PARIS et les PEINTRES
NOTRE DAME de PARIS
Marque le paysage parisien depuis 800 ans, l’incendie d’avril 2019 a renforcé l’image forte que ce monument véhicule:
au XIIème siècle l’évêque de Paris, Maurice de SULLY fait ériger une nouvelle cathédrale en plein cœur de l’Ile de la Cité
son architecture : voûtes en croisée d’ogive, arcs-boutants, sa charpente qui a nécessité des milliers de chênes lui vaut le nom
de « Forêt de Notre Dame » et ses vitraux sont remarquables
elle a inspiré peintres et écrivains ( V.HUGO)
Livre d’Heures d’Etienne CHVALIER
- enluminure de Jean FOUQUET*- XVème ( entre 1452 et 1460) « La dextre de Dieu chassant les
démons » ou « La Main de Dieu protège les fidèles » Les fidèles agenouillés, mains et yeux tournés vers le ciel implorent la main de Dieu. Cette main divine
chasse les démons affolés qui s’enfuient à gauche et à droite.
La vue topographique est intéressante et
minutieusement représentée : le clocher de la Ste
Chapelle, le pont St Michel qui relie l’Ile de la Cité à la rive gauche de la Seine et la silhouette imposante de Notre Dame.
* primitif français, peintre du roi Louis XI, a réalisé beaucoup de portraits et de miniatures pleine page pour des Livres d’Heures ( bréviaire laïc)
« Notre-Dame, vue du quai de la Tournelle »
Johan JONGKIND*-1852-
La flèche de VIOLET le DUC n’a pas encore été construite…
HAUSMANN n’a pas encore entrepris ses travaux.
La silhouette trapue se détache sur un ciel sombre; à gauche sans doute l’Hôtel Dieu.
Ce qui attire ce peintre entre 1848 et 1864 c’est à la fois les différents panoramas de Paris mais aussi, comme les peintres flamands, la vie des parisiens (des femmes font la lessive, un homme ramasse des pierres)
*d’origine néerlandaise, après avoir fréquenté l’Ecole de Barbizon est considéré comme le père de l’impressionnisme, grand peintre de marines
« Le quai St Michel et Notre Dame » 1900 Maximilien LUCE
Entre 1890 et 1915, LUCE a réalisé 11 versions de la façade de Notre Dame variant en fonction de l’heure et du temps : une sorte de réponse aux séries des « Cathédrales » de Monet avec la différence qu’il ne représente pas « un morceau » et qu’il peint le fourmillement de la vie quotidienne.
Son engagement anticlérical et politique explique que pour lui la représentation de Notre Dame est le symbole de
l’élaboration d’une œuvre collective qui a impliqué tous les corps de métier…
LUCE est un des principaux représentants du néo- impressionnisme , du pointillisme( comme SEURAT et SIGNAC)après avoir quelque temps « flirté » avec les symbolistes belges.
Edward HOPPER-1907-
Il est installé à Paris depuis 1 an, admire les peintres tels COURBET,
MANET, il peint en plein air comme les impressionnistes mais à sa manière : la solitude urbaine
Sa peinture de N. Dame est dans une tonalité de gris avec des effets de
lumière
Henri MATISSE
1900 1902 1904 1914
« Notre-Dame » Maurice UTRILLO -1909-
La façade occupe la totalité du tableau hormis quelques maisons que l’on peut apercevoir dans la rue du cloître N.D.
Traitée de façon très géométrique, on distingue la flèche au centre de la composition.
Pas de jeux de lumière, pas de profondeur qui donnent un côté massif.
La tonalité gris-bleu est animé par le portail rouge Il s’agit d’un tableau inachevé
Henri ROUSSEAU ( dit « le Douanier ROUSSEAU) -1909
Peut-être l’artiste lui-même qui se représente sur le pont entrain de contempler la Seine et Notre Dame.
Comme dans tous ses tableaux, l’imaginaire tient une large place et confère une forme d’intemporalité.
