LA CELLULE ÉPITHÉLIALE ABSORBANTE
DE L’INTESTIN GRÊLE DU PORC
ULTRASTRUCTURE
N. VODOVAR J.-E. FLÉCHON
Marie-José BOUFFLERS, Françoise PESSEY M. NIEKERK Station centrale de Nutrition et Station ceutrale de
Physiologie
animaleCentre national de Rechevches
2 oo<< ’ r/!n!< y M M ,
78 - ,jouy-en-Josas- --,-, ,-
SOMMAIRE
La structure et la fonction de la cellule
épithéliale
absorbante de l’intestin grêle sont étroi-tement liées. I)e nombreuses techniques sont appli<luées à l’étude des phénnmèness de l’absorption
du nutriment ingéré et, en
particulier,
del’absorption
desgraisses ;
cependant il est de toute évi-dence nécessaire, pour faire avancer l’état actuel de nos connaissances en ce domaine, de connaître
l’organisation
et l’ultrastructure des éléments cellulairesqui participent
aux différents processus de cetteabsorption.
La cellule
épithéliale
duporcelet
à la naissance diffère de celle prélevée sur les animauxplus
âgés par une répartition dissemblable des élémentscytoplasmiques
et par laprésence
d’inclusionslipoprotéiques
avant toute ingestion d’aliments. Les transformations structurales(migration
dunoyau,
répartition homogène
des mitochondries, diminution du nombre des tubules de RE dans la zoneapicale)
sont très rapides etcaractéristiques,
pendant les 36premières
heures ; elles ne sontachevées que 3
jours
environ après la naissance, cequi correspond
à un renouvellementcomplet
de la couche
épithéliale
chez le Porc.La division cellulaire est limitée aux cryptes de la muqueuse ; les
jeunes
cellules sedéplacent,
de la base vers le sommet de la villosité, où elles se détachent et tombent dans la lumière intestinale ;
cette
migration
s’effectue parglissement
sur la membrane basale »,qui
sépare la coucheépithéliale
du reste de la
paroi.
Au cours de cesdéplacements,
la cellule sembles’adapter progressivement
à lafonction
d’absorption.
La section transversale de la cellule
épithéliale
diminueprogressivement
tandis que les micro-villosités, dont le nombre reste constant,
s’allongent,
cequi
a pourconséquence d’augmenter
la sur-face
d’échange
avec le milieu intestinal.INTRODUCTION
La relation entre la structure et la fonction est évidente au niveau tissulaire.
Elle l’est
davantage
encore au niveau cellulaire. L’étude raisonnée d’unphénomène biochimique,
de cefait,
est difficilement concevable sans tenircompte
de la struc-ture des éléments cellulaires
qui
entrent enjeu. L’absorption
des nutriments in-gérés,
engénéral,
etplus précisément
desgraisses
alimentaires(substances
insolublesdans
l’eau),
est étroitement liée à la structure des cellulesépithéliales (CE) qui tapissent
la villosité et bordent la lumière intestinale. Une étude rationnelle de cephénomène
nepourrait
donc êtreentreprise
sans tenircompte
de la structure par- ticulière des éléments de laCE,
de samaturation,
de son renouvellementrapide.
De nombreux chercheurs
(que
nous essaierons de passer enrevue)
ontétudié,
sui-vant les moyens
techniques
dont ilsdisposaient,
la celluleépithéliale
de l’intestingrêle
et notamment sa surface libre aveclaquelle
le nutrimentingéré
vient d’aborden contact avant la
pénétration.
Pour la
première fois,
H!w,! asignalé,
en1 8 41 ,
que cette surfaceprésentait
une structure
spéciale.
GRUBY et DW ,nxoND( 1 84 3 ),
étudiant lamorphologie microscopique
et laphysiologie
de la celluleépithéliale
intestinale chez laplupart
des
espèces domestiques,
ontobservé,
sur cette surfacelibre,
des élémentsqui
res-semblaient à des corps vibratiles. A la suite de ces
premières observations,
K!!,-LIKER
(i855),
ainsi que FUNKE(1856),
sur leLapin,
WEI,CKER(r85 7 ),
sur leChien,
ont décrit la surface
apicale
de la celluleépithéliale
intestinale comme une couchedifférenciée,
pourvue de pores-canauxqui, pensaient-ils,
constituaient les voies depénétration
desgraisses.
