRep
d
(Γ, A)
estune sousvariétédeSL
d
(A)
k
. En parti ulier, ilest naturellement muni de
deux topologies : elle induite par la topologie produit sur
SL
d
(C)
k
et la topologie de
Zariski.
peut onsidérerlequotient atégorique(ausens delathéoriegéométriquedesinvariants):
Rep
d
(Γ, A)//SL
d
(A)
de
Rep
d
(Γ, A)
sous l'a tion diagonaledeSL
d
(A)
par onjugaison simultanée. Il s'agitpar dénitionde lavariétéalgébrique:Spec
C[Rep
d
(Γ, A)]
SL
d
(A)
,
où
C[Rep(Γ, A)]
SL
2
(A)
est l'anneau des fon tions polynomiales sur
Rep(Γ, A)
invariantes sous l'a tion deSL
d
(A)
;on peutmontrer qu'il s'agit dans le as omplexe du plus petit quotient séparé (au sens de la topologie induite) du quotient topologiqueRep
d
(Γ, C)/
SL
d
(C)
.Dénition I1.10. Soit
Σ
une surfa e fermée ompa te de genreg
et soientp
1
, . . . , p
b
b
points distin ts de ette dernière. Alors le groupe fondamentalΓ
de la surfa e (non ompa te)Σ := Σ
\ {p
1
, . . . , p
b
}
est de type ni et ne dépend que du ouple(g, b)
. La variété algébrique suivanteChar
d
(g, b) := Rep
d
(Γ, C)//SL
d
(C)
est alors appelée variétédes ara tères de la surfa e
Σ
.Remarque I1.11. Remarquons que l'on peut donner une présentation simple du groupe
fondamental de la surfa e
Σ
: sib
6= 0
, il s'agit d'un groupe libre et dans le as ontraire il est isomorphe àha
1
, b
1
, . . . , a
g
, b
g
| [a
1
, b
1
]
· · · [a
g
, b
g
]
i
.Deux variétésde ara tèresvont êtreamenées àjouerunrle majeurdansles travaux
présentés i i : elles des sphères à quatre et inq trous dans
SL
2
(C)
, que nous dé rivons don brièvement i i. Dans lebut d'alléger lesnotations danslasuite de e texte,on poseChar(g, b) := Char
2
(g, b) .
I1.3.1 Variété des ara tères de la sphère à quatre trous
Ons'intéresseàlasphèredeRiemann
S
2
privée dequatrepoints,quenousnoterons
S
2
4
. Si onxeunpoint debasez
0
∈ S
2
4
,legroupe fondamentalπ
1
(S
2
4
, z
0
)
estisomorpheaugroupe libreF
3
engendré,par exemple,par lestroisla etsélémentairesd
1
, d
2
etd
3
de lagure1. Onsouhaiteétudierlavariétédesreprésentations dugroupe fondamental delasphèreS
2
4
dansC
,soit :Rep
2
(F
3
, C) := Hom(F
3
, SL
2
(C)).
Commelegroupe
π
1
(S
2
4
, z
0
)
estungroupelibreàtroisgénérateurs,unélémentρ
∈ Rep
2
(F
3
, C)
b
b
b
b
d
3
d
2
d
1
z
0
b
Figure1: Groupe fondamental de lasphèreépointée
S
2
4
.une bije tion:
Rep
2
(F
3
, C) ∼
= SL
2
(C)
× SL
2
(C)
× SL
2
(C).
Onsouhaite i idé rire lavariétédes ara tères de
S
2
4
,àsavoir :Char(0, 4) = Rep
2
(F
3
, C)//SL
2
(C).