Il travaillait sur le vif ou d’après des cartes postales : Paris a été représenté de très nombreuses fois par cet artiste dont les lignes épurées marquèrent les cubistes
Intéressant le mât du bateau et la flèche de la cathédrale qui sont dans en
prolongement
• Ces 2 tableaux datent de 1945, notamment « 14 juillet 1945 » Il célèbre la libération de la
France et la fin de ses angoisses
Ces œuvres de PICASSO ont été réalisées en 1944, les puissants réseaux géométriques
traduisent son angoisse face à une éventuelle destruction de PARIS où il vit depuis 1904
« Le Monstre de Notre-Dame » Marc CHAGALL -1953-
PARIS, la 2nde patrie de l’artiste, il l’a souvent représentée ( N.D. et la Tour Eiffel)
Ici il fusionne l’image de Notre Dame avec son imaginaire :
-le stryge personne mi- femme, mi- chèvre
occupe la place centrale; il semble contempler la capitale baignée par le clair de lune.
- un coq chante : prémices du matin tout comme
la présence de l’oiseau doré
- un couple amoureusement enlacé surplombe l’ensemble : CHAGALL et sa
nouvelle épouse surplombe tout ce qui est extérieur à leur amour???
« L’Arbre de Jessé *» lithographie CHAGALL
A partir de l’iconographie médiévale de l’arbre de Jessé ( arbre généalogique qui représente la filiation du Christ
descendant du roi David et de Jessé) il
représente la cathédrale traversée par cet arbre tandis que des êtres iconiques de CHAGALL gravitent autour
- un poisson à tête d’âne
- un peintre avec son chevalet - un couple à 2 visages
C’est un véritable feu d’artifice de couleurs qui inonde le tableau
L’arbre de Jessé permet d’associer sa religion et celle symbolisée par N.D. de Paris.
*il réalisera un vitrail sur ce thème pour REIMS
« Vue sur Notre-Dame » 1980 CHAGALL
Cette lithographie aux couleurs très douces
a pour décor la cathédrale avec au 1er plan une femme nue allongée à laquelle une créature mi- homme, mi- oiseau tend un bouquet de fleurs
Autant le thème que la palette chromatique confèrent un climat d’amour et de bonheur.
Bernard BUFFET 1968 et 1988
Cet illustre peintre et décorateur (1 des + importants du XX ème siècle)
a réalisé de très nombreuses lithographies des principaux monuments parisiens.
(se suicide par asphyxie en 1999 car atteint de la maladie de Parkinson) Son style est reconnaissable avec ses lignes géométriques
LA SEINE et ses QUAIS
« PARIS, Rives de SEINE » est inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO depuis 1992.
Sur une longueur de 13 kms avec une quarantaine de ponts, la Seine c’est à la fois un centre touristique où l’on peut pratiquer le
cabotage, le nœud du dynamisme économique et un lieu de flânerie
Les peintres impressionnistes vont s’intéresser énormément aux paysages de PARIS et notamment avec leur travail sur les
représentations de l’eau; pour certains les œuvres porteront sur le
pittoresque, pour d’autres il y aura une présence humaine tantôt des
touristes flânant, tantôt le monde ouvrier dans ses activités de labeur.
« Le Pont Neuf et l’Ile de la Cité »W. TURNER 1833
Le plus ancien pont de Paris achevé en 1607 sous le règne d’Henri IV (dont on aperçoit la statue équestre) est
représenté avec ses arches dans des couleurs froides et claires qui semblent être celles de la lumière matinale. Au
fond, on aperçoit les 2 tours de N.D. qui s’élèvent au centre de l’Ile de la Cité, tandis qu’au 1er plan une agitation de
personnages, de bateaux traduit une grande activité
« Le Quai du Louvre » Claude MONET 1867
Il s’est installé sur un balcon du
Louvre pour peindre la modernité de la ville ( le Musée du Louvre/ l’activité)
On sent l’influence de la photographie notamment dans la précision topographique
« Vue du Canal St Martin » Alfred SISLEY 1870
(Musée d’Orsay)
Cette œuvre fut exposée au Salon de 1870.