Pour BRETTAUER et SïEiNACH( 1 85 7 ), qui
ont étudiécette cellule chez
l’Homme,
leCobaye,
le Chien et leLapin,
ils’agissait
d’élémentsen forme de bâtonnets et non de pores-canaux.
Ces travaux, exécutés en même
temps
et souvent sur les mêmesespèces,
ontabouti à des
interprétations
différentes de la structure et de la fonction de la sur-face libre de la cellule
épithéliale intestinale ;
ils ont été à la base de nombreuses controversesqui
ont duréprès
d’un siècle.Pour HEIDENHAIN
( 1 888),
la structureparticulière
de la coucheapicale
de lacellule
épithéliale
devait être une transformationprotoplasmique, irrégulière
etnon
permanente ;
TH.xNHoFi&ER( 1931 ), pensait
que cette structure de la coucheapicale
était un effetd’optique
et que,histologiquement,
il nes’agissait
ni de pores-canaux ni de
bâtonnets,
cecimalgré
les affirmations de ZrMM!xMA:!x( 1 8 9 8),
selonlesquelles
ils’agissait
bien de structures en forme de bâtonnets entourés par ducytoplasme.
Ces différentes thèses ont été
passées
en revue et commentées par PATZEET(I93!) !
Les travaux de BAKER
( 1942 , 1951 ),
ont incontestablementmarqué
uneétape
dans la connaissance de la structure et du fonctionnement de la « bordure striée »
ou « bordure en brosse ».
Cependant,
à cause du faiblegrossissement
de la micros-copie optique,
ces travauxhistologiques,
ainsi que ceuxqui
les ontprécédés,
n’ontpu donner une
image
réelle de la structure de la bordure striée et nous confirmertout ou
partie
des théoriesproposées.
Grâce à son haut
pouvoir
derésolution,
lemicroscope électronique
n’acessé, depuis
unequinzaine d’années, d’apporter
desprécisions
sur la structure de la cel-lule
épithéliale
absorbante et de sa surfacelibre,
que l’on sait maintenant constituée de «microvillosités
»(mv).
GxnrrGER et BAKER
( 1949 , 1950 )
ont été lespremiers
à étudier les mv de la cellule intestinale du Rat aumicroscope électronique
et à montrer que cesprojec-
tions
cytoplasmiques
de formecylindrique
sont arrondies à leurextrémité, séparées
les unes des autres et
perpendiculaires
à la surface de la cellule. Ces observationsont été confirmées et
complétées
par DAI,TON et al.(1950),
DALTON(195 1 ), puis
W EI S
S
( 1955
a,b).
Depuis
lors au cours des dix dernièresannées,
de nombreux travaux, effectués surtout sur leRat,
ontpermis
de mettre en évidence lacomplexité
structurale de la CE de l’intestingrêle
et,principalement,
celle de sarégion apicale
dont le rôle dans lephénomène d’absorption
est depremière importance.
Il a été montré que cha- quecellule,
entourée par la membraneplasmique,
resteséparée
de la cellule voisine parl’espace intercellulaire, excepté
au niveau de la zoneapicale (bandelette obturante)
où les deux membranes sont en contact direct et assurent, avec les desmosomes et les
interdigitations, l’intégrité
del’épithélium (SJ!sTRaND
et7!ETTERQVIST,
1955 ;Z
ETTERQVIST
, I g56 ;
PALAY et KARI,IN, Ig59 ;SJOSTRA)¡&dquo;D, 1963 a).
L’épaisseur
de la membraneplasmique,
formée de 3 couches sur tout le pour-tour de la
CE,
varie entre 80et Iqo1!
suivant les auteurs et suivantl’espèce
étudiée(ZETTERQVIST,
I955 ;RoI3!ERTSOrr,
1959,1961 ; SJÔSTPAND, 1963
a,b, c).
Pour cer-tains
chercheurs,
la membraneplasmique
de la surface libre estlégèrement plus épaisse
que celle du reste de la cellule et diffère nettement des autrescytomembranes (S
J Ô S T R A ND
,
1959,1963 b,
c,d).
