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Budget programme de l OMS dans le contexte du Programme de travail européen

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Academic year: 2022

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O R G A N I S A T I O N M O N D I A L E D E L A S A N T É • B U R E A U R É G I O N A L D E L ’ E U R O P E UN City, Marmorvej 51, DK-2100 Copenhague Ø, Danemark Téléphone : +45 45 33 70 00 Fax : +45 45 33 70 01

Courriel : [email protected] Site Web : http://www.euro.who.int/fr/who-we-are/governance

71e session

Session virtuelle, 13-15 septembre 2021 15 septembre 2021

210943

Point 9 de l’ordre du jour provisoire ORIGINAL : ANGLAIS

Budget programme 2022-2023 de l’OMS

dans le contexte du Programme de travail européen

Plan d’exécution régional

En mai 2021, la Soixante-quatorzième Assemblée mondiale de la santé a approuvé le budget programme 2022-2023 (résolution WHA74.3), le deuxième de deux budgets biennaux dans le cadre du Treizième Programme général de travail 2019-2023 (treizième PGT). Comme lors des périodes biennales précédentes, son élaboration repose sur la hiérarchisation des priorités selon un processus qui commence au niveau des pays. Le présent document de synthèse expose le plan d’exécution régional du budget programme 2022-2023 dans la Région européenne de l’OMS.

Le plan d’exécution régional tient compte du fait que les conclusions de diverses études, notamment du Groupe indépendant sur la préparation et la riposte à la pandémie, nécessiteront de réviser le budget programme 2022-2023 qui devra être présenté à la Soixante-quinzième Assemblée mondiale de la santé, en mai 2022. Une note relative aux révisions régionales du plan d’exécution régional sera ensuite soumise à la 72e session du Comité régional de l’OMS pour l’Europe ; elle portera en particulier sur les recommandations émises par la Commission paneuropéenne de la santé et du développement durable pour la Région et les pays.

Ce plan d’exécution régional décrit brièvement la contribution de la Région aux produits mondiaux définis dans le budget programme 2022-2023 ; il s’agit du premier plan d’exécution régional et budget programme couvrant la mise en œuvre du Programme de travail européen 2021-2025. Il contient des informations sur l’orientation stratégique et les priorités du Bureau régional de l’OMS pour l’Europe, ainsi que sur les prestations à fournir par ce dernier. Ce plan d’exécution régional constitue le principal moyen de responsabilisation programmatique et budgétaire de l’OMS/Europe pour l’exercice biennal 2022-2023. Il est présenté au Comité régional de l’OMS pour l’Europe en sa 71e session pour examen.

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Table des matières

Jouer un rôle moteur en faveur de la santé publique dans tous les pays ... 4

Axes stratégiques pour la Région européenne en 2022-2023 dans le contexte du Programme de travail européen ... 6

Priorité fondamentale n° 1 – instauration de la couverture sanitaire universelle ... 7

La Coalition pour la santé mentale ... 9

Le Programme européen pour la vaccination à l’horizon 2030 ... 10

La prévention et la prise en charge du cancer ... 12

Assurer un accès universel à des médicaments et à des produits de santé de qualité, avec une protection financière ... 13

Migration et santé ... 15

Priorité fondamentale n° 2 – protection face aux situations d’urgence sanitaire ... 16

La prévention et la préparation ... 17

Détection et réaction ... 18

Priorité fondamentale n° 3 – promotion de la santé et du bien-être ... 20

Des comportements sains : incorporation de l’observation des aspects comportementaux et culturels ... 21

La réduction de la consommation d’alcool ... 23

La lutte contre l’obésité infantile ... 24

Mise en application du concept « Un monde, une santé » ... 26

Réinventer l’avenir des soins de santé primaires : la pierre angulaire pour la concrétisation de nos priorités ... 28

Les fonctions d’appui ... 30

Renforcement des capacités des pays en matière de données et d’innovation et le cadre de mesure du PTE ... 30

Renforcement du leadership, de la gouvernance et de la promotion de la santé ... 32

Renforcer l’accent mis sur les pays dans la Région ... 32

Aider les pays à créer des synergies pour la santé au niveau sous-régional ... 33

Soutenir le leadership en santé dans les États membres grâce à l’Académie paneuropéenne de leadership ... 34

Mobiliser les ressources, renforcer les alliances et unir les partenaires ... 35

Plaider la cause de la santé pour ne laisser personne de côté ... 37

Renforcer la gouvernance de l’OMS/Europe... 38

Gestion efficiente, efficace, axée sur les résultats et transparente des ressources financières, humaines et administratives ... 39

Renforcer l’impact dans les pays par la rationalisation des processus et la transformation numérique ... 40

Veiller au maintien d’un lieu de travail sain, respectueux et motivant pour l’ensemble du personnel, avec une tolérance zéro pour le harcèlement ... 40

Assurer la viabilité et la responsabilité financières ... 42

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Situation financière à l’échelle régionale ... 43

Situation financière/budgétaire ... 43

Financement : perspectives et défis ... 46

Perspectives ... 49

Annexe 1. Structure du budget programme 2022-2023 ... 50

Annexe 2. Budget programme 2022-2023, Région européenne de l’OMS, par priorité stratégique, résultat et produit (en millions d’USD) ... 51

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Jouer un rôle moteur en faveur de la santé publique dans tous les pays

1. Le paysage de la Région européenne de l’OMS sur le plan social, politique, économique et sanitaire est en train de changer. Le Programme de travail européen 2020-2025 – « Une unité d’action pour une meilleure santé en Europe » (PTE) est le nouveau projet visant à soutenir les pays en cette époque de changement. « Unité », parce que les partenariats, essentiels à la réussite, sont un devoir moral, et « action » parce que les pays ont souligné qu’ils souhaitaient voir l’OMS passer du « quoi » au « comment », en échangeant des savoirs pour résoudre les problèmes. La solidarité au sein de la Région est un atout précieux à préserver et à promouvoir.

Par le biais du PTE, le Bureau régional de l’OMS pour l’Europe (OMS/Europe) aide les pays qui travaillent ensemble au service de leur population.

2. Le budget programme 2022-2023 couvre la première période biennale durant laquelle le PTE sera pleinement mis en œuvre. Le PTE détermine les plans de travail, et le cycle de planification opérationnelle et stratégique et les activités qui y sont liées sont synchronisés avec la vision et les objectifs du PTE (tels qu’ils sont définis et approuvés par les 53 États membres de la Région) et concrétisés au niveau national.

3. Afin de soutenir les pays, l’OMS/Europe entend formuler, par le biais du budget programme 2022-2023, un nouveau projet pour la santé, en instaurant une culture paneuropéenne de la santé dans laquelle les objectifs de santé et de bien-être régissent le processus décisionnel public et privé à tous les niveaux de la société, et dans laquelle l’environnement politique, social et physique permet à chacun d’opérer des choix sains. L’OMS/Europe cherche à inspirer et à soutenir tous ses États membres dans la quête d’une meilleure santé pour leur population tout au long du parcours de vie, y compris en agissant sur les déterminants sociaux et environnementaux de la santé. Elle le fait en produisant une feuille de route pour l’avenir de la Région, afin de parvenir à une meilleure situation sanitaire ; en assurant la sécurité sanitaire face aux situations d’urgence et aux autres menaces pour la santé ; en donnant aux populations les moyens d’agir et en améliorant l’observation des comportements en matière de santé ; en soutenant la transformation des systèmes de santé pour un meilleur accès à des services et à des produits de qualité ; et en tirant parti de partenariats stratégiques pour améliorer la santé.