La palette chromatique dans les tons de gris donne un côté ouaté à cette représentation qui porte sur le côté
voie navigable qu’est la Seine avec la présence des péniches près des rives
« Le Pont Neuf » Auguste RENOIR 1872
Par le biais de ses couleurs lumineuses et de la présence humaine, RENOIR nous donne un visage animé presque joyeux.
Entre les façades bien dessinées, le pont ( la statue équestre au fond) il
anime la scène avec ce flot de passants Il était avec son frère Edmond
( journaliste qui aidait financièrement Auguste) dans un café quand il a peint ce tableau. Il aurait demandé à
Edmond de parler aux passants pour qu’il puisse les croquer rapidement
La Seine au Pont d’Iéna, temps de neige » Paul GAUGUIN 1875 (Musée d’Orsay)
Il a 26 ans lorsqu’il s’installe son chevalet sur les berges de la Seine; sa facture se rapproche des impressionnistes :
importance du ciel plombé, la fumée qui s’échappe d’un bateau.
Ambiance feutrée avec l’effet de neige qui renforce le côté un peu mélancolique
« Les déchargeurs de charbon » Cl MONET -1875- (54 x 66 cm) Musée d’Orsay
Dans un cadre fermé ( par la voie de chemin de fer et la Seine) des couleurs mornes et tristes : inhabituels chez MONET. C’est la représentation des coltineurs qui transportent le charbon des péniches avant de le décharger pour les usines que l’on voit en arrière-plan.
Pour MONET ce n’est pas une peinture sociale car il représente les hommes comme un incessant cortège de fourmis sans
mettre l’accent sur la pénibilité du travail, c’est la lumière qui le préoccupe
« Pont du Carrousel avec le Louvre » Vincent VAN GOGH 1886
Quand il peint ce tableau, il est arrivé chez son frère Théo que depuis quelques mois : il n’a pas renoncé aux teintes ternes, terreuses et sombres qui étaient celles de sa palette aux Pays Bas (hormis la femme avec son ombrelle)
« Quai de Clichy» « Pont de fer à Asnières »
Emile BERNARD 1887
(Musée Maurice Denis st Germain en Laye) (MOMA New York)
Un paysage désolé délimité par les structures dépouillées des 6 piliers métalliques pour le ponton et des grues au dessus.
Un homme en tablier bleu, foulard autour du cou avec sa femme à ses côtés sont au 1er au plan
Illustration des peintres de l’Ecole dePont Aven : les personnages sont entourés d’un cercle noir comme dans un vitrail ( cloisonnement)
Beaucoup de similitudes : - même structure métallique - même saison
- même composition Ce qui diffère :
- les 2 personnages sont de dos
- le train sur la voie ferrée avec sa fumée blanche qui se mêle à la fumée noire - les barques sur la berge sont retournées
« Le Clipper à Asnières » Paul SIGNAC 1887
Ce voilier au gréement imposant
permettait de traverser les océans à
grande vitesse mais son mât semble trop haut pour passer sous les ponts!
Remarquable travail sur les reflets, sur l’inclinaison identique des poteaux sur le pont et les mâts du bateau, sur le
pointillisme
Détail sur les crochets pour amarrer les bateaux au mouillage
« Bourrasque de vent sur le Pont des Saints Pères » Louis ANQUETIN 1889 (120 x 127 cm)
Ce peintre a « flirté » avec les symbolistes
( exposition à Bruxelles au Salon des XX) avant de rallier le mouvement expressionniste.
Un tableau qui n’a rien d’académique!
Une palette dans les blancs cassés à peine teintés d’ocre et de vert; des teintes pâles et uniformes en contraste avec :
-les harnais des chevaux
-le manteau noir de la femme qui brave le vent
- le dessin géométrique de l’armature de la passerelle - une touche carmin foncé au 1er plan
« La Seine à Grenelle » Paul SIGNAC 1899
Peinture d’un quartier industriel (Javel)comme en témoignent les cheminées d’usines, les fumées de couleur traitée par ce maitre du pointillisme.