En traitant la muqueuse intestinale du Rat par une solution
hypertonique
de chlorure de
sodium,
à destemps
variables avant lafixation,
iVIII,r.INGTON et FINEAN
( 19 6 2 , 19 6 3 )
ontprécisé
la structure des mv et,spécialement,
celle de la membraneplasmique
et des fibres des mv. La mise en évidence des mv sur la sur-face libre de la CE a
permis
de constater uneaugmentation
considérable de la surface absorbante. Cetteaugmentation
étant fonction du nombre et des dimensions desmv
(sur lesquelles
les chercheurs ont fourni des donnéesnumériques variables) peut
être néanmoins estimée à 20 fois environ:L’évolution des mv,
pendant
la maturation de laCE,
n’a pas étéanalysée.
La zone
apicale dépourvue d’organites
cellulaires n’a été quepartiellement explorée.
La relation de la membraneplasmique
libre avecl’endoplasme,
à traverscette
couche,
doit êtreprécisée
si l’on cherche àexpliquer
l’acheminement deslipides
à travers la CE.
Il est de
l’opinion
de laplupart
des chercheurs que le RE est relativement peu abondant dans la CE(par rapport
à une cellule dupancréas
ou à unlymphocyte)
et, engénéral,
orientéparallèlement
à songrand
axe. Sonrôle, singulièrement
dansle
transport
deslipides,
reste à déterminer. L’étude del’appareil
deGolgi,
surtouten fonction du rôle
qu’il pourrait jouer
dansl’absorption
deslipides,
ne semble pasapporter
de conclusionsprécises
et concordantes.Après
l’étudehistologique
de laparoi
de l’intestingrêle
du Porc(V ODOVAR , I9
6q.)
et du lieu del’absorption
desgraisses
de différentes natures(V ODOVAR
etal., 19
65),
nous avonsessayé d’apporter
ici une contribution à la connaissance de l’ul- trastructure de la CE(noyau exclu)
du Porc.Notre attention s’est
portée,
enparticulier,
sur la structure de la membraneplasmique,
de lamicrovillosité,
du réticulumendoplasmique
et de sesvariations,
suivant
l’âge
de l’animal et la maturité de la celluleépithéliale.
Eneffet,
ces élémentsnous
paraissent jouer
un rôle depremier
ordre dans lesproblèmes
depénétration
et de
transport
desgraisses
alimentaires à travers la cellule absorbante.MATÉRIEL
ETMÉTHODES
Les fragments de la paroi de l’intestin
grêle
sont prélevés dans lapartie
proximale du jéjunum- iléon, sur des porcs d’âges différents, suivant latechnique
décrite précédemment (VODOVAR, 1964).Pour suivre les modifications structurales normales de la cellule
épithéliale pendant
le temps del’absorption
etpendant
lejeûne,
le dernier repas est donné, suivant l’animal, entre i heure et1
8 heures, avant le
prélèvement
des tissus.Les tissus
prélevés
sur des animauxà jeun depuis plus
de 18 heuresprésentaient
des modificationscytoplasmiques irrégulières
et variables et n’ont pas faitl’objet
de cette étude.Les fixations sont effectuées avec :
a) Le
tétroxyde
d’osmium à i p. 100, tampon véronal-acétate et à 2 p. [00, tamponphosphate
de
Milloning, pendant
i heure.b) Le permanganate de
potassium
à o,6 p. roo et à 2 p. 100.c) La
glutaraldéhyde
à 6 p. 100 avecpostfisation
dans letétroxyde
d’osmium à 2p. 100 ou le permanganate depotassium
à i p. 100.Les fragments de tissus d’environ i mm3sont inclus dans le
méthacrylate prépolymérisé
ou dansle
styrène-méthacrylate (KiisiiIDA,
ig6i) et aussi levestopal.
Les coupes sont obtenues au micro- tome Porter-Blum à uneépaisseur
de 5oo à i ooo A. Les tissus sont constratés à l’acétated’uranyle
avant inclusion ou sur coupes.
Les coupes,
placées
en sandwich entre un film de fonnvar et de carbone dans le cas du métha-crylate,
ont été observées avec l’1?Imiscop 1 Siemens à un grossissementcompris
entre 300o et 40 ooo.Ces
techniques
nous ontpermis
d’obtenir à la fois une bonnepréservation
des tissus et des li-pides
et un contraste satisfaisant, cequi
estimportant
pour notre étudeparallèle
del’absorption.
Ont été étudiées successivement les cellules des
parties
basales, desparties
intermédiaires et des sommets des villosités, chez des animauxd’âges
différents(fig.
