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de 1905 à 1980

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Texte intégral

(1)

Faune du Québec

Rapport spécial no 15

LE CONTRÔLE DES PRÉDATEURS DU GROS GIBIER AU QUÉBEC

de 1905 à 1980

3ouvernement du Québec

Ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche )trection générale de la faune

(2)

Rapport spécial 15

LE CONTROLE DES PREDATEURS DU GROS GIBIER AU QUEBEC

de 1905 à 1980

Par

Daniel Banville

Direction générale de la faune

Ministère du Loisir, de la Chasse et de la Poche Québec

Aoat 1981

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AVANT—PROPOS

Ce travail, entrepris en hiver 1979, a mis plus de deux ans avant d'acquérir sa forme actuelle. Plusieurs docu—

ments ont été consultés et plusieurs personnes ont prêté main—

forte à l'auteur afin d'améliorer s)n contenu et de le présenter sous cette forme. Ces personnes sont: Michel Bélanger, Jean Berthiaume, Jacinthe Bouchard, Guy Boucher, Jean—Marie Brassard, Carmen Demers, François Duchesneau, Clément Gauthier, Eloi Ma—

thieu, Suzanne Paquet, François Potvin, Marie—Hélène Roy, Jean Tremblay, Alain Vallières.

La collaboration de chacun fut vivement appréciée t nous les en remercions grandement.

Daniel Banville

Dép8t légal

3e trimestre 1981

Bibliothèque nationale du Québec

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TABLE DES MAT IERES

ARSTRACT INTRODUCTION

1. Situation générale des prédateurs au Québec 1.1 Le loup

1.2 Le coyote

1.3 Le chien errant Période 1905-1961 Période 1961-1971 Période 1971-1980

10 15

20

4.1 Région de Montréal 23

4.2 Région de l'Outaouais 26

4.3

Région des Cantons de l'Est 29

Discussion

31

Le système de primes 32

Les trappeurs professionnels

33

Programme de contr8le gouvernemental

34

La prédation par le loup

36

La prédation par le coyote

36

La prédation par le chien errant

37

Le colt du contrele

38

CONCLUSION

39

LITTERATURE CONSULTFF.

Pane

A

49

B 51

A A

ANNEXE C

53

(5)

RÉSUME

Ce rapport présente une analyse et une discussion sur les données concernant le contrôle des prédateurs du gros gibier au Québec de 1905 jusqu'en 1980. On y expose d'abord la situa—

tion générale des principaux prédateurs impliqués soit le loup, le coyote et le chien errant. On y présente ensuite le bilan, réparti en trois périodes soit 1905-1961, 1961-1971 .mot 1971-1980. Au

cours de la première période, le contrôle s'exerçait uniquement selon le système de primes, pour protéger surtout le bétail tandis que de 1961 à 1971, alors que la population de cerfs de Virginie déclinait dramatiquement, vint s'ajouter une équipe de trappeurs professionnels engagés par le Ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche (MTCP). La prime fut abolie temporairement de 1962 à 1967 et définitivement en 1971. A partir de 1971, le MTCP a institué un programme de contrôle des prédateurs qui se voulait plus structuré. Les résultats de cette période sont présentés par région, soit les régions de Montréal, de l'Outaouais et des Cantons de l'Est, afin de mieux percevoir les particularités de chacune. L'analyse globale qui termine ce bilan montre que, dans son ensemble, le contrôle des prédateurs n'est pas efficace à réduire les pertes au niveau du gros gibier à moins qu'il ne soit• exécuté de façon très ordonnée, selon des principes d'amé—

nagement basés sur une bonne connaissance des inter—relations écologiques entre le prédateur et la proie.

ABSTRACT

This report reviews and discusses the data on the control of predators of big game in Québec, from 1905 until 1980.

The general situation concerning the principal predators that is the wolf, the coyote and the ferai dogs is presented initially.

Then the results of predator control are given for three periods:

1905-1961, 1961-1971 and 1971-1980. During the period 1905-1961 control was exercised uniquely by the use of bounties while for the period 1961-1971, when deer populations were declining drasti—

cally, a team of professional trappers were also hired by the Ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche (MTCP).

Bounties were lifted temporarily between 1962 and 1967 and removed permanently in 1971. A comprehensive predator control program was initiated by MTCP in 1971. To better appreciate regional differences, the results of this program are presented by region

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INTRODUCTION

Les premières images qui nous viennent à l'esprit lors—

que l'on parle de prédateurs sont généralement des scènes de tue—

riessguinaires an dont les protagonistes sont le loup (Canis lupus), rédateur, et le cerf de Virginie (Odocoileus rillainiLlIcis), la proie. La prédation revêt donc un caractère de destruction plutôt que celui d'un phénomène normal auquel sont régis la plupart des animaux de notre planète, qu'ils soient aquatiques ou terrestres, minuscules ou. macroscopiques. D'ailleurs, qu'importe où nous allons, partout où il y a des carnivores et des ongulés vivant ensemble, ceux—ci sont ordinairement dévorés par ceux—là. C'est une loi immu—

able de la nature en plus d'être un phénomène normal et universel.

L'homme aussi dévore les ongulés; parfois même il les harasse

tellement qu'il les extermine presque. Pensons ici au bison (Bison bison) dans l'ouest du continent au siècle dernier. Pour éliminer cette forme de compétition causée par les carnivores, l'homme s'est longtemps acharné à les détruire avec l'idée que les prédateurs n'étaient que de la vermine qu'il fallait supprimer par tous les moyens. C'est ce que l'on a appelé universellement faire le "con—

trôle des prédateurs".

Ce n'est que depuis quelques années seulement, soit depuis que l'on a commencé à comprendre et interpréter correc—

tement les relations qui existent entre les prédateurs et leurs proies et qui gouvernent chacun leur mode de vie, que l'on recon—

naît aux prédateurs le véritable rôle qu'ils jouent dans la nature.

Ces connaissances ne sont malheureusement pas toujours accessibles au public, de sorte que, encore aujourd'hui, bien des préjugés sur le sens de la prédation font école auprès d'une grande partie de la population. Et c'est aussi depuis une vingtaine d'années en—

viron que l'attitude, tant des responsables de l'aménagement de la faune que du public, a changé sur la façon de contrôler les prédateurs. Mais cela n'a pas toujours été et c'est ce qui a en—

traîné des mouvements de mésestime envers les prédateurs.

Historiquement, dans le nord—est du continent améri—

cain, la lutte aux prédateurs a surtout été dirigée vers le loup.

En effet, celui—ci est un de nos mammifères sauvages qui a sus—

cité, et suscite encore aujourd'hui, beaucoup de controverses quant à son rôle dans l'équilibre de la nature. Au début de la colonisation, profitant de l'apport de nourriture facilement accessible qu'étaient les animaux de ferme, le loup s'est vite fait l'ennemi des premiers colons. Une lutte sans merci s'est alors engagée et s'est soldée, au bout de trois siècles, par la i.e. the Montréal region, the Outaouais region and the Eastern

Townships region. The overall conclusion of this report shows that, in general, predator control is not efficient in reducing losses in big game unless the program is conducted within rigid guidelines which Lake into consideration the principles of gaine management and are based on the ecological relationships bet—

ween prey and predator.

