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Vision et Commande

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

Bureau C418 – courriel : [email protected]

Christophe DOIGNON

Professeur à Télécom Physique Strasbourg ICube, Université de Strasbourg

(Partie 1 : Vision robotique)

Télécom Physique 3A ISAV et Master IRIV (édition 2019-2020)

(2)

2

Chapitre 1 : Introduction

• Introduction,

• Espaces et coordonnées homogènes

• Représentation des rotations

• Applications

Chapitre 2 : De la scène 3D à l’image 2D (et vice-versa)

• Acquisition d’images

• Modélisation géométrique

• Recalage 2D-3D rigide (incluant la Pose d’une caméra)

Chapitre 3 : de l ’analyse du mouvement apparent aux asservissements visuels

• Analyse du champ de mouvement

• Asservissement visuel basé image (IBVS)

• Asservissement visuel basé position (PBVS)

(3)

Chapitre 2

De la scène 3D à l’image 2D

(4)

4

Synoptique générale de l’acquisition d’images

(5)

2.1 Acquisition d’images

➢ Les capteurs de vision sont composés :

• des éléments photosensibles (CMOS/CCD) des caméras,

• d’une série de lentilles formant l’optique de l’objectif,

• d’une électronique d’acquisition (conversion courant-tension, filtrage analogique, CAN, échantillonnage,…)

➢ Des modèles mathématiques proposés pour rendre compte de l'information visuelle géométrique sont basés sur :

• Toujours sur la projection perspective ou une de ses approximations (para-perspective, projection faible,…), issue du modèle des lentilles minces,

• Parfois incluant la distorsion radiale (effet non-linéaire : courbure des lentilles),

• Rarement incluant aussi la distorsion tangentielle(autre effet non-linéaire : désalignement des

(6)

6

La Projection perspective

La géométrie projective est le support mathématique permettant l’étude des relations géométriques en vision par ordinateur. En particulier, deux types de transformations linéaires projectives sont employées : la projection perspective et l’homographie. Le terme linéaire s’entend au sens des espaces projectifs, ce qui induitl’emploi des coordonnées homogènes dans les relations mathématiques.

La projection perspective (ou projection centrale), 𝜫, est une transformation linéaire d’un espace projectif 𝑷𝑛 vers un espace projectif 𝑷𝑛−1.Elle représentée la plupart du temps par une matrice réelle de dimensions (𝑛 × (𝑛 + 1)).

➢ Exemple ci-dessous, de 𝑷3 vers𝑷2:

➔Transformation non bijective !

➔Le centre de projection est tel que 𝐶 = Π 𝐶

P

Q

C

Q: projection perspective de P 𝑃 =

𝑥 𝑦 𝑧

𝑡 𝑄 = 𝑤

𝑢 𝑣 1 𝑄 = 𝜫 𝑃 =

1 0 0 0 0 1 0 0 0 0 1 0

𝑃

C: centre de projection 𝐶 =

0 0 0 𝑡

(7)

2.2 Modélisation géométrique

Les Homographies

Une homographie est une transformation linéaire bijective d’un espace projectif𝑷𝑛 vers un autre espace projectif 𝑷𝑛. Elle représentée la plupart du temps par une matrice réelle de dimensions ((𝑛 + 1) × (𝑛 + 1)). Les plus utilisées en vision par ordinateur sont les homographies entre des plans projectifs (de 𝑷2 vers𝑷2) modélisant géométriquement les vues.

➢ Remarques :

• L’homographie entre deux plans sert à relier géométriquement plusieurs vues (plusieurs images d’une même scène), chacune étant modélisée par la modélisation perspective (uniquement pour des objets plans (2D) au seind’unescène 3D, cf. exemple ci-après).

• L’homographie entre deux plans sert aussi à relier géométriquement un plan de la scène (plan objet) avec le plan del’image.

• Ces deux exemples d’homographies de plans diffèrent par la décomposition de leurs éléments et par les contraintes géométriques qu’ellesdoivent vérifier.

\\VBOXSVR\win-share\cours\ViCo-2017\videos\2007-Andreff_AV3Dpose.divx.avi

(8)

8

Exemple : Homographie entre deux vues(n’existeseulement que sil’objet est plan)

Exemple ci-dessous pour l’homographie 𝐻 de 𝑷2 vers 𝑷2 entre deux vues; Elle est représentée par une matrice (3 × 3), avec det 𝐻 non nul, et est définie à un facteurd’échelle près (d’où l’égalitéà 3 barres :≡ )

𝑖𝑄 ≡ 𝑖𝐻𝑜 𝑃 avec i = rou l (r=right ; l = left)

𝑙𝑄 ≡ 𝑙

𝐻

𝑟 𝑟𝑄 avec 𝑙𝐻𝑟 =

111213212223313233

(𝑃appartient à un plandans la scène) 𝑃

𝑄𝑟

𝑟𝐶

𝑙𝑄et𝑟𝑄: projections perspectives du point P 𝑄𝑙

𝑙𝐶

𝑙𝑄 = 𝑙𝑤

𝑙𝑢

𝑙𝑣 1

𝑙

𝐻

𝑟

=

𝑙

𝐻

𝑜 𝑟

𝐻

𝑜−1

𝑙

𝐻

𝑜

𝑟

𝐻

𝑜

𝑟𝑄 = 𝑟𝑤

𝑟𝑢

𝑟𝑣 1

(9)

2.2 Modélisation géométrique

Modélisation perspective : détails

La relation géométrique entre un objet d’intérêt d’une scène 3-D et son image 2-D (le plan contenant la vue de cet objet d’intérêt) par projection perspective, est en fait composée de trois transformations : Tf euclidienne 3-D 𝑬, projection perspective 3-D/2-D𝚷et transformation affine 2-D𝑲 :

✓ Une transformation euclidienne 𝑬 : le vecteur de translation 3-D,𝒕 = 𝑐

𝑡

𝑜

=

𝐶𝑂/𝑅𝑐 et la rotation 3-D 𝑹 = 𝑐

𝑅

𝑜 (entre le repère de l’objet d’intérêt rigide (𝑅𝑜) dans la scène et le repère du capteur (𝑅𝑐)) constituentles paramètres extrinsèques (6 ddl). Ils représentent le point de vue :

𝑐𝑃 ≡ 𝑬 𝑜𝑃 ;

𝑐

𝑥

𝑐

𝑦

𝑐

𝑧

1

= 𝑐𝑹𝑜 𝑐𝑡𝑜 0 0 0 1

𝑜𝑥

𝑜𝑦

𝑜𝑧 1

(𝑅𝑐): a pour origine le centre de projection 𝐶, l’axe 𝑧 étant confondu avec l’axe optique (en pointillé ci- dessous) et dirigé vers la scène (convention).