4. Le présent document, le plan d’exécution régional, présente les prestations à fournir en priorité aux pays et à la Région au cours du prochain exercice biennal, en s’attachant particulièrement aux grandes initiatives phares du PTE prévues pour aller de l’avant. Ces initiatives sont les suivantes : lancer une coalition pour la santé mentale et un mouvement contre le cancer ; tirer parti de l’énorme potentiel des technologies numériques et de l’information sanitaire pour soutenir les personnels de santé et repenser les soins de santé primaires ; promouvoir les sciences comportementales et observer les aspects comportementaux pour optimiser les résultats obtenus dans le domaine sanitaire ; assurer un accès équitable à la vaccination grâce à un programme de vaccination transformateur ; et forger de nouvelles alliances pour permettre l’accès à des médicaments d’un coût abordable. En outre, pour progresser plus rapidement vers une concrétisation des objectifs du « triple milliard » du Treizième Programme général de travail de l’OMS 2019-2023 (treizième PGT) et des objectifs de développement durable (ODD), l’OMS/Europe prendra des mesures audacieuses et novatrices, afin de renforcer le leadership par le biais d’une nouvelle Académie paneuropéenne pour le leadership, d’accroître les investissements dans le domaine de la santé, d’améliorer le niveau des soins de santé pour les réfugiés et les migrants et l’accès à ces soins, et de s’attaquer

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aux défis persistants, tels que l’obésité infantile et la consommation d’alcool dans la Région, ainsi qu’aux défis majeurs posés par la résistance aux antimicrobiens et les menaces environnementales, telles que le changement climatique, la perte de biodiversité et la pollution, qui font peser une charge croissante sur les systèmes de santé.

5. Durant l’exercice biennal qui se profile, l’OMS/Europe donnera suite aux recommandations de la Commission paneuropéenne de la santé et du développement durable, qui sont pertinentes et adaptées au contexte régional, et aidera les leaders à repenser les politiques régionales de santé et les systèmes d’aide sociale compte tenu de la pandémie. Par ailleurs, une initiative spéciale du directeur régional de l’OMS pour l’Europe, le Forum des jeunes et des jeunes professionnels, sera poursuivie à plus grande échelle au cours de cet exercice biennal. Elle fait intervenir les générations de demain et définit leur programme, amenant un rapprochement entre ce groupe et les activités de l’OMS, et facilitant les contacts des jeunes avec les autorités sanitaires et les partenaires de la santé publique.

6. Par le biais du budget programme 2022-2023, l’OMS/Europe appliquera pour le PTE un cadre de mesure aligné sur les cadres du treizième PGT et des ODD, qui tient compte des trois priorités fondamentales du PTE et des quatre initiatives phares et prend en considération l’impact de la pandémie de COVID-19 sur tout le système de santé. Ce cadre de mesure comprendra des paramètres permettant de suivre les progrès réalisés pour ne laisser personne de côté.

7. Les fonctions d’appui de l’OMS/Europe sont en train d’être préparées à fluidifier adéquatement la mise en œuvre, en accélérant la production de résultats et en soutenant la continuité des services de santé essentiels et l’investissement dans l’avenir. Dans le prolongement du programme de changement (2020-2021) du PTE, les grands axes du prochain exercice biennal seront : un centrage plus marqué sur les pays de toute la Région ; l’achèvement de l’étude sur la présence et les activités dans les pays ; le renforcement de l’impact dans les pays par la poursuite de la rationalisation des processus et de la transformation numérique ; la mobilisation de ressources, la consolidation des alliances et la réunion de partenaires, l’accent étant mis sur une intensification de l’aide aux bureaux de pays de l’OMS ; une amplification de la communication pour défendre la santé, inspirer la confiance, lutter contre la mésinformation et la désinformation et promouvoir le travail des autorités de santé ; et la promotion de la viabilité financière de l’OMS/Europe et de son obligation de rendre des comptes.

8. Assurer pour l’ensemble du personnel de la Région un lieu de travail sain et motivant, où règne le respect, avec une tolérance zéro pour le harcèlement, restera pour le directeur régional et l’équipe de direction une priorité essentielle, les points importants étant l’intelligence émotionnelle, la sécurité psychologique, une communication bilatérale ouverte, ainsi que le développement professionnel et la formation du personnel en vue d’obtenir des résultats.

9. Ce plan d’exécution régional incorpore les enseignements que l’OMS a tirés des situations d’urgence sanitaire qu’elle a connues récemment, ainsi que de l’exécution du budget programme 2020-2021, avec les ajustements déjà apportés pour réagir à la crise provoquée par la pandémie de COVID-19. En réaction aux conclusions de diverses études, dont celles de la Commission paneuropéenne pour la santé et le développement durable et du Groupe indépendant sur la préparation et la riposte à la pandémie, un budget programme 2022-2023 révisé sera examiné par la Soixante-quinzième Assemblée mondiale de la santé, en mai 2022. Les lignes directrices tracées par les États membres à la suite des analyses et débats qui auront lieu pendant et après l’Assemblée mondiale de la santé auront une influence sur le plan d’exécution régional. Une note

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sur ces révisions sera présentée au Comité régional de l’OMS pour l’Europe en sa 72e session (CR72) de septembre 2022.

10. Le présent document fournit également des informations détaillées relatives au contexte régional européen et vise à continuer à encadrer les débats des États membres, au niveau régional, sur leurs priorités. Ces priorités déterminent les activités à tous les niveaux de l’OMS, et les capacités, l’expertise et les ressources de celle-ci sont coordonnées pour produire un impact sur la santé publique au niveau des pays. Ces priorités ont donné forme au PTE et influencent maintenant l’élaboration de plans de soutien aux pays et le plan de travail opérationnel 2022-2023 de l’OMS/Europe. C’est en mettant davantage l’accent sur un impact dans les pays que le PTE traduit concrètement un changement de stratégie concernant les prestations à livrer.

Axes stratégiques pour la Région européenne en 2022-2023 dans le contexte du Programme de travail européen

11. Le PTE fixe des priorités pour les quatre prochaines années, en se fondant d’abord sur les attentes légitimes des citoyens de la Région européenne vis-à-vis de leurs autorités sanitaires.

La population veut que ces autorités garantissent son droit à un accès universel à des soins de qualité, sans crainte de difficultés financières, elle veut que ces autorités lui offrent une protection efficace contre les situations d’urgence sanitaire et elle veut aussi pouvoir s’épanouir au sein de communautés en bonne santé, où des mesures de santé publique et des politiques publiques appropriées garantissent une vie meilleure dans le contexte d’une économie du bien- être. La population tient de plus en plus, et à juste titre, ses autorités sanitaires responsables de la satisfaction de ces attentes.

12. Pendant le prochain exercice biennal, l’OMS/Europe aidera les autorités sanitaires des États membres de toute la Région à se montrer à la hauteur de ce défi, dans chaque pays et de manière collective.

13. Le présent document, le plan d’exécution régional du budget programme 2022-2023, présente les priorités fondamentales clés sur lesquelles l’OMS/Europe concentrera son attention au cours du premier exercice du PTE. Ces priorités et initiatives correspondent fidèlement aux priorités des pays et visent à remplir les objectifs du PTE. Ce document n’est pas exhaustif, dans le sens où il ne reflète pas l’intégralité de la contribution de l’OMS/Europe à la concrétisation des objectifs du « triple milliard » et de la contribution du secteur de la santé de la Région à la réalisation des ODD.

14. Le plan d’exécution régional est organisé en fonction des priorités fondamentales du PTE, d’une priorité absolue et des fonctions d’appui de l’OMS/Europe.

15. Trois priorités fondamentales :

• instauration de la couverture sanitaire universelle (CSU) ;

• protection face aux situations d’urgence sanitaire ;

• promotion de la santé et du bien-être.

16. Pierre angulaire :

• réinventer l’avenir des soins de santé primaires.

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17. Trois pistes pour maximiser l’impact dans les pays :

• conforter les capacités des pays en matière de données et d’innovation ;

• renforcer le leadership pour la santé ;

• faire en sorte que l’OMS/Europe soit adaptée à sa mission, agile et financièrement viable.

