A NNALES DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE T OULOUSE
P. D UHEM
Les actions électrodynamiques et électromagnétiques
Annales de la faculté des sciences de Toulouse 1resérie, tome 8, no1 (1894), p. A5-A57
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LES ACTIONS
ÉLECTRODYNAMIQUES ET ÉLECTROMAGNÉTIQUES,
PAR M. P.
DUHEM,
ANNALES
DELA
FACULTÉ DES SCIENCES DE TOULOUSE.
Maître de Conférences à la Faculté des Sciences de Rennes.
- _.~,o~
DEUXIÈME PARTIE (1).
LES ACTIONS
ÉLECTROMAGNÉTIQUES.
- - _
CHAPITRE I
.L’INDUCTION
ÉLECTROMAGNÉTIQUE
ET L’ÉNERGIEÉLECTROMAGNÉTIQU
lj:.§
I. - Calcul desquantités
, , relatives à un aimant.L’hypothèse
fondamentale surlaquelle
nous ferons reposer l’étude de l’inductionélectromagnétique
est celle que nous avonsdéveloppée
dansnos
Leçons
sur l’électricité et lemagnétisme
au LivreXVI, Chapitre II:
rappelons
cettehypothèse.
Considérons un élément
magnétique
de moment ~1~ dv. Soit BA ou dlson axe
magnétique.
Menons unplan perpendiculaire
à l’axedl;
dans ce( i ) Voir Annales de la Faculté des Sciences de Toulouse, t. VII, p. G . r . .
A.6
plan,
traçons unpetit
circuit C embrassant une aire ~ dont dl est la nor-male
positive. Supposons
ce circuit parcouru par un courant dont l’intcn- siteJ,
est donnée par la relation?Sous admettrons que cet élément
magnétique
o/ cepetit
courant engen-drent, en toutes
circonstances,
les mêmes forces électromotrices d’induc-tion dans un élement conducteur
quelconque.
Cette
hypothèse
ramené l’étude de l’inductionélectromagnétique
àl’étude de l’induction
électrodynamique
exercée par certains courants uni- foriiies. Ce que nous avons vu dans notre Mémoire sur l’Induction élec-nous montre que la mise en
équation
duproblème
de l’in-duction
électromagnétique exige
le calcul des trois fonctions , , d’Helmholtz relatives au courant C.D’après Inégalité (i))
duChapitre préliminaires
nous avonsD’ailleurs,
si le conducteurauquel
serapporte
la fonction t) est parcouru par des courantsuniformes,
on a, en toutpoint
de la masse de ce conduc-teur,
et en tout
point
de l’une des surfaces de discontinuité queprésente
ce con-ducteur,
ce
qui
donne[Chapitre préliminaires égalités (I ~ ~~
Ainsi,
pour un conducteur parcouru par des courantsuniformes,
on a sim-plement
Appliquons
cette formule au conducteur C. Soit ce la section infinimentpetite
du fil que l’on supposedisposé
suivant la courbe C. Soitds,
un élé-ment de
longueur
de ce fil. Nous auronsNous aurons donc
Si nous observons que dl est la direction de la normale
positive
à l’aireplane
Qqu’entoure
la courbeC,
le théorème de Stokes surtricité,
TomeIII,
p.35, égalité (2)]
nous donnera~, Y], ~
étant les coordonnées d’unpoint
de l’élément dv.Soient ~~ ~~, ~ les
composantes
de l’aimantation ~~, en unpoint
de l’élé-ment dp. Nous aurons, en vertu de
l’égalité (1),
L’égalité ( 2 )
devient donc lapremière
deségalités
les deux autres s’établissent d’une manière
analogue.
Ces formules donnent les valeurs des fonctions d’Helmholtz pour un élément
magnétique.
Pour un aimant de dimensionsfinies,
on aurait§
II. -Propriétés
desfonctions
, , relatives a un aimant.Nous
pourrions
étudier directement lespropriétés
des fonctions ~, ~‘j, ainsiintroduites ;
mais un artifice trèssinlple
nouspermettra
de déduireces
propriétés
de démonstrationsdéj à
faites.Imaginons qu’on
laisse à l’ainlant saforme,
maisqu’on
y distribue une aimantation nouvelle dont lescomposantes ~~‘,
~’ soient liées aux com-posantes
~~~, ~.,, 8 de l’aimantationprécédente
par les relationsLa fonction 0 sera la fonction
potentielle magnétique
de cette distribution.Les
propriétés
de la fonctionpotentielle magnétique,
établies au Livre VIIde nos sur
l’Électricité et le Magnétisme,
nous feront connaître immédiatement lespropriétés
de la fonctions. Unprocédé analogue
nousfera connaître les
propriétés
des fonctions et . Nous obtiendrons ainsi les résultats suivants :i" Les fonctions t), sont
uniformes,
finies et continues dans toutl’espace,
sansexcepter
lespoints qui
fontpartie
de l’aimant ou des surfaces dediscontinuité qu’il présente.