(R

o

) (R

c

)

𝑂

(10)

10

Modélisation perspective : détails

✓ Une projection perspective 𝚷: pour projeter le point 3-D 𝑃 de l’objet d’intérêt sur le plan du capteur (matrice des éléments photosensibles) : cette projection, appelée aussi projection centrale passe toujours par un point particulier, le centre de projection 𝐶 : on obtient le point 2-D 𝑠

𝑄

(𝑠 pour sensor plan) à l’intersection avec le plan image :

𝑐𝑤

𝑠𝑢

𝑠𝑣 1

=

𝑓 0 0 0 𝑓 0 0 0 1

1 0 0 0 0 1 0 0 0 0 1 0

𝑐𝑥

𝑐𝑦

𝑐𝑧 1

, donc : 𝑐𝑤 = 𝑐𝑧.

avec : 𝚷 =

1 0 0 0 0 1 0 0 0 0 1 0

Centre optique

Axe optique C

Q Plan image

Scène Plan image inversé

(symétrique / C)

Q’

𝑓 0 0 0 0 𝑓 0 0 0 0 1 0

−𝑓 0 0 0 0 −𝑓 0 0 0 0 1 0

f f

(11)

2.2 Modélisation géométrique

Modélisation perspective : détails

✓ Une transformation affine du point 𝑄𝑠 dans le plan du capteur (𝑠 = sensor) (unité métrique) au point image 𝑄 (unité pixel) de la mémoire vidéo. Elle est représentée par une matrice triangulaire supérieure (3 × 3):

𝑢 𝑣 1

=

𝑠𝑥/𝑙𝑥 𝛾 𝑢𝑐 0 1/𝑙𝑦 𝑣𝑐

0 0 1

𝑠𝑢

𝑠𝑣 1

On définit alors la matrice𝑲 =

𝐺𝑥 𝛾𝑓 𝑢𝑐 0 𝐺𝑦 𝑣𝑐

0 0 1

=

𝑠𝑥/𝑙𝑥 𝛾 𝑢𝑐 0 1/𝑙𝑦 𝑣𝑐

0 0 1

𝑓 0 0 0 𝑓 0 0 0 1

(12)

12

Modélisation perspective : détails

✓ Les coefficients (𝐺𝑥, 𝐺𝑦, 𝑢𝑐, 𝑣𝑐, 𝛾) de la matrice 𝑲 sont appelés paramètres intrinsèques au système de vision. Ils ne dépendent pas du point de vue et caractérisent le système de vision.

• 𝑓 est la longueur focaledel’objectif, c’est la distance orthogonale entre le centre de projection et le plan image.

• 𝑙𝑥 et 𝑙𝑦 sont les dimensions d’un élément photosensible. Le rapport 𝑙𝑥

𝑙𝑦 définit lerapport d’aspect ou aspect ratio.

• (𝑢𝑐, 𝑣𝑐) est un décalage, translation 2-D, entre l’origine de l’image et l’intersection avec la projection del’axeoptique, appelé point principal.

• 𝛾 traduit un défaut d’orthogonalité sur le capteur, mais c’est une grandeur considérée comme nulle la plupart du temps avec les capteurs récents, en particulier les caméras optiques numériques.

𝑲 =

𝐺𝑥 𝛾 𝑢𝑐 0 𝐺𝑦 𝑣𝑐

0 0 1

; |𝐺𝑥| = 𝑠𝑥𝑓/𝑙𝑥

|𝐺𝑦| = 𝑓/𝑙𝑦

➔Les signes de 𝐺𝑥 et de 𝐺𝑦 dépendent de la convention prise pour définir l’orientation du repère caméra (𝑅𝑐) par rapport au repère del’image.

(13)

2.2 Modélisation géométrique

Modélisation perspective : détails

En rassemblant l’ensemble des matrices mises en jeu, on obtient une formulation assez compacte de la relation géométrique entre un point 3-D 𝑃 = (𝑜𝑥, 𝑜𝑦, 𝑜𝑧, 1)𝑇 dont les coordonnées sont exprimées (en mm le plus souvent) dans le repère (𝑅𝑜) attaché à l’objet d’intérêt et sa projection 𝑄 = 𝑤(𝑢, 𝑣, 1)𝑇 dans l’image2-D, en pixels :

𝑄 ≡ 𝑐𝑴𝑜 𝑃 ou bien 𝑄 ∧ 𝑐𝑴𝑜 𝑃 = 0

et décomposée selon :

➔ La matrice réelle 𝑐𝑴𝑜 ≡ 𝑲 [𝑐𝑹𝑜 𝑐𝑡𝑜] est de dimensions (3 × 4) et est définie à un facteur d’échelle près. Elle possède donc 11 composantes indépendantes (5 pour𝑲, 3 pour𝑐𝑹𝑜 et 3 pour𝑐𝑡𝑜).

𝑤 𝑢 𝑣 1

= 𝑲 𝑐𝑹𝑜 𝑐𝑡𝑜

𝑐𝑴𝑜

𝑜𝑥

𝑜𝑦

𝑜𝑧 1

(14)

14

EXERCICE

On dispose d’une caméra Allied Vision Technologies Manta G-125 composée de (1292 × 964) éléments photosensibles (capteur Sony ICX445). Chacun de ces photo-éléments, de forme carrée, a une taille de 3,75 micromètres. La sortie numérique est au format GigaEthernet (protocole standard Genicam) et permet le transfert de 30 images par seconde (chaque pixel est codé sur 8 à 12 bits au plus, permettant de coder l’intensité de la lumière sur 256 ou 4096 niveaux de gris). L’image temporairement stockée en mémoire vidéo une fois effectué le transfert des données de la caméra vers un ordinateur est définie ici avec une résolution HD : de (1366 × 768) pixels. On installe sur la caméra une optique Pulnix de focale fixe𝑓 = 8 mm.