Les couleurs bleu et rouge se répondent et ponctuent la scène pleine de vie avec les différentes activités que l’on peut clairement définir
A noter la présence de la Tour Eiffel ( devenue un emblème du paysage
parisien depuis 10 ans) et une réplique de la statue de la Liberté de BARTHOLDI
« Vue du Pont de Grenelle » Henri ROUSSEAU 1892 (Musée de Laval)
Des lignes simples encore pour cette vue du même pont avec la statue de la Liberté et l’allée des Cygnes mais une vue animée avec le chargement du bois, le pavillon tricolore du bateau et les personnages ( lui probablement avec son chapeau et sa canne) qui sont d’un très grand réalisme
« Le Pont Neuf » Félix VALLOTTON 1901
Une vision très épurée d’un des 1ers ponts de Paris dont on voit le lourd tablier on reconnait en arrière-plan le Louvre.
Quelques personnages colorés animent le tableau
« Les batteurs de pieux » Maximilien LUCE* 1902
( 196 x 154cm) Musée d’Orsay
Sur un quai de la Seine, à Boulogne- Billancourt, un paysage en grande
partie industriel avec quelques arbres.
Il est présenté en grand format
comme s’il s’agissait d’une peinture d’histoire.
Le travail des hommes et l’activité des usines sont mis en avant :
- les hommes avec leur torse nu, leur ceinture de flanelle de couleur sont représentés en plein effort physique - les usines : symboles de modernité côtoient les monuments symboles du patrimoine ancien
* Peintre pointilliste qui défendra le monde ouvrier, dans cette œuvre c’est une manière de les glorifier
« La Seine, au Pont Neuf, effet de brouillard » Albert MARQUET 1906
Fortement influencé par les impressionnistes, ce peintre de paysage est surtout connu dans le mouvement du fauvisme.
Les ponts sont un sujet récurrent dans son œuvre.
Le brouillard permet un dégradé de gris légèrement teinté soit de bleu, de rose ou de gris avec les reflets des immeubles sur la Seine.
Seul le soleil donne une couleur orangée.
« Vue du Pont de Sèvres et des
coteaux de Clamart, de St Cloud et Bellevue »
Henri ROUHSSEAU 1908 (collection Chtchoukine)
Le paysage est un prétexte car ce qui compte ici c’est le progrès
technique illustré par la présence des aéronefs
« Emballage du Pont Neuf » travail préparatoire et réalisation
CHRISTO et Jeanne-Claude 1975/1985
Ils voulaient inscrire cette œuvre contemporaine dans l’histoire de ce célèbre pont source d’inspiration pour de nombreux
peintres
Cette transformation souligne les qualités architecturales.
Elle a été présentée au public du
22 septembre au 6 octobre 1985 et a nécessité un dispositif technique et humain colossal avec des réactions parfois défavorables!!!
LES GRANDS BOULEVARDS
Sous l’impulsion de Napoléon III, le Baron Hausmann va remanier PARIS : démolition de ruelles étroites et insalubres, percement de
grands boulevards et création de longues avenues élégantes bordées d’immeubles caractéristiques et de parcs.
La vie grouille avec ses flâneurs; la bonne société parisienne vient s’y
montrer.
« Les Grands Boulevards »
P.A. RENOIR -1875-n ( 52 x 63,5 ) Traitée de manière typiquement
impressionniste ( effet du soleil sur le bâtiment, sur les frondaisons) cette œuvre illustre le Paris haussmannien avec ses immeubles si caractéristiques, les arbres en bordure et toute la vie qui circule : piétons, voitures
hippomobiles
On voit les réverbères et les célèbres colonnes MORRIS
La colonne Morris » Jean BERAUD 1885
Ce peintre figuratif qui n’a eu de cesse que de représenter PARIS représente ce typique mobilier urbain destiné à faire la promotion des spectacles.
Inaugurées dans les années 1850, on en dénombrait + de 450 dans la capitale toutes identiques :
- en fonte de couleur verte
- coiffée d’une marquise hexagonale décorée de lions
- surmontée d’un dôme décoré d’écailles et d’une flèche avec des feuilles d’acanthe
Parfois elles accueillaient à l’intérieur des vespasiennes
Un autre élément du mobilier urbain : la fontaine Wallace .