~ On a, dans tout
l’espace,
la seconde
intégrale
s’étendant au volume entier del’aimant,
lapremière
aux diverses surfaces de discontinuité que cet aimant
présente,
et en par- ticulier à sa surface terminale.3° Les dérivées
partielles
dupremier
ordre des fonctions t), ~, ~ sontfinies,
continues et uniformes danstout l’espace
extérieur à l’aimant et aussidans toute
région
intérieure à l’aimant où les dérivéespartielles
des com-posantes
J1, de l’aimantation sont finies.4°
Onpeut écrire,
en toutpoint
d’une semblablerégion,
et des
égalités analogues
pour~ ~y,
>~ ~z,
>.2014? ’ ’ "
5° De telles
égalités
montrent que l’on a, en toutpoint
(Tune semblablerégion,
6° En un
point
d’une surface de discontinuitéséparant
deuxrégions 1
et 2 de
l’aimant,
on a’
7°
En toutpoint
extérieur àl’aimant,
on a8° En tout
point
intérieur à l’aimant et non situé sur une surface de dis-continuité,
on a.
§
3. -électromagnétique.
Les fonctions r~ une fois connues~ il
n’y
aplus
aucune diflicullé a écrire les lois de l’inductionélectromagnétique;
elles se déduiront immé- diatement des lois de l’inductionélectrodynamique.
En unpoint (x,y, z)
d’un
conducteur~ point
dont ledéplacement
a pourcomposantes ojc, o~
la force électromotrice d’induction
électromagnétique
aura pour com-posantes [Chapitre préliminaires égalités (2)]
lesquantités
~ c~, ’~ dé-terminées par
Ces
égalités
sontsusceptibles
de transforrnationsanalogues
à celles quenous avons
exposées
auChapitre préliminaires § I ;
il est inutile nous y arrêter ici.§
4. - interne d’unsystème qui renferme
Clr_’S courantset des aimants.
Dans un
système qui
ne renferme pas de courants, maisqui
renferme desaimants, l’énergie
interne a une valeur U donnée parl’égalité
Tome
III, égalité (3)],
ces diverses lettres
ayant
lasignification qui
leur atoujours
été attribuée dans cequi précède.
Lorsque
lesystème renferme
des courants, nous pouvons écrirela
quantité
U’ étantassujettie
à devenirégale
à olorsque
les flux s’annu- lent en toutpoint
dusystème.
C’est cette
quantité
U’ que nous nous proposons de déterminer.Pour
cela,
nous ferons usage de laproposition suivante,
énoncée et coin-mentée dans nos sur
l’Électricité,
au LivreXV, Chapitre IV, §
4 :La
quantité
de chaleurdégagée
par lesystème pendant
letemps dt
a unevaleur
dQ
donnée parl’égalité
E~, Ez
sont lescomposantes
de la force électromotrice totale en unpoint (x,
y,z)
de l’élément conducteurdm; l’intégrale
s’étend à tous lesconducteurs que renferme le
système ; quant
à laquantité dQ’,
on ne con-naît son
expression
que dans deux casparticuliers :
elle estégale
à o siles corps
magnétiques
sont tous des solidesrigides,
d’étatinvariable,
et sichacun des éléments
magnétiques
que renferme lesystème
sedéplace
enentraînant avec lui une aimantation
invariable;
si tous les corpsmagnéti-
ques
d’aimantation
variable que renferme lesystème
sont des corps par- faitementdoux,
elle a une valeur donnée parl’égalité
l’intégration s’étendant
à tous les corpsmagnétiques
dontl’aimantation
avarié
pendant
letemps
dt.Nous
allons,
pourdéterminer U’, appliquer
cetteproposition
au cas oùle
système,
formé de corpsimmobiles,
dontl’aimantation
estinvariable,
est parcouru par des courants
qui
varient d’une manièrequelconque.
Dansce cas, la
quantité dQ’
estégale
à o, et laquantité dQ à (- SU);
enoutre, on a
en sorte que les
égalités (I2) et (I3)
donnentÉcrivons
lesexpressions
deEy, E~.