Déterminer des valeurs approchées de tous les paramètres intrinsèques (𝛾 est supposée nul) à ce système de vision (𝐺𝑥, 𝐺𝑦, 𝑢𝑐, 𝑣𝑐) sachant que l’origine des pixels de l’image en haut et à gauche de l’image. L’axe 𝑥 de l’image est parallèle à l’axe horizontal du capteur et dans le même sens (vers la droite), l’axe𝑦 del’image est parallèle à l’axe vertical du capteur et dans le même sens (dirigé vers le bas); Ainsi le produit vectoriel 𝑧 = 𝑥 ∧ 𝑦 = −𝑥 ∧ −𝑦 est parallèle à l’axe optique et dirigé vers la scène. Même question mais pour respecter le ratio, on utilise toute la résolution du capteur Sony pour définir l’imagenumérique en mémoire vidéo.

(15)

2.2 Modélisation géométrique

Correction exercice(1/2)

• Les signes de 𝐺𝑥 et 𝐺𝑦 sont déterminés par la manière dont on définit les sens des axes 𝑥 et 𝑦 du repère (Rc) de la caméra par rapport au repère de l’image. Ils sont positifs ici. Pour un point 3D donné 𝑃 dans (Ro) et sa projection dans l’image (𝑢 − 𝑢𝑐, 𝑣 − 𝑣𝑐), inverser le signe de 𝐺𝑦 revient à inverser celui de 𝑐𝑦 ( 𝑐𝑧 est toujours positif), et donc revient à inverser 𝑡𝑦 (2ème composante du vecteur de translation 𝑐𝑡𝑜) et le 2èmevecteur ligne𝑟2𝑇 de la rotation 𝑐𝑅𝑜. Même analyse avec le signe de𝐺𝑥.

Format de l’image : 1366 × 768 = 1 049 088pixels

|𝐺𝑥| = 𝑠𝑥𝑓

𝑙𝑥 = 1292

1366 × 8 × 103

3.75 ≈ 2017,8 ; |𝐺𝑦| = 𝑓

𝑙𝑦 = 8 × 103

3.75 ≈ 2133,3 𝑢𝑐 = 1366

2 ; 𝑣𝑐 = 768

• A une ligne d’éléments photosensibles correspond une ligne de pixels (pas de correspondance exacte2 entre 1 élément photosensible et un pixel); Mais on a toujours la correspondance entre 1 ligne entière d’éléments photosensibles et 1 ligne entière de pixels (correspondance « 1 à 1 » selon la verticale).

• Le débit de transfert théorique des données effectives (données vidéo) vaut ici (avec 256 niveaux de gris par pixel) : 𝐷 = 30 × 1292 × 768 × 8 ≈ 238,1 M bits/s A cela s’ajoute l’ensemble des champs (en-tête, adresses, ports, flags,…) d’une trame selon le protocole/couche de transport TCP (ou UDP) :

𝑐𝑦 = 𝑟21𝑜𝑥 + 𝑟22𝑜𝑦 + 𝑟23𝑜𝑧 + 𝑡𝑦 𝑣 − 𝑣𝑐 = 𝐺𝑦

𝑐𝑦

𝑐𝑧

(16)

16

Correction exercice(2/2)

Format de l’image : 1292 × 964 = 1 245 488 pixels

|𝐺𝑥| = |𝐺𝑦| = 𝑓

𝑙𝑦 = 8 × 103

3.75 ≈ 2133,3; 𝑢𝑐 = 1292

2 ; 𝑣𝑐 = 964

2

• Ces valeurs restent approximatives et sont seulement nominales. En particulier, on constate souvent en pratique des écarts entre la longueur focale annoncée par le fabricant et la longueur focale réelle. De plus, un décalage éventuel entre le centre de la matrice des éléments photosensibles et l’intersection de l’axe optique sur l’image (appelé point principal) ne peut pas être calculé (car il fait appel à deux éléments acquis souvent séparément et fixés par vissage); Si nécessaire, ce décalage et la longueur focale doivent être mesurés avec précision. Pour ce format, on maintient la correspondance « 1 à 1 » entre élément photosensible et pixel, ce qui est plus précis et plus efficace d’un point de vue énergétique (énergie lumineuse mieux capturée).

• Le débit de transfert théorique des données effectives (données vidéo) vaut ici :

𝐷 = 30 × 1292 × 964 × 8 ≈ 298,9 M bits/s (avec 256 niveaux de gris par pixel).

(17)

2.3 Recalage 2D-3D rigide

2.3.1 Introduction

A partir de la modélisation par la projection perspective (ci-dessus), le recalage 2D-3D consiste à déterminer la matrice𝑨 et le vecteur𝝉 (𝑨 = 𝑲 𝑐𝑹𝑜 et𝜏 = 𝑲 𝑐𝑡𝑜)composant les colonnes de la matrice𝑐𝑴𝑜 à partir :

• des données del’image (par exemple, un ensemble de𝑛points image 𝑄𝑖 ) et

• d’unmodèle géométrique de l’objet rigide perçu (par exemple, un ensemble de 𝑛points 3-D 𝑜𝑃𝑖 ).

(R

o

) 𝐶

𝑐

𝑴

𝑜

?

Point principal

𝑂

Repère image 𝐼

Repère Objet Axe optique

𝑤𝑖 𝑢𝑖 𝑣𝑖 1

= 𝑲 𝑐𝑹𝑜 𝑐𝑡𝑜

𝑐𝑴𝑜

𝑜𝑦𝑖

𝑜𝑧𝑖 1

(18)

18

2.3.1 Introduction

➢ Si la matrice 𝑲 est déjà identifiée (caméra dite étalonnée), il n’y a qu’ à déterminer 𝑐𝑹𝑜 et 𝑐𝑡𝑜, on parle alors depose de caméra, ou delocalisationd’objet (voir section 2.3.3).

➢ La formulation vectorielle de la projection perspective 𝑄𝑖𝑐𝑴𝑜 𝑜𝑃𝑖 = 03 est un système linéaire de trois équations, de rang 2, pour chaque couple de points appariés (𝑜𝑃𝑖 ↔ 𝑄𝑖) considéré. La matrice (3 × 4) réelle 𝑐𝑴𝑜 possède en réalité 11 composantes indépendantes (matrice définie à un facteur d’échelle près). La résolution de ce système, par conséquent pour déterminer cette matrice, montre qu’il faudrait donc considérer au moins six correspondances (ou appariements) points objet et points image, sans présence parmi eux de triplets colinéaires ou de quadruplets coplanaires (configurations singulières).

(R

o

) 𝐶 𝑃

𝑐

𝑴

𝑜

?