1).RÉSULTATS
A ― Forme et dimensions de la cellule
épithéliale
du Poyc(fig. B)
Disposées
enépithélium
unistratifié bordant la lumièreintestinale,
lesCE,
dontl’emplacement
estidentique
sur lesvillosités,
sontmorphologiquement
semblableschez des porcs de même
âge.
Cescellules, qui tapissent
la surface libre desvillosités, peuvent
être considérées comme les éléments absorbants des substancesingérées
et notamment des
graisses,
sur toute lalongueur
de l’intestingrêle (V ODOVAR
etal., 19
65).
Chez le
nouveau-né,
les CE sontapproximativement cylindriques, puis
leursection transversale devient
polygonale (pentagonale
ouhexagonale
suivant le nombre des cellulesadjacentes).
Seule la surfaceapicale
de ces cellules est libre. La sectionlongitudinale
estgrossièrement rectangulaire ;
desirrégularités (espaces
in-tercellulaires
variables, plissements
ouélargissements latéraux, fig.
2,12 )
sontfréquentes
sur les côtés et à la base.Les dimensions de la CE varient suivant son
emplacement
sur lavillosité,
c’est- à-dire suivant sondegré
de maturité. Eneffet,
lamultiplication
cellulaire seproduit,
sauf de rares
exceptions,
dans lescryptes ;
lesjeunes
cellules arrivent à maturitéau cours de leur
migration
vers le sommet desvillosités ; puis
elles s’en détachent et tombent dans la lumière intestinale. La durée de vie d’une CE de lapartie proxi-
male du
jéjunum-iléon,
chez le Porc de 5semaines,
est de l’ordre de3 6
à 72 heures(Vonov.!R,
nonpublié).
La
longueur
des CE est laplus
courte pour les cellules lesplus jeunes
et devientplus grande
au fur et à mesurequ’elles
serapprochent
du sommet ; elle varie entre 25 et 5° ¡L ; la moyenne, pour lapartie
distale de la villosité est de 40 y. Leur lar- geur est inversementproportionnelle
à leurlongueur :
les cellules lesplus jeunes
ont donc le
plus grand diamètre ;
cette dimension estcomprise
entre 6 et 12 !, pour l’ensemble des cellulesépithéliales.
La section transversale de la cellule n’est donc pas constante : la moyenne obtenue
après
de nombreuses mesures de cellules situées sur lapartie
distale des villosités et au niveau de la coucheapicale
est d’environ45 y2 ;
le volume semble rester constant du fait de la variation en sens inverse de la section et de la hauteur(ordre
degrandeur
200o1 .L 3 ).
L’âge
de l’animal semble avoir peu d’influence sur les dimensions de la cellule.B ― Membrane
plasmique
Le
cytoplasme
dechaque
cellule est limité sur tout sonpourtour,
ycompris
les
microvillosités,
par uneligne
opaque propre àchaque
cellule : c’est la menbrameplasmique.
Elle est formée des 3 couchesclassiques :
une couche interne et uneexterne, opaques, limitant une zone intermédiaire
plus
claire. Les membranescontiguës
des Cradjacentes
sontséparées
par un espaceintercellulaire, excepté
à la limite des surfaces libre et latérale.
I,a membrane
plasmique
de la surfacelibre,
tant sur la microvillositéqu’au
fond de
l’espace intermicrovilleux,
est d’uneépaisseur
totale d’environ115 A
pour des coupes fixées autétroxyde
d’osmium. La couche opaqueinterne, plus
denseque la couche externe, a une
épaisseur régulière
d’environ 35A.
La couche opaque externe, moinsdense,
surtout chez les animaux sacrifiés au moment de ladigestion, présente,
au sommet des mv, unaspect légèrement
effiloché. Sonépaisseur,
sansêtre
partout régulière,
est d’environ 401!,
ainsi que celle de la couche intermédiaire claire(fig. 7 , 8).
On n’observe aucune différence chez les animaux restés àjeun jus- qu’à
18 heures et chez ceux nourrisquelques
heures avant leprélèvement.
Ce
type
de structure membranaire(constitué
de 3couches)
est leplus
courant ;néanmoins,
n!’.1S avonsparfois
observé d’autresaspects :
dans certains cas, la mem-brane semble alors
formée,
nonplus
de 3 couchesparallèles,
mais d’élémentssphé- riques qui
se succèdent.Sur coupes
de
tissus fixés aupermanganate
depotassium,
les couches opaques sontplus
nettement délimitées et la membraneplasmique apparaît légèrement plus épaisse.