Désignons, désormais,
~ par lessymboles ~
~~’
~ ~. lesquantités ~~z ~ ~ ~
A , A ,
relatives à l’aimantation distribuée sur lesystème, quantités
~/2
’~12
~ Jdéfinies par les
égalités (3
réservons lessymboles
~~, ~, ~~g~ pour les fonctionsanalogues
relatives aux fluxélectriques qui
traversent le avs-fonctions définies au
Chapitre préliminaire, égalités (i).
En vertu des
égalités (i)
de notre Mémoire Sur l’Induction électro-(6)
duChapitre préliminaire
et duprésent Chapitre.
les
quantités ~y, ~â
étant nulles en toutpoint,
nous auronsMais~
les conducteurs et les aimants devenantimnlobiles,
l’aimantation demeurantinvariable,
la fonction $garde
évidemment une valeur indé-pendante
dutelnps,
en sorte que l’on aL’égalité précédente
devient alors lapremière
deségalités
les deux autres se démontrent d’une manière
analogue.
L’égalité (13)
devientEn raisonnant comme nous l’avons
déjà
fait(première Partie,
Cha-pitre I, ~ I ~,
nous trouverons que cetteégalité
entraîne la suivanteen sorte
que l’égalité (12)
devientOn voit que, conformément à ce que nous avons
déjà rencontré,
dansdes cas
plus particuliers (voir Leçons
surl’Électricité,
LivreIV,
Cha-pitre IV,
et LivreXVI, Chapitre I ), l’énergie
interne d’unsystème qui
renferme des courants et des aimants ne renferme aucun terme électroma-
gnétique,
c’est-à-dire aucun termedépendant
à la fois des intensités descourants et de l’aimantation des aimants.
CHAPITRE II.
LES FORCES
ÉLECTROMAGNÉTIQUES.
§
I. . - Travail virtuel des forcesélectromagnétiques.
C’est encore à la
proposition
dont nous avons fait usage pour déterminer U’que nous demanderons les
principes
propres à déterminer les forcesqui
s’exercent entre les courants et les
aimants ; mais,
pourappliquer
cette pro-position,
nous ne supposeronsplus
immobiles les divers corpsqui
compo-sent le
système;
nous supposerons seulement que les corpsmagnétiques
sont des solides
rigides,
d’étatinvariablc,
et que chacun des éléments ma-gnétiques garde
une aimantationinvariable,
en sorte que, dans lité(i3)
duChapitre précédente
laquantité
seraégale
à o.Pendant le
temps
les forces extérieures ausystème
effectuent untravail et la force vive croît de
03B403A3 mv2 2.
On a donceu sorte que Fou
peut
dire que les forces intérieures ausystème
effectuentun travail
ou
bien,
en vertu deInégalité (I3)
duChapitre précédente
Chaque
élémentmagnétique garde
une aimantation invariable. On adonc
et
l’égalité (14)
duChapitre précédent
donneD’autre
part,
on a[Chapitre préliminaire, égalité (2)
et IIePartie, Chapitre I, égalité C I I )]
Les
égalités (i), (2)
et(3)
donnentOr,
au second membre de cetteégalité (4),
les termes(1) représentent
des forces intérieures
qui
subsisteraient dans lesystème
ramené à l’étatneutre et
désaimanté;
Les termes
( 2 ) représentent
le travail des forcesélectrostatiques
donnéespar la loi de
Coulomb ;
Les termes
(3 ) représentent
le travail des forcesélectrocapillaires ;
Le terme
(4) représente
le travail des forcesmagnétiques;
Les termes
(5) représentent (Ire Partie, Chapitre II, § 2)
le travail des forcesélectrodynamiques.
nous conduit donc à la conclusion suivante : Dans uu sys- tème
qui renferme
èc Îccfois
courants et des aimants s’exercent desforces différentes de celles qui
nous sontdéjà
connues par les théories de laPhysique
aulnes quel’Électromagnétisme
. Cesf onces
ont pour lia-vail
virtuel
.l’intégration
s’étendant à tous les conducteurs parcourus par des cou-rants.
Rappelons
que, pour établir cetteégalité,
on asupposé :
T°
Que
les aimants étaient des solidesrigides;
2°
Que
l’aimantation dechaque
élémentmagnétique demeurait,
dans lemouvement de cet
élément, invariablement
liée à la matièrequi
forme cetélément.
Ces restrictions ne doivent pas être oubliées dans le calcul des
quantités
SX.