Elles furent érigées suite à la Commune par un philanthrope anglais Richard Wallace avec pour vocation d’offrir de l’eau potable en toutes circonstances à toutes personnes
(surtout aux nécessiteux) tout en se devant d’être des œuvres d’art
Sur ces aquarelles on distingue leur décor : 4 cariatides qui se tournent le dos et qui soutiennent à bout de bras un dôme orné d’une pointe et décoré de dauphins
Dans ces 2 tableaux de CAILLEBOTTE « Rue Halévy, vue du 6ème étage » 1878 et
« Le Boulevard des Italiens » 1880 , lui qui est issu d’une famille fortunée, qui habite un hôtel particulier met l’accent sur la ville cossue et lumineuse, la nouvelle architecture qui donne une « élégance et une propreté impeccable »
Peindre depuis un balcon permet d’augmenter la verticalité et la hauteur
« Avenue de l’Opéra, soleil, matinée d’hiver » Camille PISSARRO 1898 (65 X 81cm) Musée Bx Arts REIMS
Beaucoup de théâtralité pour cette célèbre avenue dont l’Opéra, conçu et réalisé par Charles Garnier, donne l’immense perspective.
La vue plongeante permet de constater une certaine composition géométrique chargée de mettre en valeur les immeubles haussmanniens et l’animation qui règne sur l’avenue.
C’est l’hiver, la lumière est rasante, le ciel est blême, les arbres dépouillés, les passants sont chaudement vêtus, les couleurs (gris et bleu) sont disposées en petites touches
L’immeuble haussmannien doit répondre à une sorte de cahier des charges:
- sa hauteur de 12 à 20 m et surtout ne pas dépasser 6 étages
- être réalisé en pierre de taille
- le RDC doit être haut de plafond, peut être destiné à des commerces
- le 1er étage ou entresol peut servir pour les réserves du magasin ou de logement pour le commerçant
- le 2nd étage est le + noble, il possède un important balcon
- les 3ème, 4ème et 5ème étages ne sont pas desservis par ascenseur donc pour des
gens moins fortunés qu’au 2nd
- le dernier étage sert pour les combles ou d’appartement de service
« Rue du Havre » Jean BERAUD 1882
Les grands magasins sont en construction dans cette rue animée.
Au 1er plan une midinette, le vrai chic de « la parisienne » avec ses boites à chapeaux, un homme avec sa valise et son parapluie
semble héler un fiacre; un brave paysan
( normand) avec son panier au bras et affublé de sa blaude bleue.
Tableau plein de vie traité avec beaucoup d’acuité : c’est le propre de BERAUD qui dépeint les parisiens dans leur quotidien
« Devant la Maison Paquin » vers 1900 Jean BERAUD
Nous sommes rue de la Paix, dans son prolongement la Place Vendôme (symbole du luxe) avec la colonne qui fut érigée en 1810 à la demande de Napoléon 1er
La maison PAQUIN est une grande maison de couture, un haut lieu de la mode qui crée des tenues de soirées mais aussi des costumes de scène pour le théâtre ( « les Ballets Russes ») Fine observation , travail minutieux dans un style presque photographique.
« Devant le Théâtre de Vaudeville » vers 1900
Célèbre théâtre situé Boulevard des Capucines vers lequel la foule se dirige; au centre Sarah BERNHARDT
(pelisse de fourrure) s’entretient avec un autre comédien.
On peut lire le titre de la pièce « Sylvie » sur les affiches à l’entrée
A noter les colonnes, la coupole de verre et fer forgé ( très Art Nouveau) avec son système d’éclairage qui pourrait faire
penser à des perles nacrées.