𝑂 𝑄

Point principal Repère

image 𝐼

Repère Objet Axe optique

𝑤𝑖 𝑣𝑖 1

= 𝑲 𝑹𝑜 𝑡𝑜

𝑐𝑴𝑜

𝑜𝑧𝑖 1

(19)

2.3 Recalage 2D-3D rigide

2.3.1 Introduction

➢ La matrice 𝑐𝑴𝑜 peut être déterminée sans ambiguïté si on tient compte de sa décomposition spécifique et des contraintes physiques (rigidité et chiralité). En particulier :

𝑐𝑴𝑜 =

𝑥1 𝑥4 𝑥2 𝑥5 𝑥3 𝑥6

𝑥7 𝑥10 𝑥8 𝑥11

𝑥9 𝑥12 ≡ [𝑲 𝑐𝑹𝑜 𝑲 𝑐𝑡𝑜]

✓ Rigidité : les trois premières colonnes de la matrice 𝑐𝑴𝑜 correspondent au produit de la matrice triangulaire supérieure 𝑲 par la matrice de rotation 𝑐𝑹𝑜 = (𝑟)𝑖𝑗. La valeur absolue du facteur d’échelle inconnu peut être calculé car la dernière ligne du produit matriciel 𝑲 𝑐𝑹𝑜vaut 𝑥3 𝑥6 𝑥9 = 𝑟31 𝑟32 𝑟33 et doit être un vecteur unitaire (et aussi parce que la dernière ligne de𝑲 vaut[0 0 1]).

✓ Chiralité :l’objet d’intérêt ne pouvant se situer que devant la caméra d’axeoptique de direction 𝑧 pointant vers la scène, nous avons donc une contrainte géométrique sur la position𝑐𝑡𝑜 = (𝑡𝑥, 𝑡𝑦, 𝑡𝑧)𝑇: 𝑡𝑧 > 0, et comme la dernière ligne de 𝑲 vaut [0 0 1], cela équivaut à vérifier que 𝑥12 > 0, et par conséquent à fixer le signe du facteur d’échelle.

𝑤𝑖 𝑢𝑖 𝑣𝑖 1

= 𝑲 𝑐𝑹𝑜 𝑐𝑡𝑜

𝑐𝑴𝑜

𝑜𝑦𝑖

𝑜𝑧𝑖 1

(20)

20

2.3.2 Cas général (caméra non calibrée)

➢ Si la matrice 𝑲 n’est pas connue, on peut déterminer l’ensemble des composantes de 𝑐𝑴𝑜 à partir de la formule𝑄𝑖𝑐𝑴𝑜 𝑜𝑃𝑖 = 03, pour chaque couple de points(𝑜𝑃𝑖, 𝑄𝑖), 𝑖 = 1, … , 𝑛apparié :

𝑄𝑖𝑐𝑴𝑜 𝑜𝑃𝑖 = [𝑄𝑖]×

𝑥1 𝑥4 𝑥2 𝑥5 𝑥3 𝑥6

𝑥7 𝑥10 𝑥8 𝑥11 𝑥9 𝑥12

𝑜𝑥𝑖

𝑜𝑦𝑖

𝑜𝑧𝑖 1

= 0 0 0 et réarrangé sous la forme :

[𝑄𝑖]× 𝑜𝑥𝑖 𝐼3×3 ; 𝑜𝑦𝑖 𝐼3×3 ; 𝑜𝑧𝑖 𝐼3×3 ; 𝐼3×3

𝑥1 𝑥2 𝑥3 𝑥4 𝑥5 𝑥6 𝑥7 𝑥8 𝑥9 𝑥10 𝑥11 𝑥12

= 0 0 0

c’est-à-dire : 𝑜𝑃𝑖𝑇۪ [𝑄𝑖]× 𝑋 = 03 ; avec 𝑋 = (𝑥1, 𝑥2, … , 𝑥12)𝑇.

(21)

2.3 Recalage 2D-3D rigide

2.3.2 Cas général (caméra non calibrée)

𝑜𝑃𝑖𝑇۪ [𝑄𝑖]× 𝑋 = 03

۪ représente le produit matriciel de Kronecker. La résolution de ce système linéaire homogène peut être envisagée à partir de la méthode des moindres carrés, et mis en œuvre en recherchant une solution àl’aide de la décomposition en valeurs singulières (SVD). En effet avec 𝑛 couples (𝑜𝑃𝑖, 𝑄𝑖), on aboutit au système linéaire homogène suivant :

𝑜𝑃1𝑇 ⊗ [𝑄1]×

𝑜𝑃𝑛𝑇 ⊗ [𝑄𝑛]×

𝑋 = 03𝑛 de la forme : 𝑯(3𝑛×12) 𝑋 = 03𝑛

et on ne peut déterminer une solution exacte pour 𝑋 que si le rang de 𝑯(3𝑛×12) est égal exactement à 11 (nombre de composantes de 𝑋 - 1).

➢ Résolution par la méthode des moindres carrés : La décomposition en valeurs singulières (SVD) de 𝑯(3𝑛×12) permet de déterminer par l’approche des moindres carrés au moins une solution approchée pour 𝑋 (autre que la solution 𝑋 = 0, puisqu’il faut assurer que 𝑥32 + 𝑥62 + 𝑥92 = 1), à l’aide d’au moins 𝑛 = 6 couples appariés (𝑜𝑃𝑖, 𝑄𝑖) [chaque sous-système 𝑜𝑃𝑖𝑇۪[𝑄𝑖]× étant de rang 2], en minimisant la quantité algébrique 𝑯(3𝑛×12) 𝑋 2. Ceci permet d’élaborer l’algorithmesuivant :

(22)

22

2.3.2 Cas général (caméra non calibrée)

Algorithme COR (Camera-Object Registration)

Etape 1 : A partir des 𝑛 ≥ 6couples de points objet/image (𝑃𝑖, 𝑄𝑖), points appariés, former la matrice :

𝑯(3𝑛×12) =

𝑜𝑃1𝑇 ⊗ [𝑄1]×

𝑜𝑃𝑛𝑇 ⊗ [𝑄𝑛]×

Etape 2 : Calculer le rang de cette matrice qui doit être égal à 11 (solution exacte) ou plus probablement égal à 12 (bruit de mesures); Sinon, ajouter ou choisird’autrescouples de points.