Nous avons
[Chapitre I, égalités (3 bis)],
La variation
03B403A6 qu’éprouve
dans letemps dt
la fonction $ relative à unélément conducteur
du, qui
lui-mêmeéprouve
undéplacement éx, éy,
peut
s’écriredésignant
la variation subiependant
letem p s dt
par la valeur queprend
la fonction $ en unpoint
fixe(x, y, z)
del’espace.
La
particule
dvgarde
un volumeinvariable;
dans letemps dl,
elle subitune translation
~~)
et une rotation dont lescomposantes
ont pour valeurOn a alors
Ces diverses
égalités
nous donnentLes
quantités ~~ s’expriment
d’une manièreanalogue.
Nous trouverons sans
peine
que l’onpeut
écrire :Si l’on
rapproche
ceségalités (8)
deségalités qui
définissent les fonctions~~, ~, Partie, Chapitre III, égalités (4)]?
on trouveplus,
l’aimant et le conducteur que l’on considère n’ont aucunepartie
commune, de telle sorte que lepoint (03BE,
~,03B6)
nepuisse
fairepartie
du volume dont dm est un
élément,
les dérivéespartielles
des fonctions parrapport à ~,
r~,~, s’exprimeront
par deségalités
de la formeL’égalité ( ~ ) permettra
donc d’écrireca,
c~’,
w"ayant
les valeurs données par leségalités (6).
D’autre
part, on
aLe
signe S indique
uneintégration qui
s’étend aux diverses surfaces de discontinuité du conducteur.Les
égalités (5), (g)
et(10)
donnentl’expression suivante,
pour le tra-vail virtuel des actions
électromagnétiques,
Cette
égalité, rappelons-le,
suppose :’
1 °
Que
l’aimant est un soliderigide ;
2°
Que
le courant ne traverse aucunepartie
de l’aimant.§
2. - Forcesélectromagnétiques.
On déduit sans
peine
del’égalité ( I I )
les résultats suivants : :1° Ura courant
quelconque
exerce, sur un aimantrigide qu’il
ne lia-pas, une acüon
qui
se compose :En
premier lieu,
d’uneforce (0396 dv,
Hdu
Zdv), appliquée
àchaque
élément dv de
l’aimant, 0396, H,
Z étant donnés par leségalités
En second
lieu,
d’uncouple (L dv,
NIdv,
Ndv),
,appliqué
àchaque
élément du de
l’aimant, L,
, N étant donnés par leségalités
Il est aisé de voir que les formules
( i ~)
et( i 3 ~, appliquées
à un courantlinéaire,
redonnent les lois des actionsélectromagnétiques
exercées par de semblables courants[Leçons
surl’Électricité
et leMagnétisme,
t.III,
p.
4g~, égalités ( i ~
et, p.égalités ( 2~~.
.z° Un aimant exerce, sur un conducteur
qui
lui est extérieur etqui
est parcouru par des courants
quelconques,
une actionqui
se com-pose : .
En
premier lieu,
d’uneforce (x dS, y dS, z dS), appliquée
à cha-cun des éléments dS de
toute surface
terminantune portion continue
duu, w, sont donnés pan les
égalités
(X
Y Zd), appliquée
à chacunrlre.5° éléments ore volume du conducteur,
X, Y,
Z étant donnés par l.n,s1)es considérations
analogues
a celles que nous avonsexposées
dans lapremière Partie, Chapitre II, § 4,
montrent que les forcesreprésentées
par les
égalités disparaissent
dans tous les cas où les courants consi-dérés sont uniformes. Ces forces ne seront donc pas observables.
La loi de Biot et Savart sun
l’Électricité
et lcMagnétisme,
t.
ILI,
p. et p.!~32~
conduirait à admettre la loisuivante,
pour l’action d’un courant sur un aimant :Remplaçons chaque
élémentmagnétique
par deux massesmagné- tiques
~.~ et - ~,,placées
en despoints A,
B de cetélément,
de telle sorteque l’on ait
cela
fait,
admettons que toute massemagnétique subisse,
de lapart
d’unconducteur
auquel
elle estextérieure,
une forceappliquée
à cette masseet
ayant
pourcomposantes
Cherchons dans
quelles
conditions les résultatsauxquels
conduit cetteloi seront d’accord avec les formules
(12)
et(~ 3).