Priorité fondamentale n° 1 – instauration de la couverture sanitaire universelle

18. La population s’attend à ce que ses autorités publiques garantissent son droit à la CSU. En révélant les périls et les pièges d’un manque d’équité dans le domaine sanitaire, la COVID-19 a apporté l’argument le plus convaincant depuis des années pour justifier de faire de la CSU une priorité. Bien que la santé soit un droit humain fondamental, des décennies d’accès inéquitable aux services de santé ont entraîné d’énormes différences dans les résultats obtenus en matière de santé dans la Région. La pandémie a jeté une lumière crue sur la désolante réalité de l’inégalité en matière de santé, mais a également rendu l’appel à l’action plus audible – pour ne laisser personne de côté.

19. La CSU, qui garantit que chacun peut recourir aux services de santé dont il a besoin sans être confronté à des difficultés financières, reste une priorité essentielle pour l’OMS/Europe. Le concept de CSU de l’OMS englobe toute la gamme des services de promotion de la santé, de prévention, de traitement, de réadaptation et de soins palliatifs, et couvre également tout le parcours de la vie. L’OMS/Europe soutiendra les États membres dans les efforts qu’ils consentent pour mettre en place des systèmes de santé solides et résilients, inspirés par des bases factuelles.

C’est là un élément central pour une reprise après la COVID-19. Elle œuvrera également au renforcement du leadership en santé à tous les niveaux, grâce à l’expansion de l’Académie paneuropéenne pour le leadership.

20. Concrètement, cela veut dire que l’OMS/Europe aidera les États membres à mettre en œuvre des politiques sanitaires, sociales, économiques et environnementales impliquant une redistribution et prenant en considération la dimension de race et de genre. Cela veut dire assurer l’accès à des services de santé adaptés, en particulier pour les personnes souffrant de maladies chroniques et d’incapacités pré-existantes, les réfugiés, les migrants, les sans-abri, les personnes nécessitant des soins de longue durée ou dépendantes de services sociaux, et les personnes emprisonnées dans des établissements pénitentiaires ou d’autres lieux de détention.

Cela veut dire reconnaître le tribut énorme que la COVID-19 a fait payer sur le plan de la santé mentale et du bien-être, et transformer et renforcer le système des soins de santé primaires pour qu’il puisse fournir une assise solide en vue d’un rétablissement réussi après la pandémie, et au-delà de celle-ci. Cela veut dire renforcer les capacités des personnels de santé à fournir leurs services. À terme, la CSU permettra non seulement d’améliorer la santé des populations et la qualité de vie dans toute la Région, mais aussi de mieux préparer les pays et les régions à faire face aux futures pandémies et autres situations d’urgence sanitaire.

21. En réaction aux nouvelles réalités révélées par la pandémie de COVID-19 et en réponse aux priorités exprimées par certains pays ou groupes de pays, les programmes techniques déploient ou déploieront une série d’initiatives. Il s’agit, par exemple, d’activités relatives aux personnels de santé. L’OMS/Europe apportera un soutien aux pays dans un large éventail de domaines liés aux personnels de santé (planification, gouvernance, informations pour faciliter

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le processus décisionnel, formation et maintien en poste dans les zones rurales) et produira un rapport phare régional sur les personnels de santé, qui décrira la situation de ces personnels dans la Région et mènera une réflexion sur certains aspects clés en rapport avec les personnels de santé, pour réaliser des avancées.

22. Les axes de travail, qui s’inscrivent dans le droit-fil des initiatives phares du PTE et se fondent sur les domaines d’intervention prioritaires définis durant la pandémie de COVID-19, sont les suivants : la réadaptation et les soins palliatifs, le soutien au remaniement des stratégies nationales de santé, le recentrage sur la surveillance et la prise en charge des maladies transmissibles, non transmissibles et évitables par la vaccination, l’élaboration d’approches innovantes pour développer les soins et en améliorer la qualité à l’ère des systèmes de santé numériques, la réflexion sur l’hôpital du futur, et l’assurance d’un financement durable et équitable de la santé dans le contexte des réalités économiques auxquelles les pays sont confrontés.

23. En outre, les informations présentées ci-dessous décrivent les principaux chantiers qui seront mis en œuvre grâce aux travaux menés conjointement par les différentes unités et divisions, pour un impact maximal et amplifié :

• la Coalition pour la santé mentale ;

• le Programme européen pour la vaccination à l’horizon 2030 (PEV 2030) ;

• la prévention et la prise en charge du cancer ;

• l’assurance d’un accès universel à des médicaments et à des produits de santé de qualité, avec une protection financière renforcée ;

• la migration et la santé.

24. De plus, l’OMS/Europe aidera les États membres à renforcer les systèmes de santé et leur résilience, notamment en s’alignant sur les domaines prioritaires définis par les travaux de la Commission paneuropéenne de la santé et du développement durable. Il s’agit notamment des domaines suivants :

• le renforcement de l’infrastructure des systèmes de santé ;

• le développement des capacités nationales pour les processus et initiatives qui dictent des priorités, comme les systèmes de gestion de l’information sanitaire, l’évaluation des technologies de la santé, la médecine fondée sur des bases factuelles et les évaluations de la performance des systèmes de santé ;

• la formulation de stratégies détaillées pour réunir les effectifs nécessaires dans le domaine de la santé, investir dans ceux-ci et les protéger ;

• l’amélioration de la gouvernance et du financement des systèmes de santé pour remédier aux déficits de financement dans le domaine des soins de santé primaires, de l’aide sociale, de la santé mentale et de la santé publique ;

• le déploiement de politiques et de services de santé, en particulier dans le domaine de la santé mentale ;

• l’amélioration de la coordination entre les services de santé et d’aide sociale pour assurer des soins centrés sur le patient.

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25. Ces éléments sont communs à beaucoup de domaines d’activité actuels et futurs des programmes, et les recommandations de la Commission sont prises en compte dans le budget programme 2022-2023.

La Coalition pour la santé mentale

26. La santé mentale représente un élément essentiel du bien-être individuel et collectif.

Tandis que le but est d’introduire un changement radical, consistant à porter le regard au-delà des problèmes de santé mentale pour s’axer sur la quête du bien-être mental, il faut reconnaître que les troubles de la santé mentale sont très répandus et représentent l’une des principales causes de souffrance et d’invalidité dans la Région européenne.

27. La législation, les politiques et les services en matière de santé mentale n’en sont pas au même stade en tout point de la Région. Le sous-financement chronique et le manque de ressources des services de santé mentale contribuent non seulement à une stigmatisation et à une discrimination, mais aussi à des disparités importantes en matière de traitement. Comme l’a bien établi le groupe technique consultatif de l’OMS sur l’impact de la COVID-19 sur la santé mentale, les faiblesses existantes des systèmes de soins de santé mentale ont entraîné une incapacité systémique à répondre à l’augmentation des besoins et de la demande de services de santé mentale durant la pandémie.

28. Les risques et conséquences d’une mauvaise santé mentale ne sont pas répartis de manière égale. Même avant la COVID-19, les personnes qui, dans un pays de la Région, vivaient avec les revenus les plus modestes, étaient deux fois plus susceptibles de se déclarer en mauvaise santé mentale que les personnes ayant les revenus les plus élevés. La pandémie a rappelé au monde les vulnérabilités existantes, et en a provoqué de nouvelles. Les enfants, les adolescents et les jeunes gens ont été exposés à des dynamiques qui les ont privés de besoins essentiels tels que l’apprentissage socio-émotionnel, les possibilités éducatives et le soutien de la communauté. La pandémie a ajouté aux vulnérabilités des personnes âgées sur le plan de la santé mentale ; elle a entravé les efforts visant à assurer une bonne santé dans la vieillesse et diminué les maigres ressources disponibles pour réagir aux problèmes de santé mentale chez les seniors, tels que la démence et la dépression.

COMMENT le succès se traduira-t-il ?