Il est onnu [5℄ que e quotient atégorique estisomorphe àl'image de l'appli ation
suiv-ante :
χ : Rep
2
(F
3
, C)
→ C
7
ρ
7→ (a, b, c, d, x, y, z)
où :a := Tr(ρ(d
1
)),
b := Tr(ρ(d
2
)),
c := Tr(ρ(d
3
)),
d := Tr(ρ(d
1
d
2
d
3
))
x := Tr(ρ(d
1
d
2
)),
y := Tr(ρ(d
2
d
3
)),
z :=
−Tr(ρ(d
1
d
3
))
.Plus pré isemment, on peutmontrer en suivant les travauxde Benedettoet Goldman [5℄
que lavariété
Char(0, 4)
seréalise dansC
7
omme laquartique:x
2
+ y
2
+ z
2
= xyz + Ax + By + Cz + D
(E7) où :A := ab + cd
,B = bc + ad
,C =
−(ac + bd)
D := 4
− a
2
− b
2
− c
2
− d
2
− abcd
.Remarque I1.12. Si on xe
A, B, C
etD
dans l'équation E7, on obtient une surfa eubique
S
(A,B,C,D)
deC
3
. Onremarque alors que
S
(0,0,0,4)
=
S
C
est la ubique de Cayley. Il s'agitde la seule surfa e de type(
S
(A,B,C,D)
)
possédant4
pointssinguliers.Figure2: Surfa es
S
(0,0,0,D)
pourD =
1
2
,D = 3
,D = 4
etD = 6
(parties réelles).I1.3.2 Variété des ara tères de la sphère à inq trous
Dansle as delasphère à inqtrous, la lassed'unereprésentation
ρ : F
4
=
hd
1
, . . . , d
4
| ∅i → SL
2
(C)
dans la variété de ara tères
Char(0, 5)
est de la même façon déterminée par les quinze fon tions oordonnées suivantes :t
1
:= Tr(ρ(d
1
)), t
2
:= Tr(ρ(d
2
)), t
3
:= Tr(ρ(d
3
)),
t
4
:= Tr(ρ(d
4
)), t
5
:= Tr(ρ(d
1
d
2
d
3
d
4
)),
r
1
:= Tr(ρ(d
1
d
2
)), r
2
:= Tr(ρ(d
1
d
3
)), r
3
:= Tr(ρ(d
1
d
4
)),
r
4
:= Tr(ρ(d
2
d
3
)), r
5
:= Tr(ρ(d
2
d
4
)), r
6
:= Tr(ρ(d
3
d
4
)),
r
7
:= Tr(ρ(d
1
d
2
d
3
)), r
8
:= Tr(ρ(d
1
d
2
d
4
)), r
9
:= Tr(ρ(d
1
d
3
d
4
)), r
10
:= Tr(ρ(d
2
d
3
d
4
)).
Notons que, omme dans le as de la sphère à quatre trous, es dernières ne sont pas
similaire auparagraphe pré édent (voir aussilestravauxde Komyo [40℄ surlesujet).
I1.3.3 Correspondan e de RiemannHilbert
Un résultatfondamentalde l'étudedes onnexions logarithmiquesplatesestla
orrespon-dan edeRiemannHilbert,quiarmequetoutpointdelavariétéde ara tères orrespond
à une déformation isomonodromique. Ce ijustie notredémar he de her herà lassier
ertaines représentations de groupes avant de tenter de onstruire la déformation
orre-spondante.
ThéorèmeI1.13(RiemannHilbert). Soit
(g, b)
∈ N
2
;alorspourtoutpoint
[ρ]
∈ Char(g, b)
il existe une onnexion logarithmique plate∇
sur lebré trivial derang2
audessus d'une surfa e fermée de genreg
àb
trous telle que[ρ
∇
] = [ρ]
dansChar(g, b)
. Ré iproquement, à toute telle onnexion logarithmique plate on peut asso ier un unique point de la variétéde ara tères
Char(g, b)
.Pour plus de détails, le le teur est invité à onsulter le hapitre 3 de [58℄, le
para-graphe III.18de [35℄ ainsiqueles travauxde Deligne[21℄ surlesujet.
I1.4 A tion du groupe modulaire
Dans e paragraphe nous nous proposons de dé rire l'a tion du groupe modulaire d'une
surfa e fermée sursa variété des ara tères. Le le teur pourratrouver plusde détails sur
les groupesmodulaires danslaréféren e[29℄.
Soit
Σ
une surfa e fermée ompa te de genreg
et soientp
1
, . . . , p
b
des points deux à deux distin ts de ette dernière ; on onsidère lasurfa e épointéeΣ := Σ
\ {p
1
, . . . , p
b
}
.On notealors
Homeo
+,∂
(Σ)
(resp.
Homeo
+,∂
(Σ)
) l'ensemble deshoméomorphismes de
Σ
préservant sonorientation et xant son bord{p
1
, . . . , p
b
}
dansson ensemble (resp. point par point).Dénition I1.14. Soit
Σ
une surfa eferméedegenreg
àb
trous. Ona alorsunerelation d'équivalen e∼
surHomeo
+,∂
(Σ)
(resp.