Il est facile de voir que,
d’après
cette loi de Biot etSavart,
tout élé-ment
magnétique dv
est soumis à uncouple (L du,
Mdp, N du ),
défini par leségalités (~ 3),
et à une force(E’dv, H’dv, G’dv), ~’, H’,
Z’ étant définis par leségalités
La
comparaison
deségalités (12)
et nous montre que, pour que la loi de Biot et Savarts’applique
exactement à l’action d’un certain conduc-teur sur un aimant extérieur
quelconque,
il faut et il suffit que l’on aitc’est-à-dire que les trois
fonctions ~,
~.soient,
dans toutl’espace
exté-rieur au
conducteur,
les dérivéespartielles
d’une mêmefonction, uniforme
ou non, des coordonnées
~,
q,~.
Les
égalités (18) peuvent
se transformer.D’après
la définition desfonctions ~~’, ~, [première Partie,
pitre III, égalités (4) l
nous aurons’lais on a
et aussi
On
peut
donc écrireUne
intégration
parparties
transforme cetteégalité
enReprenant
une notationdéjà employée (Chapitre préliminaires § 2),
nous poserons
L’égalité précédente
deviendra alorsDe cette
égalité
et de deuxanalogues,
il résulte que les conditions(18)
peuvent
êtreremplacées
par les suivantes :Ainsi,
pour que la loi de Biot. et Savart fasse connaître exactement l’ac- tion exercée par un certain conducteur sur un aimantquelconque n’ayant,
avec ce
conducteur,
aucunepartie
commune, il faut et il suffit que la fonc-tion .
ait la même valeur aux diverspoints
de touterégion
continue del’espace qui n’est pas occupée
par le conducteur.En
particulier,
comme estégal
à o àl’infini
ondevra,
dans touterégion
illimitée del’espace
extérieur auconducteur,
avoirSi les courants
qui
traversent le conducteur sont des courantsuniformes,
on a, en tout
point
d’unerégion
continue duconducteur,
.et, en tout
point
d’une surface dediscontinuité,
Si l’on se
reporte
àl’égalité (ig)~ qui
définit-,
on voit que, pour un conducteur traversé par des courantsuniformes~ l’égalité (20
est véri-fiée dans tout
l’espace.
Donc la loi de Biot et Savart fait connaître exacte- ment l’actionqu’un
conducteur traversé par des courants uniformesquel-
conques exerce sur un aimant
quelconque.
Mais les conditions
(20) peuvent
encore être réalisées par des courantsqui
ne sont pas uniformes. De ce nombre sont, parexemple,
les courantsvariables à l’intérieur d’une
sphère qu’a
étudiés M. H. von Helmholtz. Pources courants, en
effet,
laquantité
a la même valeur en tous les
points équidistants
du centre de lasphère.
Sidonc on
désigne
par R la distance dupoint (~,
au centre de lasphère,
on aura
45 étant un élément de la surface de la
sphère
etNi
la normale à cet élémentvers l’interieur de la
sphère.
D’ailleurs,
dans les courants étudiés par M. H. vonHelmholtz,
a la même valeur en tout
point
de la surface de lasphère.
On adonc~
entout
point (~
v~~)
extérieur à lasphère~
et il est visible que
l’égalité (20 bis)
est vérifiée en toutpoint
extérieur à lasphère.
~
4. - Loid’Am~pé~~e.
Les idées admises par
Ampère (Leçons sur l’Électricité
et leMagnétisme,
t.
III,
p.2ç~3, !~32, 503)
ausujet
de l’actionqu’un
aimant exerce sur un courant conduisent àadjoindre
à la forcequi, d’après
la loi de Biot etSavart, agit
surchaque
massemagnétique
~,, uncouple appliqué
à la matièrequi
porte
cette masse, l’axe de cecouple ayant
pourcomposantes
ou
bien,
en vertu deségalités ( ~ 6),
Les deux
couples appliqués
à l’élément de volume du secomposeront
alors en un
couple unique
~~~dv,
~du),
~, étant donnés par leségalités
Ces
égalités peuvent
encore s’écrire de la manière suivante : Posonset nous aurons
Les définitions des fonctions
, ,
R[Ire Chapitrc III, égalité (4)]
permettent
d’écrireSi nous définissons la
quantité J
comme auChapitre préliminaires
lité
~3I ), l’égalité précédente
deviendra lapremière
deségalités
Les deux autres se démontrent d’une manière
analogue.
Les
égalités (2)
1 deviendront alorsEtant
donné un conducteur que traversent des courants, obtiendra-t-on le même résultat si l’on calcule l’action de ce conducteur sur un élémentmagnétique quelconque,
soit par la loid’Ampère,
soit par la loi de Biot et Savart ? Pourqu’on puisse répondre
affirmativement à cettequestion,
ilfaut et il suffit que l’on ait
quelle
que soit laposition
de l’élément du etquels
que soient ~~, e..