L’épaisseur
totale de la membraneplasmique
latérale et basale de la cellule est de l’ordre de 100Â ;
celle de la couche interne étant de 30A,
la couche intermé-diaire et la couche externe ont environ chacune 35
A d’épaisseur.
Le passage de la membrane
plasmique
de la surface libre à la membrane laté-rale,
au niveau de la coucheapicale,
estcaractérisé,
à de raresexceptions près
(fig.
4,!),
par la fusion des couches opaques externes des membranesplasmiques
descellules
adjacentes.
Ceciengendre
une formation nommée «jonction
cellulaire », constituée de 5 couchessuccessives,
3 opaques et 2plus
claires. Cetteespèce
de ceinture estdisposée
autour de la zoneapicale
dechaque
cellule sur une hauteur deo,r
5 à o,20
environ.
C’est la « bandelette obturante » ou « terminal bar ». On observequelquefois
l’absence dejonction
cellulaire(fig. 5 ),
surtout dans lapartie
distale des villosités. Cecipeut s’expliquer
par l’écartement des cellules au passage deslympho-
cytes
(souvent
observés dansl’espace intercellulaire)
ou par l’élimination de cellules àmucus ou encore par la chute des CE.
En dessous et sur tout le
pourtour
de lacellule,
les membranes sontséparées
par
l’espace intercellulaire ;
elles sontcependant
pourvues d’élémentsqui permettent
de maintenir la cohésion etl’intégrité
de la coucheépithéliale.
Environ o,2 à 0,3 ! en-dessous de la bandeletteobturante,
on trouve desdépôts
intermittents de sub- stance opaque(osmiophile),
depart
et d’autre de la même zone des deux cellulesadjacentes (fig.
4, 5, 7,9 ). L’espace intercellulaire,
à ceniveau,
est devenuplus large
sur unelongueur
dequelques
dixièmes de y. Apartir
de cesdesmosomes,
de nombreuses fibrillesrayonnent
tout autour et surtout vers la coucheapicale
danslaquelle
elles s’insèrent. Des structuresdesmosomiques semblables,
mais dont les espaces intercellulaires sont moinsélargis,
se trouventdisséminées,
sansordre,
surtout le
pourtour
de lacellule ; cependant
ces différenciations membranaires entre cellulesadjacentes
sontplus
abondantes sur la moitiésupérieure
de la cellule.Signa-
lons
rapidement (nous ;reviendrons plus
loin sur cepoint) qu’à
un niveau situé endessous de la
première rangée
dedesmosomes,
la membraneplasmique semble,
assez
régulièrement,
établir la liaison avec le réticulumendoplasmique (fig. 7 ).
A
partir
de o,qenviron
au-dessous de la surface libre de lacellule,
les mem- branesplasmiques
latérales forment desreplis,
variables en nombre et enaspect,
soitparallèles
augrand
axe de lacellule,
soitperpendiculaires
à celui-ci. Ces nom-breuses
interdigitations permettent
un maintiensouple
de la cohésion des CE(fig.
2
,
12,13 ).
La substance intercellulaire constituepeut-être
aussi un facteur decohésion des cellules
épithéliales.
Entre la bandelette obturante et les
desomosomes,
la distanceséparant
lesmembranes de deux cellules
adjacentes (espace intercellulaire)
est assezrégulière
et d’environ 100
A
pour des tissusprélevés
sur des animaux soit àjeun,
soit nourrisjuste
avant le sacrifice. Au-dessous de lapremière rangée
des desmosomesjusqu’à
la
basale,
cesespacements
sontirréguliers (fig.
7, 12,z 3 ).
Bien qued’aspect
différentd’une coupe à
l’autre,
il ressort néanmoins que les espaces intercellulaires sontplus importants
chez leporcelet
au moment de lanaissance, puis
chez les animaux abattuspendant l’absorption
que chez ceux abattus àjeun.
Les espaces lesplus grands,
dans
lesquels
se trouvent souvent des substancesosmiophiles,
sont situés au sommetdes
interdigitations
et vers la base de la cellule(fig.
7, m,r2).
Ces espaces ont unelargeur
très variable(de
100à 3 00oA environ).