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disparition de ce prédateur sur une vaste étendue de son aire de distribution originelle, de sorte qu'on ne le retrouve plus maintenant que dans les vastes forets sauvages du nord de l'Am' rique, principalement au Canada (Banville, 1981; Mech, 1970;

Théberge, 1975). Partout, des campagnes d'éradication visant plutôt à éliminer l'espèce qu'à réduire ses dommages, ont été entreprises. Le Québec n'a pas échappé au mouvement en emboî- tant le pas, au tournant du présent siècle, derrière les Etats- Unis et l'Ontario principalement.

Dans notre province, le contrôle des prédateurs fut initié à cause de la prédation du loup sur les moutons et les bovins. Ce n'est que récemment, soit depuis environ 1965, qu'il vise aussi à réduire les dommages causés aux populations de cerfs de Virginie. D'ailleurs depuis ce temps, la majorité des efforts déployés au contrôle l'a été pour la protection de cette espèce, la protection du bétail étant devenue une activité mar- ginale. Toutefois dans ce rapport, nous avons inclus les années de 1905 à 1961, qui concernent peu le contrôle des prédateurs du gros gibier, afin de situer cette activité dans son contexte historique.

Avant 1971, l'information écrite sur le contrôle des prédateurs au Québec est très pauvre, Mais à partir de cette date les différentes régions concernées, soit Montréal, l'Ou- taouais et les Cantons de l'Est, ont produit des rapports d'activité annuels. Avant 1960, l'information provient prin- cipalement des rapports annuels du ministère de la Colonisation qui avait alors la charge de la prime; cette information tient le plus souvent dans un court paragraphe de deux ou trois phrases mentionnant tout juste le nombre de loup ou d'ours pour lesquels on a versé des primes. A partir de 1961, on retrouve ces in- formations dans les rapports annuels du ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Poche. Quelques renseignements proviennent aussi de documents internes retrouvés dans les archives de la bibliothèque de la Direction de la recherche faunique à Orsain - ville. Et finalement, certaines informations pertinentes ont aussi été recueillies de vive voix auprès de personnes ayant déjà participé au contrôle des prédateurs, principalement au cours des années 1961-1971.

Pour le Québec, on ne retrouve que trois rapports d'ensemble sur le contrôle des prédateurs, soit ceux de Banville (1977 et 1978) et de Grenier (1968). Le travail de Banville (1977) tente d'évaluer les différents modes de con- trôle et propose de réorienter cette façon d'aménager selon une approche plus rationnelle. En février 1978 s'est tenu à

un colloque sur le contrôle des prédateurs réunissant plusieurs personnes intéressées par le sujet. Le but premier

était de redéfinir l'approche de ce problème qu'en avait la Direction de la recherche faunique (Banville, 1978). Le tra- vail de Grenier (1968) résume l'historique du contrôle des pré- dateurs de 1905 à 1961, historique qui est d'ailleurs repris dans le présent travail.

Le principal objectif de ce rapport est de décrire les différents aspects de la politique du contrôle des prédateurs du gros gibier au Québec, principalement en ce qui a trait au loup, au coyote (Canis latrans) et au chien (Canis familiaris Il cherche ainsi à le situer dans son contexte historique, afin d'en dégager une certaine évaluation; c'est pourquoi les données ont été réparties en trois périodes, soit 1905-1961, 1961-1971 et 1971-1980. Compte tenu de la pauvreté de la documentation que nous avons actuellement sur le contrôle des prédateurs, ce tra- vail se veut aussi un ouvrage de référence qui pourra faciliter la compréhension de ce sujet tant controversé.

Avant d'entreprendre la description du bilan comme tel, il serait bon, croyons-nous, d'avoir une idée générale sur la situation des prédateurs au Québec. C'est ce que propose la section suivante.

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1. Situation générale des prédateurs au Québec

Au Québec, sont reconnus comme prédateurs du gibier prioritairement le loup, le coyote et le chien; on connait secondairement l'ours noir (Ursus americanus),_ le lynx pe,„

du Canada (Felis lynx) et le lynx roux F. refus rd renardrel (Vulpes vulP77ét le raton laveur (Procyon lotor), à cause de leur petite taille, ne s'attaquent pas au gros

gibier mais peu- vent se nourrir sur les carcasses de gibier tué par un grand prédateur. La discussion ici portera uniquement sur le loup;

coyote et le chien. ie

Dans notre province, la proie principale impliquée au niveau du contrôle des prédateurs est le cerf de Virginie.

C'est d'ailleurs principalement pour la protection de cette e pèce que l'on exerce depuis un peu moins d'une vingtaine d'

le contrôle. L'orignal (Al annéen,

ces alces) et le caribou (Ran 'fe tarandus) sont aussi des proies du loup, mais antérieurementr actuellement aucun contrôle des prédateurs n'a été et n'est effet et tué pour leur protection, à l'exception toutefois du troupeau réintroduit dans le secteur des Grands Jardins du Parc des Lau- rentides où un contrCle du loup sans conséquence fut effectué depuis le début de la restauration en 1967 jusqu'à 1979 (Hélène Jolicoeur, comm. pers.).

1.1 Le loup

Y a-t-il plus de loups qu'avant l'arrivée des premiers colons? Ont-ils eu une influence sur le déclin du cerf de Vir- ginie au Québec? Doit-on les exterminer parce qu'ils sont des compétiteurs qui n'ont plus leur place? Voilà le genre de ques- tions qui sont souvent posées et dont les réponses ne spnt aussi que spéculations dans bien des cas. Cependant, de récentes re- cherches, notamment au Minnesota, ont permis de mieux comprendre le rôle de ces prédateurs dans la nature de même que les inter- relations qu'ils ont avec leurs proies.

Pour sa survie, le loup dépend surtout du gros gibier et son abondance et sa distribution sont fonction, grosso modo, de celles des espèces proies (Mech, 1970; Packard et Mech, 1980 Au Québec, le loup est disparu au sud du fleuve Saint-Laurent depuis au moins un siècle (Young, 1944). Aujourd'hui, il est confiné aux étendues forestières et encore sauvages du reste de

ainsi qu'à la toundra arctique, ce qui représente 1-L province, 90% de sa distribution originale. Son rôle dans le dé-

echvi c

in du cerf de Virginie est important (Mech et Karns, 1977; ron Het et al., 1978), mais n'en est cependant pas la cause immé-

diat

e THuot, 1977; Potvin, 1977). Même s'il est difficile d'es- timer la densité du loup au Québec, il apparaît cependant en bonne situation et qu'à certains endroits, notamment dans les comtés de Pontiac, Gatineau et

e

Papineau-Labelle, la densité soit assez élevée Barr:

)lou

p, véhiculée principalement par certains chroniqueurs de chasse et pêche à partir de 1964 environ, tend de plus en plus à s'estomper depuis que nos connaissances sur la biologie de l'animal nous le présentent sous son vrai jour et que plusieurs documents de vulgarisation tant visuels qu'écrits, nous permettent de faire la part des choses. Enfin, un désir de plus en plus grand ..de la part de la population québécoise pour la con- servation de nos ressources naturelles tend à réhabiliter le loup même si, à certains endroits, des mesures de contrôle ont été jugées nécessaires et valables pour la protection du cerf de Vir- ginie.

Jusqu'à octobre 1980, le loup ne jouissait d'aucune forme de protection au Québec. On pouvait le chasser ou le trapper

longueur d'année sans limite de capture. Depuis cette date, il est interdit de le trapper en dehors des saisons prévues à cet effet quoi qu'on peu encore le chasser en tout temps.