D’après
leségalités (24),
il faut et il suffit pour cela que l’onait,
entout
point (~,
y],~)
del’espace
nonoccupé
par leconducteur,
Nous avons
déjà
rencontré(première Partie, Chapitre III, égalité (18)]
ces
égalités (z~~;
nous avons vuqu’elles
caractérisaientl’équivalence
entrela loi
électrodynamique d’Ampère
et la loiélectrodynamique
de Grass-mann. Nous pouvons donc énoncer le théorème suivant :
Il est des conducteurs dont l’action sur un élément
magnétique quel-
conque serait
exprimée
de la mêmemanière,
que l’onemploie
au calculde cette action la loi
électromagnétique
de Biot et Savart ou la loi élec-tromagnétique d’Ampère;
ces conducteurs sont aussi ceux dont l’actionsm° un conducteur
quelconque
seraitexprimée
de la mêmemanière,
que l’onerraploie
au calcul de cette action la loiélectrodynamique d’Ampère
ou la loi
électrodynamique
de Grassmann.Les
égalités ( 25 )
montrent que l’on doitavoir,
en toutpoint
extérieurau courant,
~
Si l’on observe que l’on a
cette
égalité
devientC’est
l’égalité (~o bis)
duprésent Chapitre.
Nous avons vu que,lorsqu’elle
était réalisée en tout
point
extérieur à unconducteur,
la loiélectromagné- tique
de Biot et Savart faisait connaître exactement l’action de ce conduc-teur sur un élément
magnétique quelconque;
nous pouvons donc énoncerencore cette
proposition :
:Lorsque
la loi de Biot ct Savart et la loifournissent
lamême
expression
pour l’action d’un certain conducteur sur unmagnétique quelconque,
cetteexpression
cst exacte.§
5. -Généralisation
d’un théorèmeOn obtiendrait évidemment les formules
(12)
et(13)
si l’onénonçait
de la manière suivante la loi des actions d’un courant sur un aimant : Tout élément de courant d exerce :
JO Une force
appliquée
àchaque
massemagnétique ~.
etayant
pourcomposantes
aU Une force
appliquée
àchaque
élémentmagnétique dv ayant
pourcomposantes
Les
quantités P, Q,
R sont définies par leségalités (8).
On pourra évidemment
transporter
lepoint d’application
de toutes cesforces que l’élément dm exerce sur l’élément dv en un
point (x,
y,z )
del’espace occupé
par l’élémentdm,
à condition de leuradjoindre
deuxcouples (L’, ]Br, N’), (L~ N")
donnés par leségalités
Or les
égalités (28), (28 bis)
et(29)
donnent évidemmentOn
peut
donc indifféremment supposer que les forces(X’, Y’, Z’)
sontappliquées
aux deuxpôles
de l’élément dv et la force(X", Y’", Z")
en unpoint
de l’élémentdv,
ou bien que toutes ces forces sontappliquées
enun
point
y,z)
del’espace occupé
par l’élément d.On obtient ainsi une
généralisation
d’un théorème célèbre démontré parAmpère
surl’Électricité
et leMagnétisme,
t.III,
p. pour les courantslinéaires,
fermés et uniformes. Nous avionsdéjà (t. III,
p.étendu ce théorème à des courants linéaires
quelconques.
CHAPITRE III.
L’ANALOGIE DES GOURANTS ET DES AIMANTS.
;
1. -- Des courantsuniformes qui équivalent
à un aimant.Un
aimant,
limité par une surfaceS,
étantdonné, peut-on
trouver unsystème
de courantsuniformes, parcourant
un conducteur limité à la mêmesurface,
et exerçant la même action que l’aiiuant sur tout aimant et sur tout courant extérieur?La
réponse
à cettequestion
ne semble pasdouteuse,
au moins aupremier abord, puisque
nous avons admisqu’un
élémentmagnétique pouvait,
danstoutes ses
actions,
êtreremplacé
par un courant uniforme infinimentpetit.
Mais,
àregarder
les choses deplus près,
on voit que l’onpeut
douter s’il existe une distribution de fluxélectriques
variables d’une manière con-à l’intérieur de
l’aimant,
et exerçant a l’extérieur les mémes actions que cet aimant.Nous allons voir que tout aimant
peut
êtreremplacé
par une double distribution de fluxélectriques :
les uns, distribués d’une manière continue a l’Intérieur de touterégion
continue del’ailnant;
les autres,distribués d’une manière continue en toute surface de discontinuité que
présente l’aimant,
et, enparticulier,
en la surface Squi
lilnitel’aimant.
