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UTILISATION D’UNE METHODE ENDOGENE DE LUTTE CONTRE LES TIQUES AU SUD - BENIN :

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

*******

MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

*****************

UNIVERSITE D’ABOMEY-CALAVI

*********

ECOLE POLYTECHNIQUE D’ABOMEY-CALAVI

************

DEPARTEMENT DE PRODUCTION ET SANTE ANIMALES

***************

RAPPORT DE STAGE DE FIN DE PREMIER CYCLE POUR L’OBTENTION DU DIPLOME DE

LICENCE PROFESSIONNELLE EN PRODUCTION ET SANTE ANIMALES THEME :

UTILISATION D’UNE METHODE ENDOGENE DE LUTTE CONTRE LES TIQUES AU SUD - BENIN: EFFETS DE L’EXTRAIT D’HUILE ESSENTIELLE D’OCIMUM GRATISSIMUM EN

MILIEU REEL SUR LA TIQUE RHIPICEPHALUS (BOOPHILUS) mICROPLUS

Présenté et Soutenu par : Koudous A. S. COLI JURY :

Président : Prof. Dr. Ir. Guy apollinaire MENSAH

Chercheur à l’Institut Nationale de Recherche Agricole du Bénin.

Examinateur : Dr Yao AKPO

Enseignant Chercheur à l’Université de Parakou.

Superviseur : Souaïbou FAROUGOU, DMV, PhD, Professeur Titulaire/CAMES. Enseignant chercheur à l’EPAC

7ème Promotion

Année Académique : 2013 - 2014

(2)

DEDICACE

Je dédie ce travail :

 A Dieu le Tout Puissant et à Maman MARIE, je vous rends grâce pour tous vos bienfaits dans ma vie.

 A mon Père et à ma Mère Mr Emmanuel COLI et Mme COLI née MEGNANNOU Sidonie pour leur soutien inconditionnel. Je vous dois tout car vous m’avez appris l’amour du travail et l’avenir de vos enfants a toujours été votre lutte quotidienne. Réjouissez-vous de ce travail car il est le fruit de vos énormes sacrifices. Trouvez ici le témoignage de ma profonde affection et de ma reconnaissance à votre égard. Percevez ce travail comme l’aboutissement de tous vos efforts, peines et prières. Puisse Dieu vous accorder la longévité pour voir votre rêve le plus cher qui est l’avenir de tous vos enfants se réaliser et jouir des fruits de ce que vous avez planté.

(3)

REMERCIEMENTS

 Au terme de cet stage, je voudrais tout particulièrement remercier notre maître de mémoire le Professeur Titulaire Souaïbou FAROUGOU, Enseignant-Chercheur à l’EPAC et Responsable de l’URBPSA pour avoir accepté de conduire ce travail malgré ses multiples occupations et toutes nos imperfections. Après nous avoir fait une place au sein de son équipe de recherche de l’URBPSA, il n’a de surcroît ménagé aucun effort tout au long de cette étude pour nous accompagner. Recevez ici l’expression de notre profonde gratitude.

 Je remercie le CORAF/WECARD pour l’appui financier apporté au travail réalisé dans le cadre de la mise en œuvre du projet WECATiC.

 Ma reconnaissance à l’endroit du Docteur Hassane ADAKAL pour l’appui technique apporté à la réalisation de cette étude.

 Je voudrais remercier notre chef de département, le Professeur Docteur Jacques DOUGNON, Enseignant Chercheur à l’École Polytechnique d’Abomey-Calavi (EPAC), pour sa disponibilité à l’égard des étudiants du département de Production et Santé Animales. Recevez ici nos sincères remerciements.

 Je remercie les éminents membres de mon jury de soutenance pour l’intérêt scientifique qu’ils ont manifesté à ce travail en acceptant de le juger.

 Je dis infiniment merci à tous les Enseignants de l’EPAC, particulièrement ceux du Département de Production et Santé Animales (D/PSA) qui n’ont ménagé aucun effort pour faire de nous des cadres complets au-delà de la formation reçue.

 Mes remerciements vont également à l’endroit de Professeur YOUSSAO Issaka pour ces conseils, mes profondes gratitudes.

 Je remercie le Docteur Nestor NOUDEKE pour ces conseils et sa disponibilité malgré son emploi du temps chargé.

 Au Docteur Philippe SESSOU, merci pour l’appui technique et scientifique.

(4)

 Au doctorant Safiou ADEHAN tuteur de stage, nous vous renouvelons notre gratitude pour la disponibilité dont vous avez fait preuve et l'ambiance amicale et fraternelle instaurée, infiniment merci.

 Aux Messieurs, François DOSSA et Éric YESSINOU, pour leur apport scientifique, leur soutien moral et leurs chaleureux et incessants encouragements.

Soyez en remerciés.

 A tous les collègues du laboratoire, pour l’ambiance fraternelle qui a toujours régné durant tout le stage, merci à vous pour votre soutien. En particulier aux doyens: Sawab Deen OSSENI, Madame Yvette ADJE, Eustache HOUNKPE, Justin ADINCI, Daté YOKOSSI et Yémalin AVOCEGAMOU ?

 A tous les membres de ma famille pour leur soutien et leur encouragement au cours de ces années d'études, vous qui aviez prêté une oreille toujours attentive à toutes mes préoccupations ; je vous remercie du fond du cœur.

 A ma grande sœur aînée Amihath COLI, merci pour l’amour et le soutient dont j’ai été de part.

 A mes frères Gafarou COLI, Igor COLI, Innocent COLI, merci pour votre soutien et encouragement. Recevez l’expression de ma profonde gratitude.

 A Gladys AKAPKO et sa famille merci pour l’amour partagé.

 A tous nos camarades de la septième promotion de licence professionnelle de la Production et Santé Animales (PSA), pour la bonne ambiance qui a régné entre nous tout au long de notre formation ; je voudrais exprimer mes profonds remerciements, en particulier Marianaud EDAH; Davide SOHESSI; Marc KABOUL ; Sidney ZOHOUN; Juste GBETOR, guédègbé GANIOU et GOLE Cowiyou.

 A tous mes amis qui de près ou de loin m’ont soutenu, merci à vous.

(5)

LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS

CAMES : Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur

CORAF : Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricoles CM : carré Moyen

ddl : degré de liberté

DE : Direction de l’Elevage.

D/PSA : Département de Production et Santé Animales DRM Dose Response Mortality

ES : Erreur Standard

EPAC : Ecole Polytechnique d’Abomey-Calavi FePiPA: Ferme Pilote de Production Animale GPS : Geographic Position System

HE : Huile essentielle

LARBA : Laboratoire de Recherche en Biologie Appliquée

LERCA : Laboratoire d’Etude et de Recherche en Chimie Appliquée LMD : Licence Master Doctorat

ND : Nom déposé NS : Non Significatif

PCR : Réaction de Polymérase en Chaine Pr(F) : Probabilité

REESAO : Réseau pour l’Excellence de l’Enseignement Supérieur en Afrique de l’Ouest SCE : Somme des Carré des Ecarts

SNK : Student Newman Keuls UAC : Université d’Abomey-Calavi

URBPSA : Unité de Recherche en Biotechnologie de la Production et Santé Animales

WECATiC : Contrôle intégré des tiques et des maladies transmises émergentes en Afrique de l'Ouestet du Centre

(6)