Malgré l'acharnement que l'on a pu mettre à certaines époques, afin de le détruire, il n'en demeure pas moins que le loup est un animal qui prospère encore bien au Québec et n'est aucunement menacé d'extinction (Banville, 1981).

1.2 Le coyote

Le coyote est arrivé au Québec vers 19101 en prove- nance du Vermont et de l'Ontario simultanément (Lord, 1961; Young et Jackson, 1951). Tl s'est propagé très rapidement, de sorte qu'on le retrouve aujourd'hui partout au sud du fleuve Saint- Laurent jusqu'en Gaspésie (Georges, 1976) et jusqu'en Abitibi et, au lac Saint-Jean au nord.

Parce qu'il n'est pas indigène au Québec et qu'il peut s'attaquer aux animaux de ferme, sa présence est le plus

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souvent qualifiée d'indésirable et d'aucuns souhaiteraient même le voir disparaître complètement de notre paysage. I1 faut ce—

pendant être réaliste et, en toute sagesse, apprendre à vivre à

ses etés.

Les dégâts qui lui sont attribués sont souvent exagérés en raison du manque de connaissance biologique que nous en avons et de préjugés fondés sur des ouï—dire ou encore sur l'idée qu'au départ un coyote est un animal qui ne sert qu'et détruire. Les récents travaux de Messier et Barrette (1979) en Beauce et de Demers (1979b) dans les Cantons de l'Est nous donnent beaucoup de renseignements sur le régime alimentaire de ce prédateur et de—

vraient ainsi effacer certains préjugés sans grand fondement.

Présentement, le contrôle du coyote, effectué princi—

palement dans la région des Cantons de l'Est, a deux objectifs.

Il vise premiêrement à réduire les dégâts que les coyotes peuvent causer aux animaux de ferme; on effectue alors le contrêle uni—

quement à partir de plaintes. En second lieu, il vise à protéger les cerfs de Virginie dans leurs quartiers d'hiver. Il est

maintenant établi que les coyotes sont des prédateurs efficaces de ce cervidé sous nos latitudes et que cette cause de mortalité est loin d'être négligeable (Messier et Barrette, 1979).

Depuis octobre 1980, le coyote jouit de la même protection que le loup telle que mentionnée plus haut. Cepen—

dant, il est davantage trappé et chassé que son congénère, du fait qu'on le rencontre surtout en milieu semi—agricole où la population humaine est plus dense que dans l'aire occupée par le loup.

Tout compte fait, le coyote, originaire de l'ouest, a bien su s'adapter à son nouveau milieu (Hilton, 1978). A notre avis, malgré la chasse qu'on peut y faire, le coyote est arrivé ici pour y rester et il est peu probable que ses densités dimi—

nuent substantiellement peu importe la région où on le retrouve actuellement.

1.3 Le chien errant

Les chiens errants sont des chiens domestiques qui, de façon temporaire ou définitive, quittent leur foyer pour aller vagabonder au loin. Ils peuvent être solitaires ou

encore se regrouper en bandes de taille variable. La provenance 8

de ces chiens errants est variée mais, le plus souvent, ils pro—

viennent de fermes en milieu agricole, ou ce sont encore des animaux abandonnés à la fin de l'été par des vacanciers qui trouvaient

l'animal trop encombrant à ramener en ville (Demers, 1979a).

En hiver surtout, les chiens errants peuvent aller chasser les cerfs de Virginie qui sont alors confinés dans leur ravage. Bien qu'ils ne soient pas d'habiles chasseurs (Sweeny et al., 1971), ils peuvent tuer du cerf que, la plupart, du temps, ils abandonnent sans le manger. On les considère ainsi comme des prédateurs non naturels et indésirables qui détruisent inutilement le gibier sauvage.

Au Québec, l'importance de cette forme de prédation sur la faune sauvage a été documentée par Bergeron et Demers (1981) et par Thériault (1978). Ceux—ci s'accordent pour dire que c'est au cours de la période de confinement du cerf de Virginie en hiver que l'impact de ce facteur de mortalité est le plus important.

Ailleurs en Amérique, où ce genre de problème exisbei la situation est semblable telle que rapportée, entre autres, par l'étude de Denney (1974).

Déjà en 1907, en parlant de la destruction du cerf, il est écrit dans le rapport du ministère de la Colonisation,

des Mines et des Pêcheries, que leurs "ennemis, ce sont les chiens, les chiens des colons qui errent en tout temps et les chiens de chasseurs (...)1. A cette époque, la législation permettait aussi de tuer les chiens errants. Donc, ce problème ne date pas d'hier et est, fondamentalement, un problème de civisme. 11 n'existerait pas si on attachait les chiens ou si on s'en occupait après les vacances... Il est à supposer aussi que leur nombre est relati—

vement proportionnel à la population humaine, de sorte qu'actu—

ellement il y en aurait plus qu'avant. Cette tendance paraît d'ailleurs dans le nombre de captures annuelles.

Au Québec, la majorité des captures de chiens errants se fait dans la région des Cantons de l'Est et ces animaux sont le plus souvent pris au cours de contrêle dans les ravages de cerf de Virginie.

Les chiens errants sont pourchassés sous le couvert de l'article 34 de la loi de la conservation de la faune qui dit que

"nul ne peut laisser errer un chien dont il est propriétaire ou gardien dans un endroit fréquenté par le gros gibier" et que "bout agent de conservation peut tuer tout chien errant dans un tel en—

droit".

1La chasse au cerf avec chiens était autorisée à cette époque.

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11 Il est évident que, comme ces animaux sont la cause

directe d'actes de prédation spécifiques, on ne peut leur accor- der une quelconque forme de protection.

Ce problème ne pourra être résolu ou diminué que par une conscientisation du public dans les zones impliquées.

2. Période 1905-1961

Au Québec, il semble que ce soit en 1831 que l'on parle officiellement pour la première fois de contr8le des prédateurs.

En effet, le 17 février 1831, la chambre d'Assemblée de la Pro- vince du Bas-Canada, à sa première session du Quatrième Parlement Provincial, entendait le témoignage de propriétaires de la parois- se de Saint-Timothée? Seigneurie de Beauharnais. Ceux-ci présen- taient une pétition dans laquelle ils se plaignaient de la perte de nombreux moutons et bêtes è cornes dévorés par les loups. On proposait une prime de 10 piastres pour chaque loup tué comme cela se faisait au Vermont à l'époque. Il n'est cependant pas mentionné quelle décision fut prise par l'Assemblée. Mais c'est en 1861 que, par un acte concernant la destruction

des loups, pour la première fois, une prime au montant de 10 piastres fut officiellement instituée. Toute personne ayant tué un loup devait alors présenter la tête avec la peau et les oreilles en- tières à un juge de paix (cf. Les statuts refondus

pour le Bas- Canada, 1861:319). Cette prime visait essentiellement

à réduire le nombre de loups qui s'attaquaient aux moutons et aux bovins.

Il est cependant impossible de savoir combien de loups ont été capturés suite à la promulgation de cet acte. En 1903, une prime de cinq piastres est de nouveau établie par l'article 6 de la loi de la chasse, chapitre 23, qui se lit comme suit:

9' Le ministre des terres, mines et pêcheries, peut payer, à même les contingents de son département, une somme de cinq piastres, à toute personne habitant la province de Québec, qui lui transmet un certi- ficat d'un juge de paix d'un dis- trict judiciaire constatant que telle personne a prouvé, sous ser- ment, à sa satisfaction, qu'elle a tué un loup dans ce district...