La membrane
cytoplasmique
et la basalesuivent,
leplus
souvent, un parcoursrectiligne
etparallèle (fig. 11 ).
La basalesépare
la cellule des éléments du stroma(notamment
de la lactéale centrale et de nombreux vaissauxcapillaires sanguins).
Chez le
porcelet,
à lanaissance,
elle est dense et de mêmeopacité
que la mem-brane
plasmique (fig. 2 ) ;
elle devientrapidement plus large
et moins opaque. Les deux membranes sontséparées
par une coucheplus
claire et d’unelargeur
assezconstante,
sauf
exception (fig.
2,II ).
C ― M icrovillosites de la cellule
épithéliale (fig. C)
Ces structures
cylindriques,
arrondies àl’extrêmité,
constituent desprolon- gements
ducytoplasme
de larégion apicale
et serépartissent
sur la surface libre de la CE duPorc ;
elles ont des dimensions uniformes pourchaque cellule,
mais variables suivant que la cellule se trouve dans lescryptes
ou sur les villosités. Dansce dernier cas, il faut encore
préciser qu’il s’agit
de lapartie proximale
de la villo- sité(base
de lavillosité),
de lapartie
médiane ou de lapartie
distale(sommet
de lavillosité) (fig. 6,
7,8, 9 ).
Ces mv sont assezrégulièrement espacées (fig. 10 ),
sansarrangement particulier,
contrairement à cequi
a étésignalé
chez le Rat par PALAY et KARLIN(1959).
Les
invaginations
du fond des espaces intermicrovilleux sont très nombreuses chez leporcelet pendant
lespremières 3 6
heuresaprès
lanaissance, qu’il
soit nourriou non, mais assez rares chez les animaux adultes ou en
croissance ; toutefois,
elles semblent êtreplus
nombreuses chez les animaux abattusaprès
unjeûne prolongé.
a)
Nombre de mvpar
unité desurface.
Déterminé sur des coupes
parallèles
à la surface de la cellule(fig. 10 ),
ce nombres’élève
approximativement
à 86 par!.2
dans larégion
distale de lavillosité,
à5 8
par
y 2
dans larégion
médiane où les variations sontplus importantes
et à 37par !
dans la
région proximale.
Nous avons vu que la section transversale de la cellule absorbante varie suivant les stades de la maturation :ainsi,
dans lapartie
distalede la
villosité,
cette surface est en moyenne de45 U2 le
nombre des mv dans la mêmerégion
étant de 86 parfL 2 ,
le nombre de mv par celluleépithéliale
estapproxi-
mativement de 3
8 70 (86
X45 ).
Les cellules de labase,
dont les côtés sontcompris
entre 8 et 12 !., ont une surface libre d’environ 100
fL 2 ,
cequi
donne un nombre demv d’environ 3700
( 100
X37 ).
On constate que le nombre des mv ne semble pas varier avec la maturité de la cellule(tabl. r).
b) Longueur
des mv.Des résultats des mesures effectuées dans différentes
régions
et surplusieurs
animaux
(tabl. i),
il ressort que la moyenne deslongueurs
des mv sur les cellules de larégion
distale est de 1,94 IL, les valeurs extrêmes étant1 ,6 0
et 2,35 y. Sur les côtés de la villosité(surface
laplus importante),
cettelongueur
estcomprise
entre0,90 et 1,70 fL avec une moyenne de
r, 3 6
!.. A la base desvillosités,
la moyenne est deo,o6 V .
avec des écartscompris
entreo,8o
et i fL. Lalongueur
des mv dans lespseudo-cryptes (parties
de la villosité dont les surfaces sont tantôtlibres,
tantôtaccolées)
diffère peu de celle des mv de la base.c)
Diamètre des mv.On constate que, pour les cellules des différentes
régions
de lavillosité,
ce dia-mètre croît en raison inverse de la hauteur des mv.
Ainsi,
les mv sontprès
de deuxfois
plus longues
au sommet desvillosités,
mais leur diamètre est alors leplus
faible(tabl. i).
Le diamètre moyen des mv est de
0 , 0 8 2 fL
pour lapartie
distale de lavillosité,
de 0,094fLpour lapartie
médiane et de 0,110 ! pour lapartie proximale.