Etape 3 : Calculer la décomposition en valeurs singulières de 𝑯(3𝑛×12) = 𝑼 𝑫 𝑽𝑇 𝑫est une matrice dont la diagonale contient les valeurs singulières rangées en ordre décroissant de la valeur absolue (la diagonale de la matrice carrée 𝑫𝑇𝑫 contient les valeurs propres). 𝑼 et 𝑽 sont des matrices carrées et orthogonales et contiennent les vecteurs singuliers (gauches et droites). La dernière colonne de 𝑽, 𝑉12, est le vecteur singulier associé à la plus petite valeur singulière (en valeur absolue, elle est nulle si le rang est égal à 11) : c’est la solution retenue pour𝑋.

Etape 4 : Fixerl’amplitudedu facteurd’échellede𝑋en imposant :𝑥32+ 𝑥62+ 𝑥92 = 1.

Etape 5 : Si𝑥12 < 0, remplacer𝑋par −𝑋, puis former la matrice𝑐𝑴𝑜:𝑐𝑴𝑜 =

𝑥1 𝑥4 𝑥2 𝑥5 𝑥3 𝑥6

𝑥7 𝑥10 𝑥8 𝑥11 𝑥9 𝑥12 ;

(23)

2.3 Recalage 2D-3D rigide

2.3.2 Cas général (caméra non calibrée)

➢ Remarques :

✓ Les étapes 4 et 5 ne sont pas obligatoires. Elles sont obligatoires seulement si on souhaite extraire des informations métriques par la suite, en particulier pour identifier les paramètres extrinsèques - la matrice de rotation 𝑐𝑹𝑜 et le vecteur de translation 𝑐𝑡𝑜 - et les paramètres intrinsèques (matrice 𝑲).

✓ En pratique on obtient des résultats précis pour𝑋 que :

• si la matrice 𝑯(3𝑛×12) est bien conditionnée, ce qui nécessite généralement l’emploi d’une normalisation des données et des mesures à partir de points 3-D bien répartis dansl’espace (avec des profondeurs significativement distinctes) et des projections dans l’image bien réparties dans le plan,

• si on disposed’un grand nombre de mesures, précises.

✓ Il est alors assez fréquent d’utiliser des estimateurs robustes (RANSAC,…) ou des M-estimateurs, rejetant automatiquement des mesures considérées comme aberrantes, par le calcul de statistiques sur des échantillons de 6-upletsde couples de points.

(24)

24

2.3.2 Cas général (caméra non calibrée)

➢ Grâce à la décomposition RQ du produit 𝑨 = 𝑲𝑐𝑹𝑜(sous-matrice (3 × 3) de gauche de la matrice

𝑐𝑴𝑜), on peut obtenir la matrice triangulaire supérieure 𝑲et la matrice de rotation 𝑐𝑹𝑜.

• Ci-dessous est reporté un code Matlab utile pour réaliser correctement cette décomposition spécifiquement pour le recalage 2D-3D rigide, à partir de la décomposition QR beaucoup plus connue et souvent disponible dans les bibliothèques de langage de programmation (attention aux notations ! Q est la matrice de rotation dans la décomposition QR) :

function [K Q]=rq4cor(A)

% function [K Q]=rq4cor(A)

% A [3 x 3]

% return K [3 x 3] upper triangular with K(3,3)=1, K(1,1) > 0 and K(2,2) > 0 and

% Q [3 x 3] rotation matrix (unitary i.e. Q'*Q=I AND det(Q)=1)

% such that A = K*Q

[Q K] = qr(flipud(A).');

K = flipud(K.');

K(:,1:3) = K(:,3:-1:1);

Q = Q.';

Q(1:3,:) = Q(3:-1:1,:);

....

(25)

2.3 Recalage 2D-3D rigide

2.3.2 Cas général (caméra non calibrée)

La décomposition QR n’étant pas unique, il y a lieu de prendre certaines précautions pour extraire convenablement 𝑲 et𝑐𝑹𝑜 du produit 𝑨 = 𝑲𝑐𝑹𝑜. Dans ce code, intitulé rq4cor(), (RQ for Camera- Object Registration), l’orientation du repère caméra est prise identique à celle du repère image, c’est pourquoi les signes des composantes 𝐾11, 𝐾22 et 𝐾33 sont contraints d’être positifs. Un changement de signe de 𝐾33 modifiant aussi la direction du décalage (point principal), il faut donc effectuer cette vérification avant les autres.

function [K Q]=rq4cor(A) (suite) ....

% check the positiveness of K(3,3)(should be equal to 1, not -1) if K(3,3) < 0

K = -K;

Q = -Q;

end

% check for the signs of K(1,1)and K(2,2) if K(1,1) < 0

K(1,1) = -K(1,1);

Q(1,:) = -Q(1,:);

end

if K(2,2) < 0

K(2,2) = -K(2,2);

Q(2,:) = -Q(2,:);

(26)

26

Cas général (Caméra non calibrée): Mise enœuvre avec Matlab (1/3)

%

% STEP 1-a (simulation) : object point coordinates (at least 6), camera modeling and viewpoint definition.

%

% Definition of a set of (at least) 6 object points (given homogeneous coordinates) object = [18 6 -7 1;45 23 -17 1;8 7 -12 1;15 -34 22 1;3 24 6 1;-19 5 12 1]’;

%--- Vision system intrinsics

f = 12; % focal length of the lens (in mm)

lx = 1/100; ly = 1/100; % size of CCD cells (mm/pix)

u_c = 256; v_c = 256; % decentering (CCD camera center wrt optical axis for 512x512 of size)

K1 = [1/lx 0 u_c;0 1/ly v_c;0 0 1];

Kf = [f 0 0;0 f 0;0 0 1]; K = K1 * Kf;

PP = K * [1 0 0 0;0 1 0 0;0 0 1 0]; % perspective projection

%--- extrinsic parameters (viewpoint : Rotation R and translation t) R = theta2r([pi-pi/12 0 -pi/3])

t = [6 17 345]'

(27)

2.3 Recalage 2D-3D rigide

Cas général (Caméra non calibrée): Mise enœuvre avec Matlab (2/3)

%

% STEP 1-b (simulation) : projections of object points in the image plane and inclusion of synthetic gaussian noise onto image points coordinates.