TABLE DES MATIERES

DEDICACE ... 1

REMERCIEMENTS ... 3

LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS ... 5

TABLE DES MATIERES ... 6

LISTE DES TABLEAUX ... 9

LISTE DES FIGURES ...10

RESUME ...11

ABSTRACT ...12

INTRODUCTION ...13

1. Contexte du stage ...16

2. Présentation de la structure d’accueil ...17

2.1. Description ...17

2.2. Forces et opportunités ...18

2.3. Faiblesses et menaces...19

2. ACTIVITES MENEES ...20

3.1. Activités menées sur le terrain ...20

3.1.1. Récolte des tiques ...20

Figure 3 : ...20

3.1.2. Suivi des bovins traités ...21

3.2. Activités menées au laboratoire ...21

3.2.1. Identification des tiques ...21

3.2.2. Mise en ponte ...24

3.3. Difficultés rencontrées ...24

4. Généralités ...26

4.1. Généralités sur les tiques ectoparasites des bovins ...26

4.2. Classification ...26

4.3. Appellations locales des tiques des bovins ...29

4.4. Morphologie générale ...29

4.4.1. Morphologie externe ...29

4.4.2. Morphologie interne ...34

4.4.2.1. Le système digestif ...34

4.4.2.2. Appareil excréteur...34

4.4.2.3. Le système respiratoire ...35

4.4.2.4. Appareil génital ...35

(7)

4.5. Cycle de développement des Ixodidés. ...36

4.6. Vie parasitaire ...37

4.6.1. Spécificité d’hôte ...37

4.6.2. Cycles parasitaires ...37

4.7. Rôle pathogène ...40

4.7.1. Rôle pathogène direct ...40

4.7.2. Rôle pathogène indirect ...41

5. Etude approfondie de Rhipicephalus (Boophilus) microplus ...42

5.1. Distribution, importance économique, localisation sur hôtes et maladie transmise. ...43

5.1.1. Distribution initiale et propagation régionale. ...43

5.1.2. Cycle de développement ...46

5.1.3. Impact économique ...47

5.2. Recherche des hôtes et nature de l’hôte ...48

5.3. Localisation sur les hôtes ...49

5.4. Les maladies transmises par la tiques ...49

5.6. Influence du mode d’acquisition de l’agent pathogène ...50

5.7. Interaction entre agents pathogènes et vecteurs ...51

6. Matériel et methode ...51

6.1. Matériel ...51

6.1.1. Les bovins ...51

6.1.2. Les tiques...52

6.1.3. Matériel chimique ...52

6.1.4. Matériel végétal ...52

6.1.4.1. Caractéristiques d’Ocimum gratissimum ...52

6.1.4.1.1 Systématique d’Ocimum gratissimum...52

6.1.4.1.2. Description botanique ...53

6.1.4.2. Les huiles essentielles ...53

6.1.4.2.1 Composition chimique de l'huile essentielle d’Ocimum. gratissimum ...54

6.1.4.3. Récolte des plantes testées ...55

6.2. Méthode ...56

6.2.1. Obtention de l’extrait d’huile essentielle ...56

6.2.2. Test in vivo sur les bovins ...56

6.2.3. Technique de comptage ...57

6.2.4. Analyses statistiques ...57

7. RESULTATS ET DISCUSSION ...58

(8)

7.1. RESULTATS ...58

7.1.1. Analyse de variance par rapport aux facteurs ciblés sur l’infestation par la tique Rhipicephalus micropus ...58

7.1.2. Comparaison des moyennes d’infestation par rapport aux différents traitements effectués ...59

7.1.3. Comparaison des moyennes d’infestation des différentes parties du corps de l’animal par les tiques ...60

7.1.4. Comparaison des moyennes d’infestation des animaux en fonction du temps de traitement ...61

7.1.5. Comparaison des moyennes d’infestation des animaux en fonction de l’état de la tique ...62

7.1.6. Estimation des doses létales in vivo...63

DISCUSSION ...64

Conclusion et suggestions ...66

Références bibliographiques ...67

(9)

LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1: Critères d’identification des principaux genres de tiques dures ...23

Tableau 2: Systématique simplifiée des tiques ...28

Tableau 3: Appellations locales des tiques. ...29

Tableau 4 : Protozooses et rickettsioses transmises par les tiques (source : Lafia, 1982) ...50

Tableau5 : Composition chimique de l’huile essentielle d’Ocimum gratissimum ...54

Tableau 6 : Résultat du Student Newman and Keuls sur les moyennes d’infestation par les tiques....60

Tableau 7. Résultat du Test de Student Newman and Keuls (SNK) sur les moyennes d’infestation des différentes parties du corps de l’animal par la tique Rhipicephalus (Boophilus) microplus ...61

Tableau 8 : Résultats du Test de Student Newman Keuls sur les moyennes d’infestation par période après les traitements ...62

Tableau 9. Résultat du test de Student Newman and Keuls sur les moyennes d’infestation des animaux par état des tiques ...62

Tableau 10. Résultats de l’estimation des doses létales in vivo ...63

(10)

LISTE DES FIGURES

Figure 1 : Vue extérieure de l’URBPSA (COLI, 2014) ...18

Figure 2a: Microscope photonique Figure 2b: Une hotte à flux laminaire ...19

Muni d’un appareil photo ...19

Figure 3 : Méthode de prélèvement de tiques fixées sur la peau de l’animal ...20

3.1.2. Comptage des tiques et pulvérisation des animaux ...21

Figure 4 : Mise en ponte ...24

Figure 5 : Anatomie du capitulum ...30

Figure 6: Représentation schématique des tiques Ixodes sp., Rhipicephalus sp. et Dermacentor sp. femelle et mâle en vue dorsale (d’après Estrada-Pena et al., 2004) ...31

Figure 7 : Morphologie externe du genre Boophilus ...32

Figure 8: Morphologie externe d’Amblyomma variegatum ...33

Figure 9 : Principaux organes digestifs et excréteurs d'une tique. ...35

Figure 10: Cycle de développement des ixodidés ...36

Figure 11 : Cycle de vie à un hôte (Madder, 2005) ...38

Figure 12 : cycle de vie à deux hôtes (Madder, 2005) ...39

Figure 13 : cycle de vie à trois hôtes (Madder, 2005) ...40

Figure 12 : stades de Rhipicephalus (Boophilus) Microplus ...43

Figure 14: Stades de Rhipicephalus (Boophilus) microplus ...43

Figure 15 : Carte de dissémination de Rhipicephalus (B) microplus (Barré et al.,2010 ; Madder, 2012) ...44

Figure 16 : Dénombrement de la Rhipicephalus (B) microplus dans la zone de Bassila ...45

Figure 17 : Convenance du climat prédite en Afrique subsaharienne pour Rhipicephalus (B) microplus ...46

Figure18 : Cycle de Rhipicephalus microplus (Barré, 2010) ...47

Figure 19 : Ocimum gratissimum (Tcha yo en fon) ...53

(11)

RESUME

La tique Rhipicephalus (Boophilus) microplus est un parasite externe du bétail dans les régions tropicales et subtropicales du monde. Il est à l’origine d'importantes pertes économiques pour les éleveurs de bovins directement par le sang prélevé sur le bétail et indirectement par les agents pathogènes transmis au bétail, sources de maladies telles que la babésiose et l’anaplasmose. Dans le but de lutter efficacement contre cette tique, nous avons évalué l’activité acaricide de l’extrait d’huile essentielle d’Ocimum gratissimum sur la tique Rhipicephalus (Boophilus) microplus, en comparaison avec l’Alpha- cyperméthrine. Le test in vivo réalisé sur vingt-deux bovins de différents âges à partir de l’huile essentielle d’Ocimum gratissimum a permis de déterminer les doses létales pour la tique Rhipicephalus (Boophilus) microplus. L’huile essentielle d’Ocimum gratissimum peut constituer une alternative dans la lutte contre la tique Rhipicephalus (Boophilus) microplus.

Mots clés : Tiques, Rhipicephalus (Boophilus) microplus, Ocimum gratissimum, alpha- cypermethrine, Abomey-Calavi, Zinvié.