Le diamètre mesuré sur des coupes à différents niveaux entre la base et le som- met des mêmes microvillosités
présente
des différencesnégligeables.
d) Surfaces et
volume des mv.L’aire moyenne de la section transversale d’une mv sur les cellules situées au
sommet des villosités est de 0,0053
fL 2 ,
dans lapartie
médiane deo,oo6g y 2
et à labase de o,oo95
fL 2 .
La surfacecylindrique
des mv est de o,47y 2
au sommet de lavillosité,
deo,_38 !L2
sur les côtés et de 0,33y 2
à la base(tabl. r).
La différence de surface libre est relativement peu
importante
pour les mv des différentesrégions.
Il en est de même pour leur volumequi
est de0 , 010 fL 3
pour celles situées au sommet de la villosité et de o,oogy 3
pour celles de lapartie
inter-médiaire et celles de la base.
e)
Accroissement de lasurface
librepa y
les mv.Étant
donné le nombre des mv parfL 2 ,
on trouve que l’ensemble des sections transversales des mv occupeo, 4 6 y 2
dans larégion distale,
0,40y 2
dans larégion
médiane et
0 , 35 fL 2
dans larégion proximale, soit,
suivant larégion,
45 p. 100, 40 p. 100 et 35 p. 100de la section transversale de la CE. La surface nonoccupée par les
mv,ou surface intermicrovilleuse libre de la
cellule,
est de 0,54y 2
pour lapartie distale,
de
0 ,6 0 y 2
pour les cellules de larégion
intermédiaire et de0,65 !
pour lapartie proxi- male,
cequi correspond respectivement
à 55 p. 100, 6o p. 100 et6 5
p. 100 suivant lesrégions.
Par la
présence
des mv, la surface libre de la CE absorbante estmultipliée
parun coefficient d’environ 41 dans la
partie
distale de lavillosité,
23 dans lapartie
intermédiaire et 12 seulement pour les cellules de la base
(tabl. r).
L’aire membra-naire libre
(surface d’échange
avec la lumièreintestinale)
s’élèverait à un maximum de l’ordre de 1700 y 2 ( 45
X41 )
pour une cellule absorbante de lapartie
distale des villosités.Signalons
que peu de variations ont été observées en cequi
concerne le nombreet les dimensions des mv par
rapport
àl’âge
des animaux.D ― Styucture interne de la cellule
épithéliale
du YoycLe volume total de la cellule
épithéliale absorbante, quoique
difficile à déter-miner,
semble peu varier avecl’âge
de l’animal etl’emplacement
des cellules sur la villosité.(Il
estévalué,
trèsapproximativement,
à 2 ooofL 3 ).
Lerapport
nucléo-plasmique,
enrevanche,
semble varier suivantl’âge
et au cours de lamigration
descellules entre la
crypte
et le sommet de la villosité. Le noyau, de formesphérique
et multilobé dans le
jeune âge
et dans les cellulesimmatures,
occupe alors le tierssubapical
de lacellule ;
ensuite il devientellipsoïdal
et sesitue,
laplupart
dutemps,
dans la moitié basale de la cellule.Si on l’observe à une haute
résolution,
on remarque que lecytoplasme
est cons-titué par une substance fondamentale extrêmement
fine, homogène,
contenantdes filaments et dans
laquelle
sont disséminés les élémentscytoplasmiques.
Suivantla densité de la substance
hyaloplasmique
et suivant larépartition
des élémentscytoplasmiques, plusieurs régions peuvent
êtredistinguées
sur une coupeparallèle
au
grand
axe de la cellule.a)
Structure interne d’une microvillosité.Quelle
que soit la fixationutilisée,
les mvapparaissent,
en coupetransversale,
formées decytoplasme homogène
pourvu d’un certain nombre de fibresrectilignes, groupées plus
ou moins nettement autour du centre(fig. ro).
Lesfibres,
en formede
baguettes,
sont orientées defaçon longitudinale
et, au sommet des mv, semblentse
prolonger jusqu’à
la couche interne opaque de la membraneplasmique.
A la basede la mv, le
cytoplasme homogène
se continue dans la zoneapicale
sansdiscontinuité,
tandis que les fibresoccupant
lapartie
centrale de la mv traversent la coucheapicale
et se
prolongent
dans lecytoplasme sub-apical
pour former un fuseau(fig.
5,8).
C’est ce
qu’on appelle
souvent les « racines » des mv ; leur diamètre semble être uni- forme(environ
50A).
b) Ectoplasme (zone apicale
etpériphérique
ducytoplasme).