Cherchons d’abord à
quels
caractèresanalytiques
on reconnaîtral’équi-
valence d’un aimant et d’un
système
de courants,uniformes
ou non.Désignons par S
la fonctionpotentielle magnétique
de Faimant. L’aimantexercera sur un élément
magnétique
dont(~,
r,~)
est unpoint,
etdont
(~~~, c)
estl’aimantation,
une actionqui
se composera :10 D’une force
(0396’
cZv, H’cw,
Z’clv), 0396’, H’,
l’ étant déterminés par leségalités
2° D’un
couple (L’
N’L’,
~e’ N’ étant déterminés par leségalités
- - ,Si l’on
remplace
l’aimant par unsystème
de courants, ces courantsexerceront sur un élément
magnétique
une actionqui
se composera :1 ° D’une force
(~ dv,
Hdv,
Zdv), ~, H,
Z étant donnés par leséga-
lités
(r. 2~
duChapitre précédent ;
2° D’un
couple (L dv,
Mdv,
NL, M,
N étant donnés par leséga-
lités
( 13~
duChapitre précédent.
Pour que l’aimant et le
système
de courants exercent la même actionun élément
magnétique quelconque,
ilfaut
et ilsuffit
que aiten tout
point (03BE, ~, 03B6)
de nonoccupé
par cet aimant ou cosystème
de courantsLes actions de l’aimant sur un
système
de courantsquelconques
sontdonnées par les
égalités
et(l5)
duChapitre précédent;
les actions exercées sur le mêmesystème
de courants par un conducteur que parcou-ren t des flux
électriques
sont données par leségalités (15)
et(16)
de laIle
Partie, Chapitre
II. Lacomparaison
de ceségalités
montre sanspeine
que l’aimant et le conducteur exerceront la même action sur un
système
quelconque
de courants, si l’on a, en toutpoint (~, r~, ~)
extérieur àl’espace
occupé
par l’aimant ou leconducteur,
D’ailleurs,
si ceségalités (4)
ont constammentlieu,
non seulementl’aimant et le conducteur parcouru par les flux
électriques
exerceront les mêmes forces sur unsystème quelconque
de courants, mais encore ilsengendreront
les mêmes forces électromotrices d’induction dans un con-ducteur
quelconque.
Nous allons démontrer que les
égalités (4)
entraînent leségalités ( ‘~ ).
Nous avons, en effet
Partie, Chapitre II,
en sorte que les
égalités (!~ j
nouspermettent
d’écrireMais nous avons
[Chapitre I, égalités (3 bis) J,
t~~, y, z étant les coordonnées d’un
point
de l’élément dp de l’aimant.Si l’on observe que l’on a
on déduit des
égalités (5)
et(6)
Mais on a
ce
qui permet d’écrire,
au lieu del’égalité précédente,
ou
bien,
en vertu deségalités ( ~ ),
C’est la
première égalité (3).
Ainsi, si
un aiman,t et un counant exencent la même action sur unsystème quelconque
de courants, ils exercent la même action sur unaimant
quelconque.
La
réciproque
de cetteproposition
n’est pas exacte : on nepeut
deségalités ( 3)
déduire leségalités (4).
Nous venons de voir que l’on
pouvait
écrireet, de
même,
Ces
égalités,
et leségalités
que définissent~, ~,
~tPartie, Chapitre II,
égalités ( 14)~ permettent
deremplacer
leségalités ( 3 )
par leségalités
Ces
égalités (8)
sontéquivalentes
auxégalités (,‘~),
car il est facile d’en déduire ces dernières.Or,
ceségalités (a ) donnent,
non pas leségali
(%
~), mats leségalités plus générales
F étant une fonction uniforme ou non de
(E,
Yj,~).
.Ainsi de c’ aimant et un courant exercent les mêmes actions sur
actions sur un
système quelconque
de courants.L’équivalence
entre leségalités (3)
et leségalités (8)
a un sensphysique
très clair.