%

%

%--- projection onto the image

T = [[R';t']';0 0 0 1]; % build homogeneous (4x4) matrix for euclidean transform PP = PP * T;

image = PP * object;

% set last homogeneous component to 1 so as to extract image point coord. in pixels) image = PP * object;

n = length(image);

for i=1:n

image(:,i) = image(:,i)/image(3,i);

end

% add synthetic noise on image point coordinates (to simulate added zero-mean Gaussian noise)

noise = 0.025;

image(1:2,:) = image(1:2,:) + randn(size(image(1:2,:)))*noise

(28)

28

Cas général (Caméra non calibrée) : Mise en œuvreavec Matlab (3/3)

% STEP 2 : solution for camera-object registration

%

%--- build the system matrix H H = zeros(3*n,12);

for i=1:n

H(3*i-2:3*i,:) = kron(object(:,i)',sk(image(:,i)));

end

% look for the solution as the singular vector associated to the lowest (absolute value) singular value of the SVD of H (it is given by the last column of V)

[U,D,V] = svd(H);

X = V(:,12);

Mco = [X(1:3)';X(4:6)';X(7:9)';X(10:12)']';

mu = Mco(3,1)^2+Mco(3,2)^2+Mco(3,3)^2;

Mco = Mco/mu;

if Mco(3,4) < 0 Mco =-Mco;

end

%--- intrinsic and extrinsic parameters recovery (with rq4cor() ---%

A = Mco(1:3,1:3);

[K1,R1] = rq4cor( A );

t1 = inv(K1)*Mco(1:3,4);

%--- you may now compare K with K1, R with R1 and t with t1, for several levels of noise and also with a bigger set of object points (only 6 here : the minimal required number of points).

(29)

2.3 Recalage 2D-3D rigide

2.3.3 Pose d’unecaméra

➢ La pose d’une caméra consiste à déterminer𝑐𝑹𝑜 et 𝑐𝑡𝑜, étant donné 𝑲 préalablement identifiée, des points 3-D 𝑃𝑖 d’un objetd’intérêt rigide et leurs projections 𝑄𝑖 dans une image.

• Dans le cas où les points 3-D objet 𝑃𝑖 sont TOUS sur un même plan, la matrice 𝑯(3𝑛×12) du (2.3.2) n’a pas un rang suffisant pour déterminer une solution non nulle pour le vecteur 𝑋 (rang < 11, quelle que soit la valeur de 𝑛) . Ceci est assez courant en pratique car la taille de l’objet d’intérêt est souvent faible au regard de la distance caméra-objet (correspondant à peu près à la norme du vecteur 𝑡). De plus, il est inutile de recalculer tout ou partie des paramètres intrinsèques si la matrice 𝑲 est déjà connue avec précision. Il est donc bien plus efficace d’utiliser une méthode spécifique qui nécessitera par ailleurs moins de couples de points à apparier.

(R

o

) 𝐶 𝑃

𝑐

𝑹

𝑜

,

𝑐

𝑡

𝑜

?

𝑂 𝑄

Point principal Repère

image 𝐼

Repère Caméra

Repère Objet Axe optique

(30)

30

2.3.3 Pose d’unecaméra

A Low-Cost System for Quadrotor Pose Estimation using Fiducial Markers and Multi-Sensor Fusion

(Georgia Institute of Technology, Atlanta, USA ) https://www.youtube.com/watch?v=Xh9gmKJDyEs

Pose et calibration par multi-vues (de plans)

(31)

2.3 Recalage 2D-3D rigide

2.3.3 Pose d’unecaméra

• Il est bien connu que trois points suffisent pour définir un plan, quatre pour définir une sphère 3-D…

Dans le cas général 4 points ne se situent donc pas dans un plan.

➢ Le problème perspectif à 𝑛 points (Perspective-𝒏-Point or P𝒏P for short) s’intéresse à la pose d’une caméra calibrée vis-à-vis d’un objet connu, objet plan si on considère trois points pour le définir, plan ou volumique si on considère au moins quatre points pour le définir. Plusieurs auteurs l’ont étudié depuis 30 ans, par exemple, on peut citer :

1. La méthode de Michel Dhome (P3P, PnP; 1989),

2. La méthode numérique itérative de Daniel Dementhon et Larry Davis (P4P; 1995), 3. La méthode de Long Quan et Lan (P3P, P4P, P5P; 1999),

4. La méthode de Lu (PnP; 2000),

5. La méthode de Vincent Lepetit (EPnP; 2008), 6. La méthode de YinQiang Zheng (PnP; 2013),…

parmid’autres.

(32)

32

2.3.3 Pose d’unecaméra

• Aucune de ces méthodes est complètement linéaire et plusieurs solutions existent en général. On trouvera dans l’article de V. Lepetit une revue des principales méthodes. Il ressort des méthodes citées précédemment qu’il est nécessaire de disposer de trois couples de points appariés pour déterminer un nombre fini de solutions pour 𝑐𝑹𝑜 et𝑐𝑡𝑜. L’ajout d’autres points permet généralement de rejeter les solutions non valides.

➢ L’approche que proposons pour la vision robotique est une méthode dite PP3P, car basée sur des projections perspectives et des projections para-perspectives d’un ensemble 𝑂 de 𝑛 = 3points – donc un triangle - objet 𝑂 = 𝑇1 = {𝑃1, 𝑃2, 𝑃3}. Avec un nombre plus important de points, il est possible de subdiviser𝑂 en sous-ensembles de triangles. Par exemple, avec 𝑛 = 4points, 𝑂 = {𝑃1, 𝑃2, 𝑃3, 𝑃4} et les 4 triangles 𝑇1 = {𝑃1, 𝑃2, 𝑃3}, 𝑇2= {𝑃2, 𝑃3, 𝑃4}, 𝑇3= {𝑃3, 𝑃4, 𝑃1}, 𝑇4= {𝑃4, 𝑃1, 𝑃2} sont construits par permutations circulaires des indices (1,2,3,4). Chaque point est donc représenté dans trois des quatre triangles, et chaque point est alternativement utilisé dans un triangle comme pivot.

𝐶

𝑄

4

𝑃

2

𝑄

1

𝑃

3

𝑃

4

𝑄

2

𝑄

3

𝑃

1

(33)

2.3 Recalage 2D-3D rigide

2.3.3 Pose d’unecaméra

• Si les points objets et images ne sont pas appariés, il est judicieux d’ordonner les triangles objet. En effet, les triangles image vont être redéfinis à chaque acquisition, alors que les triangles objet peuvent être intégrés dans le modèle de l’objet d’intérêt à l’avance (pre-processing). Le nombre de triangles ordonnés est égal au nombre d’arrangements de 3 éléments parmi 𝑛. Pour 𝑛 = 4 points par exemple 𝐴43 = 4!