(12)

ABSTRACT

The tick Rhipicephalus (Boophilus) microplus is an external parasite of livestock in the tropical and subtropical regions of the world. He/it is directly at the origin of important economic losses for the breeders of bovine by blood appropriated on livestock and indirectly by the pathogenic agents transmitted to livestock, sources of illnesses as the babésiose and the anaplasmose. In the goal to fight efficiently against this tick, we valued the activity acaricide of the excerpt of essential oil of Ocimum gratissimum on the Rhipicephalus tick (Boophilus) microplus, in comparison with the alpha-cyperméthrine.

The test in vivo achieved on twenty-two bovine of different ages from the essential oil of Ocimum gratissimum permitted to determine the doses létales for the tick Rhipicephalus (Boophilus) microplus. The essential oil of Ocimum gratissimum can constitute an alternative in struggle against the tick Rhipicephalus (Boophilus) microplus.

Key words: Ticks, Rhipicephalus (Boophilus) microplus, Ocimum gratissimum, alpha- cypermethrine, Abomey-Calavi, Zinvié.

(13)

INTRODUCTION

Au Bénin comme dans la plupart des pays de l’Afrique au sud du Sahara, l’élevage des ruminants est l’une des principales activités en productions animales. En 2013, le cheptel bovin est estimé à 2.116.000 têtes (FAO, 2013). Selon Pamo et al. (2002), ces animaux offrent d'énormes avantages sur les plans zootechnique, économique et socioculturel.

Malheureusement, leur productivité est encore faible, à cause de nombreuses pathologies qui affectent leur croissance et leur reproduction. Parmi ces pathologies, figurent les agressions parasitaires engendrées par les tiques. En effet en dehors de l’action pathogène directe liée à la présence de celles-ci sur les bovins (action vulnérante et prédatrice, blessures dépendantes de la charge parasitaires et des espèces infestantes), ces ectoparasites sont responsables des pertes indirectes (mortalité ou l’atteinte chronique de l’état général) dues aux maladies transmises (babésioses, cowdriose, anaplasmose, théilerioses) et aux maladies associées (dermatophilose) qui affectent essentiellement les animaux exotiques dans ces zones d’enzooties. Cette situation entrave l’introduction du cheptel européen plus sensible et limite ainsi l’amélioration des performances zootechniques des races locales (Frebling, 2005). Des études conduites récemment ont révélé la présence de 10 espèces de tiques au nord du Bénin et onze espèces de tiques au centre et au sud du Benin réparties en quatre genres avec une dominance d’Amblyomma Variegatum (Farougou et al., 2006 ; Farougou et al., 2007a, b et c). Cette espèce est de loin la plus importante au regard des dégâts qu’elle engendre sur les mamelles des vaches laitières et des maladies qu’elle transmet ou favorise, notamment la cowdriose et la dermatophilose. L’introduction récente de la tique du bétail Rhipicephalus (Boophilus) Microplus suite à l’importation des races exotiques sur la ferme constitue une menace sérieuse pour l’amélioration des performances de production de cette ferme en particulier et celles des élevages bovins au Bénin en général.

Le détiquage manuel et l'utilisation des plantes médicinales locales sont les méthodes les plus utilisées chez les petits éleveurs tandis que l'application courante des acaricides de synthèse est la méthode courante dans les systèmes de production semi- intensifs pour combattre et contrôler ces ectoparasites (Lhoste et al., 1993; Pamo et al., 2003). Cependant, les conséquences sur l'homme et sur son environnement, la présence des souches d'acariens résistants aux acaricides ainsi que le coût élevé des produits de bonne qualité sur les marchés locaux imposent la recherche de solutions alternatives (Wharton,

(14)

1976). C’est pourquoi dans le cadre de notre mémoire de Licence en Production et Santé Animales, nous avons choisi le thème : « Utilisation d’une méthode endogène de lutte contre les tiques au Sud-Bénin: effets de l’extrait d’huile essentielle d’Ocimum gratissimum en milieu réel sur la tique Rhipicephalus (Boophilus) microplus».

La présente étude a pour objectif d’évaluer l’efficacité in vivo de l’huile essentielle d’Ocimum gratissimum sur Rhipicephalus (Boophilus) microplus en milieu réel dans la ferme pilote de production et santé animale de l’EPAC. De façon spécifique, il s’agit de :

 apprendre à identifier la tique Rhipicephalus (Boophilus) microplus ;

 étudier l’efficacité de l’huile essentielle d’Ocimum gratissimum sur Rhipicephalus (Boophilus) microplus en milieu réel.

Le travail sera présenté en deux parties : après les généralités, les activités menées dans le laboratoire, nous aborderons les activités menées au cours du stage et les difficultés rencontrées avant de terminer par le problème identifié et les approches de solutions préconisées.

.

(15)

PREMIERE PARTIE :

Généralités et Activités menées

(16)

1. Contexte du stage

L’Ecole Polytechnique d’Abomey-Calavi (EPAC) de l’Université d’Abomey- Calavi a été créée par décret N°- 2002-551 du 16 décembre 2002, modifié par le décret N°- 2005-078 du 25 février 2005 portant création, attributions, organisation et fonctionnement de l’EPAC. C’est un établissement public d’enseignement supérieur, de formation technique et professionnelle, à caractère de grande école dotée d’une autonomie financière et d’un règlement pédagogique. Les domaines de compétences de l’EPAC couvrent dix départements d’enseignement organisés en deux secteurs clés: le secteur industriel et le secteur biologique.

Le Secteur Industriel se compose de sept Départements: Génie Civil, Génie Electrique, Génie Informatique et Télécommunication, Génie Mécanique et Energétique, Génie Biomédicale et Maintenance hospitalière, Mécanisation agricole, Science et Technique de l’Eau.

Au niveau du Secteur Biologique, il y a cinq Départements: Génie d’Imagerie Médicale et de Radiobiologie (GIMR); Génie de Biologie Humaine (GBH); Génie de l’Environnement (GEn); Production et Santé Animales (PSA) et Génie de Technologie Alimentaire (GTA).

Dans le cadre de la professionnalisation de l’enseignement supérieur, les formations en Licence Professionnelle et en Master ont été instaurées dans le secteur biologique de l’EPAC depuis l’année académique 2005-2006 et dans celui du secteur industriel au début de l’année académique 2012-2013. Ces formations se renforcent aujourd’hui avec les réformes LMD (Licence Master Doctorat) en cours dans l’espace REESAO dans lequel l’EPAC joue un rôle primordial. Aujourd’hui, les curricula de formation ont été revus.

L’année a été subdivisée en semestres, les cours ont été réorganisés en Unités d’Enseignement. La formation en LICENCE à l’EPAC dure trois ans répartis en six semestres dont cinq sont destinés aux cours théoriques et aux travaux pratiques et le dernier, aux stages en entreprise et aux Travaux de fin de formation en Licence Professionnelle. Le MASTER est réparti en quatre semestres dont trois sont destinés aux cours théoriques et aux travaux pratiques et le dernier, aux stages en entreprise et aux Travaux de fin de formation. Au cours de la formation, un stage d’un mois est organisé pendant les vacances universitaires. Dans le cadre du LMD, ce stage est considéré comme une Unité d’Enseignement et exécuté en pleine année académique. C’est pourquoi nous

(17)

avons choisi l’URBPSA pour exécuter ce stage afin de nous familiariser avec la lutte contre les tiques des bovins.

2. Présentation de la structure d’accueil

2.1. Description

L’URBPSA est une unité de recherche créée et intégrée au LARBA le 03avril 2009.

Elle est dirigée par Souaïbou FAROUGOU, Professeur Titulaire des Universités (CAMES). Ce dernier est assisté d’une équipe constituée de Maîtres de Conférences (CAMES), de Maîtres Assistants (CAMES), de doctorants, de mémorants en master et en licence professionnelle. Cette unité accueille des mémorants et des doctorants pour leur stage de fin de formation. Le laboratoire réunit des spécialistes en pathologies animales, en parasitologie, en microbiologie, en zootechnie, en normes et contrôle de qualité. Le champ de compétences de base de l’unité est le contrôle de la qualité des aliments, la microbiologie, les pathologies infectieuses et la parasitologie.