Lorsqu’un système
de conducteurs est parcouru par des courants uni-formes,
les forces soitelectrodynamiques [Ire Partie, Chapitre II, éga- lités, (i5)J soit électromagnétiques [IP Partie, Chapitre Il, égalités
(!4)j, qui sont appliquées
aux éléments de surfaces des divers conducteurs cessentd’être observables. Des
lors,
lacomparaison
deségalises (i5)
duChapitre précèdent
auxégalités (I6)
duChapitre
IIde lapremière
Partie montre que,pour qu’un
aimant et un conducteur parcouru par des courants exercent la même action sur unsystème
de conducteurs parcourus par des courantsuniformes,
il faut et il suffit que leségalités (8)
soient vérifiées. Deslors,
l’équivalence entre les égalités (3)
et leségalités (8) peut
s’énoncer ainsi : :Si un courant et un aimant exercent la même action sur un aimant
quelconque, ils exercent la un système
quelconque
deÉtant
donne unaimanta
nous allons prouver que l’onpeut toujours
trouver une distribution de flux
électriques
tant dans la masse même decet aimant
qu’à
sasurface,
assimilée à une lameconductrice,
de telle sorteque les
égalités (~)
et,partant,
leségalités (3)
soient vérifiées.En
chaque point (r,
y,~)
de la masse del’aimant,
déterminons lescomposantes u,
v, w du flux par leséquations
En
chaque point (x, ~)
d’une surface dediscontinuité
del’aimant,
dé-terminons les
cornposan tes f, g
du fluxélectrique
par leséquations
Les flux ainsi calculés détermineront un
système
de courants uniformes.En
effet,
en toutpoint (x,
y,z )
intérieur à la masse del’aimant,
on aura,d’après
leségalités (g),
Mais on a
[Chapitre I, égalité (y)]
on a
donc,
en toutpoint
de la masse de l’aimant non situé sur une surfacede
discontinuité,
Considérons un élément dS d’une surface de
discontinuité,
y dans letemps d1 ;
les fluxqui parcourent
la masse du conducteur amènent en cetélément une
quantité
d’électricitéLes flux
qui parcourent
la surface elle-même y amènent dans le mêmetemps,
en l’élément unequantité
d’électricité [Leçons sur l’Électri- t.I,
p.43
r ,égalité (2I )]
Ce théorème est
général;
pour ledémontrer,
il est nécessaire d’écrire de trèslongues formules;
aussi nous contenterons-nous d’en donner la dé- monstration pour le casparticulier
où la surface de discontinuité est unesurface
plane;
elle cst notablementplus
courte.Prenons l’axe des x et l’axe
des y
dans lasurface,
l’axe des ~ suivant la normale Leségalités (q) et (I2)
nous donneront alorsMais les
quantités ~2X ~x3
et~2X ~y2
ne subissent aucune discontinuité lors-qu’on
traverse la surface. On a doncD’autre
part,
onpeut prendre
On a alors
L’égalité (~ 13 )
devientou
bien,
en vertu deségalités (10), qui
deviennentMais,
en toutpoint
soit de larégion
i , soit de larégion
2, on a[Cha- pitre I, égalité ( ~ ) ~
ce
qui
donneInégalité ( 15 )
devient alorsLa
comparaison
deségalités (i4)
et(16) donne,
comme nous l’avionsannoncé,
Les
égalités
nous assurent que les flux définis par leséga-
lités
(9)
et(10)
déterminent sur le conducteur unsystème
de courantsuniformes.
Je dis maintenant que ce
système
vérifie leségalités ( ~ ).
En
effet,
les fonctions ü, , BW, relatives à cesystème
de fluxuniformes,
doivent vérifier les
égalités
suivantes :En tout
point
extérieur auconducteur,
on doit avoirEn tout
point
intérieur auconducteur,
on doit avoirEn tout
point
d’une surface dediscontinuité,
on doit avoirLe théorème de montre, sans
peine, qu’un
seulsystème
de fonc-tions o,
peut
à la fois toutes ces conditions.()r,
elles sontmanifestement vérifiées si l’on
prend
Ces
égalités (4)
sont donc forcement vérifiées.Ainsi~
o~/9CM/
~/~ ~/~ ~~
quelconque que sur un système quelconque de courants. Ce système de
courants uniformes est formé de flux
parcourant
la masse de l’aimantdonné et de flux super ficiels
parcourant
les surfaces /’ de~
2. 2014 D~~/7
~Si l’on se donne nn
aimanta
sa fonctionpotentielle magnétique
est. entout
point (03BE,
~,03B6)
extérieur ill’aimant, finie,
continue etuniforme,
ainsique ses dérivées
partielles
de tous lesordres; lorsque
la distance R dupoint (~ v~ ~ )
a 1origine
des coordonnées croit au delà de toutelimite~
lesquantités
ne croissent pas an delà de toute