Homeo
+,∂
(Σ)
) dénie de la façon suivante : on
note
f
∼ g
si et seulement si il existe une isotopie reliantf
àg
surΣ
dansHomeo
+,∂
(Σ)
(resp.
Homeo
+,∂
(Σ)
).On dénit alors les deux groupes suivants, ne dépendant à
isomor-phisme près que du ouple
(g, b)
: 1. le groupe modulairedeΣ
:Mod(g, b) := Homeo
+,∂
(Σ)/
∼ ;
2. le groupe modulairepur de
Σ
:Remarque I1.15. 1. Si
b
≤ 1
, on a naturellementPMod(g, b) ∼
= Mod(g, b)
. En règle générale toutefois,PMod
est lenoyau dumorphisme surje tif naturelMod(g, b) ։ S
b
donné par l'a tionde
Homeo
+,∂
(Σ)
sur
{p
1
, . . . , p
b
}
. En parti ulier,PMod(g, b)
est unsousgroupe distingué d'indi eb!
dansMod(g, b)
.2. Notons que l'a tion naturelle de
Homeo
+,∂
(Σ)
sur
Σ
n'est pas ompatible ave la relationd'isotopie, etdon ne passe pasau quotient.Exemple I1.16. [29℄
1. legroupe modulaire dela sphère
S
2
est trivial ;
2. legroupe modulaire du tore
R
2
/Z
2
est isomorphe à
SL
2
(Z)
;3. dans le as d'unesphère à
b
≥ 1
trous, on a l'isomorphisme suivant[6,29℄ :PMod(0, b) ∼
= P B
b
−1
/Z(P B
b
−1
)
où
P B
b
−1
est le groupe des tresse pures àb
− 1
brins et où pour tout groupeG
la notationZ(G)
désigne le entre du ditgroupe.I1.4.1 Des ription générale
Fixons une surfa e fermée
Σ
de genreg
ainsi queb
points distin tsp
1
, . . . , p
b
de ette dernière et onsidérons la surfa e épointéeΣ
:= Σ
\ {p
1
, . . . , p
b
}
. Posons égalementΓ := π
1
(Σ, p
0
)
pourun hoix arbitrairedep
0
∈ Σ
. Nousauronségalement besoindefaire usagede l'appli ation de quotient atégoriqueχ : Rep
d
(Γ, C) ։ Rep
d
(Γ, C)//SL
d
(C) = Char(g, b) .
Legroupe
Aut(Γ)
desautomorphismesdugroupefondamentaldeΣ
agitnaturellement surRep
d
(Γ, C)
de lafaçon suivante:Aut(Γ)
→ Aut(Rep
d
(Γ, C))
Φ
7→ (ρ 7→ ρ ◦ Φ
−1
) .
Onobtientdefaitunea tionparautomorphismesde
Aut(Γ)
surlequotientChar
d
(g, b)
eton peutremarquerque legroupeInn(Γ)
des automorphismesintérieurs deΓ
agit triv-ialement sur la variété de ara tèresChar
d
(g, b)
. On a don une a tion du groupe des automorphismes extérieursOut(Γ) := Aut(Γ)/Inn(Γ)
surChar
d
(g, b)
. L'inje tion na-turelleMod(g, b) ֒
→ Out(Γ)
[29℄ assurealors l'existen ed'un morphisme:I1.4.2 Le as des sphères épointées
L'a tiondugroupemodulairesurlavariétédes ara tèresquenousvenonsdedé rireaété
reliée àl'étudedesdéformationsisomonodromiquesdansle asdessphèresà quatretrous
dans les arti lesséminaux de Philip Boal h [7℄, BorisDubrovin etMarta Mazzo o[27℄ ;
des résultats similaires ont depuis été obtenus par Gaël Cousin dans le as de sphères
épointées générales [16℄.