Le programme de recherche de l’URBPSA est centré autour des thématiques ci-dessous : - Tiques du bétail et les pathologies transmises

- Qualité microbiologique des aliments - Conservation des aliments

- Pathologies infectieuses des animaux domestiques.

Sur financement propre de son Responsable, l’URBPSA est doté depuis mars 2014 d’un bâtiment qui abrite son laboratoire de pathologies animales, microbiologie et immunologie.

(18)

Figure 1 : Vue extérieure de l’URBPSA (COLI, 2014)

2.2. Forces et opportunités

Forces

L’unité de recherche est animée par un personnel dynamique et qualifié.

L’URBPSA à travers son responsable a acquis un minimum d’équipements et de consommables dont les principaux sont : trois étuves, deux spectrophotomètres, un bain marie, trois centrifugeuses, un four à microondes, trois microscopes photoniques, un agitateur, deux spectrophotomètres, une hotte à flux laminaire, un thermocycleur, un dispositif pour électrophorèse en gel d’agarose, un stérilisateur, une loupe électrique, une balance électronique, trois réfrigérateurs, un congélateur, deux ordinateurs de bureau, des milieux de culture et autres réactifs pour la mycologie et la bactériologie, des consommables pour la parasitologie et des ouvrages didactiques et de recherche (collections d’articles). En plus de ces matériels l’Unité dispose aussi d’une connexion internet qui permet aux différents chercheurs de faire leurs travaux dans de très bonnes

(19)

conditions. Les recherches dans cette Unité se font en collaboration avec d’autres laboratoires de centres d’intérêt communs.

Figure 2a: Microscope photonique Figure 2b: Une hotte à flux laminaire

Muni d’un appareil photo

Opportunités

Grâce au dynamisme, à l’entrain de son responsable qui s’efforce et ne cesse de s’efforcer pour son agrandissement et son équipement en matériels de pointe, plusieurs projets de recherche sont en cours dans le centre.

2.3. Faiblesses et menaces

Faiblesses

Nous notons le manque d’une unité d’application des résultats de recherches issus du laboratoire, la PCR non encore effective du fait que les équipements ne sont pas encore complets.

(20)

Menaces

Les menaces de cette unité sont: l’absence d’une source alternative d’énergie pour pallier au délestage fréquent et la non existante de moyen de déplacement pour se rendre sur les fermes.

2. ACTIVITES MENEES

3.1. Activités menées sur le terrain

3.1.1. Récolte des tiques

Les tiques ont été prélevées sur les bovins au niveau des zones de prédilection (tête, corps, péri-anal, pattes et queue) par simple extraction (figure 2) à l’aide d’une pince (Maurice et al., 1981) sur la ferme pilote de zinvié (N6.63701 ; E2.32371). Ces tiques ont été transportées dans des flacons portant des renseignements sur l’animal (le numéro d’identification de l’animal, son sexe, la région anatomique, et la date de collecte). Elles ont été conservées dans l’éthanol à 70°C avant leur identification au laboratoire.

Source : WALKER et al (2003).

Figure 3 : Méthode de prélèvement de tiques fixées sur la peau de l’animal

(21)

3.1.2. Comptage des tiques et pulvérisation des animaux

Les tiques sont fixées sur l’animal en fonction de leur zone de prédilection réparties en cinq zones par des études antérieures (Adinci, 2013). Il s’agit: de la tête, des membres, de la queue, des organes génitaux (le fourreau et les mamelles), du corps (abdomen). Le nombre de tiques comptées au niveau de chaque zone est mentionné sur une fiche portant le numéro de l’animal, l’espèce de tique, le stade d’évolution, (nymphe ou adulte), le sexe de la tique.

Les animaux ont été préalablement classés en cinq lots dont un traité à l’acaricide commerciale (Alfapor®), un autre à l’extrait d’huile essentielle d’Ocimum gratissimum et un lot témoin traité avec une solution de tween 20. Ces animaux n’ont bénéficié d’aucun traitement préalable, depuis au moins deux mois.

3.1.2. Suivi des bovins traités

Après les traitements, nous nous rendons sur la ferme le lendemain, 72h après traitement, une semaine après traitement et deux semaines après traitement pour évaluer la charge parasitaire des animaux traités avec l’huile essentielle d’Ocimum gratissimum, de ceux traités avec Alfapor® et les témoins qui eux ont été traités avec une solution de tween 20. Ensuite nous avons noté sur la fiche le nombre de tiques vivantes présentes sur l’animal et le nombre de morts.

3.2. Activités menées au laboratoire

3.2.1. Identification des tiques

L’identification des tiques récoltées et conservées avec de l’éthanol à 70°C dans des flacons plastiques à couvercles s’est déroulée en deux phases. La première phase a permis d’identifier les tiques jusqu’au niveau genre à l’aide d’un microscope stéréoscopique à grossissement 60X en utilisant la clé d’identification élaborée par WALKER et al. (2003). La seconde phase a été focalisée uniquement sur Rhipicephalus (Boophilus) microplus dans le but de déterminer l’espèce. Pour ce faire, un microscope photonique (Olympus) a été utilisé au grossissement 100X. Les critères de différenciation

(22)

étaient basés sur le nombre de rangés de dents, la présence de soies sur la protubérance interne du premier segment des palpes, l’existence d’éperon externe sur les coxa II et III, la présence d’appendice caudal, l’aspect de plaques ventrales et la longueur du rostre (tableau 1).

(23)

Tableau 1: Critères d’identification des principaux genres de tiques dures

Sillon longirostres Ixodes

antérieur à l’anus

= Ixodidae

soies ventrales Hyalomma des pédipalpes

en peigne longirostres

soies ventrales Amblyomma des pédipalpes

rares et espacées sillon anal

postérieur à l’anus

= Amblyommidae stigmates virgulaires yeux Dermacentor

capitulum subrectangulaire

stigmates ovalaires pas d’yeux

article II des pédipalpes

élargis

Haemophysalis

brévirostres

Bien sclérifiées

Stigmates virgulaires Sillon anal net Rhipicephalus

capitulu hexagonal

peu sclérifiées stigmates ovalaires sillon anal peu net Boophilus

(24)

3.2.2. Mise en ponte

Des femelles d’Amblyomma variegatum et de Rhipicephalus (Boophilus) gorgées ont été recueillies dans des tubes secs. Celles-ci ont été ramenées au laboratoire et conservées dans un milieu isolé. Les œufs obtenus et mis en flacons ont été incubés dans une étuve Binber à une température de 27°C et à une humidité relative variant entre 86 et 90% pour l’obtention des larves des deux espèces de tiques ciblées. Après l’éclosion, les larves ont été conservées dans les mêmes flacons dans les mêmes conditions de température et d’humidité relative.

Figure 4 : Mise en ponte

3.3. Difficultés rencontrées

Au terme de ces recherches, maints sont les problèmes que nous avons eu à rencontrer :

 la pénibilité d’accès sur la ferme d’expérimentation ;

 difficulté du contrôle permanent de l’évolution des tiques sur les bovins traités et les témoins ;

 la pluie qui a rendu souvent pénibles les traitements à effectuer et impraticable l’étable.

 les bouviers n’ont pas de botte ; ceci est à la base des blessures qui rendent plus difficile la contention des animaux.

(25)

DEUXIEME PARTIE :

Utilisation d’une méthode endogène de lutte contre les tiques au Sud-Bénin: effets de l’extrait d’huile essentielle d’

Ocimum gratissimum

en milieu réel sur la tique

Rhipicephalus (Boophilus) microplus

.