4−3 ! = 24; pour 𝑛 = 5, 𝐴53 = 5!

5−3 ! = 60; pour 𝑛 = 8, 𝐴83 = 336; pour 𝑁 = 15, 𝐴153 = 2730…

Les 3 étapes-clés de la méthode PP3P

1. La première étape consiste à déterminer tous les triangles participants au recalage, puis de calculer, pour chaque triangle, une transformation euclidienne entre le repère objet et un repère local au triangle (étape hors-ligne).

2. La deuxième étape est la recherche des solutions analytiques à l’aide des projections perspectives exactes du point pivot et para-perspective pour les deux autres points du triangle. Le calcul pourra être répété un grand nombre de fois si le nombre de triangles est élevé. La méthode autorise une exécution parallèle (étape en ligne).

3. La troisième étape consiste àsélectionner la solution qui minimisel’erreur de re-projection des autres points (hors du triangle), amenant à la meilleure précision des résultats (étape en ligne).

(34)

34

2.3.3 Pose d’unecaméra : Proj. perspective exacte,faibleet para-perspective :

➢ Pour la projection faible 𝐴𝑝1 de pivot 𝑃1, on a :𝑄1 = 𝐴𝑝1 𝑃1 = Π(𝑃1)

𝐶

𝑃𝑖

𝑃1 Π(𝑃𝑖)

axe optique plan image

Projection faible de pivot 𝑃1 : étant donné le point 𝑃1 et sa projection perspective (en bleu), on considère le plan passant par𝑃1 et perpendiculaire àl’axeoptique. Pour un autre point 𝑃𝑖 on a alors :

• La projection orthogonale de 𝑃𝑖 (en rouge) sur le plan en pointillés, ℎ𝑖, puis la projection perspective de ℎ𝑖 sur le plan image composent la projection faible de 𝑃𝑖 (approximation à l’ordre 0), 𝐴𝑝1 𝑃𝑖 .

La projection faible ne peut pas rendre compte des effets perspectifs.

𝑄1

𝑖

𝑐𝑧1 𝑢1 𝑣1 1

= 𝑲 1 0 0 1 0 0

0 0 0 0 0 1

𝑐𝑥1

𝑐𝑦1

𝑐𝑧1 1

; donc 𝑤𝑖 = 𝑐𝑧1, ∀ 𝑖. 𝑐𝑧𝑖𝑐𝑧1 en général. Ceci correspond en fait à une transformation affine entre le plan en pointillés et le plan image(puisqu’ilssont parallèles)

quis’exprime plus simplement par :𝐴𝑝1 𝑃𝑖 𝑢𝑖

𝑣𝑖 1

= 𝑲

1/ 𝑐𝑧1 0 0 0 1/ 𝑐𝑧1 0

0 0 1

𝑐𝑥𝑖

𝑐𝑦𝑖 1

;

𝑃𝑖 = 𝑥𝑖 𝑦𝑖 𝑧𝑖 1 𝐴𝑝1 𝑃𝑖

(35)

2.3 Recalage 2D-3D rigide

2.3.3 Pose d’unecaméra : Proj. perspective exacte,faibleet para-perspective :

➢ Pour la projection para-perspective Π𝑝1 de pivot𝑃1, on a :𝑄1 = Π𝑝1 𝑃1 = Π(𝑃1)

𝑐𝑧1 𝑢1 𝑣1 1

= 𝑲 1 0 0 1 0 0

0 0 0 0 0 1

𝑐𝑥1

𝑐𝑦1

𝑐𝑧1 1

; donc𝑤𝑖 = 𝑐𝑧1,∀ 𝑖 et pour les autres points,Π𝑝1 𝑃𝑖 telle que :

𝐶

𝑃𝑖

𝑃1 Π(𝑃𝑖)

axe optique plan image

Projection para-perspective de pivot 𝑃1 : étant donné le point 𝑃1 et sa projection perspective (en bleu), on considère le plan passant par𝑃1 et perpendiculaire àl’axeoptique. Pour un autre point𝑃𝑖 on a alors :

𝑄1

𝑖 𝑙𝑖

𝑤𝑖 𝑢𝑖 𝑣𝑖 1

= 𝑲

1 0 0 1 0 0

𝑐𝑥1/𝑐𝑧1 𝑐𝑥1

𝑐𝑦1/𝑐𝑧1 𝑐𝑦1 0 𝑐𝑧1

𝑐𝑥𝑖

𝑐𝑦𝑖

𝑐𝑧𝑖 1

; donc 𝑤𝑖 = 𝑐𝑧1, ∀ 𝑖

et 𝑐𝑧𝑖𝑐𝑧1en général. Π𝑝1 𝑃𝑖

𝑃𝑖 = 𝑥𝑖 𝑦𝑖 𝑧𝑖 1 𝐴𝑝1 𝑃𝑖

(36)

36

2.3.3 Pose d’unecaméra : méthode PP3P

Ce sont les trois premières étapes qui sont décrites maintenant. On note par la suite et le nombre de points objet, 𝑁.

PP3P-Etape 1(méthode PP3P)

On note 𝑃ത𝑘 = (𝑜

𝑥

𝑘, 𝑜𝑦𝑘, 𝑜𝑧𝑘)𝑇 les coordonnées affines d’un point dans le repère objet (𝑅𝑜). 1.1. Une transformation euclidienne𝑜𝑬𝑗 = 𝑜𝑹𝑗 𝑜𝑡𝑗 est alors calculée entre (𝑅𝑜) et le repère local attaché au triangle objet 𝑇𝑗 𝑅𝑜𝑗 - notons le 𝑀𝑗𝑘 = {𝑀𝑗1, 𝑀𝑗2, 𝑀𝑗3} - afin quel’on ait

𝑀ഥ𝑗1 = (0,0,0)𝑇, 𝑀ഥ𝑗2 = ( 𝑗𝑋2, 0,0)𝑇 et 𝑀ഥ𝑗3 = ( 𝑗𝑋3, 𝑗𝑌3, 0)𝑇. Ainsi seules 3 coordonnées au plus (sur 9) sont non nulles.