29. La Coalition pour la santé mentale était une initiative phare du PTE, avant même le début de la pandémie. Ce qui s’est passé en 2020 et 2021 a rappelé à tous les acteurs de la santé publique que nous ne pouvons pas nous permettre de différer des interventions énergiques visant à doter de plus de pouvoirs et à développer des services de santé mentale aux moyens insuffisants et aux ressources inadéquates, souvent mal conçus, si nous voulons obtenir des services de santé mentale accessibles, abordables et de qualité, qui ne laissent personne de côté.

• En 2022 et 2023, la Coalition pour la santé mentale aura une influence mesurable sur les réseaux de services, de soins et de sensibilisation visant à améliorer la santé mentale pour tous dans la Région. Elle est le moteur qui rassemblera tous les acteurs concernés dans des initiatives régionales et locales pour : transformer les attitudes à l’égard de la santé mentale ; accélérer les réformes des services de santé mentale ; et induire des progrès plus rapides pour une concrétisation de la CSU des personnes souffrant de troubles de santé mentale.

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COMMENT y parvenir ?

30. Grâce au budget programme 2022-2023, l’OMS/Europe assurera, entre autres, la prestation des activités et des produits suivants :

• une Coalition paneuropéenne pour la santé mentale, dont les membres sont parmi les acteurs concernés de toute la Région, et comptent dans leurs rangs des partenaires faisant partie ou non des autorités publiques, des professionnels et des utilisateurs de services, des partenaires pour l’emploi et des agences de développement ;

• une coalition nationale pour la santé mentale instaurée dans au moins dix États membres ;

• un développement des capacités de leadership pour la santé mentale dans au moins dix États membres ;

• un laboratoire de données sur la santé mentale, avec mise au point d’indicateurs sur la base du cadre de mesure du PTE, et la création d’un thème spécial sur la santé mentale dans le Portail européen d’information sanitaire ;

• des innovations dans les modes de prestation de services, avec des solutions participatives et numériques qui instaurent des filières personnalisées tenant compte du genre, pour jeunes gens vulnérables, afin d’améliorer la santé mentale et l’inclusion sociale durant toute la vie ;

• une aide aux États membres pour l’élaboration de plans multisectoriels ciblant les enfants, les adolescents et les jeunes gens pour la prévention de l’autoagression et du suicide et pour l’amélioration de la littératie en santé mentale.

Le Programme européen pour la vaccination à l’horizon 2030

31. Il est un fait acquis que la vaccination a entraîné une réduction remarquable de la mortalité infantile dans la Région ces dernières décennies et qu’elle constitue l’un des meilleurs investissements, non seulement pour la santé, mais aussi pour le développement durable.

Néanmoins, les flambées épidémiques de rougeole et de poliomyélite survenues dans la Région au cours de la période biennale écoulée (2020-2021) indiquent que la tâche est loin d’être terminée. La Région a enregistré une baisse de 1 % de la couverture par la vaccination systématique, qui est passée de 95 % en 2019 à 94 % en 2020. Ce recul relativement minime de la couverture régionale par le vaccin contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche (DTC3) traduit les intenses efforts des autorités de santé pour maintenir à niveau la vaccination des enfants ou en combler les lacunes malgré les restrictions des programmes dues aux mesures prises contre la pandémie de COVID-19.

32. La persistance de déficits de protection immunitaire au sein des populations locales et les carences des systèmes de vaccination montrent qu’il est nécessaire de mieux comprendre les causes profondes de cette sous-performance et de concevoir des solutions locales pour remédier aux inégalités. En outre, les leçons tirées du déploiement des vaccins et de la vaccination contre la COVID-19 démontrent la nécessité d’un système de vaccination résilient pour maintenir le fonctionnement des services de vaccination en cas d’urgence et pour prévenir l’apparition d’épidémies de maladies à prévention vaccinale.

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COMMENT le succès se traduira-t-il ?

33. Le PEV 2030 est un cadre stratégique demandé par les pays pour renforcer les systèmes de vaccination afin de s’assurer que chacun, tout au long de la vie, profite de tous les bienfaits des vaccins. Il respecte le principe de ne laisser personne de côté, en réduisant la mortalité et la morbidité provoquées par des maladies à prévention vaccinale dans la Région et en renforçant encore l’apport de la vaccination en faveur du développement durable. Pour relever les défis de cette nouvelle décennie, dont l’impact de la COVID-19 sur les systèmes de vaccination et la couverture vaccinale, le succès passera par :

• la mise en œuvre de la nouvelle stratégie de vaccination pour la Région ;

• une garantie que les plans nationaux sont fondés sur les soins de santé primaires, visent l’équité, et sont axés sur la personne, déterminés par les pays, facilités par un recours à des données et orientés sur des partenariats ;

• le renforcement des capacités des pays pour faire reculer le manque d’équité entre et au sein des pays de la Région concernant la couverture vaccinale, avec un recours à une programmation novatrice et à des interventions au niveau local, grâce à un processus décisionnel fondé sur des données ;

• la démonstration d’une volonté politique aux niveaux régional, sous-régional et national – avec une allocation appropriée de moyens afin de remplir les objectifs du PEV 2030.

34. Une mise en œuvre réussie du PEV 2030 pendant cette période biennale, quant à elle, contribuera à la réalisation du Programme mondial pour la vaccination à l’horizon 2030 et renforcera l’impact des systèmes de soins de santé primaires et de la CSU dans la Région. Les étapes prévues dans le cadre de suivi et d’évaluation du PEV 2030 constitueront un point de départ pour l’évaluation périodique des résultats obtenus et des difficultés rencontrées.

COMMENT y parvenir ?

35. Grâce au budget programme 2022-2023, l’OMS/Europe assurera, entre autres, la prestation des activités et des produits suivants :

• un cadre pour la mise en œuvre du PEV 2030, avec ses indicateurs de suivi, d’évaluation et de responsabilisation ;

• un conseil de haut niveau pour la vaccination faisant intervenir des acteurs multiples qui encadrera la promotion du PEV 2030, afin de renforcer et de maintenir durablement la volonté politique en faveur de la vaccination, à tous les niveaux ;

• une plateforme pour le suivi et l’évaluation du PEV 2030, afin d’aider les États membres à employer à leur manière, au niveau local, des données pour la formulation de politiques ;

• un forum régional des partenariats pour le PEV 2030, avec des partenaires, habituels ou non, en matière de vaccination, des institutions universitaires et des instituts de recherche ;

• un examen des outils disponibles pour la veille de la rougeole, de la rubéole et de la poliomyélite et des cadres de données sur la couverture, pour soutenir les programmes nationaux de vaccination et aider les autorités sanitaires par des interventions ciblées afin d’améliorer les performances en matière de vaccination.

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La prévention et la prise en charge du cancer

36. Chaque jour, dans la Région européenne, 13 100 personnes se voient diagnostiquer un cancer, et 6 000 personnes meurent de cette maladie. L’année dernière (2020), dans la Région, le cancer a été diagnostiqué chez 4,8 millions de personnes, et 2,1 millions de personnes en sont mortes. Les profondes inégalités observées entre et dans les pays quant à l’issue du cancer appellent à davantage de solidarité et à une ferme détermination à replacer la personne au centre et à ne laisser personne de côté.

37. Il est actuellement possible de prévenir entre 30 et 50 % des cancers en évitant les facteurs de risque et en appliquant les stratégies de prévention existantes fondées sur des bases factuelles. Les choix sains sont souvent considérés comme relevant de la responsabilité de chacun, mais les politiques permettant d’opérer ce type de choix restent insuffisamment mises en œuvre, et les politiques menées sont trop souvent arrêtées non pas en fonction de données scientifiques, mais bien d’intérêts commerciaux et économiques. La majorité des ressources nationales sont affectées au traitement contre le cancer, alors que la prévention, le dépistage rapide et les soins palliatifs restent insuffisamment développés. De plus, les taux de vaccination contre le papillomavirus humain et l’hépatite B restent trop bas dans beaucoup de pays, et les services de dépistage et de traitement présentent dans la plupart des pays des carences quant à leur accessibilité, à leur coût et à leur qualité. Beaucoup de patients reçoivent un diagnostic tardif en raison de la lenteur des processus de diagnostic des cancers symptomatiques et/ou à cause de la qualité médiocre du dépistage pour les cancers asymptomatiques.