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(11)

...et qu'elle lui a présenté le loup ou la tete du loup avec la peau et les oreilles entières, et que ce juge de paix a, avant de délivrer le certificat, fait cou—

per et braler les oreilles et la peau du crâne de tel loup. "

C'est ainsi qu'à partir de 1905, dans les rapports annuels du. ministère de la Colonisation, on retrouve des chiffres sur le nombre de loups rapportés pour la prime. Ces données, pour les années 1905-1961, sont présentées au tableau 1.

Dès 1906, la prime passe de 5 $ à 15 $ probablement afin d'encourager davantage la destruction de loups. Pour la même raison, elle est haussée à 25 $ en janvier 1931. On dit que cette augmentation a eu un heureux résultat (sic). Eh ef—

fet, alors qu'on avait tué seulement 86 loups dans les premiers six mois de l'année fiscale (1930-31), le nombre de loups exter—

minés dans les derniers six mois fut de 236. La prime fut cepen—

dant de nouveau réduite à 15 $ au mois d'ao/t 1932 par un arrêté du Conseil exécutif.

Pour les années 1926-1929, nous ne possédons aucune donnée sur le nombre de loups capturés. La prime ne fut cepen—

dant pas abolie officiellement mais aucune somme d'argent ne fut donnée au cours de ces trois années (Minguy, 1962a). Ta cause de cet arrêt temporaire est inconnue.

En 1938, la prime fut changée comme suit: on paye 15 $ par loup adulte et 5 $ par jeune. Mais en 1944, on ne fait plus mention de cette distinction; on donnait encore 15 $ peu importe la grosseur du loup.

Dans le rapport annuel de 1940—il ], nous lisons:

"Pour raison d'économie, et vu que la prime n'incitait que très peu de chasseurs à chasser le loup en vue de le détruire, cette prime fut abolie...".

Rien n'en fut cependant. C'est à cette époque que les ministères de la Colonisation et de l'Agriculture ont pris en charge, à frais partagés, le colt de la prime que le

ministère de la Colonisation prendra entièrement à sa charge en 1948.

En 1953, la prime pour le loup fut augmentée à 20 $1, Cette année—là aussi, on a instauré un concours, afin de stimu—

ler la capture des loups et des ours noirs dans une dizaine de comtés au nord du fleuve Saint—Laurent. Pour cheoune de ces espèces, un montant de 1 000 $ par comté était distribué aux trois meilleurs trappeurs. Ce genre de concours e contant entre 8 000 $ et 10 000 $ annuellement, fut interrompu en 1960.

De 1929 à 1932, une prime de 15 $ fut accordée pour la destruction de l'ours. Après avoir été interrompue pendant dix ans, cette indemnisation fut reportée en 1941 au colt; de 5 $. En 1951, elle est passée à 10 $ et elle est abolie en 1962 de façon définitive en même temps que la prime pour le loup.

A ces primes, vient s'ajouter en 1957 une prime de 3 $ pour le renard roux qui a été abolie en 1962.

Quoique le coyote soit devenu un important dépré—

dateur au début des années 1950, on ne parle jamais de primes pour cet animal. Il est probable cependant qu'il ait été classé avec le loup, de sorte qu'on ne sait pas combien de coyotes ont été capturés à cette époque. Ceci expliquerait en partie l'aug—

mentation du nombre de primes pour le loup payées à partir de 1957.

Bien que l'article de la loi passé en 1903 stipulait qu'il fallait présenter au moins la peau de la tete et les oreilles entières si l'on voulait être payé, il apparaît que rapidement la pratique voulait que seules les oreilles pouvaient être présentées, ce qui a occasionné bien des abus. Il semble en effet que certaines personnes peu scrupuleuses allaient jusqu'à couper les oreilles de chiens bergers allemands, ou de tout autre chien. ressemblant au loup, et les laissaient pourrir

avant de les envoyer par courrier au responsable de la prime.

On rapporte que d'aucuns auraient collé des poils sur des car—

tons en forme d'oreilles qu'ils expédiaient parmi les vraies oreilles. Ou encore, on coupait les oreilles des loups pour obtenir la prime et on relâchait l'animal amputé pour qu'il aille "refaire d'autres oreilles". Certaines paires d'oreilles seraient aussi venues de l'extérieur de la province oà la peau de loup valait moins cher que le montant de la prime. A une carLaine époque, on pouvait aussi rapporter des carcasses par une formule sous serment. Mais cette pratique ne fut pas non plus exempte d'abus.

13

(12)

Il est aussi question que certaines gens se faisa

payer certains services rendus au gouvernement sous forme de primes.

Ceci pourrait expliquer, entre autres, le nombre élevé d'ours noirs rapporLés entre 1950 et 1960. Ces nombres semblent en effet exa-.

gérés si l'on considère qu'au Québec, en 1978 par exemple, il s'est enregistré 1 282 ours par la chasse légale ou par autres causes diverses (Bouchard et Gauthier, 1979). Vingt ans plus tôt, alors qu'il y avait beaucoup moins de chasseurs qu'aujourd'hui, on en aurait tué 7 299 en 1957-58• Cela paraît invraisemblable, Tl est possible aussi que le nombre élevé de loups, à partir de 1957 du moins, soit expliqué de la même façon. Malheureusement, on ne pourra jamais vérifier la véracité de ces faits. Il faut donc les prendre tels qu'ils nous sont parvenus et les regarder avec circonspection.

Les données compilées dans les rapports annuels ne peuvent ainsi pas permettre beaucoup d'autres formes d'analyse que celle de constater combien d'animaux ont pu être rapportés et quel montant il en a conté au gouvernement. Une somme de 1 130 697 aurait été ainsi versée en primes diverses au cours de cette pé- riode, le loup et l'ours noir étant les deux principaux prédateurs recherchés.

Les moyens utilisés pour le contrôle étaient diver- sifiés. Eh fait, tout était permis pourvu que les loups soient détruits: armes à feu, collets, pièges et poison sont les tech- niques que l'on utilisait couramment vers la fin des années 1950.

Il n'était pas question de pièges humanitaires ni de sélectivité au niveau des sites de trappage et des animaux visés. Eh 1910, W.C.J. Hael, alors surintendant du parc des Laurentides, recom- mandait même l'utilisation d'éponges comprimées et d'appâts sur des crochets d'os de baleine... L'usage de poison comme moyen de répression était aussi forLement recommandé tel que le suggère en 1955, Clément Delisle, alors biologiste au Ministère, dans une lettre adressée à son ministre? Camille Pouliot.

Dans aucun rapport gouvernemental on ne mentionne ni d'espèces ni de nombres d'animaux non visés qui ont été détruits au cours d'opération de contrôle. Il est cependant certain que nombre d'individus d'espèces non visées ont été tués, et qu'il a dû y avoir des réductions de populations locales tel qu'il nous fut rapporbé pour le pékan (Martes pennanti) par un trappeur de la région de Pontiac, alors qu'on utilisait la strychnine pour con- trôler.