Supposons que nous disposions d'une déformation isomonodromique de la sphère à
n
trousS
2
n
de monodromie asso iéeρ
: F
n
−1
→ SL
2
(C)
; on peut alors s'intéresser à l'orbite de la lasse[ρ]
deρ
dans la variété de ara tèresChar(0, n)
sous l'a tion deMod(0, n)
. Cette dernière peut être visualiséede la façon suivante: à notre déformation isomonodromiqueonpeutasso ieruneéquationdeS hlesinger(ThéorèmeI1.8)delaforme∀i ∈ [n], dA
i
=
−
X
j
6=i
{A
i
, A
j
}
a
i
− a
j
d(a
i
− a
j
)
portant sur les résidus de la onnexion logarithmique plate asso iée. L'a tion des
auto-morphismesextérieursde
F
n
surlavariétédes ara tèrespeutalorsêtrevue ommelefait de déformerles la etsélémentaires engendrant e dernier(vu omme groupefondamentalde la sphèreépointée) en "faisant tourner les pointsmarqués les uns autour desautres" :
ela revient de fait à étudier la monodromie de ette équation. Lorsque la déformation
est algébrique, e pro édé ne peut qu'é hanger les bran hes de la solution algébrique du
système de Garnier
(
G
n
)
asso iée à ette déformation isomonodromique e qui implique que l'orbite de[ρ]
sous l'a tion deMod(0, n)
doit êtrenie.Dans leur arti le [27℄, Dubrovin et Mazzo o ont prouvé la ré iproque dans le as
dessolutions algébriques de ertaines équationsde Painlevé VI,ellemêmeéquivalenteau
systèmede Garnier
(
G
1
)
. Cerésultat aétédéterminantdansla lassi ation dessolutions algébriques de ette dernièreéquation, ouvrant lavoixà une étudequi aété systématiséepar Cantat et Loray [11℄ puis a hevée par Lisovyy et Tykhyy [42℄ ; itons également les
travaux deBoal h [8,9℄, Deift,Its, KapaevetZhousur e sujet[20℄.
Un résultat analogue liant orbites nies sous l'a tion du groupe modulaire et
solu-tions algébriques de systèmes de Garnier aété ré emment obtenu par Cousin[16℄ dansle
as de déformations isomonodromiques logarithmiques de rang
2
sur une sphère épointée quel onque. De fait, la re her he d'orbites nies sous ette a tion paraît une poursuitepertinenteetviable dansle adrede notreétude.
I1.5 Quelques avan ées ré entes
I1.5.1 Théorème de CorletteSimpson
Comptetenudenosobjetsd'études,nousallonsêtreamenésànousintéresseraux
représen-tationsdegroupesfondamentauxdevariétésquasiproje tivesdans
SL
2
(C)
. Cesdernières ont fait l'objetd'une étude poussée par Corlette et Simpson [15℄ puis par Loray, PereiraetTouzet[43℄,qui afait ressortirl'importan e d'unesous lasse detelles représentations,
par ailleurs déja très présente dans la littérature [1℄ : elles se fa torisant à travers une
ourbe.
Dénition I1.17. Soit
X
une variété quasiproje tive omplexe etsoitΓ
songroupe fon-damental. Onditqu'une représentationρ : Γ
→ SL
2
(C)
sefa toriseà traversune ourbe si il existe une ourbe proje tive omplexeC
, un diviseur∆
(resp.δ
) dansX
(resp.C
), unmorphismealgébriquef : X
\∆ → C \δ
etunereprésentationρ
˜
dugroupe fondamental deC
\ δ
dansP SL
2
(C)
telsque lediagrammeπ
1
(C
\ δ)
˜
ρ
&&
◆
◆
◆
◆
◆
◆
◆
◆
◆
◆
◆
π
1
(X
\ ∆)
f
∗
oo
P◦ρ◦m
P SL
2
(C)
ommute, où
P
etm
sontles morphismesde groupes naturelsP : SL
2
(C)
→ P SL
2
(C)
etm : π
1
(X
\ ∆) → Γ
.Cette lasse de représentations va jouer un rle majeur dans notre étude ; en eet
on peut par exemple iter leranement suivant par Loray, Pereira etTouzetdu résultat
séminal deCorlette etSimpson.
ThéorèmeI1.18(CorletteSimpson[15℄,LorayPereiraTouzet[43℄). Soit
X
une variété quasiproje tive omplexe et soitΓ
son groupe fondamental. Alors toute représentation nonrigide (i.e pouvant se déformer de façon analytique dans la variété des ara tères)ρ : Γ
→ P SL
2
(C)
d'imageZariskidense sefa torise à travers une ourbe.I1.5.2 Solutions se fa torisant à travers une ourbe
ÀlalumièreduthéorèmeI1.18,laquestionsuivanteapparaîtnaturelle: quellessontles
so-lutionsalgébriques d'unsystèmedeGarnierasso iéesà desreprésentationsdemonodromie
se fa torisantà traversune ourbe ?