(26)

4. Généralités

4.1. Généralités sur les tiques ectoparasites des bovins

Encore appelées Ixodidés, les tiques dures sont des Arthropodes vecteurs, hématophages stricts impliquées dans la transmission de nombreux agents pathogènes.

Elles seraient apparues il y a environ 225 millions d’années, à une époque où elles parasitaient exclusivement les reptiles et ont subi depuis, une longue évolution (Klompen et al, 1996). Jusqu’à ce jour, on répertorie quelques 800 espèces dont plusieurs sont adaptées aux animaux domestiques (Bourdeau, 1993). Cette adaptation reste une source de nombreux problèmes à l’origine non seulement de pertes économiques importantes dues à un pouvoir pathogène direct, mais aussi à leur rôle de vecteur de maladie virales, bactériennes ou parasitaires. La première démonstration de leur capacité à transmettre des maladies a été faite à la fin du 19ᵉ siècle avec Boophilus annulatus qui était reconnue capable de transmettre un protozoaire, Babesia begimina, l’agent de la maladie « Texas cattle fever » (Goodman et al, 2005). Depuis, les tiques dures ont été aussi impliquées dans la transmission de maladies bactériennes à l’homme au début du 20ᵉ siècle (Socolovschi et al, 2008). Leur impact en matière de santé vétérinaire et publique a été réévalué avec la description en 1982 de Borrelia burgdorferi comme agent de la maladie de Lyme aux Etats Unis et en Europe (Goodman et al, 2005).

4.2. Classification

Les tiques appartiennent à l’embranchement des arthropodes, à la sous-classe des Acariens et à l’ordre des Ixodida. La classification des tiques fait toujours l’objet de discussions parmi les écoles de systématique américaine, française et russe. Ainsi, la lecture des différentes publications concernant les tiques est rendue difficile par le nombre important de noms qui ont pu être attribués aux différents taxa à travers l’histoire (Socolovschi et al., 2008). Cependant, Camicas et al. ont publié une synthèse des différents noms et synonymes utilisés dans la littérature avec 869 espèces ou sous-espèces répertoriées au 1ᵉʳ janvier 1996. Cette publication constitue la référence majeure francophone en taxonomie (Camicas et al., 1998 ; Socolovschi et al., 2008). Deux superfamilles sont distinguées : Les Argasoïdae ou tiques molles et les Ixodoïdae ou tiques dures. Il existe 223 espèces de tiques en Afrique dont 180 sont des tiques dures et 43 des

(27)

tiques molles (Socolovschi et al., 2008). Seules les Ixodoïdae feront l’objet d’une présentation détaillée dans notre document.

(28)

Tableau 2: Systématique simplifiée des tiques

(29)

4.3. Appellations locales des tiques des bovins

Les tiques parasites des bovins sont bien connues au Bénin et portent des noms variés selon les différentes langues du pays.

Tableau 3: Appellations locales des tiques.

N° Langues Appellations des tiques

01 Bariba Kirinu

02 Peulh Kooti

03 Fon et Goun Kpaxo

04 Nago Egban

Source : projet WECATiC –EPAC

4.4. Morphologie générale

4.4.1. Morphologie externe

La morphologie de la tique varie avec le sexe et le stade évolutif. A jeun, la larve mesure moins d’un millimètre, la nymphe environ 2 à 3 mm, les adultes mâles 4 à 5 mm, et les adultes femelles 8 à 10 mm (Pfaff, 2007).

D’un aspect globuleux, piriforme, aplati dorso-ventralement à jeun et plus ovoïde après un repas sanguin, le corps d’une tique est divisé en deux parties: le gnathosoma ou le capitulum et l’idiosoma (figure 4) (Barre, 2003). Le gnathosoma porte essentiellement les pièces buccales dont la morphologie est très particulière aux acariens. L’appareil buccal est constitué d’une paire de palpes qui entourent un rostre médian composé d’un hypostome tranchant et de deux chélicères protégés chacun dans une gaine. L’hypostome (figure 3) porte trois rangés d’épines sclérifiées, ventrales, à direction rétrograde qui servent au vecteur à se fixer solidement sur l’hôte. Les caractères morphologiques du rostre sont des éléments essentiels à la détermination des espèces de tiques dures et à la compréhension du rôle pathogène. On distingue des tiques longirostes (rostre nettement plus long que large) et des tiques brévirostres (rostre s’inscrivant grossièrement dans un carré) (Blary, 2004;

François, 2008; Bourdeau, 1993b).

(30)

L’idiosoma a un aspect globuleux et porte sur la face ventrale quatre paires de pattes chez les nymphes et les adultes (acariens octopodes), tandis que les larves sont plus petites et n’en possèdent que trois paires. Sur la face dorsale, l’idiosoma porte une plaque sclérifiée pentagonale, en losange ou en cœur avec deux yeux sur le bord dorso-latéral quand il existe: l’écusson chétinisé ou le scutum (Barre, 2003 ; Estrada-Pena et al., 2004).

Il présente une couleur brun-rougeâtre ou des plaques émaillées chez certaines espèces des genres Amblyomma (figure 6). Cet écusson est réduit chez la femelle et les stases immatures, permettant ainsi la croissance lors de la réplétion. Chez les mâles, l’écusson recouvre toute la face dorsale et peut être accompagné par des plaques ventrales ; ce qui explique le nom de tiques dures. Le scutum est parfois divisé sur sa surface par des sillons (cervical, scapulaire, médiodorsal, latéral, caudal) et son bord postérieur est parfois découpé en festons au nombre de 11 plus ou moins fusionnés (Amblyomma, Hyalomma et Rhipicephalus). Ces festons sont absents chez le genre Boophilus (figure 5) (Walker, 2003).

Le reste du tégument comporte des sillons longitudinaux et des rides transversales qui permettent l’extension du tégument lors des repas sanguins. On y trouve d’autres organes comme les spiracles, le gonopore et l’uropore.

Figure 5 : Anatomie du capitulum

(31)

Figure 6: Représentation schématique des tiques Ixodes sp., Rhipicephalus sp. et Dermacentor sp. femelle et mâle en vue dorsale (d’après Estrada-Pena et al., 2004)

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a b

c d

Légende:

a=Mâle (face dorsale); b=Mâle (face ventrale); c= Femelle (face dorsale);

d= Femelle (face ventrale)

Figure 7 : Morphologie externe du genre Boophilus Source : WALKER et al (2003)

(33)

a b

c d

Légende

a= Mâle (face dorsale); b= Mâle (face ventrale); c= Femelle (face dorsale);

d= Femelle (face ventrale)

Figure 8: Morphologie externe d’Amblyomma variegatum Source : WALKER et al (2003)

(34)

4.4.2. Morphologie interne

La tique est essentiellement formée d’hémolymphe qui baigne l’ensemble de ses organes contenu dans une cavité générale appelée hémocoelle.

4.4.2.1. Le système digestif

Le tractus digestif commence en avant par une cavité buccale, constituée par la juxtaposition des chélicères et de l'hypostome lors du repas. En arrière, se trouve un pharynx musculaire qui permet la succion du sang et sa déglutition vers un œsophage; il permet également l'émission de salive, via deux canaux salivaires qui le relient aux glandes salivaires. La salive joue un rôle majeur dans le repas sanguin (à la fois anesthésiante, anticoagulante, immunorégulatrice), et ces glandes sont très développées et volumineuses.

L'œsophage débouche dans une cavité gastrique stomacale, présentant de nombreux diverticules ou caecum ramifiés, qui vont pouvoir se distendre lors du repas sanguin. C'est dans cette cavité que se dérouleront la digestion et le stockage du sang à long terme. Les cæcums sont également en contact avec de nombreux organes, notamment les ovaires ; ce qui explique le passage transovarien de nombreux germes pathogènes. Le tractus digestif se poursuit par un petit intestin court, aboutissant à un sac rectal, lui-même débouchant sur l'anus (Mougel, 2011).