1.2. Les 𝑁 − 3 autres points objet 𝑃𝑖, avec 𝑃ത𝑖 = ( 𝑜𝑥𝑖, 𝑜𝑦𝑖, 𝑜𝑧𝑖)𝑇, (𝑖 ≠ 𝑘) dans 𝑅𝑜 , ont des coordonnées affines notées𝑀ഥ𝑗𝑖 = ( 𝑗𝑋𝑖, 𝑗𝑌𝑖, 𝑗𝑍𝑖)𝑇 dans ce repère local 𝑅𝑜𝑗 et sont calculées par la formule :

𝑃ത𝑖 = 𝑜𝑹𝑗 𝑀ഥ𝑗𝑖 + 𝑜𝑡𝑗.

• Remarques :

✓ Cette étape n’est pas obligatoire en général (mais elle l’est dans l’approche proposée ici), et peut être réalisée hors-ligne. Elle contribue à réduire significativement les calculs en ligne par la suite.

✓ Le point 𝑀𝑗1, origine du repère 𝑅𝑜𝑗 , est choisi comme point pivot dans l’utilisation de la projection para-perspective des deux autres points 𝑀𝑗2 et 𝑀𝑗3 du triangle𝑇𝑗.

𝑃𝑘 = 𝑃ത𝑘 1

(37)

2.3 Recalage 2D-3D rigide

2.3.3 Pose d’unecaméra : méthode PP3P

PP3P-Etape 2(méthode PP3P)

2.1. Les paramètres intrinsèques étant supposés connus ici, on utilise cela pour noter alors les coordonnées affines 𝑄ത𝑘 = (𝑢𝑘 = (𝑢𝑘 − 𝑢𝑐)/𝐺𝑥, 𝑣𝑘 = (𝑣𝑘 − 𝑣𝑐 )/𝐺𝑦 )𝑇 dans le repère image centré (sur le point principal 𝑄𝑐 = (𝑢𝑐 , 𝑣𝑐 )𝑇 et ramené à l’échelle métrique), la projection du point objet 𝑃𝑘, c’est-à-dire :

𝑄 ≡ 𝑲ത −1 𝑄

• Remarque : Il est possible d’opérer une normalisation des données image également. Je recommande dans ce cas d’employer la même transformation affine pour tous les points image, car cette étape étant réalisée en ligne, une transformation spécifique par triangle image aboutirait à un grand nombre de transformations pour cette normalisation quand le nombre total de points visibles devient élevé.

➔ 6 équations linéaires (2 par couple de points en correspondance 𝑃𝑘 ↔ 𝑀𝑗𝑘 ↔ 𝑄𝑘) sont obtenues entre les coordonnées du triangle objet 𝑇𝑗 𝑅𝑜𝑗 et son image 𝐹𝑗 = Π𝑝(𝑇𝑗) = {𝑚𝑗1, 𝑚𝑗2, 𝑚𝑗3} par projection para-perspective. Ainsi, en suivant les même règles sur les indices que pour les triangles objet on a, avec 𝑁𝑣 = 4points visibles :

𝐹1 = { ത𝑄1, ത𝑄2, ത𝑄3},𝐹2= { ത𝑄2, ത𝑄3, ത𝑄4}, 𝐹3= { ത𝑄3, ത𝑄4, ത𝑄1}, 𝐹4= { ത𝑄4, ത𝑄1, ത𝑄2}).

(38)

38

2.3.3 Pose d’unecaméra : méthode PP3P

PP3P-Etape 2(2.2)

Les 6 relations linéaires sont les suivantes avec la projection para-perspectiveΠ𝑝1 de pivot 𝑀𝑗1 : (Rappel : 𝑀ഥ𝑗1 = (0,0,0)𝑇, 𝑀ഥ𝑗2 = ( 𝑗𝑋2, 0,0)𝑇 et𝑀ഥ𝑗3 = ( 𝑗𝑋3, 𝑗𝑌3, 0)𝑇. )

✓ pour 𝑚𝑗1 = Π(𝑀𝑗1): 𝑐𝑧1 𝑢′1 𝑣′1 1

= 1 0 0 1 0 0

0 0 0 0 1 0

𝑟11 𝑟12 𝑟13 𝑡𝑥 𝑟21 𝑟22 𝑟23 𝑡𝑦 𝑟31 𝑟32 𝑟33 𝑡𝑧

0 0 0 1

0 00 1

(39)

2.3 Recalage 2D-3D rigide

2.3.3 Pose d’unecaméra : méthode PP3P

PP3P-Etape 2(2.2)

Les 6 relations linéaires sont les suivantes avec la projection para-perspectiveΠ𝑝1 de pivot 𝑀𝑗1 : (Rappel : 𝑀ഥ𝑗1 = (0,0,0)𝑇, 𝑀ഥ𝑗2 = ( 𝑗𝑋2, 0,0)𝑇 et𝑀ഥ𝑗3 = ( 𝑗𝑋3, 𝑗𝑌3, 0)𝑇. )

✓ pour 𝑚𝑗1 = Π(𝑀𝑗1): 𝑐𝑧1 𝑢′1 𝑣′1 1

= 1 0 0 1 0 0

0 0 0 0 1 0

𝑟11 𝑟12 𝑟13 𝑡𝑥 𝑟21 𝑟22 𝑟23 𝑡𝑦 𝑟31 𝑟32 𝑟33 𝑡𝑧

0 0 0 1

0 00

1

✓ pour 𝑚𝑗2 = Π𝑝1(𝑀𝑗2) et 𝑚𝑗3 = Π𝑝1 𝑀𝑗3 :

𝑐𝑧1 𝑢′𝑖 𝑣′𝑖 1

= 1 0 0 1 0 0

−𝑢′1 𝑐𝑥1

−𝑣′1 𝑐𝑦1 0 𝑐𝑧1

𝑟11 𝑟12 𝑟13 𝑡𝑥 𝑟21 𝑟22 𝑟23 𝑡𝑦 𝑟31 𝑟32 𝑟33 𝑡𝑧

0 0 0 1

𝑗𝑋𝑖

𝑗𝑌𝑖

𝑗𝑍𝑖 = 0 1

Les composantes 𝑟𝑙𝑐 d’une part et 𝑡𝑥 , 𝑡𝑦 et 𝑡𝑧 correspondent à la matrice de rotation 𝑐𝑹𝑗 et au vecteur 𝑐𝑡𝑗 entre le repère local 𝑅𝑜𝑗 au triangle objet𝑇𝑗 et le repère caméra 𝑅𝑐 .

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