Les onnexionsplatesdontlamonodromiesefa toriseà traversune ourbe
orrespon-dent à des solutions de Garnier qui sont onstruites par la "méthode du tiréenarrière"
développée par Doran[26℄, Andreev etKitaev [2℄. Karamoko Diarra a démontré danssa
thèse[24℄queseulslessystèmesdeGarnier
(
G
n
)
pourn
≤ 3
admettentdessolutionsà mon-odromie d'image Zariskidense obtenues par e pro édé ; es solutions s'obtiennent alorsen tirant en arrière des onnexions logarithmiques platessur lebrétrivialde rang
2
au dessusdeP
1
\ {0, 1, ∞}
(aussiappeléeséquations hypergéométriques) par desrevêtements
ramiés.
La monodromie
ρ : F
3
=
hd
1
, d
2
, d
3
| d
1
d
2
d
3
= 1
i → SL
2
(C)
d'une onnexion hyper-géométrique algébrique est ara térisée (en tant que point dansChar(0, 3)
) par letripletliste les tels triplets
(p
0
, p
1
, p
∞
)
ainsi que les types de rami ation des revêtements don-nantlieu àdesdéformationsisomonodromiquesàmonodromieZariskidense d'unesphèreépointée, tout en pré isant le degré
d
du revêtement et l'indi en
du systèmede Garnier(
G
n
)
orrespondant ;nousreproduisons ette liste idessous.(p
0
, p
1
, p
∞
)
d
Type de rami ationn
(2,
∞, ∞)
2
(2, 1 + 1, 1 + 1)
1
3
(2 + 1, 3, 1 + 1 + 1)
1
(2, 3,
∞)
4
(2 + 2, 3 + 1, 1 + 1 + 1 + 1)
2
6
(2 + 2 + 2, 3 + 3, 1 + 1 + 1 + 1 + 1 + 1)
3
(2, 4,
∞)
4
(2 + 2, 4, 1 + 1 + 1 + 1)
1
(2, 3, 7)
10
(2 + 2 + 2 + 2 + 2, 3 + 3 + 3 + 1, 7 + 1 + 1 + 1)
1
12
(2 + 2 + 2 + 2 + 2 + 2, 3 + 3 + 3 + 3, 7 + 1 + 1 + 1 + 1 + 1)
2
I1.6 Solutions algébriques de systèmes de Garnier obtenues à l'aide de
quintiques planes
Dans e paragraphe, nousexposonsles résultatsde la première partie de ette thèse, qui
ont trait à la lassi ation des solutions algébriques de systèmes de Garnier obtenues à
l'aide dequintiques planes.
I1.6.1 Un résultat de lassi ation
L'objet du premier hapitre de ette thèse est de lassier les représentations de groupes
ρ : Γ
→ P SL
2
(C)
, oùΓ
est le groupe fondamental du omplémentaire d'une ourbe de degré inq dansP
2
(C)
,satisfaisant les onditions suivantes :
(C1) l'image de
ρ
estinnie etirrédu tible ;(C2)
ρ
ne sefa torise pasàtravers une ourbe (voir dénitionI1.17).Àlalumièrederésultatsobtenuspar Diarra[24℄etMazzo o[46℄, esdeux onditions
paraissent former un bon point de départ pour obtenir, à travers la orrespondan e de
RiemannHilbert(théorèmeI1.13),unenouvelledéformationisomonodromiquealgébrique.
En parti ulier, elles orrespondant à une monodromie d'image Zariskidense ne
satis-faisant pas (C2) ont été lassiées par le premier ; nous démontrons don le théorème
suivant.
Théorème A. Soit
Γ
le groupe fondamental du omplémentaire d'une ourbeQ
dedegré inq dansP
2
(C)
et soit
ρ : Γ
→ P SL
2
(C)
telle que :•
l'image deρ
est innieet irrédu tible ;Alors le triplet
(Γ, ρ, Q)
est (modulo onjugaison globale à l'arrivée pourρ
) l'un des suivants (pour un ertain ouple(u, v)
∈ C
∗
× C
∗
):1.