38. Dans le cadre du PTE, l’OMS/Europe a créé « United Action Against Cancer » [Agir ensemble contre le cancer], un mouvement paneuropéen pour l’union des forces de la Région, dont le but ultime est d’éliminer le danger mortel représenté par le cancer. En 2022 et 2023,

« United Action Against Cancer » améliorera la collaboration et réunira des partenaires de tous les niveaux, renforcera le leadership politique dans les pays, mobilisera les jeunes gens et la société civile pour dynamiser les mouvements de la base, et accélérera la mise en œuvre de solutions distinctives1.

39. Le travail multipays s’appuiera sur les succès de l’exercice biennal 2020-2021, notamment dans les domaines de la prévention, du dépistage et du diagnostic rapide du cancer, ainsi que de la planification nationale de la lutte anti-cancéreuse et de la rationalisation des politiques contre le cancer. L’OMS/Europe aidera les États membres à :

• améliorer la gouvernance et la direction ;

• mettre les personnes au centre des services ;

• garantir l’accès de tous aux médicaments, aux vaccins et aux produits sanitaires.

1 Les solutions distinctives de l’OMS/Europe sont un ensemble de politiques et de mesures d’un bon rapport coût- efficacité, fondées sur des bases factuelles et accompagnées de recommandations à caractère technique et d’outils pour leur mise en œuvre. Elles assurent l’alignement entre l’expertise et les ressources de l’OMS pour parvenir à un impact réel au niveau des pays. Le mouvement « United Action Against Cancer » soumet ces solutions à l’attention des décideurs politiques, permettant ainsi à ces derniers de prendre les bonnes décisions pour lutter efficacement contre le cancer.

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COMMENT le succès se traduira-t-il ?

40. Une stabilisation de l’incidence du cancer et de la mortalité induite par le cancer, grâce à une amélioration de la détection rapide, du diagnostic et du traitement. C’est-à-dire :

• pour le cancer du col de l’utérus : un pourcentage accru de femmes bénéficiant de la vaccination contre le papillomavirus humain à l’âge de 15 ans, bénéficiant d’un dépistage à l’âge de 35 et de 45 ans et bénéficiant d’un traitement en cas de pré- cancer ou de cancer invasif dans les pays cibles ;

• pour le cancer de l’enfant : un meilleur taux de survie pour six types de cancers index dans les pays cibles (les valeurs de référence sont en cours de définition) ;

• pour le cancer du sein : un diagnostic à un stade moins avancé et survie dans les pays cibles (les valeurs de référence sont en cours de définition).

COMMENT y parvenir ?

41. Grâce au budget programme 2022-2023, l’OMS/Europe assurera, entre autres, la prestation des activités et des produits suivants :

• des événements de haut niveau du mouvement « United Action Against Cancer » le 3 février 2022 et le 3 février 2023 (le 4 février étant la Journée mondiale contre le cancer) et des produits de communication et de sensibilisation (notamment des activités avec l’ambassadeur de l’OMS/Europe contre le cancer) ;

• une feuille de route régionale pour l’élimination du cancer du col de l’utérus, qui devra être soumise pour adoption lors du CR72 et être mise en application par le biais d’un comité réunissant de multiples acteurs concernés par l’élimination de ce type de cancer ;

• une édition spéciale de la revue EuroHealth sur les déterminants commerciaux intervenant dans la formulation de politiques contre le cancer ;

• un rapport de haut niveau sur les inégalités face aux cancers de l’enfant ;

• un ensemble d’informations sur l’alcool et le cancer, par pays (comprenant un aide- mémoire, une infographie et des profils de pays) ;

• des recommandations et une synthèse sur le dépistage du cancer.

L’assurance d’un accès universel à des médicaments et à des produits de santé de qualité, avec une protection financière

42. Les données sur la protection financière produites par le Bureau de l’OMS pour le financement des systèmes de santé à Barcelone (Espagne) montrent que les pays de la Région européenne ne peuvent pas progresser vers une concrétisation de la CSU sans améliorer la couverture et la qualité des médicaments ambulatoires – en particulier pour les ménages vivant dans la pauvreté et les personnes souffrant de maladies chroniques.

43. En de nombreux points de la Région, le reste à charge pour les médicaments ambulatoires est une cause majeure de difficultés financières pour les familles, en particulier pour les ménages pauvres, et ce même dans les pays les plus riches d’Europe. Les causes en sont principalement une couverture lacunaire et des dépenses publiques inadaptées pour la santé ; les limites de la réglementation, des modalités régissant les achats et de la fixation du prix des médicaments

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ambulatoires ; l’absence d’incitants harmonisés pour la prescription et l’administration correctes de médicaments ; et une mauvaise qualité de la prestation de services de soins de santé primaires.

44. En l’absence de changement, la CSU restera une réalité lointaine dans la Région.

L’OMS/Europe est dans une position idéale pour guider les États membres et leur dispenser des conseils par le biais d’une communication claire. Elle a déjà lancé un projet en la matière – l’Initiative d’Oslo pour les médicaments – qui vise à faciliter l’accès à de nouveaux médicaments efficaces et coûteux.

45. Cette Initiative est axée sur l’instauration d’une nouvelle relation avec les producteurs de médicaments, afin d’œuvrer en faveur de politiques et de domaines d’intervention qui soient bénéfiques à la fois à l’industrie, aux États membres et aux patients sur le plan d’une amélioration de l’accès à ce type de produits. Dans ce contexte, l’OMS/Europe a organisé des dialogues avec différents intervenants et les a entendus afin de trouver des solutions communes, et l’industrie du médicament est considérée comme une partenaire pour l’avenir. L’Initiative d’Oslo pour les médicaments tiendra une réunion de haut niveau en juin 2022, après quoi un forum permanent est envisagé en vue d’un dialogue et d’une collaboration. Les travaux sur la protection financière, reflétant la charge financière que les achats de médicaments imposent à de nombreux ménages, compléteront le travail de l’Initiative et se concentreront sur l’accès à des médicaments efficaces utilisés dans les soins primaires et dans d’autres contextes ambulatoires, où les paiements directs sont encore élevés dans de nombreux pays de la Région. Les liens entre les deux initiatives sont évidents : le risque est qu’un accès garanti à des médicaments innovants et coûteux peut détourner les fonds publics de médicaments d’un meilleur rapport coût-efficacité obtenus en plus grande quantité et à un coût moindre, ce qui peut gonfler la part des coûts supportée par les patients et augmenter les difficultés financières pour les personnes nécessitant des médicaments multiples et/ou de manière régulière.

COMMENT le succès se traduira-t-il ? 46. Il se traduira par :

• un meilleur accès aux médicaments et aux produits sanitaires de qualité dont la population a besoin, sans que celle-ci ne rencontre des difficultés financières ;

• des liens plus étroits avec l’industrie pharmaceutique, dans la quête de solutions bénéfiques à toutes les parties ;

• la manifestation d’une volonté politique accrue de limiter les difficultés financières associées au reste à charge pour les médicaments courants.

COMMENT y parvenir ?