4.4.2.2. Appareil excréteur

Une paire de longs tubes de Malpighi va venir au contact des principaux organes de la tique. Ils se terminent dans le sac rectal et vont collecter les déchets nitrogénés produits par les différents organes ; ce qui va former des cristaux de guanine qui seront évacués via le rectum. Ces tubes de Malpighi jouent également un rôle dans la régulation osmotique en éliminant l'excès d'eau ingérée lors du repas sanguin. La tique peut ainsi concentrer plus d'hémoglobine et de protéines dans sa cavité gastrique (Mougel, 2011).

(35)

Figure 9 : Principaux organes digestifs et excréteurs d'une tique.

4.4.2.3. Le système respiratoire

La respiration s'effectue par des trachées qui débouchent au niveau des plaques stigmatiques. Les gonades, paires à l'origine, se réunissent en un massif unique dans la partie postérieure du corps, d'où partent les canaux d'élimination qui s'assemblent antérieurement avant de déboucher en un conduit unique par le port génital. La circulation est assurée par un cœur dorsal pulsatile.

4.4.2.4. Appareil génital

Chez la femelle, il n'y a présence que d'un seul ovaire médian volumineux en fer à cheval, reliés par deux oviductes latéraux à un utérus. Cet utérus est en contact avec le port génital via le vagin, et avec un réceptacle séminal qui servira à stocker les spermatozoïdes.

Il y a présence d'un organe de Gené, constitué d'une glande abouchant au niveau des aires poreuses. Cet organe permettra lors de la ponte de recouvrir les œufs d'une cire lipidique pour éviter la déshydratation. Chez le mâle, deux testicules tubulaires rejoignent une vésicule séminale via deux canaux déférents. En partie postérieure à cette vésicule, un complexe de glandes accessoires est présent médialement; et la vésicule est en contact avec le gonopore par un conduit éjaculateur.

(36)

4.5. Cycle de développement des Ixodidés.

Les tiques ixodidés ont 3 stades de développement actifs : larvaire, nymphal et adulte. Les stades sont séparés par un repas sanguin qui peut durer plusieurs jours et qui est suivi d’une mue. Après copulation, la femelle pond environ 1 000 à 20 000 œufs dans un abri. La durée de l’incubation est de 20 à 50 jours selon les espèces, la température et l’humidité.

La larve éclot 2 à 4 semaines après la ponte tandis que son repas sanguin dure 3 à 5 jours. Quand la larve est bien gorgée, elle se laisse tomber au sol, y cherche un abri pour effectuer la mue qui a une durée de 2 à 8 semaines. Le même comportement est répété par la nymphe (c’est-à-dire les déplacements, la quête de l’hôte, le repas sanguin de 3 à 5 jours). La métamorphose en adulte est en général plus longue, jusqu’à 20 à 25 semaines dans les conditions les plus défavorables (Socolovschi et al., 2008). L’accouplement des adultes se déroule au sol ou sur l’hôte selon les espèces. La durée du repas sanguin est de 5 à 10 jours. Certaines femelles commencent leur repas avant l’accouplement et le terminent après la fécondation. La femelle se détache de l’hôte après son repas de sang, se laisse tomber au sol et recherche une zone ombragée où elle reste pendant 3 à 4 semaines avant d’entamer la ponte qui dure 10 à 30 jours. La durée d’un cycle est en moyenne de 2 à 4 ans, pouvant aller jusqu’à 7 ans si les conditions climatiques ne sont pas favorables, mais certaines tiques monoxènes du genre Boophilus possèdent des cycles très courts allant de 21 à 25 jours (figure 8). Les tiques dures sont très sensibles à la dessiccation. Si les conditions climatiques ne sont pas favorables, la tique entre en diapause, un état caractérisé par une chute du métabolisme et un développement retardé.

Figure 10: Cycle de développement des ixodidés

(37)

4.6. Vie parasitaire

4.6.1. Spécificité d’hôte

Le choix de l’hôte est une phase clé du cycle des tiques. C’est le type d’habitat en vie libre qui conditionne la vie parasitaire. Ainsi les tiques pholéophiles, se nourrissent surtout de petits mammifères, de reptiles ou d’oiseaux, alors que les tiques exophiles recherchent des animaux de plus grande taille comme les carnivores, les ongulés. Certaines tiques sont ubiquistes (notamment pour les formes immatures des tiques exophiles comme Ixodes ricinus), d’autres sont plus sélectives, orientant leur choix vers un groupe de vertébrés dont l’absence entraîne à terme la disparition des acariens.

4.6.2. Cycles parasitaires

En fonction du nombre des hôtes et des phases parasitaires on distingue trois types de cycle. Il s’agit de :

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un cycle monophasique ou monoxène adapté, où la nécessité de chute au sol est supprimée. Toutes les stases évoluent sur le même hôte parasité à la stase larvaire.

Les mues larvaire et nymphale ont lieu sur celui-ci; la tique ne le quitte qu'adulte et gorgée (figure 9). Il n’y a qu’une phase parasitaire et seuls la ponte, l’incubation et les déplacements des larves en quête d’un hôte se passent sur le sol. La durée du

cycle s’en voit raccourcie, mais la période de séjour sur l’hôte est au contraire prolongée. C'est le cas des Rhipicephalus (Boophilus) microplus. (Perez-Eid et Gilot, 1998)

Figure 11 : Cycle de vie à un hôte (Madder, 2005)

 un cycle diphasique ou dixène où les trois stases évoluent sur deux hôtes individuellement différents : dans la première phase, la larve gorgée mue sur l’hôte et la nymphe qui en provient se refixe à proximité ; par la suite, la mue nymphale a lieu sur le sol et les adultes se fixent sur un nouvel hôte (figure 10). Le cycle est ainsi beaucoup plus rapide. C'est le cas du cycle de Hyalomma marginatum rufipes (Perez-Eid et Gilot, 1998).

(39)

Figure 12 : cycle de vie à deux hôtes (Madder, 2005)

 Le type triphasique où les trois stades parasitent trois hôtes différents. La larve à jeun se fixe sur le premier hôte, effectue son repas et tombe au sol. Après la mue, la nymphe devra rencontrer le second hôte pour effectuer son repas sanguin. La nymphe gorgée tombe au sol et effectue sa deuxième mue. L’adulte devra à son tour se fixer sur un troisième hôte pour effectuer le dernier repas du cycle (figure 11). Dans la phase adulte, l’accouplement peut s’effectuer au sol avant la conquête de l’hôte ou sur l’hôte lui-même.

(40)

Figure 13 : cycle de vie à trois hôtes (Madder, 2005)

4.7. Rôle pathogène

Le parasitisme du bétail par les tiques provoque plusieurs désordres que l'on peut classer en deux catégories : le rôle pathogène direct et le rôle pathogène indirect.

4.7.1. Rôle pathogène direct

On observe tout d’abord les lésions classiques lors d’infestation par les tiques que sont les désordres dermatologiques au point de fixation et les désordres hématologiques issus de la spoliation sanguine (Merchant et al., 1991).

Action mécanique et irritative

(41)

Les troubles dus à la seule présence des tiques indépendamment des toxines qu'elles peuvent secréter ou des transmissions d'agents pathogènes sont loin d'être négligeables.

Les lésions provoquées sont prurigineuses et douloureuses suivie d’inflammation locale avec prurit, érythème local et formation de nodule.

Action favorisante

Des infections cutanées en particulier à Staphylocoques peuvent survenir accompagnées parfois des myiases. Des plaies locales lors du détachement de la tique sont des sites propices au développement des larves de mouches.