« les Halles » Léon LHERMITTE 1895 Félix BENOIST 1863
Au départ des échoppes faites de bric et de broc puis entre 1851 et 1870 la réalisation de 10 pavillons en verre et métal par BALTARD avec des délimitations précises et la présence de mandataires pour les transactions
Surnommées « LE VENTRE DE PARIS » par Zola car c’est « là que certains se remplissent la panse et d’autres le porte-monnaie »
« Le Percement du Métro » Luigi LOIR 1900
A travers une palette sombre, LOIR met en scène l’importance des travaux ici à l’angle de la rue de Rivoli. On imagine les travaux souterrains par la présence des ouvriers qui étayent avec des poutres de bois tandis que la vie « sur terre » continue : lumière des cafés, passants qui déambulent. Modernité qui côtoie le passé avec la tour St Jacques en arrière-plan
Le décor de ce nouveau moyen de transport est en grande partie le travail du célèbre Hector GUIMARD- principal représentant de l’Art Nouveau- le style nouille-
Il réalise dès 1900 + de 150 ouvrages en fonte aérée qui comprennent l’entrée avec l’enseigne « Métropolitain » les descentes avec lampadaires et les édicules qui sont des verrières avec auvent en lames de verre soutenues par des piliers de fonte.
Ces décors sont un emblème du patrimoine parisien
LA TOUR EIFFEL
Erigée pour l’Exposition Universelle de 1889, haïe au départ ( notamment par les artistes) elle est
devenue le monument iconique de la capitale avec son gigantisme et son impression d’infini qui
représente l’emblème d’une ère nouvelle.
Henri RIVIERE – peintre, graveur et illustrateur a réalisé « 36 VUES de la TOUR EIFFEL »- cet ensemble de lithographies a été tiré à 500
exemplaires en 1902 ( il était en outre directeur du cabaret « le Chat Noir » ) ici « le Chantier » et « Vue du Trocadéro »
« La Tour Eiffel » Georges SEURAT 1889 ( de petite dimension 24 x 15,2 cm)
Avec la technique pointilliste, on a l’impression de davantage d’infini et de gigantisme avec cette Tour qui domine la Seine ( et l’ensemble du tableau) Elle semble parée d’or et de lumières, on retrouve la même palette que celle utilisée pour l’arbre au 1er plan.
Elle n’est pas terminée quand il peint ce tableau mais elle pourrait se trouver dans la brume
Henri ROUSSEAU « Seine et Tour Eiffel au soleil couchant »1898 et 1910
Toute une saveur poétique, traité de manière naïve mais en respectant les données topographiques du site ( pont d’Iéna, Champ de Mars)
« Tour Eiffel » Robert DELAUNAY -1911- (220 x 138,5 cm)
Exemple du cubisme avec cette exubérance de lignes géométriques, la Tour en figure centrale est peinte en rouge et auréolée de blanc; tout autour des immeubles dans des tonalités de gris
DELAUNAY est un jeune enfant quand il découvre la « dame de fer » et elle va le fasciner au point qu’il en réalisera une cinquantaine de toiles soit elle est sujet principal soit sujet annexe
Pour lui elle est symbole de modernité comme son style de peinture
Ces œuvres réalisées en 1926
mettent l’accent sur les couleurs flamboyantes dont il habille la Tour Eiffel
Réalisées en contre plongée, elles sont très élégantes avec cette armature qui s’élance vers le ciel.
En « l’habillant » il veut aussi la réhabiliter aux yeux du public
« Paris, par la fenêtre » Marc CHAGALL -1913-
Cet artiste arrive à Paris pour la 1ere fois en 1910; il a fuit sa Russie natale.
Une peinture presque surréaliste qui fait cohabiter sa double culture : russe de confession juive et parisien d’adoption.
La Tour Eiffel le fascine non pas en tant qu’élément d’architecture moderne mais comme une nouvelle Tour de Babel qui se dresse vers le ciel.
Il associe réalité et irréalité : chat à visage humain, homme à double face, 2
personnages à l’envers, un parachutiste entrain de sauter, des drapeaux tricolores dans le ciel, des fleurs dans un vase posé sur une chaise près de la fenêtre multicolore (passage dedans/dehors)
« La Tour Eiffel » -1929-
CHAGALL veut atténuer la froideur métallique grâce aux couleurs estompées.