47. Grâce au budget programme 2022-2023, l’OMS/Europe assurera, entre autres, la prestation des activités et des produits suivants :

• le suivi et l’analyse de la politique de couverture en tenant compte du contexte et dans le souci de l’équité ;

• une meilleure diffusion des résultats de cette analyse et des recommandations sur la politique de couverture en matière de CSU grâce à « UHC Policy Watch » [Surveillance des politiques relatives à la CSU], une plateforme en ligne ;

• un Cadre européen pour les marchés publics – un guichet numérique unique pour fournir des conseils et un soutien aux États membres ;

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• une liste de 15 politiques clés inspirées de bases factuelles, qui, ensemble, peuvent garantir un meilleur accès aux médicaments avec une protection financière pour tous. En se basant sur le suivi régional et national des politiques de couverture pour les médicaments, ceci permettra de mettre en évidence ce qui fonctionne, ce que les pays font bien et les aspects qu’ils doivent améliorer ;

• un soutien aux pays prioritaires qui ont pris des mesures pour appliquer certaines de ces 15 politiques clés, pour montrer les bonnes pratiques et célébrer les réussites ;

• un soutien à l’élaboration de politiques pertinentes dans les pays prioritaires par le biais du renforcement de capacités, d’ateliers, de dialogues sur les politiques organisés à l’échelle nationale et sous-régionale, et d’une nouvelle formation régionale sur le financement de la santé et les médicaments ;

• une réunion de haut niveau, accueillie par le gouvernement norvégien sous les auspices de l’Initiative d’Oslo pour les médicaments, dans le but de maintenir une plateforme et des travaux conjoints avec l’industrie pharmaceutique et d’autres intervenants dans l’avenir.

La migration et la santé

48. La migration reste un défi social, politique et de santé publique majeur pour les États membres de la Région européenne. C’est un problème transversal touchant divers domaines de la santé publique, les systèmes de santé, les droits de l’homme, les déterminants sociaux de la santé, la santé en situation d’urgence et l’équité en santé. La Région européenne concentre près de 36 % de la population mondiale de migrants internationaux ; plus de 13 % de la population totale de la Région sont des migrants internationaux, contre un peu moins de 4 % en 1990.

49. Investir dans la santé de cette population sera très rentable pour la santé et le bien-être collectifs ; et si l’on n’assure pas la bonne santé des réfugiés et des migrants, il sera impossible d’atteindre l’objectif de ne laisser personne de côté. Non seulement une extension de la CSU à ces groupes améliore la sécurité sanitaire, mais elle réduit aussi la pression et les coûts pesant sur les systèmes de santé, comme on l’a vu pendant la pandémie de COVID-19.

COMMENT le succès se traduira-t-il ?

50. Dans ce domaine, le succès consiste à faire en sorte qu’un plus grand nombre d’États membres respectent les obligations qui leur incombent en vertu des instruments régionaux et mondiaux, et que l’OMS soutienne le dialogue et la collaboration transfrontalière et interinstitutionnelle pour assurer la qualité et la continuité des soins aux réfugiés et aux migrants.

51. Plus précisément, une réussite en 2022-2023 signifie :

• un pourcentage plus élevé de réfugiés et de migrants bénéficiant d’un accès à des systèmes de santé inclusifs ;

• une meilleure ventilation de données en fonction du statut migratoire et l’intégration de variables relatives à la migration dans les systèmes d’information sanitaire ;

• de meilleurs contrôles sanitaires et dépistages à la frontière pour les réfugiés et migrants ;

• une meilleure défense des droits des réfugiés et des migrants, promouvant l’inclusion sociale.

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COMMENT y parvenir ?

52. Grâce au budget programme 2022-2023, l’OMS/Europe assurera, entre autres, la prestation des activités et des produits suivants :

• une révision et une actualisation de la Stratégie et plan d’action sur la santé des réfugiés et des migrants dans la Région européenne de l’OMS, adoptée par le CR66, d’après les conclusions éventuelles d’une réunion régionale de haut niveau sur la santé et la migration ;

• des ateliers nationaux sur la collecte et l’analyse de données relatives à la santé des réfugiés et des migrants, et un encadrement pour la formulation de politiques fondées sur des données scientifiques ;

• des évaluations des capacités des systèmes de santé dans une série de pays, sur la base d’une boîte à outils de l’OMS, et un soutien à l’élaboration de stratégies nationales pour l’amélioration des capacités ;

• une boîte à outils pour une mise en œuvre nationale, et des missions pour le renforcement des capacités et l’encadrement technique et des missions dans les pays pour remédier au mauvais état de santé des réfugiés et migrants détenus ;

• une analyse des bases factuelles et un document d’orientation sur les contrôles sanitaires et les dépistages à la frontière et un renforcement des capacités pour standardiser les contrôles sanitaires des migrants à la frontière et des missions dans les pays prioritaires à la demande ;

• deux fois par an, une réunion des centres collaborateurs et une fois par an, une réunion du réseau des points focaux pour la migration aux ministères de la Santé.

Priorité fondamentale n° 2 – protection face aux situations d’urgence sanitaire

53. La population s’attend à ce que ses autorités publiques et son système de santé réagissent face à tout un éventail de menaces sanitaires. La Région européenne est confrontée à un large éventail de situations d’urgence résultant de divers dangers, dont l’échelle, la complexité et les conséquences sont variables. La pandémie de COVID-19 a démontré que les situations d’urgence pouvaient avoir un impact très important sur la santé, avec des conséquences politiques, économiques et sociales. Depuis la flambée épidémique initiale, la Région a signalé plus de 63 millions de cas confirmés et plus d’1,25 million de décès. Des décennies de développement social et de progrès sanitaires obtenus de haute lutte sont maintenant menacées, ce qui pourrait retarder la réalisation des ODD.

54. Le renforcement des capacités et des moyens des pays s’agissant de prévenir les situations d’urgence sanitaire, de s’y préparer, d’y réagir et de s’en remettre doit s’inscrire dans le cadre de la CSU, en recourant aux stratégies pangouvernementales et pansociétales. Ce sont les conditions indispensables pour une résilience face aux situations d’urgence sanitaire – ce à quoi l’on parvient grâce à des mesures harmonisées et coordonnées prises pour l’ensemble des priorités fondamentales et des initiatives phares du PTE.

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55. Le travail de l’OMS/Europe sur la préparation et l’action face aux situations d’urgence s’appuie sur le PTE, qui constitue son fondement, sur le Règlement sanitaire international (RSI) (2005) et sur le Plan d’action pour améliorer la préparation et l’action de santé publique dans la Région européenne de l’OMS 2018-2023 (le Plan d’action, voir résolution EUR/RC68/R7), adapté aux besoins de la Région.

La prévention et la préparation

56. Les rapports préparés à l’aide de l’outil SPAR (pour State Party self-assessment Annual Reporting) pour l’établissement de rapports annuels d’auto-évaluation montrent que tous les pays disposent des bases nécessaires pour prévenir les situations d’urgence sanitaire et s’y préparer. Pourtant, certaines capacités et compétences doivent être renforcées (par exemple, en ce qui concerne les événements chimiques et points d’entrée, la communication sur les risques, la résistance aux antimicrobiens, et la sécurité et la sûreté biologiques). Les enseignements tirés de la lutte contre la COVID-19 ont montré que les stratégies pangouvernementales et pansociétales pour le renforcement de la résilience nécessitent de meilleures connexions entre les fonctions des systèmes de santé, les fonctions de la santé publique et les principales capacités requises en vertu du RSI (2005).

COMMENT le succès se traduira-t-il ?

57. Le Plan d’action sera affiné et adapté aux plans d’action nationaux des États membres, et sera basé sur les enseignements acquis et sur les recommandations des commissions d’examen compétentes afin de correspondre aux besoins et aux capacités des pays. Le succès prend la forme suivante :

• l’adaptation du Plan d’action et les outils et cadres pertinents, pour renforcer la résilience face aux situations d’urgence sanitaire ;

• le renforcement de la gouvernance paneuropéenne, nationale et locale de la préparation et de l’action face aux situations d’urgence ;

• l’application accélérée du RSI (2005) grâce au cadre de responsabilisation ;

• le soutien aux activités de prévention et de préparation nationales au sein du système de santé grâce aux structures pangouvernementales et pansociétales ;

• la prise en compte des systèmes, des fonctions et des capacités de prévention et de préparation aux situations d’urgence sanitaire dans les cadres nationaux de préparation et d’action en situation d’urgence, avec un financement durable.