Γ ∼
=
ha, b, c | (ab)
2
(ba)
−2
= (ac)
2
(ca)
−2
= [b, c] = 1
i
,ρ : a
7→
0
1
−1 0
!
,
b
7→
u
0
0 u
−1
!
,
c
7→
v
0
0 v
−1
!
et
Q
est formée detrois droiteset d'une onique tangentes à es dernières ; 2.Γ ∼
=
ha, b, c | [a, b] = [a, c
−1
bc] = 1, (bc)
2
= (cb)
2
i
,ρ : a
7→
u
0
0 u
−1
!
,
b
7→
v
0
0 v
−1
!
,
c
7→
0
1
−1 0
!
,
et
Q
est forméede troisdroites on ourantesetd'une oniquetangenteà exa tement deux d'entre elles ;3.
Γ ∼
=
ha, b, c |, [a, b] = [b, c
2
] = 1, ca = bc
i
,ρ : a
7→
u
0
0 u
−1
!
,
b
7→
u
−1
0
0
u
!
,
c
7→
0
1
−1 0
!
.
Dans edernier as
Q
esttoujourslaréuniond'une ubiqueave deuxdroitess'interse tant enunpointde ettedernière ;la onguration exa te est détaillée dansle hapitre 1(voir aussi la gure 3).
Ladémonstrationde erésultatreposesurlestravauxde lassi ationsmenéspar
Degt-yarev [19℄ sur les groupes fondamentaux non abéliens de omplémentaires de quintiques
proje tives planes. Nous donnons une des ription détaillée des ourbes orrespondants à
ha undes as itésdanslethéorèmeA;pré isonstoutefoisque ederniernedonnequ'une
onditionné essairepourquele ouple
(Γ, ρ)
satisfasse(C1)et(C2);laquestiondesavoir dansquels as es onditions sont ee tivement satisfaitesfait l'objetdes hapitres3et4.I1.6.2 Représentations de monodromie et orbites sous l'a tion du groupe
modulaire
Danslese ond hapitre de edo ument, nousposons lesbases delaméthodequi vanous
permettre de onstruire desdéformationsisomonodromiquesee tives orrespondant aux
représentations apparaissant dansle théorèmeA. Cette dernière, inspirée par les travaux
de Hit hin [34℄ sur l'équation de Painlevé VI, repose sur la remarque suivante : si l'on
dispose d'une onnexion logarithmique plate
∇
audessus deP
2
dont le lieu polaire est
une ourbequintiquealors, ommeunedroite génériqueinterse teunetelle ourbeen inq
points, lafamillede onnexionsdonnéesparlesrestri tionsde
∇
auxdroitesgénériquesdu plan proje tif nous livre une déformation isomonodromique de monodromie ayant mêmeFigure 3: Courbes quintiques apparaissant dans le théorème A. En haut (de gau he à
droite) les as1 et2,le as3 en bas.
Pluspré isément,soit
L
unedroite hoisiegénériquement dansleplanproje tifP
2
(C)
;
alors
L
oupe lelieu polairede∇
en exa tement inq points, quenous pouvons, à homo-graphieprès,supposerégauxà0, 1,
∞
ett
1
, t
2
∈ C
∗
\{1}
. Enrestreignant
∇
àladroiteL
, onobtientune onnexionlogarithmiqueplateaudessusdelasphèredeRiemannépointéeP
1
5
:= P
1
C
\ {0, 1, t
1
, t
2
,
∞}
dont lamonodromieρ
L
est donnéepar lediagrammeπ
1
(P
1
5
) ∼
= F
4
ρ
L
''
P
P
P
P
P
P
P
P
P
P
P
P
τ
//
π
1
(P
2
C
− Q)
ρ
∇
SL
2
(C)
où
τ
estlemorphismesurje tif natureldonné par lethéorèmede l'hyperplan de Lefs hetz (voir [47℄, théorème 7.4). Comme la onnexion∇
est plate, il est onnu [44℄ queρ
L
ne dépend pas (à onjugaison près) de la droite génériqueL
et don il existe un ouvert de ZariskiU
dans le dual\
P
2
(C)
tel que les onnexions
(
∇
L
)
L
∈U
aient toutes la même monodromie(modulo onjugaison).Enutilisant lades riptionexpli itedes ourbesasso iéesauthéorèmeA,noussommes