Au cours de la période de 1905 à 1961, on a mis unique- ment l'accent sur la destruction des déprédateurs des animaux d'élevage principalement du mouton. On ne parle pas de contrôler

14

1 0 urs du gibier sauvage, particulièrement du cerf de Virginie, si ce n'est à la fin des années 1950 où le contrôle prendra une autre tournure comme on le verra plus loin. D'ail- ]eurs en 1955, Camille Pouliot, alors ministre de la Chasse et dos Pêcheries, parle de créer des unités de contrôle des préda- teurs suite au nombre croissant de plaintes relatives aux cerfs de virginie tués par les loups notamment à Hill Head près de m mtréal. Cependant, on ne passera de la parole aux actes que plusieurs années plus tard.

Période 1961-1971

Bien que cette époque soit assez récente, elle de- meure un peu obscure lorsqu'on parle du contrôle des prédateurs.

Les quelques documents concernant le nombre d'animaux capturés qui nous sont parvenus ne font que mentionner le nombre sans tellement d'autre forme d'analyse. Seuls les rapports de Minguy (1962a, 1962b, 1962c, 1963) et de Martineau (1966) vont un peu

plus en profondeur mais ils ne traitent toutefois que du con- trôle des prédateurs des animaux d'élevage.

Cette époque est une période de transition. où l'on passe progressivement d'un système de contrôle traditionnel et archai'que à. un programme axé principalement sur l'élimination sélective des prédateurs en cause. C'est aussi au cours de cette période que l'on intensifie le contrôle des prédateurs respon- sables de pertes encourues au sein de populations de cerfs de Virginie particulièrement dans le nord de Montréal. A cette époque les populations de cerfs sont très élevées de sorbe que le succès de chasse atteint alors un sommet. Les loups sont très nombreux en raison de l'abondance même de la proie et ses ravages sont aussi très évidents. Des pressions venant du pu- blic et véhiculées de façon très partiales par certains chroni- queurs de chasse et pêche, qui ne voient dans le loup qu'un compétiteur sanguinaire font prendre au Ministère des mesures de contrôle draconiennes en vue d'éliminer celui-ci des prin- cipaux ravages des comtés au nord de Montréal et de l'Outaouais.

Au début des aillées 1960, le Ministère engagea Louis- Amédée Lord, un trappeur professionnel, qui devenait ainsi la première personne véritablement responsable du contrôle des pré- dateurs au sein du ministère de la Chasse et des Pêcheries. Sa fonction principale était de diriger les trappeurs engagés dans les différentes régions du Québec pour répondre aux plaintes de

15

(13)

plus en plus nombreuses des agriculteurs suite aux dommages causés au bétail ou aux récoltes par les loups ou par d'autres animaux sauvages. On ne s'occupait alors pratiquement pas du contrôle des prédateurs du gibier sauvage. Cette activité, de marginale au début, passa assez rapidement à principale vers 1965-1966 alors que la prédation sur le cerf de Virginie par le loup était de plus en plus alarmante.

Suite à l'abolition du système de primes en 1961, l'é—

quipe de Louis—Amédée Lord devenait officiellement le seul groupe responsable de problèmes relatifs aux prédateurs dans toute la province. C'est ce que l'on a appelé le système des trappeurs professionnels ou ',l'équipe spéciale de répressionu (sic). La formation de cette équipe était l'alternative choisie comme com—

pensation à l'abolition du système de primes. Eh 1961, elle se composait de six personnes; en 1963-64, elle en comptait huit;

en 1964-65, dix; en 1965-66, huit et en 1966-67, six. Ces trap—

peurs étaient engagés sur une base annuelle, mais leur période d'activité était surtout en été et en automne. En théorie, le contrôle devait etre sélectif mais dans les faits il ne se limi—

tait pas uniquement aux plaintes reçues.

Eh 1964, le biologiste Richard Martineau fut engagé par le Ministère et une de ses principales tâches fut de super—

viser le contrôle des prédateurs. Il devenait ainsi le patron de Louis—Amédée Lord et de son équipe de trappeurs. Il semble alors que le contrôle des prédateurs fut une opération bien struc—

turée et était devenue une des activités importantes du Service de la faune.

C'est toutefois en hiver 1965-66, que pour la pre—

mière fois on a exercé véritablement un contrôle sur les prédateurs du gibier sauvage. Ce contrôle pour la protectiJn du cerf de

Virginie eut lieu au nord de Montréal, principalement dans les comtés de Papineau et Labelle, ou. l'on. retrouvait alors les plus fortes populations de ce gibier de la province à l'exception de l'Ile d'Anticosti.

Lorsqu'en 1966, Martineau quitta le Ministère, personne ne fut réengagé pour prendre en charge les responsabilités qu'il avait au niveau du contrôle des prédateurs. De plus, comme il semblait y avoir des guerres intestines tant à l'intérieur du Ser—

vice de la faune que du Ministère, la responsabilité de ce secteur d'activité fut confié au Service de la conservation qui décida de l'administrer sur une base régionale. En outre, à cause de pression

de la part, du public via les chroniqueurs de chasse et poche, la prime, abolie six ans auparavant, fut rétablie pour le loup et le coyote au co/t de 35 $ et pour le lynx roux au cota de 10 $ payable par le ministère de l'Agriculture. Comme résultat de tout ce remue—ménage, de 1967 à 1971, date à laquelle un nouveau pro—

gramme de contrôle mieux structuré fut instauré, la situation était devenue anarchique. On pourrait même dire qu'il n'y avait plus de contrôle sur le contrôle...

Au tableau 2, a été compilé le nombre d'animaux capturés au cours des opérations de contrôle et/ou rapportés pour la prime entre 1961 et 1971. Conséquence probable de la situation cahoteuse de la fin de cette époque, il n'existe aucune donnée officielle sur aucun animal pour l'année 1970-71. Les données de 1969-70 ont été trouvées dans le rapport Stephenson (1973:103) qui ne cite aucune source d'information quant à leur provenance. Ce tableau nous montre qu'une moyenne' annuelle de 124 loups ont été pris par les trappeurs professionnels avec un maximum de 261 en 1961-62 et un minimum de 57 en 1969-70. Si on ajoute à cela toutes les autres captures des autres espèces, on constate que cette équipe était efficace en ce qui a trait à la capture d'animaux sauvages. Ceci semble aussi indiquer que les efforts que faisaient les trappeurs pour résoudre les problèmes qui leur étaient soumis, se solvaient le plus souvent par la capture des animaux nuisibles. Il est dif—

ficile ici de faire la part entre les animaux capturés pour la protection des animaux domestiques et ceux capturés pour la pro—

tection du gibier sauvage, mais un fait demeure, la majorité des captures se situe dans la première catégorie puisque ces trappeurs étaient surtout engagés à cette fin.

Au début de cette période, on dénote cependant une certaine volonté de changement face à ce système de primes qui apparaît de plus en plus inadéquat.

Eh 1966, Richard Martineau a écrit un rapport sur le contrôle des prédateurs du bétail domestique dans lequel il a rap—

porté des données sur les espèces et le nombre d'animaux capturés entre 1961 et 1965 inclusivement. Ces données qui ne tiennent pas compte des animaux qui ont pu Ôtre rapportés pour la prime, ont été l'objet d'une compilation minutieuse et présentent donc une image objective de la situation à l'époque. Dans ce rapport, Martineau (1966) analyse le système de contrôle qui prévalait au début des années 1960. En plus de présenter des chiffres sur le nombre d'animaux capturés il fait une critique sur la valeur du système de primes qui fut en vigueur jusqu'en 1961 et, du système de trappeurs professionnels alors en force. Il y dit, entre autres,

17

(14)

o

aD o 0

Tableau 2.

que le système de primes n'était pas rentable tant par les sommes B g-co g --,t g H to g -Do il \ qu'on y a investies que par l'inefficacité à réduire le nombre de

H 0plaintes d'année en année. Il y montre également l'avantage du

0 système de trappeurs professionnels en argumentant sur le fait que .5 les trappeurs répondent à des problèmes spécifiques, contrairement

,g)P

H P, au système de primes. Il conclut son rapport en disant que les

F-1 H (xi gens sont satisfaits du système de trappeurs professionnels.