COMMENT y parvenir ?

58. Le nouveau concept de prévention et de préparation aux situations d’urgence s’éloignera des stratégies axées sur des capacités techniques fondamentales distinctes, et se concentrera sur des boîtes à outils bien équipées pour la résilience. Le pilier stratégique n° 2 du Plan d’action aidera les piliers n° 1 et 3 et les initiatives phares du PTE à renforcer les systèmes, les services et les structures de santé pour la prévention et la préparation à tout type de situation d’urgence sanitaire. La mobilisation de tous les pouvoirs publics, des partenariats et des communautés locales fera l’objet d’une attention particulière. Le travail dans les pays sera adapté au contexte local, avec des activités visant un impact évident.

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59. Grâce au budget programme 2022-2023, l’OMS/Europe assurera, entre autres, la prestation des activités et des produits suivants :

• l’introduction et la mise en œuvre d’un ensemble diversifié d’analyses et d’évaluations du suivi et des évaluations réalisées dans le cadre du RSI (2005), en complément des rapports SPAR – pour déceler les lacunes dans les capacités requises en vertu du RSI (2005) ;

• le renforcement des aptitudes et des compétences des acteurs concernés dans les États membres, grâce au nouveau Centre européen d’excellence pour la préparation aux situations d’urgence humanitaire et sanitaire de l’OMS à Istanbul (Turquie) ;

• le développement de la recherche appliquée en matière de préparation aux situations d’urgence, grâce au Centre européen d’excellence pour la préparation aux situations d’urgence humanitaire et sanitaire de l’OMS ;

• le soutien aux États membres pour l’élaboration de plans en vue des interventions d’urgence dans le secteur de la santé, la mise en service de centres pour les opérations d’urgence en santé publique et le déploiement de structures de commandement- contrôle-coordination, en adéquation avec les objectifs à remplir ;

• la définition d’un cadre de gouvernance pour les situations d’urgence sanitaire, pouvant être appliqué pour renforcer les structures de responsabilisation relevant du RSI (2005) et pour améliorer la résilience face aux situations d’urgence sanitaire ;

• l’adoption et l’emploi de l’outil STAR (pour Strategic Tool for Assessing Risks) et des évaluations des vulnérabilités ;

• l’élaboration et l’introduction de cadres, d’outils, de plans et d’activités de renforcement des capacités pour la préparation des services de santé publique aux situations d’urgence, et pour les services de soins primaires, d’urgence, hospitaliers et de longue durée, ainsi que pour les autres contextes.

Détection et réaction

60. La détection rapide de tout événement de santé publique ayant ou pouvant acquérir de l’importance pour le pays touché et au niveau international est essentielle en vue de mettre en place une réaction rapide et appropriée, afin de prévenir ou d’atténuer les conséquences de ces événements. Les agents de santé et travailleurs en situation d’urgence intervenant en première ligne sont l’élément clé de cette détection rapide, mais leur action doit être complétée par un système de surveillance des événements de plus en plus efficace, avec un recours à toutes les sources disponibles et aux technologies les plus récentes. Une simple détection des événements ne sera pas utile, à moins que les informations les concernant ne soient diffusées rapidement à l’échelle sous-nationale, nationale et internationale (comme le requiert le RSI (2005)). De même, des capacités et des compétences doivent être en place pour des évaluations globales rapides des risques, effectuées et répétées aussi souvent que cela est nécessaire, et les résultats doivent être communiqués rapidement.

61. Des réactions rapides, efficaces, organisées et coordonnées aux situations d’urgence sanitaire sont essentielles pour atténuer l’impact de ces situations dans un pays et prévenir les conséquences internationales. Des situations d’urgence sanitaire (flambées épidémiques de maladies infectieuses, conflits, catastrophes naturelles, événements chimiques ou radionucléaires, terrorisme, problèmes de contamination alimentaire, etc.) continuent d’affecter des communautés

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de toute l’Europe chaque année. Une riposte rapide au niveau du pays, avec une coordination et une communication au niveau international, et avec le soutien de l’OMS et de ses partenaires, est nécessaire pour sauver des vies, limiter au maximum les conséquences sanitaires, sociales, politiques et économiques dans le pays et empêcher la propagation de maladies au-delà des frontières.

COMMENT le succès se traduira-t-il ?

62. Dans ce domaine de travail, le succès deviendra apparent lorsque se produiront des situations d’urgence, d’après la vitesse et la qualité de la détection, de la notification et de la réaction globale. Dans l’ensemble, le succès se traduira par le fait que l’impact potentiel sur la santé publique des événements aigus de santé publique et des situations d’urgence prolongées est atténué grâce à : a) une exposition moindre aux dangers ; et b) de meilleurs résultats pour la santé des personnes touchées.

63. Concrètement, cela peut se mesurer à l’aide des moyens suivants :

• la détection, la notification et l’évaluation rapides des risques dans le cadre du RSI (2005), pour tout événement de santé publique ayant ou pouvant acquérir une importance pour le pays touché et au niveau international ;

• une riposte opérationnelle rapide, efficace et coordonnée à l’échelle nationale, avec coordination et communication à l’échelle internationale, et avec le soutien de l’OMS et de ses partenaires ;

• le maintien de tous les services de santé essentiels durant la situation d’urgence.

COMMENT y parvenir ?

64. Une issue positive dans ce domaine de travail dépendra d’une mobilisation et d’une hiérarchisation efficace des priorités à l’échelle nationale, régionale et mondiale, et ce durant toutes les phases du cycle d’urgence (prévention, préparation, détection, réaction et rétablissement). Les activités spécifiques à un pays seront exécutées sur un mode de travail

« d’urgence » ou « de routine ».

65. Grâce au budget programme 2022-2023, l’OMS/Europe assurera, entre autres, la prestation des activités et des produits suivants :

• l’activation du système de gestion des incidents et du cadre de mise en œuvre pour le nouveau centre d’opérations d’urgence en santé publique, le renforcement des capacités pour les centres nationaux et sous-nationaux d’opérations d’urgence en santé publique et le déploiement d’un réseau régional de centres de ce type ;

• le renforcement du mentorat, l’homologation des systèmes de soins d’urgence et l’accréditation des équipes médicales d’urgence ;

• l’aide aux États membres pour l’amélioration des chaînes d’approvisionnement en situation d’urgence et le prépositionnement des fournitures.

66. Pendant la phase de détection :

• formation des points focaux nationaux pour le RSI (2005), encadrement et diffusion d’informations sanitaires d’urgence ;

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• renforcement des systèmes d’alerte précoce et de réaction ;

• soutien pour la plateforme de veille épidémiologique (expansion mondiale).

67. Pendant la phase de réaction :

• activation du système de gestion des incidents à l’échelle régionale et nationale ;

• déploiement rapide des moyens de réaction (fournitures, fonds, ressources humaines et partenaires des opérations tels que les partenaires en réserve, les équipes médicales d’urgence, le Réseau mondial OMS d’alerte et d’action en cas d’épidémie et les laboratoires mobiles) ;

• soutien technique, coordination d’urgence et coordination des partenaires dans le cas d’urgences aiguës et prolongées, en tant que de besoin ;

• élargissement de l’accès aux ensembles essentiels de services de santé centrés sur la personne, amélioration de leur couverture et de leur qualité ;

• informations essentielles, gestion des informations, cartographie/travaux sur des systèmes d’informations géographiques, et systèmes de données pour les situations d’urgence.

68. Pendant la phase de rétablissement :

• évaluation des besoins et soutien pour une « reconstruction en mieux » après la catastrophe, avec lancement d’une boîte à outils pour la résilience des systèmes de santé, et d’un guide pour la planification de la reprise et de la transformation à l’échelle nationale (centrage sur la COVID-19).