A
partir
de la base des mv et sous la membraneplasmique
des espaces inter-microvilleux,
s’étend la zoneapicale
dontl’épaisseur
est d’environ 0,15 à 0,20 y.Sa substance
cytoplasmique, plus
dense que dans les autresparties
de lacellule,
est riche en filaments orientés
plus
ou moinsparallèlement
à la surface de la cellule.Une zone
cytoplasmique
de mêmeaspect,
maisplus mince, peut
être observée surles faces latérale et basale de la
cellule ;
c’est la coucheectoplasmique (P AIAY
etK
ARLI
2B&dquo;&dquo;, ig 5 g).
On observeaussi,
à ceniveau,
entre les racines des mv, de nombreux tubules dont laparoi
est formée d’une membranecytoplasmique (V ODOVAR
etFt,!ÉCHOx, ig6 4 ; IBI C N ABB , 19 6 4 )
etqui,
en cheminant à l’intérieur de cettecouche,
semblent relier le fond des espaces intermicrovilleux à un réseau de réticulum endo-
plasmique
se trouvant à la limite inférieure de la zoneapicale.
c) EndoPlasme (cytoplasme compris
entrel’ectoplasme
et lenoyau).
Dans cette
partie
de lacellule,
la substance fondamentale ducytoplasme,
par- semée degranules ribosomiques,
est moins dense et pourvue des élémentscytoplas- miques
habituels(mitochondries,
réticulumendoplasmique, etc.)
et de structuresou d’inclusions occasionnelles. Ces éléments sont variables suivant
l’âge
et la maturité de la CE.1
° Les
mitochondries,
absentes de la zoneapicale,
sont disséminées dans lecyto- plasme
d’unefaçon
différente suivantl’âge
de l’animal et suivant la maturité de la CE.Chez le
porcelet nouveau-né,
lesCE, qui
ont lapolarité
renversée et ne sont pasencore
fonctionnelles,
ont leurs mitochondriesplacées
presque exclusivement dans larégion
située au-dessous du noyau, celui-cioccupant
lapartie sub-apicale
de lacellule
(fig. r).
Dès que l’animal absorbe lapremière nourriture,
le noyau sedéplace graduellement
vers le centre,puis
vers lapartie
basale de laCE ;
les mitochondriesmigrent
sur lescôtés, puis
au-dessus du noyau.Quelque temps après,
larépartition
devient relativement
égale
dans toute la cellule. Troisjours après
lanaissance,
pour les CEapicales occupant
lapartie
distale desvillosités,
oncompte
50 à 70 mito- chondries par sectionparallèle
augrand
axe de lacellule,
25 à 35 par section perpen-diculaire au
grand
axe, entre la zoneapicale
et le noyau ; dans lapartie
situéeau-dessus du noyau, leur nombre est
plus grand,
le volumecytoplasmique
étantsupérieur ; mais,
par unité devolume,
il semble que larépartition
doive être consi- dérée commehomogène
dans les cellules à maturité.En coupe
transversale,
les mitochondries ont une section circulaire ouplus
oumoins
elliptique correspondant
à des formes souventcylindriques
ouparfois sphé- riques ;
des ramifications ont été osbervées. Les dimensions des mitochondries ne sont pas constantes ; le diamètre des sections circulaires varie entre 0,2 et 0,3fL ; 1 lalongueur
des formescylindriques
atteint souvent r,5et plus.
Les mitochondries de formecylindrique
sontorientées,
enmajorité,
suivant legrand
axe de la cellulechez les
jeunes
animaux et dans les cellules au début de la maturation. Par lasuite,
on trouve autant de sections
longitudinales
que transversales sur une série de coupes.Pour l’ensemble du volume
cytoplasmique,
il semble que laforme,
la taille et le nombre des mitochondries nechangent
ni suivantl’âge
del’animal,
ni suivantqu’il
ait été à
jeun
ou non avant lesacrifice,
ni suivant la maturité de la CE.Signalons
enfin que les mitochondries ont une ultrastructure
classique.
2
° Le réticulum
endoplasmique : l’aspect
et laquantité
de réticulumendoplas- mique
contenu dans la celluleépithéliale
absorbante du Porc est variable selonl’âge
de
l’animal,
la maturité de la CE et le moment duprélèvement
des tissus(soit
surun animal à