H 0 o Au début des années 1960, on en était à nos premiers

N 0 --1- 1 B 1 I <0 0 balbutiements dans le domaine de la recherche et de l'aménagement

B g o u, ,c, L'" +-) 'a)

H Ô du gibier sauvage au Québec. Nous étions alors en retard dans ce

-K domaine sur ce que faisaient notamment la province de l'Ontario et

cl 0

cl o certains Etats du centre-nord des Etats-Unis. En 1961, Pimlott 0

m (1961a) a écrit un article sur le contr8le du loup au Canada rela- -p af

ca tant, clairement cette situation. Il y dit que presqu'aucune infor- -p •Hm mation n'est disponible pour le Québec sur la situation de l'orignal

H s-0 1,r‘ .0 s et du cerf de Virginie de même que sur le contrôle des prédateurs.

ON NO -4 ,,c) H •,c) I I I I

N- cn --z cn n H * (g.; Les seules informations qu'il a pu obtenir, lui proviennent de

H N 0 u) a)

a) P contacts personnels ou de coupures de journeaux. Il est vrai qu'à

cr\

H HP . . g cette époque la documentation sur le contrôle des prédateurs se n r--. b ° limitait à quelques mots dans les rapports annuels du MTCP qui

0, u) H

H o F-1 mentionnaient uniquement le nombre d'animaux capturés sans autre

,1D 0 o forme d'analyse. En plus du rapport de MarLineau (1966) on retrouve (\i

rO

-t- g g 9

\te) cd P, aussi deux brefs articles de Gaston Moisan, l'un étant l'attitude 2i-

' -N t'--c't ' 0, H P, (r)

1

H ( \ •-, rd •O du Service de la faune sur le contrôle des prédateurs (Moisant 1963)

• e-,

›, 0 -p (on y discute, entre autres, de la faillite du système de primes) ,. 0 .el ki .Uil et l'autre étant une prise de position de la Fédération Québécoise

w • 00

0 F., de la Faune sur le contrôle du loup (Moisant 1964). Dans ce der-

°` 0 0 0 o nier article, Moisant faisant appel aux principes de biologie qui ,G, cl

N C-

- o o 0\ +) 0 régissent les relations prédateurs-proies en naturel propose une

o, ,o H g g g g ,a, g

H I H H H H(l thèse objective sur la façon d'administrer le contrôle des pré-

1.0

e , ,, . H

g

0

. dateurs, thèse s'inspirant d'ailleurs largement des textes de o ni

g-, - cl c0 0,— Pimlott (1961a; 1961b; 1961c). Un peu plus tard, Grenier (1968),

E., m 0

dans son mémoire de fin d'études, reprend les mêmes constations

-, -, g

.. Ho e,,a) H..

en y dénonçant l'échec du système de primes et en y exposant les rd '1'' P---

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+,•- 0 0. H e mêmes thèmes que Pimlott. Il fallut cependant attendre jusqu'en

..._. ...., ...L...„ C \ 0 o u) en o 1971 avant que l'on mette en application cerLains principes énon-

cl Fr

H ON ,-C\ ,IN 0, 0, ON NO H el-1 Cli *0 <`2 •,,; o .1-1 cés par ces "prophètes u.

up H H 1-r\ N N- -3- -3- en I o 0 o u) 'd P P u) C N i-r\ r--1 H r--I tO ',0 •.0 ,.

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-1 Finalement, afin de mieux connaître la biologie de

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prédation du loup, un programme de recherches avait été entrepris xts o o eD, ca -p en 1963 dans le parc des Laurentides. Le but de cette étude était

0 4) N cc\ -3- kr\ ••0 r--- tO 0, 0 H ,o rd P. P. a) o

s ed de déterminer les déplacements des loups et de documenter l'effet

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H P-. +) 4-) a) F.4 a) Î-t 'a) +-I •r-I

de leur prédation sur l'orignal. Des loups ont été capturés,

H N n -4- tr. -0 N- tO u, ,..., 4-) 4-) P N- C=CD1 FI M U)

'â) M F-11 r-' marqués et suivis au cours de deux hivers. Malheureusement, les

H H H H H H H H H H 0\ 5 ,0 0 rd a) 4-1 résultats de cette,étude, qui a été discontinuée au bout de deux

18 19

(15)

ans, n'ont jamais été publiés. C'est la seule tentative qu'on a fait, au cours de cette période, pour mieux comprendre ce prédateur,

4.

Période 1971-1980

En 1971, le système de primes est définitivement aboli tant en ce qui concerne les primes payées pour la capture des pré- dateurs du gros gibier que pour celle des prédateurs des animaux de ferme. C'est aussi en 1971 que le MTCP a instauré un. programme de contrôle des prédateurs via les Services de l'aménagement et de la conservation de la faune régionaux. On a voulu, à ce moment-là, faire table rase de l'anarchie et le laisser-aller qui s'étaient installés au cours des années antérieures de façon à organiser un système qui, en principe, devait répondre plus objectivement aux problèmes que causaient les prédateurs tant aux animaux de ferme qu'au gibier sauvage.

Le contrôle prit alors deux tangentes bien distinctes:

(1) contrôle des prédateurs des animaux de ferme, (2) contrôle des prédateurs au niveau des ravages de cerfs de Virginie. Dans le présent rapport, nous ne discuterons pas des différents aspects du contrCle des prédateurs des animaux de ferme. Pour l'instant, il suffit de dire que les coyotes et les chiens errants y sont les deux principaux prédateurs et que le contrôle s'effectue le plus souvent par l'intermédiaire de trappeurs engagés par le ministère de l'Agriculture sous la responsabilité du Service de l'aménagement et de l'exploitation de la faune de la région concernée. Pour plus d'information à ce sujet, on pourra consulter Banville (1978).

L'objectif principal du nouveau programme était de réduire la prédation. exercée sur le cerf de Virginie en éliminant uniquement les prédateurs impliqués de façon soit spécifique soit préventive. Ce contrôle se voulait ainsi local et temporaire.

Pour ce faire, il fallait donc une structure administrative appro- priée afin de répondre positivement à l'objectif. C'est pourquoi le programme, mis de l'avant dans les régions de Montréal, de l'Outaouais et des Cantons de l'Est, fut sous la direction du Service de l'aménagement et de l'exploitation de la faune (SAEF) de la région concernée. Au début, il fonctionnait de la façon suivante: un biologiste responsable recevait les plaintes qui venaient, soit des agents de conservation, soit du public; s'il jugeait le contrôle nécessaire, des agents de conservation étaient alors dirigés vers l'endroit d'où provenait la plainte afin d'y capturer les individus nuisibles. Plus tard, des trappeurs

professionnels ont aussi été engagés et sont même devenus les seuls "contrêleurs" dans la région de Montréal à partir de 1976-77 (Mathieu, 1979). Donc, en résumé, les biologistes étaient res- ponsables des opérations de contrCle, mais c'était effectivement les agents de.conservation ou des trappeurs professionnels spéci—

fiquement engagés qui s'occupaient techniquement du contrôle aux endroits identifiés par les biologistes. Cette situation ne fut cependant pas sans occasionner certaines frictions au niveau des relations humaines, lesquelles frictions ont eu des répercussions sur l'efficacité du programme de contrôle.