Priorité fondamentale n° 3 – promotion de la santé et du bien-être

69. La population s’attend à ce que ses autorités publiques et son système de santé réagissent aux menaces collectives ou individuelles pesant sur la santé, aiguës ou chroniques, transmissibles ou non. Afin que les populations soient en meilleure santé, il faut s’attaquer aux comportements et aux facteurs modifiables qui influent sur la santé et le bien-être, notamment en travaillant de manière intersectorielle ou par l’intermédiaire d’autres secteurs :

• pour alléger le fardeau des maladies transmissibles et non transmissibles, et éliminer les maladies transmissibles à haut impact ;

• pour agir sur les déterminants sociaux et environnementaux de la santé et sur les risques pour la santé ;

• pour gérer les problématiques d’une alimentation peu saine, de la violence et des traumatismes (parfois liés au genre), dont les questions de genre, la sécurité routière, la pollution de l’air, le changement climatique, la sûreté chimique, l’eau, l’assainissement et l’hygiène, l’alcoolisme et le tabagisme, la consommation d’acides gras trans, l’obésité et l’inactivité physique.

70. L’accent est mis sur la santé et le bien-être. Il s’agit de lutter contre le manque d’équité et d’éviter les pertes de productivité et les frais de santé élevés, et pas seulement une mortalité.

Nombre de ces facteurs affectent souvent les personnes pendant leurs années les plus productives, ce qui nuit au développement social et économique. On tente de les corriger par des solutions peu coûteuses pour les pouvoirs publics et par des mesures multisectorielles qui ne sont pas limitées

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au système de santé et font souvent appel aux fonctions de gestion/de politique, de sensibilisation et de réglementation des ministères de la Santé et d’autres ministères.

71. Afin d’éloigner les menaces pour la santé telles que la résistance aux antimicrobiens, les maladies transmissibles ou non, la sécurité sanitaire des aliments et les zoonoses, ainsi que les problématiques environnementales mondiales dues au changement climatique, à la pollution et à la baisse de biodiversité, il faudra un leadership de l’OMS/Europe et un effort de collaboration intersectorielle aux niveaux régional et national, avec le déploiement et le renforcement de structures qui aideront à appliquer concrètement le concept d’« Un monde, une santé ». Une mobilisation maximale du secteur privé et de la société civile, en utilisant efficacement le Réseau des Villes-santé, les écoles et les lieux de travail et en exploitant le potentiel de conventions multilatérales, contribuera aux activités visant à agir sur les déterminants de la santé et à lutter contre les risques sanitaires.

72. Pour progresser plus rapidement vers un allègement de la charge de la tuberculose multirésistante et tendre à une élimination du VIH, de l’hépatite et des infections sexuellement transmissibles à l’horizon 2030, il est essentiel de maintenir et de renforcer encore la lutte contre les maladies infectieuses dans la Région et de les éliminer. Afin d’atténuer l’impact de la pandémie de COVID-19 sur ces maladies dans la Région européenne, il est nécessaire d’accélérer le rythme et de donner plus d’envergure aux efforts conjoints visant à revenir à des niveaux pré- COVID-19 et à garantir que les personnes touchées par ces maladies aient accès à des services de qualité. Le leadership de l’OMS sera crucial pour lutter contre les maladies transmissibles dans le cadre du PTE en renforçant les soins de santé primaires et en progressant vers la CSU, l’accent étant mis sur les populations clés et vulnérables, afin de parvenir à un accès universel aux services et de ne laisser personne de côté.

73. Une programmation collaborative innovante, intersectorielle par nature, constituera la base pour garantir le haut impact souhaité. Il s’agira notamment des travaux visant à appliquer le concept d’« Un monde, une santé » et à promouvoir l’observation des aspects culturels et comportementaux. Les problèmes persistants de l’abus d’alcool et de l’obésité infantile amèneront un recentrage sur la lutte contre les maladies non transmissibles et les facteurs de risque associés à ces maladies, qui sont un déterminant essentiel de la santé entravant le développement économique et contribuant aux inégalités nationales. Les informations ci-dessous montrent le mécanisme pour obtenir l’impact souhaité sur chacun des grands axes de travail définis :

• des comportements sains : incorporation de l’observation des aspects comportementaux et culturels ;

• la réduction de la consommation d’alcool ;

• la lutte contre l’obésité infantile ;

• la mise en application du concept « Un monde, une santé ».

Des comportements sains : incorporation de l’observation des aspects comportementaux et culturels

74. La pandémie de COVID-19 a rappelé au monde qu’il est important de comprendre le comportement humain afin de garantir que les politiques, les stratégies et la communication sont appropriées et efficaces. Mais des capacités limitées, ainsi que des différences dans les méthodes, les traditions et la hiérarchisation des priorités, empêchent les pays de valoriser parfaitement l’observation des aspects comportementaux et culturels. Les facteurs qui entravent

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ou facilitent peuvent être complexes, surtout pour les personnes défavorisées. Pourtant, on néglige souvent d’examiner systématiquement ces facteurs pour en tenir compte dans les politiques et la planification.

75. En avril 2020, l’OMS/Europe a été le premier Bureau de l’OMS à mettre sur pied un programme pour obtenir plus de bases factuelles et formuler des recommandations techniques pour les pays dans ce domaine. Depuis, les États membres ont été aidés à tirer parti de l’observation des comportements dans leur lutte contre la pandémie. Des considérations ont été émises concernant les politiques à mener pour les transitions en cours de pandémie, la lutte contre la lassitude face à la pandémie et la mobilisation des agents de santé. Afin de contribuer à l’élaboration de stratégies nationales de lutte contre la pandémie, un outil de l’OMS/Europe pour l’étude des aspects comportementaux a été introduit dans plus de 30 pays. Les conclusions de ces études ont servi à éclairer l’Espagne pour sa stratégie de lutte contre la lassitude face à la pandémie, la Géorgie pour ses stratégies en vue de l’influence des minorités, la Roumanie pour son plan de réouverture des écoles, la Serbie pour sa stratégie de vaccination, et la Suède pour sa stratégie visant à lancer la vaccination pour les plus jeunes. Grâce à cela, une communauté de pratique entre les pays a vu le jour plus tôt qu’escompté.

COMMENT le succès se traduira-t-il ?

76. Durant les deux premières années d’existence de l’unité d’observation des aspects comportementaux et culturels, le succès prend la forme suivante :

• des preuves que les États membres appliquent l’observation des aspects comportementaux et culturels pour enrichir les bases factuelles en vue de la formulation de politiques et d’interventions visant à rendre possibles, acceptables, faciles et attractives les pratiques saines ;

• des capacités d’observation des aspects comportementaux et culturels dans les pays (par exemple, un personnel ou des unités qui s’y consacrent) déployées dans au moins dix États membres, avec le soutien et les conseils techniques de l’OMS ;

• le maintien d’une communauté de pratique efficace et active réunissant des États membres.

COMMENT y parvenir ?

77. Grâce au budget programme 2022-2023, l’OMS/Europe assurera, entre autres, la prestation des activités et des produits suivants :

• un cadre régional pour l’observation des aspects comportementaux et culturels pour la période 2022-2026, à soumettre pour adoption au CR72 ;

• de nouvelles bases factuelles, diffusées et mises en pratique, qui placent la Région à l’avant-garde s’agissant de comprendre comment des interventions ciblées et éprouvées sur le plan comportemental et culturel, aussi bien isolées que complexes, peuvent favoriser la santé et le bien-être ;

• l’établissement et le maintien d’un laboratoire de données pour l’observation des comportements face à la COVID-19 avec une analyse de données interpays intégrant les précieuses informations recueillies grâce à l’outil de l’OMS/Europe pour l’observation des comportements et servant de point de départ pour l’élaboration de lignes directrices et la préparation aux pandémies futures ;

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