Une figure aérienne vole près de l’immense cercle solaire et à droite un gigantesque arbre feuillu se dresse presque de façon incongrue.
Une femme nue est allongée sur un sofa tandis qu’un coq joue du violon
Le coq, lié à la culture juive est associé à la cérémonie du Grand Pardon ( Yom Kippour)
On sacrifie cet animal comme symbole de la repentance : victoire du Bien sur le Mal
« Les mariés de la Tour Eiffel 1938
Marc CHAGALL et sa femme Bella sont emportés, en tenue de mariés par un gigantesque coq blanc dans un décor
fourmillant de personnages où l’on retrouve les thèmes récurrents : chèvre ( liée au
folklore russe) violoniste… ils sont entre leur Russie natale et Paris leur terre d’adoption A gauche c’est la représentation du mariage dans la tradition juive ( le passé) avec un
soleil disproportionné; à droite c’est l’avenir avec l’ange qui tient le chandelier symbole de la religion juive mais ils sont à l’envers:
La guerre est imminente, les juifs sont traqués: leur bonheur est fragile
Dans cette aquarelle de Raoul DUFY
réalisée en 1935 : un sentiment de légèreté, de sérénité grâce aux couleurs douces.
Effet de contraste entre le bleu du ciel et le vert du Champ de Mars et la Tour qui s’élève majestueuse.
La ligne d’horizon est marquée par des bâtiments et édifices parisiens
LA BUTTE MONTMARTRE
Montmartre fut une commune indépendante jusqu’en 1860 avant
d’appartenir au XVIII ème arrondissement. Elle fut marquée dans son sang par les épisodes de la Commune.
Situé en périphérie de la capitale, on la surnomme parfois le MAQUIS.
C’est là que l’on croise tout ce qui a mauvaise réputation : les apaches et
« leurs filles »la fameuse Place Pigalle et ses cabarets, ses maisons de passe… et que se réfugient les peintres :
les étrangers comme MODIGLIANI, MUCHA, KUPKA, PICASSO et les autres RENOIR, TOULOUSE-LAUTREC, VAN GOGH, Suzanne VALADON et son fils Maurice UTRILLO, STEINLEN…
C’est aussi la Basilique du Sacré Cœur, érigée à l’emplacement d’un temple
romain consacré à Mars
« Une rue de Paris en mai 1871 » Maximilien LUCE ( 1903)
-Musée d’Orsay-
Il représente les effets de la semaine sanglante : le cadavre d’une femme et de 3 fédérés reconnaissables avec leur vareuse bleue et leur pantalon avec un filet rouge.
Ils gisent au pied d’une barricade éboulée face à un alignement de façades aux volets clos qui
présentent la seule touche de couleurs
« Le Siege de Paris » 53,5 x 70,5cm
Ernest MEISSONIER 1871 et repris en 1884 ( Musée d’Orsay) Dans ce tableau d’histoire qui mêle réalité et allégorie la personnification de la capitale c’est une femme avec un voile noir, une peau de lion tenant un
drapeau tricolore en lambeaux. Elle se dresse au milieu des ruines des barricades sous un ciel rempli de nuages de cendres avec le spectre de la famine qui menace Paris incendié et l’aigle prussien auteur de ces carnages
Au sol, gisent des vaillants communards dont un des amis de MEISSONIER peintre mort au combat à l’âge de 27 ans
« Communards » gouache de D. RIVERA 1928
Représentation des parisiens dont l’un est sans doute entrain d’interpréter « l’Internationale » ou »le Temps des Cerises » guidés par une allégorie de la Liberté durant la Semaine
Sanglante
De mars 1886 à février 1888, Vincent VAN GOGH s’installe à Paris près de son frère Théo.