Action spoliatrice

Les prélèvements sanguins peuvent être importants quand les tiques sont nombreuses sur l'hôte ; Pour Amblyomma variegatum, la saignée peut atteindre plusieurs centaines de millilitres par jour et peut entrainer une anémie de l'animal. En comparant la croissance entre deux groupes d’animaux, détiqués ou non, chaque femelle d’Amblyomma variegatum entraîne une perte moyenne de 50 grammes de poids vif. Ceci serait dû à un effet anorexigène des tiques ou à un détournement du métabolisme de l’hôte vers les réactions immunitaires et inflammatoires au détriment de la croissance (Stachurski, 2000).

Action toxique

Indépendamment de l'effet mécanique et cytologique, les tiques manifestent un pouvoir pathogène particulier par la toxine présente dans leur salive dont les effets concernent l'organisme de l'hôte tout entier. Ces toxines libérées vont être actives contre certains tissus de l'hôte ; toxines neurotropes provoquant les paralysies à tiques, toxines dermotropes provoquant des dyshidroses à tiques.

4.7.2. Rôle pathogène indirect

Certains germes peuvent être transmis par les tiques. Ceux-ci jouent alors un rôle pathogène indirect, une espèce de tique pouvant être le vecteur de germes spécifiques : virus, bactéries, protozoaires et même d’helminthes. Ce rôle pathogène indirect est de loin

(42)

le plus important. Le caractère de vecteur est défini par Jongejan et Uilenberg (2004) : la tique doit se nourrir sur un hôte vertébré infecté, être capable de capter cette pathogène lors du gorgement, de le maintenir à travers un ou plusieurs stades du cycle et de l'inoculer à d'autres hôtes lorsqu'elle se nourrit à nouveau. Des protozooses comme les babésioses ou les theilérioses, des rickettsioses comme la cowdriose ou l'anaplasmose bovine, ou des zoonoses comme la fièvre Q, la fièvre boutonneuse ou la fièvre pourprée des Montagnes Rocheuses, des spirochétoses comme la maladie de Lyme peuvent être transmises par piqûre de tiques. Les tiques peuvent aussi transmettre la tularémie et des salmonelloses.

Elles sont également vectrices de virus comme ceux du Louping ill du mouton, de l'encéphalite à tiques, des fièvres hémorragiques.

5. Etude approfondie de Rhipicephalus (Boophilus) microplus

C’est une tique parfaitement adaptée au bétail et qui a évolué vers une simplification extrême de son cycle (figure 12), la prédisposant à accompagner ses hôtes dans leurs déplacements naturels ou induits par l’homme. Elle a d’ailleurs une répartition pantropicale quasi ininterrompue. Des éléments basés sur les performances de reproduction et sur des divergences dans certaines séquences d’ADN mitochondrial de souches collectées dans son aire de répartition mondiale seraient en faveur de l’existence de deux espèces, Rhipicephalus (B). microplus et Rhipicephalus (B). australis. La première, originaire de l’Inde et du Népal, aurait été transportée en Afrique et en Amérique ; la seconde, indonésienne, aurait été importée en Australie puis en Nouvelle-Calédonie. Une révision récente de la nomenclature place maintenant Boophilus microplus dans le genre Rhipicephalus (comme la tique du chien Rhipicephalus sanguineus). Son nom scientifique est donc désormais Rhipicephalus microplus (Barre, 2010).

(43)

Figure 12 : stades de Rhipicephalus (Boophilus) Microplus

Figure 14: Stades de Rhipicephalus (Boophilus) microplus

5.1. Distribution, importance économique, localisation sur hôtes et maladie transmise.

5.1.1. Distribution initiale et propagation régionale.

Il est admis que le berceau de Rhipicephalus (B) microplus doit être cherché dans les zones tropicales et subtropicales de l’Asie où elle devait initialement parasiter des Bovidés sauvages. De là, il a été transporté avec du bétail en Afrique de l’Est et australe, aux Comores, à Madagascar, dans les Mascareignes, en Amérique centrale et du Sud, dans le nord et l’est de l’Australie, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et récemment en Afrique de l’ouest dont le Bénin. C’est la tique tropicale ayant la plus vaste répartition et celle qui, par les maladies qu’elle transmet (babésioses, théilérioses, anaplasmoses), génère les pertes les plus importantes pour la filière bovine (Barré et al., 2010 ; Madder, 2012) (figure15)

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Figure 15 : Carte de dissémination de Rhipicephalus (B) microplus (Barré et al.,2010 ; Madder, 2012)

Au Bénin, dans les régions ou le climat est convenable pour les tiques bleues du bétail, peu de Rhipicephalus (B) microplus ont été trouvées. Dans la partie du sud de la coupe, le climat est plus approprié que le nord. Les nombres s’étendent de 126 à 181 tiques sur les animaux qui ont été collectés (De Clercq et al., 2013). Dans la zone un peu plus au nord, 1 à 2 tiques de Rhipicephalus (B) microplus ont été trouvées. Ceci indique que la tique a continué sa diffusion vers le Nord. Les nombres bas indiquent que le climat n'est pas approprié pour la tique (Fig16)

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Figure 16 : Dénombrement de la Rhipicephalus (B) microplus dans la zone de Bassila

La partie du sud entière de zone d'étude est caractérisée par une haute convenance du climat pour Rhipicephalus (B) microplus. Cette région couvre les parties du sud de Nigeria, le Bénin, le Togo et le Ghana. Le pays entier de d'Ivoire Côte tombe à l'intérieur de la distribution alignée de cette tique. Aussi le bord du sud de Burkina est supposé être convenable pour la population de Rhipicephalus (B) microplus.

La déviation standard sur cette évaluation de plus de 10 répétitions étaient maximales à 0,07 et cela a été considéré bas. La plus haute variabilité a été observée le long des limites de la zone de distribution. Une autre région de haute variabilité a été située le long de la côte, du Ghana et de la Côte d’Ivoire (figure17)

(46)

Figure 17 : Convenance du climat prédite en Afrique subsaharienne pour Rhipicephalus (B) microplus

5.1.2. Cycle de développement

Rhipicephalus (B) microplus, est une tique monoxène (les 3 stades se nourrissent sur un seul et même hôte) très spécifique des bovins (monotrope). Chaque cycle (figure 16) comporte trois stades après l’œuf : larve, nymphe, adulte sexué. Le cycle comporte deux phases : une phase parasitaire, fixée sur l’hôte et qui dure de 20 à 25 jours, et une phase libre dans le milieu extérieur, beaucoup plus longue (de 3 à 6 mois environ).

La larve issue de l’œuf est minuscule, brun clair brillant lorsqu’elle est dans la végétation, plus sombre après son repas sanguin. Elle peut être libre dans la végétation ou fixée sur l’hôte pour un premier repas sanguin à la suite duquel la larve mue en nymphe, sans se détacher de l’hôte. La nymphe possède comme les adultes quatre paires de pattes.

Ce stade ne se trouve que sur l’hôte. Après son repas sanguin, la nymphe mue à son tour en adulte, toujours sans se détacher de l’hôte. Les mâles sont de teinte rougeâtre et les femelles brun clair puis gris foncé une fois gorgées. Mâles et femelles s’accouplent sur l’hôte après un petit repas sanguin. Le mâle y reste fixé pour d’autres accouplements, alors que la femelle complète son repas sanguin avant de se détacher de l’hôte pour pondre dans l’environnement. La femelle peu mobile, ne peut se déplacer que de quelques dizaines de centimètres (jusqu’à 1 à 2 mètres, au maximum), voire moins si elle tombe sur un milieu favorable (par exemple le sol frais et ombragé d’une prairie avec de l’herbe haute et

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dense). Elle pénètre alors dans la couche superficielle du sol, sous la litière, à la base d’une touffe d’herbe et ne bouge plus. Si elle tombe sur un sol nu, elle meurt rapidement par l’action du soleil et de la dessiccation. Après trois à quatre jours, la femelle commence à pondre, pendant 11 à 15 jours, des œufs rougeâtres, très petits, formant entre eux un paquet compact (2 600 à 3 000 œufs selon le poids initial de la femelle). Au fur et à mesure de la ponte, la femelle s’aplatit puis meurt. L’incubation dure de 20 à 25 jours et les premières larves éclosent 25 à 30 jours après la chute de la femelle.

