Fiche technique quatre parties du Monde
L’Afrique
Description
Porcelaine dure, Strasbourg, Paul Hannong (signée « PH » en creux), d’après un modèle de J.-W. Lanz.
Hauteur : 27 cm Profondeur : 14 cm Vers 1751-1754
L’allégorie de l’Afrique est représentée sous les traits d’une femme noire debout en contrapposto sur un socle circulaire, la main droite posée sur la tête d’un lion couché à ses pieds, le bras gauche levé, le sceptre de la main droite perdu. Elle est coiffée d’un casque en forme de tête d’éléphant et vêtue d’une tunique bleue. Les deux figures traitées au naturel reposent sur une terrasse verte.
Etat de conservation
Une tête recollée.
Provenance
Hugo von Hirsch auf Gereuth, Munich (vers 1909).
Bonhams Londres, 25 mai 2011, lot 242.
L’Asie
Description
Porcelaine dure, Strasbourg, Paul Hannong (signée « PH » en creux), d’après un modèle de J.-W. Lanz.
Hauteur : 27 cm Profondeur : 13 cm
La figure de l’Asie est représentée sous les traits d’une jeune femme se tenant debout sur une base de verdure, légèrement déhanchée. Elle pose sa main gauche sur un dromadaire agenouillé à ses pieds. Coiffée d’un chapeau pointu, bleu et or, l’Asie est vêtue d’une tunique et d’un manteau pourpre et vert.
Etat de conservation
Un bras droit recollé.
Provenance
Hugo von Hirsch auf Gereuth, Munich (vers 1909).
Bonhams Londres, 25 mai 2011, lot 242.
Exposition
Munich Bayerisches Nazionalmuseum, « Altes Bayerisches Porzellan », 25 juillet- 20 septembre 1909, n°1276 et 1277.
Production de porcelaine dure par Paul Hannong à Strasbourg
La faïencerie de Strasbourg a été créée en 1721 par Charles-François Hannong, dirigée puis possédée par son fils Paul Hannong de 1732 à 1760. C’est Paul qui, utilisant la proximité de la ville de Strasbourg et du monde germanique, le premier en Europe, a su faire de la porcelaine. En 1748, il fait venir des artisans de Saxe à Strasbourg. Ce sont probablement ces peintres lui enseignèrent l’art du petit feu et peut-être aussi la technique de la porcelaine dure, dès 1751.
La première production de Strasbourg était composée de statuettes modelées par Johann Wilhelm Lanz, actif à Strasbourg de 1750 à 1754, qui, parti plus tard pour Frankenthal (Palatinat), réutilisa certains des modèles utilisés à Strasbourg, dont la série des quatre parties du monde qui existent en faïence et en
porcelaine, en Strasbourg et en Frankenthal par conséquent.
Sous la direction de Paul Hannong (1739-1760), la qualité de la production
s’améliora tant pour la faïence, bien établie, que pour la porcelaine fabriquée dès le milieu du siècle. La pâte, bien mieux faite, était translucide et blanche grâce à une terre venant du Danube. La polychromie se développa dès les années 1740 sur la faïence puis sur la porcelaine.
Nos deux statuettes produites pendant la période Paul Hannong font donc partie des rares productions de porcelaine polychromes et dorées (Strasbourg utilise la dorure dès 1744 sur la faïence) réalisées au sein de la manufacture de
Strasbourg dès 1751 malgré l’interdiction de la manufacture de Vincennes et avant le départ de Lanz en 1754 et celui de Paul Hannong pour Frankenthal une année plus tard.
Les quatre parties du Monde ont également été produites en faïence par Paul Hannong sur les modèles de Johann Wilhelm Lanz. Des modèles avec variantes dérivés ont également été produits par la manufacture de Frankenthal.
Origine des quatre parties du Monde
Selon Barbara Beaucamp-Markowsky (voir bibliographie), ces statuettes sont dérivées des statues de marbre des jardins de Versailles (1675-82), dont les gravures ont été publiées en 1694 par Simon Thomassin. Les figures de Strasbourg sont probablement réalisées à partir d’une gravure de 1681 de Gérard Audran d'après les dessins des modèles en plâtre des statues, mais il est probable que Lanz ait utilisé des copies ultérieures de ces gravures par Louis Desplaces.
Œuvres similaires ou en suite
Un exemplaire de la figure de l’Europe est conservé au Britishmuseum à Londres (non marqué ; Reg. N° 1940,10-2,1).
Un autre exemplaire de la figure de l’Asie portant un turban, est conservé au Erkenbet-Museum, Frankenthal.
Un autre exemplaire de l’Afrique est conservé au Reiss-Engelhorn-Museen,
Mannheim (illustré dans Beaucamp-Markowsky, « Frankenthaler porzellan » Tome 1 (2008), numéro 63).
Références bibliographiques
BEAUCAMP-MARKOWSKY, « Frankenthaler porzellan » Tome 1 (2008), numéro 65 p.180 (Asie) et numéro 63 p.177 (Afrique).
FAŸ-HALLE (Antoinette), LAHAUSSOIS (Christine), Porcelaine française du XVIIIe siècle, Histoire, motifs & marques, coll. Les Essentiels du Patrimoine, éd. Massin.
HAUG (Hans), Faïences et porcelaines de Strasbourg, Strasbourg, A. & F. Kahn, 1922, pl. XXV.
HEUSER Emil, Porzellan von Strassburg und Frankenthal, im Achtzehnten Jahrhundert, 1922.
LUDMANN (J.-D.), Faïences et porcelaines de l’Est : Strasbourg, Paris, éd. Jean- Pierre Gyss, 1979, p. 47.
L’Œuvre des Hannong : Faïences de Strasbourg et Haguenau, Musée des Arts Décoratifs, Palais Rohan – Strasbourg, 1975.
TARDY, Les Porcelaines françaises, Paris, 1967.