Il va réaliser de nombreux paysages de ce petit village avec ses cabanes en matériaux de récupération, ses jardins potagers et dominé par des moulins
Du Moyen Age jusqu’aux années 1900 c’est « le maquis »
« Les Moulins de Montmartre » Paul SIGNAC -1884-
Un décor dépouillé : une balustrade, un lampadaire en fonte, un arbre mort mais en arrière plan les moulins où la foule déjà se presse pour danser et boire le petit vin blanc aigrelet des vignes montmartroises
« La rue Tholozé et le Moulin de la Galette » Pierre BONNARD 1898 ( 66 x 34,5 cm)
Représentant du mouvement nabis, il peint cette ruelle abrupte avec une importante perspective.
Le moulin à vent est au centre de la composition : vestige de la vie agraire où de
nombreux moulins à vent rythmaient la vie depuis le Moyen Age et avant l’hausmanisation .
Devenu guinguette dont l’essor augmente avec l’industrie du spectacle et l’ère des loisirs, il en sera le 1er représentant avant « le Chat Noir », « le Lapin Agile »….
« La guinguette à Montmartre » et « le Moulin de la Galette »1886 V.V.G
Dans ces lieux pittoresques on se retrouve entre gens de la bohême, on boit de l’absinthe, on partage le peu que l’on possède mais on croit à des lendemains qui chanteront!
« La guinguette à Montmartre » et « le Moulin de la Galette »1886 V.V.G Dans ces lieux pittoresques on se retrouve entre gens de la bohême, on boit de l’absinthe, on partage le peu que l’on possède mais on croit à des lendemains qui chanteront!
Celui qui va être un des premiers à représenter l’âme de la Butte c’est Henri de TOULOUSE-LAUTREC
Les distractions canailles, la vie des cabarets avec
« la Goulue » « Valentin le Désossé » …. Il peint toute cette faune
Affiche de 2 célèbres cabarets !
« le Chat Noir » STEINLEN
« Le Lapin Agile » André GILL
Dans ces 3 représentations du Moulin de la Galette 1908, 1922 et 1949
Maurice UTRILLO, né à Montmartre, fils de Suzanne VALADON, figure phare de l’Ecole de Paris, croque des scènes urbaines de la Butte avec son style dépouillé
Des peintres, des illustrateurs vont s’attacher à peindre la misère
montmartroise et décident de venir en aide aux enfants nécessiteux en ouvrant un dispensaire, en organisant des galas de charité…
« Ligue contre les taudis » Francisque POULBOT-1937-
La construction du Sacré Cœur est votée en 1873 : projet controversé car son
édification est prévue à l’endroit où les communards ( les parisiens révolutionnaires) ont été fusillés durant la semaine sanglante du 21 au 28 mai 1871 et les plaies sont encore vives…
Les partisans du choix de l’emplacement avancent que la basilique sera sur un point culminant donc visible du plus grand nombre… et qu’il servira à expier les fautes
commises en rétablissant l’ordre moral …
L’architecte ABADIE est choisi à l’issue du concours et en 2020 l’édifice est inscrit aux Monuments Historiques mais le débat continue!!!
Projet- gravure du XIX ème Sur « le Mont des Martyrs » ( Ste Geneviève et St Denis)
« Les Jardins de Montmartre avec vue sur le Sacré Cœur en
construction» Pierre-Auguste RENOIR- 1896- ( 32,6 x 41,2cm) Aux yeux de RENOIR, les
architectes s’acharnent à ériger sur la butte « une meringue de
pierre » il traite ce sujet en pur style impressionniste avec
l’échafaudage qui signe la
construction de « cette verrue » en louant un atelier proche de
l’édification
« Sacré Cœur au petit matin » Kess VAN DONGEN 1904
Cet artiste néerlandais va séjourner au Bateau Lavoir entre 1904 et 1905 où il fréquentera Maurice VLAMINCK, André DERAIN, Henri MATISSE et bien sûr PICASSO.
Cette représentation toute en teintes pastelles estompées dégage douceur et mystère et se rapproche d’un travail
impressionniste davantage que du style qu’il développera par la suite avec le FAUVISME
« Le Sacré Cœur vu du jardin de la rue Cortot » Suzanne VALADON -1916-
« Le Sacré Cœur » 1917
Son atelier se situait dans l’actuel Musée de Montmartre où elle résidait avec son amant André UTTER et son fils Maurice