Figure18 : Cycle de Rhipicephalus microplus (Barré, 2010)

5.1.3. Impact économique

La tique Rhipicephalus (B) microplus cause de lourdes pertes économiques dans la plupart des agrosystèmes tropicaux, du fait notamment de succès d'invasion et d'adaptation à de nouvelles conditions biotiques et abiotiques ainsi que de l'absence de réponse immunitaire efficace de races européennes de Bos taurus introduites (CHEVILLON et al., 2007).

Diverses observations ont été conduites en Australie pour mesurer l’impact économique direct des tiques (hors maladies transmises). Les animaux parasités manifestent surtout un manque d’appétit. Il a été estimé que 60 à 75% des effets délétères

(48)

de Rhipicephalus (B) microplus sont dus à l’anorexie de l’animal infesté. La chute de poids est d’autant plus intense que le métabolisme est élevé. L’effet des tiques ne suit donc pas une relation linéaire dose-effet, mais dépend notamment de l’état nutritionnel de l’hôte, de sa race et de la saison (Barre, 2010).

Il est toutefois difficile de chiffrer les pertes économiques dues à l’impact direct de Rhipicephalus (B) microplus, car dans la plupart des pays où la tique est présente, elle est accompagnée de son cortège de maladies (babésiose à B. bovis et/ou à B. bigemina, anaplasmose à A. centrale).

5.2. Recherche des hôtes et nature de l’hôte

 Deux stratégies se distinguent à la recherche de l’hôte :

 1ère stratégie : les tiques sont actives dans l’environnement végétal et herbacé et attendent le passage de l’hôte ;

 2ème stratégie : les tiques se déplacent et bougent à travers tout terrain et attaquent leurs hôtes.

 La recherche d’un hôte s’effectue par l’utilisation de l’ensemble des organes sensoriels périphériques des tiques et leurs chémo-, mécano-, photo- ou thermorécepteurs. Les tiques sont très sensibles à des stimuli indiquant la présence d’hôtes potentiels, comme le CO2, l’ammoniac, les phénols, les aromates, mais aussi les vibrations et la température corporelle des animaux à sang chaud. Par exemple, les tiques sont attirées par les vibrations des pieds sur le sol lors de la marche, ou par le CO2 émis par un véhicule au ralenti dans la savane. Le rôle du CO2 émis par les villes a également pu être impliqué dans l’épidémiologie ou l’émergence de certaines maladies humaines transmises par les tiques. La chaleur peut modifier le comportement et augmenter l’agressivité des tiques (Socolovschi et al., 2008). Dans le choix de l'hôte, certaines tiques font preuve d'une très grande spécificité, d'autres moins. De plus, la sélectivité des tiques envers leurs hôtes est variable et suivant la similitude ou la différence des tropismes manifestés aux diverses saisons.

(49)

5.3. Localisation sur les hôtes

La localisation des tiques est liée aux facultés de pénétration de l'hypostome. Ainsi les espèces à rostre court (brévirostres) se fixent généralement sur la tête (chignon, intérieur du cornet auriculaire), sur les marges de l'anus, au toupillon de la queue. Les espèces à rostre long (longirostres) se fixent sur les parties déclives (fanon, ars, aines, mamelles, testicules, périnée). Les tiques de petite taille n'ont pas de préférence marquée et peuvent être trouvées sur toute la surface du corps.

5.4. Les maladies transmises par la tiques

Selon Lafia, 1982 les tiques parasites des bovins au Bénin sont responsables d’affections hémoparasitaires graves comme la cowdriose, l’anaplasmose et la babésiose

… (tableau 4)

(50)

Tableau 4 : Protozooses et rickettsioses transmises par les tiques (source : Lafia, 1982)

protozoose Tiques

responsables

protozoaire Symptômes

caractéristiques

Babésiose Boophilus

Haemaphylasis Ixodes ricinus

Babesia bigemina B.bovis

B.major B.divergens

anémie

hémolytique, fièvre, ictère,

amaigrissement Theileriose Amblyomma sp.

Rhipicephalus appendiculatus

Theileria mutans T.parva

adénite généralisée ayperthermie, anémie

Anaplasmose Boophilus Aanaplasma anémie muqueuses blanc

porcelaine, amaigrissement, cachexie, Souffle cardiaque Cowdriose ou

heart water

Amblyomma Ehrlichia ruminatum péricardite, encéphalite

Ehrlichiose Ambyomma sp.

Hyalomma Rhipicephalus

Ehrlichia bovis Signe de l’oreille, torticolis, tournis

Fievre Q Amblyomma

Boophilus

Coxiella burneti Avortement à tout stade de la gestation, dyspnée

chez l’homme

5.6. Influence du mode d’acquisition de l’agent pathogène

L’acquisition des agents pathogènes par une tique peut emprunter trois voies principales. Tout d’abord une tique peut s’infecter lors de son repas sanguin. Il s’agit alors de la transmission dite « horizontale ». La durée de l’attachement à l’hôte réservoir et donc du repas est déterminante pour que cette transmission soit efficace, la proportion de tiques qui s’infectent étant souvent directement proportionnelle au temps d’attachement (Piesman et al., 1991). Pour un même individu, la transmission peut également avoir lieu au cours de la mue, lors du passage d’un stade à l’autre. On parle de transmission trans-stadiale. Ce mode de transmission doit nécessairement exister pour que la tique ait un rôle de vecteur puisqu’un seul repas sanguin est pris par stade évolutif. Les germes acquis pendant le repas

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atteint. Enfin, une femelle infectée peut, par transmission dite trans-ovarienne, transmettre les agents pathogènes à sa descendance. Pour certains agents pathogènes, toutes les voies de transmissions sont possibles. Dans ce cas, les tiques jouent alors, en plus du rôle de vecteur, celui de réservoir de la maladie. La distribution de la maladie sera intimement liée à celle de la tique en cause (Parola et Raoult, 2001). Bien que cela soit anecdotique, il est possible pour les tiques de s’infecter par « Co-nutrition » lors d’un repas à proximité sur le même hôte. L’agent pathogène peut être transmis d’une tique infectée à une tique saine sans infecter l’hôte (Randolph et al., 1996). Enfin, pour certaines Rickettsia sp. et certaines Borrelia sp., agents de fièvres récurrentes, une transmission sexuelle lors de l’accouplement a été décrite (Raoult et Roux, 1997).

5.7. Interaction entre agents pathogènes et vecteurs

On ne sait que peu de choses sur les conséquences des infections au sein de la tique elle-même. Une baisse de fertilité et une plus grande mortalité ont été décrites chez des tiques fortement infectées par R. rickettsii (Niebylski et al., 1999). Il reste également à établir si les propriétés des agents pathogènes, en particulier leur virulence, évoluent lorsqu’elles infectent la tique. C’est par exemple le cas pour R. rickettsi qui perd sa virulence chez le cochon d’Inde si la tique est soumise à un stress physiologique (Raoult et Roux, 1997).

6. Matériel et methode

Dans le présent travail, il sera question d’étudier l’effet des extraits naturels de ces plantes réputées pour leurs propriétés acaricides ou insecticides sur ces acariens.

6.1. Matériel

6.1.1. Les bovins

Le travail s’est déroulé sur 18 bovins de race Borgou tous infestés par les tiques.

Elevés à la FePiPA, ils ont été suivis convenablement selon le plan de prophylaxie de ladite ferme à l’exception du traitement contre les ectoparasites, objet de la présente étude.

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