Annuellement, des directives étaient émises par la Direction de la chasse et de la pêche aux différentes régions impliquées. Ces directives avaient pour but de définir le cadre dans lequel devait s'effectuer le contrôle des prédateurs. En annexe Al on trouvera, comme exemple, le texte intégral des di- rectives émises pour l'année

1974-1975.

On y mentionne, entre autres, le rôle des Services de l'aménagement et de la conserva- tion de la faune et où, quand, comment exercer le contrôle. Suite à ces directives, des modalités d'opération étaient élaborées sur une base régionale, conjointement par les chefs de Service de l'aménagement et de la conservation de chaque région. Ces moda- lités décrivaient, entre autres, les sites de contrôle, les agents responsables, la période et les méthodes de contrôle. Comme

exemple, l'annexe B reproduit intégralement les modalités qui

furent en vigueur dans la région de l'Outaouais pour l'année

1973-74.

Concernant maintenant les moyens de contrôle, dans la plupart des cas, les pièges et collets utilisés sont à la dis- crétion de l'agent trappeur: certains préfèrent uniquement les pièges, certains les collets et d'autres une combinaison des deux.

Les pièges utilisés sont les pièges Victor #4 ou #I4. L'usage de poison (surtout strychnine) était devenu monnaie courante à partir du début des années 1960 à cause de son mode d'utilisation facile et de son efficacité. Mais, à cause de sa non-sélectivité, de son caractère inhumain et peut-être surtout du manque de contrCle

sur l'usage qu'on en faisait, à savoir qui et quand on l'utilisait, il fut décidé, dès le début du programme, d'en interdire défini- tivement l'emploi. En effet, le

9

novembre 1972, dans un commu- niqué de presse émanant du Cabinet du Ministre, il est dit que pour réduire le nombre de prédateurs, l'utilisation de poison n'est pas envisagée (sic) et que le Québec n'offre pas de poison (sic).

Ce communiqué est reproduit en annexe C. Sans vouloir s'engager ici dans une polémique, il apparaît que la réalité fut toute autre.

L'année même de ce communiqué, soit en 1972-73, 10 loups ont été capturés par poison dans la région de Montréal (tableau 3).

(16)

Dans cette région, ce n'est que trois ans plus tard, soit en 1975-76, que l'usage du poison fut discontinué définitivement, malgré certaines pressions de la part du public désirant le re—

tour à cette pratique révolue François Caron, SAEF (région de Montréal), comm. pers. C'est cependant dans la région de l'Outaouais qu'on fit le plus longtemps usage du poison ou "con—

trôle chimique" comme on l'a appelé là—bas. Dans cette région, ce n'est qu'en 1979-80, que son emploi fut discontinué. Il semble même qu'à un certain moment, l'utilisation de strychnine était devenue anarchique, de sorte que certaines personnes pos—

sédant du poison légalement pouvait s'en servir sans autorisation préalable de la part du responsable du programme de contrôle (Michel Bélanger, DAEF, comm. pers.). Pour sa part, la région des Cantons de l'Est ne fit jamais usage de poison au cours de ses opérations de contrôle de prédateurs.

En 1972, on avait aussi lancé un concours de trophées aux chasseurs de gros gibier qui pouvaient tuer des loups ou coyotes au cours de leur chasse: la mgchoire inférieure était enlevée et encastrée dans l'acrylique avec le nom du chasseur.

Seulement cinq coyotes et quatre loups ont été ainsi capturés et ce concours fut discontinué immédiatement suite à des protes—

tations véhémentes de la part, d'organismes de conservation et notamment de la part de la Fédération canadienne de la nature (1972).

Dans les régions des Cantons de l'Est et de Montréal oû on a engagé des trappeurs professionnels, la fourrure des animaux capturés peut être conservée par ceux—ci. Ta valeur

qu'ils en retirent en les vendant est un surplus au salaire qu'ils reçoivent régulièrement. De plus, cette pratique est pour eux une motivation au trappage qu'ils entreprendraient avec moins d'intérêt s'ils ne pouvaient conserver la peau (Banville, 1978).

Par contre, les animaux capLurés par les employés réguliers du Ministère, soit les agents de conservation, sont détruits ou encore donnés à des institutions d'enseignement à des fins de recherches (Université de Sherbrooke, par exemple).

Comme le programme de contrôle variait d'une région à l'autre, nous croyons qu'il convient mieux ici d'analyser sé—

parément les résultats de chacune, afin d'en dégager les parti—

cularités régionales. On pourra, par la suite, analyser globa—

lement l'ensemble afin d'en tirer des conclusions. On trouvera donc aux tableaux 3, 4 et 5 les résultats des opérations de contrôle des prédateurs pour les régions de Montréal, de l'Outa—

ouais et des Cantons de l'Est, résultats provenant principalement

des rapports régionaux sur le contrôle des prédateurs du cerf de Virginie. Les autres régions quant à elles n'ont pas exercé de contrôle des prédateurs du gros gibier au cours de cette période.

La figure 1 illustre la localisation de ces différentes régions.

4.1 Région de Montréal

Dans la région de Montréal, on avait recensé en 1972, plus d'une centaine de ravages de cerfs dont une douzaine héber—

geaient entre 50 et 350 individus (Juniper et al., 1972). Malgré la chasse constante que l'on faisait aux loups à ce moment—là,

ceux—ci ne semblaient pas diminuer outre mesure et leur densité était même considérée comme très forte (Plmlott et al., 1968).

Certains ravages étaient fréquemment visités par les loups qui, selon certains journalistes de la métropole, causaient un tort irréparable aux populations déclinantes. Comme les comtés de Papineau et Labelle procuraient alors une bonne récolte de cerfs par la chasse, c'est dans cette région que furent concentrées les opérations de contrôle. On pense, entre autres, aux ravages de La Macaza, La Minerve, Lac David et Rawdon.

Malgré bien des efforts déployés tant par le per—

sonnel du Service de la faune que du Service de la conservation, peu de loups ont été capturés comme nous le fait voir le tableau

3. Les captures ont oscillé entre six en 1975-76 et 35 en 1972-73 avec une moyenne annuelle de 15 pour l'ensemble de la période.

On remarque aussi dans ce tableau, que de 1974 à 1979, le nombre de loups capturés ne dépasse pas 10. Il est bien évident qu'un si petit nombre ne peut affecter grandement la population de loups, tout comme il est tout aussi évident que ce faible nombre de loups enlevés ne peut réduire, de façon significative, l'effet de la prédation sur le cerf sinon très localement si ces loups sont pris au même endroit. Ce fut probablement le cas en 1979-80, alors que les 17 loups enregistrés ont été trappés par une seule personne engagée spécifiquement pour ses compétences au niveau de la capture de loups. Comme la majorité de ces loups ont été pris au. même endroit, il est probable qu'à cet endroit très précis la prédation ait été réduite au cours de cet hiver—là. Il est possible que la prédation soit aussi réduite l'année suivante mais il ne faudrait cependant pas prévoir que ce contrôle réduira l'effet de la prédation définitivement.

En ce qui a trait aux coyotes, le nombre capturés au cours des opérations de contrôle est très faible. Aucun ne fut

22 23

(17)

MO TRÉAL REAL CANTONS:1; DE -L'EST

RÉSERV /R COTE - RD L\j/IANICOU SAN 0 120 KM ; —

64000'W 72.00'W GASPÉ MONT-JOLI BAS ST GASP

48° 00. N LA-MADELEINE — REG ION ADMINISTRATIVE ZONE DE CHASSE OUTAOUAIS

oVAL-OsOR 72°00. W 1in; 7-at Tableau 3. Animaux capturés au cours du contrâle des prédateurs du cerf de Virginie dans la région de Montréal de 1971 à 1980 1971-72a 1972-73b 1973-74d 1974-75f 1975-76e 1976-77i 1977-78k 1978-79k 1979-801 Loups capturés 6 sans poison 25 20 4 6 8i 11 8 17 Loups empoisonnés 10 10c 2e 6 h h h h h Total—Loups 16 35 22 10 6 8 11 8 17 Coyotes 0 0 0 9 12 3 5 3 0 Chiens 1 40 45 13 11 8 0 0 0 aSource: Juniper et al., 1972.

b Source:

Audy et Gauthier, 1973. crans le rapport de 1972-73, Audy et Gauthier (1973) placent ces 10 loups dans la colonne ',Autres.' comme cause de mortalité. Il est à supposer que cette autre cause soit par empoisonnement. d Source: Audy et Gauthier,

1974. el:lens le rapport de 1973-74, Audy et Gauthier (1973) placent ces deux loups dans la colonne "Autres" corme cause de mortalité. Il est à supposer que cette autre cause soit par empoisonnement. fSource: Goudreault, 1975. &Source: Lessard, 1976. h Fàs de contrale à l'aide de poison pour cette année—là de façon officielle. Il se peut cependant que l'on s'en soit servi de façon très discrète (Mathieu,

1979). iSource: Lessard, 1977. 3Lessard (1977) mentionne dans son rapport huit loups ou coyotes. k Fbur les années 1977-78 et 1978-79, aucun rapport officiel ne flat publié. Ces données ne sont pas publiées et ont été fournies par François Caron, SAEF (région de Montréal). 1 Source: Mathieu, 1980.

(18)

pris entre 1971 et

1974

et en 1979-80, tandis qu'un maximum de 12 furent capturés en 1975-76. Cependant les chiffres présentés ici doivent etre interprétés avec prudence. Il se peut, en effet, que l'on ait confondu coyote et loup à cause de leur res- semblance et du manque d'expérience de certains trappeurs. Ceci est mentionné, entre autres, dans le rapport de 1975-76 (Lessard, 1976).

De plus, certains loups ou coyotes ont pu être rapportés par des trappeurs privés sans nécessairement avoir été pris spé- cifiquement dans le cadre du programme de contr8le.

Les chiens errants ont toujours été considérés comme des bêtes indésirables autour des ravages de cerfs. Dans la région de Montréal, en 1972-73 et en 1973-74, on a rapporté 40 et 45 chiens errants respectivement tandis qu'au cours des années subséquentes les captures n'ont pas dépassé 13 et que de 1977-78 à 1979-80 la récolte fut nulle. Si en 1972-73 et en 1973-74 on en rapporte autant, il ne faudrait pas penser ici qu'il y a eu une recrudescence de chiens errants durant ces deux années. Il est possible que l'on ait, à ce moment-là, fait un effort spécial pour enrayer ce problème ou bien encore que l'on ait enregistré les captures sous la libelle du contrele des prédateurs du gros gibier, mais qu'il aient été pris dans le cadre du contrôle des prédateurs des animaux de ferme. La diminution observée subsé- quemment peut aussi être attribuée au fait que les propriétaires de chiens étaient plus informés sur les problèmes que pouvaient causer leurs animaux au gibier. De 1977 à 1980, alors qu'on enre- gistre aucune capture, il est possible que des chiens aient été tués, mais qu'ils n'aient pas été enregistrés sur la fiche du

gros gibier [ Eloi Mathieu, SAEF (région de Montréal), comm. pers.]

4.2 Région de l'Outaouais

Encore au début de la décade de 1970, alors qu'était déjà amorcé depuis quelques années le déclin du cerf de Virginie au Québec, on retrouvait dans la région de l'Outaouais au-del d'une quarantaine de ravages de cerfs couvrant plus de 2,5 km (Michel Bélanger, DAM?, comm. pers.). C'est aussi dans cette région que se trouvaient les plus importants ravages de la pro-, vince. Par exemple, en 1969-70 le ravage du lac des Trente et un Milles, d'une superficie évaluée à 129 km2, abritait entre

1 500 et 1 800 cerfs (Huot, 1974); cette année-là aueil le

ravage du dépôt de l'Aigle, d'une superficie de 71 km hébergeait

entre 2 070 et 2 690 cerfs (Stephenson, 1973). Et dans certains secteurs les loups étaient nombreux, semble-t-il® Des travailleurs forestiers du comté de Pontiac en parlent encore en disant qu'ils

en voyaient souvent jusqu'à 12 ensemble. T,P prédation sur le cerf par le loup était aussi très forte et aurait contribué grandement au déclin rapide du cerf dans cette région (Banville, 1979; Huot et al., 1978; Jolicoeur, 1979).

Les efforts déployés pour diminuer la prédation du cerf par le loup ont varié d'intensité d'une année à l'autre en raison, semble-t-il, de l'antipathie que lui portaient certains agents de conservation responsables du contrôle dans leur région. C'est cette situation qui a prévalu ces dernières années, alors qu'on enregistre entre

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et 47 loups par année (tableau 4). Il apparaît aussi qu'à partir de 1976 les données fournies par le rapport du SAEF ne sont pas conformes à la réalité. En comparant ces chif- fres au nombre de loups capturés par trappage, enregistrés sur la fiche du gros gibier pour les zones de chasse F2 et F4 (correspon- dant à la distribution de loup dans cette région), on s'aperçoit que les captures de loups provenant du programme de contrôle ne sont que partiellement enregistrées auprès de la région. Il semble que cette situation résulte du manque d'intérêt et de collaboration que portent certains agents de conservation à remplir hebdomadai- rement les formules destinées au SAEF oui compile les données du contrôle. Finalement, en 1979-80, il n'y a presque pas eu de contrôle en raison du manque de temps de la part du personnel du Service de la conservation et de restrictions budgétaires impor- tantes. En effet, seuls dix-sept loups et coyotes (combinés sur la fiche du gros gibier) auraient été capturés avant l'automne 1979 [Jean Tremblay, SAEF, (région de l'Outaouais), comm. pers.].

En ce qui concerne le coyote, on constate que les captures sont en général peu élevées, à l'exception de 1974-75 et 1978-79 oà l'on en a enregistré respectivement 18 et 12. Comme le coyote ne cotoie généralement pas le loup, les captures enre- gistrées ici proviendraient surtout des ravages situés près des agglomérations rurales. On ne connaît pratiquement rien de la prédation du coyote sur le cerf dans cette région, mais il est à soupçonner qu'il s'adapte à cette proie comme il l'a fait dans la Beauce (Messier et Barrette, 1979).

Tout comme dans la région de Montréal, les chiens errants sont aussi un problème dans la région de l'Outaouais.

Il se pourrait également ici que les chiffres rapportés, du moins à partir de 1976, soient erronés pour la même raison que précé- demment.

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